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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L'Albanie est un pays riche en eau à savoir les eaux continentales naturelles, les lacs artificiels pour la production de l'hydroélectricité, un certain nombre de fleuves (avec un régime de pluie et de fonte de neige ayant des caractéristiques torrentielles, assurant une source abondante en eau douce), des réservoirs pour l'usage agricole, des lagunes côtières le long de la partie occidentale du pays, un réseau hydrographique bien développé et les plus grands lacs de la péninsule balkanique. L'aquaculture est actuellement une activité significative et a un potentiel à développer dans l'avenir et ce, en tenant compte des aspects socio- économiques, biologiques, écologiques et environnementaux.

    Sous le régime précèdent, l'aquaculture en eau douce a connu une attention et un appui considérable. Elle a été basée sur l’élevage des plus communes espèces de cyprinidés (par exemple la carpe commune et la carpe chinoise). Une longue période de collaboration et d'échange d'expertise avec les contreparties chinoises a permis aux autorités albanaises d'acquérir avec succès les techniques de polyculture de carpe et de former des experts locaux. Après les changements politiques, les initiatives émergeantes du secteur privé ont exigé de nouvelles espèces et de nouvelles technologies aquacoles. Les éleveurs de poissons ont recherché des espèces de meilleure qualité, particulièrement les espèces commerciales qui pourraient être élevées non seulement en eau continentale, mais également dans les eaux marines qui n'étaient pas encore exploitées. Après l’augmentation démographique, qu‘ont connue les zones côtières, la pression sur la pêche marine a augmenté. La pisciculture est considérée donc comme la mesure la plus efficace pour que les ressources halieutiques ne soient pas surexploitées et représentera de nouveaux défis dans la protection de l'environnement.

    L'Albanie a une population de 3,4 millions d'habitants et présente le taux de croissance de population le plus élevé en Europe. Dans des pays comme l'Albanie, l'aquaculture peut aider à l'allégement de la pauvreté grâce, à l'introduction de nouvelles espèces et de technologies dont le prix n’est pas cher.
    Historique et aperçu général
    L'expérience albanaise en aquaculture, basée principalement sur des systèmes semi intensifs, a commencé au début des années 60. Jusqu'aux années 90, elle a impliqué la production des espèces de cyprinidés, atteignant un total de 25 écloseries qui ont couvert une surface de 800 ha. Etant donné les ressources en eau abondantes du pays, le climat, le potentiel biologique et les facteurs sociopolitiques, les perspectives pour développer ce secteur important pour l'économie albanaise sont prometteuses. Les directives économiques du système politique précédent encourageaient la culture de la carpe dans toutes les eaux continentales albanaises comme étant une façon facile et pas chère pour assurer la sécurité alimentaire. Cette expérience forme une bonne base pour développer la pisciculture et pour identifier les préférences alimentaires des consommateurs vivant dans les régions montagneuses, et assurer des sources alimentaires dans les régions pauvres et où il y avait une pénurie de poissons. Dans les régions rurales, cette tradition continue grâce au réseau des réservoirs qui sert à l'agriculture rurale et qui ont été construits durant les premières années.

    L'aquaculture extensive dans les lagunes côtières a été traditionnellement développée en Albanie. La superficie des lagunes le long de la côte albanaise est d’environ 10 000 ha, répartis comme suit: Velipoja 180 ha; Merxhan 300 ha; Ceka 800 ha; Patoku 300 ha; Karavasta 3 900 ha; Narta 2 800 ha; Orikum 120 ha; et Butrinti 1 600 ha. Excepté la lagune de Butrinti, qui est située le long de la mer ionienne, les autres lagunes se trouvent le long de la côte adriatique. Dans certaines d'entre elles, les groupes de pêcheurs qui sont autorisés à utiliser les lagunes côtières peuvent, avec l'encouragement des spécialistes halieutiques, construire des étangs pour engraisser les juvéniles stockés pendant la période de pêche dans la lagune, jusqu'à ce qu'ils atteignent la taille commerciale. Cette mesure augmentera leur revenu et protégera les juvéniles. La culture de la moule méditerranéenne (Mytilus galloprovincialis) a été concentrée dans la lagune de Butrinti dans Saranda, où prés de 80 unités de culture de moule ont été construites pendant les années 80, avec une production moyenne d'environ 2 000 tonnes/an et un maximum d'environ 5 000 tonnes en 1990. Après 1990 et pendant la période de la transition économique et politique, la production a diminué brusquement, mais elle a montré récemment une tendance positive.

