FISHERY COUNTRY PROFILE

Food and Agriculture Organization of the United Nations

FID/CP/MWI
Rev. 4

FAOLOGO
Janvier 1999

PROFIL DE LA PÊCHE PAR PAYS

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture

RESUMEN INFORMATIVO SOBRE
LA PESCA POR PAISES

Organización de las Naciones Unidas para la Agricultura y la Alimentación

LA RÉPUBLIQUE DU MALAWI

DONNÉES ÉCONOMIQUES GÉNÉRALES

Superficie:

118 484 km2

Superficie des plans d’eau:

24 405 km2

Population (1995):

9 673 000

PIB (1995):

$EU 1 369 millions

PIB par habitant (1995):

$EU 142

PIB agricole (1995):

$EU 410 millions


DONNÉES SUR LES PÊCHES

Bilan des produits (1996):

 

Production

Production

Production

Production

Production

 

'000 de tonnes (poids vif)

kg/ an

Poisson destiné à la consommation humaine

53,89

0,24

0.03

54,127

5,6

Poisson destiné à l’alimentation animale et à d’autres

-

-

-

-

-

Effectifs employés (1995, estimation):

 

Secteur primaire:

40 000

Valeur brute des produits de la pêche (au débarquement) en 1995:

$EU 49,5 millions

Commerce (1995):

  

Valeur des importations:

$EU 865 000

Valeur des exportations:

$EU 447 000


STRUCTURE ET CARACTERISTIQUES DE L’INDUSTRIE

Les eaux intérieures du Malawi s’étendent sur environ 25 000 km2. La production de poisson provient essentiellement du lac Malawi, dans une proportion proche de 50 pour cent. Le lac s’étend sur 30 800 km2, mais environ 25 pour cent de cette superficie fait partie du Mozambique. Le reste des captures provient du lac Chilwa (2500 km2), du lac Chiuta (200 km2) et du lac Malombe (390 km2).

Les milieux aquatiques du Malawi se caractérisent par un niveau très élevé de biodiversité. On recense en effet de 500 à 1000 espèces de poisson et la production potentielle est estimée à un niveau compris entre 80 000 et 150 000 tonnes par an.

Les ressources aquatiques du Malawi subissent des fluctuations dues aux variations du niveau du lac Malawi, en raison de phénomènes climatiques. La productivité du lac Malawi est nettement plus élevée au sud qu’au nord. La production des autres pêches intérieures varie également d’une année à l’autre. Le lac Chilwa est un lac endorhéique; il s’assèche en quasi-totalité certaines années et lorsqu’il se remplit à nouveau, sa productivité est exceptionnelle.

Sur le lac Malawi, la pêche se limite encore pour l’essentiel aux eaux profondes (le long des côtes et aux alentours des îles), et les principaux groupes de poissons exploités à l’heure actuelle sont le tipalia, Oreochromis sp. Haplochromis et Lethrinops, tandis que les captures réalisées sur le lac Chilwa se composent notamment de Barbus, Clarias et de tilapias.

Ces dernières années, de 10 à 15 pour cent des captures totales ont été réalisées par les pêches industrielles et semi-industrielles, dont les activités sont concentrées dans les eaux de la région méridionale du lac Malawi; les pêcheurs artisanaux ont réalisé les 85 à 90 pour cent restants des captures totales, au moyen de différentes techniques de pêche. La production annuelle totale est tombée de 87 000 tonnes en 1987 à 54 000 tonnes en 1995.

Pêches artisanales

L’industrie de la pêche du Malawi est une activité à forte intensité de main-d’oeuvre; elle emploie en effet près de 40 000 personnes et fait vivre environ 200 000 personnes qui participent à des activités annexes.

En 1994, quelque 10 000 pirogues (77 pour cent) et 2950 bateaux en planches étaient en service dans le secteur de la pêche artisanale ; cette année, 13 pour cent des bateaux en planches, ont été motorisés par comparaison à 19 pour cent en 1986. La tendance à l’utilisation de bateaux motorisés a enregistré un recul en raison des coûts élevés des pièces de rechange et du carburant.

