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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Le secteur de l'aquaculture joue un rôle important dans l'économie nationale. En effet, en 2001, les secteurs de la pêche et de l'aquaculture ont représentés 3,1 pour cent du PIB agricole et 0,74 pour cent du PIB total (Anonyme, 2001). Le solde commercial a été alors excédentaire de plus de 30 milliards de francs CFA (60 millions de dollars EU), malgré un déficit en volume (219 000 tonnes d'importation pour 65 626 tonnes d'exportation). Cette performance est imputable à la filière d'exportation de produits à forte valeur ajoutée, des conserves principalement, qui a généré 125 milliards FCFA (Anonyme, 2001).

    Au plan de la sécurité alimentaire, le poisson est la première source de protéines animales du consommateur ivoirien. La consommation nationale de poisson est estimée varier entre 250 000 et 300 000 tonnes/an pour une production locale moyenne de 80 000 tonnes (Anonyme, 1997). Eu égard à son prix relativement bas par rapport à celui de la viande, le poisson est accessible aux ménages les plus modestes. En 2001, la consommation moyenne de 13,2 kg par habitant et par an a été couverte à près de 67 pour cent par les importations. L'ampleur de ces importations et leur coût en devises ont poussé le gouvernement à intensifier le développement des secteurs de la pêche et de l'aquaculture. Toutefois, les ressources maritimes nationales étant limitées, la définition d'une politique visant à satisfaire, dans des conditions sécurisantes, la couverture des besoins en poisson devrait se concentrer sur la pêche artisanale et surtout sur l'aquaculture. Cela faciliterait aussi la reconversion des pêcheurs en leur procurant une source de revenus, tout en favorisant la fixation des jeunes en milieu rural.

    La politique actuelle des pêches et de l'aquaculture s'insère, à juste titre, dans le cadre du Plan directeur de développement agricole 1992-2015, conçu par le Ministère de l'agriculture et des ressources animales. Trois objectifs généraux y sont assignés aux différents secteurs:
    • L'amélioration de la productivité et de la compétitivité.
    • La recherche de la sécurité alimentaire.
    • La diversification des exportations et des sources de revenus des exploitations agricoles. En l'occurrence, il a été assigné spécifiquement au secteur halieutique, l'exploitation rationnelle de toutes les potentialités halieutiques et la valorisation optimale des plans d'eau par le développement des pêches maritimes et lagunaires, ainsi que par celui de l'aquaculture (Mace, 2000; Anonyme, 2003a).
    En fait, l'aquaculture constitue un véritable potentiel national qui mérite d'être largement exploité car la Côte d'Ivoire possède des atouts naturels considérables: 150 000 ha de lagunes, 350 000 ha de lacs et de nombreux bas-fonds propices à l'implantation d'exploitations aquacoles ainsi qu'une riche faune aquatique renfermant plus de cent familles de poissons dont plusieurs espèces ont un potentiel aquacole certain.
    Historique et aperçu général
    Les premières tentatives d'aquaculture remontent à 1955 lorsque l'administration coloniale a créé une Section de pisciculture au sein du Service des eaux et forêts. En 1958, un centre de recherche a été créé près de Bouaké par le Centre technique forestier tropical (France). A partir de 1960, l'administration ivoirienne s'est elle-même chargée du développement piscicole. Des cantonnements piscicoles chargés de l'encadrement, des stations étatiques d'alevinage et des centres de recherche ont été créés. De même, plusieurs projets bi-et multilatéraux de développement aquacole ont été mis en œuvre.

    L'aquaculture continentale est une activité encore essentiellement rurale, secondaire et généralement pratiquée sur de petites fermes, dans de petits étangs d'eau douce de faible productivité. Les exploitations sont de plusieurs types. Ce sont soit des exploitations avec petits plans d'eau ou des fermes de subsistance, soit des exploitations à petite ou grande échelle commerciale. Les systèmes de production varient de l'extensif au semi-intensif (avec alimentation composée). D'une façon générale, il s'agit essentiellement d'élevages de tilapias (Oreochromis niloticus et, O. aureus ) et de silure (Heterobranchus longifilis ).

