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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Pays tropical avec des températures stables, la Colombie comprend tous les niveaux thermiques et possède un vaste réseau de rivières. D’une superficie continentale de 1 441 748 km², le pays dispose d’une double façade maritime sur l’océan Pacifique (1 300 km de long) et sur l’océan Atlantique (1 600 km). Le pays compte un grand nombre de bassins hydrographiques qui lui confèrent une position exceptionnelle au niveau international en termes de ressources hydriques. Riche de l’une des plus grandes diversités de la planète en matière de poisson et d’une grande biodiversité en matière d’organismes hydrobiologiques, la Colombie dispose d’un fort potentiel de développement de son aquaculture grâce à l’abondance de ses eaux douces, marines et saumâtres, ainsi qu’à des terres appropriées.

    L’aquaculture connaît une forte croissance et une profitabilité plus élevées que les activités agricoles traditionnelles. Au cours des cinq dernières années, les revenus du secteur ont cependant diminué, principalement à cause de la stabilité des prix de vente alors que le coût des intrants augmentait, surtout celui des aliments pour poisson. L’aquaculture contribue au remplacement des ressources de la pêche continentale en déclin à cause, entre autres, de la surpêche, de facteurs environnementaux et de la dégradation de l’habitat. Des politiques et des instruments gouvernementaux existent pour contribuer à son développement alors que différentes institutions publiques et privées soutiennent et encouragent les programmes de recherche, l’aménagement, l’organisation et la promotion de ce secteur de façon permanente.

    Entre 1985 et 2002, la croissance de l’aquaculture (marine et en eau douce) a été de 7 603 pour cent. Il s’agit d’une activité économique prometteuse qui peut largement contribuer à la production piscicole nationale totale et à la sécurité alimentaire.
    Historique et aperçu général
    L’aquaculture en eau douce date de la fin des années 1930 avec l’introduction de la truite arc-en-ciel (Onchorhynchus mykiss) dans le but de réempoissonner les eaux du domaine public pour la pêche sportive. L’aquaculture en eaux saumâtres et marines a débuté au cours des années 1970 quand la recherche sur la biologie et la culture de l’huître de manglier (Crassostraea rhizhophorae) a été entreprise. Elle s’est poursuivie au cours des années 1980 avec la culture de la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) dans les océans Pacifique et Atlantique pour l’exportation (INPA, 2001) et avec le soutien de la mission chinoise dans le pays dans le cadre de l’INDERENA (INPA, 1995). A la fin des années 1990 et au début des années 2000, des recherches ont démarré sur l’adaptation en captivité et la reproduction du vivaneau rose (Lutjanus guttatus) dans le Pacifique puis sur la reproduction de vivaneau sorbe (Lutjanus annalis) dans les Caraïbes et sur la sélection et la culture de pectens (Argopecten spp. et Nodipecten spp.) toujours dans les Caraïbes.

    Les principaux systèmes de production aquacole sont les étangs traditionnels et les cages flottantes pour les espèces d’eau chaude comme le tilapia rouge (Oreochromis sp.) et les étangs traditionnels pour la cachama blanche ou « pacu » (Piaractus brachypomus) et la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei). Pour les espèces d’eau froide (truite), des étangs traditionnels à revêtement ou des bassins en ciment sont utilisés ainsi que des cages flottantes. Les systèmes de culture adoptés sont semi-intensifs et intensifs. Ces derniers peuvent avoir recours à des échanges d’eau, à des souffleries et parfois à de l’oxygène liquide.

    Les spécialistes et les techniciens aquacoles occupent désormais des postes de responsabilité au niveau national dans les ministères gouvernementaux, dans les instituts nationaux, dans les sociétés autonomes régionales, dans les universités, dans les centres de recherche ou au sein de leurs propres entreprises, en Colombie comme à l’étranger. Leur nombre, leurs connaissances et leurs expériences ont constamment progressé.