    La première aquaculture intensive des espèces marines a commencé au milieu des années 90, par la culture de crevette et l’élevage des espèces marines dans des cages flottantes le long de la côte ionienne. Les salmonidés d'eau froide, principalement la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) et la truite d'ohrid (Salmo letnica), sont un autre groupe important dans la production aquacole intensive en Albanie. Les résultats des premières années de la production sont très prometteurs et ont attiré l'intérêt des hommes d'affaires albanais qui projettent d’étendre cette activité à d'autres secteurs côtiers.

    Les lacs artificiels s’étendent sur une surface de 7 000 ha et les réservoirs artificiels sur une surface de 2 700 ha. Le lac Ohrid est un des lacs où la production aquacole est réussie. Les juvéniles sont fournis par l'écloserie de Lini, où la reproduction artificielle du Salmo letnica a été effectuée depuis 1965, et qui produit actuellement des millions de larves et de fingerlings chaque année. Avec l'aide financière de la Banque Mondiale et grâce au Projet Pilote du Développement de la Pêche, ce centre a été conçu comme un centre moderne de reproduction pour le repeuplement annuel du lac d’Ohrid en larves et en fingerlings de la truite d'Ohrid. Les larves et les fingerlings sont produits dans des systèmes contrôlés, à partir des oeufs collectés des géniteurs sexuellement matures stockés dans le lac par des pêcheurs spécialisés. L'Institut de Recherche Halieutique est responsable de la gestion et de l'aide financière de cette écloserie. L'écloserie de Zagorcan produit 250 000 alevins de carpes indigènes qui sont également employés pour repeupler le lac Ohrid. Les captures de poissons varient de 90 à 150 tonnes par an.

    Les poissons capturés dans le lac de Prespa sont principalement des cyprinidés avec une proportion élevée d’ablette (Alburnus albidus) et de carpe commune, avec une production moyenne de 300 à 500 tonnes par an. Avec l’appui gouvernemental, la même politique de repeuplement du lac d’Ohrid est appliquée dans ce lac. Chaque année, cette écloserie produit environ 600 000 larves et fingerlings de carpes indigènes qui sont utilisés pour le repeuplement du lac Prespa.

    Des systèmes intégrés d'aquaculture extensive ont été envisagés pour les lacs et les réservoirs artificiels en raison de leur nature universelle (combinant l'énergie électrique et la pêche et/ou l'agriculture et la pêche). Il y a environ 600 petits réservoirs couvrant une surface totale de 2 700 ha. En plus de leur fonction d’irrigation, ces réservoirs sont employés pour l'aquaculture extensive de la carpe chinoise (particulièrement la carpe argentée et la carpe à grosse tête) avec une production variant de 500 à 800 tonnes par an.
    Ressources humaines
    A peu prés 2 500 éleveurs de poissons sont employés en aquaculture. Dans l’élevage marin et la culture des mollusques, il y a 250 éleveurs de poissons, parmi eux 50 travaillent à temps partiel. Le nombre d’éleveurs de poissons employés dans l’aquaculture continentale est de 2 250; ils sont impliqués dans la culture de la truite et de la crevette, dans les réservoirs agricoles et dans les lacs naturels et artificiels.

    Les Organisations de Gestion de la Pêche (FMOs) sont favorisés dans certaines catégories d’étendues d’eau, par le Projet Pilote du Développement de la Pêche de la Banque Mondiale. De telles organisations ont été établies dans le lac Ohrid, le lac Prespa, le lac Shkodra et le lac Uleza et leur travail consiste à gérer de façon générale la pêche (y compris l’aquaculture). D'autres organisations régionales continentales, telles que l'Elbasani, le Shijaku (près de Durresi) et le Fieri s’occupent spécifiquement de la gestion de l’aquaculture.

