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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L'aquaculture congolaise repose essentiellement sur la pisciculture familiale de subsistance dans laquelle la culture de tilapias est prédominante malgré les potentialités d'élevage d'autres espèces aquacoles.

    Des infrastructures aquacoles sont présentes dans toutes les provinces du pays sous forme de Centres d'alevinage principaux (CAP) et de Centres d'alevinage secondaires (CAS). Par contre les ressources humaines et matérielles font énormément défaut, très peu de cadres formés en aquaculture étant disponibles.

    Au cours de ces dernières années, la production aquacole nationale a varié entre 2 000 et 3 000 tonnes par an, pour une valeur totale de 5 à 7,5 millions de dollars des Etats-Unis (FAO, 2005a).
    Historique et aperçu général
    Les premiers essais de pisciculture se situent entre 1937 et 1945, en un premier temps dans les Provinces du Katanga (à Lubumbashi) et du Kasaï Oriental (à Ngandajika), ensuite dans le Bandundu (Kwango et Kwilu) et enfin dans les Provinces Orientale et du Kivu.

    En 1959, 120 000 étangs avaient été construits couvrant une superficie totale de 4 000 ha et produisant plus de 6 000 tonnes de poisson par an, soit environ 4 pour cent de la production halieutique nationale (FAO/BAD, 1990). Cette production aquacole vaudrait aujourd'hui 12 millions de dollars des Etats-Unis.

    Il n'existe pas de tradition piscicole dans le pays. Les tilapias sont élevés par des paysans dans des étangs en terre construits dans des vallées et autres milieux humides, en systèmes extensifs et semi intensifs de pisciculture familiale en vue d'améliorer la nutrition des populations autochtones et rurales.

    De 1945 à 1960, les stratégies déployées pour atteindre les résultats énoncés ci-dessus ont consisté à:
    • Installer à travers le pays des infrastructures d'appui, de démonstration, de recherche et de formation composées de plus de 25 centres d'alevinage principaux et secondaires dont la superficie totale atteignait 33,92 ha.
    • Installer des étangs de relais dans certains territoires et secteurs.
    • Encadrer les pisciculteurs par les techniciens des CAP, tandis que la vulgarisation était de la responsabilité de l'administration territoriale.
    • Promouvoir la recherche piscicole en station, exécutée par l'Institut national pour l'étude agronomique du Congo (INEAC-Belgique).
    Le rendement piscicole moyen oscillait alors entre 180 et 450 kg/ha/an en milieu paysan tandis que dans les centres d'alevinage, il était de 900 à 3 600 kg/ha/an (Deceuninck, 1990).

    Depuis le départ des assistances techniques belge, française et américaine, actives au cours de la période 1980-1990, le rendement moyen des étangs ne dépasse guère 3 000 kg/ha/an en milieu périurbain et 1 500 à 1 800 kg/ha/an en milieu rural.
    Ressources humaines
    Les effectifs totaux de personnes impliquées dans le secteur ou qui pratiquent l'aquaculture à temps plein ou partiel ne sont pas connus à ce jour.

