LA RÉPUBLIQUE DE MADAGASCAR DONNÉES ÉCONOMIQUES GÉNÉRALES
Bilan
des produits (1997):
STRUCTURE ET CARACTERISTIQUES DE L'INDUSTRIE Pêche
industrielle Pour la pêche thonière, en 1997, 11 licences de pêche ont été délivrées dans le cadre des accords de Pêche UE/Madagascar et dans le cadre des protocoles d'accord passés avec les sociétés de pêche étrangères. Une redevance d'un montant total de 36 500 ECUS a été payée par 41 bateaux travaillant dans le cadre de l'accord de pêche. 4 sociétés ont conclu un accord de pêche au thon avec Madagascar et autorisé à faire travailler dans les eaux malgaches 44 senneurs et 76 palangriers. Les captures effectuées par les flottes européennes durant la campagne 1997 s'élève à 5 921 tonnes dont 3 337 tonnes par les flottes espagnoles et 2 584 tonnes par les flottes françaises. La pêche thônière se traduit surtout par la vente de licences à des bateaux étrangers, les investissements nécessaires sont très lourds et la technologie utilisée n'est pas encore maîtrisée par les opérateurs nationaux. Pêche artisanale La pêche artisanale se caractérise par l'emploi de petites embarcations motorisées ayant une puissance motrice n'excédant pas 50 CV. Les techniques de pêche pratiquées sont le chalutage, la palangrotte et le filet maillant. En 1997/98, 37 embarcations (chalutiers) avec 450 pêcheurs opèrent tout le long des côtes du pays. Leur production en 1995 était estimée à 284 t de crevettes et 202 t de poissons, est passée de 557 tonnes en 1996 à 809 tonnes en 1997 et 623 tonnes en 1998. C'est dans la pêche artisanale crevettière qu'on a noté une augmentation de production car de 334 tonnes elle est passée à 609 tonnes, 446 tonnes en 1998 et une légère baisse pour celle des poissons: 223 tonnes en 1996 pour passer à 200 tonnes en 1997 et 177 tonnes en 1998. On constate que les sociétés de pêche artisanale pratiquent surtout la collecte auprès des pêcheurs traditionnels (environ 60 pour cent des produits). La pêche artisanale, censée être le lien entre la pêche traditionnelle et la pêche industrielle, éprouve d'énormes difficultés dans son développement. Outre, la cherté des investissements (embarcation, engins de pêche, chambres froides,... ) dont le financement n'est pas toujours à la portée des promoteurs, ces derniers sont confrontés également aux problèmes de qualification professionnelle et pour plusieurs raisons maîtrisent mal l'exportation des produits surtout depuis les nouvelles réglementations de l'Union européenne. Par ailleurs, la pêche artisanale est parfois en conflit et avec la pêche industrielle (chalutage) et avec la pêche traditionnelle (engins fixes tels que les Valakira et les filets posés). Pêche traditionnelle La production de poisson à Madagascar est l'apanage du secteur traditionnel qui fournit 96 pour cent de la production totale. L'analyse et le traitement des données sur la base des modules mis en place par la FAO permettent de constater que la pêche traditionnelle a augmenté de 10,03 pour cent; elle est passée de 62 997 en 1996 à 63 190 tonnes en 1998, dont 2 242 t de crevettes, 1 500 t de crabes, 341 t de langoustes, 50 000 t de poissons, 187 t de coquillages, 2 510 t d'algues, 482 t de trépangs, 17 t d'ailerons de requin et 8 755 t d'autres produits (céphalopodes, mollusques,... ). La pêche traditionnelle est celle pratiquée par des pêcheurs, individuellement ou en association, qui pratiquent la pêche à pied ou utilisant différents types d'embarcations non motorisées. Les techniques de capture sont variées, avec des filets divers, à la palangrotte, aux casiers, aux tulles moustiquaires, au harpon ou même à main nue. Plus de 50 000 pêcheurs répartis dans près de 1 250 villages et utilisant environs 22 000 pirogues participent à cette production. Pêche continentale La pêche continentale est essentiellement traditionnelle et est pratiquée dans les lacs, lagunes, marais et dans une moindre mesure dans les rivières. Il est généralement admis qu'en pratique, il y a 250 000 ha d'eaux douces exploitables. Environ 18 000 pêcheurs s'adonnent à cette pêcherie et opèrent en utilisant plus de 7 000 pirogues monoxyles. On dénombre 7 lacs plus importants dont deux d'entres eux (Alaotra et Itasy) ravitaillent la capitale en poissons d'eau douce. Les principales espèces de poissons des eaux continentales malgaches sont le tilapia et la carpe. La pêche aux filets maillants est le mode de capture le plus répandu dans les lacs. La production de la pêche continentale reste stagnant: 32 650 tonnes en 1998. Aquaculture L'aquaculture en eau douce L'aquaculture en eau douce à Madagascar est constituée essentiellement de la pisciculture et de la rizipisciculture. Un peu délaissée jusqu'en 1990 (production 230 t de poissons), elle a fait l'objet d'un effort considérable par la mise en place d'une nouvelle stratégie d'approche qui consiste en la privatisation de la production d'alevins et la vulgarisation des techniques