DONNÉES ÉCONOMIQUES GÉNÉRALES
Bilan des produits (1994):
Pêche maritime Les îles de Sao Tomé-et-Principe, étant d'origine volcanique, ont un plateau continental exigu, pauvre en phito- et zoo-plancton de sorte que les ressources démersales sont peu abondantes. En revanche, la zone de remontée d'eau froide offre un excellent potentiel pour les poissons pélagiques et le thon à une certaine distance des îles. Les principales espèces capturées sont les Caranx crysos (bonito), Euthunnus alletteratus et Trachurus spp., Sardinella cameronensis. Entre mai et septembre, les pêcheurs artisanaux capturent des poissons volants (Cypselurus spp.). Les principales espèces demersales sont le pagre (Lutjanus spp.), le poisson vermeil (Apsilus fuscus), le rouget (Pseudupeneus prayensis) et plusieurs types de dorades. La pêche artisanale fournit 90 pour cent des captures totales. Les pêcheurs sont disséminés sur 23 plages, dont 19 à Sao Tomé (2 700 pêcheurs) et 4 à Principe (200 pêcheurs). Le principal centre de pêche est à Neves, à 27 km de la capitale. Les pêcheurs artisanaux pratiquent habituellement la pêche à la ligne de fond et à la ligne de traîne, mais à certaines époques de l'année, ils utilisent aussi divers types de filets tels que les filets maillants, les filets encerclants, les éperviers, les sennes de plage et les épuisettes pour les poissons volants. La pêche est pratiquée à partir de 2 400 pirogues monoxyles de 3,5 à 12 m de long dont environ 1 000 sont motorisées. De nombreux moteurs sont à l'arrêt par manque de pièces de rechanges, de mécaniciens qualifiés ou par cherté du prix du carburant. A l'exception d'une unité affectée au projet "crustacés", tous les bateaux de pêche semi-industrielle ont été privatisés. La flottille semi-industrielle comprend six senneurs (13-16 m), cinq palangriers (12 m) et 21 ligneurs (13 m). Les deux chalutiers de la compagnie nationale EMPESCA ont été transférés à une société étrangère pêchant en Angola. Utilisation du poisson Plus de 80 pour cent du poisson capturé par les pêcheurs artisanaux est consommé à l'état frais. Le reste est salé, séché et, dans une moindre mesure, fumé. Le niveau de consommation de poisson varie entre 50 kg/p/a, dans la zone côtière de Sao Tomé, et 10 kg/p/a à l'intérieur de l'île de Principe où les communications routières entre les centres de débarquement et de consommation sont difficiles. La consommation moyenne qui a fortement baissé ces dernières années reste néanmoins élevée; elle est de l'ordre de 27,7 kg/p/a. Il existe une forte demande de poisson dans le pays car le marché est insuffisamment approvisionné. La demande devrait rester élevée compte tenu de l'accroissement démographique. Situation del'industrie La réorientation des efforts gouvernementaux en faveur des pêcheurs artisanaux porte ses fruits. En 1983, la production du sous-secteur était de 1 500 t tandis qu'elle est aujourd'hui proche de 3 000 t. Sur le plan institutionnel, il n'existe plus de contrôle des marges de commercialisation. Au port de Sao Tomé la seule fabrique de glace est gérée par un privé avec une capacité d'environ 3 t/j. Rôle économique de l'industrie de la pêche L'industrie de la pêche joue un rôle important dans l'approvisionnement local alimentaire car le poisson fournit près de 60 pour cent des disponibilités totales en protéine animales. L'industrie halieutique qui occupe 6 pour cent de la main-d'oeuvre joue un rôle modéré en termes d'emploi. Les importations ne dépassent pas 15 à 20 tonnes de conserve par an et les exportations sont pratiquement inexistantes. Le PAM fournit environ 200 t/a de poisson salé et séché de Scandinavie.
Hormis les grands pélagiques, le potentiel halieutique est relativement faible et inégalement réparti entre les deux îles. Cependant, les sardines (Sardinella mederensis) pourraient encore offrir de bonnes perspectives de développement pour les pêches artisanales. Il y aurait également des concentrations de calmars au sud-est de Sao Tomé, dont il faudrait vérifier les potentiels. L'introduction des dispositifs de concentration du poisson (DCP) a été une réussite et pourrait être intensifiée. Une amélioration de la commercialisation (conservation et transport) à Principe permettrait un accroissement de la production et des revenus des pêcheurs locaux. Dans les circonstances actuelles, il n'est guère possible d'envisager d'organiser sur une grande échelle la pêche au thon. La négociation d'accords régissant l'accès pour exploiter les ressources locales de thon semble offrir de meilleures possibilités de revenu stable à moyen terme.
Il n'existe pas d'institutions de formation ou de recherche. Le personnel technique est formé à l'étranger.
Le Projet pêche artisanale (1984-90) financé par le FIDA a approvisionné les pêcheurs artisanaux en matériel et équipement de pêche. Depuis 1986, le Japon fournit également du matériel, des équipements et des bateaux de pêche. Un projet d'évaluation des stocks de crustacés financé par l'UE s'est terminé en 1992. En 1989, le CIEO et l'UNIFEM ont organisé un projet d'amélioration des techniques de fumage par l'introduction du four Chorkor. La deuxième phase du Projet pêche artisanale du FIDA est en cours. Des ONGs participent à la mise en place d'associations de pêcheurs. Le FAC apporte son assistance au développement de DCPs et à l'amélioration des gréements pour les pirogues. Le Projet d'évaluation des ressources (1992-96), financé par le Canada, apporte une assistance à la formulation d'un plan de recherche halieutique. L'UE participe au financement du programme d'amélioration des connaissances halieutiques et biologiques concernant la ZEE de Sao Tomé-et-Principe. Le Programme régional pour le développement intégré de la pêche artisanale en Afrique de l'Ouest (DIPA), financé par le Danemark et exécuté par la FAO, assiste régulièrement la Direction des Pêches, notamment sur les aspects socio-économiques et les technologies de capture. ADMINISTRATION ET INSTITUTIONS La Direction des Pêches dépend du Ministère des affaires économiques. Elle est composée de quatre unités: le Département technique responsable pour la pêche artisanale, industrielle et pour la recherche; le Département administratif; le Laboratoire de biologie marine; et le Projet d'évaluation des ressources halieutiques. Il existe également un Comité de liaison des projets de développement des pêches.
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