En 1992, l’entreprise PROTISA réalisait de petites exportations de truite arc-en-ciel (20 tonnes/an) à destination du marché brésilien. En 1994, ces exportations ont été affectées par la chute de la monnaie bolivienne qui a provoqué une augmentation des coûts pour PROTISA. Les prix sont alors devenus trop élevés et les exportations ont cessé. Selon le dernier recensement qui date de 2001, la Bolivie compte 8 274 325 habitants. La consommation moyenne de poisson par personne s’élève à 1 kg/an. Le PNB du secteur de la chasse, de la pêche et de la foresterie (INE 2003) s’élève à 26 677 599 dollars EU et le PNB de la pêche (captures et aquaculture) représente d’après les estimations 17 pour cent de ce total, c’est-à-dire 4 535 192 dollars EU. Le PNB de l’aquaculture seule représente quand à lui 7,1 pour cent de celui du secteur de la pêche, ce qui équivaut à 323 812,7 dollars EU. On compte trois usines de transformation d’aliments pour poisson situées le long de l’épine dorsale industrielle du pays (La Paz, Cochabamba et Santa Cruz), A La Paz, la production d’aliments pour poisson est estimée à environ 50 tonnes, ce qui représente 10 pour cent des besoins du pays. Les 90 pour cent restants proviennent de poisson fourrage et de fourrage venant du Pérou et du Brésil.
En 1955, l’athérine (Odonthestes bonariensis) a été introduite en provenance d’Argentine avec là aussi l’objectif de développer une pêche de capture fondée sur l’aquaculture. Cette espèce a été introduite dans les vallées mais elle a atteint accidentellement le bassin de l’Altiplano où elle est entrée en concurrence avec les espèces de poissons indigènes. La pisciculture de repeuplement avec des espèces tropicales et subtropicales a commencé avec l’introduction de carpes en 1962 par l’université San Simón (UMSS) dans le département de Cochabamba. Vers 1964, des missions évangéliques se sont chargées de l’introduction du tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) et du tilapia du Mozambique dans la région Yungas. En 1990, l’université San Simón a démarré un élevage de tilapia du Nil dans le département de Cochabamba avec le soutien d’USAID (Agence des Etats-Unis pour le développement international). L’objectif était de remplacer la culture de la coca. Malgré l’intérêt général exprimé par les paysans qui ne cultivaient pas la coca, USAID a cessé de soutenir le projet. En 1996, le projet ADEPESCA, soutenu cette fois par la Communauté européenne, a fourni une assistance technique et financière aux nouveaux efforts visant à développer des documents de vulgarisation. En raison de l’intérêt manifesté pour l’élevage d’espèces autochtones tropicales, la station piscicole Pirahiba de l’université San Simón et la Station El Prado de l’université Gabriel René Moren (UGRM) ont commencé à produire des alevins de pacu et de tambaquí alors que l’organisation non gouvernementale (ONG) HOYAM validait en 2002 des techniques pour la reproduction artificielle de cachama (Colossoma macropomun), de tambaqui (Piaractus brachypomus), de bocachico (Prochilodus nigricans), de boga (Schizodon fasciatum) et de toukounaré (Cichla monoculus).
