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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L'industrie aquacole française est un secteur bien établi et qui date de longtemps, il a été le premier à se développer dans les pays de l'UE; 243 907 tonnes ont été produites en 2004, plaçant ainsi la France en deuxième position parmi les plus grands producteurs en termes de volume en Europe. La production marine est dominée par les mollusques; principalement l'huître avec 106 750 tonnes et les moules avec 74 100 tonnes générant un revenu brut d'environ 600 million € résultant à 20 000 postes de travail dans 3 700 fermes aquacoles. La production d'eau douce est constituée surtout par la truite avec 36 611 tonnes produites par 500 fermes aquacoles dont chacune produit moins de 200 tonnes/an. Le secteur de la pisciculture en mer a été développé grâce aux recherches des 30 dernières années, cependant, à la suite des succès récents au début des années 90, le secteur de la pisciculture en mer, en France, (principalement de bars et dorades produisant 4 817 tonnes, dont plus de 60 millions d'alevins sont vendu surtout pour l'exportation) a été en concurrence avec d'autres pays notamment la Grèce et plus récemment la Turquie. Aujourd'hui, en plus de la production de la crevette tropicale en nouvelle Calédonie et de la perle noire dans la Polynésie, le principal potentiel du développement du secteur aquacole français réside dans la production des poissons marins, notamment de nouvelles espèces prometteuses comme le tambour rouge ainsi que des produits de haute qualité comme le caviar d'esturgeon, des souches sélectionnées de toutes les espèces de poissons et produits marqués de qualité.

    Le principal facteur limitant à ce développement demeure dans l'accès au site d'élevage puisque la plupart des autorités côtières préfèrent soutenir le développement du secteur du tourisme et maintenir le libre accès aux eaux côtières plutôt que d'établir des exploitations marines. Concernant l'aquaculture d'eau douce, la concurrence est bien plus dure avec l'augmentation des contraintes environnementales en termes de qualité des effluents. Le potentiel pour le développement est plus important dans certains territoires d'outre-mer français, en particulier les îles, notamment en Corse, en Nouvelle-Calédonie et la lagune de Mayotte dans l'Océan Indien. Le potentiel pour le développement existe toujours dans les petits marchés pour les produits de marque et de haute qualité, dans le progrès technologique (systèmes d'élevage, notamment dans les systèmes de recyclage d'eau), dans les souches génétiquement améliorées (sélection protégée, poissons stériles, hybrides de rendement élevé, etc.) y compris les juvéniles, dans la synergie de la recherche multidisciplinaire fonctionnant dans de grands réseaux européens et finalement dans la maximisation des opportunités se rapportant aux secteurs de la production, l'éducation (études, formations), l'aqua-tourisme, la conservation de la biodiversité, etc., dans une zone côtière limitée et contrôlée s'étendant progressivement dans les eaux de mer.
    Historique et aperçu général
    L'aquaculture française est une activité ancienne bien établie, surtout l'élevage des mollusques et de la truite. Les espèces d'eau douce autres que les salmonidés, (la carpe - 4 230 tonnes, le gardons et la tanche - 2 790 tonnes) ont été mis en élevage depuis le Moyens Age dans les régions du sud ouest, centrales et orientales de la France.

    Durant les années 70, le cycle biologique du bar et de dorade a été bouclé par des scientifiques français menant des expériences dans le Sud de la France. Le progrès rapide de la technologie et la demande élevée des petits marchés connaisseurs, notamment en Italie, soutenait fortement le secteur de la pisciculture en mer. Au cours des 20 dernières années, le développement aquacole a été très rapide dans les territoires français d'outre-mer, par exemple en Nouvelle-Calédonie où la crevetticulture (2 100 tonnes) vise le marché japonais et dans les territoires de Mayotte/Réunion où la production des poissons marins, du tambour rouge et du cobia (390 tonnes) vise les marchés européens. La Martinique est en train de développer la production des poissons pour son marché local. Il y a une grande diversité dans les systèmes de production :
    • Les poissons marins et d'eau douce: sont mis en élevage dans les raceways, les étangs, les bassins et les cages, excepté la carpe et les cyprinidés qui sont mis en élevage dans les barrages, les lacs et les réservoirs.
    • Les crustacés (crevette tropicale) sont mis en élevage dans les étangs en terre.
    • Les mollusques sont élevés le long de la côte dans les baies, les rias, les lagunes sur des filières suspendues, tables, pieux ou directement dans le fond de la mer.
    Les rendements sont élevés pour la crevette (entre 2 à 4 tonnes/ha/an) et les poissons marins (0,1 tonne/m3/an), grâce aux systèmes d'élevage relativement intensifs; mais ils sont faibles en ce qui concerne les poissons d'eau douce excepté la truite et l'esturgeon.
    Ressources humaines
    Le secteur de production le plus important est la conchyliculture: 55 000 concessions sont énumérées dans le domaine maritime public, représentant 3 700 compagnies, la plus part d'entres elles sont des propriétés privées (78 pour cent). L'élevage de la truite emploie 2 000 personnes réparties sur 800 sites, 3 pour cent des compagnies ont une grande production de plus de 500 tonnes chacune, les compagnies de petites tailles produisent moins de 100 tonnes chacune mais représentent 84 pour cent de la production totale. L'élevage d'autres espèces de poissons d'eau douce est représenté par 6 000 aquaculteurs d'activités variées.