piscicoles par les opérateurs privés. En 1994, 109 producteurs privés d'alevins étaient recensés, 36 600 pisciculteurs et 48 900 rizipisciculteurs qui ont produit 2 887 t de poissons. L'aquaculture marine (crevetticulture) L'aquaculture des crevettes est une activité relativement récente à Madagascar. Les zones de tannes propices à l'aquaculture des crevettes se trouvent essentiellement sur la façade occidentale de l'île. Les opérateurs qui s'y intéressent sont localisés sur cette côte. 3 sociétés sont actuellement en activité : AQUALMA qui exploite 675 ha de bassins à Mahajamba; AQUAMEN qui a ensemencé au mois de juin 1997 des bassins de 120 ha à Morondava; SOMAQUA à Boanamary a mis en place au cours de l'année 1997 les premiers grands travaux d'installation et la construction des 36 ha de bassins. La production enregistrée de 408 t de crevettes en 1994 est passée à 1 535 t en 1995. La production de l'année 1997 est de 2 720 tonnes pour une superficie totale des bassins de 1 028 ha. De plus, un centre d'appui (formation, vulgarisation, post-larves) pour le développement de la crevetticulture artisanale est opérationnel à Mahajanga. L'élevage des poissons et d'autres produits halieutiques dans les eaux marines à Madagascar se limite pour l'instant à des élevages expérimentaux (chanos chanos, poissons d'aquarium, huîtres, algues, artemia,... ). Pour l'artemiculture une ferme de 4 ha débute ses activités au Nord de Morondava. Situation de l'industrie Pour lannée 1997, la production totale du secteur pêche, tous produits confondus, est estimée à 124 973 tonnes contre 120 077 tonnes en 1996. Cette augmentation vient du fait quaprès lembargo, il y a eu une reprise des exportations des produits halieutiques vers les pays de l'UE et aussi louverture des exportations vers les autres pays (Asie, etc. ). 25 500 tonnes de cette production sont représentées par des espèces de grande valeur commerciale (crevettes, langoustes, crabes, thons et trépangs), destinées à l'exportation. Pour le Trépang, la tendance à la baisse de la production de 317 tonnes en 1995 à 279 tonnes en 1996 et 161 tonnes en 1997 a amené le Ministère à appliquer le gel de la délivrance de lautorisation dexploitation de cette espèce. Une organisation Nationale de lExploitation de Trépang (ONET) a été créée en juin 1997 pour gérer rationnellement cette ressource. En 1992, un Plan de développement sectoriel suivi d'un programme d'actions adopté en 1993 ont été élaborés pour le développement de la pêche et de l'aquaculture, de sorte à mieux orienter les interventions en fonction des priorités de l'Administration et de coordonner les activités de celle-ci ainsi que celles des bailleurs de fonds qui auparavant intervenaient en ordre dispersé et isolement. La production halieutique a certes augmenté entre 1992 et 1996 mais le taux de croissance (3,2 pour cent par an en moyenne) n'a pas atteint celui prévu dans le plan directeur (6,7 pour cent). La production de la pêche industrielle de crevette et la pêche traditionnelle continentale est restée au même niveau depuis quelques années. La pêche traditionnelle maritime et la pisciculture en rizière et étangs ainsi que la crevetticulture marine sont en croissance. La disponibilité moyenne en poisson par habitant et par an, en 1997 était de 7,6 kg (contre 6,1 kg en 1990); donc elle n'a pas suivi la tendance négative enregistrée par les autres produits alimentaires de base. Toute fois elle est de loin inférieure à celle prévue pour 1996 (8 kg/h/an). Utilisation des captures La quasi-totalité des produits de la pêche industrielle est exportée. Il s'agit essentiellement des crevettes et des langoustes. Les crevettes représentaient à elles seules, plus de 50 pour cent des exportations halieutiques en volume et 80 pour cent des recettes totales d'exportation. Madagascar a comme principaux débouchés l'Europe et le Japon. Les poissons tant maritimes que continentaux sont en majorité commercialisés localement ou auto consommés. Il existe une réelle inadéquation entre les zones de production situées à l'Ouest du pays et les zones de consommation concentrées sur les Hauts plateaux et à l'Est. Cette situation pose le problème de l'approvisionnement en poisson et de l'organisation du commerce (circuits de produits, techniques de conservation et prix des poissons). Les sociétés de transformation et de congélation sont généralement bien équipées. A lembargo subi par les sociétés industrielles de traitement et de transformation, notamment celles du thon, dont la recette de 21 millions de dollars EU en 1996 est descendue à 6 millions de dollars EU en 1997. Les poissons congelés sont aussi commercialisés localement dans les grands centres urbains et plus particulièrement à Antananarivo. Les captures de la pêche traditionnelle sont commercialisées soit à l'état frais, soit fumés ou salés/séchés en général à proximité des points de débarquement. Les poissons d'eaux douces