La station piscicole El Prado, créée en 1983, appartient à l’UGRM et ses activités sont réalisées sous le contrôle de la Faculté vétérinaire et zootechnique. Elle dispose de 2,4 ha d’étangs pour la production d’alevins de carpes et de tambaqui. Sa capacité de production s’élève à 200 000 alevins par an. La station piscicole de San Jacinto se trouve dans le département de Tarija. Elle est située sur le bassin du Plata. Elle a été construite en 1989 comme élément polyvalent du projet de San Lacinto. Son objectif était de repeupler le barrage du même nom ainsi que de produire et de distribuer des alevins de carpe commune. L’ONG CICA encourage la culture de carpes dans les barrages des systèmes d’irrigation des départements de Tarija et de Chuquisaca. On ne dispose d’aucune information relative à ses activités et à son personnel. L’université technique de Beni (UTB), située dans le département de Beni, dispose quant à elle du Centre de recherche sur les ressources aquatiques (CRRA) et d’une petite infrastructure de 300 m² pour les projets de thèse de ses étudiants. Elle soutient à l’heure actuelle la culture du pacu (Colossoma macropomun) en utilisant des alevins importés du Brésil (Etat de Rondonia). Ces dernières années, l’ONG Hoyam a encouragé le développement des pêcheries rurales en Amazonie bolivienne comme alternative viable pour améliorer la qualité des conditions de vie des populations agricoles de la région. Le Centre expérimental Mausa et les communautés indigènes de Monte Grande Km. 5, de Bermeo, de Fátima, d’Argentina et de Bellabrisa se trouvent à San Ignacio de Moxos. Une pisciculture semi-intensive d’espèces locales y est pratiquée. Dans la station piscicole Mausa, le projet a atteint un niveau de production de 6 tonnes/ha alors que la région compte 40 ha d’étangs traditionnels. Tableau 1. Ressources humaines
De nombreux efforts ont été fournis afin de mettre en place la crevetticulture dans la région tropicale du pays. En raison des besoins de la crevette en matière de reproduction, sa culture n’a cependant pas été couronnée du succès attendu et l’intérêt porté à son développement a diminué. Les espèces endémiques du bassin de l’Altiplano sont importantes parce qu’elles ne se trouvent que dans cet espace qui s’étend entre le sud du Pérou et le nord du Chili. Elles y sont en outre menacées par la surpêche et par l’athérine d’Argentine récemment introduite. Les captures de deux espèces du genre Orestias et d’une espèce du genre Trichomycterus n’ont pas été reportées. Le Centre de recherche et de développement aquacole bolivien (CRDAB) a validé les techniques de reproduction artificielle des espèces O. agassi. O. luteus, O. ispi du genre Orestias ainsi que de l’espèce Trichomycterus dispar dans le but de réaliser et de promouvoir la pisciculture de repeuplement avec ces espèces Tableau 2. Espèces cultivées
L’adaptation de l’élevage intensif de truite dans le bassin de l’Altiplano a été un succès. Elle a été réalisée au moyen de cages flottantes artisanales de type cambodgien mesurant 4 m sur 4. Deux compagnies privées, qui se consacraient à cette activité et exportaient par le passé de petites quantités de truite vers le Brésil, ont introduit des technologies plus modernes pour la truiticulture industrielle avec des cages métalliques mesurant 10 m sur 10, des distributeurs alimentaires et des trieurs automatiques. Les résultats n’ont cependant pas été à la hauteur des attentes et une de ces deux compagnies est en cours de réaménagement. La pisciculture dans le bassin amazonien est réalisée dans des étangs traditionnels de plus de 100 m². Il existe aussi des atajados, c’est-à-dire des retenues où les éleveurs de bétail recueillent l’eau des inondations qui est utilisée pour l’élevage de poisson. L’espèce la plus appréciée est le pacu qui est généralement nourri avec des résidus agricoles locaux. Les pisciculteurs situés non loin des marchés pratiquent quant à eux une pisciculture intensive en utilisant des granulés alimentaires destinés aux poulets. L’ONG Hyman produit ses propres aliments et son programme de vulgarisation recommande une élaboration de fourrage à partir des denrées produites localement. A Santa Cruz, la pisciculture récréative commence à se développer dans des espaces spécialement préparés pour satisfaire les clients avec un système suivant lequel on paye le poisson que l’on pêche. Une entreprise de production d’aliments pour les espèces tropicales a aussi été récemment créée. Il existe enfin la station piscicole El Prado qui appartient à l’UGRM dans la province de Yapacani où des colonies japonaises se sont établies. Des alevins d’espèces locales comme le pacu et le surubi y sont produits ainsi que de petites quantités de bouquet géant (Macrobrachium rosembergii).
