Mai
2000

EMPLACEMENT DES PRINCIPAUX CENTRES DE DÉBARBQUEMENT
DE PÊCHE
Le Maroc, qui s'ouvre largement sur la Mer Méditerranée
au Nord et sur l'Océan Atlantique à l'Ouest, possède
une zone économique exclusive de plus d'un million de km².
Le patrimoine biologique important contribue de manière significative
à la richesse nationale, à la création d'emplois
et à l'équilibre de la balance commerciale.
Les
principaux sites de débarquement sont au nombre de 27, dont 19
basés sur la façade atlantique.
Les débarquements annuels des pêches côtière
et hauturière sont de l'ordre de 708 000 tonnes. Dakhla, Laâyoune,
Tan-Tan, Agadir, Casablanca, Essaouira, Safi, Nador et Al Hoceima, constituent
les principaux sites de débarquement de la pêche.
Les
principaux sites de débarquements de la pêche au Maroc
|
Sites
de débarquement
|
Production
de 1998 en tonnes
|
|
Pêche
Hauturière
|
Pêche
Côtière
|
Activités
littorales
|
%
|
|
MEDITERRANEE
RAS
KEBDANA
NADOR
AL
HOCEIMA
CALA
IRIS
JEBHA
OUED
LAOU
MARTIL
M'DIQ
|
|
22
574
1
438
8
627
7
546
389
1
063
17
41
3451
|
|
3,19
0,20
1,22
1,07
0,05
0,15
0,00
0,01
0,49
|
|
ATLANTIQUE
TANGER
ASILAH
LARACHE
KENITRA
(MEHDIA)
RABAT
MOHAMMEDIA
CASABLANCA
EL
JADIDA
JORF
LASFAR
SAFI
ESSAOUIRA
IMESSOUANE
AGADIR
SIDI
IFNI
TAN
TAN
TARFAYA
LAAYOUNE
BOUJDOUR
DAKHLA
AUTRES
|
4
742
312
68
663
14
082
245
3
393
|
584
556
5
850
75
8
010
4
077
127
1
513
23
932
5
283
1
172
15
446
10
751
367
70
261
13
512
79
731
6
231
300
868
1
460
35
891
|
9914
|
96,81
1,50
0,01
1,13
0,62
0,02
0,21
3,38
0,75
0,17
2,18
1,52
0,05
19,61
1,91
13,24
0,88
42,50
0,21
5,07
1.88
|
|
TOTAL
|
91
437
|
607
129
|
9914
|
|

GESTION
DES PÊCHERIES
Stratégie globale
Le
plan de développement du secteur des pêches maritimes s'intègre
dans les nouvelles orientations gouvernementales en matière de
développement économique et social du Royaume.
La
contribution du secteur des pêches à la réalisation
de ces objectifs est basée sur une politique de préservation
des ressources tenant compte des opportunités offertes par le
marché mondial des produits de la mer, structurellement demandeur.
Le département des pêches maritimes a retenu un programme
ambitieux de mise à niveau global de la filière, basé
sur les actions suivantes :
-
le renforcement des outils et moyens de protection des ressources
halieutiques nationales ;
-
la
mise à niveau des outils de pêche, de débarquement
et d'accueil, de commercialisation et de transformation en vue d'une
meilleure compétitivité économique et sociale
du secteur des pêches ;
-
la
promotion de l'action sociale en faveur des gens de mer à
travers l'amélioration des conditions de travail, des moyens
de sécurité et de sauvetage et du niveau des prestations
des services sociaux ;
-
les
réformes juridiques et institutionnelles nécessaires
à une meilleure transparence dans la gestion du secteur des
pêches.
Stratégies
spécifiques
Les
ressources biologiques peuplant les eaux marocaines sont diversifiées
et se répartissent en trois catégories :
Les
ressources pélagiques
Elles
se composent, principalement, de sardines, maquereaux, anchois, chinchards
et thonidés. Ces ressources, caractérisées par
des déplacements importants, connaissent des fluctuations plus
ou moins fortes au niveau de leur abondance et de leur répartition.
On distingue quatre pêcheries pélagiques : Méditerranée,
Atlantique Nord, Atlantique Centre et Atlantique Sud.
Le
suivi de l'état de l'exploitation des ressources pélagiques
montre que la zone sud du Royaume a connu, au cours de ces dernières
années, des variations au niveau de l'abondance et de la composition
par espèce de ces stocks.
