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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’aquaculture marine est le principal type d'aquaculture entreprise en Chypre. Les perspectives pour l’expansion de cette aquaculture sont considérées prometteuses. La mariculture est actuellement pratiquée en cages en mer ouverte exclusivement sur les côtes sud du pays. En 2004 les principales espèces marines commercialement cultivées étaient la dorade royale (Sparus aurata), le bar européen (Dicentrachus labrax), et le thon rouge du Nord (Thunnus thynnus). La production totale de dorades, bars et thons rouges en pourcentages était de 39, 20 et 39 pour cent, respectivement. Les espèces suivantes sont également produites en faibles quantités (2 pour cent): le sar à museau pointu (Diplodus puntazzo), l'ombrine côtière (Umbrina cirrosa), la dorade japonaise (Pagrus major), le pagre rouge (Pagrus pagrus), et la crevette blanche des indes (Penaeus indicus). La production des poissons marins et des alevins a connu une tendance à l'augmentation au cours des dernières années.
    Il existe aussi une production des poissons d'eau douce et l'unique poisson d'eau douce cultivé sur une base commerciale est la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss). La production de la truite a été stable durant ces dernières années, mais elle est directement influencée par les changements climatiques tels que la sécheresse qui peut avoir un impact sur la disponibilité de l'eau et par conséquent sur la production.

    Le secteur de la mariculture emploie un personnel scientifique qualifié ainsi que du personnel technique avec différentes spécialités, tandis que les fermes de truite emploient du personnel avec des connaissances techniques minimes. La truiticulture, en même temps que les restaurants locaux de truite contribue aux offres d'emploi dans les régions montagneuses et rurales.

    En termes de volume, l'aquaculture représente environ 70 pour cent de la production de la pêche en Chypre. En termes de valeur, elle excède 70 pour cent. Elle fournit également une partie importante des poissons et des produits de la pêche consommés en Chypre. Des 18 kilogrammes de poissons et des produits de la pêche consommés annuellement par personne, les produits aquacoles constituent 2,5 kilogrammes.

    L'expansion et la diversification des produits des fermes d’eaux marine et douce constituent une priorité pour la viabilité future du secteur. L'intérêt est concentré sur les exportations car le marché intérieur ne peut pas absorber toute la production locale. Une stratégie globale pour le secteur de la pêche visant une série d'objectifs stratégiques pour le secteur aquacole, a été élaborée. Vu que la production de la pêche diminue, et la demande de certains produits traditionnels de la pêche augmente, le secteur aquacole se fixe l’objectif d’augmenter la production par l’introduction de nouvelles espèces ainsi que par la diversification, aussi par la transformation et le traitement de la gamme des produits disponibles sur le marché.
    Historique et aperçu général
    L'aquaculture en Chypre a commencé en 1969 avec des essais de truiticulture dans la chaîne des montagnes de Troodos. La station expérimentale de la pêche et de l'aquaculture d'eau douce sous la tutelle du Département de la pêche et de la recherche marine (DFMR) a été construite à Kalopanayiotis et a servi auparavant comme station de recherches pilotes. Trois ans après, les premières fermes commerciales privées de truite sont devenues opérationnelles. Aujourd'hui la truite est souvent cultivée dans les raceways avec des systèmes de circulation ainsi que dans les cages situées dans des réservoirs d'irrigation.

    Les premiers essais aquacoles dans les eaux marines ont été réalisés en 1972 quand la construction d'une station de recherche marine a été lancée par le DFMR à Gastria, sur la côte est de Chypre, environ à 15 km au nord-est de Famagusta. En 1974 le gouvernement n'a plus accès à la station. Les travaux de recherche en aquaculture marine ont continué de 1978-1989 dans le port de Paphos où le DFMR gérait, avec succès, une écloserie de reproduction expérimentale des poissons marins, principalement le bar européen, la dorade royale, le sar commun (Diplodus sargus) et le sigan marbré (Siganus rivulatus). Le stock des reproducteurs était élevé dans de petites cages dans la zone du port. Une nouvelle station expérimentale d'aquaculture marine à Meneou, près de l'aéroport de Larnaka, a été établie par le DFMR en 1989 et toutes les activités de recherche en matière d'aquaculture marine ont été reprises là-bas. La station compte une écloserie, une petite unité de grossissement et un certain nombre de cages flottantes.