    L'élevage des poissons marins est entrepris dans 50 exploitations aquacoles établies dans 52 sites. Ce secteur emploie 500 personnes environ. Huit des plus grandes compagnies produisent environ 75 pour cent des ventes totales. Certaines compagnies se spécialisent dans la production des juvéniles ou dans le grossissement jusqu'à la taille marchande, ces secteurs ont une valeur marchande élevée.

    La crevetticulture en Nouvelle-Calédonie est pratiquée dans 13 fermes aquacoles dont cinq sont des fermes familiales de petite taille (moins de 20 ha), six sont des fermes de taille moyenne (20 à 60 ha) et deux sont de grandes exploitations (plus de 60 ha). L'ostréiculture de la perle noire en Polynésie française est pratiquée par, environ, 200 aquaculteurs.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    La production conchylicole est distribuée le long des côtes occidentales et méditerranéennes de la France; c'est une activité traditionnelle située dans six secteurs, à savoir: la Basse Normandie, la Bretagne, Pays-de-Loire, Poitou-Charentes, l'Aquitaine et le Languedoc-Roussillon. L'élevage de la truite est principalement situé à l'Aquitaine et en Bretagne (47 pour cent de la production totale); cependant, il existe également beaucoup d'exploitations au Nord-Pas-de-Calais, Normandie, Rhône-Alpes et le Midi-Pyrénées. D'autres espèces d'eau douce comme la carpe, la tanche, le gardon et le brochet sont produits dans les régions du Centre, de Rhône-Alpes et de la Lorraine. L'élevage de l'esturgeon se développe rapidement avec trois fermes produisant 15 tonnes de caviar.

    Les poissons marins sont produits dans plusieurs zones: le bar et la dorade sont élevés près de la Mer du Nord (utilisant l'eau de chauffage d'une centrale nucléaire), le long de la côte Atlantique et en Méditerranée (Côte d'Azur et la Corse). Des fermes de turbot sont établies le long de la côte Atlantique et l'élevage de saumon se trouve principalement en Normandie et en Bretagne.

    Les crevettes sont élevées seulement sur l'île de la Nouvelle-Calédonie. Le secteur de la crevette est dynamique et exige plus de formation et d'appui technique pour se développer. La recherche est nécessaire, également, pour assurer la durabilité de la production, par exemple par l'éco-pathologie; les études sur la nutrition et la qualité de la chair, etc. Les perles d'huître (noire) sont une spécialité de Tahiti qui tire bénéfice de son image 'd'île du paradis'. Les 11 tonnes de perles produites en 2004 sont le fruit de l'effort d'environ 4 000 personnes et cette activité est la deuxième source de revenu pour ce territoire français, après le tourisme. D'ailleurs, cette activité s'est développée dans des régions 'plus pauvres' (les îles de corail de l'archipel de Tuamotou) où les personnes peu expérimentées, du secteur de production de l'huile de noix de coco, qui est en déclin, ont trouvé de l'emploi.
    Espèces cultivées
    La conchyliculture est principalement représentée par les huîtres creuses (du Pacifique) (Crassostrea gigas). En 2004, 105 250 tonnes ont été produites. Cette espèce a été introduite en France en 1966 pour remplacer les pertes massives d'huître portugaise dues, à l'époque, à la présence de deux maladies virales. Le secteur conchylicole en France est le plus grand en termes de volume produit et en second lieu en termes de valeur en Europe. En 2004, environ 35 128 tonnes de truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) ont été produites avec une valeur marchande d'environ 135 million €. La France est le troisième plus grand producteur de la truite après le Chili et la Norvège et la truite est la plus importante espèce mise en élevage en France.