Les
ressources démersales ou de fonds
Les
espèces démersales sont très diverses, ainsi que
les engins et moyens utilisés pour leur exploitation.
Les
principales pêcheries sont la pêcherie céphalopodière
au sud, la pêcherie du merlu/crevettes au Nord (entre Tan-Tan
et Tanger) et la pêcherie méditerranéenne.
Les
ressources littorales
Elles
sont composées des algues, corail et coquillages.
De façon générale, les travaux de recherche menés
sur l'évaluation de l'état des différents stocks
halieutiques indiquent que la plupart des pêcheries est à
des niveaux de surexploitation avancés.
Aussi,
et dans l'attente de la mise en place de plans d'aménagement
spécifiques à chaque pêcherie, la politique de préservation
des ressources entreprise ces dernières années a été
basée sur l'approche de précaution ainsi que sur les résultats
des évaluations des stocks sensibles. Il s'agit de mettre en
uvre des mesures de gestion, visant la protection de la ressource
et son exploitation rationnelle et durable.
Les Infrastructures d'accueil et de service
Le
développement des activités de pêche est par ailleurs
intimement lié aux infrastructures et aux équipements
portuaires au service de la pêche. Aussi, et en plus des infrastructures
implantées au service de la pêche, le Ministère
des Pêches Maritimes a entrepris la réalisation de villages
de pêcheurs et de sites de débarquement aménagés
pour la promotion de la pêche artisanale, ainsi que la création
de pôles de développement régionaux intégrés
afin d'améliorer le niveau de vie des marins pêcheurs et
de limiter l'exode rural.
A
cet égard, un plan de développement ambitieux à
moyen et long terme de villages de pêcheurs et de points de débarquement
aménagés le long du littoral national est programmé
dans le cadre du plan quinquennal 1999-2003.
MESURES
DE GESTION
L'enjeu
de la gestion des principales pêcheries marocaines est devenu
considérable pour l'économie du pays. Plusieurs mesures
d'aménagement ont déjà été prises
pour réduire le problème de surexploitation biologique,
essentiellement due à une surcapacité globale de capture
et à une pêche excessive des juvéniles. L'assise
juridique régissant l'activité de la pêche s'articule
autour des axes de gestion suivants :
Gestion
de l'accès à la pêche
-
Gel
des investissements visant la limitation de l'effort de pêche,
aussi bien dans la pêche côtière que hauturière;
-
Définition
du régime d'octroi des autorisations de reconversion et de
remplacement des navires de pêche. Cette mesure contribue
à la limitation de l'effort de pêche par un redéploiement
de la flotte, tout en tolérant certaines augmentations de
TJB et/ou de puissance motrice, afin de répondre aux exigences
de la mise à niveau.
Interdictions
temporaires de pêche
-
Interdiction de la pêche, de la détention et de la
commercialisation des homards et des langoustes du 1er octobre au
1er février de l'année suivante.
-
Interdiction de la pêche des céphalopodes et des espèces
démersales, susceptibles d'être capturées à
l'occasion de ladite pêche du 1er mars au 30 avril et du 1er
septembre au 31 octobre inclus, dans les zones maritimes comprises
entre les parallèles 27°56'N (Tarfaya) et 20° 50'N
(Lagouira).
-
Interdiction
de la pêche du phoque-moine, mammifères marins, céphalopodes,
espèces démersales, espèces pélagiques,
coquillages et crustacés à l'intérieur de la
bande côtière, d'une largeur de 12 milles à
partir de la côte et délimitée au Nord par le
parallèle 21°23'N et au sud par le parallèle 20°54'N.
Cette interdiction est valable pour la période allant du
26 Octobre 1993 au 25 Octobre 1999.
-
Interdiction
de la pêche de la sardine, de l'anchois, du maquereau, du
poisson sabre ainsi que celle des sardinelles et des chinchards
pour une durée de trois ans à partir de 1999, au large
des côtes comprises entre les parallèles 25° et
24°, sur une distance de 15 milles marins.
-
Interdiction
de la pêche du mérou, chaque année, du 1er juillet
au 31 août, sur toute l'étendue des eaux territoriales
situées au large des côtes de la Méditerranée
et du détroit de Gibraltar.