    Les principales étapes du développement de l’aquaculture en Colombie ont reçu le soutien des agences et des organismes internationaux comme, entre autres, la FAO, l’AID, l’IDB, JICA, ACII et KOICA. On peut citer, entre autres, l’introduction d’espèces exotiques comme la truite, la carpe et le tilapia dont les techniques de culture ont été développés à l’étranger, la reproduction d’espèces indigènes comme le bocachico (Prochilodus magdalenae), le silure tigre (Pseudoplatystoma fasciatum), la cachama blanche (Piaractus brachypomus), la cachama noire (Colossoma macropomum) et le « yamú » (Brycon siebenthalae) destinés au réempoissonnement, à la sécurité alimentaire et aux programmes de production industrielle ou encore le développement de la culture de crevette pour l’exportation au cours années 1980. Au cours des années 1990, le développement de technologies pour la culture du tilapia rouge dans des cages flottantes, la reproduction du vivaneau rose (Lutjanus guttatus) dans le Pacifique et du vivaneau sorbe (Lutjanus annalis) dans l’Atlantique ces dernières années, l’introduction de l’ostréiculture (huître creuse des Caraïbes, Crassostraea rhizhophorae) ainsi que la sélection et la culture de pectens (Argopecten sp et Nodipecten sp) constituent d’autres étapes importantes de l’évolution récente de l’aquaculture.

    A la fin des années 1990 et au début des années 2000, des progrès significatifs ont été réalisés dans le contrôle des maladies affectant les crevettes marines (syndrome de Taura et maladie des points blancs).

    L’une des principales étapes sur le plan institutionnel a été la création de l’Institut national pour les ressources renouvelables et l’environnement (INDERENA) qui s’est occupé des questions relatives aux pêches et à l’aquaculture de 1968 à 2003. L’Institut national des pêches et de l’aquaculture (INPA, 1991-2003) est une émanation de l’INDERENA. Il a fusionné avec d’autres organismes qui s’occupent des questions agropiscicoles pour donner naissance à l’Institut national du développement rural (INCODER).
    Ressources humaines
    En ce qui concerne les ressources humaines, on peut citer en premier lieu les propriétaires et les investisseurs des exploitations piscicoles qui sont responsables de la majeure partie des capacités de production existantes. Ces entrepreneurs ont investis leurs propres ressources financières dans les projets et ont accumulé de l’expérience ainsi que des connaissances à la suite de leur intérêt pour cette activité. On estime à plus de 10 200 les petits producteurs ayant recours à une main d’œuvre familiale et consommant leur propre production. Le nombre de producteurs à moyenne et grande échelle est estimé quant à lui à 350. Ces derniers ont créé plus ou moins 10 000 emplois directs (Minagricultura, Accord sectoriel de compétitivité de la chaîne piscicole en Colombie, 2005).

    Certains producteurs sont conseillés par des professionnels, des techniciens et des experts qui prennent en charge la gestion de la production (à temps partiel), la post-production (de façon occasionnelle) et la commercialisation. D’autres créent des entreprises strictement familiales et la gestion des différentes activités est prise en charge par les différents membres de la famille qui, parfois, dans la pratique, se spécialisent dans la production et la post-production.

    L’industrie de la culture de crevettes compte neuf laboratoires de maturation, dix-huit laboratoires de culture de larves, vingt exploitations d’élevage et sept usines de transformation qui emploient une main d’œuvre qualifiée composée de professionnels et de techniciens spécialisés dans leurs domaines professionnels respectifs (Minagricultura et ACUANAL, 2002).

    Lorsque les projets aquacoles sont bien conçus et d’un bon niveau technique, la gestion de la production est du ressort de professionnels et de techniciens disposant d’une solide connaissance en l’aquaculture. Il en va de même avec les spécialistes en charge de la commercialisation.

    En ce qui concerne l’aquaculture rurale de type I et II, les exploitations sont totalement gérées au niveau familial avec l’aide de travailleurs extérieurs quand le besoin s’en fait sentir, notamment pour la récolte et la transformation.