    Le bar européen (Dicentrarchus labrax), la dorade royale (Sparus aurata) et le turbot (Psetta maxima) dominent le secteur aquacole marin en France avec une production de 5 766 tonnes. Ces espèces ont été développées depuis 1970 et ont montré une croissance rapide pendant les années 90. La France possède une bonne connaissance scientifique et un savoir-faire en ce qui concerne la production des juvéniles ce qui se traduit en une valeur marchande élevée des exportations sur le marché (60 à 70 pour cent de la production est exportée au sein de l'Europe et aussi vers la Chine).

    L'élevage de la crevette (Penaeus stylirostris) en Nouvelle-Calédonie a été introduit en 1981, cette espèce de crevette est bien adaptée à l'environnement de la Nouvelle-Calédonie et a une valeur marchande élevée due à sa qualité. Elle est principalement exportée vers le Japon et la France.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    En France, l'élevage des mollusques et crustacés utilise plusieurs moyens, à savoir les flottants ou tables, filières, poches de filets (sacs de fond) et les bouchots. Le cycle total d'élevage dure trois à quatre ans chez les mollusques et crustacés pour atteindre la taille commerciale et les transferts entre les zones de grossissement sont fréquents. A cause des systèmes immunitaires limités de coquillage et leurs capacités d'accumuler plusieurs types de composants dans l'eau de mer, comme les algues toxiques et les polluants, les règles européennes de sécurité alimentaire visent à limiter les transferts pour réduire le risque d'événements épizootiques. Les poissons marins de grande valeur sont mis en élevage suivant trois technologies principales:
    1. Système d'eau ouvert à travers les raceways en béton (le bar et la truite).
    2. Systèmes de recyclage très poussés dans les bassins (le bar et le turbot).
    3. Elevage en cage pour le bar, la dorade et le tambour rouge, principalement dans les eaux méditerranéennes comprenant la Provence Côte d'Azur, la Corse et dans les zones tropicales au alentour de Mayotte et de La Réunion.
    La crevetticulture utilise le système semi-intensif, dans les étangs en terre, sur les îles ayant des espaces disponibles. La France a connu une augmentation progressive au niveau du contrôle exercé sur les pratiques d'élevage afin de réduire les pertes d'aliments, l'utilisation des produits vétérinaires, les impacts sur l'environnement et en général se conformer aux recommandations pour une durabilité du secteur. Les producteurs sont maintenant conscients du fait que l'image des produits aquacoles est clairement liée à leur méthode de production. Les organismes et les établissements de recherche liés à l'industrie collaborent régulièrement pour soutenir ce type d'approche.
    Performance du secteur
    Production
    Le secteur aquacole français est principalement orienté vers la consommation locale traditionnelle (la France consomme la majeure partie de sa production en bivalve) avec, en plus, un secteur dynamique de production de haute qualité des espèces telles que le bar exporté vers les Etats-Unis ou la crevette exportée vers le Japon. Cette qualité supérieure des produits maintient les prix élevés grâce au contrôle précis des critères tels que le goût, l'utilisation des produits vétérinaires, la fiabilité de l'approvisionnement en semence et alevins et les normes de qualité quand ils existent.

    Le secteur aquacole n'a pas une contribution significative à la sécurité alimentaire et il est un contribuant relativement mineur à la production totale de nourriture en France. Cependant, il contribue de manière significative à l'engendrement d'emploi stable, notamment en hiver, dans les régions côtières et les villes.

