Le profil des pêche et de l'aquaculture disponible pour ce pays est: Vue générale du secteur des pêches national - Haïti (voir le NFSO) Le NFSO - Vue générale du secteur des pêches national - fournit une vue d’ensemble globale du secteur des pêches et de l’aquaculture dans chaque pays concerné, y compris l’information économique et démographique, la structure industrielle, les perspectives de développement, la gestion du secteur et la situation et les tendances....more DONNÉES ÉCONOMIQUES GÉNÉRALES - AOÛT 2005
DONNÉES SUR LE SECTEUR DE LA PÊCHE Bilan des produits (2003):
Secteur général des pêchesLe secteur de la pêche et de l'aquaculture ne constitue pas à proprement un secteur stratégique de l'économie haïtienne, mais sa contribution est loin d'être négligeable en particulier en zones côtières où il contribue de manière considérable au maintien d'emplois dans des zones où les opportunités économiques sont de plus en plus rares. A noter toutefois que la contribution de l'aquaculture est marginale en Haïti et que la pêche continentale, bien que non négligeable (300 t de production annuelle et environ 800 emplois directs), représente des enjeux économiques et sociaux bien moindres par rapport a ceux liés à la pêche maritime. La production halieutique nationale peut être raisonnablement estimée à environ 8.000 tonnes/an se répartissant comme suit : Poissons démersaux et des accores : 3.000 tonnes. Pélagiques côtiers : 1.200 tonnes. Pélagiques océaniques : 1.500 tonnes. Crustacés (crevettes, langoustes, crabes) : 2.000 tonnes. Lambi : 300 tonnes. Sites de débarquement Port-au-Prince, Lully, St Marc, Gonaïves, Mole St nicolas, Port-de-Paix, Cap-Haitien, Fort-Liberté, Petit-Goave, Roseaux, Jeremie, Dame-Marie, Ansed’Hainault, Les Cayes, Zanglais, Aquin, Jacmel, Marigot. Pour les engins de pêche, nous pouvons noter l’utilisation d’une vingtaine d’engins différents. Ces engins présentent des caractéristiques de pêche passive simple. Sennes de plage : celles-ci ont généralement une longueur de 90 à 150 m bien que certaines puissent atteindre plus de 600 m ; le maillage dégressif passe de 50 mm étiré niveau des ailes, et jusqu'à de 15 à 9 mm au niveau de la poche; la manoeuvre s'effectue par 6-8 hommes environ ; les sennes peuvent être utilisées pour la capture de pélagiques côtiers (balaous, sardines, harengs, anchois argentés, coulourous) passant près des rives et aussi pour la capture des appâts (les petites mailles retiennent les alevins et de nombreuses espèces côtières ainsi que les post-larves de crevettes); les grandes sennes peuvent capturer: diverses bonites lorsque celles-ci quittent les accores après les fortes pluies pour pénétrer sur le rebord du talus continental; les sennes de plage sont surtout utilisées dans les zones de production en situation d'extrême précarité où les opportunités d’emplois sont particulièrement rares. Sennes à balaou : il s'agit d'une senne tournante primitive sans coulisse à mailles très fines (30mm) utilisée dans les parages de Luly ; leur longueur varie de 300 a 700 m ; l'équipage de manœuvre est composé de 6 à 8 pêcheurs sur un canot de 6 à 8 m de long; les captures peuvent atteindre jusqu'a 150 kg/jour en bonne période (époque du Carême). Nasses : elles sont du type Caraïbes classique, en forme de Z à deux entrées opposées, et fabriquées en bambou refendu tressé (les mailles hexagonales mesurent le plus souvent 5-6 cm dans leur diagonale) ; elles sont utilisées soit flottantes (flotteur bambou ou polystyrène, bidon de plastic de 1 gallon) et non appâtées pour la capture de poissons pélagiques (carangues), soit placées au fond et appâtées pour la langouste et les espèces démersales; l'appât utilisé est généralement végétal (fruit de l'arbre à pain, mangues, oranges mures). Des broyats d'oursins et de crustacés sont parfois utilisés pour imprégner les nasses d'essences attractives ; la dimension des nasses est très variable selon, l'espèce recherchée, les plus grandes atteignant 3,50 m de long sur 0,60 m de haut ; un pêcheur seul peut poser l0 à 20 petites nasses à Balbalins (Upeneus martinicus) alors qu'un canot de 15 pieds en posera une trentaine plus au large pour les espèces nobles et les langoustes ; les nasses sont immergées pour une période de quelques jours à 1 ou 2 semaines (FAO,1989), mais sont visitées chaque jour; la durée de vie d'une nasse est relativement limitée, soit de 4 à 5 mois ; les nasses flottantes (fonctionnant comme des DCP primitifs) attirent les petits poissons servant ainsi d'appât aux plus grandes espèces pélagiques telles que les daurades coryphènes, les carangues, et espèces associées. Pêche en plongée : celle-ci s'effectue généralement en apnée, avec ou sans fusil sous-marin (souvent de fabrication locale, dépourvu de système de sécurité au déclenchement de la flèche, et donc d'une manipulation extrêmement dangereuse) ; cette activité peut également être pratiquée a l'aide d'un compresseur monté sur un canot avec tube à air pour la pêche des langoustes, lambis, gros poissons démersaux, coraux etc., l'équipage étant alors généralement composé de 4 hommes et les plongées s'effectuant jusqu'à une profondeur de 25 m environ (cette pratique peut aussi servir à la pêche des poissons d'aquarium); l'utilisation de la pêche au compresseur dans certaines zones (qui correspond davantage à une logique d'enrichissement rapide de quelques opérateurs influants qu'à une logique de création d'emplois) est par ailleurs a l'origine de la dégradation rapide de certains écosystèmes. Pêche à la lumière : il s'agit d'un mode d'attraction pour la capture de petits poissons (au moyen d'une ampoule de 25-30 watts immergée et branchée à une batterie électrique de quelque 100 ampères-heures) servant ensuite comme appât pour la pêche au bord du talus continental, et non de la pêche au lamparo proprement dite; cette pêche s'effectue durant les nuits sans lune et commence au crépuscule par fonds de 20-30 m, puis les pêcheurs approchent progressivement vers les fonds de 80 m environ, près du talus, où ils pêchent avec de l'appât vivant toute la nuit. Pêche aux jorfilles: pratiqué dans le nord et nord-ouest haïtien, ce type de pêche correspond en fait à une petite palangre dérivante supportée par un flotteur, contenant un seul hameçon appâté ; chaque pêcheur peut utiliser jusqu'à 50 jorfilles durant une opération de pêche. Sous-secteur de la pêche récréativeLa pêche récréative est très peu développée à Haïti. Il n’y a que quelques particuliers qui s’y adonnent de façon ponctuelle à l’époque des passages de pélagiques océaniques plus particulièrement dans la région de l’ouest dans le Golfe de la Gonâve. Utilisation du poisson Il existe trois grandes catégories de produits de la pêche en Haïti, en fonction de leur valeur à la production, de leur mode de conditionnement et de leur destination. On peut distinguer :
Généralement toute la production est destinée à la consommation humaine. Il n’y a pas d’utilisation de sous produits à proprement parler. Certaines parties non utilisés de produits nobles comme la langouste sont utilisées comme appâts dans les nasses ou casiers à poissons. Il n’y a pas d’utilisation comme aliments pour animaux des résidus éventuels de la pêche et encore moins comme farine de poissons. Marchés du poissonLe premier marché est celui de l’exportation et concerne surtout les produits nobles tels que les langoustes et crevettes, et un peu moins la chair de lambi (Strombus gigas) et les poulpes. On peut retrouver aussi ces produits dans le menu de quelques grands restaurants de la capitale et de villes de province Le second marché est celui qui concerne surtout les poissons de première catégorie (poissons « colorés » Lutjanidés, Serranidés, etc.) et certaines espèces pélagiques telles que les carangues, barracudas, etc. de taille moyenne à élevée, destinés aux marchés captifs des grands centres urbains. Rôle des pêches dans l’économie nationale Le secteur de la pêche et de l'aquaculture ne constitue pas à proprement un secteur stratégique de l'économie haïtienne, mais sa contribution est loin d'être négligeable en particulier en zones côtières où il contribue de manière considérable au maintien d'emplois dans des zones où les opportunités économiques sont de plus en plus rares. DemandeLa consommation en produits de la mer peut être estimée à environ 2.6 kg/an/hab., sur la base d'une disponibilité apparente de 21.300 t (en équivalent frais)' et d'une population de 8 millions de personnes. Ce chiffre indique une consommation assez faible en produits de la mer, révélatrice de modes de