    L'aquaculture lagunaire est une activité pratiquée depuis les années 80 en eau saumâtre ou en eau douce. Il s'agit de fermes d'élevage produisant soit des tilapias (O. niloticus , O. aureus , Sarotherodon melanotheron ) en cages flottantes, soit des mâchoirons (Chrysichthys nigrodigitatus ) (Hem, 1982) et des silures (H. longifilis ) en enclos. Ces systèmes de production sont intensifs.

    Depuis 2000, la production aquacole annuelle a atteint 1 200 tonnes. (Anonyme, 2002; Anonyme, 2003a). Les rendements moyens des différents systèmes de production sont:
    • Système extensif: de 1 à 1,5 tonnes de poisson par hectare par an.
    • Système semi-intensif: de 6 à 8 tonnes/ha/an, avec un potentiel de 15 tonnes/ha/an.
    • Système intensif en étang: plus de 20 tonnes/ha/an.
    • Elevages en enclos en milieu lagunaire: 40 tonnes/ha/an.
    Ressources humaines
    Le nombre de personnes impliquées dans la filière n'est pas connu avec exactitude. Toutefois, de nombreux agents (conception et exécution) ont été formés dans les Universités nationales, dans les grandes écoles d'agronomie africaines et occidentales et dans les instituts de formation professionnelle pour encadrer les pisciculteurs.

    Dans le secteur aquacole, il existe près de 1 000 fermiers analphabètes ou de niveau scolaire moins élevé. Ce secteur se caractérise également par une prédominance des hommes par rapport aux femmes. En 1970, l'apparition de la monétarisation de la cession foncière a supplanté le droit de propriété par échange qui prévalait dans les années 50.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Depuis 1977, plusieurs projets de développement aquacole ont été mis en oeuvre. C'est ainsi que le projet PNUD-FAO de Développement de la pisciculture en milieu rural et le projet d'Aquaculture lagunaire ont permis de sensibiliser la population ivoirienne aux activités aquacoles.

    L'Etat a procédé depuis à une réorientation de sa stratégie de développement aquacole en créant des projets régionaux en vue d'une meilleure implantation de l'activité sur l'étendue du territoire national.

    La superficie totale qu'occupe la production aquacole dans le pays est d'environ 500 ha.

    Deux structures industrielles (Ivograin et Faci) produisent des aliments aquacoles. Le Centre de Recherche Océanologique (CRO) en produit également en sa station de Layo. Une société (REAL) produit près de 6 000 tonnes/an de farine de poisson, utilisée en partie dans la fabrication d'aliments aquacoles (Anonyme, 2002).
    Environ 100 à 200 kg de cystes secs d'artémies sont importés annuellement pour l'alimentation des larves de silure en écloseries.

    Pour la préparation des géniteurs de mâchoiron à la reproduction, du maquereau frais est distribué comme complément de l'aliment composé.
    Espèces cultivées
    Plusieurs espèces de poissons ont fait et continuent de faire l'objet d'un élevage extensif, semi-intensif ou intensif. Il s'agit de tilapias (Oreochromis niloticus introduit du Nil d'Egypte, Oreochromis aureus d'Israël et d'Egypte et Sarotherodon melanotheron du Sénégal), de Chrysichthys nigrodigitatus , de Heterotis niloticus du Cameroun et de silures (Heterobranchus longifilis , Clarias gariepinus ). Parmi ces espèces, les tilapias et particulièrement O. niloticus , restent les plus utilisés en Côte d'Ivoire.

    Des poissons d'ornement, généralement des cichlidés, sont élevés à Grand-Bassam et 95 pour cent de cette production sont exportés.