    Aujourd'hui le meilleur potentiel pour le développement des espèces méditerranéennes existe à l'est de "PACA" (la Provence Alpes Côtes d'Azur) et en Corse mais ces régions sont également sujettes à des pressions fortes du tourisme, malgré le fait que l'espace requis pour installer des cages en mer ouverte est extrêmement petit, souvent moins de 10 ha. En plus de cette concurrence pour l'espace, la capacité de production des poissons marins continue à augmenter dans les pays de la Méditerranée orientale, causant une égalisation des prix sur les marchés de gros européens. En effet, les avantages comparatifs de ces pays, comme le faible coût de la main-d'oeuvre, les eaux de surface plus chaudes, etc., aide à comprendre pourquoi les producteurs français des poissons marins visent les marchés locaux de haute qualité qui sont protégés par des conditions spécifiques. Dans ce secteur la plupart des fermes marines françaises sont appelées à se développer et à s'élargir, comme elles ont réussi à le faire en Corse et en Océan Indien.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l 'aquaculture au France (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée en France (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    (Source: Statistiques de pêche de la FAO, production d'aquaculture).

    Marché et commerce
    Le marché des mollusques et crustacés est essentiellement local; les huîtres du Pacifique sont vendues principalement sur le marché français mais également en Italie (4 000 tonnes), en Belgique (700 tonnes) et en Allemagne (400 tonnes). La France a aussi importé (en 2004) des huîtres de l'Irlande (1 600 tonnes), de la Grande-Bretagne (400 tonnes) et de l'Espagne (300 tonnes). La consommation des huîtres est principalement saisonnière, avec 70 pour cent de la production annuelle lancée sur le marché entre novembre et janvier. La balance commerciale positive pour les mollusques et les crustacés produit en France environ 12 million €, la balance commerciale de la France en moules est, cependant, négative avec une valeur d'importation nette d'environ 60 million € due à une grande quantité de produits importés des Pays Bas (17 100 tonnes), de l'Irlande (13 000 tonnes), de l'Espagne (7 500 tonnes) ainsi que d'autres pays européens. Les principaux marchés d'exportation sont l'Espagne (2 500 tonnes), l'Allemagne (500 tonnes) et l'Italie (400 tonnes).

    Les marchés de la truite arc-en-ciel sont de trois types:
    1. Consommation directe: utilisant 80 pour cent de la truite d'élevage (la valeur marchande: 130 million €).
    2. Pêche à la ligne: 12 pour cent (la valeur marchande: 16 million €).
    3. Repeuplement: 8 pour cent (valeur marchande: 7 million €).
    La France exporte environ 5 300 tonnes de truite arc-en-ciel, principalement, vers la Belgique (36 pour cent) et l'Allemagne et les importations tournent autour de 3 000 tonnes essentiellement du Norvège et de l'Espagne. La truite est vendue fumée (40 pour cent), entière (30 pour cent), en filets (20 pour cent), sous forme de "caviar" (2 pour cent) et autres produits (8 pour cent). Cette diversification des produits de truite est tout à fait récente et la large gamme de différents produits a contribué à un renforcement du secteur de la truite. Le bar et la dorade sont, tous les deux, vendus sous forme de poissons entiers, avec 50 pour cent de la production exportée (environ 2 400 tonnes). Les écloseries française ont une expérience de plusieurs années et de l'expertise en termes de production des juvéniles, faisant que, la France exporte entre 70 et 80 pour cent de sa production en juvéniles de bar et de dorade. Cependant, la France importe également approximativement 5 000 tonnes de dorade de la Grèce (66 pour cent) et de l'Espagne (11 pour cent) et 2 700 tonnes de bar de la Grèce (77 pour cent) et du Royaume-Uni (11 pour cent).

    La "crevette bleue" (Penaeus stylirostris) de la Nouvelle-Calédonie est un produit de haute gamme vendu essentiellement sur les marchés européens (33 pour cent) et japonais (27 pour cent). On exporte environ 80 pour cent de la production ce qui génère un revenu brut annuel de 12 million €.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L'organisme responsable de la gestion du secteur aquacole en France est le Département des Pêches Maritimes et de l'Aquaculture (DPMA,) au sein du Ministère de l'Agriculture et de la Pêche et des ressources forestières. Le Ministère de l'Environnement est aussi étroitement impliqué dans les affaires liées à l'aquaculture et sa participation a augmenté au cours des dernières 20 années. Trois autres ministères sont également impliqués notamment ceux liés à la recherche et aux études supérieures, à l'industrie et aux finances.