-
Interdiction
de la pêche et du ramassage en mer des algues marines agarophytes
de la famille des floridés sur tout le littoral Atlantique
du 1er octobre au 30 juin de l'année suivante.
Réglementation
des engins de pêche
L'aménagement
et la conservation des ressources requièrent, entre autres mesures,
l'utilisation d'engins présentant des maillages adéquats,
permettant d'éviter la pêche des juvéniles et d'assurer
une meilleure reconstitution des stocks halieutiques.
Pêche
au chalut
-
Définition des zones de pêche et des maillages à
appliquer aux différentes pêcheries chalutières
nationales, en tenant compte des réalités bio-économiques
de celles-ci.
-
Interdiction de l'utilisation de filets traînants (dont le
chalut) dont le maillage est inférieur à 70 mm.
Toutefois,
l'armement national de pêche au chalut bénéficie
d'une dérogation inhérente à cette mesure et qui
se présente comme suit :
Méditerranée
:
Zone de pêche autorisée : au-delà de 3 milles
Maillages autorisés : > 40 mm
Atlantique
au Nord du parallèle 30°40'N (Agadir) :
Zone de pêche autorisée : au-delà de 3 milles
Maillages autorisés : > 40 mm jusqu'au 30 juin 1993
: >50 mm à partir du 1er juillet 1993
Atlantique
au sud du parallèle 30° 40'N (Agadir) :
Pêche côtière. Zone de pêche autorisée
: au-delà de 3 milles
Maillages autorisés : >50 mm
Pêche
hauturière. Zone de pêche autorisée : au-delà
de 6 milles
Maillages autorisés : >60 mm.
Cette
mesure précise en outre que l'utilisation de la double poche
est strictement interdite.
Pêche
aux petits pélagiques
-
Interdiction
de l'emploi du filet dit " Cerco " ou " Cercle américain
" dans les eaux territoriales du Royaume du Maroc, aux navires
d'une jauge brute supérieure à quarante tonneaux.
-
Interdiction
de l'emploi, pour la pêche à la sardine, du filet dit
" Cerco " ou " Cercle américain " et
de tous engins similaires dont les dimensions excèdent 200
mètres de longueur et 30 mètres de profondeur de chute
d'une façon permanente.
Filet
maillant dérivant (FMD)
-
Interdiction de l'utilisation de filets fixes confectionnés
en monofilament, à compter du 1er octobre 1994.
-
Assimilation
du filet maillant dérivant à un engin prohibé,
car non prévu par la réglementation marocaine des
pêches maritimes.
-
Fixation du maillage minimum à 400 mm et du développement
maximal du FMD à 2,5 km.
-
Définition des mesures d'exercice de l'activité du
filet maillant dérivant à espadon :
- la longueur totale du FMD à espadon ne peut excéder
2,5 km par bateau ;
- la pêche est autorisée à :
. Nador et Ras Kebdana du 1er décembre au 30 juin ;
. El Hoceima et Tanger du 1er avril au 31 octobre, pendant six (6)
heures par jour à compter du coucher du soleil.
Autre :
- Interdiction, dans la baie de Dakhla, de l'utilisation de tout
filet de pêche, quelles que soient sa catégorie et
ses dimensions.
Réglementation
de la taille marchande
-
Il
est interdit, en tout temps et en tout lieu, de pêcher, faire
pêcher, transporter, acheter et vendre les poissons, crustacés,
coquillages et mollusques marins appartenant aux espèces
dont la taille, les dimensions ou le poids ne correspondent pas
aux moules réglementaires.
-
Interdiction
de la pêche, du débarquement et de la commercialisation
des céphalopodes n'ayant pas atteint les 500 grammes de poids
vif (avant éviscération pour le poulpe), 10 cm de
longueur pour le calmar (longueur mesurée des yeux jusqu'à
l'extrémité de la nageoire caudale) et 100 grammes
de poids vif pour la seiche.
S'agissant
des ressources migratrices (thons et espadon), les mesures de gestion
recommandées par l'ICCAT (Commission Internationale pour la Conservation
des Thonidés de l'Atlantique) sont rigoureusement appliquées
dans les pêcheries nationales.
Régime
fiscal appliqué au secteur de la pêche
Impôt
Général sur le Revenu (I.G.R.)