    Puisque l'aquaculture exige des niveaux élevés de compétence et de professionnalisme, il y a un besoin de formation et d'éducation des producteurs de poissons. L'information, la diffusion et les programmes éducatifs et de formation doivent être encouragés afin d’assurer le développement de l'aquaculture dans le pays.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Comme déjà mentionné, pendant les dix dernières années, l’aquaculture en Albanie a adopté de nouvelles structures et technologies et ce pour satisfaire la demande en poissons et créer des avantages pour les fermiers tels que de nouvelles opportunités d'emploi, des revenus plus élevés et l’élargissement du spectre de la disponibilité des protéines ainsi que des gains en exportant les poissons de grande valeur. Cependant, le coût de production du bar et de la dorade a été artificiellement élevé parce que les larves et les alevins sont importés, principalement de la Grèce et de l'Italie.

    Indépendamment des lagunes côtières, qui sont dans la région occidentale de l'Albanie, la majorité des centres aquacoles est concentrée dans les régions centrales et méridionales. Les caractéristiques climatiques et la variabilité des sources d'eau favorables ainsi que le niveau économique relativement plus élevé des habitants de cette partie de l'Albanie rendent les investissements en aquaculture possibles et attrayants.
    Espèces cultivées
    Les principales espèces d’élevage produites en Albanie sont:
    Nom commun Espèce Origine de l’espèce Destination principale
    Truite arc-en-ciel Oncorhynchus mykiss Introduite Domestique
    Bar européen Dicentrarchus labrax Transférée Domestique
    Dorade royale Sparus aurata Transférée Domestique
    Carpe commune Cyprinus carpio Indigène Domestique
    Carpe argentée Hypophthalmichthys molitrix Introduite Domestique
    Carpe à grosse tête Hypophthalmichthys nobilis Introduite Domestique
    Carpe herbivore Ctenopharyngodon idellus Introduite Domestique
    Crevette kuruma Penaeus japonicus Introduite Domestique/export
    Moule méditerranéenne Mytilus galloprovincialis Indigène Domestique/export
    Truite d’Ohrid Salmo letnica Indigène Domestique

    Ces espèces d’élevage sont importantes dans les régions où elles sont cultivées. Les centres d’élevage de truite sont développés dans le sud-est de l’Albanie, qui est une région montagneuse, par conséquent la truite constitue une bonne source de nourriture à la population et son élevage assure de bons revenus pour les fermiers de cette région.

    Les espèces marines d’élevage ne sont pas encore artificiellement reproduites dans le pays, mais sont importées sous forme de fingerlings. Leur production est réussie dans le sud-ouest de l’Albanie, dans la mer ionienne.

    Les espèces de carpe sont développées dans les parties nord centrales de l'Albanie continentale, principalement dans les zones les plus pauvres. Excepté la carpe commune, toutes les autres espèces ont été introduites de la Chine. Dans de telles régions rurales, le gouvernement grâce à sa politique de réduction de la pauvreté, favorise, la production des espèces qui ne sont pas chères mais qui sont importantes sur le plan nutritif.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Il y a une longue tradition d’élevage de carpe en Albanie, basée essentiellement sur l'élevage de la carpe chinoise et la carpe commune. L'Albanie est probablement le premier pays en Europe de l’est qui a introduit la carpe chinoise, d'abord en 1959 et ensuite en 1969. Depuis et jusqu'en 1990, en construisant de nouveaux centres piscicoles à travers le pays avec une superficie totale d'environ 800 ha, la production des fingerlings pour un but de repeuplement a atteint plus de 32 millions de fingerlings d’environ 8-10 g chacun, utilisés pour le repeuplement des étangs de croissance des systèmes semi intensifs. Les étangs de croissance couvrent environ 200 ha avec un rendement moyen de 2-2,5 tonnes/ha, et un maximum de 5 tonnes/ha.

    L'élevage de la carpe est le plus répandu en Albanie, avec une grande expérience qui peut être prise comme modèle pour développer cette activité dans les régions rurales en utilisant des systèmes semi-intensifs. La biotechnologie utilisée dans la polyculture de ces espèces a été basée sur le repeuplement avec des alevins qui permettent une utilisation raisonnable et efficace des ressources naturelles d’aliment à différentes profondeurs d'eau. L'introduction des aliments artificiels a contribué à la réalisation d’une production élevée de poissons. Bien que ces espèces continuent à être populaires au nord de l’Albanie particulièrement dans le lac Shkodra, dû à leur disponibilité et appétibilité, depuis 1990, l’intérêt pour l’élevage intensif et semi-intensif de la carpe indigène et la carpe chinoise a diminué en même temps qu’a augmenté l'intérêt pour les espèces commerciales; ceci a changé la structure de l'aquaculture en Albanie.