    Toujours en ce qui concerne les ressources humaines, il faut aussi tenir compte des chercheurs qui travaillent dans les universités, les organismes publics et les centres de recherche du secteur privé. Cette catégorie comprend également les enseignants et les formateurs des universités ainsi que les agents de vulgarisation qui travaillent dans les organismes publics au niveau national et au niveau régional. Il faut enfin prendre en compte les personnes qui travaillent indirectement pour l’aquaculture comme les fournisseurs d’intrants et de services, les fabricants d’aliments, les consultants et les conseillers indépendants ou employés par des sociétés de conseil locales et/ou internationales.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    L’aquaculture est pratiquée à travers l’ensemble du pays. Elle est répartie entre les différentes régions en fonction des espèces cultivées et de l’adaptation de ces dernières aux différents climats colombiens.

    Crevette marine. Les principales zones de production de crevette marine se trouvent dans les départements côtiers de l’Atlantique (Bolívar, Córdoba, Atlántico, Magdalena et la Guajira). En 2001, la culture de crevettes couvrait une superficie d’environ 3 816 hectares pour une production de 13 057 tonnes. Les infrastructures de production sont situées sur les côtes, dans les zones de mangrove ou sur les terres marécageuses salées. L’eau est toujours pompée directement de la mer, des marais (lagunes côtières) ou de canaux de drainage d’eau douce ou saumâtre situés dans des estuaires. L’alimentation de la crevette contient généralement 35 pour cent de protéines. Elle est produite localement (Purina) ou importé (Nicovita). Les engrais et les produits chimiques utilisés comme conditionneurs du sol comprennent l’hydroxyde de calcium, le carbonate de calcium, le superphosphate triple, les nitrates d’ammonium, la mélasse et les granulés pour poules pondeuses.

    La productivité annuelle des exploitations de crevettes en étang est en moyenne de 2 687 kg/ha. Elle varie selon l’occurrence et la fréquence des maladies. Les infrastructures de production comprennent des étangs traditionnels de 5 à 10 ha de forme rectangulaire et des structures complémentaires comme les laboratoires, les usines de transformation, les entrepôts de stockage et les zones administratives. Les écloseries et les laboratoires de sélection et de maturation (pour la production de larves et de post-larves) se trouvent généralement à proximité des exploitations.

    Tilapia. La principale zone de production se trouvent dans les départements de Huila, Tolima, Antioquia, Santander, Meta et Valle del Cauca qui contribuent à environ 75 pour cent de la production nationale. On estime à 525 hectares la superficie dévolue à la production de tilapia. Les méthodes de culture ne comprennent pas que des étangs mais aussi des cages. Alors que ces cages ne couvrent qu’entre 2 et 5 ha au total, leur production intensive peut être très élevée. Il existe aussi des unités de culture du tilapia construites dans des zones destinées à l’élevage où l’eau provient généralement par gravité des rivières ou des ruisseaux. Elle doit être parfois pompée. Des concentrés alimentaires avec des niveaux de protéines de 48, 30 et 24 pour cent sont respectivement utilisés lors des phases initiales, de pré-engraissement et d’engraissement. Plusieurs usines fabriquent ces aliments pour poisson (INPA, 1996). Les étangs sont fertilisés avec des engrais biologiques (fumier de bétail, poulet ou porc) ou des engrais chimique (15-15-15, 10-30-10, urée, superphosphate, chaux agricole, dolomite et calfos, entre autres). La productivité annuelle des étangs varie entre 30 et 50 tonnes/ha avec des densités de mise en charge allant jusqu’à 20 poissons/m² ou 6 à 8 kg/m². Cette espèce est également élevée dans des cages flottantes dans des réservoirs artificiels, principalement dans le réservoir de Betania dans la région de Huila. Une technologie locale qui permet d’atteindre jusqu’à 150 poissons/m³ ou 50 kg/m³ a récemment été développée.

    Cachama. Les principales régions de production sont: Santander, Meta, Córdoba, Tolima, Caquetá, Antioquia et Valle. Couvrant environ 400 hectares, un fort pourcentage des terres utilisées pour la culture du cachama était précédemment des prairies festinées à l’élevage de bétail. L’eau est fournie par gravité ou parfois en pompant à partir de sources situées à proximité, en surface ou souterraines. Une alimentation de granulés est utilisée, avec 28 et 25 pour cent de protéines. Les engrais employés sont les mêmes que ceux utilisés pour le tilapia. Les densités de mise en charge sont généralement comprises entre 2 et 4 poissons/m² ce qui correspond à 1 à 2 kg/m². La polyculture avec le tilapia est également pratiquée avec une densité réduite pour chaque espèce.