    Certaines espèces ont été introduites. Ce sont principalement le tilapia Sarotherodon melanotheron , l'Heterobranchus isopterus et la carpe herbivore chinoise Ctenopharyngodon idellus . Ces deux dernières espèces sont en cours d'étude au niveau des institutions de recherche (CRO, CNRA, Universités) en vue de leur utilisation comme poissons d'élevage. Des espèces indigènes potentiellement intéressantes comme Lates niloticus , Labeo coubie et Distichodus rostratus sont également étudiées.
    L'aquaculture des algues (la spiruline) n'en est qu'à ses débuts.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Les expériences les plus significatives en aquaculture peuvent se résumer comme suit:
    • L'élevage intensif de mâchoirons en enclos lagunaire.
    • L'élevage intensif de tilapias en cages flottantes lagunaires.
    • L'élevage semi-intensif à perspective intensive en étang en zone rurale.
    • L'élevage extensif en étang en zone rurale.
    Les premièrs deux ont été mises en œuvre en milieu périurbain, d'abord par le Projet de développement de l'aquaculture lagunaire qui a obtenu des résultats satisfaisants, tels que la mise en place de l'environnement de l'activité et de la filière de production, puis par des pisciculteurs privés. Ces deux systèmes sont pratiqués par très peu d'éleveurs, généralement en lagune, mais produisent la plus grande partie de la production étant donné la densité élevée de mise en charge.

    Les dernières deux relèvent de l'aquaculture continentale dont le projet PNUD-FAO a servi de moteur de développement. Ces systèmes concernent essentiellement le tilapia et sont les plus usités.
    Performance du secteur
    Production
    L'évolution de la production aquacole nationale (en tonnes) de 1991 à 2000 est présentée ci-dessous pour différents systèmes d'élevage.
    Systèmed'élevage1991199519961997199819992000
    Semi-intensif
    Tilapia220125450280427489457
    Silure-2535050210803
    Mâchoiron------5
    Sous total220150800330637569465
    Intensif
    Tilapia280100314520375447648
    Silure--2150508072
    Mâchoiron27015012---15
    Sous total550250328670425527735
    Production totale7704001 1281 0001 0621 0961 200
    (Source: Anonyme, 2000)

    La valeur de la production totale en 2000 (1 200 tonnes) est estimée à 1,5 milliards FCFA, soit l'équivalent de 3 millions de dollars EU (Anonyme, 2000).

    Par contre en 2002, la production aquacole nationale ne s'est élevée qu'à environ 866 tonnes (Anonyme, 2002). L'importante réduction de la production constatée entre 2000 et 2002 s'explique par la situation socio-politique du pays qui n'a pas permis de sillonner les zones de production en vue de la récolte des données.

    Il est important de souligner que les valeurs présentées sont largement sous estimées. En effet, il est très difficile à l'heure actuelle d'estimer la production piscicole avec précision, essentiellement du fait de l'insuffisance des moyens humains, financiers et logistiques mis à la disposition des services d'encadrement. Cette difficulté est également liée à l'irrégularité de la production, à la dispersion géographique des activités aquacoles et au refus de certains éleveurs de communiquer les résultats de leurs récoltes.

    La collecte des données relatives à la production aquacole se fait normalement à travers les projets régionaux ou les Services des pêches décentralisés de la Direction des productions halieutiques. L'on constate malheureusement à l'heure actuelle, qu'il n'existe pas encore de statistiques de production pouvant permettre la mise en place d'une base de données fiable.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture en Côte d'Ivoire d'après les statistiques de la FAO.
      

    Production de l'aquaculture reportée en Côte d'Ivoire (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    (Source: Statistiques de pêche de la FAO, production d'aquaculture)

    Marché et commerce
    Les produits aquacoles sont considérés comme des produits de luxe (prix au kilogramme variant de 1 200 à 2 500 FCFA soit 2,40 à 5 dollar EU) par rapport au poisson de pêche locale et d'importation. Ils ne sont donc accessibles qu'à une minorité de la population d'autant plus que le consommateur moyen est très sensible à cette différence de prix et préfère le poisson moins cher.

    En général, sur les marchés, le poisson est frais et entier. Contrairement aux poissons de pêche, les poissons d'élevage sont très rarement fumés ou séchés.