    Avant, il y avait une ferme de truite arc-en-ciel avec des raceways de 4,2 ha près de Saranda et une production annuelle d'environ 250 tonnes. Les fingerlings ont été produits localement dans une écloserie de 1 ha et l’aliment a été importé de France et d'Italie. Il y avait également une source d'eau douce excellente et abondante, mais la ferme à truite a souffert d'un faible taux de conversion alimentaire, d’un bas prix du marché international et d'un coût élevé des aliments importés, et par la suite l’activité a cessé. A partir de 2003, environ 20 nouvelles exploitations de truites ont été construites, gérées la plupart du temps par des familles, dans le Saranda, le Tepelena, le Pogradec, le Librazhd, le Diber et d'autres régions. La production totale, en 2004, était de 86 tonnes.

    L'élevage des espèces marines en Albanie vient juste d’être proprement développé. Il y a une seule ferme d’élevage extensif de crevette à Kavaja avec une surface totale de 215 ha. Il a commencé 30 ans plus tôt et jusqu'à 1992, la principale production était les fingerlings et les larves de carpes chinoises. En 1994, avec les partenaires italiens et grâce à une co-entreprise du nom de «KAP» (Production Aquacole de Kavaja), cette ferme a été reconstruite et elle est maintenant impliquée dans la culture extensive de la crevette Peneaus japonicus avec une superficie de 120 ha. Dans un proche avenir, il est prévu que la moitié de la ferme continuera dans la culture de crevette et l'autre moitié sera utilisée pour produire des espèces telles que le bar et la dorade. En 2004, la production de cette ferme était de 15 tonnes. Actuellement, les propriétaires de l’exploitation piscicole de Narta (200ha) essayent de la remettre en marche en créant, également, une co-entreprise avec les partenaires italiens; cette exploitation piscicole a l'avantage d’être proche de la mer et attire donc, les investisseurs étrangers.

    La culture des bivalves a été développée depuis le début des années 60 dans la lagune côtière de Butrinti où des structures fixes ont été employées pour la production de la moule méditerranéenne (Mytilus galloprovincialis). En raison des excellentes conditions environnementales dans cette lagune, environ 80 unités concrètes et fixes y ont été construites pendant les années 70. Depuis ce temps, cette production s'est développée de façon permanente, atteignant un maximum de 5 000 tonnes/an vers la fin des années 80. Durant les années ultérieures, la reproduction des moules a été pratiquement arrêtée, pour des raisons liées d’une part à l'organisation interne et d’autre part, pour des raisons surtout d’interdiction d’exportation des produits de la pêche vivants. Cette interdiction a été imposée, en octobre 1994, par l'Union Européenne pour des raisons sanitaires. Il y a eu certaines tentatives menées par des groupes privés pour mettre à nouveau en marche environ la moitié des structures fixes, principalement pour le marché local, avec l'espoir que les exportations vers les pays de l'Union Européenne seront reouvertes de nouveau. Jusqu'ici environ 51 unités concrètes fixes sont dans la production, avec une production de 676 tonnes.

    L'élevage en cages flottantes des alevins des poissons marins a commencé en 2002. Récemment, environ dix entrepreneurs privés ont reçu des licences pour commencer l'élevage en cage des poissons marins (le bar européen et la dorade) dans environ 16 unités et 8 000 m2 d’eau marine, et la première production était d’environ 20 tonnes. Plusieurs sites potentiels pour cette activité ont été identifiés le long de la zone littorale de la mer ionienne et, comme avantage supplémentaire, il n'y a aucun conflit avec les autres utilisateurs de ces zones. Le problème principal pour les aquaculteurs marins est le manque de fingerlings et d'aliment pour le poisson localement produit– en important ces deux produits, le coût du poisson produit augmentera. Jusqu'à la fin de 2004, le nombre de producteurs impliqués dans cette activité était de 7, avec 63 cages. Pour le moment, le manque de financement semble être la contrainte la plus importante à surmonter en collaboration étroite avec les investisseurs étrangers et d'autres donateurs internationaux.
    Performance du secteur
    Production
    La production des poissons selon les différentes catégories d'eau a changé au cours des dernières années. Au début des années 90, l'Albanie a hérité d'environ 35 fermes aquacoles et écloseries du régime politique précédent. Après la privatisation et la transition économique, certaines d'entre elles ne sont plus opérationnelles. Cependant, durant les dernières années, des investissements ont été effectués pour installer de nouvelles fermes avec des espèces plus appropriées pour le marché et de nouvelles approches aquacoles comprenant des fermes en mer moyennant les cages d’élevage. Le manque d'écloserie pour la production des fingerlings de bar et de dorade demeure le problème critique pour les aquaculteurs.

