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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’aquaculture était bien établie au cours des années 1950 en Géorgie. L’activité aquacole la plus importante était alors la pêche continentale fondée sur l’élevage. La production actuelle se limite à la culture de truites dans des systèmes à recirculation d’eau dans de petites exploitations et aux pêches fondées sur l’élevage dans des étangs, des lacs et des réservoirs. Ces plans d’eau continentaux sont repeuplés avec des fingerlings produits par les écloseries aquacoles. Les principales espèces produites sont la carpe commune et la carpe herbivore. Le nombre d’exploitations et d’écloseries utilisées pour repeupler les plans d’eau a cependant progressivement baissé.

    Selon le registre officiel du ministère de l’Agriculture, on compte en Géorgie 84 plans d’eau continentaux (étangs et réservoirs), d’une surface totale de 3 200 ha, destinés aux activités aquacoles. Seulement la moitié ou le tiers du potentiel de la majorité d’entre eux est utilisé. Au début de l’année 2004, les chiffres du Service national des statistiques indiquaient qu’il y avait environ 295 petites exploitations piscicoles familiales qui couvraient une surface d’environ 560 ha.

    25 petites exploitations élevant des truites sont aussi officiellement enregistrées. Elles produisent surtout des truites arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss). On estime cependant qu’il faut encore compter entre 25 et 30 exploitations non enregistrées.

    Même si la production aquacole totale n’est pas impressionnante, il existe en Géorgie quinze réservoirs et vingt lacs d’une surface totale d’environ 30 000 ha qui constituent un bon potentiel de développement pour l’aquaculture en eau douce.

    L’aquaculture en est encore à ses débuts mais elle présente de belles perspectives d’augmentation de la production d’un large éventail d’espèces dans les eaux continentales comme dans l’environnement marin pour, notamment, lutter contre la pauvreté dans les zones rurales. Une série d’objectifs spécifiques pour le développement du secteur a été décrite alors que les tâches et les responsabilités des différentes institutions gouvernementales sont définies et qu’une nouvelle loi sur la pêche et l’aquaculture est en cours de réalisation. Il est enfin nécessaire d’établir des formations officielles en aquaculture et dans le domaine de la pêche ainsi que des structures éducatives en Géorgie.
    Historique et aperçu général
    Le développement de l’aquaculture a commencé dans les années 1930. A ses débuts, il s’agissait d’activités de pisciculture dans des lacs, dans des réservoirs, dans des rivières (Alazani, Mtkvari) et dans des étangs.

    Au cours de la période 1930-1950, on comptait environ 50 exploitations aquacoles dont les étangs couvraient une superficie totale d’environ 2 500 ha. On comptait parmi ces exploitations deux écloseries dans l’ouest du pays et trois à l’est. Les écloseries étaient responsables de la reproduction, de la croissance et de la sélection de différentes espèces de carpes, notamment de la carpe commune (Cyprinus carpio), de la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix), de la carpe à grosse tête (Hypophthamichthys nobilis) et de la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idella).

    Au cours des années 1980, l’aquaculture est devenue moins importante car les captures marines ont considérablement augmenté. Le nombre d’exploitations aquacoles a baissé d’environ 50 dans les années 1950 à moins de 20 dans les années 1980. Au milieu des années 1980, on comptait 13 exploitations piscicoles élevant des carpes dans des étangs alors que seulement 2 exploitations s’occupaient de la culture de truites arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss). 15 réservoirs et 20 lacs d’une superficie totale d’environ 30 000 ha étaient utilisés pour la croissance jusqu’à une taille commercialisable de poissons d’eau douce.

    A partir de 1991, les difficultés économiques et sociales rencontrées par le pays, le manque de ressources financières, les politiques rigides de crédit et la perte du marché soviétique ont eu des effets extrêmement négatifs sur l’économie géorgienne en général et sur le secteur des pêches en particulier.

    Au début des années 1990, les exploitations aquacoles et les lacs appropriés pour l’aquaculture ont été privatisés. Ces structures ont malheureusement parfois été acquises par des personnes qui ne disposaient pas des compétences nécessaires pour les exploiter. En raison du manque de financement et d’un certain manque d’expérience en pisciculture, plusieurs exploitations ont été transformées en exploitations agricoles, ce qui a provoqué la destruction des écloseries, des étangs et des infrastructures techniques et hydriques. De nombreuses exploitations ont cessé leurs activités pendant de longues années et la production aquacole d’espèces commerciales a chuté de 300 à 50 tonnes. Quelques petites exploitations ont maintenu leurs activités et de nouvelles exploitations privées ont aussi été crées. A la fin des années 1990, elles produisaient environ 65 tonnes de poisson par an.
    Ressources humaines
    Selon les estimations officielles du Service des statistiques, le secteur de la pêche employait 3 200 personnes en 2004, dont 400 dans l’aquaculture.