    Truite. Les principaux départements où la truite est produite sont: Antioquia, Boyacá et Cundinamarca. Elles représentaient 78 pour cent de la production nationale en 1999. Aujourd’hui, la culture de truite est aussi pratiquée dans plusieurs autres départements comme ceux de Cauca, Huila, Nariño, Santander, Norte de Santander et Quindío entre autres. La superficie dévolue à cette culture est estimée à 15 hectares. Les méthodes de production comprennent des étangs traditionnels ou des bassins alignés en béton. L’eau est généralement obtenue en grands volumes par gravité et avec des taux d’échange élevés. Une alimentation de granulés riches en protéines est utilisée. Les aliments de la phase initiale en contiennent 48 pour cent et ceux de la phase d’engraissement 45 pour cent, avec ou sans pigments. Aucun engrais n’est utilisé. La densité est d’environ 60 alevins/m³ ce qui correspond à une charge de 0,18 à 0,24 kg/m³ et les rendements annuels sont estimés à 300 kg/m³. La culture en cage dans des lacs naturels et dans des lacs de barrages est également pratiquée.

    Espèces cultivées
    Les principales espèces de l’aquaculture colombienne sont:

    La culture de crevette marine a été encouragée par le gouvernement national pour l’exportation au cours des années 1980. A l’heure actuelle, l’espèce la plus communément cultivée est une espèce locale du Pacifique dont les principales améliorations génétiques ont été réalisées. Un cycle de production fermé permet à cette espèce de résister à certaines maladies.

    Les producteurs privés ont introduit le tilapia du Nil en 1982. Depuis, cette espèce est produite à un niveau industriel et artisanal. Par la suite, d’autres tilapias rouges hybrides provenant de différents pays ont été commercialisés sous le même nom. Il s’agit notamment du tilapia du Nil (O. niloticus). Un travail d’amélioration génétique a été entrepris sur cette espèce après 1995 avec la participation de conseillers cubains. Il a permis de constater que certains hybrides sont plus performants que d’autres et s’adaptent mieux aux conditions environnementales en raison de leur composition génétique et de la proportion des différentes espèces entrant dans leur formation. Comme l’avaient exigé les autorités en charge de l’environnement, des études pour évaluer l’impact environnemental ont été menées pour l’introduction du tilapia du Nil dans le pays. Dans le cas de celle du tilapia du Nil, une recherche trophodynamique a été demandée ainsi que les certificats d’origine de la lignée et les certificats sanitaires fournis par les autorités compétentes du pays d’origine garantissant que cette espèce n’était pas affectée des principales maladies qui touchent les espèces produites dans des conditions industrielles.

    Le cachama blanc et le cachama noir (Piaractus brachypomus et Colossoma macropomum) sont des espèces endémiques des bassins de l’Orénoque et de l’Amazone dont la reproduction et la culture ont démarré au cours des années 1980 dans le cadre de programmes de promotion aquacole. A l’heure actuelle, la production de cachama noir reste encore limitée. Elle est utilisée dans des programmes de promotion avec des petits producteurs dans un but de sécurité alimentaire. Le cachama blanc est davantage diffusé et on le produit à échelle industrielle. L’importance de ces espèces est liée à leur caractère local et au fait qu’elles sont cultivées dans tout le pays en raison de leur croissance rapide et de leur régime omnivore. Aucun travail d’amélioration génétique n’a été mené sur ces espèces et on les trouve de façon sporadique dans d’autres bassins à la suite d’échappées mais aucune population ne s’est réellement établie.

