Accueil FAO>Pêches et aquaculture
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’aquaculture a atteint un pic en Estonie en 1989. La production de poisson destiné à la consommation humaine s’élevait alors à 1 743 tonnes. L’effondrement de l’économie socialiste a ensuite provoqué un déclin de ce secteur. Les principales espèces produites sont la truite, la carpe et l’anguille. Les truites sont élevées dans des étangs à écoulement continu, des réservoirs et des raceways situés sur des rivières et dans des eaux de source ou bien dans des cages en eau saumâtre. Les carpes sont produites dans des étangs et les anguilles dans un système à recirculation d’eau. Selon des données officielles encore incomplètes, la production aquacole s’élevait en 2003 à 304 tonnes de truites arc-en-ciel, 51 tonnes de carpes communes et 15 tonnes d’anguilles. Les quantités réellement produites étaient cependant de façon plus exacte de 500 tonnes. On observe aussi une production négligeable (inférieure à 1 tonne) d’écrevisses à pieds rouges (Astacus astacus) et d’esturgeons de Sibérie. L’élevage financé par l’Etat de juvéniles destinés au réempoissonnement des eaux naturelles et à la pêche de loisir constitue d’autres branches de l’aquaculture. L’aquaculture emploie une centaine de personnes. L’administration des pêches et de l’aquaculture est partagée entre le ministère de l’Agriculture et celui de l’Environnement. L’Association des pisciculteurs estoniens a été créée en 1989. Le département de l’aquaculture de l’université estonienne des Sciences de la vie est la seule institution spécialisée dans la recherche et les formations en aquaculture. Presque toute la production de truite est vendue sur le marché domestique alors que toutes les anguilles de taille commercialisable sont exportées. Les perspectives de développement de l’aquaculture sont bonnes car le marché domestique, comme celui des pays voisins, manque de produits aquacoles frais et de bonne qualité. L’Estonie dispose en outre d’eaux et d’espaces de bonne qualité pour agrandir les exploitations existantes et en créer de nouvelles. En outre, en raison d’un environnement plutôt sain et des faibles niveaux de pollution de l’aquaculture, l’opposition des environnementalistes à son développement est encore limitée. La transformation et l’amélioration de leur qualité peuvent contribuer à élargir le marché et à augmenter le profit grâce à la valeur ajoutée ainsi réalisée. L’introduction de nouvelles espèces (poissons chats, ombles, sandres, corégones, poissons ornementaux) peut aussi accroître les possibilités commerciales. Deux facteurs freinent cependant le développement de l’aquaculture estonienne: le caractère limité de la production et la fourniture irrégulière en produits aquacoles. Ces facteurs modèrent l’intérêt des investisseurs et ce manque d’investissements limite la création de nouvelles exploitations.
    Historique et aperçu général
    En Estonie, la pisciculture a été fondée à la fin du dix-neuvième siècle par des propriétaires terriens allemands. Ces derniers y ont introduit la carpe commune et la truite arc-en-ciel. Pendant la période soviétique (1944–1991), la production aquacole de poisson destiné à la consommation humaine a atteint un niveau maximum de 1 743 tonnes en 1989 (Tohvert, Paaver, 1999). Au cours de cette période, plusieurs espèces étrangères (esturgeons, salmonidés, corégones, cyprinidés) ont été introduites et élevées dans les exploitations piscicoles ou relâchées dans les eaux naturelles. Aucune d’entre elles n’est cependant devenue importante et n’a été à l’origine d’une population locale. On comptait alors en Estonie plus de 40 exploitations piscicoles et de nombreuses exploitations agricoles élevaient aussi des poissons dans de petits étangs et de petits réservoirs. La truite arc-en-ciel était la principale production (entre 700 et 800 tonnes par an). Les carpes étaient traditionnellement élevées dans des étangs dont le rendement pouvait être supérieur à 1 tonne/ha. En raison de la latitude septentrionale de l’Estonie et de la période réduite de végétation (entre trois et quatre mois), la température de l’eau est un facteur qui freine le développement de la pisciculture. Les truites et les carpes d’une taille commercialisable peuvent être produites au cours de cycles longs de trois étés. Les eaux chaudes de certaines centrales électriques ont été utilisées avec succès pour prolonger la période de croissance des poissons. Lorsque la production était à son maximum, plus de la moitié du poisson produit provenait d’exploitations utilisant ainsi les eaux chaudes des effluents industriels. Au début des années 1990, les carpes produites en eau chaude représentaient 85 pour cent de la production totale. En 1991, l’effondrement de l’économie socialiste a provoqué un déclin de la production piscicole à cause de la perte du marché russe, d’une augmentation rapide des coûts production (carburants, alimentation) et de la fluctuation des prix du marché des denrées alimentaires (y compris des poissons) sur le marché domestique. Les grandes unités de production utilisant les eaux chaudes des centrales électriques ont alors progressivement été fermées, ce qui a entraîné la baisse de la production. Mais, dans les statistiques officielles du début des années 1990, la production de ces exploitations piscicoles n’est pas toujours indiquée ce qui donne une image trompeuse des grandes fluctuations de la production. Les données relatives aux exploitations piscicoles en eau chaude sont dès lors exclues de ce rapport. A la fin des années 1990, le niveau de production des exploitations dans les eaux naturelles s’est stabilisé à environ 300-500 tonnes de truite arc-en-ciel et 50 tonnes de carpe commune (Paaver, 1997; Meskeleviciute et al., 2005).