    Bien qu'il y ait maintenant 8 écloseries produisant les alevins de carpe, avec une surface totale d'environ 40 ha et une production annuelle d'environ 3 millions d’alevins, le déficit continu de la production des alevins mène à un faible taux d’empoissonnement des réservoirs et des lacs naturels et artificiels et ceci se reflète par les faibles captures de poissons. Au sein de l'Institut de Recherche Halieutique, il y a quatre fermes aquacoles qui sont des propriétés publiques et qui sont impliquées dans le programme de repeuplement des eaux continentales, avec l'appui du gouvernement. L'écloserie de Lini produit environ 1 million de larves et d‘alevins de saumon autochtone (truite d'Ohrid, Salmo letnica) pour repeupler le lac d’Ohrid. L'écloserie de Zvezda produit environ 600 000 larves et alevins de carpes indigènes pour repeupler le lac Prespa. L'écloserie de Zagorcan produit 250 000 alevins de carpes indigènes, pour repeupler aussi le lac Ohrid. L'écloserie de Tapiza produit environ 500 000 carpes chinoises, utilisées pour repeupler de grands plans d’eau tels que les lacs artificiels d'Ulza, Fierza et Komani.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Albanie (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Albanie (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    L'aquaculture subit la pression de la demande accrue en poissons et en produits piscicoles. La contribution de l'aquaculture à la sécurité alimentaire est devenue et demeurera importante dans tout le pays, mais elle est d'une importance particulière dans la région orientale de l'Albanie, où les sources alternatives de poissons sont limitées.

    Durant les trois dernières années, le développement de l'aquaculture a été orienté vers ces produits connaissant une demande élevée. Ainsi, l'Albanie importe des produits aquacoles marins de la Grèce, principalement le bar et la dorade, et la demande pour ces produits a suscité le besoin d'augmenter les investissements dans l’élevage en cages et l’élevage de truite. L'aquaculture marine a été développée dans la partie méridionale du pays où cette activité peut être développée d’avantage. Les prix élevés des produits piscicoles d’une part et le manque de marchés de gros de poissons qui constituent une nécessité dans chaque zone de pêche, d’autre part, créent des difficultés pour les fermiers pour la commercialisation de leurs produits aquacoles.
    Contribution à l'économie
    Des réservoirs à usage agricole sont distribués dans tout le pays et peuvent être employés dans l’aquaculture qui constitue une importante source de revenu et pourrait contribuer à l'allégement de la pauvreté. Dans le contexte des politiques conçues par le Ministère de l'Agriculture et l’Alimentation et la Direction de la Pêche pour réduire la pauvreté, un programme spécifique pour la réactivation des réservoirs pour la pêche a été initié, intégrant l’agriculture avec les étangs aquacoles. Le gouvernement joue un rôle crucial en encourageant l'aquaculture intégrée dans les secteurs ruraux, grâce à la composante de l’aquaculture du Projet Pilote du Développement de la Pêche de la Banque mondiale. Cet appui se manifeste à travers les FMOs (Organismes de Gestion de Pêche) des eaux continentales et consiste à fournir une partie des alevins requis pour le repeuplement. Dans une autre initiative, le gouvernement, a fixé une valeur minimale de production d‘alevins par hectare pour assurer l'exécution du concept de durabilité et pour garantir dans le futur des approvisionnements permanentset ce, dans les conditions de sa licence pour des plans d'eau continentaux. C'est une bonne manière pour protéger les réserves halieutiques des eaux continentales d’une part, et pour réduire la pauvreté, d’autre part.