Tableau 4. Production d’espèces tropicales
Les informations statistiques relatives au secteur de l’aquaculture dans le bassin amazonien ont été obtenues par le Centre du développement des pêches (CDP) jusqu’en 1994. Ces dernières années, on a pu constater une augmentation de la production des espèces tropicales comme le pacu et le tambaquí ainsi que, dans une moindre mesure, de celle des prochilodes amazoniens, du boga et du toukounaré. Lors des phases initiales et d’engraissement, les aliments pour poisson utilisés dans les exploitations piscicoles familiales ayant recours à des cages flottantes dans le lac Titicaca sont des espèces locales comme l’ispi (Orestias ispi) ou les caraches (O. agassii, O. olivaceus). Des granulés alimentaires du type Tomasino (importés du Pérou) sont utilisés pour la dernière phase de l’élevage et uniquement là où le produit final est d’une qualité inférieure. Cette situation représente un risque pour les stocks d’espèces autochtones. Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Bolivie (d'après les statistiques de la FAO):
Le poisson n’arrive qu’en troisième position et en faible quantité. La viande de mouton et de porc représente moins de trois pour cent de la consommation de protéines d’origine animale dans les trois villes citées. La consommation de poisson à La Paz indique que 92,6 pour cent de la population en a consommé au cours des six derniers mois. Les 7,4 pour cent restants qui n’en consomment jamais fournissent différentes raisons parmi lesquelles le manque d’hygiène des points de vente, une offre réduite ou encore des prix élevés. Importations Au cours des années 1980, la Bolivie a importé plus de 8 335 tonnes de poisson chaque année dont 6 949 tonnes en boîte. Par la suite, le total des importations de poisson a baissé en raison d’une augmentation de la production nationale. Après 1993, les importations ont de nouveau augmenté à cause de la pénurie constatée dans la production de poisson du département de Tarija et du lac Poopo. Les importations ont atteint 4 878 tonnes en 1999 et sont réparties comme suit: 3 889 tonnes de poisson frais, réfrigéré ou congelé, 19 tonnes de poisson séché, salé ou fumé, 58 tonnes de mollusques, 43 tonnes de crustacés, 807 tonnes de conserves, 17 tonnes d’huiles et 45 tonnes de farines. Exportations Peu de produits piscicoles boliviens sont exportés. Seul le poisson amazonien des pêcheries de la partie nord du département de Beni l’est vers le Brésil. On ne peut pas déterminer avec précision les quantités exportées mais celles-ci sont sans aucun doute faibles et inférieures à 200 tonnes par an. Pendant la période 1994-1995, des exportations expérimentales de truites vers le Brésil (Sao Paulo) ont été menées par la société Productos PROTISA. Elles ont atteint 18 tonnes en 1999 et étaient composées de 17 tonnes de poissons en conserve et d’une tonne de poisson frais, réfrigéré ou congelé. Leur valeur s’élevait à 4 000 dollars EU. A La Paz, les foyers dépensent en moyenne 1,5 fois plus en poisson qu’à Santa Cruz et Cochabamba. Seulement 25 pour cent des foyers achètent du poisson ce qui montre que ce marché est assez segmenté. Les données indiquent que les foyers qui achètent du poisson le font une fois par semaine et leur achat est d’environ un kg. L’athérine est le poisson le plus apprécié (il est acheté par 18 pour cent des foyers). Le poisson en boîte (5,4 pour cent) et le carache (3,1 pour cent) viennent ensuite. La fourniture de truite dans la ville de Cochabamba est principalement le fait d’exploitations piscicoles localisées dans les montagnes humides de la province de Chapare et d’étangs piscicoles extensifs dans la cordillère Tunari alors que l’athérine provient principalement de l’Altiplano. L’offre de tilapia, de pacu et de tambaqui des exploitations piscicoles est