    La vente se fait essentiellement au kilogramme et en circuit court selon deux modalités:
    • Vente à la ferme de poissons vivants.
    • Vente en zone urbaine, soit sous la forme de poissons vivants en viviers, soit sous la forme de poissons réfrigérés ou congelés.
    Eu égard à la forte concurrence qui existe entre poisson de pêche artisanale et poisson de pisciculture, notamment en ce qui concerne les tilapias, les stratégies de commercialisation nécessitent d'être analysées tant au niveau des prix de vente qu'à celui de l'offre.

    Une comparaison des prix de ces deux types de poisson montre que la différence est importante. Par exemple, dans le secteur pêche, le prix moyen du tas de tilapia décroît avec la taille moyenne des poissons dans le tas. Par contre, le prix au kilogramme du poisson d'élevage croît avec l'accroissement des coûts de production. Ainsi, à la taille standard de 350 g, le prix du tilapia lacustre est plus faible que celui du tilapia d'élevage.

    En réalité, peu d'informations sont disponibles sur le fonctionnement des marchés (filières locale, nationale et d'exportation) et leurs mécanismes de régulation. Le peu d'intérêt accordé à l'évolution des caractéristiques de la consommation du poisson d'élevage reste encore aujourd'hui un grand handicap pour tous les projets. (Anonyme, 1995; 2003a).
    Contribution à l'économie
    Malgré la réduction récente de la production, la moyenne de celle-ci sur les cinq dernières années s'établit à plus de 1 000 tonnes par an. Ce qui représente approximativement un pour cent de la production halieutique nationale qui se situe entre 70 000 et 100 000 tonnes par an (Anonyme, 2003a). Comparativement à l'importance de la demande nationale annuelle qui est de 250 000 à 300 000 tonnes de produits halieutiques (15 à 20 kg/habitant/an), la production aquacole nationale reste donc très limitée.

    Quant au développement social et économique, force est de constater que malgré la présence de projets de développement dans les différentes régions du pays et l'apparition de sociétés aquacoles ces dernières années, la pratique de l'aquaculture n'est pas encore ancrée dans les habitudes de nombre d'ivoiriens et, en particulier, des exploitants agricoles qui continuent à préférer le développement des cultures de base (cacao, café, palmier à huile).

    Actuellement, l'aquaculture continentale se développe en milieu rural, contribuant ainsi à la sécurité alimentaire. Elle y est considérée comme une activité secondaire permettant aux pisciculteurs d'avoir accès à cette protéine animale qu'est le poisson dans leur alimentation et/ou à une source de revenu supplémentaire.

    L'aquaculture intensive par contre est une activité industrielle employant des techniciens compétents et des manœuvres dont le nombre varie de trois à 10 personnes.

    La mise en place des différents projets aquacoles a permis l'émergence de nouveaux acteurs dans la filière. Ces acteurs ont été motivés par les projets. Ils s'agit notamment d'aménagistes, de tâcherons ou constructeurs, de commerçants d'aliments et de gestionnaires de ferme. Les projets se sont investis dans le renforcement des capacités de ces acteurs, ce qui a favorisé l'émergence d'une professionnalisation du secteur. Cette transformation, à terme, devrait permettre de faire de l'aquaculture une activité économiquement rentable comme toute autre spéculation agricole.

    Actuellement, trois femmes seulement pratiquent l'aquaculture comme activité économiquement rentable alors qu'en général, elles se limitent à soutenir leurs maris qui en sont propriétaires. Plusieurs femmes contribuent aussi à l'encadrement de pisciculteurs.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    La gestion de l'aquaculture relève du Ministère de la production animale et des ressources halieutiques (MIPARH) à travers sa Direction des productions halieutiques (DPH) et plus précisément la Sous-Direction de l'aquaculture (SDA).

