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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    La République du Cameroun est située au fond du Golfe de Guinée en Afrique Centrale ayant pour capitale Yaoundé. Elle s'étend du deuxième au treizième degré de latitude nord et du neuvième au seizième degré de longitude Est et couvre une superficie de 475 000 kilomètres carrés. Cette extension géographique confère au pays une grande diversité géographique et écologique.

    L'aquaculture sous la forme de pisciculture a été introduite au Cameroun en 1948. Dès lors, le pays a souscrit à plusieurs projets bilatéraux et à des interventions multiformes dans le domaine pour amener la population à adopter cette nouvelle forme de culture. Elle s'est fait de façon timide avec une production modeste.

    Devant la baisse constante des productions nationales des pêches de capture et l'importance croissante des quantités de poissons congelés pour combler le déficit, le pays s'est résolu à relancer l'aquaculture pour satisfaire une demande élevée suite à une démographie galopante et réduire la sortie massive de devises. C'est ainsi que ce secteur est devenu une priorité pour le gouvernement qui vient d'élaborer un cadre stratégique pour un développement durable de l'aquaculture, et est en train de finaliser la révision du cadre juridique de la pêche et de l'aquaculture au Cameroun.

    Climat et écologie sont favorables et le pays regorge d'importantes potentialités résultant notamment des 420 km de côte maritime avec des forêts de mangroves et des lagunes, la disponibilité de sous produits agricoles et agro-industriels, la présence d'une population ichtyologique piscicole endémique et variée et d'un réseau hydrographique très dense. D'après les observations, la production potentielle de la pisciculture pourrait être comprise entre 2 300 et 20 000 tonnes par an.
    Historique et aperçu général
    Au Cameroun, l'aquaculture pratiquée est uniquement celle en étangs et en eau douce (Satia, N.B.P., 1991). Elle a connu une évolution sur le plan des techniques d'élevage et des espèces élevées.

    Les premiers étangs construits dans le pays ont été des étangs de barrage non complètement vidangeables et construits en parallèle le long de la vallée. Devant la difficulté de gestion de ces étangs, les seconds étangs construits dès 1974 ont été des étangs de dérivation où tous les paramètres de production sont contrôlables.

    Sur le plan ichtyologique, l'élevage a commencé dès 1948 par les tilapias suivis des poissons-chats. En 1969, l'on a introduit la carpe commune suivie de le poisson sans nom (hétérotis). La population piscicole s'est à nouveau agrandie en 1990 par l'arrivée des carpes herbivores.

    Au début de l'introduction de la pisciculture, seuls les paysans étaient intéressés mais au fil du temps, ce sont toutes les couches sociales qui la considèrent comme une activité importante sur le plan nutritionnel et financier.

    Le gouvernement a progressivement mis en place 22 centres d'alevinage qui sont des structures de vulgarisation. On dénombre aujourd'hui environ 15 000 étangs produisant 330 tonnes d'une valeur de 2 268 millions de FCFA (4,71 milions US$) durant la campagne agricole de 2003, avec un rendement moyen de 400 kg/ha.
    Ressources humaines
    Plusieurs types d'organismes opèrent en milieu rural dans le domaine de l'encadrement et de la vulgarisation. Parmi eux on note d'une part, des institutions gouvernementales qui travaillent sous l'égide de départements ministériels bien déterminés; d'autre part, il y a les organismes confessionnels et les organisations non gouvernementales.

    Dans le Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole (PNVRA), ce sont les Agents de Vulgarisation de Zone (AVZ) qui assurent effectivement la vulgarisation auprès des paysans. Ils sont au nombre de 1 295 dans les zones agro écologiques à fortes potentialités piscicoles.

    La pisciculture occupe près de 10 000 paysans qui la pratiquent à temps partiel. Ils ont un niveau d'éducation primaire et secondaire; certains sont formés dans les écoles d'agriculture ainsi que dans l'Ecole des eaux et forêts de Mbalmayo et le Centre national de formation d'aquaculture de Foumban, et d'autres sont des fonctionnaires ou des instituteurs retraités. Parmi ces pisciculteurs, seuls 10 pour cent sont des femmes. Ce faible pourcentage est dû principalement aux traditions coutumières du Cameroun qui ne permettent pas à la femme d'avoir accès à l'héritage foncier.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Suivant le décret n° 92/186 du 1er septembre 1992 portant sur la nouvelle organisation administrative du Cameroun, le pays comporte 10 provinces, 58 départements, 269 arrondissements et 53 districts.