    La truite a été introduite au cours des années 1930 dans un but de réempoissonnement. On la trouve aujourd’hui dans la plupart despièces d’eau froide à travers le pays. Les œufs sont importés des Etats-Unis avec leurs permis correspondants et donnent naissance à la majorité des alevins utilisés par cette industrie en raison de leur croissance plus rapide et de leurs améliorations génétiques.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Le principal système adopté par les petits producteurs est la culture semi-intensive en étang avec des intrants biologiques et chimiques ainsi que des granulés complémentaires et des produits de la ferme. Les producteurs industriels adoptent des systèmes intensifs et super-intensifs en étang traditionnel ou en cage flottante. Ils n’ont recours qu’à des granulés concentrés en protéines. Ces dernières années, différentes technologies ont été mises en place pour accroître les rendements de poisson par unité de production. Il s’agit notamment de systèmes à échange d’eau, du recours à une oxygénation artificielle avec des aérateurs à hélices ou à palles, de souffleurs d’air et, dans le cas de la culture de la truite, de l’utilisation d’oxygène liquide.

    Dans le cas de la culture en cage, une technologie spécifique a été développée sur la base d’expériences locales et étrangères. Le tilapia du Nil ainsi produit est devenu une industrie importante alors que le tilapia « plateada » est cultivé dans des réservoirs artificiels.

    La culture de la truite est principalement intensive. Elle est réalisée sur de petites superficies, avec des taux élevés d’échange d’eau et de fortes densités de mise en charge qui dépendent de la quantité d’eau entrant dans le système. La culture en cage dans les lagunes et les lacs naturels est également pratiquée.
    Performance du secteur
    Production

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Colombie (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Colombie (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Le marché des produits aquacoles dans le pays est varié et leur commercialisation se fait selon les volumes de production et la distance par rapport aux grandes villes. Les petits producteurs vendent leur production bon marché dans les villes les plus proches ou directement sur l’exploitation à la population locale. Quand les volumes de production sont plus importants, le produit est transporté vers les petites villes proches ou vers des grandes villes comme Bogota, Medellin, Cali, Barranquilla et Bucaramanga où les prix sont peu élevés grâce aux grandes quantités vendues. Dans ces villes, toutes les espèces aquacoles sont commercialisées.

    Les points de vente de ces produits sont les marchés aux poissons, les hypermarchés, les supermarchés ou les chaînes. Dans certains cas, les entreprises de productions possèdent leurs propres points de vente.

    La principale production exportée est la crevette marine. Elle est destinée aux Etats-Unis d’Amérique, à l’Europe et au Japon. La truite arrive en deuxième position. Elle est exportée vers les Etats-Unis d’Amérique et l’Europe. La crevette est généralement exportée fraîche alors que la truite entière ou coupée en deux est exportée fraîche ou congelée. Le tilapia est exporté vers les Etats-Unis d’Amérique entier et congelé ou bien frais en filets.

    Les institutions gouvernementales responsables de la coordination des exportations sont l’INCODER, en tant qu’organisme gouvernemental des pêches et de l’aquaculture chargé des permis relatifs à la culture et à la commercialisation, l’INVIMA, responsable des certificats d’innocuité des produits de la mer, de la mise en place des systèmes HACCP (Systèmes d’analyse des risques et des points de contrôle indispensables pour pouvoir proposer les produits sur le marché international) et des bonnes pratiques de transformation ainsi que l’ICA qui s’occupe des certificats sanitaires pour l’exportation des organismes vivants (principalement des semences de poisson, des post-larves de crevette ou des poissons ornementaux).

    La Colombie compte quatre villes principales (Bogota, Medellin, Cali et Barranquilla) qui sont considérées comme des marchés de niveau national et où plus du quart (28 pour cent) de la population colombienne est concentré. Ce sont les principaux foyers de consommation des produits de la pêche et de l’aquaculture, que ceux-ci soient frais, transformés ou en boîte (INPA et IICA, 1999). D’après cette étude, 91 pour cent des foyers et 90 pour cent de la population de ces foyers consomment des produits piscicoles.