    La production de carpe a ensuite augmenté jusqu’à un niveau qui correspond au potentiel des étangs existants grâce à une gestion intensive. La demande en fingerlings de carpe par les propriétaires de petits plans d’eau (étangs des fermes et des jardins, petits lacs, etc.) a dès lors augmenté. Les pisciculteurs ont quant à eux essayé d’adopter de nouvelles espèces aquacoles (esturgeons, anguille européenne (Anguilla anguilla), écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus), omble chevalier (Salvelinus alpinus alpinus)) mais ces activités n’en sont encore qu’à leurs débuts. Enfin, comme la production d’alevins pour le réempoissonnement des eaux naturelles est financée par l’Etat, de nombreux pisciculteurs élèvent à ces fins des anguilles, des saumons, des truites de mer (Salmo trutta trutta), des truites brunes (Salmo trutta fario), des corégones lavarets (Coregonus lavaretus), des brochets (Esox lucius), des sandres (Sander lucioperca) et des tanches (Tinca tinca).
    Ressources humaines
    Selon les données du Bureau des statistiques d’Estonie, une centaine de personnes travaillent dans le secteur de l’aquaculture. La répartition entre hommes et femmes est à peu près égale dans les entreprises familiales alors qu’une majorité d’hommes travaille dans les grandes entreprises qui produisent plus de 100 tonnes. Les dirigeants ont généralement une formation universitaire en biologie ou en agriculture et 75 pour cent du personnel technique dispose d’une formation professionnelle.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    L’Estonie est un petit pays situé entre les latitudes 57° et 60° N et les longitudes 22° et 28° E. Ses conditions environnementales sont assez uniformes mais la répartition des exploitations piscicoles à travers le pays est irrégulière. Les exploitations de carpe sont situées dans le sud du pays où la période de végétation est un peu plus longue (environ deux semaines de plus). La concentration des exploitations élevant des truites dans certaines zones du nord-est de l’Estonie s’explique quant à elle par des raisons historiques. C’est en effet dans cette région que de grandes sources sont utilisées traditionnellement pour l’éclosion des œufs de truite. A l’ouest, le pays est plat et les ressources en eaux froides au débit rapide et riches en oxygène sont limitées. On n’y trouve donc pas d’exploitations piscicoles. Les eaux saumâtres du littorale sont peu profondes, exposées aux tempêtes et recouvertes par les glaces pendant une longue période de l’année. Très peu de sites sont en outre adaptés pour y établir de grandes exploitations de cages ou d’autres types de mariculture.

    En 2004, on comptait en Estonie douze sites principaux d’élevage de truite, quatre grandes exploitations piscicoles de carpe et une exploitation à recirculation d’eau d’anguille. Une société a également commencé l’élevage d’esturgeon mais aucune production n’a encore été vendue. Enfin, deux exploitations étaient spécialisées dans la production de juvéniles de saumons et de truites pour le réempoissonnement alors que quatre exploitations vendent des écrevisses élevées dans des étangs. La majorité des écrevisses âgées d’un à trois étés étaient vendues pour le repeuplement alors que celles d’une taille commercialisable étaient en quantités négligeables. Récemment, au moins dix petites exploitations élevant des écrevisses ont été créées.