consommation liés à la faiblesse du pouvoir d'achat des populations en général (le poisson est en fait le plus souvent utilisé comme condiment). Offre Selon une analyse menée par le Bureau de Nutrition du Ministère de la Santé Publique et de la Population du pays, la consommation de produits carnés (poulet, cabrit, bœuf, lapins, et autres) était de 12 kilogrammes par hab/an en 1987. La consommation de viandes de poissons sous toutes ses formes était de 4 kilogrammes/hab/an. Avec un total de 16 kilogrammes/hab/an de consommation de produits carnés toutes catégories, cela représentait un déficit de 7 kilogrammes/hab/an en fonction du seuil de carence mondial pour la consommation des protéines d’origine animale qui est de 23 kilogrammes/ha/an. Sécurité alimentaire L’enquête budget consommation des ménages (EBCM II, 1999-2000) permet de disposer de chiffres actualisés sur la pauvreté en Haïti : 3.800.000 personnes ont des revenus qui ne leur permettent pas d’acquérir sur le marché les 2.240 Kcal par jour nécessaires à une alimentation minimum (pauvreté absolue), et sont donc directement en situation d’insécurité alimentaire. Cette insécurité, à la fois diffusée et très répandue, concerne principalement le milieu rural : sur 56 % de la population affectée, 75% des personnes vivent en milieu rural. Les principaux emplois créés par les pêches sont :
Obstacles Les principaux obstacles auxquels se heurte la mise en valeur du secteur des pêches sont :
Pour ce qui est de la ressource des priorités doivent être accordées à l’aménagement des pêcheries actuelles, avec des possibilités d’augmenter la production. Un accent particulier doit être mis dans le domaine du développement organisationnel des pêcheurs, et la nécessité de modifier les approches en matière d’intervention en milieu pêcheur. Pour ce qui est de la valorisation des produits de la pêche, il existe des possibilités d’augmenter les revenus des pêcheurs et d’améliorer la sécurité alimentaire à travers une meilleure organisation de la commercialisation et de la promotion des filières créatrices de valeur ajoutée. Pour ce qui est du cadre institutionnel et juridique, il y a un besoin urgent d’apporter des réponses adaptées à des problèmes sérieux et récurrents notamment:
Recherche Pour le moment il n’y a pas d’institution de recherche dans le domaine en Haïti et ayant des activités soutenues. Il n’y a que des institutions étrangères, particulièrement des centres de formations nord-américaines, à travers leur navires de recherche qui parcourrent au cours de certaines périodes de l’année la mer territoriale de la République d’Haïti dans le cadre de leur programme de formation d’étudiants en océanographie. La plupart des centres universitaires locaux ont pour le moins un cours sur l’environnement marin, sans cependant avoir de véritable programme ni de département de recherche. Éducation Institutions oeuvrant dans le secteur des pêches En Haïti, selon la loi, c’est le Ministère de l’agriculture, des ressources naturelles et du développement rural, à travers sa Direction des pêches et de l'aquaculture, qui est responsable de la gestion du secteur de la pêche et de l’aquaculture. La Direction des pêches est composée au niveau central de deux services principaux : le Service des pêches maritimes et Le Service d’aquaculture. Une autre institution s’occupant sporadiquement de programme d’étude sur le milieu marin est la Faculté d’agronomie et de médecine vétérinaire de l’Université d’Etat d’Haïti (FAMV) qui a conduit il y a quelques années de cela, un programme d’évaluation de l’état de santé des principaux écosystèmes marins côtiers d’Haïti, intitulé« Diagnostic écologique des écosystèmes et des ressources marines côtières de la République d’Haïti ». A l’heure actuelle, la FAMV ne dispose pas, à proprement parler, de programme régulier en matière de recherche et de formation dans les domaines de la pêche et de l’aquaculture. Les activités dans ce domaine sont organisées de manière sporadique à partir de sources de financement extra-budgétaires (projets), selon le cas, soit au sein du Département des ressources naturelles, soit au sein du Département de production animale. La FAMV dispose également d’un Département d’économie rurale, mais celui-ci n’a jamais été associé aux