    Plusieurs instituts et organismes publics jouent un rôle dans l'évolution du secteur aquacole, par exemple le CNRS (Centre National pour la Recherche Scientifique), l'ADEME (l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Energie), l'Ofimer (l'Office national interprofessionnel des produits de la mer et de l'aquaculture), l'ANVAR (l'Agence nationale de valorisation de la recherche, dite "Agence française de l'innovation), l'INRA (l'Institut National de Recherche Agronomique qui s'occupe de la production agricole notamment de la truite), l'IRD (l'Institut de Recherche pour le Développement) et le CIRAD ( le Centre de Coopération Internationale en Recherche Agronomique pour le Développement) (instituts de recherche spécialisés dans la R&D dans les territoires d'outre-mer et ayant un intérêt particulier au Tilapia et GCZM) et le Cemagref (l'Institut de recherche pour l'ingénierie de l'agriculture et de l'environnement) (un institut de recherche se spécialisant dans les espèces d'eau douce, notamment l'esturgeon).

    Dans chaque région administrative du pays, l'aquaculture est soutenue par les institutions spécialisées de développement (par exemple Smidap au Pays-de-Loire, Cepralmar au Languedoc-Roussillon, Ardam en La Réunion, etc.), ces organismes fournissent de l'appui à plusieurs secteurs comprenant: le choix des projets de recherche prioritaire, l'aide financière aux compagnies et aux nouveaux projets, le co-financement des doctorats, etc. Cette influence est très importante dans les territoires d'outre-mer français où les recommandations générales des terres françaises doivent être adaptées aux conditions locales.
    Règlements en vigueur
    Le cadre général est basé sur la Loi Européenne avec son principe de subsidiarité, en d'autres termes des lois spécifiques sont gérées, individuellement, par chaque pays membre de l'Union Européenne. Les lois européennes principales concernant l'aquaculture sont les suivantes: les règles 1263/1999 et 2792/1999 se rapportant au financement et les règles 1685/2000 liées au choix des projets éligibles et divers décrets et circulaires liés au traitement des fonds structurels et aux subventions réservées au développement du secteur aquacole dans les régions périphériques.

    Pour le secteur conchylicole, la DPMA (Direction des pêches maritimes et de l'aquaculture) a un certain nombre de responsabilités concernant la promotion de la consommation des mollusques et crustacés ayant un lien étroit avec l'amélioration de la santé publique. En outre pour l'élaboration des lois et règlements appropriés, notamment sur la protection de la santé humaine, la gestion de toutes les réclamations, la surveillance de la qualité de l'eau par des réseaux relevants de l'IFREMER et la surveillance du travail des organismes professionnels.

    En relation avec la prise de conscience croissante des consommateurs et du grand public au sujet des problématiques environnementales, un contrôle accru et plus rigoureux du règlement de la production aquacole a été développé au cours des 20 dernières années. L'objectif visait les eaux continentales et les eaux côtières, pour atteindre le niveau le plus élevé possible de la qualité environnementale tout en assurant le minimum de contraintes pour les voisins ou autres utilisateurs de l'environnement aquatique, notamment dans des zones côtières, à proximité des activités aquacoles.

    En conséquence, l'aquaculture des poissons est réglementée et les installations sont enregistrées (ICPE: les installations classées pour la protection de l'environnement). Toute activité aquacole doit démontrer que les effets négatifs éventuels de ses activités dans le sens le plus large (pollution organique, résidus antibiotiques, risque génétique des évasions, maladies spécifiques, etc.) sont dans les limites de ce qui est permis par loi, et que le développement est correctement surveillé. La liste établie après le 1er décret (qui est régulièrement modifié) du 20 mai 1953 énumère les installations qui sont concernées.

    Les deux principaux règlements officiels sont la loi du 19 juillet 1976  et le décret du 21 septembre 1977 , qui détaillent les conditions pour la gestion des fermes aquacoles enregistrées. Ces règlements ont été fréquemment modifiés pendant les 20 dernières années et, récemment, le décret daté du 20 mars 2000 , intègre dans la loi française plusieurs éléments des directives européennes applicables . Ces trois lois et décrets ne sont pas les seuls qui réglementent le fonctionnement des exploitations piscicoles enregistrées; ils offrent simplement le cadre pour l'instauration d'un ensemble considérable de lois et de règlements spécifiques, composé de nombreux textes . Par exemple, si une ferme de poissons marins produit entre 5 et 20 tonnes de poissons par an, son propriétaire doit juste soumettre une déclaration simple à la préfecture. Cette étape ne présente pas une difficulté importante, cependant, dès que la production excède 20 tonnes, notamment en mer ouverte, tous les aspects des procédures d'ICPE doivent être respectés, y compris l'étude d'impact, la surveillance régulière des paramètres biologiques et chimiques, etc.