Les principales espèces cibles des pêches artisanales sont l’usipa (Engraulicypris sardellaà; l’utaka (haplochromis spp.); le ncheni (Rhamphochromis spp.); le nchila (Labeo mesops); le mlamba (Clarius gariepinus); le kampango (Bagrus meridionalus); le kambuzi (haplochromis similis); et le chambo.

Pêches semi-industrielles et industrielles

Les pêcheurs semi-industriels utilisent des bateaux plus grands, munis de moteurs intérieurs (plus de 85 pour cent des navires sont utilisés par paires pour traîner les chaluts et sont basés principalement dans la partie sud du lac Malawi).

La MALDECO, la seule compagnie de pêche industrielle du pays, utilise deux chalutiers (18O CV) munis de chaluts semi-pélagiques et pélagiques pêcher l’utaha (Copudichromis spp.), le Chiwasuwa (Lethrinos spp) et le Nchni (Ramphochromis spp). La MALDECO utilise en outre deux navires équipés de carrelets pour la pêche aux feux de l’usipa et un navire équipé d’un filet tournant (bolinche). Récemment, la MALDECO a fait l’acquisition d’un navire de pêche polyvalent bien équipé, de 17,5 m de longueur totale. Cet achat a été réalisé dans le cadre du projet de développement des pêches Malawi/Banque mondiale, bénéficiant du financement conjoint de l’Agence islandaise de développement international (ICEIDA) et du Fond de développement nordique (NDF).

Aquaculture

L’aquaculture est encore à un stade de développement peu avancé. Un certain nombre de projets sont en préparation pour assurer le développement de ce secteur; deux d’entre eux sont en voie de réalisation: le projet de pisciculture pour les régions centre et nord et le projet Malawi/Allemagne, de développement des pêches et de l’aquaculture. Malheureusement, l’altitude de nombreuses régions s’avère défavorable au rendement d’espèces bien connues telles que le tilapia. Toutefois, des essais sont actuellement en cours pour identifier des espèces locales adaptées aux températures plus fraîches des hautes terres.

On estime qu’environ 1900 pisciculteurs opèrent dans les trois régions du pays, approximativement répartis comme suit: 42 pour cent au sud, 31 pour cent au nord et 27 pour cent au centre. Quelque 2900 étangs plus ou moins grands sont exploités et se répartissent comme suit en fonction de leur localisation: 45 pour cent au sud, 35 pour cent au nord et 20 pour cent au centre. La superficie totale de ces étangs est de 125 ha et leur production s’élève à environ 700 t de poisson par an.

On compte par ailleurs de 700 à 800 retenues d’eau dont la superficie totale est de 1000 ha, empoissonnées en vue d’une aquaculture extensive; leur production varie de 100 à 200 tonnes de poisson par an.

Utilisation des captures

La quasi-totalité des captures réalisées au Malawi sont destinées à la consommation humaine locale sous différentes formes, en particulier sous forme de poisson frais, de poisson séché au soleil et fumé. Des progrès considérables ont été accomplis en matière de conservation et de distribution du poisson frais grâce à l’amélioration des liaisons routières et à l’usage plus répandu des moyens de transport motorisés. Les bicyclettes sont par ailleurs couramment utilisées pour distribuer le poisson vers les marchés ruraux.

Des marchés au poisson ont été construits à Malembo et à Namiasi dans le district de Mangochi. Des services de conservation en glacière et en chambre froide existent à Mangochi et à Nkhotakota.

Les installations côtières de la compagnie MALDECO comprennent notamment un atelier de réparation maritime, des fabriques de glace et des chambres froides, des installations frigorifiques, des camions frigorifiques et des équipements de transformation pour le poisson frais et pour le poisson fumé. Il est également possible de s’approvisionner en glace à Blantyre et à Lilongwe auprès de la compagnie d’entreposage frigorifique.

Rôle économique de l’industrie

La contribution des pêches au PIB est relativement faible, par comparaison à celle de l’agriculture. Toutefois, elles constituent une source importante d’emplois, en particulier dans les zones rurales et fournissent environ 70 à 75 pour cent de l’apport total en protéines animales dont disposent les familles à faible revenu, aussi bien dans les zones urbaines que dans les zones rurales.

