1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Au début des années 1990, la production totale provenant des centres aquacoles ne dépassait pas 80 000 tonnes au Chili. En 2004, elle a atteint 688 000 tonnes. De la même façon, les volumes exportés sont passés de 30 000 à 430 000 tonnes, c’est-à-dire d’une valeur de 10 millions de dollars EU en 1990 et 1 600 millions de dollars EU en 2004.

    Les espèces de salmonidés dominent la production comme les exportations en termes de volume et de valeur. Les autres espèces importantes sont les mollusques bivalves (huîtres, pectens et moules) et les algues gracilaires. L’élevage de turbot a progressivement augmenté pour passer d’une tonne en 1991 à 249 tonnes en 2004.

    Les principaux systèmes de culture utilisés en mer sont les cages flottantes pour les poissons et les filières pour les mollusques. Les systèmes d’élevage développés à terre sont également importants. Il peut s’agir de simples technologies de base comme de systèmes sophistiqués permettant de contrôler le processus de production (avec recirculation d’eau, infrastructures d’assainissement…).

    Sur le plan des ressources humaines, le pays dispose d’une main d’œuvre spécialisée ainsi que de chercheurs, de professionnels et de techniciens qui satisfont la demande croissante de l’industrie et des programmes de recherche publics et privés. Les universités et les établissements d’enseignement supérieur forment également des étudiants destinés à répondre aux attentes de l’industrie dans le secteur de la production (biologistes marins, vétérinaires, ingénieurs halieutiques, ingénieurs aquacoles) et de la commercialisation (ingénieurs commerciaux). On observe aussi une spécialisation croissante des ressources humaines dans le domaine des services, notamment dans l’évaluation de l’impact environnemental, dans le diagnostic et le traitement des maladies, dans les biotechnologies ainsi que dans les études de marché et le commerce international.

    Par ailleurs, les institutions et les règlementations en relation avec l’aquaculture ont dû affronter d’importants défis imposés par les dynamiques complexes de la croissance et du développement de ce secteur. Même si de nombreuses procédures compliquées impliquant plusieurs institutions doivent être surmontées pour obtenir l’autorisation de démarrer une activité aquacole, les institutions ont accompagné et encouragé le développement du secteur jusqu’à son niveau actuel. Au cours des dernières années, la principale étape a certainement été la publication officielle de la Politique aquacole nationale. Celle-ci établissait des objectifs, des stratégies et des principes liés au développement durable des activités aquacoles. Cet important instrument de participation public-privé a également mis en place des plans annuels d’action (pour les années 2004 et 2005) qui se sont révélés satisfaisants.

    D’après le dernier recensement, le Chili compte 15 116 435 habitants. Sa densité est de 20,4 habitants au km2. L’âge moyen est de 30,04 ans. La consommation de produits comestibles de la mer n’a atteint que 7,5 kg par personne. Il s’agit principalement de produits issus de la pêche de capture. Cette consommation est considérablement inférieure à celle d’autres produits animaux (volailles: 28,8 kg ; bœuf: 25,1 kg ; porc: 19,9 kg).

    En 2004, 17 853 personnes étaient directement employées dans le secteur de l’aquaculture. L’industrie aquacole dispose en outre d’une information faisant état de 20 000 autres emplois dans les activités de transformation et les services liés à l’aquaculture (récolte, transport, traitement des maladies, etc.).

    En 2004, le PNB nominal chilien était de 70 335 dollars EU. 3,18 pour cent correspondait à la pêche de capture et à l’aquaculture. Le PNB nominal avait alors augmenté de 5,8 pour cent par rapport à l’année précédente. En 2004, le secteur de l’aquaculture a exporté 430 717 tonnes de produits, ce qui correspond à une valeur de 1 581 millions de dollars EU. Il s’agit principalement de saumon (92,3 pour cent), de moules chiliennes et européennes (2,5 pour cent), d’algues gracilaires (2,3 pour cent) et de pectens (1,7 pour cent). Pratiquement toute la production aquacole est exportée. Ses principales destinations sont les Etats-Unis d’Amérique, le Japon et l’Union européenne.

    La disponibilité d’aliments pour poisson produits au niveau national avec des matières premières locales (huile et chair de poisson) constitue un avantage pour l’aquaculture chilienne. Une importante industrie d’aliments pour poisson, à la technologie ultramoderne et aux standards de qualité bien établis, a ainsi pu s’y développer. En 2004, le Chili a produit 830 000 tonnes d’aliments pour poisson, un chiffre qui correspond grosso modo au besoin national. Néanmoins, 2 pour cent de cette production a été exportée vers la Nouvelle-Zélande, la Chine, le Brésil et l’Argentine.

