Mexique: les serres de Tierras Amarillas


Comment les cultures maraîchères ont résolu bien des problèmes pour la communauté autochtone Wixáritari

Membres de la communauté Wixáritari au travail dans une de leurs serres. ©FAO/Luis Mérida

28/10/2019

Benito González vit au Mexique occidental.  Aussi loin qu'il puisse se souvenir, il s'est toujours battu pour joindre les deux bouts et vivait en marge de la société. Comme beaucoup de peuples autochtones dans le monde.

Sa vie a commencé à s'améliorer en 2016, lorsqu'un projet du Gouvernement mexicain et de la FAO a permis à sa communauté de cultiver sa propre nourriture.

Ils ont démarré avec une serre de 200 m2, un système d'irrigation au goutte-à-goutte et un réservoir à eau d'une capacité de 5000 m3.

Aujourd'hui, ils ont huit serres qui regorgent de tomates, de piments serrano et jalapeño, de concombres, de choux, de courgettes et de haricots verts.

Des membres de la communauté Wixáritari posent devant leurs serres. (à gauche) ©FAO/Luis Mérida. Les réservoirs d'eau permettent de pratiquer la culture maraîchère en serre à Tierras Amarillas. ©FAO/Luis Mérida

Benito – un Wixáritari (qui signifie “le peuple” dans sa langue natale Wixárika) - vit à Tierras Amarillas (Terres jaunes), un petit village de montagne où les terres arables sont rares et les moyens de rendre les sols productifs le sont tout autant.

Près de la moitié de la population de sa commune - Mezquitic, dans l'état de Jalisco – est en situation d'extrême pauvreté, et les communautés qui y vivent sont parmi les plus marginalisées du pays.

Comme il est difficile de trouver un emploi et que les gens manquent d'accès aux services et aux équipements de base tels que santé, éducation, eau potable et logements décents, beaucoup dépendaient par le passé de programmes d'aide sociale et étaient contraints d'aller chercher du travail temporaire loin de chez eux.

Benito, par exemple, devait parcourir plus de 400 kilomètres pour aller travailler comme journalier dans les grandes serres de la ville de Guzmán à chaque fois qu'il y avait une demande de main d’œuvre.

Benito et sa femme s'occupent de leurs tomates. ©FAO/Luis Mérida

“C'est là-bas que j'ai appris à cultiver les tomates. Maintenant que nous avons nos propres serres, nous avons pu combler un énorme besoin. Nous sommes loin des grandes villes et avant, personne ici ne vendait de légumes”, explique Benito.

Ce qu'il veut dire, c'est que personne dans la région ne réussissait à cultiver assez de nourriture pour nourrir leurs familles, et encore moins la vendre. Ils étaient obligés d'acheter des aliments très cher à des commerçants de l'extérieur. Et s'ils ne pouvaient pas se le permettre, il n'était pas rare qu'ils n'aient rien à manger pendant des jours.

Maintenant, ils cultivent de la nourriture pour leur propre consommation et pour la vendre afin de couvrir d'autres besoins. De 4 kg de légumes au mètre carré avant le démarrage du projet à 16 kilos/m2 en 2017, la production depuis n'a cessé d'augmenter.

Benito et les autres hommes de sa communauté n'ont plus besoin de migrer vers les grandes villes. Les hommes et les femmes travaillent ensemble, partagent les responsabilités et s'entendent mieux. Quant aux enfants, ils sont en meilleure santé car ils sont mieux nourris.

Au Mexique, l'agriculture est essentiellement familiale, et plus d'un quart des agriculteurs familiaux sont des autochtones comme Benito González.

Le projet parrainé par la FAO, baptisé “Projet stratégique pour la sécurité alimentaire” (ou PESA comme on l'appelle au Mexique), n'est qu'un exemple des initiatives en faveur des communautés marginalisées et des agriculteurs familiaux. Dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l'agriculture familiale lancée cette année, la FAO et ses partenaires appellent à accroître le soutien aux agriculteurs familiaux, en particulier dans les pays en développement.

Le projet contribue en outre à plusieurs Objectifs de développement durable (ODD): ODD1 – élimination de la pauvreté, ODD2 – Faim Zéro, ODD8 – croissance économique, emploi et travail décent pour tous, et ODD10 – réduction des inégalités.

Benito y su familia ahora producen jitomates para su comunidad

En savoir plus:

1. No poverty, 2. Zero hunger, 8. Decent work and economic growth, 10. Reduced inequalities