    La première écloserie de poissons marins, commerciale privée a commencé en 1986, produisant les fingerlings de dorade royale et de bar européen. La première unité d'engraissement de poissons marins, dans des installations côtières sur terre, a débuté ses activités en 1988 produisant la dorade royale et le bar européen, tandis que la première ferme commerciale de cages en mer ouverte était créée en 1989. En 1997, un total de huit fermes de cages en mer ouverte étaient opérationnelles sur la côte sud de l'île. En 2004 il y avait quatre écloseries de poissons marins, privées, opérationnelles, une écloserie/ferme de crevettes sur terre et six fermes privées de cages en mer ouverte. Afin de diversifier, une licence d'engraissement du thon rouge du Nord a été délivrée en 2003. Cette ferme est toujours opérationnelle. En 2004, il y avait également six petites fermes de truite et deux petites fermes qui produisaient des poissons ornementaux d'eau douce.

    En 2004, la production totale de l'aquaculture a atteint 3 500 tonnes de poissons de taille marchande comprenant 15 tonnes de crevette et 91 tonnes de truite. En outre, 16,5 millions d'alevins de poissons marins ont été produits. La valeur totale des produits de l'aquaculture en 2004 a atteint £18 million CY (36 millions de dollar EU) (Rapport annuel d'aquaculture, 2004).
    Ressources humaines
    Les postes d'emploi général dans le secteur aquacole en 2004 comptaient 206 postes (78 hommes et 28 femmes). La majorité était employée dans le secteur aquacole marin (179) et quelques uns dans le secteur aquacole d'eau douce (27). L'emploi inclut l'emploi à plein temps et à temps partiel et couvre la production, l'administration et la mise sur le marché.

    L'aquaculture marine fait travailler du personnel scientifique qualifié qui a achevé des études pertinentes dans les établissements éducatifs tertiaires, ainsi que du personnel technique avec des qualifications techniques diverses. Les fermes de truite embauchent un nombre limité d'individus avec des connaissances techniques d’ordre général et sont souvent gérées en tant que petites entreprises familiales. Deux des six fermes de truite fonctionnent en collaboration avec les restaurants adjacents. La truiticulture crée des emplois dans les régions montagneuses et rurales. On estime que le secteur aquacole fournit, également, de l'emploi indirect pour plus de 200 personnes dans les activités auxiliaires.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Actuellement, six fermes de cages en mer ouverte, privées, sont opérationnelles. Deux d'entre elles sont situées à Limassol, trois dans la région de Zygi (à l'est de Limassol) et une à Liopetri (à l'est de Larnaca). Quatre écloseries de poissons marins, privées, sont également en fonction: deux sont situées à Limassol, une à Paphos et une à Liopetri. Les six petites fermes de truite sont situées dans la chaîne des montagnes Troodos et l'écloserie/ferme de crevettes est située à Akrotiri (à l'ouest de Limassol). Toutes les exploitations piscicoles sont situées sur la côte sud de l'île.