    Il est communément accepté que les statistiques officielles sont sous-estimées. Des sources officieuses estiment qu’environ 3 300 personnes tiraient des revenus d’activités aquacoles en 2004 en Géorgie. La moyenne d’âge des personnes employées dans ce secteur est d’environ 40 ans et la majorité sont des hommes. Les femmes s’occupent davantage de la distribution et de la commercialisation de la production. La majorité des pisciculteurs ont suivi des études techniques supérieures dans des secteurs autres que ceux des pêches ou des domaines qui leur sont liés.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    La superficie totale de la Géorgie est d’environ 69 500 km². Le pays est riche de nombreuses ressources hydrobiologiques. Il est donc adapté pour la pêche de capture tant marine que continentale et pour les activités aquacoles. On compte 25 075 cours d’eau d’une longueur totale de 54 768 km appartenant aux bassins de la mer Noire et de la mer Caspienne. On compte 860 lacs d’une superficie totale de 170 km² et 12 réservoirs d’une superficie totale de 107 km². La mer Noire baigne le pays à l’ouest. Ses côtes sont d’une longueur totale de 330 km. Des étangs et des bassins de petites et de moyennes dimensions sont répartis à travers tout le pays.
    Espèces cultivées
    Les espèces les plus cultivées sont la carpe commune (Cyprinus carpio), la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix), la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idella), le barbeau (Varicorhinus capoeta), le poisson rouge (Carassius carassius) et le silure glane (Silurus glanis).
    La production de truite est essentiellement celle de la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) mais quelques exploitants élèvent aussi l’espèce endémique de la Caspienne (« pointed trout ») en très petites quantités.
    Les principales espèces introduites et capturées dans les lacs et les réservoirs sont, entre autres, la truite de lac (Salmo trutta caspius lacustris), la truite de mer (Salmo trutta caspius romanovi), la carpe commune (Cyprinus carpio), la petite marène (Coregonus albula), la chevaine (Leuciscus cephalus orientalis), le carassin (Carassius carassius), la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix), la carpe à grosse tête (Hypophthamichthys nobilis) ainsi que différents types de barbeau (Barbus tauricus escherichi, B. capito and B. lacerta cyri).
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Exception faite des pêches dans les eaux continentales fondées sur l’élevage, deux types de culture sont pratiqués dans l’aquaculture géorgienne: la culture d’espèces d’eau chaude et l’élevage de truite dans des bassins en béton.

    La culture d’espèces d’eau chaude est réalisée dans des étangs riches en nutriments. Il s’agit, entre autres, de la culture de la carpe commune, de la carpe herbivore et de la carpe à grosse tête. Les exploitants fournissent immédiatement de la nourriture aux poissons et poursuivent cet apport extérieur jusqu’à ce que ceux-ci atteignent un poids de 100 à 150 g. Les poissons sont de nouveau nourris avant la récolte pour qu’ils engraissent. La carpe commune et la carpe herbivore grossissent habituellement d’environ 2 kg au cours de la période de production entre mai et novembre si des fingerlings de qualité sont utilisés, si les conditions des étangs sont bonnes et si la nourriture est régulièrement fournie. Les données d’une récolte a cependant révélé que des carpes de deux ans avaient atteint en moyenne 1,9 kg, c’est-à-dire moins de la moitié du rendement escompté.

    Les exploitants élaborent la nourriture à partir de maïs et d’huile de soja. Certains exploitants d’étangs mélangent parfois de l’huile de soja ou de poisson à du blé gâté. Les étangs piscicoles sont équipés assez pauvrement et la majorité manque des infrastructures les plus élémentaires pour contrôler leurs conditions (thermomètres, indicateurs du pH, de la teneur en oxygène, de la dureté de l’eau ou de la conductibilité électrique). L’équipement est aussi plus rudimentaire pour les étangs à carpes qui semblent être, pour la plupart, mal entretenus. La majorité des étangs à carpes de l’ouest de la Géorgie sont ainsi envahis par la châtaigne d’eau (Trapa natans). Cette plante adventice pousse très vite, envahit les étangs et réduit leur niveau d’oxygène quand sa végétation pourrit. Les éleveurs de carpe ne disposent pas de suffisamment de moyens pour fournir l’alimentation nécessaire au maintien des taux de croissance des poissons et doivent donc éliminer cette plante manuellement. Etant donné que certains ensembles d’étangs peuvent couvrir une centaine d’hectares, les coûts du travail qui permet de contrôler la prolifération de cette plante augmentent très vite. La châtaigne d’eau vit plus de 12 ans et son élimination est à la fois longue et coûteuse. De plus, de nombreux étangs sont remplis avec les eaux des rivières dont certaines zones marécageuses constituent l’habitat natif de la châtaigne d’eau.