    A l’avenir, l’aquaculture chilienne devra affronter plusieurs problèmes et menaces tant intérieurs qu’extérieurs. Sur le plan intérieur, en raison des prévisions de croissance et de diversification de l’activité, le secteur aquacole devra en effet faire face à une interaction croissante avec d’autres usagers dans les milieux naturels et les espaces qu’il occupe. Sur le plan extérieur, étant donné que la majorité des produits de l’aquaculture n’est exportée que vers trois marchés étrangers, la compétition avec d’autres pays producteurs augmentera. La demande de garanties certifiant l’innocuité des produits de la mer pour le consommateur progressera elle aussi. Le potentiel de développement de cette importante activité économique reste cependant élevé. Le Chili dispose en effet de nombreux milieux naturels de qualité qui présentent plus d’un d’atout pour le futur de l’aquaculture (responsabilité sociale du secteur privé, renforcement continu des institutions publiques, investissement significatifs et croissants dans la recherche, développement et transfert technologique, politiques destinées au développement et à la diversification de l’activité à toutes les étapes de la production). La croissance et la consolidation de l’aquaculture chilienne dépendront donc de la réalisation des principes et des objectifs établis dans la Politique aquacole nationale et de la promotion de la formidable croissance économique au fil du temps dans le cadre d’un environnement durable et d’une égalité d’accès aux ressources. On estime que le secteur public et le secteur privé seront en mesure de faire face à ces défis grâce, entre autres, aux compétences et aux volontés dont elles disposent.
    Historique et aperçu général
    Au Chili, les premiers efforts en direction d’une aquaculture commerciale ont été réalisés au cours de la période 1921-1973 par l’intermédiaire de plans et d’initiatives essentiellement publics sur la base de systèmes extensifs et semi-intensifs. C’est au cours de ces années qu’ont été créés des centres conchylicoles, pour développer la mytiliculture et la culture de pectens, et des centres d’élevage de saumons pour développer des pêches commerciales fondées sur des systèmes de pacage marin (Basulto, 2003).

    L’aquaculture commerciale a réellement démarré au cours des années 1980. Soutenue par la politique économique nationale qui encourageait l’activité privée et l’ouverture au commerce international, elle permettait de répondre à la surexploitation croissante des stocks locaux d’espèces endémiques destinées aux marchés internationaux. L’aquaculture s’est alors rapidement développée en se destinant au commerce international. Basée sur l’élevage d’espèces d’une grande valeur commerciale, elle a eu recours à des technologies déjà maîtrisées.

    Le plus grand développement technologique a concerné la pisciculture, suivi de la culture de pectens et l’ostréiculture. En général la mytiliculture et l’algoculture sont réalisées à petite et à moyenne échelle avec des investissements plus faibles et un recours plus limité à la technologie.

    Le fort développement de l’industrie du saumon à partir des années 1980 s’est basé sur des conditions naturelles locales à la fois appropriées et avantageuses ainsi que sur des coûts de production, un contexte macroéconomique général et un soutien tant public que privé orientés sur la phase productive. L’environnement macroéconomique global et le soutien tant public que privé ont également encouragé cette production. D’autres facteurs entrent également en compte comme les franchises tributaires à l’exportation, l’amélioration du contrôle de la qualité des produits de la mer, la progression de la valeur ajoutée ainsi que l’amélioration du conditionnement, de la présentation des produits, du transport et des infrastructures portuaires. De façon complémentaire, plusieurs facteurs externes ont contribué à la croissance de l’industrie aquacole chilienne. On peut citer, entre autres, les politiques économiques et commerciales internationales, la promotion des produits, l’ouverture des économies mondiales, la baisse des tarifs, l’évolution des habitudes alimentaires, l’augmentation du revenu par personne sur les principaux marchés de consommation et la confirmation de la qualité des produits chiliens (Agosín, 1999; http://www.subpesca.cl).

    En 2004, la valeur FOB des exportations générées par l’aquaculture s’élevait à 581 444 000 dollars EU correspondant à un volume de 430 976 tonnes. Ces résultats sont à comparer à ceux du secteur des pêches: 997 848 000 dollars EU correspondant à un volume de 882 122 tonnes. 93 pour cent du volume total des exportations provenaient de la pisciculture intensive, 5 pour cent de la mytiliculture semi-intensive et extensive et 1,7 pour cent de l’algoculture extensive (Sources: Service national de la pêche, le sous-secrétariat des Pêches, Statistiques annuelles des pêches de 1997 à 2004, données préliminaires du Service national de la pêche).

    Le taux de croissance annuel moyen de l’aquaculture entre 1997 et 2004 a été de 10,5 pour cent.
    Ressources humaines
    A l’heure actuelle, de nombreux emplois créés le sont par les 2 400 centres de culture existant (sous-secrétariat des Pêches). D’après Salmón Chile, le syndicat professionnel de l’industrie du saumon, on compte 24 800 emplois directs et 9 800 emplois indirects (R. Infante, communication personnelle). Les données du sous-secrétariat des Pêches enregistrent quant à elles 14 060 emplois permanents et 5 492 emplois temporaires. Cette information ne comprend que la main-d’œuvre employée directement dans les centres de culture alors que l’emploi généré par les activités indirectes ou associées n’est pas enregistré. Ces activités concernent le transport, la réalisation d’aliments pour poisson, le nettoyage et la réparation des filets, la réparation et la maintenance des équipements et des machines, les services de plongée et de location des sites, les usines de transformation, les services d’administration et d’ingénierie, les consultations (vétérinaires, océanographiques, écologiques, etc.) ainsi que le commerce en général.

    Les centres de production emploient, entre autres, des ingénieurs et techniciens aquacoles et halieutiques, des biologistes marins et des vétérinaires qui peuvent avoir le statut d’assistants ou de responsables dans le domaine de la production. Les ingénieurs industriels, les ingénieurs commerciaux et d’autres professionnels du domaine administratif occupent des postes de responsabilité. Les habitants des communautés rurales constituent la main-d’œuvre non qualifiée.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    L’aquaculture a contribué au développement des zones rurales grâce à la variété des espèces cultivées et des niveaux de production, aux revenus générés et aux emplois créés. En 2003, 979 centres aquacoles ont signalé une production. Ils étaient répartis comme suit: 81 pour cent dans la région X, 6 pour cent dans la région XI, 4 pour cent dans la région IV et 4 pour cent dans la région III.