    Espèces cultivées
    Les principales espèces de poissons marins cultivés ou engraissés sur une base commerciale sont la dorade royale (Sparus aurata), le bar européen (Dicentrarchus labrax), et le thon rouge du Nord (Thunnus thynnus thynnus). En 2004 la production totale de ces espèces en pourcentages était de 39, 20 et 39 pour cent, respectivement. Concernant la dorade royale et le bar européen, le rapport de production était de 66 et 33 pour cent, respectivement. La production de l'engraissement du thon (qui utilise le poisson capturé) a atteint 39 pour cent de la production totale de l'aquaculture. Les espèces suivantes sont aussi produites en faible quantité: le sar à museau pointu (Diplodus puntazzo), l'ombrine côtière (Umbrina cirrosa), la dorade japonaise (Pagrus major), le pagre rouge (Pagrus pagrus), et la crevette blanche des indes (Penaeus indicus). La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) est l’unique espèce d'eau douce cultivée sur une base commerciale pour la consommation humaine. Il existe également deux petites fermes de poissons ornementaux d'eau douce (des Koï carpes et des variétés de poissons d'or).
    La plupart des espèces cultivées sont indigènes de la mer méditerranéenne excepté la dorade japonaise, qui a été également mise en élevage pendant quelques années dans d'autres pays méditerranéens, le sigan marbré (Siganus rivulatus) et la crevette indienne qui sont des migrateurs, ce qui veut dire qu'elles sont arrivées à la mer méditerranéenne par le canal de Suez. Chypre ne dispose d’aucune espèce endémique d'eau douce, excepté l'anguille européenne (Anguilla anguilla) et ce, à cause de ses ressources d'eau douce limitées. Après la construction des barrages et des réservoirs toutes les espèces d'eau douce, y compris celles mises en élevage, ont été introduites au cours des années 60 et sont depuis lors présentes sur l'île.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Les unités de grossissement des poissons marins optent pour les systèmes intensifs avec des cages en mer ouverte. Elles sont situées à une distance de 1-3 kilomètres du rivage à des profondeurs d'eau variant entre 20 et 45 mètres et à 3 kilomètres de distance. Les principales raisons qui ont poussé à adopter cette méthode d'élevage sont la forte concurrence pour l'utilisation des zones côtières et, en premier lieu, le fait que ce système est considéré comme ayant le moindre impact sur l'environnement et procure les meilleures conditions possibles pour les poissons en termes de bien-être. Le manque de baies fermées et les conditions de mer ouverte, caractérisées principalement par les courants forts et la grande profondeur, contribuent à une meilleure dispersion des aliments libérés au cours du grossissement. L'impact est limité au fond des cages et il l’est encore plus à 50-100 mètres des fermes. Presque tous les types des cages existantes, utilisées en mer ouverte sont utilisés par le secteur privé et les fermes utilisent progressivement des systèmes mécanisés pour l'alimentation et la récolte. Elles adoptent aussi, la nouvelle technologie des cages dans le but de réduire les coûts de production et de devenir plus efficaces et concurrentielles à l'échelle nationale et internationale.

    Les écloseries des poissons marins suivent un système intensif dans les régions côtières. Au cours des dernières années elles ont connu un développement technique. L'évolution technologique résulte, principalement, en l'amélioration de l'efficacité aussi bien qu'en une augmentation de la production et de la qualité des alevins, ce qui mène à des économies de grande échelle rendant de ce fait les écloseries plus compétitives. Les écloseries emploient un système à flux continu. L'eau utilisée est pompée dans l'unité des puits côtiers. Les eaux effluentes passent par les étangs de filtration et de sédimentation avant d'être libérées de nouveau dans la mer.

    Les truites sont produites dans les systèmes intensifs sur terre (raceways) ainsi que de façon saisonnière dans des cages situées dans les barrages. Les fermes de truite utilisent, également, un système à flux continuen utilisant les eaux souterraines ou les eaux qui viennent directement des fleuves ou des réservoirs. L'eau passe par la filtration et par les étangs ou les bassins de sédimentation avant d'être libérée de nouveau dans l'environnement.

    La ferme de crevettes est unique dans son genre dans la Méditerranée en termes de biotechnologie qu'elle a développée. Les crevettes sont produites dans un système basé sur terre en utilisant les étangs de terre à revêtement. Le mode de fonctionnement de l'écloserie est similaire à celui des autres écloseries marines.
    Performance du secteur
    Production
    En 2004, la production des poissons a atteint 3 500 tonnes. Elle est constituée principalement de 2 054 tonnes de dorade royale et de bar européen et 1 370 tonnes de thon rouge du Nord engraissé. On estime que 250 tonnes, environ 20 pour cent de la production de thon rouge, proviennent de l'engraissement, attribuable ainsi, à la production de l'aquaculture. Le reste (1 120 tonnes) représente le poids des poissons capturés dans la nature, imputable ainsi à la pêche. Il y a 91 tonnes de truites et 15 tonnes de crevettes qui ont été produites, en plus de 16,5 millions d'alevins de poissons marins, dont un grand nombre a été exporté. La valeur totale des produits aquacoles en 2004 a atteint 18 million £CY (36 millions de dollars EU) (voir tableau 1).

    Table 1. Aquaculture production by species for 2004 (table size fish and fry).
    EspècesTaille (tonne)Valeur (£CY)Valeur ($EU)Alevin de poisson/larve de crevette No.Valeur (£CP)Valeur ($EU)
    Dorade1 356,04 265 5008 531 0008 457 800817 8411 635 682
    Bar698,02 471 2004 942 4007 498 000735 7601 471 520
    Crevette indienne15,2106 400212 800800 000(1)(1)
    Truite91,0299 884599 768500 000 (2)9 66019 320
    Thon rouge1 370,09 545 50019 091 000   
    TOTAL3 530,216 688 48433 376 96817 193 8001 563 2613 126 522
    (1) Les larves de crevette produites sont utilisées pour l'engraissement dans la même ferme.
    (2) De 500 000 environ 62 000 fingerlings ont été relâchés par DFMR dans la nature (réservoirs d’irrigation /barrages) pour des raisons de recréation.

