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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Au cours des trois dernières années, la production aquacole salvadorienne a considérablement augmenté, passant de 395 tonnes en 2001 à 1 130 tonnes en 2003. La valeur de cette production est quant à elle passée de 1,8 million de dollars EU à 5,4 millions. En termes de volume, la croissance de l’aquaculture a été de l’ordre de 286 pour cent. Les espèces cultivées les plus importantes sont le tilapia (Oreochromis spp), la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) et le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii).

    Trois systèmes d’élevage sont principalement utilisés dans l’élevage du tilapia. Le plus diffusé est celui qui a recours aux étangs traditionnels, avec une densité de mise en charge de 4 à 8 alevins par m2, et à des aliments préparés comprenant 25 à 32 pour cent de protéines. La productivité de ce système d’élevage varie entre 5 000 et 8 000 kg/ha. L’élevage extensif est pratiqué dans des réservoirs et de petites unités de production dont les densités de mise en charge sont de 1 à 2 poissons par mètre carré. Leur rendement ne dépasse pas 700 kg/ha. Le tilapia est également élevé suivant des systèmes intensifs, dans des raceways ou dans des étangs aérés. Le rendement moyen est de 25 kg/m³. L’élevage de tilapia est aussi pratiqué en cages avec une densité moyenne de mise en charge de 75 alevins par mètre cube.

    Trois systèmes sont adoptés dans la production de crevette pattes blanches. Le plus fréquent est l’élevage extensif sans contrôle de la densité de la population. Ses rendements sont alors inférieurs à 430 kg/ha. Dans l’élevage semi-intensif, les densités de mise en charge varient entre 10 et 18 postlarves par mètre carré. Des aliments préparés sont utilisés et les rendements atteignent entre 3 000 et 4 000 kg/ha. Enfin, une exploitation a recours à un système intensif avec une densité de mise en charge de 100 postlarves/m².

    Environ 500 personnes travaillent dans le secteur dont 16,5 pour cent sont des femmes. Seules les entreprises les plus grandes emploient un personnel administratif et des professionnels aquacoles. L’élevage de tilapia génère 234 emplois et la crevetticulture 228.

    Au sein de sa Division aquacole, le Centre de développement de la pêche et de l’aquaculture dispose de ressources humaines et d’infrastructures réparties entre quatre stations aquacoles qui soutiennent les producteurs. Les principaux services fournis sont la formation, l’assistance à la production, la fourniture de semences et le soutien à la réalisation de coopérations externes pour financer les projets.

    El Salvador comptait 6 874 926 habitants en 2004. La consommation de produits de la pêche était estimée à 5 kg par habitant et par an. Le PNB s’élevait à 15 823,9 millions de dollars EU.

    En 2004, les exportations de tilapia se sont élevées à 229,8 tonnes, principalement vers les Etats-Unis d’Amérique, et celles de crevette pattes blanches à 177,6 tonnes, vers la Chine, les Iles Vierges, le Japon et Taïwan. La valeur totale de ces exportations atteignait 2 252 800 tonnes. L’aquaculture contribuait à 11 pour cent du total des exportations enregistrées en 2003.

    En 2004 toujours, 2 415,83 tonnes d’aliments concentrés ont été importées pour l’aquaculture, le plus souvent sous la forme de granulés dont le taux de protéines est compris entre 25 et 32 pour cent. A l’heure actuelle, le secteur aquacole n’a pas recours à des aliments frais.

    Les principaux problèmes auxquels doivent faire face les producteurs aquacoles sont ceux qui concernent la qualité des eaux et des semences, le coût des terres, les capacités de production, les maladies affectant la crevette pattes blanches et les effets de la baisse des prix due à des importations incontrôlées de crevettes. Dans son ensemble, le secteur aquacole est confronté à plusieurs facteurs de risque : distorsions des prix sur le marché et hausse des coûts de production sur le plan économique, nouvelles maladies dans le domaine sanitaire, pollution du point de vue environnemental.