projets de pêche dans lesquels la Faculté a été impliquée. Autre institution est l’Université Quisqueya (UniQ) qui est une université privée fonctionnant selon le principe des universités privées nord-américaines. Elle n’a pas développé de compétences particulières jusqu'à présent dans le domaine de la pêche. Cependant, elle dispose d’infrastructures, d’équipements et de savoir-faire relativement avancés sur le plan technologique dans différents domaines. Ainsi dans le domaine de l’environnement, l’UniQ est par exemple dotée d’un Centre d’application de la télédétection et des systèmes d’information géographique. Deux autres centres de formation universitaire, à savoir l’Université Notre Dame d’Haïti et L’Université épiscopale d’Haïti, toutes les deux qui n’ont pas de réelles compétences dans le domaine, offrent également des cours théoriques ayant rapport au milieu marin, notamment en océanographie et en aquaculture, sans posséder d’infrastructures pour les recherches. Cadres juridiques généraux La législation des pêches en vigueur est toujours composée du décret du 27 octobre 1978 réglementant l’Exercice du Droit de Pêche en Haïti. Celle-ci a fait l'objet d'analyses critiques et de propositions détaillées visant à la rendre plus adaptée à la situation halieutique du pays, notamment dans le cadre du projet FAO TCP/HAI/4509 exécuté en 1986. L'objet de ce projet était d'assister le Ministère de l’agriculture (responsable du secteur de la pêche) dans l'élaboration d'une législation et d'une réglementation pour le secteur des pêches pris dans son ensemble. L'analyse et les conclusions des rapports produits dans le cadre de ce projet ont démontré les insuffisances, les lacunes et les incohérences qui caractérisaient, en 1986, le droit haïtien des pêches et de l'aquaculture eu égard aux exigences et besoins internes en matière de développement du secteur et aux normes pertinentes définies par les instruments internationaux en vigueur à l'époque. Malgré la pertinence du travail accompli dans le cadre de ce projet, aucune suite n'a été donnée aux propositions en raison de l’absence de parlement ou de manque priorité à accorder à de nouveaux projets de lois pour ce secteur. Dans l'hypothèse d'une révision/actualisation de la législation sur les pêches, il conviendrait de se référer aux documents produits dans le cadre de ce projet et de prendre en compte les objectifs et la stratégie de la politique des pêches, qui a déjà été proposée, afin que la législation des pêches devienne un instrument de politique sectorielle adapté et pertinent. En outre, il conviendrait de prendre également en compte les récents développements internationaux, comme la Conférence des Nations unies sur les stocks chevauchants et les stocks de poisson grands migrateurs ou le Code de conduite de la FAO pour une pêche responsable. En effet, toute nouvelle législation en matière de pêche doit refléter non seulement les nouvelles orientations en matière politique et institutionnelle, mais elle doit également prendre en compte les nouveaux instruments relatifs à la gestion des ressources halieutiques issus du droit international et qui demandent aux Etats d'adopter de nouveaux comportements. Par ailleurs, il est important de retenir que le projet de loi élaboré (dans le cadre du projet TCP/HAI/4509) en vue d'une délimitation des zones maritimes demeure d’actualité, et pourrait en conséquence être soumis tel quel à la procédure d'adoption. Mais au-delà de la nécessité de réviser le cadre juridique de la pêche en Haïti, il est important de signaler que la situation générale en matière de suivi, contrôle et surveillance de la pêche, est critique. Par ailleurs, on peut signaler qu'une revue des textes concernant l'environnement, y compris ceux portant sur la législation des pêches, a été réalisée récemment dans le cadre du projet ECMU (PNUD/lUNOPS/HAI/92/00I). De même l’université Quisqueya (une université privée) dispense des cours sur le droit de I'environnement, tandis qu'il existe une association dénommée Association haïtienne du droit de l'environnement (AHDEN). Les initiatives en la matière existent, mais en règle générale, la législation de l'environnement s'avérerait toutefois difficilement applicable.
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