    (source: Rapport Annuel d'aquaculture, 2004)

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Chypre (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Chypre (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Plus de 80 pour cent de la vente locale de la production aquacole marine est effectuée par le réseau traditionnel des producteurs – pêcheurs détaillants. L'intermédiaire maximise le bénéfice auxdépens du consommateur et du producteur. Bien que les prix des produits cultivés soient inférieurs aux prix du spécimen capturé, on augmente le prix de détail ce qui a des effets négatifs sur leur consommation.

    La petite taille des fermes des poissons marins à Chypre résulte en des coûts de production relativement élevés. Le manque d'économies importantes les rend moins compétitives à l'échelle internationale et locale probablement. L'intégration verticale des unités d'élevage des poissons marins s'est produite récemment. En outre, l'achat et l'évolution continus des magasins de vente en détail des poissons par des compagnies piscicoles peut contribuer à une meilleure commercialisation ainsi qu'à l'augmentation de la quantité des produits de l'aquaculture localement vendus. Au cours des 3-4 dernières années, le marché local de la dorade royale, en particulier, mais également du bar européen, a considérablement augmenté.

    En 2004, la grande quantité de la dorade royale et du bar européen de taille marchande provenant de l'aquaculture marine a été consommée localement et 35 pour cent, seulement, de la production a été exporté. Les principaux pays d'exportation sont les États-Unis, la Russie, Israël, l'Union Européenne (UE) et plusieurs pays de l'Europe Centrale et de l'Europe de l'Est. La production entière du thon rouge du Nord a été exportée vers le Japon. En 2004 l'exportation totale des poissons de taille marchande était de 2 100 tonnes évaluée à 12 million £CY (24 millions de dollar EU) (Rapport annuel de l'aquaculture, 2004).

    L'exportation des alevins des écloseries Chypriotes a augmenté au cours des 3 dernières années, après une petite période de déclin. Les principaux pays d'exportation sont la Grèce et Israël. Leur préférence pour les alevins de poissons chypriotes est due à leurs bonnes qualités et condition sanitaire. Les exportations totales des alevins de poissons marins en 2004 ont atteint 7,5 millions d'alevins d'une valeur de 756 000 £CY (1,512 million de dollar EU).

    La majeure partie de la truite produite, fraîche ou fumée, est commercialisée directement par les fermiers ou en association avec les restaurants. Le coût de la production est élevé à cause de la faible production des fermes, ce qui a mené à des prix de vente élevés, comparés aux prix dans d'autres pays européens.

    Au cours de l’année 2004 toutes les fermes ont été obligées d'ajuster leurs systèmes de récolte, d'emballage et de distribution selon les directives d'hygiène de l'Union Européenne, en construisant des unités convenables, de haute technologie d'emballage, de traitement et de vente.
    Contribution à l'économie
    La pêche est une activité importante en Chypre, malgré le fait que sa contribution à la production nationale brute (PNB) est relativement faible: elle n'excède pas 0,3 pour cent. Actuellement, l'aquaculture représente environ 70 pour cent de la production totale en volume, et plus de 70 pour cent en valeur. Environ 1 400 individus sont directement impliqués dans le secteur de la pêche comme pêcheurs ou aquaculteurs, ou dans le sous-secteur de transformation du poisson. A peu près 1 000 individus sont indirectement employés dans des professions auxiliaires telles que la construction des bateaux, les détaillants de poissons, l'entretien technique et l'importation des engins et des équipements de pêche.

    Les sociétés aquacoles gèrent leurs propres unités de traitement et d'emballage agrées par le gouvernement et se conforment aux règlements et aux directives appliquées dans l'UE. Chypre, vu sa taille, a le potentiel d'offrir au consommateur dans des périodes très courtes des produits de haute qualité. Elle peut fournir aux consommateurs plus de produits de pêche à des bas prix, les rendant, de ce fait, accessibles à un plus grand nombre de familles. La contribution du sous-secteur aquacole à l'économie du pays a augmenté considérablement pendant la dernière décennie. L'aquaculture marine a connu une croissance rapide grâce aux ventes de ses produits localement et à l'étranger. L'investissement dans ce secteur est susceptible d'augmenter, assurant de ce fait l’adoption croissante des nouvelles conditions de marché qui vont régner après l'accession de Chypre à l'Union Européenne. On s'attend à ce que l'investissement concerne principalement l'aquaculture marine qui a les meilleures perspectives pour son développement.