    Un autre programme spécial est mis en application pour repeupler les lacs naturels et artificiels. Chaque année, l'Institut de Recherche Halieutique reçoit un certain financement pour la production et l'achat des alevins afin de repeupler les lacs d'Ohrid, Prespa, Fierza et Uleza. L'institut dispose de quatre écloseries pour produire des alevins: Tapiza (Tirana), Lini, Zagorçan (Pogradec) et Zvezda. Les écloseries de Zagorçan et de Zvezda produisent les alevins de carpe afin de repeupler les lacs de Prespa et d’Ohrid. En attendant, les écloseries de Lini produisent les alevins de truite d'Ohrid (Salmo letnica). Dans toutes ces écloseries, les géniteurs locaux des lacs respectifs sont utilisés afin de préserver la biodiversité. Pour la truite d'ohrid, les produits de ponte sont collectés à partir des espèces récoltées du lac et sont, ensuite maintenus dans un incubateur jusqu'à ce qu'ils atteignent le poids approprié pour le repeuplement. L’écloserie de Tapiza est utilisée pour garder les poissons génétiquement améliorés de la famille de carpe, tels que la carpe commune, la carpe chinoise, Ctenopharyngodon idellus et les espèces de Hypopothalmichthys spp. Une certaine quantité d‘alevins est achetée des pêcheurs privés afin de repeupler les grands lacs artificiels de Fierza et d'Uleza.

    Le manque d'écloserie pour la production d‘alevins d’origine marine oblige les fermiers albanais à les importer, principalement de la Grèce. Afin de faciliter les importations, parallèlement aux politiques d’appui à la production des fingerlings, réduire au minimum les taxes douanières pour l‘import des alevins reste une priorité. Dans l’élevage de la truite, certains fermiers ont commencé à produire des alevins, en grande partie pour leur propre utilisation plutôt que pour la vente à autrui.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    En Albanie, l'administration du secteur de la pêche et de l'aquaculture est centralisée et se base sur l’article 9 de la loi albanaise «sur la pêche et l'aquaculture», la réglementation No 1 datée du 29.03.2005, pour l'application de la législation sur la pêche et l'aquaculture.

    L'aquaculture est actuellement incluse dans la Stratégie de Développement du secteur de pêche, en tant qu'élément de la Stratégie Verte, approuvée par le gouvernement en 1998. Le Plan d'Action d'Aquaculture (AAP), faisant partie du plan de gestion de la pêche, représente la première étape pour le développement de l'aquaculture et sera principalement basé sur une approche pragmatique élaborée par la Direction de la Pêche.
    Règlements en vigueur
    La loi albanaise N 7908 «sur la Pêche et l'Aquaculture» assume tous les principes du Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO. En Albanie, il n'y a pas de loi séparée pour l'aquaculture, mais elle est incluse dans la loi N 7908 «sur la Pêche et l'aquaculture». Cette loi est identique aussi bien pour le gouvernement central que local. Bien que l'aquaculture n'a bénéficié d’aucun privilège spécial, elle n'est pas traitée comme une activité agricole. Il n'y a pas de limite sur l'investissement étranger dans n'importe quel domaine de l'économie, l’aquaculture y compris, ainsi l'investissement étranger peut atteindre jusqu'à 100 pour cent du capital de départ.

    Le Ministère de l’Agriculture et de l’Alimentation a la responsabilité de développer la pêche et la politique aquacole et reçoit l'aide du Projet Pilote de Développement de la Pêche de la Banque Mondiale. Un des objectifs de ce projet est de soutenir le développement des revenus issus des activités aquacoles en rétablissant l'aquaculture à faible coût dans les réservoirs d'eau douce existants en Albanie et en explorant le potentiel aquacole du pays en terme d’espèces marines de haute valeur, telles que la crevette. C'est la composante du projet qui soutiendra les efforts du gouvernement pour reconstruire le secteur de l'aquaculture en Albanie. Elle vise à reconstituer la capacité aquacole originale de l'eau douce en soutenant les FMOs dans les réservoirs continentaux, en soutenant le programme du gouvernement pour repeupler le lac Ohrid par la truite, et en soutenant les initiatives du gouvernement pour explorer le potentiel pour l’élevage de nouvelles espèces à haute valeur moyennant des programmes de démonstration.