    Cependant, pour quelques grandes agglomérations le Service national d'aquaculture cite les nombres d'exploitants piscicoles suivants: Province/ville de Kinshasa: 1 800; Province Orientale (Kisangani): 593; Province du Katanga (Lubumbashi): 130; Province du Bas Congo: 152; Province du Sud Kivu: 1 444; Province du Nord Kivu: 126; Province de Bandundu: 2 156; Province du Maniema: 445; Province du Kasaï Oriental: 1 245.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Toutes les Provinces de la République démocratique du Congo sont favorables à la pratique et au développement de l'aquaculture. Dans celles dont le potentiel de développement est important, les caractéristiques de la pisciculture sont actuellement les suivantes:
    • Province de Bandundu
      Pisciculture présente dans les Districts du Kwango et du Kwilu sous la forme de grands complexes d'étangs individuels peuplés de tilapias, principalement Tilapia rendalli . La superficie sous eau est de 4 850 ha (Coordination provinciale. Rapport annuel 2002).
    • Province du Kasaï
      Elevages d'un mélange de T. rendalli et Oreochromis macrochir . La superficie sous eau est de 1 504 ha (Coordination provinciale. Rapport annuel 2003). Les activités piscicoles sont plus importantes dans le Kasaï Oriental que dans le Kasaï Occidental.
    • Province du Katanga
      Berceau des premiers essais importants en pisciculture. Celle-ci est concentrée dans les Districts du Haut Lomami, du Lualaba, du Haut Katanga et la ville de Lubumbashi). Des étangs de 100 m² environ sont regroupés en complexes de quelques dizaines de pièces d'eau peuplées principalement d'O. macrochir et de T. rendalli . La superficie exploitée est de 850 ha (Coordination provinciale du Katanga, 2002).
    • Provinces du Nord et du Sud Kivu
      La pisciculture y est assez bien développée principalement dans le Sud Kivu (Mwenga, Shabunda), le Maniema (Kasongo, Pangi, Kabambare, etc) et le Nord Kivu (Lubero et Walikale). Des étangs de barrage, d'une superficie individuelle assez importante, sont généralement établis en tête de source et peuplés d'un mélange de T. rendalli , O. nigrus , O. niloticus et O. andersonii . La superficie totale en exploitation s'élève à plus de 192 ha. (Coordination provinciale du Nord Kivu 1990).
    • Province Orientale et de l'Equateur
      Dans ces provinces à prédominance forestière, la superficie individuelle des étangs peut atteindre plusieurs dizaines d'ares. Les superficies totales exploitées s'élèvent à plus de 526 ha en Province Orientale et à environ 100 ha en Province de l'Equateur.
    Espèces cultivées
    Deux types de poisson sont élevées. Il s'agit de tilapias (principalement Tilapia rendalli et Oreochromis macrochir en étangs; Oreochromis niloticus et Oreochromis andersonii en petites retenues d'eau) et du poisson-chat (Clarias gariepinus ).

    Les élevages expérimentaux d'Haplochromis , d'Ophiocephalus et de Serranochromis mellandi , n'ont pas donné de résultats concluants.

    Officiellement, plusieurs espèces exotiques ont été introduites principalement dans les années 50 et 60, dont quatre espèces d'Oreochromis , Heterotis niloticus , Cyprinus carpio et Astatoreochromis alluandi (FAO, 2005b). Leur pisciculture ne s'est cependant pas développée.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Deux types d'élevage de tilapia et de poisson-chat sont pratiqués.

    Les tilapias sont élevés en étangs d'eau douce construits dans les vallées de cours d'eau pérennes. Ils sont nourris principalement de microorganismes planctoniques dont la croissance est favorisée par le compostage. La reproduction est obtenue en monoculture. Les alevins issus de cette opération sont parfois sexés et élevés séparément en étangs de prégrossissement. Le poisson-chat par contre est reproduit par fécondation artificielle des oeufs. Le taux de survie des alevins est encore très faible.
    Performance du secteur
    Production
    Des données statistiques fiables de production ne sont pas connues depuis 10 ans suite à l'arrêt en 1990 des activités de projets de coopération américain, belge et français, suite aux multiples mouvements de guerres suivis de l'abandon des activités piscicoles par la plupart des populations rurales.

    Avant ces événements, les données statistiques par province étaient comme suit:
    Province199819891990
    Nombre étangsSup tot (ha)Production estimée (tonnes)Nombre étangsSup tot (ha)Production estimée (tonnes)Nombre étangsSup tot (ha)Production estimée (tonnes)
    Kinshasa76949123769491231 07151128
    Bas Congo3 43239973 612441113 61244111
    Bandundu18 9799022453 2339122654 199322806
    Kasaï Occid2 62712313 12720503 1892051
    Kasaï Orient2 089101232 132591482 13259148
    Katanga1 127641601 147651631 14765162
    Kivu4 987531 34210 9835011 25310 9835011 253
    Equateur1 47771771 546731841 54673184
    Orientale1 0281904741 0281704231 028170425
    République démocratique du Congo36 5151 1012 75177 5771 0722 68378 9071 3053 269


    Les données statistiques les plus récentes, disponibles à la FAO pour l'année 2004, indiquent une production aquacole de 2 965 tonnes d'une valeur équivalente à 7 419 000 millions de dollars EU (FAO, 2005a).

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture en la République Démocratique du Congo d'après les statistiques de la FAO:
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée en la République Démocratique du Congo (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    En grande majorité, il s'agit en milieu rural d'une pisciculture de subsistance tandis qu'en milieu périurbain on observe une tendance au développement d'une pisciculture de type commercial.