Les armateurs qui exercent leur fonction sont soumis à l'I.G.R.
Les régimes de détermination
du revenu imposable sont au nombre de trois :
Dans
chaque régime, on distingue les impôts suivants :
-
Impôt Général sur le Revenu relatif à
l'exploitation du bateau ;
-
Impôt Général sur le Revenu concernant la cession
ou cessation (plus-value de cession) ;
-
droits
d'enregistrement, pour ce qui est de la construction et de l'acquisition.
Etat
des prélèvements de droits appliqués à la
pêche côtière
Les prélèvements sur les ventes brutes sont quasiment
identiques au niveau des halles gérées par l'ONP (Office
National des Pêches) et par l'ODEP (Office D'Exploitation des
Ports). Ils concernent : la taxe de criée (ou de halle), taxe
spéciale, taxe communale, taxe de pesée, taxe de péage,
taxe sur prime filet, C.N.S.S. (Caisse Nationale de Sécurité
Sociale), caisses de secours marins, Oeuvre Royale de Sauvetage (O.R.S)
et certains prélèvements sociaux et caisses de sauvetage.
Taxes
et droits appliqués sur le corps du navire de pêche
Les différents droits et taxes appliqués sur les bateaux
de pêche peuvent être regroupés en
3 catégories :
-
les
frais d'immatriculation des navires de pêche ;
-
les droits pour l'exploitation des ressources halieutiques (droits
de licence de pêche, taxe pour l'exercice de la pêche
sous-marine et redevances des concessionnaires des madragues) ;
-
les
amendes transactionnelles et disciplinaires.
Droits
de Douanes et Prélèvements Fiscaux à l'Importation
(PFI)
Le matériel de pêche (engins de pêche, filets, aliments,..
) peut être exonéré des droits de douane ou bénéficier
d'un dégrèvement important relatif aux droits de douane
et aux prélèvements fiscaux sur l'importation.
STRUCTURE
ORGANISATIONNELLE DES AUTORITES DE GESTION DES PECHES
Le
Ministère chargé des pêches maritimes (MPM)
est l'institution publique responsable de la formation et de l'exécution
de la politique gouvernementale en matière de pêches, de
la planification des investissements publics, de la surveillance/contrôle
des pêches et de la gestion de la qualité des produits
de la pêche. Les Délégations des Pêches Maritimes,
outre leur rôle de représentation du ministère et
de ses directions à l'échelon régional, assurent
la gestion des gens de mer et de la flotte de pêche.
L'office
national des pêches (ONP) est un établissement public
à caractère industriel et commercial placé sous
la tutelle du Ministère des Pêches Maritimes. Il constitue
l'instrument de mise en uvre de la politique gouvernementale pour
la promotion d'une politique filière, la restructuration et mise
à niveau des moyens de production, l'organisation de la profession,
l'organisation de la commercialisation et la promotion de la consommation
intérieure.
Le
Comptoir d'agréage du poisson industriel (CAPI) est un service
de l'ONP en charge de la gestion des ventes de poissons (anchois, sardines
et maquereaux).
L'Institut
National de la Recherche Halieutique (INRH) est l'établissement
public à caractère scientifique en charge de l'évaluation
continue des ressources halieutiques nationales, du suivi de la salubrité
du milieu marin, du développement technologique et de la promotion
de l'aquaculture .
Les
chambres des pêches maritimes. Créées en 1997,
ce sont des établissements publics dotés de la personnalité
morale et d'une autonomie financière. Au nombre de 4, elles sont
regroupées au sein de la Fédération des Chambres
des Pêches Maritimes et sont réparties géographiquement
de la façon suivante : Chambres de Tanger (Méditerranée),
Casablanca (Atlantique Nord), Agadir (Atlantique Centre), et Dakhla
(Atlantique Sud). Chaque chambre comporte 4 collèges électoraux
: pêche hauturière, côtière, artisanale et
activités littorales.
Le
Conseil supérieur pour la sauvegarde du patrimoine halieutique.
Est en cours de constitution, et aura en charge de proposer les orientations
et les objectifs permettant l'exploitation du patrimoine halieutique
à des fins de développement économique et social,
de conseiller l'exécutif sur toutes les questions concernant
la sauvegarde et l'exploitation rationnelle des ressources halieutiques,
et de proposer des actions visant le développement durable du
patrimoine halieutique.
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