    Des licences d'aquaculture sont émises par le Conseil des licences, placé dans la Direction des Pêches, et signées par le Ministre. Une demande d'une licence aquacole suit une procédure prescrite, dont une des conditions est de s'assurer que l'activité aquacole proposée ne nuit pas à l'environnement. La planification de l'aquaculture est faite sur la base d'une gestion intégrée des intérêts économiques et environnementaux avec les autres secteurs concernés. Le droit d’utiliser la terre privée pour des activités aquacoles est délivré selon des procédures spéciales, conformément à la législation en vigueur. Le droit d'utiliser les eaux de la République d’Albanie pour l'aquaculture est déterminé par la même licence. Le droit d'utiliser les terres contrôlées par l’état pour des activités d'aquaculture est également donné par la même licence, prenant en compte les recommandations et le consensus des autorités locales compétentes dans la région proposée. L'utilisation de la terre sous contrôle de l’état pour des fins aquacoles est classée dans la même catégorie que la terre agricole selon la législation en vigueur. Les investisseurs étrangers peuvent louer une terre pour 99 années.

    Le fait que trois lacs, Shkodra, Orhrid et Prespa soient transfrontaliers, l’adoption d’une loi «pour protéger les lacs transfrontaliers» était nécessaire en 2003. Cette loi vise à la protection de l'environnement des lacs partagés par plusieurs nations dans leur état naturel, afin de garantir les conditions pour garder les écosystèmes, interdire les activités qui les mettraient en danger, et stimuler des activités utiles et conformes aux principes du développement durable. En ce qui concerne cette loi, des accords techniques ont été faits avec la Grèce et le Macédoine pour les lacs Prespa et Ohrid respectivement, particulièrement par rapport à l’interdiction de la pêche pendant une certaine période de l'année et ce pour protéger la reproduction des espèces indigènes. En conséquence, les parties concernées doivent continuer à repeupler le lac avec des alevins et appliquer l'interdiction de pêcher pendant la période de reproduction.

    Quelques tentatives ont été faites pour développer à la fois la coopération technique avec le Montenegro dans un domaine de co-gestion dans le lac Shkodra et le partage d'expérience entre les spécialistes des deux pays.

    Tout en repeuplant les lacs naturels avec des millions d’alevins chaque année, le gouvernement albanais a pris en compte la nécessité de préserver la diversité génétique. Ainsi, les géniteurs de chaque lac produisent des alevins de la carpe commune qui sont stockés chaque année dans les lacs Shkodra, Ohrid, et Prespa avec l’appui gouvernemental.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Il y a plusieurs établissements impliqués dans les activités de recherche en aquaculture, et ils sont tous basés à Tirana. Ce sont l'Institut de Recherche Halieutique à Durres, l'Institut d’Hydrométéorologie, l'Institut de Recherche Vétérinaire, l'Université d'Agriculture de Tirana et l'Institut des Statistiques (INSTAT).
    Tendances, questions et développement
    L'aquaculture marine a montré une grande expansion dans sa production au cours de ces dernières années. C’est une source importante de nourriture de haute qualité et pourrait être considérée comme un outil de gestion important pour limiter la pression sur les stocks halieutiques sauvages qui sont fortement stressés à cause des pêches excessives et de la pollution des zones côtières. Le degré d'interaction entre l'aquaculture et l'environnement dépend de la sensibilité de l'écosystème dans lequel elle a lieu, du système d’élevage et des espèces. En raison de ces interactions et de l’intérêt croissant de la part du public pour la problématique environnementale, le choix des emplacements pour des fermes aquacoles devient plus important. Cependant, en Albanie, l'impact de l'aquaculture sur des conditions sociales n'a pas été suffisamment étudié.

    Durant les trois dernières années, la Direction de Pêche, en collaboration avec le Projet Pilote du Développement de Pêche de la Banque mondiale et avec les communautés rurales de pêche à travers les Organisations de Gestion de Pêche ou les FMOs, a fait des progrès en ce qui concerne le repeuplement des eaux continentales pour accroître la production des poissons dans des régions rurales et améliorer, par conséquent, les conditions sociales des personnes qui vivent dans des zones rurales. Dans plusieurs de ces régions, particulièrement dans les réservoirs artificiels, la production des poissons a été arrêtée pendant les années 90. Pendant ces années, la plupart des communautés côtières rurales reposaient fortement sur l'agriculture ou la pêche traditionnelle. Les nouveaux concepts économiques introduits dans les communautés de pêche ont permis à de nouvelles activités aquacoles de s’installer grâce à l'introduction de nouvelles technologies, ou de nouvelles espèces en utilisant des méthodes telles que l’élevage en cage dans la côte ionienne ou en développant certains sites aquacoles en des centres pour l’élevage d’espèces commerciales.