    Cette dernière a pour mission de:
    • Coordonner l'ensemble des actions publiques et privées tendant à l'amélioration qualitative et à l'intensification des productions aquacoles.
    • Participer à la réglementation en matière d'aquaculture et en suivre l'application.
    • Promouvoir la gestion durable des ressources aquacoles.
    • Organiser et suivre la gestion des ressources aquacoles.
    • Participer à la conception de programmes aquacoles de développement.
    • Organiser la mise en œuvre de ces programmes de développement.
    • Promouvoir et contrôler les activités aquacoles.
    • Participer à la promotion, à la réglementation et au contrôle de la transformation des produits aquacoles.
    • Assurer la conservation des ressources zoo-génétiques.
    • Faire le contrôle des ressources zoo-génétiques à l'importation et à l'exportation.
    • Protéger la biologie et l'écologie des espèces aquacoles.
    • Veiller à l'approvisionnement régulier du marché en produits aquacoles.
    • Identifier les thèmes de recherche et participer aux travaux en liaison avec la recherche scientifique.
    • Promouvoir les infrastructures de commercialisation et de transformation des produits aquacoles.
    En appui au MIPARH, le Ministère de la recherche scientifique et le Ministère de l'environnement s'occupent respectivement du suivi biologique de l'exploitation des ressources halieutiques à travers les centres de recherche et des aspects environnementaux au cours des différents projets de développement aquacole.
    Règlements en vigueur
    L'aquaculture ne fait l'objet d'aucun cadre juridique spécifique. Toutefois, certains textes juridiques régissant d'autres domaines d'activité font référence à l'aquaculture de façon accessoire, comme par exemple:
    • La loi no 96-766 du 3 octobre (code de l'environnement).
    • Le code foncier rural.
    • La loi no 98 (code de l'eau).
    • Le décret no 2003 du 3 juillet 2003 (organisation du MIPARH).
    • La loi no 93-312 de 1993 (fixation des conditions d'exercice de professions touchant la commercialisation des denrées animales et d'origine animales).
    Le Ministère de la production animale et des ressources halieutiques est chargé de faire respecter les règles applicables à l'aquaculture.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Le développement de l'aquaculture repose sur les acquis des recherches menées dans les laboratoires de recherche et les stations aquacoles de recherche/développement dont les programmes sont généralement choisis et définis en fonction des problématiques posées au niveau du développement.

    Les institutions non gouvernementales et les pisciculteurs communiquent leurs contraintes aux différentes structures d'encadrement du MIPARH. En collaboration avec les institutions de recherche, celui-ci définit des programmes de recherche/développement afin de palier à ces problèmes. Pour l'instant, ce sont les institutions gouvernementales qui soutiennent financièrement ces recherches.

    Les différentes structures de recherche intervenant dans le domaine de l'aquaculture sont:
    • Le Centre de recherche océanologique (CRO).
    • Le Centre national de recherche agronomique (CNRA).
    • Des universités.
    • Une organisation non gouvernementale, l'Association pisciculture et développement rural en Afrique tropicale humide-Côte d'Ivoire (APDRA-CI).
    La recherche participative en stations d'Etat et en exploitations aquacoles est généralement pratiquée par des projets nationaux, en collaboration avec les structures de recherche. Parmi ces dernières, à l'instar des écoles affectées à la formation aquacole, certaines dispensent des enseignements et délivrent même des diplômes, comme indiqué dans les tableaux ci-après.

    Institutions de recherche aquacoleDiplômes délivrés
    Centre national de recherche agronomiqueNéant
    Centre de recherche océanologiqueNéant
    Université d'Abobo-AdjaméDUT, maîtrises et DEA en aquaculture
    Université de CocodyMaîtrise et DEA en hydrobiologie
    Institut national polytechnique Félix Houphouêt Boigny (Yamoussoukro)Ingénieur des techniques agricoles et Ingénieur agronome


    Ecoles de formation en aquacultureDiplômes délivrés
    Ecole de spécialisation en pisciculture et pêche continentale (Tiébissou)BT et BTS Pisciculture
    Centre des métiers de pêche de Grand-LahouBTS Pisciculture
    Ecole d'agriculture d'AdzopéBTS Pisciculture