    Pour plus d'information sur la législation d'aquiculture en France cliquez sur le lien suivant (en anglais):
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture - France (en anglais)
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les priorités de la recherche aquacole sont établies en se basant sur plusieurs critères à savoir: les opportunités de financement en particulier de l'Union Européenne, le développement technologique notamment par les entreprises privées et les tendances politiques, en raison de la coopération bilatérale.

    Il y a une forte tendance vers une interface permanente entre la recherche, principalement dirigé par les établissements de recherche nationaux tels que l'IFREMER, l'INRA, le CIRAD, l'IRD, etc., et le secteur de production, par l'intermédiaire des unions de commerce (syndicats) et d'autres associations industrielles. Les principaux partenaires sont le CNC (Conseil national de la conchyliculture), la FFA (Fédération française de l'aquaculture), le CIPA (Comité interprofessionnel des produits de l'aquaculture), le SFAM (Syndicat français de l'aquaculture marine), le CNPMEM (Comité national des pêches et des cultures marines), le SAVU (Service d'assistance vétérinaire aquacole d'urgence) et le SYSAAF (Syndicat des sélectionneurs avicoles et aquacoles français).

    Le contact régulier entre tous les intervenants facilite le choix des priorités de la recherche, avec la nécessité d'un certain compromis entre la recherche fondamentale et appliquée. Les conférences et les expositions, notamment celles organisées par la Société Européenne d'Aquaculture ou l'UE, sont également des moyens de la discussion interactive sur les résultats de recherche et les besoins et les conditions du secteur privé. Dans l'ensemble, les principaux établissements de recherche cernent toutes les disciplines de recherche qui sont requises pour relever les défis du développement: la nutrition, la physiologie, la génétique, les modèles socio-économiques et la pathologie (bien que la recherche dans ce secteur commence à perdre du terrain).

    Sept principales universités participent à la recherche en matière d'aquaculture: Paris (VI), Brest (UBO), La Rochelle, Bordeaux, Montpellier (UM2) Marseille et Nice. Les études et la formation sont réparties sur trois régions:
    • Etudes techniques, dans douze universités se spécialisant dans les mollusques, les poissons d'eau douce, la technologie, etc., avec un diplôme de technicien après 2 ou 3 ans d'étude après le baccalauréat.
    • Etudes supérieures dans les écoles d'agronomie (Paris, Montpellier, Rennes, Toulouse, Nancy) et les deux écoles vétérinaires (Nantes et Maison Alfort).
    • Formation continue offerte par des institutions spécialisées, principalement le CNAM et le Creufop (Université de Montpellier).
    Comme le secteur aquacole est relativement petit (environ 25 000 personnes) et relativement statique en termes de développement, le besoin en personnel qualifié reste faible. Cependant, il y a toujours une demande continue des personnes expérimentées pour l'appui des projets internationaux, qui démontre le besoin d'une infrastructure pour dispenser de la formation, en particulier pour les ressortissants étrangers pour qui la demande augmente. Les matières principales pour la formation sont tous les sujets liés au plan de développement et de durabilité.
    Tendances, questions et développement
    La France est l'un des principaux pays en Europe en termes de volume de produits aquacoles, de la qualité de son système d'études et de recherche, et de l'appui des organisations des producteurs. Après une première période de développement pendant les années 90 la production française de poissons marins s'est stabilisée tandis que la Grèce, l'Espagne et la Turquie ont connu un développement important du secteur de la production du bar et de la dorade. La production méditerranéenne totale de ces deux espèces est actuellement estimée à 200 000 tonnes au minimum (avec une production potentielle durable totale de 300 000 tonnes). La faiblesse principale de l'aquaculture française est le fait qu'elle est dominée par une espèce majeure, l'huître japonaise (Crassostrea gigas) qui a limité le potentiel pour la croissance et qui est soumise à de gros risques des effets des changements de la qualité de l'eau et des changements climatiques. Le futur du secteur de l'huître est clairement lié à l'utilisation collaborative des zones côtières. En effet, plusieurs facteurs concurrencent les mollusques et les crustacés pour l'usage des ressources côtières: les activités de la pêche, le tourisme comprenant les sports tel que la navigation, la conservation de la nature, le commerce et la navigation militaire.