    Les principales régions de production aquacole se trouvent essentiellement dans les provinces de l'Adamaoua, du Centre, de l'Est, du Littoral, de l'Ouest et du Nord-ouest.

    Dans toutes ces régions, la production des poissons se fait en étangs de dérivation et en étangs de barrage. Cependant, en l'absence d'un système fiable de collecte des statistiques, il est impossible d'estimer les production de poisson par région.

    Espèces cultivées
    Les espèces de poisson qui contribuent en grande partie à la production nationale sont les tilapias, les poissons-chats nord-africains et les carpes communes.

    Les tilapias sont des poissons robustes pouvant supporter des températures extrêmes de l'eau et de bas niveaux d'oxygène dissous. Le frayage naturel a lieu presque dans tous les types d'eau (Assiah, V.F. et al . 1996). On en dénombre plusieurs espèces au Cameroun dont la tilapia du Nil (Oreochromis niloticus ) est l'espèce la plus intéressante en pisciculture.

    Les poissons-chats nord-africains sont des poissons appartenant à l'ordre des siluriformes, poissons téléostéens caractérisés entre autres par le corps nu et la présence de barbillons mandibulaires. Ils sont endémiques et utilisés en polyculture avec le tilapia pour réduire la surcharge des étangs. La plus utilisée au Cameroun est: Clarias gariepinus .

    La carpe commune (Cyprinus carpio ) est un cyprinidé, importé d'Israël en 1969. Il s'adapte bien au climat tropical de la zone des hauts plateaux de l'Ouest puisqu'il s'y reproduit naturellement en étang.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Au Cameroun, la pisciculture se pratique en eau douce, en étangs de dérivation et en étangs de barrage.

    En étang de dérivation formé de quatre digues et d'un système de vidange, les paramètres de production sont parfaitement contrôlables et les déchets des produits agricoles y sont utilisés comme aliments et fertilisants. L'intégration de la pisciculture avec l'élevage de porcs ou de poulets se fait aisément en étang de dérivation, les déchets de l'élevage servant de fertilisant et les restes de nourriture étant valorisés par les poissons. Ces étangs construits par les paysans eux-mêmes pour diversifier leurs activités agricoles, leur permettent de disposer en milieu rural de protéines de poisson pour la famille et de vendre le surplus de production pour améliorer leurs revenus.

    Quant aux étangs de barrage, leur construction nécessite le plus souvent l'utilisation d'un bulldozer ce qui n'est pas à la portée du paysan moyen. Ils sont obtenus par la construction d'une digue qui barre le cours d'eau. L'eau inonde une certaine superficie en amont. On y retrouve, en plus des poissons déjà présents dans le cours d'eau, les poissons introduits pour l'élevage. Si aucun apport de nourriture, ni d'engrais n'est fait, la production en poisson de ce réservoir devient fonction de la nourriture naturelle et décroît considérablement à partir de la deuxième année.

    Suite aux difficultés de gestion des étangs de barrage, les paysans ont progressivement transformé ces derniers en étangs de dérivation. Selon les statistiques disponibles, on estime que 90 pour cent des étangs construits sont des étangs de dérivation d'où sont issus 95 pour cent de la production aquacole totale (Direction des pêches - Ministère de l'elevage, des pêches et des industries animales).
    Performance du secteur
    Production
    La quantité de poisson produite en élevage est estimée par les responsables du Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole (PNVRA) à 330 tonnes par an Ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA).

    La superficie totale exploitée par la pisciculture est d'environ 250 hectares.

    Sur une population de pisciculteurs estimée à 10 000 (PNVRA), on compte 6 pour cent de femmes propriétaires d'étang, soit environ 600 femmes.