    En 2004, en raison de la valeur totale des produits aquacoles exportés, la balance commerciale des produits de la pêche s'est améliorée d'un point négatif pour atteindre le chiffre zéro. Ce résultat reflète et souligne l'importance de l'aquaculture dans l'économie de ce pays.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L'aquaculture en Chypre est réglementée par le Ministère de l'agriculture, de l'environnement et des ressources naturelles, par le Département de la pêche et de la recherche marine (DFMR) qui compte actuellement un personnel de 65 personnes. Le DFMR a son siège social à Nicosia et cinq unités de district situées dans les cinq régions côtières de Paphos, Limassol, Larnaca, Paralimni, et Latsi. Il existe aussi deux centres de recherche à Meneou et Kalopanayiotis spécialisés dans la recherche et le développement de l'aquaculture marine et d'eau douce, respectivement. Les laboratoires du DFMR mènent à bien des travaux de recherche dans la biologie des poissons, l'écologie marine, la concentration des contaminants dans les organismes marins, l'analyse de l'eau de mer, etc.

    Les travaux de terrain ainsi que les possibilités de surveillance et d'inspection du DFMR sont assurées par quatre navires bien équipés: Triton 15 m, Gorgo 13 m, Alkyoni 12 m et Amphitrite 12 m.

    Le DFMR se compose de cinq divisions:
    • La Division des ressources marines (stratégies, recherche et développement), responsable de:
      -La recherche et la gestion des ressources de la pêche.
      -La coopération internationale et avec l'Union Européenne.
      -L'utilisation durable des ressources halieutiques.
    • La Division de recherche et de développement de l'aquaculture, responsable de:
      -L'aquaculture marine.
      -La gestion de l'aquaculture d'eau douce et continentale.
      -La recherche en matière d'aquaculture.
      -L'application et la gestion du fond structurel de la pêche.
    • La Division de recherche en ce qui concerne l'environnement marin, responsable de:
      -La pollution (services marins).
      -La biologie et l'écologie marines.
    • La Division d'appui et des services, responsable de:
      -La construction des abris pour la pêche.
    • La Division de contrôle, responsable de:
      -La surveillance.
      -Le Centre de VMS (système de contrôle des navires).
      -L'immatriculation des bateaux de pêche.
    Le DFMR est chargé du développement et de la gestion durable de la pêche dans les eaux marines et continentales et de la protection de l'environnement aquatique ainsi que de toutes les activités de recherche appliquée. Il assure l'application des mesures saines de gestion et contrôle l'exploitation de ses ressources de pêche et de l'environnement marin en veillant à la mise en vigueur de la législation se rapportant à la pêche et à l'aquaculture.

    Jusqu'à 2004 les principales activités du DFMR se concentraient sur la mise en conformité de la pêche et de l'aquaculture à la législation de l'UE en vue de l'accession à l'Union Européenne. L'Instrument financier pour l'orientation des pêches (FIFG) de l'UE a été utilisé pour la planification et la gestion. De l'aide financière et technique a été aussi, octroyée aux aquaculteurs dans le cadre de la politique commune de la pêche de l'UE (PCP). Il y a deux mesures spécifiques incluses dans le document unique de programmation de Chypre (SPD) concernant l'industrie aquacole pour la promouvoir et la soutenir davantage sont: (1) le développement de l'aquaculture, et (2) le développement du secteur du traitement et de la mise sur le marché des produits de la pêche et de l'aquaculture. La première mesure vise le développement durable et équilibré de l'aquaculture, principalement dans les zones côtières, mais aussi dans les régions montagneuses afin d'optimiser sa contribution à la production nationale de la pêche selon les besoins du marché.