    Les politiques publiques en faveur de l’aquaculture, l’expérience accumulée dans le domaine de l’élevage, les conditions climatiques favorables présentes dans le pays et la grande valeur commerciale ainsi que la croissance rapide des espèces cultivées sont cependant autant d’atouts qui contribuent au renforcement du secteur. L’association des producteurs tout le long de la chaîne de valeur, les nouvelles conditions offertes pour les échanges avec l’étranger et le développement de nouvelles technologies de production constituent en outre de formidables opportunités pour l’aquaculture.
    Historique et aperçu général
    L’aquaculture a démarré au Salvador en 1962 avec l’assistance de la FAO sous la forme d’un programme gouvernemental qui visait à promouvoir la diversification agricole. Une station piscicole en eau douce a été construite dans ce but. La mariculture a commencé en 1984 avec la construction de trois fermes crevetticoles.

    Les espèces introduites dans le pays sont celles de tilapia en 1962, 1972, 1978, 1995, 2002 et 2005 (Oreochromis mossambicus, O. niloticus, O. melanopleura et O. Hornorum), les carpes chinoises en 1978, c’est-à-dire la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus), la carpe argentée ) et la carpe à grosse tête (Hypophthalmichthys molitrix), la carpe commune en 1962 et 1978 (Cyprinus carpio), la perche truitée en 1962 (Micropterus salmoides), le cichlidé de Managua également en 1962 (Parachromis managuense), le bouquet géant en 1979 (Macrobrachium rosenbergii), l’huître creuse du Pacifique en 2002 (Crassostrea gigas) et des espèces de poissons ornementaux.

    Parmi les espèces locales cultivées, on trouve la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) et la mojarra noire (Amphilophus macracanthus). La mariculture se concentre principalement sur la culture de crevette pattes blanchesqui a démarré en 1982-1984 avec un programme soutenu par l’Agence des Etats-Unis pour le développement international (USAID) et réalisé par la Fondation salvadorienne pour le développement économique et social (FUSADES).

    Le développement de l’aquaculture salvadorienne a été soutenu dans un premier temps par la coopération internationale lancée par la FAO en 1967 puis par la coopération de l’USAID à un programme de formation de techniciens spécialisés et à la mise en place d’un programme de recherche sur la pisciculture en eau douce. En 1976, l’Agence canadienne du développement international (ACDI) a soutenu à son tour un projet permettant d’évaluer les enjeux sociaux de la pêche et de l’aquaculture ainsi que la réintroduction de différentes espèces de tilapia.

    La Direction générale des ressources halieutiques a été créée en 1980. Responsable de la législation relative à la pêche et à l’aquaculture, cet organisme a rédigé la Loi générale sur les activités de la pêche. Une coopération avec Taïwan visant l’introduction de carpes chinoises et de crevettes d’eau douce a alors démarré. En 1995, le Programme régional de soutien au développement de la pêche dans l’isthme de l’Amérique centrale (Accord PRADEPESCA ALA/90/09) a été réalisé avec le soutien de l’Union européenne. Ce programme a notamment encouragé la formation d’un personnel spécialisé. Il a aussi modernisé les équipements et les infrastructures aquacoles tout en renforçant les activités de recherche. En 2001, le cadre légal a été mis à jour avec la promulgation de la Loi générale sur la gestion et la promotion de la pêche et de l’aquaculture. Enfin, en 2004, le Code de conduite du Salvador en matière de pêche et d’aquaculture a été approuvé.

    Les rendements de l’aquaculture varient selon la technologie adoptée. Dans le cas de l’élevage de tilapia, ceux de la culture extensive dans les réservoirs sont inférieurs à 1,5 tonne/ha, ceux de la culture semi-intensive sont compris entre 2,5 et 5 tonnes/ha et ceux de la culture intensive sont supérieurs à 10 tonnes/ha. Les rendements de la crevetticulture marine artisanale s’élèvent à 142 kg/ha, ceux de la crevetticulture extensive à 230 kg/ha, ceux de la crevetticulture semi-intensive à 2 900 kg/ha et ceux de la crevetticulture intensive sont supérieurs à 6 tonnes /ha (statistiques de production des stations aquacoles, CENDEPESCA, 2004). Entre 2001 et 2003, la production aquacole nationale a augmenté de 395 à 1 130 tonnes, ce qui correspond à une croissance de 286 pour cent, alors que la production halieutique n’a augmenté que de 175,37 pour cent au cours de la même période, c’est-à-dire de 7 818 à 13 711 tonnes (Statistiques annuelles de la pêche, CENDEPESCA, 2001, 2002 et 2003). Cette croissance significative de la production aquacole est essentiellement due à l’élevage de tilapia et à la crevetticulture.