    Production aquacole annuelle au Cameroun en 2000-2003
    EspèceNom FR FAOUnité2000200120022003
    Cyprinus carpioCarpe communeTonnes66
    Carpe communeXAF/kg1 3001400
    Oreochromis niloticusTilapia du NilTonnes4040210210
    Tilapia du NilXAF/kg1 0001 0001 000
    Tilapia du NilUSD/kg1,411,45
    Clarias gariepinusPoisson-chat nord-africainTonnes1010114114
    Poisson-chat nord-africainXAF/kg1 3001 3001 3001 400
    Poisson-chat nord-africainUSD/kg1,831,85
    Source: Direction des pêches MINEPIA

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Cameroun (d'après les statistiques de la FAO).
      

    Production de l'aquaculture reportée en Cameroun (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    (Source: Statistiques de pêche de la FAO, production d'aquaculture)

    Marché et commerce
    La production piscicole est destinée uniquement à la consommation locale. Les poissons frais d'élevage sont très prisés. Devant l'offre qui dépasse la demande, ces poissons sont rarement transformés. Cependant, dans le cas où des poissons restent invendus, ils sont fumés.

    La vente se fait le plus souvent au bord des étangs. S'il est vendu aux enchères, le prix de vente au kilogramme est souvent supérieur à la normale (augmentation de 10 à 30 pour cent). La vente s'effectue par les pisciculteurs eux-mêmes ou les membres de leur famille.

    Lorsque la récolte de poisson n'a pas été annoncée dans la localité, cette récolte est transportée au marché ou dans des restaurants et vendue au prix normal [en moyenne 1 000 FCFA (2,07 US$) le kg de tilapia et 1 500 FCFA (3,11 US$) le kg de silure].

    Le transport des poissons vers le marché se fait dans de grands récipients en aluminium ou en matière plastique sous glace concassée pour maintenir leur état de fraîcheur. Pour les poissons-chats nord-africains qui sont vendus vivants, ils sont transportés et vendus dans des récipients remplis d'eau. Cette eau est régulièrement renouvelée en fonction de la température ambiante.
    Contribution à l'économie
    La très modeste production aquacole annuelle de 330 tonnes (PNVRA) contribue au PIB pour moins de un pour cent. Le secteur offre environ 15 à 20 000 emplois directs et constitue une source de revenus complémentaires dans beaucoup de familles en milieu rural.

    Au Cameroun, le poisson est une source majeure de protéines pour une bonne partie de la population. Il représente environ 40 pour cent de l'apport protéique d'origine animale et 9,5 pour cent des besoins totaux.

    Pour la couche de la population rurale la moins nantie, le poisson constitue une des sources importantes de protéines d'origine animale. Pour satisfaire leurs besoins, certains paysans pratiquent la monoculture de tilapia en l'absence d'alevins de clarias. La surcharge des étangs leur permet de pêcher constamment du poisson d'une certaine taille pour nourrir leur famille. Ceux qui parviennent à bien gérer cette monoculture de tilapia parviennent à satisfaire leurs besoins et vendent même une partie de la production, ce qui leur apporte un revenu supplémentaire.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Au Cameroun, l'aquaculture est placée sous l'autorité du Ministère de l'Elevage, des Pêches et des Industries Animales (MINEPIA). Celui-ci, à travers la Direction des pêches et de l'aquaculture, est chargé entre autres:
    • De l'élaboration et suivi de la mise en œuvre des projets d'aquaculture.
    • Du développement durable des ressources aquacoles nationales.
    • De la promotion de l'aquaculture.
    • De la délivrance des autorisations d'exportation et d'importation des espèces aquacoles.
    • Du suivi et de l'accompagnement des activités des organisations professionnelles et interprofessionnelles aquacoles.
    Cependant, le gouvernement a mis en place un Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole (PNVRA) qui s'occupe de la vulgarisation. Ce programme réunit tous les vulgarisateurs du MINEPIA et du Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (MINDER) (l'ex-Ministère de l'agriculture) avec la collaboration de l'Institut de Recherche pour le Développement (IRAD) pour assurer une meilleure coordination et programmation des enseignements à dispenser auprès des paysans dans le monde rural.