    Les principaux marchés pour l’exportation en gros de produits halieutiques colombiens destinés à la consommation humaine sont l’Espagne, la zone franche colombienne, l’Equateur, Panama et les Etats-Unis d’Amérique qui représentent à eux cinq 93,1 pour cent des exportations du pays. L’Espagne et la zone franche colombienne représentent à elles seules 75,9 pour cent de ces exportations. Les prévisions des experts estiment que les conditions actuelles devraient rester les mêmes en 2004 et le total des exportations devrait s’élever à environ 65 100 tonnes. Elles devraient donc continuer à progresser.

    La structure de la chaîne de commercialisation de la pisciculture ressemble beaucoup à celle de l’aquaculture. De multiples agents participent aux différentes activités de production et de commercialisation. On compte notamment:
    • La production d’alevins.
    • L’engraissement à une taille commercialisable.
    • La transformation du poisson.
    • Les canaux de commercialisation:
      • Consommateur final.
      • Marché aux poisons.
      • Distributeurs en gros.
      • Chaînes de supermarchés.
      • Restaurants spécialisés et points de vente commercialisant les produits piscicoles.

    En 2005, le pays comptait 88 usines de transformation d’une capacité de 24 000 tonnes/an destinées à la commercialisation nationale. Parmi ces 88 structures, cinq seulement avaient alors des certificats HACCP délivrés par l’INVIMA.
    Contribution à l'économie
    En ce qui concerne la sécurité alimentaire, la contribution de l’aquaculture n’a pas cessé de croître depuis 1985 et a remplacé les produits de la pêche de capture dans les eaux continentales. Pour les populations rurales, la construction de petits étangs a augmenté dans le cadre de la promotion de l’aquaculture à petite échelle de type I et II et a contribué à leur alimentation (FAO/OSPESCA, 2002). Ces élevages de poissons, de poules et de poulets, de canards, de porcs, etc. dans un but d’autoconsommation génèrent ainsi des profits lors de la vente des surplus de production.

    Dans le cadre de son développement économique, l’aquaculture a contribué à la création d’emplois ruraux et a généré des revenus en devises étrangères grâce aux exportations tout en maintenant l’offre d’espèces aquatiques destinée à la consommation domestique. En ce qui concerne l’usage des ressources, les fermiers disposent d’exploitations de 5 à 10 ha en moyenne et, selon leur localisation, peuvent profiter d’abondantes sources hydriques pour mettre en place, éventuellement, des systèmes intensifs. De nombreux fermiers à petite échelle ont construit des étangs pour y réaliser une pisciculture de subsistance. Leur interaction avec l’environnement n’est pas nuisible car ils utilisent pour cela de petites zones non boisées et construisent à l’occasion leurs petits étangs sur des terres marécageuses ou sur les terres marginales de leurs fermes. Des problèmes environnementaux peuvent apparaître quand des organismes s’échappent des exploitations et rejoignent le milieu naturel ou lorsque de lourdes charges de matière organique sont rejetées dans l’environnement aquatique au moment de la récolte et quand les étangs sont drainés.

    Occasionnellement, des étangs ou enclos sont construits sur des terres marécageuses le long du littoral. A l’intérieur du pays, la construction d’étangs piscicoles traditionnels est plus commune.
    En ce qui concerne la lutte contre la pauvreté, l’aquaculture a contribué à réduire les dépenses des populations rurales en produisant du poisson sur leurs propres exploitations. Cette possibilité leur permet d’économiser de l’argent qui devrait normalement être consacré à l’achat de viande bovine. Sur les fermes des familles les plus pauvres, de petits étangs sont construits avec l’aide des programmes de l’Etat qui proposent aussi des formations et fournissent parfois des semences pour démarrer les projets piscicoles. Ces familles augmentent ainsi un peu leurs revenus et produisent du poisson pour leur propre consommation.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L’entité responsable du contrôle administratif de la pêche et de l’aquaculture est le ministère de l’Agriculture et du développement rural qui dicte les politiques relevant de ce domaine. Créé en 2003, l’Institut colombien du développement rural (INCODER) met en œuvre les politiques relatives à la pêche et à l’aquaculture au moyen de la sous-direction de la Pêche et de l’aquaculture qui administre, analyse, encourage, règlemente et contrôle toutes les activités halieutiques et aquacoles au niveau national.