    L’aquaculture chilienne est principalement développée dans les environnements marins littoraux. Elle l’est aussi dans les environnements d’eau douce (lacs et rivières). L’activité est pratiquement totalement concentrée dans deux zones administratives du pays: les régions III et IV, dont la production s’est élevée à 31 144 tonnes en 2003 (ce qui correspond à 5 pour cent de la production nationale), et les régions X et XI, dont la production s’est élevée à 560 240 tonnes (92 pour cent de la production totale) (Source: Service national de la pêche, Annexe, Fig. 1, 2 et 3).

    En 2003, 1 759 centres étaient en activité et 979 ont signalé des récoltes pour un total de 607 214 tonnes qui se composent à 80 pour cent de poissons, à 13 pour cent de mollusques et à 7 pour cent d’algues. C’est dans la région X que l’on trouve la majorité des exploitations du secteur aquacole (75 pour cent des exploitations piscicoles, 90 pour cent des centres spécialisés dans l’algoculture et 77,4 pour cent des centres mytilicoles). D’autres centres piscicoles se trouvent dans les régions IV à XII, des centres spécialisés sont également présents dans l’algoculture dans les régions II, III, IV et VIII et d’autres centres mytilicoles existent dans les régions I à IX.

    En termes de surfaces, les plus grandes exploitations sont celles qui se consacrent à la culture de pectens. Elles sont suivies sur ce plan par celles qui élèvent des salmonidés. L’ostréiculture, la mytiliculture et l’algoculture nécessitent des surfaces moins grandes. La superficie totale des concessions aquacoles accordées au Chili jusqu’en 2004 atteignait 19 600 hectares.

    La plus grande production aquacole est obtenue par l’élevage intensif de saumon dans des systèmes suspendus (cages flottantes) placés en mer et dans des estuaires ainsi que dans des environnements d’eau douce. A l’heure actuelle, les unités de production situées en mer tendent à être de forme circulaire (entre 10 et 15 m de diamètre), hautes de 15 à 20 m et alignées. Un centre de culture peut compter jusqu’à trois alignements de dix cages flottantes selon la superficie de la zone louée.

    La culture semi-intensive sur filières de pectens et la culture d’autres mollusques bivalves (moules chiliennes, moules européennes et huîtres) est réalisée à une échelle plus réduite.

    L’algue gracilaire est produite de façon extensive dans des espaces marins et des estuaires. Sa culture est obtenue par propagation végétative grâce à la fragmentation des pieds qui sont plantés directement dans les fonds sablonneux (Avila et al., 1994).

    Espèces cultivées
    Environ 13 espèces sont cultivées à l’heure actuelle. Six d’entre elles sont endémiques. Il s’agit de l’huître plate chilienne, des gracilaires, de la moule chilienne, de la moule choro, de la moule cholga et de l’huître plate chilienne.

    Tableau 1. Espèces commerciales cultivées au Chili
    Type Nom Nom scientifique Origine
    Poissons Saumon de l’Atlantique Salmo salar Introduit
    Saumon argenté ou coho Oncorhynchus kisutch Introduit
    Saumon royal Oncorhynchus tschawyscha Introduit
    Truite arc-en-ciel Oncorhynchus mykiss Introduit
    Turbot Scophthalmus maximus Introduit
    Mollusques Huître plate chilienne Ostrea chilensis Indigène
    Huître creuse du Pacifique Crassostrea gigas Introduit
    Peigne éventail Argopecten purpuratus Indigène
    Moule choro Choromytilus chorus Indigène
    Moule chilienne Mytilus chilensis Indigène
    Moule cholga Aulacomya ater Indigène
    Ormeau rouge Haliotis rufescens Introduit
    Ormeau nordique Haliotis discus hannai Introduit
    Algues Gracilires Gracilaria sp. Indigène
    Source: Service national de la pêche.

    Les principales espèces de poisson cultivées sont le saumon de l’Atlantique (Salmo salar), le saumon argenté ou saumon coho (Oncorhynchus kisutch), la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) et le saumon royal (Oncorhynchus tschawyscha) qui contribuent à la plus grande valeur des exportations de poisson (57 pour cent des exportations halieutiques et 93 pour cent des exportations aquacoles en 2004). Le turbot (Scophthalmus maximus) est élevé dans des étangs traditionnels et représente 0,2 pour cent du volume exporté en 2004.

    L’algoculture de Gracilaria ou « pelillo » représente 1,7 pour cent du total des exportations. Sa culture extensive s’est développée dans les plaines naturelles surexploitées ou dans des prairies situées le long de la côte des régions II et XI.

    La mytiliculture et la culture de peigne éventail a augmenté de façon significative au cours des dernières années. Les mollusques indigènes cultivés commercialement (le peigne éventail, Argopecten purpuratus, et l’huître plate chilienne, Mytilus chilensis) sont produits suivant un système semi-intensif et représentaient respectivement 0,6 et 4 pour cent des exportations en 2004. L’huître plate chilienne (Ostrea chilensis), la moule choro (Choromytilus chorus) et la moule cholga (Aulacomya ater) sont cultivées suivant des systèmes extensifs et sont principalement destinées au marché domestique, principalement à cause de l’absence de demande de la part des marchés étrangers.