    La première série de mesures vise l’aide des fermes existantes pour augmenter la production par la modernisation des unités et de l'équipement et la création de nouvelles fermes. Le deuxième ensemble de mesures vise à améliorer l'approvisionnement du marché en produits et l'exploitation des produits de la pêche et de l'aquaculture. Ceci sera réalisé par le biais de:
    • La promotion et l'encouragement des investissements dans la vente et le traitement.
    • L'application des normes appropriées de l'UE.
    • La valorisation des produits de l'aquaculture et de la pêche pour les marchés locaux et l'exportation.
    • L'adoption et l'exécution de la technologie moderne.
    • La haute productivité et compétitivité des unités de traitement, de vente et de distribution.
    • La surveillance régulière de la production/vente.
    Règlements en vigueur
    Des lois et des règlements stricts contrôlent l'octroi des permis et la gestion de toutes les exploitations piscicoles. Tout permis est accordé après la soumission et l'approbation d'une étude rigoureuse d'évaluation d'impacts sur l'environnement. Les fermes marines sont encore obligées, par la loi, de soumettre un rapport semestriel (hiver et été) de contrôle de l'environnement. Une telle surveillance est effectuée conformément aux directives publiées par le DFMR et inclut le prélèvement et les analyses de la colonne d'eau et des macro-benthos de plusieurs stations à des distances fixes des fermes. La surveillance est assurée par des scientifiques ou des compagnies indépendantes agréées par le DFMR.

    Les principaux règlements régissant l'aquaculture sont les suivants:
    • La Loi de 2000 sur l'aquaculture, modifiée en 2002.
    • Les Règlements de 2002 (dispositions générales) sur l'aquaculture, modifiés en 2003.
    • La Loi et les règlements de contrôle de la pêche, modifiés en 2005.
    • La Loi 57(I) de 2001 concernant les impacts sur l'environnement qui exige une étude obligatoire de l'évaluation d'impacts sur l'environnement pour les projets aquacoles avant l'émission de tout permis.
    • Les Lois, relatives à l'identification des organisations des producteurs dans le secteur de la pêche.
    • Les Lois et règlements fixant les règles sanitaires régissant la production et la mise sur le marché des produits de la pêche, y compris la Directive 91/492/CEE du Conseil.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Le DFMR gère deux centres de recherche, l’un situé à Meneou (près de Larnaca) pour l'aquaculture marine et l’autre à Kalopanayiotis (dans les montagnes de Troodos) pour l'aquaculture d'eau douce. La station de Meneou s’occupe de la recherche et de la diversification marine de l'aquaculture. Les principales espèces actuellement mises en élevage expérimental sont le pagre rouge (Pagrus pagrus), le denté commun (Dentex dentex), l'ombrine côtière (Umbrina cirrosa), le sar à museau pointu (Diplodus puntazzo), le sigan marbré (Siganus rivulatus), le pageot commun (Pagellus erythrinus), et le ricciole (Seriola dumerilii). Les travaux de recherche se sont concentrés sur la reproduction et l'élevage larvaire ainsi que sur l'élevage intensif, la gestion du stock de reproduction, l'amélioration génétique, etc. La recherche sur la diversification de la technologie se rapporte principalement à l'élevage en cages en mer ouverte et à la technologie de système de recyclage fermé. Des travaux de recherche au sujet de l'impact de l'élevage en cages sur l'environnement marin sont également en cours.

    La station de Kalopanayiotis fonctionne principalement comme une écloserie de poissons pour l'approvisionnement, en fingerlings de truite, des exploitations piscicoles privées. Elle effectue de la recherche limitée essentiellement à de nouvelles espèces telles que l'esturgeon sibérien (Acipenser baeri). Elle est aussi exploitée pour la collection ou la production de certaines autres espèces d'eau douce pour l'empoissonnement des cours d'eaux pour la pêche récréative.

    Certaines fermes privées des poissons marins coopèrent également avec le DFMR sur des programmes d'amélioration génétique (reproduction sélective) en vue d'améliorer la performance des fingerlings en termes de taux de survie et de croissance.
    Tendances, questions et développement
    Durant ces dix dernières années, la politique de l'aquaculture s'est concentrée sur le développement durable, la production élevée et la diversification des espèces en élevage. Le développement durable du secteur et la diversification de la production à partir des fermes d'eau marine et d'eau douce constituent toujours une priorité. La réalisation des économies d'échelle baissera les coûts de production, toutefois une grande partie de la production devra être exportée puisque le marché local n'est pas en mesure d'absorber toute la production. Les espèces actuellement mises en élevage ne vont pas probablement assurer la durabilité du secteur. Il faut développer et diversifier encore plus les espèces pour assurer la viabilité à long terme du secteur.