    Le pays dispose de peu de professionnels aquacoles. On en compte seulement une quinzaine, répartis entre le secteur public, les universités et le secteur privé. L’introduction de l’aquaculture comme matière à part entière dans les formations d’ingénierie biologique et agronomique proposées par l’université du Salvador et l’Ecole nationale d’agriculture ainsi que dans des cursus de l’université Matias Delgado sous la forme de simples cours diplômants a cependant contribué à la formation de 40 professionnels dans ce domaine.
    Ressources humaines
    L’aquaculture emploie de façon directe 509 personnes, réparties dans 156 unités de production, dont 16,5 pour cent sont des femmes. Le personnel diplômé est chargé de la gestion des équipements et infrastructures ainsi que de l’échantillonnage et de l’analyse de l’eau. Les travailleurs sur le terrain disposent rarement d’une éducation qui va au-delà des six années d’école primaire alors que le personnel de coordination est généralement constitué de techniciens ayant atteint au minimum un niveau secondaire. Certains de ces derniers ont suivi des formations spécialisées. Les cadres ont un niveau universitaire.

    Les unités de production sont généralement exploitées par des associations communautaires liées à la coopération étrangère. Seules les entreprises industrielles comptent des professionnels à part entière parmi leur personnel.

    La culture de tilapia génère 234 emplois et la crevetticulture marine 228. On compte encore 34 personnes qui travaillent dans la crevetticulture en eau douce et 13 dans la pisciculture d’espèces ornementales. Les possibilités d’emploi féminin sont plus grandes dans la culture de tilapia en cages (29 femmes travaillent actuellement dans ce type d’élevage) et la crevetticulture marine (55 femmes employées).

    On estime que l’ensemble de la chaîne productive de l’aquaculture, commercialisation comprise, génère environ 1 200 emplois.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Les principales zones de production aquacole sont celles où sont pratiquées la culture de tilapia en étang ou en cage et la crevetticulture marine (Tableau 1). On estime que 20 pour cent des unités de production élèvent des tilapias à sexe inversé. On constate une distribution extensive des petites unités de production, généralement d’une taille inférieure à 0,2 ha.

    Tableau 1 : Distribution des principales unités de production aquacole (juin 2005).
    DÉPARTEMENT ESPÈCE SYSTÈME DE CULTURE SURFACE (ha)
    Ahuachapan crevette marine étangs 40
    tilapia étangs 6,5
    Santa Ana tilapia canaux 0,1
    tilapia canaux 1,5
    tilapia étangs 5,0
    Sonsonate crevette marine étangs intensifs 37
    poisson d’ornement étangs 4,9
    La Libertad tilapia étangs 16,8
    poisson d’ornement bassins 1,5
    San Salvador tilapia cages 3 870 m3
    tilapia étangs intensifs 37
    Cuscatlan crevette marine étangs 2,0
    tilapia cages 3 836 m3
    Cabañas crevette d’eau douce étangs 2,7
    La Paz crevette marine étangs 8,2
    San Vicente tilapia réservoirs 5,1
    Usulután crevette marine étangs 18
    58
    16
    14
    7,0
    4
    2
    7,5
    9,3
    5,7
    7,5
    9,8
    8,4
    35
    La Unión crevette marine étangs 50
    Sources : SOCOPOMAR S.A., Statistiques annuelles des pêches, CENDEPESCA, 2000,
    Unité sanitaire aquatique (DGSPA). Des données pour Usulután sont exprimées en décimales.


    Les infrastructures et les surfaces de culture suivantes sont présentes dans le pays : 139 étangs destinés à l’élevage de tilapia d’une surface totale de 48,78 ha, 30 étangs pour la crevetticulture d’eau douce d’une surface totale de 4,75 ha, 27 réservoirs consacrés à l’élevage de tilapia d’une surface totale de 10,39 ha, 165 réservoirs et étangs pour la pisciculture d’espèces ornementales d’une surface totale de 2,09 ha, 691 ha exploités pour la crevetticulture marine et 122 cages pour l’élevage tilapia d’une surface totale de 9 056 m².