    L’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas) représentait 0,2 pour cent du volume des exportations en 2004 et l’ormeau rouge (Haliotis rufescens) seulement 0,04 pour cent. Pour ce dernier, on compte 87 concessions autorisées qui couvrent 666 hectares. D’une moyenne de 7,6 hectares, elles se trouvent toutes dans la région X. Dans les régions IV et V, la culture d’ormeau n’a été autorisée qu’en étang, ce qui a eu pour conséquence des investissements financiers importants et des efforts de développement technologique qui ont entraîné à leur tour des volumes de production croissants. Il faut encore souligner que l’ormeau est élevé sur des terres privées et produit en grandes quantités (sous-secrétariat des Pêches).
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Aquaculture extensive
    L’élevage de mollusque bivalves (moules chiliennes, moules choro, moules cholga et huîtres plates chiliennes) remonte au années 1960 quand ces espèces étaient cultivées dans des cultures de fond ou des systèmes de lignes suspendues. La culture de peigne éventail a également débuté comme culture de fond dans un but de repeuplement lors de sa période de surexploitation.

    Au cours des années 1980, la culture d’algues gracilaires a démarré dans des prairies naturelles surexploitées. A l’heure actuelle, le système de culture le plus répandu est une algoculture en profondeur ou un ensemencement direct sur le sable. La culture d’algues gracilaires sur des cordes suspendues dans les zones d’estuaires peu profondes est également apparue récemment.

    Aquaculture semi-intensive
    L’aquaculture semi-intensive a permis d’obtenir des rendements très élevés dans les zones où elle a été pratiquée ainsi que de plus grandes productions d’huîtres et de moules à la croissance plus rapide. Cette production a commencé à être développée sur des systèmes suspendus comme les radeaux et les filières en suspension. L’une des premières espèces ainsi cultivée a été l’huître creuse du Pacifique en raison de la demande des marchés étrangers. Les semences d’huîtres sont produites dans des écloseries de façon intensive. Une part d’entre elles est fournie aux exploitations ostréicoles alors que le reste est exporté. Depuis 1994, la production de cette espèce exotique d’huître est de l’ordre de 1 130 tonnes par an et dépasse celle des huîtres indigènes qui n’est que de 149 tonnes. Cette dernière est réservée à la consommation domestique. La récolte d’huîtres creuses du Pacifique a atteint 1 831 tonnes en 2004 dont 1 077 tonnes ont été exportées. Il faut cependant souligner que les données de production pour 2004 sont encore provisoires. Le principal système de culture est la filière. Les centres ostréicoles se trouvent principalement dans les régions IV et X.

    Dans la région X, l’ormeau rouge est également élevé expérimentalement de façon semi-intensive. La phase de grossissement est réalisée dans des structures flottantes dans des conteneurs maritimes. Les semences sont produites dans le pays. En 1988, deux écloseries produisaient des semences pour quatre exploitations de grossissement dont la principale est un système en étang situé dans la région V.

    La région IV, au centre du pays, est remarquable pour son industrie de culture de pectens qui produit l’espèce indigène de peigne éventail. En 1999, les exploitations de pectens principalement situées dans les régions III et IV en ont récolté 20 668 tonnes ce qui fait du Chili, d’après la FAO, le troisième producteur mondial de pectens (Basulto, 2003). Cette industrie dépend des colonies naturelles de semences sauvages dont la production varie significativement en raison de problèmes environnementaux comme le phénomène « El Niño ».

    Culture intensive
    Les systèmes d’aquaculture intensive génèrent les plus grands retours en termes de ventes à l’exportation. Le saumon est la principale espèce élevée sous cette forme. L’incubation et l’élevage de smolt sont réalisés dans des installations à terre. On compte environ 200 exploitations élevant des saumons dont la plupart adoptent des systèmes fortement intensifs du point de vue technologique nécessitant de grands capitaux. La technologie est sans cesse développée pour obtenir un meilleur contrôle des processus employés (assainissement et recirculation de l’eau, contrôle des maladies, etc.). Les systèmes aquacoles basés à terre sont des exploitations élevant des truites plus petites et des exploitations moins étendues élevant des ormeaux. Les yearlings de salmonidés sont élevés dans des cages flottantes dans des environnements d’eau douce comme les lacs et les rivières alors que la phase de grossissement est réalisée dans des environnements marins.

    En 2003, 358 exploitations produisaient 488 653 tonnes de poisson (488 231 tonnes de saumon et le reste de turbot). La pisciculture d’espèces exogènes dont l’ensemble du cycle de production est réalisé dans des réservoirs situés à terre a commencé à se développer à un rythme rapide: les exportations qui s’élevaient à 1 tonne en 1991 sont passées à 249 tonnes en 2004. En ce qui concerne les mollusques, l’ormeau est l’une des activités à la croissance la plus rapide. Elle est réalisée dans des exploitations basées à terre. Les cages d’engraissement en mer sont encore dans une phase expérimentale. L’aquaculture intensive développée à grande échelle est essentiellement destinée à l’exportation.

    Globalement, la pisciculture et la culture de pectens sont principalement réalisées à une échelle industrielle alors que la mytiliculture et l’algoculture le sont à petite ou à moyenne échelle. La mytiliculture a enregistré une importante croissance ces deux dernières années.
    Performance du secteur
    Production
    Le total des exportations de la production aquacole chilienne a progressé de 64 595 tonnes en 1993 à 430 976 tonnes en 2004, volume correspondant à une valeur de 1 581 444 mille dollars EU.