actuellement très limitée dans les deux villes et principalement dirigée vers les couches de la population disposant de revenus moyens et supérieurs. Prix et tendances Entre 1992 et 1996, les prix du poisson ont augmenté de plus de 200 pour cent, bien plus que ceux de la viande bovine, des volailles, des œufs ou du fromage (qui ont augmenté d’environ 50 pour cent). Cette augmentation peut être attribuée à la baisse de l’offre nationale même si cette dernière a commencé à être compensée récemment par des importations de prochilodes d’Argentine (toutefois encore chères). Sans une baisse des prix et une importante augmentation de l’offre nationale de poisson, il n’y a aucune possibilité d’affermir la demande. Les prix élevés auront évidemment des effets plus importants sur le taux de consommation des couches les plus pauvres de la population. Effet du prix sur la demande en poisson Une étude menée par la Mission britannique en 1989 a suggéré que le prix est le facteur le plus important pour déterminer l’achat d’aliments riches en protéines par le consommateur. Cette étude indiquait aussi que le consommateur ne manifeste pas de préférence particulière pour une espèce de poisson et que la qualité n’est pas un facteur primordial lors de l’achat. Consommation de poisson et d’autres aliments La consommation annuelle brute de poisson était estimée en 1999 à environ 1,12 kg par personne sur le territoire national. Elle devrait donc être encouragée par des campagnes de promotion. Les seules pertes post-captures (non consommées) représentent 20 pour cent de la production brute nationale. Les dépenses en poisson restent donc très faibles et ne représentent plus que 0,8 pour cent environ des dépenses alimentaires totales, ce qui semble se traduire par une baisse des dépenses en produits de la pêche. En 1965, ces dernières représentaient en effet 2,5 pour cent des dépenses alimentaires totales. Produit intérieur brut des pêches Les activités relatives à la foresterie, à la chasse et à la pêche ont considérablement diminué au cours de la période 1990-2000 comme le montre leur participation moyenne au PIB global. Elles représentaient 0,88 pour cent de celui-ci en 2000 et 1,02 pour cent dix ans plus tôt. Leur contribution au secteur de l’agriculture et de l’élevage a également baissé. Elle est passée de 6,67 pour cent en 1990 à 6,2 pour cent en 2000.
En 1998, des volontaires du JICA (Agence japonaise pour la coopération internationale) qui soutient le développement de la truiticulture extensive a établi que l’élevage de truite sous cette forme dans les lacs andins d’altitude (destiné à la commercialisation comme à la sécurité alimentaire) était plus efficace en termes de coûts de production et de sécurité alimentaire des communautés rurales que l’élevage intensif en cages et en étangs.
Dans le cadre de la Loi sur l’organisation du pouvoir exécutif (Loi n° 1788 du 16 septembre 1997), l’administration actuelle a abrogé la structure ministérielle précédente (Art. 26) en créant, entre autres, le ministère de l’Agriculture et de l’élevage, et en ratifiant les attributions spécifiques du ministère du Développement durable et de la planification. Ce dernier est ainsi responsable des questions en relation avec la biodiversité comme les écosystèmes, les espèces et les genres. Il s’occupe notamment de l’accès aux ressources hydrobiologiques. Le ministère de l’Agriculture et de l’élevage est quant à lui compétent en matière de réglementation des activités liées aux pêches et à l’aquaculture. Les Règlementations de la Loi d’organisation du pouvoir exécutif (Décret suprême n° 24855 du 22 septembre 1997) assigne au ministère de l’Agriculture et de l’élevage la « dépendance » du CBRDA en tant que bras opérationnel de celui-ci même si son champ d’action réel ne semble être que régional.