    En ce qui concerne les unités de production aquacoles, on relève pour le tilapia 15 unités de production en cage, 26 réservoirs pour la consommation familiale, 50 unités à petite et moyenne échelle et 1 unité de taille industrielle. Il y a en outre 2 unités de production d’espèces ornementales, 23 unités produisant la crevette d’eau douce et 39 exploitations de crevette marine.

    A l’heure actuelle, deux compagnies nationales produisent des aliments pour l’aquaculture mais leur production n’est pas enregistrée par le Directoire sanitaire général des plantes et des animaux (DSGPA). En 2004, le total des aliments transformés pour animaux se décomposait ainsi : 333 581 tonnes  pour les volailles, 29 621 tonnes pour le bétail et 11 862 tonnes pour les porcs.

    La base de données du Bureau des enregistrements et statistiques du DSGPA indique que 2 415,83 tonnes d’aliments pour l’aquaculture ont été importées en 2004 (287,88 tonnes d’aliments pour crevette en provenance du Guatemala et 2 127,95 d’aliments pour tilapia en provenance du Honduras).
    Espèces cultivées
    Les deux principales espèces cultivées sont le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) et la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei).

    Le tilapia est cultivé dans tous types d’environnements d’eau douce (cages, petits réservoirs et à échelle industrielle). Aujourd’hui, les variétés de cette espèce comprennent le tilapia gris, le tilapia rouge et des variétés améliorées permettant d’obtenir de meilleurs rendements au niveau de la chair. La production de tilapia a augmenté grâce à un plus grand nombre d’unités de production, en particulier des cages, et à la création d’une exploitation de taille industrielle. Elle est ainsi passée de 28,86 tonnes en 2001 à 654,1 tonnes à l’heure actuelle

    La culture de crevette pattes blanches a elle aussi augmenté pour passer de 363 tonnes à 472,9 tonnes dans le même temps grâce à la mise en place de projets de coopération.
    Plus limitée, la production de bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii) arrive en troisième position avec un volume de 3,5 tonnes (CENDEPESCA, 2003).
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Système extensif
    Le système extensif se caractérise par de faibles densités de mise en charge et une gestion ou un contrôle limité de la qualité des eaux. Il est pratiqué dans 26 réservoirs utilisés pour l’élevage de tilapia et dans 25 unités de production de crevette marine. Dans le cas du tilapia, les densités de mise en charge ne dépassent pas 1 ou 2 poissons par mètre carré et les rendements atteignent 700 kg/ha. Dans le cas de la crevette marine, on observe deux méthodes de culture. Dans la première, les postlarves sont capturées dans un étang soumis aux marées qui dispose d’une entrée pour l’eau et de petites digues. Les échanges d’eau sont dès lors soumis aux niveaux des marées. Des engrais sont utilisés pour améliorer la productivité alimentaire naturelle. La densité de mise en charge n’est pas prédéterminée et les rendements sont de l’ordre de 430 kg/ha. Dans la deuxième méthode, les crevettes apportées par les marées sont simplement capturées puis conservées dans des conditions qui limitent au maximum les échanges d’eau jusqu’à la récolte. Cette pratique ne peut être adoptée que lors de la saison des pluies car les étangs utilisés servent aussi à la production de sel lors de la saison sèche. Avec cette méthode, les rendements peuvent atteindre 142 kg/ha (CENDEPESCA, 2003).

    Système semi-intensif
    Ce système est adopté aussi bien pour le tilapia que pour les deux types de crevette (marine et crevette d’eau douce). Les densités de mise en charge sont comprises entre 4 et 8 poissons par mètre carré en ce qui concerne le tilapia. Des aliments formulés avec entre 25 et 32 pour cent de protéines constituent la principale source alimentaire. Les rendements de ce système d’élevage sont de l’ordre de 5 000 à 8 000 kg/ha. Les étangs ne sont pas aérés et la qualité de l’eau est maintenue grâce à des échanges hydriques réguliers. Pour la crevette d’eau douce, les densités de mise en charge sont comprises entre 5 et 8 postlarves par mètre carré alors que l’on a recours à des aliments formulés avec entre 28 et 35 pour cent de protéines. Le cycle de production dure 6 mois et les rendements atteignent entre 2 000 et 3 500 kg/ha. Pour la crevette marine, les densités de mise en charge sont comprises entre 10 et 18 postlarves par mètre carré. Ces postlarves proviennent d’écloseries et des mesures sont prises pour prévenir les maladies. Les cycles de production durent entre 3 et 4 mois et les rendements atteignent entre 3 000 et 4 000 kg/ha.