    Espèces cultivées
    Les trois principales espèces cultivées sont la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), la carpe commune (Cyprinus carpio) et l’anguille européenne (Anguilla anguilla). La proportion d’écrevisses à pieds rouges (Astacus astacus) d’eau douce et d’esturgeons de Sibérie (Acipenser baerii) est encore négligeable. Les œufs de truite constituent un autre produit important pour les exploitations élevant des truites. Ils sont salés et vendus comme caviar rouge. L’élevage de juvéniles pour le réempoissonnement des eaux naturelles constitue une autre branche de l’aquaculture. Cetteactivité est principalement financée par l’Etat qui y consacre chaque année 0,6 millions de dollars EU. En 2003, plusieurs espèces ont été relâchées dans les eaux estoniennes. Il s’agit d’anguilles (554 000 juvéniles), de saumons de l’Atlantique (Salmo salar) âgés d’un été (210 000), d’un an (172 000) et de deux ans (35 000), de truites de mer (Salmo trutta trutta) âgées d’un été (38 000) ou plus (52 000), de corégones lavarets (Coregonus lavaretus) âgés d’un été (35 000), de sandres (Sander lucioperca) âgés d’un été (42 000) ainsi que de brochets, de tanches et d’écrevisses d’eau douce en petites quantités. Plus de 80 pour cent des sommes consacrées au réempoissonnement l’est pour la production de juvéniles d’anguille et de saumon.

    Les œufs et les alevins de truite arc-en-ciel sont importés de Finlande, du Danemark, de Suède ou de Russie. Il n’y a pas de programmes locaux de stocks de géniteurs ou de reproduction. Quand ils achètent des œufs fertilisés ou des alevins, les pisciculteurs préfèrent les femelles qui ont une maturité tardive (non mature à un poids de 2-3 kg ou n’ayant pas développer d’œufs à cette taille). Les femelles de truite sélectionnées pour leur maturité tardive sont donc importées.
    On compte plus de 50 étangs destinés à la pêche de loisir. Les poissons d’ornement (notamment la carpe commune d’ornement blanche et rouge) sont de plus en plus populaires mais leur commerce est encore négligeable.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Les exploitations piscicoles estoniennes présentent divers profils de production (Paaver, 1997). Nombre d’entre elles élèvent en même temps plusieurs espèces de poissons pour la consommation humaine. Elles disposent aussi d’étangs pour la pêche de loisir et produisent des alevins pour les projets de réempoissonnement de l’Etat. Les truites sont élevées dans des étangs à écoulement continu, des réservoirs ou des raceways sur des rivières et dans des eaux de sources ainsi que dans des cages dans les eaux saumâtres (salinité: 3–5 ppt). Les carpes sont élevées dans des étangs traditionnels. Les anguilles sont élevées dans un système à recirculation d’eau (d’un potentiel de 70 tonnes). En 2003, on comptait 530 ha d’étangs, 16 000 m² de réservoirs, canaux et bassins, 1,9 m³ de raceways et 26 000 m³ de cages. Les pisciculteurs qui élèvent des truites ont essayé de mettre en place de fortes densités d’élevage (plus de 100 kg/m³) ainsi qu’une réutilisation partielle de l’eau.
    Performance du secteur
    Production
    La production n’a pas beaucoup varié au cours de la période 1992–2003 (Meskeleviciute et al., 2005) alors que les prix de vente ont régulièrement augmenté. Selon les données du Bureau des statistiques d’Estonie, la production s’est élevée à 372 tonnes en 2003 (dont 304 tonnes de truite arc-en-ciel, 51 tonnes de carpe commune et 17 tonnes d’anguille). Les données relatives à 2004 sont incomplètes et celles de 2005 ne sont pas encore disponibles. L’Association des pisciculteurs estoniens a collecté les données directement auprès de tous les pisciculteurs et a estimé que la production de truites est plus élevée (sans dépasser 500 tonnes) alors que la valeur totale de la production de poissons d’élevage (y compris du caviar de truite) était d’environ 2,8 millions de dollars EU. Selon les statistiques de l’aquaculture de la FAO, la production s’élevait à 372 tonnes et correspondait à une valeur de 1,395 millions de dollars EU.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Estonie (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Estonie (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    La majorité de la production de truite est vendue sur le marché domestique. Une bonne part (au moins un tiers) est vendue à des entreprises de pêche de loisir. Les chaînes de supermarché sont les principaux canaux de distribution du poisson transformé ou non. Comme le marché potentiel des salmonidés à chair rouge n’est pas satisfait par la production estonienne, les importations de Norvège et de Finlande dominent le marché. La carpe est un produit de niche vendu principalement sous la forme de poissons entiers sur les lieux de production ou bien sur des marchés spécialisés. La part des exportations des produits de l’aquaculture est très faible. Seules les anguilles d’une taille commercialisable sont toutes exportées. Une petite quantité de truites arc-en-ciel est exportée en Lituanie. Enfin, aucun système d’étiquetage ou de traçabilité n’existe pour la production aquacole.