    Dans sa stratégie de vulgarisation, le PNVRA concentre ses activités autour des promoteurs dans différents domaines notamment en matière d'appui aux:
    1. Organisations des producteurs de base.
    2. Associations professionnelles et interprofessionnelles.
    3. Prestataires privés de services.
    4. Développement de la participation des bénéficiaires.
    5. Appui aux efforts de lutte contre le VIH/SIDA en milieu rural.
    1. Appui aux organisations des producteurs de base
      Cet appui a permis de promouvoir une vulgarisation mieux ciblée susceptible de contribuer plus efficacement à la réalisation des objectifs du projet. L'appui apporté à ces organisations des producteurs inclut notamment:
      • Le conseil technique aux producteurs pour la mise en œuvre de micro projets.
      • Le renforcement des capacités organisationnelles de gestion, d'approvisionnement en intrants et de commercialisation des produits agricoles.
      • La formation des responsables des organisations et la fourniture du petit équipement et matériel de bureau.
      • L'acquisition de matériels végétal et animal améliorés.
    2. Appui aux associations professionnelles et interprofessionnelles
      Il s'agit de producteurs professionnels orientés vers le marché, organisés autour de certaines filières porteuses telles que pisciculture, ananas, pommes de terre, oignon, palmier à huile, bananier plantain. L'appui à ces institutions vise au renforcement de ces filières et porte sur:
      • La formation des responsables des organisations et la fourniture du petit équipement et matériel de bureau.
      • L'accès aux intrants, la production et la commercialisation.
      • Renforcement des capacités managériales des responsables de ces organisations et de l'interprofession.
    3. Appui aux prestataires privés de services
      Les services d'appui dans les localités non couvertes par le programme sont confiés à des prestataires privés opérant dans ces localités sur la base de conventions signées de gré à gré avec l'administration en tenant compte de leur implantation dans le milieu et de leur capacité à contribuer efficacement à la réalisation des objectifs du projet.
    4. Appui aux développements de la participation des bénéficiaires
      Le développement participatif des communautés de base demeure au centre des préoccupations majeures du projet. L'Approche Participative Niveau Village (APNV) en constitue l'outil de mise en œuvre. Le suivi et la coordination des actions planifiées sont confiés à un Comité de Coordination (CC) ayant en son sein des comités spécialisés dont le Comité de Suivi des Activités de Vulgarisation (COSAV).
    5. Appui aux efforts de lutte contre le VIH/SIDA en milieu rural
      L'évolution du taux de prévalence du VIH/SIDA a amené le PNVRA à s'impliquer activement dans les efforts nationaux de lutte contre cette pandémie en milieu rural, en vue de susciter des changements de comportement tant au sein du personnel de vulgarisation que des populations rurales.
    Règlements en vigueur
    Au Cameroun, la pratique de l'aquaculture est soumise à des autorisations pour la création de fermes piscicoles et pour l'importation et l'introduction d'espèces aquacoles vivantes; une autorisation spéciale est requise pour l'exploitation de poissons ornementaux. C'est le Ministère de l'elevage, des pêches et des industries animales qui est chargé de l'application de cette réglementation à travers ses services centraux et extérieurs.

    L'autorisation de création d'une ferme piscicole permet de savoir: Si le promoteur du projet possède un titre de propriété pour le site choisi, comme par exemple un titre foncier ou tout autre document lui donnant droit de jouissance.

    Si la dérivation d'une partie du cours d'eau pour approvisionner les étangs n'entravera pas son ruissellement et n'endommagera pas sa faune, sa flore ou la qualité de l'eau.

    L'autorisation d'importation et d'introduction d'espèces aquacoles vivantes est destinée à préserver la biodiversité existante et à protéger les espèces locales des épidémies.

    Quant à l'autorisation spéciale d'exploitation de poissons ornementaux, elle vise à la sauvegarde de ces espèces en exigeant des exploitants d'avoir des fermes d'élevage.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les priorités de recherche en aquaculture sont définies par le MINEPIA qui participe à l'élaboration des programmes de recherche à l'Institut de Recherche pour le Développement (IRAD). Les institutions gouvernementales (IRAD) conduisent les recherches,tandis que les institutions non gouvernementales et le Programme national vulgarisation et de recherche agricole en appliquent les résultats au bénéfice des pisciculteurs.