    Il existe trois principales contraintes au développement aquacole français: :
    1. La concurrence dans les zones côtières (y compris les estuaires) pour l'utilisation de l'espace et de l'eau, avec des conditions rigoureuses des études d'impact, le contrôle et la surveillance des rejets et des déchets.
    2. Un grand investissement est requis pour lancer un nouveau projet et pour assurer la compétitivité des produits français dans d'autres pays notamment en méditerranée et au sud-est de l'Asie.
    3. Le climat, vu l'emplacement de la France au sud pour la production des espèces atlantiques du nord (salmonidés) et sa position au nord par rapport à la production des espèces méditerranéennes.
    Cependant, la France possède d'énormes capitaux d'une importance croissante considérant l'évolution des tendances majeures concernant l'utilisation des fleuves et des zones côtières, par exemple:
    • Un contrôle rigoureux de tout le processus de la production à partir de la ferme jusqu'au consommateur, qui permet à des producteurs de garantir la traçabilité du produit dans toute la chaîne de production et quand le produit de qualité peut atteindre des prix élevés.
    • Développement technologique des systèmes basés sur terre concernant la gestion du stock de reproduction, les systèmes de recyclage total permettant le contrôle de la qualité de l'eau, l'identification des repères génétiques pour le benchmarking (l'amélioration comparative) de nouvelles espèces aquacoles, les systèmes d'élevage intensifs, la résistance à la maladie, la traçabilité du produit, la qualité de la chair, l'évaluation sensorielle (y compris la saveur), les besoins alimentaires, la protection des animaux, les critères de choix de la durabilité, etc.
    • Des études de haut niveau, en sciences aquatiques avec l'accès aux établissements de recherche offrant une large gamme d'équipements et du personnel expérimenté; cette capacité facilite les études multidisciplinaires assurant le développement intégré.
    La demande en fruits de mer de haute qualité et salubres va perdurer et les derniers rapports de la FAO indiquent que les prix des poissons continuent à augmenter. La demande de l'utilisation à multi-facettes de la zone côtière continuera également, en conséquence, il y a un besoin clair en biotechnologies fiables assurant des fruits de mer de haute qualité et la capacité de contrôle de la durabilité de l'environnement marin. Cette nouvelle philosophie de production inclut le bien-être des poissons mis en élevage ainsi que le respect du code des bonnes pratiques menées par les aquaculteurs.

    Un potentiel énorme de développement de l'aquaculture réside, encore, dans les petits marchés liés à la haute qualité et les produits de marque; dans le progrès technologique, notamment dans le développement génétique et la sécurité des juvéniles biologiques; dans les systèmes plus efficaces de recyclage; dans la fabrication des aliments de poissons par la substitution de l'huile de poissons et de la farine de poissons, et dans la synergie de la recherche multidisciplinaire menée au sein des grands réseaux européens. L'objectif final est la gestion coordonnée des buts identifiés (la production, la formation, le tourisme aquatique, la conservation de la biodiversité, etc.) avec tous les intervenants, dans une zone côtière réglementée qui s'étend progressivement vers la mer. Le potentiel pour ce but demeure fragile vu qu'il est lié à l'image que le consommateur ont de la production aquacole et de la nécessité d'assurer une image publique d'un produit naturel élevé dans des conditions réglementées mais naturelles.
    Références
    Bibliographie
    FAO. 2005. Aquaculture production, 2004. Year book of Fishery Statistics - Vol.96/2. Food and Agriculture organization of the United Nations, Rome, Italy.
    Aqualog. 2001. Guide de la production aquacole française; Aqualog, La Seyne sur mer, 125 p.
    CIRAD. 2002. Le Cirad en 2002. 60 pp.
    CIRAD. 2003. Le Cirad en 2003. 80 pp.
    FAO. 1994: SIPAM: Information system to promote aquaculture in the Mediterranean. MEDRAP II Project. Tunis/Rome, November 1994, FAO, Rome, 61 pp.
    FAO. 1996. Rapport final sur le projet « Assistance à la mise en place du SIPAM », projet GCF/REM/OSS/FRA, 11 octobre 1993 - 31 août 1996 FAO, Rome, 34 pp.
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