    L’INCODER est né de la fusion de quatre organismes (INCORA, INAT, INPA et DRI). Il rassemble actuellement les fonctions suivantes: attribution des terres, construction et administration des zones d’irrigation, administration, recherche, réglementation et développement de la pêche et de l’aquaculture, mise en place des projets productifs agropiscicoles, halieutiques et aquacoles.

    Dans le domaine de la production, le secteur privé a mis en place des associations professionnelles dans différentes régions qui sont reconnues par le gouvernement national. Ce dernier prend en compte leurs avis pour la mise en œuvre des politiques, la prise de décisions, la concertation au sujet des mesures et des normes adoptées pour le développement, l’administration et le contrôle de l’activité. Elles sont aussi soutenues par les autorités nationales et régionales à travers la Politique nationale de la chaîne de production, de la recherche et du développement technologique. Dans le cadre de la mise en œuvre de cette politique, les producteurs peuvent obtenir des subventions dans chaque région pour mener leurs programmes de recherche ou d’innovation technologique relatifs au secteur. Il contribue aussi à la résolution intégrale de leurs problèmes avec la participation de toutes les parties prenantes de la chaîne de production du secteur aquacole.
    Règlements en vigueur
    Les principales normes règlementant l’aquaculture sont établies dans la Loi 13/90 et dans le Décret règlementaire 2256/91 sur les permis en matière de culture (production, transformation et commercialisation) ou sur les licences de fonctionnement émanant de l’INCODER en tant qu’organisme responsable au sein de la sous-direction de la Pêche et de l’aquaculture et par l’intermédiaire du bureau de l’enregistrement et du contrôle.

    En ce qui concerne les questions environnementales, le permis de concession des eaux et la présentation du plan d’aménagement environnemental sont exigés par les Corporations autonomes régionales (CAR) de façon directe ou en respectant les directives existant déjà pour la crevette. A l’heure actuelle, les directives concernant la pisciculture sont en cours de réalisation avec le soutien des conseils régionaux de la chaîne productive dans le but de développer cette activité en harmonie avec le milieu naturel et en respectant le caractère durable de l’environnement.

    Les départements et les municipalités du pays réalisent les plans d’organisation territoriale (POT) qui déterminent quelles sont les activités économiques les plus importantes. Dans certains de ces plans, l’aquaculture apparaît comme une activité importante pour le développement de la région.

    L’Institut national de vigilance sanitaire et alimentaire (INVIMA) est l’entité dépendant du ministère de la Santé qui veille à l’innocuité des produits alimentaires en général.

    Pour obtenir davantage d’informations sur la législation en vigueur dans le secteur de l’aquaculture en Colombie, veuillez cliquer sur le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture – Colombie
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les priorités de la recherche en aquaculture sont déterminées à l’heure actuelle par le respect d’un calendrier unique de recherche conduit par le ministère de l’Agriculture et du développement rural qui collecte directement l’information auprès des régions avec la participation des producteurs, des associations professionnelles et de différents organismes dans le but de détecter et de déterminer les besoins et les priorités en matière de recherche du secteur.

    Le ministère de l’Agriculture et du développement rural publie conjointement avec le COLCIENCIAS les avis de concours en matière de recherche. Le soutien financier demandé est fourni grâce à des fonds communs aux centres de recherche, aux universités et aux organismes professionnels ou aux chambres syndicales démontrant leur capacité à mener des programmes de recherche. Certains programmes sont réalisés conjointement avec les producteurs dans leurs exploitations. De la même façon, la recherche peut avoir recours aux infrastructures des stations piscicoles propriété de l’Etat. Les centres de recherche privés participent aussi à ces projets. Les résultats des recherches sont rendus publics par l’intermédiaire de publications des organismes privés et publics qui les développent.

    Les principales institutions publiques de recherche sont:
    • Le COLCIENCIAS (Fonds colombien de la recherche scientifique et des projets spéciaux).
    • L’INVEMAR (Institut de la recherché marine et côtière).
    • L’INCODER (Institut national du développement rural).
    • Le CENIACUA (Centre de recherche de l’aquaculture colombienne).
    • Les universités.