    De la recherche participative est pratiquée dans les fermes avec l'implication des Agents de Vulgarisation de Zone (AVZ), les pisciculteurs et les chercheurs. Les résultats obtenus sont appliqués dans un étang de démonstration, chez un pisciculteur membre d'un groupe avec la participation de tous les autres membres; ceux-ci ensuite les répliquent dans leur propre ferme.

    Placés sous la tutelle de l'IRAD, le Centre de recherche océanographique de Limbé et son antenne de Foumban sont des structures qui s'occupent également de recherche en aquaculture au Cameroun. Le niveau requis est la licence en sciences biologiques ou le diplôme d'ingénieur en aquaculture.

    En matière de formation, le Centre national aquacole (station aquacole) de Foumban, créé en 1974, a été érigé en Centre national de formation zootechnique et vétérinaire (option pêche) en 1986. Cette école forme 50-60 moniteurs par an de niveaux probatoire et baccalauréat.

    De plus, l'Ecole des eaux et forêts de Mbalmayo (depuis 1975) et le Département forestier de l'Institut National d'Etude Rural (INER), le Centre universitaire de Dschang (depuis 1977) et certaines écoles d'agriculture dispensent des cours élémentaires de pisciculture aux moniteurs piscicoles de niveaux baccalauréat et probatoire.
    Tendances, questions et développement
    Jusqu'en l'an 2000, c'était le gouvernement qui jouait les rôles d'investisseur en finançant la promotion et la vulgarisation de l'aquaculture, d'entrepreneur en construisant les structures de production et de gestionnaire de la filière de production en fixant le prix de vente des produits. L'adoption du Programme national de gouvernance en 2000 a changé les orientations de la politique économique. Ce Programme exige de l'Etat de se désengager progressivement du secteur de production et de libéraliser la vie économique. Il donne au gouvernement les rôles d'incitateur, de régulateur, voire d'arbitre et à la société civile le rôle de développer l'économie.

    Dans son nouveau rôle de facilitateur, le gouvernement avec le concours de la FAO a élaboré un cadre stratégique pour un développement durable de l'aquaculture. Ce cadre établit les rôles de l'Etat, du secteur privé et de la recherche dans le développement aquacole. A partir de ce cadre, le Cameroun élaborera des stratégies de développement aquacole qui lui permettront de mettre sur pied un schéma de développement du secteur.

    De plus, la révision en cours du cadre juridique des pêches et de l'aquaculture a pour but de contribuer à l'élaboration d'un ensemble de lois qui favorisent l'émergence d'une aquaculture économiquement viable et socialement acceptable et qui garantissent la préservation de l'environnement et les intérêts principaux des acteurs du secteur.

    Sur le plan de la vulgarisation, les moniteurs piscicoles chargés de l'encadrement des paysans étaient démunis des instruments de travail (balance, épuisette, règle...etc.) et de moyen de locomotion. Suite à cette situation, les pisciculteurs étaient abandonnés à eux-mêmes et à leur tour ils abandonnaient les étangs de pisciculture. Avec l'insertion de ces moniteurs piscicoles dans le Programme national de vulgarisation et de recherche agricole qui dispose plus de moyens de travail, l'encadrement des pisciculteurs devrait devenir beaucoup plus effectif.

    Au plan de la technique de production, l'expérience a montré que les étangs de barrage sont difficiles à gérer parce que les différents paramètres de production ne sont pas maîtrisables et qu'il est impossible de les vidanger complètement. De plus, leur production n'est bonne que la première année et décroît ensuite. Ces étangs de barrage sont progressivement transformés en étangs de dérivation qui se vidangent complètement et dans lesquels les paramètres de production sont parfaitement maîtrisables. Pour améliorer le rendement de ces étangs de dérivation, on construit une porcherie ou un poulailler au bord de l'étang ou sur pilotis pour bénéficier des déchets d'élevage qui vont servir d'engrais naturels. Dans les régions septentrionales, les mares d'eau temporaires sont fermées et les paysans nourrissent les poissons jusqu'à la pêche.

    La production nationale annuelle, estimée habituellement à 50 tonnes en l'absence d'un système de collecte des données statistiques, est évaluée actuellement à 330 tonnes grâce à la présence des Agents de Vulgarisation de Zone (AVZ) qui assurent un minimum d'encadrement auprès des pisciculteurs. La poursuite du Programme National de Vulgarisation et de Recherche Agricole (PNVRA) avec une intensification de la formation des AVZ en aquaculture, pourrait faire connaître à la pisciculture un progrès considérable.