sont souvent transportés à de grandes distances (jusqu'à 300 km) vers les grandes villes. Les prix du poisson atteint le même niveau de prix que celui de la viande. Pour augmenter la consommation des poissons des efforts sont faits actuellement en matière de chaîne de froid. Rôle économique de l'industrie de la pêche Le secteur de la pêche occupe une place importante dans l'économie malgache et constitue une source importante de devises. La pêche, grâce essentiellement à la pêche crevettière occupe le premier rang, en valeur parmi les exportations. Ce secteur emploie de manière directe ou induite quelques 70 000 personnes (plus 85 500 pisciculteurs et rizipisciculteurs). En dehors de ces pêcheurs, plus de 10 000 personnes travaillent pour les activités liées directement à ce sous-secteur (transformation, stockage et commercialisation, construction des embarcations et des engins de pêche, administration, construction d'étangs). La pêche et l'aquaculture ont enregistré au cours des ces dernières années, un développement plutôt satisfaisant, même si pour l'année 1997 une baisse a été notée au niveau de l'exportation par rapport à l'année 1996. Cette baisse a été essentiellement due à l'embargo subi par les sociétés industrielles de traitement et de transformation. La part du secteur halieutique dans le PIB, entre 1990 et 1995, est passée de 4,8 pour cent à 7 pour cent, entraînant ainsi pour la même période une augmentation du PIB de 16 pour cent par an en moyenne. Au vu des récentes constatations, le secteur dans sa globalité inscrit un taux de croissance de 3,2 pour cent en terme de capture qui se traduit par une disponibilité en poissons en 1997 sur le marché intérieur de 7,6 kg par habitant et par an. PERSPECTIVES DE DÉVELOPPEMENT Le secteur de pêche dispose d'un potentiel important et d'un dynamisme réel: disponibilité d'une zone économique exclusive très étendue; richesse des zones côtières en ressources à haute valeur commerciale; vastes opportunités pour le développement de l'aquaculture; développement conjoint d'une pêche traditionnelle et artisanale créatrice d'emplois et de revenus en zones rurales, et d'une pêche industrielle orientée vers l'exportation. RECHERCHE La recherche Halieutique intéresse plusieurs organismes de recherche et de formation: CNRO (Centre National de Recherche Océanographique); CNRE (Centre National de Recherche Environnementale); IH.SM (Institut Halieutique et des Sciences Marines). Les domaines d'activités actuelles des ces centres recouvrent largement l'environnement aquatique, l'évaluation des stocks, le contrôle de qualité des produits, l'économie et la sociologie de l'environnement et des systèmes de production. A noter que depuis deux ans un projet de recherche basé à Mahajanga effectue des recherches dans le domaine crevettier. Ce projet est piloté par le centre de recherche français: ORSTOM en collaboration avec le CNRO. AIDE Les principaux projets en cours ou en préparation concernant la pêche, l'aquaculture, la transformation et la valorisation des ressources halieutiques sont répertoriés comme suit: Le plan d'aménagement de la pêche crevettière du programme sectoriel pêche (MPRH, CNRO, financement PNUD/FAO); Le développement communautaire intégré de la pêche traditionnelle sur la côte sud du Programme Sectoriel Pêche (MPRH, financement PNUD/FAO); Le projet sur la surveillance des côtes et contrôle de qualité des produits halieutiques (MPRH, FED); Le projet Centre de Développement de la Culture de Crevettes à Mahajanga (MPRH et JICA); Le projet de développement de la pêche artisanale à Nosy Be (MPRH et GTZ); Le projet d'Unité statistique thonier à Antseranana (MPRH ); Le projet de renforcement de la mise en place d'un système statistique informatisé (MPRH, FAO); L'appui aux activités de l'Ecole Nationale d'Enseignement Maritime (MPRH, ENEM); Les Projets d'environnement aquacole financés par le Fonds de Développement de l'Aquaculture (MPRH, BEI); L'assistance technique en aquaculture industrielle de crevettes (UE/FED); L'assistance technique en Pêche (UE/FED); Le programme thonier régional phase Il, AT/COI (en fin de projet, CNRO, MPRH, ORSTOM); Le projet régional environnement - FED/COI (CNRO, IH.SM, MPRH); Programme "Environnement marin et côtier" plan d'action environnemental, de la phase II (PEII) piloté par lONE; Projet d'appui au secteur crevettier (financement CFD/GAPCM/FDFIA; appui scientifique ORSTOM, CNRO); Artémiculture: étude expérimentale achevée, passage à la production artisanale et industrielle (IH.SM); Algoculture: (BIOMAD/UE/FED). PRINCIPAUX LIENS INTERNET 1. ladresse e-mail du Programme National de Recherches Crevettieres a Madagascar (PNRC): pnrcor@simicro.mg 2. ladresse e-mail et de la page WEB du Groupement des Armateurs de la Pêche Crevettiere Malgache (GAPCM) e-mail : gapcm@bow.dts.mg web : http://www.madagascar-contacts.com/gapcm
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