    Une augmentation progressive dans la consommation des poissons, en particulier les poissons frais, est prévue en Chypre grâce à l'amélioration du mode de vie, et la conscience des valeurs nutritionnelles et sanitaires des poissons. Les campagnes de vente contribueront certainement à la croissance du marché local et une augmentation de consommation peut être réalisée si les produits de la pêche de haute qualité atteignent le consommateur à des prix accessibles. Le prix des poissons marins cultivés, quoiqu'il montre une tendance vers la baisse, demeure haut pour les producteurs. Certains consommateurs ont toujours des réservations sur la consommation des poissons cultivés liées, en particulier, à l'hygiène et à la qualité du produit, mais cela est dû principalement au manque d'information et de bonne stratégie de commercialisation.
    L'élargissement du marché local a été activé par la participation des principaux supermarchés dans le système traditionnel de commercialisation, par lequel les produits de la pêche deviennent plus facilement accessibles aux ménages. L'emballage et la vente sont de plus en plus effectués dans des locaux avec de rigoureuses spécifications conformes aux directives appliquées dans l'UE. On s'attend à ce que la diversification des produits de la pêche par l'aquaculture ait un impact salutaire sur la consommation.

    L'importation des produits de la pêche en conserve ou traités a augmenté de 130 pour cent entre 1988-1998. En général, les consommateurs ont développé une préférence remarquable pour les préemballés (produits prêt-à-manger). Ce développement est dû au plus grand rôle des supermarchés dans la distribution des produits de la pêche (y compris ceux de l'aquaculture).

    Une stratégie globale pour le secteur de la pêche, comme envisagé dans le Plan de développement stratégique 2004-2006, vise à atteindre une industrie de la pêche commerciale et de l'aquaculture concurrentielle et durable, capable d'offrir aux consommateurs des produits de haute qualité, de satisfaire les demandes du marché et de faire face, avec succès, au défi européen et à la plus grande compétition internationale. Le principal objectif du plan est le développement durable de l'aquaculture dans les zones côtières et dans les régions montagneuses afin d'optimiser sa contribution à la production nationale de la pêche. Vu les besoins du secteur aquacole, les principaux besoins stratégiques identifiés sont:
    • La modernisation des entreprises d'élevage en ce qui concerne la technologie, l'organisation et la mise sur le marché.
    • L'incitation à la compétitivité dans le domaine aquacole et l'amélioration de la productivité et de la qualité du produit.
    • La réalisation d'un développement durable tenant compte de l'environnement et des issues socio-économiques.
    • La création de nouvelles offres d'emploi dans les domaines de la recherche et des technologies.
    Certaines actions qu’il faut pour mettre en application la stratégie sont:
    • L'application du cadre législatif se rapportant au secteur (y compris l'étude des impacts sur l'environnement et le système de contrôle de l'environnement applicables aux exploitations piscicoles déjà existantes et celles nouvellement créées).
    • L'amélioration du cadre pour le contrôle sanitaire des poissons en élevage et l'hygiène des produits aquacoles par l'adoption des systèmes de contrôle et des normes de qualité.
    • Le repérage des activités d'élevage et l'intégration de l'aquaculture dans les plans de gestion des zones côtières.
    • La surveillance de la production et de la commercialisation par la création de bases de données fiables.
    • La veille à la conformité au Code de conduite, de la FAO, pour une pêche responsable (CCPR).
    • La modernisation des technologies de production, de traitement et d'information.

    Chypre est principalement une destination touristique, de ce fait elle est très consciente de toutes les contraintes environnementales. Ainsi, la politique de l'État s'est concentrée sur le développement progressif (approche de précaution) de l'aquaculture et de l'utilisation des cages d'élevage en mer ouverte. L'élevage de nouvelles espèces à des niveaux inférieurs de la chaîne alimentaire a été également identifié comme une priorité. Un cadre juridique strict comprenant le contrôle de l'environnement a été imposé afin d'étudier les incidences des exploitations piscicoles sur l'environnement. L’obtention des permis pour élargir ou établir une nouvelle exploitation piscicole exige une étude d'évaluation de l'impact sur l'environnement (Loi 57(I) 2001). En outre, l’ensemble de la législation, liée à l'environnement, concernant le secteur a été ajusté avec la législation de l'UE.
    Références
    Bibliographie
    Single Programme Document for Fisheries (SPD). 2004-2006 . Planning Bureau, Republic of Cyprus
    Programme Complement for Fisheries. 2004-2006 . Planning Bureau, Republic of Cyprus
    Aquaculture Annual Report. 2004 . Department of Fisheries and Marine Research, Republic of Cyprus.
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