    Le saumon est la principale production de l’aquaculture et représente 80 pour cent du volume récolté depuis l’an 2000. En termes de volume, les espèces les plus importantes sont le saumon de l’Atlantique, la truite arc-en-ciel et le saumon coho. La part de l’algue gracilaire est passée de 8 pour cent en 2000 à 2,8 pour cent en 2004 alors que, dans le même temps, celle de la moule chorito est passée de 5 à 11,2 pour cent.

    Le saumon de l’Atlantique est aussi la principale espèce en termes de valeur et de volume des exportations. Par rapport aux autres espèces de saumon, il a enregistré une forte croissance ces dernières années. La relation entre la truite arc-en-ciel et le saumon coho est restée plus ou moins identique entre 1997 et 2004 même si ces deux dernières années la première a enregistré une croissance significative.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Chili (d'après les statistiques de la FAO):

    :
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    Marché et commerce
    Comme on l’a déjà souligné précédemment, la culture d’espèces à débouchés commerciaux est destinée à l’exportation et répond à une forte demande du marché international.

    Les exportations de l’aquaculture, essentiellement de saumon, augmentent en volume (tonnes) depuis 1999, c’est-à-dire après les premiers bons résultats enregistrés en 1998-1999. Ces années-là, le revenu total a augmenté même si l’on constate une légère baisse des volumes exportés. Cela a conduit les producteurs à augmenter leur récolte au cours des dernières années, ce qui a provoqué une offre supérieure à la demande que le marché n’a pas été en mesure d’absorber complètement. Cette situation est visible dans la stabilisation de la valeur des exportations entre 2000 et 2002 à environ 1 050 millions de dollars EU alors qu’entre 2003 et 2004 la valeur des exportations a enregistré une tendance orientée à la hausse et atteint environ 1 468 millions de dollars EU la dernière année.

    En 2004, les marchés à l’exportation ont varié selon le type d’élaboration des produits. En ce qui concerne les produits congelés, le Japon est le premier pays acheteur avec 56,7 pour cent des exportations, suivi des Etats-Unis d’Amérique (12,5 pour cent) et de l’Union européenne (10,4 pour cent). Pour les produits frais et réfrigérés, la principale destination a été les Etats-Unis d’Amérique avec 86,2 pour cent. A la suite de la baisse des prix au Japon et aux Etats-Unis, l’ouverture de nouveaux marchés en Amérique latine et dans l’Union européenne est attendue à la suite de la signature des Accords de libre échange.

    Au cours des années 2003 et 2004, environ 45 compagnies élevant des saumons étaient en activité au niveau national et 7 d’entre elles concentraient 50 pour cent des envois à l’étranger. Ce groupe est constitué d’investisseurs locaux (environ 65 pour cent) et étrangers. Au cours des dernières années, on a observé des changements dans la propriété de l’industrie aquacole, principalement en raison des mesures protectionnistes prises dans d’autres pays producteurs (accusations de dumping) et à une chute significative des prix internationaux des principaux produits exportés par le Chili. En conséquence, l’industrie a privilégié la production de plus grands volumes, la diversification des produits et la recherche de nouveaux marchés. Cette stratégie a eu pour conséquence que certaines petites entreprises ont été absorbées par de plus grandes présentes sur les marchés internationaux.

    Le Chili importe des œufs pour son industrie d’élevage de saumon même si la plus grande part de sa production est basée sur des œufs produits nationalement (82 pour cent du total des œufs disponibles). A partir de 2001, les importations totales d’œufs ont baissé de façon significative et atteint le chiffre de 50 millions en 2003 à la suite de la politique sanitaire mise en place en 2001. Les œufs sont importés d’Europe du Nord (Danemark, Ecosse, Irlande, Norvège) et des Etats-Unis d’Amérique. En ce qui concerne les pectens, le principal marché est l’Union européenne qui absorbe environ 98 pour cent du total exporté. Les autres marchés sont les Etats-Unis d’Amérique, le Japon et l’Amérique latine. Les principaux marchés pour l’huître creuse du Pacifique sont le Japon, Taiwan, la Chine et Singapour. L’algue gracilaire ou « pelillo » (Gracilaria spp.) et la moule chorito sont produites en plus petites quantités et sont destinées au marché intérieur.

    La production d’algues gracilaires a baissé de 102 000 tonnes en 1997 à 39 000 tonnes en 2003. Pour 2004, les projections s’établissent à 19 500 tonnes. Même si la production s’est révélée très irrégulière pendant cette période, on observe une tendance orientée à la baisse ces cinq dernières années. Cette situation est en partie due aux fluctuations cycliques des prix internationaux alors que des problèmes biologiques affectent aussi la production (Pizarro et Santelices, 1993; Basulto, 2003). Les algues gracilaires produites dans le Nord sont exportées comme algues sèches alors que celles qui poussent dans le Sud sont commercialisées sur le marché intérieur pour la production de plantes agar-agar et « colagar » exportées comme produit à valeur ajouté. Le Chili est devenu le plus grand producteur d’algues gracilaires et des dérivés agar-agar (Basulto, 2003).