    Système intensif
    Une exploitation piscicole (tilapia) et une exploitation crevetticole (crevette marine) ont recours à ce système dont la technologie dépend notamment d’aérateurs qui permettent de maintenir des niveaux élevés de biomasse. Les densités de mise en charge sont en effet de l’ordre de 75 alevins de tilapia ou de 100 postlarves de crevette par mètre carré. Pour le tilapia, les rendements dépassent 12 tonnes/ha. Dans le cas de la crevette, on obtient des rendements supérieurs à 6,4 tonnes/ha. Ces deux exploitations opèrent à une échelle industrielle. Intégrées verticalement, elles sont en mesure de créer de la valeur ajoutée en transformant elles-mêmes leurs produits pour accéder aux marchés spécialisés. La culture en cage est aussi pratiquée dans le cadre de ce système avec des densités de mise en charge de l’ordre de 75 poissons par mètre carré.
    Performance du secteur
    Production
    La composition de la production aquacole est présentée dans le tableau suivant:

    Tableau 2. Composition de la production aquacole (2001-2003)
    ESPECES 2001 2002 2003
    tonnes $EU (* 1 000) tonnes $EU (* 1 000) tonnes $EU (* 1 000)
    Crevette marine 363 1 156,5 372,1 1 118 472,9 1 899,3
    Poisson de mer 12 10,9 11,3 10,3 3,8 3,5
    Tilapia 28,8 61,4 405 863,2 654,1 1 855
    Crevette d’eau douce 3 32,8 4,3 46,8 3,5 44
    Alevins de tilapia (en milliers) 537 14,5 1 012 34,3 9 197 353
    Postlarves de crevette d’eau douce (en milliers) 700 53,8 700 53,8 1 639 68,2
    Postlarves de crevette marine (en milliers) 111 727 639,7 133 410 1 200 50 510 221,2
    Source : CENDEPESCA, 2001, 2002, 2003. Statistiques annuelles de la production des pêches.

    Comme on peut le constater dans le tableau précédent, l’augmentation de la production aquacole est principalement due aux investissements engagés dans l’élevage de tilapia et la crevetticulture marine. En 2003, la production de tilapia et celle de crevette marine représentaient ainsi respectivement 57,6 et 41,6 pour cent de la production totale du secteur.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au El Salvador (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au El Salvador (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    La production aquacole est transportée des exploitations jusqu’aux points de ventes par des grossistes. La production se concentre sur le marché en gros de La Tiendona. Elle est ensuite distribuée aux commerçants des différents marchés publics. Le système des marchés publics des villes de Santa Ana et de San Miguel fonctionne de la même façon. Dans ce système de commercialisation, le produit est proposé frais et entier.

    La vente de poisson vivant constitue l’autre type de commercialisation des produits de l’aquaculture sur les marchés. Plusieurs producteurs sont réunis sur un seul marché dont la promotion a été faite dans différentes localités. On estime qu’environ 45-50 tonnes de tilapia ont ainsi été vendues en 2004.

    La troisième pratique consiste en la vente de crevette et de poisson transformé. Les produits sont alors distribués aux consommateurs par les chaînes de supermarchés. La plus grande part de la production aquacole est cependant vendue sur les marchés publics.

    Exportations
    D’après les chiffres du Centre des exportations de la Banque centrale du Salvador, le tilapia et la crevette étaient en 2004 les principaux produits d’exportation du pays.

    Les exportations de tilapia frais étaient destinées au Guatemala alors que les filets de tilapia étaient exportés vers les Etats-Unis d’Amérique. Les crevettes étaient quant à elles exportées à Taïwan et aux Iles Vierges.