    Une des priorités de la Direction de pêche dans l'avenir est la préparation et la promulgation d'une loi sur l’aquaculture. Ce sera indispensable du fait que l'Albanie possède un vaste potentiel pour le développement de l'aquaculture, vu ses nombreuses ressources d'eau, l’expérience et l’expertise requises par ses aquaculteurs. La collaboration régionale donnera une cohérence aux développements futurs dans ce domaine. Etant donné l'importance sociale et économique de cette activité, la préparation de l'acte de législation ainsi que d'un plan stratégique pour l'aquaculture, basé sur les réalités du pays, est un but majeur pour le gouvernement albanais. Le défi principal relevé par le gouvernement est de s'assurer que l'aquaculture suit les principes du développement durable, comme dans le cas des autres formes de pêche. Il sera nécessaire d'harmoniser les investissements publics et privés afin de surmonter les difficultés actuelles, particulièrement dans la production d'aliment, et également dans la production de poissons à faible coût destinés à la consommation. Parallèlement à ceci, il est également nécessaire de résoudre les problèmes concernant le commerce et le marketing des poissons pour augmenter les revenus des fermiers. Une autre priorité devrait être le partage et l'échange de l'expérience et l'expansion de nouvelles technologies en permettant aux aquaculteurs d’accéder à l'information scientifique et à la formation.

    La concurrence pour l'espace est l'un des facteurs les plus critiques entre l'aquaculture et les autres activités. Les systèmes d’élevage basés sur terre interagissent naturellement avec toutes les autres activités développées sur le bord de la mer et particulièrement avec les activités d'urbanisation, de développement industriel, de tourisme et d'agriculture. Cependant, des utilisations compétitrices des régions requises pour l'aquaculture basée en mer− telle que les zones de pêche, les zones de ponte, nurseries, les récifs artificiels, l’accès aux ports, les zones militaires, la mise en valeur des sols, les zones protégées ou réservées, de dragage et d’activités de divertissement et de loisirs telles que la baignade, la navigation ou la pêche sportive peuvent être arrangées et résolues par les règlements qui délimitent les possibilités pour le choix du site. Le développement intégré des secteurs côtiers est maintenant une nécessité tout en s'assurant que les conséquences négatives irréversibles seront évitées.

    Les conflits entre l'aquaculture et la pêche, ainsi que la concurrence pour le site dans la zone côtière, ou pour le marketing du poisson et le commerce, n’ont pas été observé jusqu’à présent, peut-être parce que l'aquaculture marine est une nouvelle activité concentrée dans des zones limitées, en particulier le long de la côte méridionale de Vlora et Saranda. Le développement de l'aquaculture en eau douce est en harmonie avec la pêche traditionnelle, particulièrement du fait que les alevins produits sont ceux utilisés pour repeupler ces eaux. Les alevins se composent d’espèces de la famille des carpes qui s’alimentent de l'herbe et de plancton (pour les lacs et les réservoirs) et de la truite indigène pour le lac Ohrid. Le plus grand problème pour l'aquaculture est relié aux importations des fingerlings du bar et de la dorade, principalement de la Grèce et de l'Italie, qui a comme conséquence des prix des poissons d’élevage élevés. Compte tenu de cette situation, il faut souligner qu'il y a un besoin d'étudier l'impact socio-économique de l'aquaculture en Albanie, y compris ses effets sur la réduction de la pauvreté et la fourniture d’aliments de haute qualité, parce qu'il y a un grand potentiel pour le développement ultérieur.
    Références
    Bibliographie
    Les données proviennent de:
    Direction des Pêches du Ministère d’Agriculture et d’Alimentation.
    Direction Statitistique du Ministère d’Agriculture et d’Alimentation.
    Liens utiles
     
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