    La moule chorito est l’un des produits aquacoles les plus importants sur le marché domestique. Les exportations ont cependant progressé de façon significative au cours des deux dernières années, surtout en direction de l’Amérique latine et de l’Union européenne. La production de moule chorito a atteint 77 000 tonnes en 2004, ce qui correspond à 11,2 pour cent de la production aquacole nationale totale.

    Malgré l’importance de l’huître chilienne au cours des années 1960 et 1970, les niveaux de production sont restés relativement faibles en raison de la priorité accordée à l’huître creuse du Pacifique qui a une plus grande valeur sur le marché international. C’est là la principale raison du non développement d’autres mytilidés indigènes comme la moule cholga et la moule chilienne.
    Contribution à l'économie
    L’aquaculture chilienne se concentre principalement sur la production de poissons, de mollusques et d’algues destinés aux marchés internationaux. Il s’agit de l’une des activités du secteur primaire ayant fait preuve de la plus forte croissance au cours des dernières années. En 1993, les exportations de produits aquacoles représentaient 28 pour cent du volume exporté par le secteur primaire, un chiffre qui a atteint 33 pour cent en 2004.

    En général, les exportations halieutiques ont représenté 12 à 13 pour cent de l’économie nationale au cours de la dernière décennie. Elles ne représentaient cependant plus que 8 pour cent en 2004. Cela est principalement dû à la croissance substantielle d’autres secteurs de l’économie, comme l’industrie et l’exploitation minière. Cette dernière a ainsi vu ses exportations doubler par rapport à 2003.

    Du point de vue géographique, l’aquaculture est davantage développée dans les zones rurales et a généré une importante croissance économique dans certaines zones reculées du Chili, particulièrement dans les régions X et XI. Les 2 400 centres de culture fournissent un emploi direct à 24 800 personnes et un emploi indirect à 9 800.

    Le développement du secteur aquacole au Chili a été réalisé dans le cadre d’une économie sociale de marché. Même si des bénéfices socioéconomiques sont indéniables vingt-quatre ans après le début du développement de l’aquaculture intensive au Chili, il est encore nécessaire de réaliser des progrès dans l’usage durable de l’environnement et d’assurer un accès équitable à ces activités de façon à obtenir son développement durable global. Si des avancées ont été obtenues grâce à la promulgation de plusieurs lois et règlementations, le défi que représente leur mise en œuvre est encore réel.

    Du point de vue sanitaire, l’Etat a mis l’accent sur la mise en place de différentes mesures par l’intermédiaire du Service national de la pêche. Ces mesures sont notamment exigées par les marchés étrangers. Elles permettent en outre de sauvegarder le patrimoine sanitaire national en imposant la présentation de certificats sanitaires pour toutes les espèces aquatiques importées dans le pays.

    Le secteur privé est articulé par un ensemble d’organisations commerciales, notamment, les associations productrices de saumon et de pectens connues pour leur intégration comme SalmónChile et l’Association chilienne des producteurs de pectens. Les mytiliculteurs et les algoculteurs ainsi que les ostréiculteurs en général n’ont pas constitué de telles organisations. Il existe cependant l’Association des mytiliculteurs de Chiloé, celle des Conchyliculteurs Cabulco et l’Association aquacole d’ormeaux.

    La production de saumon, de turbot, de pecten et d’ormeau présente un développement largement industriel. L’ostréiculture est réalisée à moyenne et à grande échelle, surtout pour l’huître creuse du Pacifique. Cette activité a été progressivement intégrée par les associations de pêcheurs artisanaux qui y ont recours comme alternative ou complément à leurs activités traditionnelles. Les exploitations de pectens se sont plutôt développées dans le nord du pays alors que plus au sud, le secteur aquacole est composé de petites exploitations d’algoculture individuelles ou collectives (syndicats ou associations corporatives) au niveau artisanal ou à petite échelle. La mytiliculture est réalisée à petite ou moyenne échelle et les associations de mytiliculteurs sont rares et sporadiques.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L’administration de l’aquaculture est principalement du ressort du sous-secrétariat des Pêches (Subpesca) et du Service national de la pêche (Sernapesca). Ce dernier, créé en 1978, dépend du ministère de l’Economie et de l’énergie. La Direction du territoire national et de la marine marchande, le sous-secrétariat de la Marine, la Direction des frontières et des limites de l’Etat ainsi que la Commission nationale de l’environnement (CONAMA) interviennent tous dans les procédures pour l’octroi des concessions et d’autres autorisations.

    En plus de ses responsabilités administratives, le sous-secrétariat des Pêches coordonne l’élaboration des politiques de développement et des plans d’action. Il émet notamment les normes permettant de les appliquer. Le Service national de la pêche fait respecter l’exécution des lois et des règlementations, s’occupe de la qualité sanitaire des produits piscicoles destinés aux marchés internationaux, exerce la gestion des parcs et des réserves marines et publie les statistiques officielles relative au secteur des pêches et de l’aquaculture.

    L’étape la plus importante pour le futur de l’aquaculture a peut-être été l’établissement de la Politique aquacole nationale fin 2003 dont l’objectif central était de promouvoir la plus grande croissance possible du secteur dans des conditions de durabilité environnementale et d’égalité d’accès à celui-ci.