    La certification des produits est du ressort de la Division vétérinaire de la Direction générale de la santé végétale et animale qui dépend du ministère de l’Agriculture et de l’élevage. Les règlements en matière de certification sont approuvés par le Conseil national des sciences et des technologies (CONACYT).
    Contribution à l'économie
    Parmi les 156 unités aquacoles en activité, 90 pour cent exploitent des surfaces inférieures à 5 hectares. Toutes les cages permettant l’élevage de tilapia appartiennent à des groupes de pêcheurs ou aux riverains des pièces d’eau et des réservoirs continentaux. La production nationale totale destinée à la consommation domestique s’élève à 273,7 tonnes. La production des petites unités est destinée aux communautés proches des lieux d’élevage, ce qui contribue à l’augmentation des niveaux de consommation de poisson dans les zones rurales. La consommation annuelle de produits de la pêche est estimée à 5 kg par habitant dans le pays (PRADEPESCA, 1995).
    Les petits étangs (d’une surface inférieure à 0,05 ha) et les réservoirs d’eau à usages multiples ont été construits au centre et à l’est du pays grâce au soutien d’ONG et à des initiatives privées. On compte 1 368 familles qui profitent de façon directe de ces unités de production ; 765 d’entre elles se consacrent à la crevetticulture marine et 603 à l’élevage de tilapia. Parmi ces dernières, 197 font parties d’organisations communautaires qui possèdent des unités de culture en cage.
    La Direction générale des statistiques et des analyses indique que 603 305 foyers vivaient dans des conditions d’extrême pauvreté au Salvador en 2004 (ce chiffre représente 19,3 pour cent des foyers salvadoriens). La majorité se trouve dans les zones où ont été construits les réservoirs et les petits étangs précédemment évoqués.

    La contribution de l’aquaculture à échelle industrielle est visible dans les exportations qui ont atteint 407,4 tonnes en 2004. Ce résultat correspond à une valeur déclarée de 2 252 800 dollars EU. Cette production nécessite des ressources en termes d’alimentation, d’énergie et de main d’œuvre directe et indirecte. La contribution de l’aquaculture au PIB est de l’ordre de 0,4 pour cent, ce qui n’est pas considéré comme significatif au niveau de l’économie nationale (CENDEPESCA, 2005).
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le Centre de développement de la pêche et de l’aquaculture (CENDEPESCA) qui dépend du ministère de l’Agriculture et de l’élevage est l’organisme responsable du contrôle administratif de l’aquaculture. Il enregistre notamment toutes les unités de production aquacole, délivre les autorisations permettant de mener une activité aquacole, autorise l’introduction de nouvelles espèces pour l’aquaculture et applique des sanctions en cas de non respect de la Loi générale relative à la gestion et à la promotion de la pêche et de l’aquaculture (Assemblée législative, 2001).

    La Division aquacole travaille dans deux domaines : la mise au point et le transfert de technologies ainsi que la promotion et de la vulgarisation. Les quatre stations aquacoles du CENDEPESCA (Santa Cruz Porrillo, Atiocoyo, Izalco et Los Cóbanos) appartiennent à cette Division.

    Il existe plusieurs associations d’aquaculteurs dans le secteur privé. La Chambre de la pêche et de l’aquaculture (CAMPAC) est d’envergure nationale. Elle regroupe des compagnies halieutiques et aquacoles industrielles. Cette association travaille en étroite relation avec le CENDEPESCA et ses délégués sont membres de la Commission nationale de la pêche et de l’aquaculture. Cette dernière a été mise en place au niveau législatif. Elle a un rôle d’organisme consultatif. On compte aussi l’Association aquacole d’Atiocoyo formée de producteurs de tilapia. Cette association a encouragé la construction d’étangs traditionnels dans la région d’Atiocoyo. Les résultats de cette initiative ont été positifs. Les infrastructures de production de tilapia y ont en effet été multipliées par trois. Dans le domaine de la crevetticulture marine, l’organisation SOCOPOMAR regroupe vingt producteurs et encourage un projet de coopération étrangère qui vise à renforcer les techniques de production de ses membres.
    Règlements en vigueur
    Les lois existantes en matière d’aquaculture sont les suivantes :
    • La Loi générale relative à la gestion et à la promotion de la pêche et de l’aquaculture. Elle est appliquée par le Centre de développement de la pêche et de l’aquaculture (CENDEPESCA). Cette loi définit les principes, les procédures à suivre, les obligations et les taxes à régler dans le domaine de l’aquaculture. Le Directeur général du CENDEPESCA a le pouvoir d’appliquer la loi sous forme de résolutions. Juridiquement, il s’inscrit dans le cadre du droit administratif.
    • La Loi environnementale qui, dans le cadre du droit pénal, règlemente les questions en relation avec l’impact environnemental de chaque unité productive. Le ministère de l’Environnement et des ressources naturelles (MARN) est l’institution responsable de son mis en pratique. Il applique également la Loi relative aux espaces naturels protégés qui règlemente les activités économiques dans les zones fragiles. Elle est particulièrement importante pour l’aquaculture dans les espaces exploités par l’intermédiaire de concessions publiques, en particulier des terres forestières salées qui sont considérées du point de vue légal comme des écosystèmes fragiles et font partie du patrimoine national.
    • La Loi sur la santé végétale et animale qui établit les procédures à suivre et les autorisations pour l’importation et l’exportation de produits aquacoles. Ces procédures complètent les lois relatives au caractère inoffensif de la transformation des produits de la pêche pour la consommation humaine. A ce sujet, le Code de la santé est appliqué par le ministère de la Santé publique.