Même si la Règlementation de la pêche et de l’aquaculture est désormais formellement entrée en vigueur, son application effective a été limitée de plusieurs façons. La principale raison du blocage de la mise en œuvre pratique de la Règlementation de la pêche et de l’aquaculture de 1990 réside dans la dissolution du CDP qui formait son bras opérationnel et exécutif en application à la Loi de décentralisation administrative de 1995. Dans la pratique, la prise de responsabilité des questions piscicoles de la part des préfectures n’a pas encore produit les résultats attendus et n’a même pas maintenu le niveau d’efficacité atteint précédemment par le CDP à travers ses conseils régionaux. La principale lacune de la Règlementation mentionnée précédemment est le manque d’un appareil opérationnel capable d’appliquer effectivement ses dispositions. La Règlementation de la pêche et de l’aquaculture continue cependant d’être aujourd’hui la principale loi règlementaire sur le sujet mais son efficacité réelle est très limitée à l’heure actuelle car l’organe nécessaire à son application manque. Quant aux organes de tutelle, ils ont disparu au sein du ministère de l’Agriculture et de l’élevage et du sous-ministère des Ressources naturelles et de l’environnement. Autres lois importantes du secteur Avant tout, il faut mentionner la Loi sur l’environnement (Loi n° 1 333 du 27 avril 1992) complétée par une série de règlementations adoptées par le Décret suprême n° 24 176 du 8 décembre 1995. Cette loi, par sa nature, a un caractère central par rapport à d’autres lois sectorielles sur les questions en relation avec l’environnement comme la foresterie, l’eau, la biodiversité et l’exploitation des ressources hydrobiologiques. Il est également important de rappeler que la Loi sur l’environnement a pénalisé de façon autonome certains délits relatifs à la pêche et aux activités aquacoles. C’est le cas pour les délits d’empoisonnement, de pollution et d’altération des eaux destinées à un usage piscicole (Art. 105, paragraphe a) et pour le délit de pêche avec des moyens interdits (Art. 110). En ce qui concerne les procédures législatives relevant de l’exploitation des ressources hydrobiologiques, il faut tout d’abord citer l’Initiative de Loi sur les ressources aquacoles dont la dernière version date du 13 avril 1998 et qui est clairement en relation avec les activités halieutiques et aquacoles ainsi qu’avec l’agriculture, l’industrie et le secteur minier. Le Projet de Loi pour la conservation de la diversité biologique doit aussi être mentionné. Sa dernière version de travail date du 26 mars 1998 et s’occupe des questions étroitement liées aux ressources biologiques pour la pêche et l’aquaculture. Le manque de soutien institutionnel à l’aquaculture a eu des conséquences négatives sur le développement de l’industrie aquacole. Ainsi, il n’y a pas de politique de développement à long terme pour la planification du développement des secteurs privé et public. A l’exception du CBRDA, on ne compte pas de services de vulgarisation de l’aquaculture. Les projets dépendent des donateurs étrangers et n’ont, par conséquent, pour résultat qu’un développement sporadique et non coordonné. Aucune recherche sur les technologies appropriées pour les producteurs artisanaux n’a été menée. Seuls quelques documents de vulgarisation ont été préparés pour la pisciculture rurale. Le gouvernement n’a accordé au développement de l’aquaculture qu’une priorité très limitée. Le financement des programmes et des projets est incertain, surtout avec la décentralisation administrative.
Mis à part quelques courtes formations occasionnelles, il n’y a pratiquement pas d’opportunités de formation dans le domaine de l’aquaculture au niveau universitaire. Cette discipline est complètement absente des cursus universitaires (Thomson, 1998). Les stations piscicoles de recherche El Prado, Pirahiba ou San Jacinto pourraient servir de centres de formation mais le manque de financements et de personnels ne permet pas de développer des programmes de formation pratique. Le manque de personnel spécialisé et de pisciculteurs formés est une limite importante que l’industrie aquaculture bolivienne doit affronter. La recherche en pisciculture est réalisée dans les universités et, dans le cas du Haut plateau, le CBRDA mène des recherches sur différents sujets liés aux truites, notamment la reproduction et l’alimentation. Il mène aussi des recherches sur les espèces endémiques orientées vers la pisciculture de repeuplement. L’Unité de limnologie et des ressources aquacoles (ULRA) de l’université San Simon développe des recherches sur la limnologie des plans d’eau alors que la station aquacole Pirahiba, élément de cette même université, mène des recherches sur la sélection artificielle et la production d’alevins d’espèces autochtones comme le pacu, le tambaqui et le surubi. L’Institut de recherche pour le développement (IRD) travaille avec la coopération française et les universités d’Etat de La Paz, Santa Cruz, Cochabamba et Beni. Son travail de recherche se concentre principalement sur l’étude de l’interaction entre les caractéristiques biologiques et l’histoire structurelle des populations, sur les stratégies de reproduction, sur la biologie et l’écologie des premières étapes de la vie ainsi que sur la croissance et sur les dynamiques des infections parasitaires. L’analyse des structures de population et des caractéristiques de leur histoire biologique ne couvre qu’un nombre limité d’espèces se trouvant dans les principaux bassins de drainage boliviens. Ces espèces sont différenciées par leur origine philogénétique et les grandes lignes de leurhistoire biologique (carnivore, herbivore, migrateur, sédentaire, comportement des adultes par rapport aux jeunes). Certaines espèces ont été choisies parmi trois familles de poisson qui représentent un intérêt économique important dans le bassin amazonien (pêcheries et aquaculture). Dans le bassin amazonien, il s’agit de Serrasalminae (piranha rouge, pacu, tambaqui), de poissons-chats de la famille des Pimelodidae (surubi) et de Cichlidae (toukounaré).