Ces dernières années, la consommation annuelle de poisson a oscillé entre 6 et 7 kg par personne et par an. Toutefois, en raison de la diminution de la production du secteur nord du lac Malawi la consommation annuelle de poisson par habitant dans les régions centrales et septentrionales (3,8 kg/personne/an et 5,2 kg par personne et par an respectivement) est nettement inférieure à celle observée dans la région méridionale (15,7 kg/personne/an). En outre, le poisson est à peu près deux fois plus cher dans les régions centrales et septentrionales qu’au sud du pays.

Exportations

Les exportations de poisson sont limitées et destinées principalement aux pays voisins (Zambie et Zimbabwe). Le commerce de poissons d’ornement tropicaux assure des revenus en devises supplémentaires.


PERSPECTIVES DE DÉVELOPPEMENT

La production de poisson au Malawi a présenté une tendance à la hausse au cours des années 1960 et 1970. Plus récemment, la production a diminué en partie à cause des fluctuations climatiques, mais aussi en raison de l’exploitation parfois intensive des ressources côtières et des stocks démersaux au sud du lac Malawi.

Les stocks pélagiques au large des côtes du lac Malawi sont sous-exploitées et semblent donc offrir des possibilités d’augmentation de la production. Ces stocks ont donné lieu à des travaux de recherche réalisés en commun par le Malawi, le Mozambique et la Tanzanie dans le cadre du projet de recherche sur les pêches régionales, du SADC, financé par l’ODA en 1991.

Il existe également une possibilité, certes limitée, de développement de l’aquaculture. Avec la participation de l’ICLARM aux activités de recherche et de formation dans ce domaine, certaines des difficultés importantes rencontrées, notamment les problèmes posés par la pisciculture en altitude, devraient trouver une solution. L’ICLARM étudie par ailleurs les possibilités d’intégration complète de la pisciculture aux systèmes agricoles.


RECHERCHE

Des stations de recherche sont installées à Monkey Bay et à Nkhata Bay, ainsi qu’un laboratoire à Namiasi. Depuis un certain temps, la station de recherche de Monkey Bay réalise des évaluations des stocks de poissons au moyen du navire de recherche Ethewyln, avec le concours technique de l’Overseas Development Association (ODA). Depuis mai 1993, un nouveau navire de recherche le Ndunduma, fourni par l’Islande, a entrepris l’achèvement de cette étude.

Des recherches en matière d’aquaculture sont effectuées à Domasi, à Ksinthyla et à l’Université du Malawi, avec la collaboration du collège d’agriculture de Bunda et du département des pêches. Les études portent notamment sur les espèces locales adaptées à l’aquaculture à différentes altitudes, la dynamique des étangs et les systèmes de pisciculture intégrée.


AIDES

Le Malawi poursuit différents projets d’aménagement des pêches: la Banque mondiale soutient le plus important projet d’aménagement des pêches entrepris par le Malawi dans le sous-secteur (15,5 millions de $EU). Le projet est conjointement financé par le Fonds de développement nordique et l’Agence islandaise de développement international (ICEIDA) et doit se dérouler jusqu’en 1999.

Le SADC/RU finance le projet d’évaluation des ressources pélagiques auquel le Malawi collabore, parallèlement au Mozambique et à la Tanzanie.

L’ALCOM participe à la préparation d’un recensement des petits plans d’eau, dont certains peuvent être utilisés pour la production de poisson dans les zones rurales pour améliorer les régimes alimentaires de la population et optimiser l’utilisation des plans d’eau en question.

Un projet pilote visant à développer la production d’alevins est en cours de mise au point avec le concours technique et financier du Japon (JICA).

Un programme de développement de l’aquaculture a été élaboré grâce à l’assistance technique de l’Union Européenne.

Le projet malawi/allemand de développement de l’aquaculture vise à renforcer les infrastructures du secteur au sud du pays, notamment par la construction de routes desservant les deux points de débarquement du lac Chilwa, l’ouverture de chenaux à travers les marais dans une optique d’auto-assistance et enfin, un programme visant à remplacer les embarcations de pirogues monoxyles par des bateaux en planches de construction locale.