    Contribution à l'économie
    En raison de sa taille réduite, le secteur de l’aquaculture n’a que peu d’influence sur l’économie nationale, la consommation de poisson ou la situation sociale dans les zones rurales. Les marchés spécialisés dans le commerce du poisson et les entreprises de transformation ne dépendent pas de la production de l’aquaculture domestique et sont dominés par les pêcheries de capture ou les importations de poisson d’élevage. L’aquaculture est économiquement un peu plus importante dans le domaine du tourisme car les étangs destinés à la pêche de loisir constituent un point fort de l’offre du pays. Les pisciculteurs et les compagnies touristiques tirent ainsi des bénéfices du commerce de poissons destinés aux étangs pour la pêche de loisir. La pisciculture à petite échelle et la conservation de poissons, principalement de carpes, à la ferme ou dans des bassins estivaux se développent. Il s’agit cependant d’un hobby et non d’une production alimentaire.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L’administration des pêches est divisée entre le ministère de l’Agriculture (pour le poisson comme denrée alimentaire) et le ministère de l’Environnement (pour le poisson comme ressource naturelle). Dans ces deux ministères, on trouve un département responsable des règlementations relatives aux pêches. Au ministère de l’Agriculture, le département de l’Economie des pêches règlemente le commerce et la transformation du poisson, notamment dans le secteur de l’aquaculture. Au sein du ministère de l’Environnement, le département des Ressources piscicoles est responsable des activités de réempoissonnement financées par l’Etat et notamment de la gestion du Centre d’élevage piscicole Põlula qui est propriété de l’Etat. L’Association des pisciculteurs estoniens, fondée en 1989, soutient l’aquaculture sans être active comme association de producteurs. Elle rassemble différents publics: des producteurs, de petits exploitants pour lesquels il ne s’agit que d’un loisir, des scientifiques et des fonctionnaires du gouvernement.
    Règlements en vigueur
    Il n’y a pas de règlementation spécifique pour l’aquaculture mais certains paragraphes des lois relatives aux pêches, à l’eau et à la conservation de la nature ainsi que des directives des ministères notamment de l’Agriculture, de l’Environnement règlementent des aspects particuliers de l’aquaculture comme l’utilisation de l’eau, la charge polluante ou le transfert des poissons des exploitations à l’environnement naturel.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    L’Etat estonien finance la recherche sur la base d’une compétition libre de projets. Ce sont les scientifiques qui prennent l’initiative et font des propositions sur les priorités de la recherche. Les publications internationales du candidat ainsi que le niveau d’innovation à l’échelle mondiale et la qualité du projet constituent les principaux critères d’évaluation. La recherche scientifique de base est financée par le ministère de l’Education et des sciences ou par la Fondation estonienne des sciences. Les projets de recherche appliquée sont financés par le ministère de l’Agriculture si leur objectif est de développer le volume ou la qualité de la production agricole (qui comprend l’aquaculture). Ils sont financés par le Centre d’investissement environnemental s’ils sont en relation avec des questions environnementales (par ex. l’efficacité du réempoissonnement ou l’influence de l’aquaculture sur l’environnement). On observe cependant un réel manque d’équipements destinés à la recherche en aquaculture. Certains pisciculteurs et éleveurs d’écrevisses ont soutenu la recherche appliquée en mettant à disposition des chercheurs des réservoirs pour leurs expériences ou en fournissant des données relatives à leur production. Au cours de la période 1985-2003, il y a eu une pause dans la formation des spécialistes en aquaculture. Certains étudiants inscrits dans des universités spécialisées dans les pêches ont alors reçu une formation supplémentaire et sommaire en aquaculture. Depuis 2003, le Département de l’aquaculture de l’Université estonienne des Sciences de la vie a lancé une formation de spécialistes en aquaculture. On compte actuellement 30 étudiants en premier cycle et dix étudiants en deuxième et troisième cycles. Deux écoles techniques supérieures et deux écoles professionnelles proposent aussi des formations brèves en aquaculture dans leur curriculum.