Aujourd’hui, selon le cadre institutionnel établi par la loi, le ministère de l’Elevage, de l’agriculture et des questions indigènes (MACA) est l’institution centrale chargée de promouvoir le développement intégré et durable des pêches et de l’aquaculture. Ce ministère fait preuve d’une meilleure orientation et a des effets sociaux et économiques plus importants. En raison d’un développement encore très récent de l’aquaculture dans tous ses aspects, les systèmes aquacoles extensifs et semi-extensifs sont ceux qui connaissent une grande expansion, particulièrement dans la région amazonienne où les alevins de pacu et de tambaqui peuvent être obtenus plus facilement dans les villes brésiliennes situées de l’autre côté de la frontière. La production massive d’alevins d’espèces originaires d’Amazonie n’a pas atteint un niveau commercial et en est encore à un stade expérimental. La Station piscicole Mausa qui appartient à l’ONG Hoyam est déjà en mesure de fournir des alevins de pacu, de tambaquí, de prochilodés amazoniens et de boga. Elle envisage de développer ses laboratoires situés à San Ignacio de Moxos, dans le département de Beni, de façon à pouvoir poursuivre sa production d’alevins. La Bolivie cherche à suivre les expériences développées dans des pays voisins qui ont démontré les perspectives offertes par l’élevage piscicole d’espèces locales à bas coût grâce à leur régime frugal comme c’est le cas pour les Characidae, genre Colossoma et Piaractus (cachama et tambaqui), Prochilodontidae, genre Prochilodus (prochilodés amazoniens), et Anostomidae, genre Schizodon. Ces espèces s’intègrent facilement dans les pratiques agricoles des paysans de la région amazonienne. Ce travail expérimental a eu comme résultat que dans la province du Moxos, département de Beni, sept communautés indigènes se sont consacrées à la pisciculture dans des étangs communautaires. La production varie entre deux et six tonnes de poisson à l’hectare selon le système adopté (intensif, semi-intensif ou extensif) et génère entre 600 et 2 500 dollars EU par hectare à l’année. La tendance actuelle est de doubler le nombre de communautés indigènes qui élèvent du poisson dans des étangs communaux et de commencer à diffuser la pisciculture dans des exploitations familiales. Le facteur limitant le développement de la pisciculture dans la région est sans aucun doute la fourniture en alevins puisque la majorité des espèces appropriées pour l’élevage ne se reproduisent pas en captivité dans des eaux stagnantes.
Proyecto BOL/B7-3010/94/053. Apoyo a las actividades de la pesca y acuicultura en Bolivia ADEPESCA. Charles Angell. 1998. Estudio en acuicultura en Bolivia. José Juste Ruiz. 1998. Ordenación y Legislación del Sector Pesquero en Bolivia. Carlos Palin. 1998. Organización Institucional y Recursos Humanos del Sector Pesquero en Bolivia. David Thomson. 1997. Formación y Capacitación del Sector Pesquero en Bolivia. Unidad Piscícola y Pesca. 2001. Diagnostico Nacional Pesquero. Lina Araya. 2003. Lineamiento de políticas de pesca y acuicultura. Informe CIDAB. 2000. Estudio de mercadeo de trucha. PELT. 1998. Evaluación de los recursos pesqueros del lago Titicaca Crucero. BIC-PELT 9805-06 Centro Pesquero. 2005. Informe sobre la producción regional de pescado por especies y procedencia en departamento de Cochabamba.
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