    Cette politique envisageait notamment la création d’une Commission nationale de l’aquaculture formée de représentants du secteur public (12) et du secteur privé (7) qui a établi et appliqué les plans d’action des années 2004 et 2005. Ces plans d’action visent à i) rendre compatibles les instruments de la réglementation territoriale pouvant être appliqués à l’aquaculture, ii) simplifier et décentraliser les procédures administratives pour les usagers et l’Etat, iii) élaborer un statut particulier pour l’aquaculture à petite échelle, iv) évaluer et proposer des alternatives au régime actuel de brevets et d’échéance des contrats, v) renforcer la mise en place sanitaire et environnementale des activités et vi) élaborer un diagnostic de la recherche et du transfert de technologie en relation avec l’aquaculture (cartographie des connaissances actuelles et des priorités).
    Cette instance de participation publique et privée a contribué de façon significative à l’articulation des compétences existantes et plus particulièrement au développement de rapports de confiance entre les différents secteurs qui participent aux activités aquacoles. Davantage de détails sur les activités et les résultats sur la Commission nationale de l’aquaculture sont disponibles à la page suivante du sous-secrétariat des Pêches (www.subpesca.cl).
    Règlements en vigueur
    Les différentes activités impliquant la culture de ressources aquatiques sont principalement réalisées dans des environnements marins loués dont l’Etat est propriétaire. Ces « concessions » doivent être autorisées par l’Etat, par le sous-secrétariat de la Marine, par le sous-secrétariat des Pêches ou par le Service national de la pêche. Le type de permis exigé dépend du lieu où l’activité sera menée et des caractéristiques de l’eau utilisée. Il s’agira de concession ou d’autorisation pour l’aquaculture. Les activités aquacoles vont de la simple exploitation relevant d’une économie de subsistance aux entreprises visant une production industrielle.

    L’activité est règlementée par la Loi générale des pêches et de l’aquaculture (LGPA) n° 18892 datant de 1989 et par ses modifications successives, les lois 19079 et 19080 toutes deux promulguées en 1991. De façon générale, la LGPA tend à réguler la préservation des ressources aquatiques vivantes, les activités de la pêche d’extraction, l’aquaculture, la pêche à but scientifique et la pêche sportive ainsi que la transformation, le stockage, le transport et les activités de commercialisation des ressources aquatiques. Sa compétence couvre les eaux continentales, les eaux territoriales, la zone économique exclusive et les espaces adjacents de la juridiction nationale.

    Depuis 1997, tous les projets aquacoles sont soumis à des évaluations des effets environnementaux multisectoriels avant d’être réalisés comme le prévoient la Loi de base sur l’environnement (LBMA) et les Règles et règlementations pour le Système d’évaluation de l’impact environnemental (SEIA). En 2001, les Règles et règlementations pour l’aquaculture (RAMA) ont aussi été promulguées. Elles établissent des exigences spécifiques en matière de développement environnemental durable tout en envisageant la prévention, l’atténuation et la résolution des effets qui leur sont associés. Des questions sanitaires ont été à leur tour incorporées dans les Règles et règlementations sanitaires pour l’aquaculture (RESA) promulguées début 2002.

    Pour obtenir davantage d’informations sur la législation relative à l’aquaculture au Chili, veuillez cliquer sur le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture - Chili
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Le développement de l’aquaculture a permis la création de centres universitaires et techniques spécialisés dans ce domaine et la formation de professionnels, de techniciens et d’ouvriers. Les premières formations créées avant les années 1970 ont été des cursus universitaires en médecine vétérinaire, en biologie marine, en océanographie et en ingénierie halieutique (Basulto, 2003).

    A l’heure actuelle, huit universités ou institutions techniques offrent des formations en ingénierie halieutique et quatre en ingénierie halieutique et/ou aquacole, dix proposent des études en biologie marine, huit en aquaculture (dans le cadre d’un cursus en biologie), cinq en médecine vétérinaire, trois en ingénierie biotechnologique (récemment créées), cinq sur les questions environnementales liées à des cursus en ingénierie, un établissement propose un diplôme en océanographie et un autre en ingénierie civile océanique.

    En ce qui concerne les diplômes techniques, six universités ou institutions proposent le diplôme de technicien en aquaculture, en ressources aquatiques ou en ressources halieutiques. Il existe aussi cinq masters en sciences marines dont deux sont spécialisés en aquaculture (l’un en relation avec la médecine vétérinaire et l’autre avec l’océanographie). Un autre master concerne l’environnement. Sur le plan des études doctorales, on compte quatre doctorats en sciences (deux avec des spécialisations en écologie, un en océanographie et un en microbiologie) ainsi que deux en biotechnologie. La majorité de ces universités mènent aussi des recherches en aquaculture.

    Au cours des années 1990, l’Etat a créé plusieurs types d’instruments financiers et de fonds communs pour financer des programmes et des projets de recherche, de développement et de transfert technologique liés à l’aquaculture. L’Etat a investi environ 50 millions de dollars EU dans des projets liés à ces activités. Les projets soumis se sont concentrés sur la biologie, la physiologie et la génétique. De nombreux projets ont été associés à la diversification des espèces cultivées, à la création ou à l’adaptation des technologies d’élevage et de culture, à l’amélioration des régimes alimentaires et au traitement des maladies ainsi qu’au transfert de technologie. A l’heure actuelle, une trentaine d’espèces sont dans une phase expérimentale ou pilote à la suite de ces projets.