    En Estonie, diverses institutions mènent des recherches et proposent des formations sur les sciences aquatiques et notamment la biologie des poissons, les pêches et la gestion des ressources aquatiques. La seule institution spécialisée en aquaculture est le département aquacole de l’Université estonienne des Sciences de la vie. Des formations en aquaculture font également partie des curricula d’autres institutions comme l’Institut de zoologie et d’hydrobiologie et l’Institut marin estonien de l’Université de Tartu, l’Académie marine estonienne et le Collège Pärnu de l’Université de Tartu.
    Tendances, questions et développement
    Après l’effondrement de l’économie soviétique au début des années 1990, il n’y a pas eu de changement significatif dans le secteur de l’aquaculture. La production totale a fluctué autour de 500 tonnes. Quelques nouvelles entreprises ont été créées alors que seulement quelques exploitations ont été modernisées pour être en mesure d’accroître leur production. Les nouvelles espèces élevées n’ont pas encore de véritable importance économique.

    Plusieurs facteurs ont retardé le développement de l’aquaculture:
    • Une production limitée et une fourniture instable en produits aquacoles qui intéressent peu les grossistes et les compagnies de transformation pour le marché domestique.
    • Un manque de spécialistes en aquaculture (il y a eu un arrêt important de la formation de spécialistes pour ce secteur entre 1985 et 2002).
    • Un manque d’investissement (les fonds structurels de l’Union européenne sont trop limités, les banques considèrent que l’investissement dans l’aquaculture comporte trop de risques et il n’y a pas de fonds nationaux pour soutenir ce secteur).
    • L’absence d’un service de santé piscicole (pas de système légal pour règlementer les mesures prophylactiques relatives aux maladies piscicoles et l’import-export de poissons vivants, pas de système de certification sanitaire, nombre trop limité de spécialistes compétents et de laboratoires).
    • Des structures et des équipements vieillissants.
    Les exploitations piscicoles bien équipées avec des structures et des technologies modernes comme le Centre d’élevage piscicole Põlula, le Kalatalu Härjanurmes et l’AS Triton PR (exploitation d’anguilles à recirculation d’eau) peuvent servir d’exemple ou de base pour de futures développements et formations. Le soutien de l’Union européenne par l’intermédiaire du programme d’assistance SAPARD (cadre de l’UE pour soutenir une agriculture et un développement rural durable dans les pays candidats d’Europe centrale et orientale) et du fonds structurel IFOP (Instrument financier d’orientation de la pêche) a aidé plusieurs exploitations piscicoles à moderniser leur technologie. L’Estonie a le potentiel pour développer son aquaculture. Cette dernière bénéficie d’une image positive dans la société et est forte d’une longue tradition. Depuis 1989, l’Association des pisciculteurs estoniens a mené des négociations serrées avec le gouvernement pour protéger les intérêts des pisciculteurs et garantir l’accès à la formation. Elle a publié une lettre d’information, Eesti Kalakasvataja, et organisé des formations. Le pays est riche en eaux de bonne qualité et dispose de terres libres pour installer de nouvelles exploitations piscicoles ou agrandir celles qui existent déjà (aussi bien les grandes exploitations professionnelles que les plus petites partiellement orientées vers le tourisme). En raison d’une situation environnementale plutôt bonne et des faibles niveaux actuels de pollution dans l’aquaculture, les environnementalistes ne s’opposent pas non plus de façon radicale au développement de l’aquaculture. Les limitations et règlementations relatives à l’utilisation de l’eau et à la charge en éléments fertilisants augmentent cependant. Enfin, la création de valeur ajoutée grâce à la transformation et à l’amélioration des produits (filetage, salage, marinage, fumage, sous vide et gaz d’emballage) peut contribuer à élargir le marché et à augmenter les profits alors que l’introduction de nouvelles espèces (écrevisse, anguille, esturgeons, poisson chat, omble, brochet) peut élargir les possibilités de commercialisation.
    Références
    Bibliographie
    Tohvert, T. , Paaver, T. & Kalakasvatus, E. 1999 . Fish farming in Estonia. Tartu. pp. 163. (en estonien)
    Paaver, T. 1997 . Aquaculture Development in Estonia. Eastfish, 2, pp. 24–26.
    Meskeleviciute, S. , Ozolina, G. , Irval, S. & Paaver, T. 2005 . Aquaculture in the Baltics: Small but growing. Eurofish, 2, pp. 84–88.
    FAO . 2005 . Aquaculture production, 2003. Year book of Fishery Statistics - Vol.96/2. Food and Agriculture organization of the United Nations, Rome, Italy.
    Liens utiles
     
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