    Recherche appliquée, éducation et formation
    Même si aucun programme de recherche en aquaculture n’est officiellement mis en place, les universités, les producteurs et le Centre de développement de la pêche et de l’aquaculture (CENDEPESCA) mènent des projets de recherche. Dans certains cas, les producteurs participent même de leur propre initiative à des sujets de recherche particuliers en relation avec leurs centres d’intérêt. En général, les actions de coordination des ressources sont menées par les universités et le CENDEPESCA. Le Comité consultatif national de la pêche et de l’aquaculture soumet le Programme de recherche relatif à la pêche et à l’aquaculture avant le Directeur général du CENDEPESCA. Il faut encore souligner qu’il n’existe pas de système de contrôle des résultats obtenus dans le cadre de ce programme.

    Tableau 3 : Institutions impliquées dans le système éducatif et la formation en matière d’aquaculture
    INSTITUTION NIVEAU ACADÉMIQUE DISCIPLINE -
    Université du Salvador Matière d’enseignement Biologie et Sciences agronomiques Professionnel universitaire
    Centre universitaire de l’ouest Matière d’enseignement Biologie Professionnel universitaire
    Université José Matías Delgado Matière d’enseignement et diplôme Agro-industrie Professionnel universitaire
    Ecole nationale d’agriculture Matière d’enseignement Agronomie Technicien
    Tendances, questions et développement
    Sur le plan historique, l’aquaculture est restée marginale au Salvador par rapport aux activités économiques traditionnelles du secteur agricole. Jusqu’en 2000, les politiques aquacoles étaient formulées dans le contexte général du développement de la pêche (ministère de l’Agriculture et de l’élevage). A l’heure actuelle, la politique agricole établit les actions suivantes :
    • Reconversion institutionnelle, productive et commerciale du secteur de la pêche.
    • Promotion de la consommation nationale des produits de la pêche et de l’aquaculture.
    • Promotion d’une aquaculture innovante adoptant de nouvelles espèces et de nouvelles technologies.
    • Création d’un Fonds de garantie de la pêche et de l’aquaculture.

    La planification institutionnelle de l’aquaculture a évolué pour passer des actions fondées sur l’exploitation des stations aquacoles (essentiellement la production d’alevins de tilapia pour le repeuplement des réservoirs) à l’adoption de technologies aquacoles destinées à la crevetticulture marine et d’eau douce ainsi qu’à l’introduction de nouvelles espèces (huîtres) pour étudier la culture de ces dernières.

    La planification institutionnelle est orientée vers les questions de gestion, de production et de garantie du secteur aquacole. En matière de gestion, des propositions ont été formulées pour mettre à jour le Registre de l’aquaculture. Ce dernier compte aujourd’hui 40 producteurs et devrait aussi disposer d’une banque de données sur les caractéristiques des pratiques aquacoles. Pour contribuer à l’augmentation de la production, des actions sont menées en vue de moderniser les pratiques de culture, en particulier en direction des infrastructures sous-exploitées en raison d’un recours à des technologies extensives et artisanales. En matière de garantie, plusieurs stratégies ont été prises en compte. Elles soutiennent le plus grand nombre possible de producteurs sous forme de formations et de programmes de vulgarisation sur des sujets spécifiques avec la participation des associations de producteurs, des ONG, des institutions du système éducatif et de formation ainsi que de la coopération étrangère.