    Dans la production nationale aquacole, il n'est pas fait mention des productions des mares d'eau temporaires et des étangs de dignitaires et hommes d'affaires qui pratiquent une pisciculture de prestige a laquelle les vulgarisateurs n'ont pas accès. Ce genre de pisciculture est en train de prendre de l'ampleur car chaque membre de cette classe sociale voudrait montrer sa grandeur à travers son étang et la quantité de poissons produits.

    Ces dernières années, on a pu constater l'engouement des populations pour la pisciculture. Cette activité est encouragée chaque année par la formation de jeunes pisciculteurs organisée par le ministère en charge de l'aquaculture.

    Suite à la baisse de production de la pêche industrielle sur la côte camerounaise, certains armateurs envisagent de se convertir en aquaculteur, comme par exemple la société PEX CAMEROUN.

    Les produits aquacoles sont très prisés par la population, mais leur production est loin de satisfaire la demande toujours croissante.

    L'on constate que l'interaction principale entre l'aquaculture et l'environnement est le déboisement des bas fonds pour l'installation d'étangs de pisciculture. Dans certains bas fonds, la pisciculture est associée à la culture maraîchère et à l'élevage de porcs ou de poulets.
    Références
    Bibliographie
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    FAO . 2000 . Rapport du projet «Opérationnalisation du PSSA dans les provinces de l'Ouest, du Nord-Ouest, du Sud, du Sud-Ouest, du Littoral, du Nord et de l'Extrême-Nord». FAO/SPPD/CMR/99/002 (A) 2000.
    FAO . 2003 . Projet d'Appui à la Composante Diversification (PACD) du Programme Spécial pour la Sécurité Alimentaire (PSSA). FAO/TCP/CMR/2903 (D).
    FAO . 2004 . Appui à la révision du cadre juridique des pêches et de l'aquaculture au Cameroun. FAO/TCP/CMR/2907(A).
    Institut de recherche agronomique pour le développement (IRAD) . 1996 . Structure de l'IRAD et zones agro écologiques. Yaoundé-Cameroun.
    Kouam, J. 2003 . Vue général du secteur aquacole national - Cameroun. 28 pp.
    Kouam, J. 2004 . Projets de développement piscicole et la vulgarisation agricole au Cameroun. Pp. 21-29 in Aquaculture extension in Sub-Saharan Africa. FAO Fisheries Circular (1002). Rome, FAO.
    Peace Corps . 1999 . Project status report (PIC). Peace Corps Cameroon Aquaculture PSR.
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    Président de la République . 2005 . Décret N°2005/152 du 04 mai 2005 portant l'organisation du Ministère de l'elevage, des pêches et des industries animales.
    Président de la République . 1992 . Décret N°92/186 du 1er septembre 1992 et Décret N°92/207 du 5 octobre 1992 portant sur la nouvelle organisation administrative du Cameroun.
    Premier Ministre (PM) . 1995 . Décret N°95/413/PM du 20 juin 1995, fixant certaines modalités d'application du régime de la pêche.
    Premier Ministre (PM) . 2001 . N°2001/546/PM du 30 juillet 2001 modifiant et complétant certaines dispositions du décret N°95/413/PM du 20 juin 1995, fixant certaines modalités d'application du régime de la pêche.
    Ministère de l'environnement et des forêts (MINEF) .1994 . Loi n°94/01 du 20 janvier 1994 portant sur le régime des forêts, de la faune et de la pêche.
    Ministère de l'elevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA) . 2003 . Arrêté N°0003/MINEPIA du 01 août 2001 fixant les modalités de classement des établissements de traitement des produits de la pêche et d'exploitation des espèces ornementales.
    Ministère de l'elevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA) . 2003 . Cadre stratégique pour un développement durable de l'aquaculture au Cameroun.
    Ministère de l'elevage, des pêches et des industries animales (MINEPIA) . 2002 . La stratégie sectorielle du Ministère de l'elevage, des pêches et des industries animales. 94 pp.
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    Liens utiles
     
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