    En effet, autour des grandes agglomérations (Kinshasa, Kisangani et Lubumbashi), se développe l'organisation de ventes occasionnelles de poissons à la ferme même. Le kilogramme de tilapia y vaut deux à trois dollars EU.
    Contribution à l'économie
    La contribution de la pisciculture à la sécurité alimentaire, à la réduction et la lutte contre la pauvreté dans les ménages vulnérables et au PIB est très faible et difficile à estimer. En ce qui concerne cette dernière contribution, notons qu'à la fin des années 80 elle se situait autour de 1,2 pour cent de 17 pour cent de l'ensemble de la production halieutique (Deceuninck, 1990).
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    C'est le Service national d'aquaculture (SENAQUA) situé au sein du Ministère de l'agriculture qui est en charge de l'aquaculture au niveau national. Il a pour rôle l'élaboration de la politique et de la stratégie nationales de développement de l'aquaculture, ainsi que la coordination et l'organisation de son développement.

    La mission du SENAQUA consiste à:
    • Gérer les centres d'alevinage principaux et secondaires.
    • Organiser la coordination aquacole dans les zones administratives du pays.
    • Evaluer les ressources actuelles dans ce domaine, les modalités de relance, et les priorités de celles-ci.
    • Récréer le fichier national reprenant toute la situation de la politique aquacole du Ministère.
    • Orienter la politique aquacole du Ministère.
    • Coordonner l'ensemble des actions aquacoles initiées par des projets et par des programmes nationaux, bi- ou multilatéraux dont ces projets constituent des branches spécialisées et spécifiques.
    • Relancer la recherche appliquée dans le domaine de l'aquaculture.
    Au niveau central le SENAQUA comprend une Coordination nationale, six Divisions et 18 Bureaux. Au niveau des Provinces (11), il dispose de 11 Coordinations provinciales, d'un Bureau dans chaque District (52), d'une cellule par Territoire (245) et de 25 Centres d'alevinage principaux et secondaires répartis à travers toutes les provinces.
    Règlements en vigueur
    Il n'existe pas encore de cadre juridique réglementant l'activité aquacole. La pisciculture étant restée jusqu'à nos jours une activité de subsistance pour les populations rurales. Des efforts sont cependant consentis depuis quelques temps par le gouvernement pour la formulation d'un cadre juridique afin d'assurer le développement durable de l'aquaculture. Dans ce but, une requête de financement a été soumise à la FAO.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Des structures de recherche aquacole se situent à l'Université de Lubumbashi (Facultés de médecine vétérinaire et d'agronomie), à l'Ecole régionale d'aménagement intégré de la forêt tropicale (ERAIFT) de Kinshasa, à l'Institut national d'études et recherches agronomiques (INERA), à l'ISP Bukavu et à l'Université de Kisangani.

    Les priorités de recherche sont dictées par les besoins issus du terrain et canalisées soit directement aux institutions de recherche, soit formulées par le truchement du Service national d'aquaculture.

    Les organisations non gouvernementales et les associations de producteurs piscicoles travaillent en partenariat technique avec le SENAQUA qui vulgarise son expérience propre ou les résultats des recherches appliquées.

    Les Facultés d'agronomie de l'Université de Kinshasa et de Lubumbashi et la Faculté de médecine vétérinaire de l'Université de Lubumbashi dispensent un cours de pisciculture.
    Tendances, questions et développement
    Depuis son introduction jusqu'à ce jour, la pisciculture n'est considérée que comme une activité secondaire par les paysans producteurs.

    Installée initialement en milieu rural pour des raisons de sécurité alimentaire, le développement relativement récent de la pisciculture en zones périurbaines justifie la tendance actuelle d'instaurer des exploitations rentables, durables et commerciales aux alentours des grandes agglomérations.
    Références
    Bibliographie
    Coordination provinciale de Bandundu. 2002. Rapport annuel 2002.
    Coordination provinciale du Kasaï oriental. 2003. Rapport annuel 2003.
    Coordination provinciale du Katanga. Rapport annuel 2002.
    Coordination provinciale du Nord Kivu. 1990. Rapport annuel 1990.
    Deceuninck, V. 1990. Etudes nationales pour le développement de l'aquaculture en Afrique. 28. Zaïre. FAO Circ. Pêches, (770.28): 194 pp.
    FAO. 2005 a. Global aquaculture production (1950–2004) Congo, Dem. Rep. of the.
    FAO/BAD. 1990. Rapport annuel 1990.
    Liens utiles
     
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