    Facteurs ayant déterminé le développement de l’aquaculture dans le pays

    Financement
    Mis à part les actions entreprises par le gouvernement avec la participation des organisations de coopération, on ne relève pas de plan gouvernemental global destiné à financer le développement de l’aquaculture dans le budget national. On peut le remarquer dans les sommes allouées annuellement au CENDEPESCA. En règle générale, ces dernières ne dépassent pas le million de dollars EU par an et sont principalement destinées aux salaires et aux services de base (ministères des Finances, 2005). Il n’y a donc pas de financement de l’investissement dans le budget officiel ordinaire. On ne relève pas non plus l’existence de financements pour les projets de coopération étrangère dans le domaine aquacole. Il faut cependant souligner qu’il existe une aide étrangère. Des ONG soutiennent en effet les communautés qui se consacrent à l’aquaculture à petite échelle, en particulier dans le cadre de la pisciculture en cage et dans les réservoirs ainsi que dans le cadre de la crevetticulture marine.

    Planification
    Le Bureau des politiques et stratégies met en lumière les éléments qui, dans les politiques macroéconomiques, s’avèrent être négatives pour l’agriculture et le monde rural et ont des conséquences sur les performances du secteur ainsi que dans les domaines de la pêche et de l’aquaculture.

    Malgré le financement de documents techniques par la FAO et l’Union européenne pour le développement de l’aquaculture (Salgado, 1997; FAO, 1995), la planification institutionnelle ne comprend pas d’actions stratégiques encourageant celui-ci. Le développement aquacole dépend totalement du financement de l’Etat. On constate cependant qu’il existe un réel potentiel de synergie entre les différentes ressources disponibles et destinées aux projets de développement rural, au soutien à la commercialisation des produits, à la mise en place d’industries à petite échelle, etc.

    Marché
    L’augmentation de la production de tilapia a été affectée par la faiblesse des prix et la structure de commercialisation du marché domestique. L’introduction d’élevages de tilapia dans les eaux continentales a en effet tiré les prix vers le bas à cause d’une qualité inférieure sur le plan gustatif (goût de terre) qui a eu pour conséquence de rendre cette activité moins intéressante. Au début des années 1990, les prix ne dépassaient pas 0,5 dollar EU par livre de poisson entier.

    Conséquences de l’après-guerre
    Lors de la guerre qui a déchiré le pays pendant les années 1980, aucun investissement n’était réalisé dans les activités économiques, ce qui a eu des conséquences négatives, en particulier en ce qui concerne la crevetticulture marine. Les accords de paix comprenaient notamment l’engagement de réinsérer les anciens combattants dans les activités productives. Une partie du processus comprenait l’installation de ces derniers dans des zones de la baie de Jiquilisco pour reconvertir en étangs crevetticoles salines et marécages et développer les compétences humaines. Tout d’abord financée par l’Union européenne, cette politique a mis de nombreuses années avant de commencer à donner des résultats positifs. La modernisation des infrastructures crevetticoles a également été menée de façon maladroite et les erreurs commises lors de sa mise en place affectent encore aujourd’hui les rendements et la possibilité d’exploiter efficacement les équipements.

    Environnement naturel
    Le pays se trouve dans une région particulièrement vulnérable et menacée par de nombreuses catastrophes naturelles, autant de scénarios qui présentent des risques élevés et ont des conséquences sur le développement de l’aquaculture.

    Interactions avec l’environnement
    En 1995, le PRADEPESCA a réalisé une étude consacrée à la gestion du territoire et au développement de la crevetticulture marine (Currie, 1995). Ce document a mis en lumière une possibilité d’expansion de cette activité sur 3 000 à 4 000 hectares, dont 2 000 se trouve dans la baie de Jiquilisco où le programme d’évaluation et de contrôle n’a pas relevé d’effets négatifs sur l’environnement. Comme les salines n’ont pas encore été reconverties en étangs crevetticoles et que les zones extensives sont encore utilisées pour la culture artisanale, aucune contrainte environnementale susceptible de limiter le développement de la crevetticulture n’a été imposée.

    Crédit
    Même si des lignes de crédit existent pour l’aquaculture, les producteurs connaissent des difficultés pour les obtenir car ils ne disposent pas de garanties satisfaisant les exigences du système financier. Ce problème affecte profondément la croissance des unités de production des terres et des eaux nationales concédées qui ne peuvent pas être mises en gage.
    Références
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