    Les titres universitaires actuellement attribués sont les suivants:
    • Professionnel ou Technicien en aquaculture (université de Córdoba).
    • Ingénieur aquatique (université de Nariño et université de Antioquia).
    • Ingénieur halieutique et Masters en aquaculture (université de Magdalena).
    • Biologiste marin (université de Jorge Tadeo Lozano).
    • Technicien vétérinaire et technicien animal (dans différentes universités).
    • Spécialiste en aquaculture (université des Llanos).
    • Technicien agricole (spécialité en aquaculture), (Ecole polytechnique colombienne Jaime Isaza Cadavid).
    Tendances, questions et développement
    Au cours des dix dernières années, les principales tendances relevées dans le développement de l’aquaculture ont été influencées par:
    • L’intérêt de la population colombienne pour la consommation de poisson.
    • La diversification agricole.
    • La plus grande profitabilité offerte par l’aquaculture par rapport à d’autres secteurs traditionnels de la production agricole.
    • Les politiques du gouvernement national visant à promouvoir le secteur de l’aquaculture afin de satisfaire le marché domestique et les marchés internationaux ainsi que celles visant à augmenter la sécurité alimentaire et à lutter contre la pauvreté.
    • L’utilisation de la grande biodiversité des espèces aquatiques du pays.
    • La production de protéines animales.
    • La baisse des ressources de la pêche de capture aussi bien marine que continentale.
    • La disponibilité de terres et d’espaces aquatiques appropriés.
    • L’augmentation de la population colombienne.
    • La possibilité de produire des protéines d’origine animale inoffensives dans des espaces réduits.
    • La mondialisation de l’économie et les traités de libre échange.
    • La demande du marché domestique et des marchés internationaux.

    L’aquaculture colombienne a en outre été influencée par le développement mondial de ce secteur. La Colombie a en effet participé à cette croissance et à cette expansion avant même l’augmentation de sa population, aussi bien au niveau artisanal qu’au niveau industriel en offrant des produits aquacoles répondant à la demande alimentaire.

    Sur le plan des interactions entre l’aquaculture et l’environnement, la législation colombienne est assez complète pour éviter qu’il y ait des effets sur les écosystèmes. Il est cependant souvent coûteux de mettre en place les mesures de mitigation nécessaires que doivent affronter certains projets pour réduire leur impact sur la nature, en particulier sur le milieu aquatique.

    Enfin, la crise générale qu’a dû affronter la Colombie a eu pour effet une baisse de 4,2 pour cent du Produit intérieur brut en raison d’une phase de récession qui s’est accompagnée d’un taux de chômage supérieur à 20 pour cent (PNUD, DNP, ACCI et PDH, 2004). Cette baisse du pouvoir d’achat de la population a eu pour conséquence une contraction générale de la demande et l’aquaculture a été touchée. De plus, les problèmes d’ordre public ont eu un effet sur l’offre. Ils ont provoqué la fermeture et l’abandon de certains centres de production dans tout le pays et il a fallu avoir recours à des importations de produits d’origine équatorienne et argentine. Tout cela a eu des conséquences négatives sur les produits nationaux de l’aquaculture dont les prix et la production ont baissé à cause de la concurrence avec des pays comme l’Equateur, le Chili, l’Argentine et le Brésil. Une situation encore aggravée par la contrebande de produits halieutiques provenant des pays voisins.
    Références
    Bibliographie

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    Fundación Humedales & INCODER. 2004. Las estadísticas de las pesquerías, fundamento de la evaluación económica, la ordenación, la administración y el desarrollo sostenible de la pesca en las aguas interiores y de las aguas marinas de Colombi. INCODER, Bogotá.

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    Anuario estadístico del Sector Agropecuario. Fundamentos de Acuicultura Continental, Bogotá.


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    Minagricultura. 2003. Bogotá.

    Minagricultura. 2005. Acuerdo Sectorial de Competitividad de la Cadena de Piscicultura en Colombia.
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