    Le Fonds de recherche des pêches (FIP) est le principal instrument financier qui aide à définir les priorités grâce à des programmes halieutiques et aquacoles annuels. Ses ressources financières proviennent des brevets halieutiques et aquacoles annuels. La mise en place des programmes est réalisée dans le cadre d’un appel d’offres public de projets. D’autres sources importantes de financement sont le Fonds promotionnel national pour le développement technologique et scientifique (FONDEF), le Fonds pour le développement et l’innovation (FDI), le Fonds pour la science et la technologie (FONDECYT), le Fonds national pour le développement régional (FNDR), le Fonds national pour le développement technologique et productif (FONTEC) et le Service de coopération technique (SERCOTEC). Exception faite du FONDECYT, ces instruments financiers exigent une participation active du secteur privé, notamment sous la forme de cofinancement. Ce dernier offre en effet des fonds pour des recherches de nature plus académique et encourage l’association et la participation des chercheurs dans le cadre des fonds communs.
    Des institutions privées comme l’Institut technologique du saumon (INTESAL) qui dépend de l’Association des producteurs de saumon et de truite font en outre des demandes de financement auprès des fonds précédemment cités. Elles le font en association avec des universités, des instituts de recherche et l’Institut des Sciences de la vie. L’Institut de promotion des pêches (IFOP, www.ifop.cl) fait partie des instituts étatiques et semi-étatiques de portée nationale,tout comme, même si elle est plus petite, la Fundación Chile ( créée en 1976) et la Fundación Chinquihue (www.chileaustral.cl) qui se trouve dans la région X.
    Tendances, questions et développement
    Le développement de l’aquaculture chilienne dépendra des progrès et des changements du secteur productif, des institutions publiques et de l’ensemble de la société chilienne.

    Les défis auxquels fait face le pays sont liés à l’amélioration et à la durabilité des processus productifs, à une disponibilité stable des intrants comme les semences, les produits alimentaires et les vaccins, à l’assurance de la qualité des produits selon les standards internationaux, à l’augmentation de la valeur ajoutée des produits de l’aquaculture, à l’ouverture de nouveaux marchés, aux progrès dans la culture de nouvelles espèces ainsi qu’à la disponibilité de nouvelles zones de culture. En ce qui concerne les nouveaux débouchés commerciaux, le développement du marché national pourrait constituer une bonne alternative alors que la consommation annuelle par habitant n’est que de 7,5 kg aujourd’hui.

    En ce qui concerne les espaces appropriés pour l’aquaculture, on considère qu’il existe un fort potentiel de croissance pour l’aquaculture industrielle et l’aquaculture à petite échelle. Dans la région XI, de nouveaux espaces sont également disponibles mais il a été difficile d’y créer des exploitations jusqu’à présent. Il faut en effet y réaliser des investissements considérables et y développer des routes d’accès, des ports, des moyens de communication, des infrastructures ainsi que des services de transformation et de stockage. Il faut aussi y employer et y transférer les ressources humaines compétentes.

    L’évolution du marché mondial des produits d’élevage a suscité un intérêt public et privé croissant pour le développement de la culture de nouvelles espèces. Les espèces cultivées de façon expérimentale ont ainsi augmenté et leur production peut atteindre jusqu’à 2 tonnes par an. Il s’agit notamment du bouquet changallo (Cryphiops caementarius), de l’ormeau nordique (Haliotis discus hannai) et de l’oursin chilien (Loxechinus albus).

    En ce qui concerne les institutions publiques, il sera nécessaire d’améliorer l’organisation territoriale et la cartographie des administrations territoriales en charge des concessions, de simplifier et de décentraliser les procédures administratives ainsi que d’augmenter les ressources allouées aux institutions publiques. Il faudra également améliorer les mécanismes de financement pour le développement, renforcer les associations commerciales et améliorer les mécanismes de participation de ses dernières ainsi que revoir l’accès aux ressources et la performance d’ensemble du secteur.
    Références
    Bibliographie

    Agosín, M.R. 1999. Comercio y crecimiento en Chile. Revista de la cepal 68: 79–100.

    Avila, M., Seguel, M., Plaza, H., Bustos, E. & Otaíza, R. 1994. Estado de situación y perspectiva de la acuicultura en Chile. Instituto de Fomento Pesquero. 166 pp. SGI-IFOP 94/1.

    Basulto, S. 2003. El largo viaje de los salmones. Una crónica olvidada. Propagación y cultivo de especies acuáticas en Chile. Editorial Malva. Chile. 299 pp

    Bustos, E. 1988. Repoblación y cultivo de recursos bentónicos, una alternativa de desarrollo para el subsector pesquero artesanal.Invest. Pesq. 35: 5–8.

    Etchepare, I. 2002. Which is the more productive alternative for exploitated benthic resources: Restoration or extensive culture? International Workshop. Restoration of Benthic Invertebrate Populations. Coquimbo, Chile. November 9–12, 2002: 27–28.

    Pizarro, A. & B. Santelices. 1993. Environmental variation and large-scale Gracilaria production. A.R.O. Chapman, M.T. Brown y M. Lahaye (Eds.) Fourteenth International Seaweed Symposium – Kluwer Academic Publishers. Belgium. Hydrobiología 260/261: 357 – 363.

    Sernapesca. 1999. Anuarios Estadísticos de Pesca 1999. Gráfica Nacional. Valparaíso, Chile. 291 pp.

    Sernapesca. 2000. Anuarios Estadísticos de Pesca 2000. Gráfica Nacional. Valparaíso, Chile. 194 pp.

    Sernapesca. 2001. Anuario Estadístico de Pesca 2001. Gráfica Nacional. Valparaíso, Chile. 140 pp.
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