    Contrairement aux aspects bio-technologiques, très peu d'attention a été jusqu'à présent accordée aux aspects socio-économiques de l'aquaculture (Koffi, 1992; 2000a; 2000b; Koffi et al ., 1996) et à la commercialisation des produits aquacoles (Weigel, 1989). De même, en raison de l'impact négligeable de l'aquaculture sur l'économie du pays, très peu d'études de marchés et des groupes cibles ont été effectuées.
    Tendances, questions et développement
    Dans le passé, seul le projet PNUD-FAO a eu pour mission de développer la pisciculture en eau douce au niveau national. L'espèce cible était le tilapia du Nil. Ensuite, la mise en œuvre du projet d'aquaculture lagunaire a permis de vulgariser l'élevage du mâchoiron et du tilapia bleu et de démarrer l'élevage du silure. A ce jour, l'essentiel de la production aquacole continentale est constitué par O. niloticus tandis que la production de l'aquaculture lagunaire est dominée par O. aureus et O. niloticus . Depuis 1998, les tilapias contribuent pour 99 pour cent à la production aquacole nationale et ce, malgré la non-pratique des méthodes d'inversion de sexe.

    La production de mâchoiron a été pratiquement nulle de 1999 à 2003, suite au développement de bloom alguaux qui ont décimé les populations en élevage dans la zone lagunaire concernée. Ce n'est qu'en 2004 que cette production a très timidement redémarré. Parallèlement, la production de silures (H. longifilis et H. isopterus ) continue de stagner autour de 10 pour cent. Les siluriformes ont des coûts de production élevés à cause des difficultés rencontrées pour leur reproduction et leur élevage larvaire en écloserie, en plus des coûts élevés des installations lagunaires nécessaires.

    Les principales contraintes à la production aquacole sont l'encadrement technique insuffisant en quantité et en qualité, l'absence de crédit d'installation ou de fonctionnement, l'importance du coût de l'investissement initial requis et la mauvaise organisation du secteur ce qui, entre autre, rend la commercialisation du poisson difficile.

    En plus, l'absence de rigueur dans la gestion technique et financière, la fragilité de la trésorerie, l'absence de recours officiel en cas de conflit, l'instabilité chronique des gestionnaires et des directeurs techniques, ainsi que la faible disponibilité et le coût élevé des intrants (alevins en particulier) caractérisent désormais les exploitations piscicoles de type commercial.

    Néanmoins, ces contraintes devraient être mieux prises en compte par la nouvelle politique en vigueur. L'Etat a procédé à une réorientation de sa stratégie de développement de l'aquaculture en créant une série de projets régionaux en vue d'une meilleure implantation de l'activité sur toute l'étendue du territoire national. A l'horizon 2000-2010, l'objectif de production est:
    • Production nationale de 10 000 tonnes de tilapias, de mâchoiron et d'espèces associées sur 2 000 ha (500 ha d'étangs industriels/artisanaux et 1 500 ha de piscicultures familiales), pour une valeur de cinq milliards FCFA pour les tilapias seulement.
    • Production partielle de 3 000 tonnes de mâchoiron sur 100 ha pour une valeur de 2,7 milliards FCFA.
    • Production de 6 000 tonnes de crevettes pour une valeur de 15 milliards FCFA.
    Références
    Bibliographie
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    Koffi, C. 2000 a. Aspects économiques de l'exploitation des ressources halieutiques des petits barrages du nord de la Côte d'Ivoire. Agronomie Africaine, (XII): 33-49.
    Koffi, C. 2000 b. Perspectives de débouchés pour le poisson de pisciculture (Oreochromis niloticus) au centre-ouest de la Côte d'Ivoire. Agronomie Africaine, (XII): 81-90.
    Koffi, C. , Oswald, M. et Lazard, J. 1996 . Développement rural de la pisciculture en Afrique: comment passer du mythe à la réalité. Pp 556-566 In Pullin, R.S.V. et al. (éds). Le troisième symposium international sur le tilapia en aquaculture. ICLARM Conf. Proc. (41).
    Mace, Ph.2000 . Exporter en Côte d'Ivoire. Tome 1: Etat et structure de la population. Vingt et unième conférence régionale pour l'Afrique, Yaoundé (Cameroun), 21-25 février 2000. Volume IV: Analyses des résultats. Ed. CFCE. 244 pp.
    Weigel, J.Y. 1989 . La commercialisation du poisson en pays lagunaire ivoirien. Paris, Ed. ORSTOM, Etudes et Thèses. 138 pp.
    Liens utiles
     
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