    L’autre culture importante est l’élevage de truite dans des bassins en béton. Les stocks de reproduction et le matériel de semence ont été importés dans un premier temps de Turquie et, à l’occasion, des Etats-Unis. Le nombre d’exploitations de truite disposant d’écloseries augmente actuellement rapidement. Même si le taux de survie est faible (30 pour cent ou moins), il est plus intéressant pour les exploitants de réaliser leurs propres éclosions que d’acheter du matériel de semence. Les éleveurs de truites utilisent des granulés alimentaires calibrés selon la taille des poissons. L’alimentation provient principalement de Turquie. Elle fournit un niveau nutritif de base avec des vitamines et une composition en acides aminés inconnue. Certains exploitants préfèrent cependant utiliser une alimentation d’origine italienne dont les granulés semblent être plus nutritifs. Leur composition en acides aminés est en outre bien décrite. Ces granulés italiens comprennent aussi des antioxydants, des additifs fongiques et des agents de conservation qui garantissent le maintien d’une bonne qualité au cours du stockage. Plus chers que les granulés turcs, les granulés italiens ont un indice de transformation de 30 pour cent plus élevé. Comme la truite de base de 200 g est vendue plus ou moins au même prix dans tous les points de vente, la productivité industrielle et le profit général pourraient être augmentés par des achats en gros d’une alimentation de meilleure qualité.
    Performance du secteur
    Production
    D’après les statistiques de la FAO, la production aquacole totale s’élevait en 2004 à 72 tonnes de poissons, ce qui correspond à 191 000 dollars EU.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Géorgie (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Géorgie (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Des marchés spécialisés dans le commerce du poisson se trouvent dans les principales villes de Géorgie. Dans les zones côtières, des marchés au poisson se trouvent à Batumi, Poti, Ureki et Matakva. Certains sont privés comme celui de Batumi aux infrastructures qui respectent les règles de propreté et d’hygiène. D’autres sont propriétés des collectivités territoriales qui les gèrent et les entretiennent. Le plus grand marché alimentaire se trouve à Tbilissi où une vingtaine de revendeurs proposent chaque jour des produits de la pêche de capture de la flottille nationale, de l’aquaculture et d’importations. On y trouve entre autres des anchois, des sardines, des maquereaux, des daurades, des mulets à grosse tête, des colins, des saumons, des esturgeons, des écrevisses, des carpes et des truites. La majorité du poisson en vente est importée (par ex. le saumon congelé de Norvège). Les truites et les carpes sont les principaux produits aquacoles domestiques disponibles. On estime qu’une cinquantaine de revendeurs de poisson sont actifs chaque jour dans les différents marchés de la zone métropolitaine de Tbilissi. Dans cette ville, les ventes quotidiennes de produits de la pêche sont, selon les estimations, comprises entre 5 et 6 tonnes en été et entre 10 et 12 tonnes en hiver. Des infrastructures de stockage, réfrigérées, existent à Tbilissi, à Kutasi et à Poti. Elles sont utilisées pour le poisson comme pour les autres denrées alimentaires.

    Les produits de la pêche relativement plus chers comme l’esturgeon, le saumon et la truite sont souvent vendus directement par des intermédiaires et par les producteurs aux restaurants qui constituent le principal marché pour ces espèces.

    A Tbilissi et dans les autres grandes villes de Géorgie, la part de marché des supermarchés dans la vente de produits de la pêche augmente régulièrement. Ces produits sont généralement plus chers dans les supermarchés que sur les marchés alimentaires en ville ou que sur les marchés spécialisés. Toujours plus d’habitants (surtout à Tbilissi) préfèrent les produits emballés d’importation. Ces derniers sont généralement considérés de meilleure qualité. Le supermarché Khvamli, à Tbilissi, vend des truites vivantes. La demande est en effet importante et la livraison de ce produit est assurée quotidiennement.

    La carpe commune et la carpe herbivore d’élevage sont principalement commercialisées dans les zones rurales et seules de petites quantités arrivent sur les marchés de Tbilissi et des autres grandes villes pendant les principales périodes de récolte. Les truites d’élevage sont principalement vendues à Tbilissi.

    Le prix des produits de la pêche tend à fluctuer au cours de l’année. Le prix du poisson frais est en général plus bas en hiver qu’en été. La demande de produits frais est par conséquent plus forte en hiver. Les produits de la pêche en conserves se vendent généralement mieux l’été.

    Pour satisfaire la demande intérieure en produits de la pêche, les importations ont récemment augmenté en termes de volume et de valeur. La plupart d’entre elles proviennent d’Arménie (truites fraîches, salées, congelées et fumées), d’Azerbaïdjan (esturgeons congelés et fumés), de Turquie (maquereaux fumés et bonites) et de Russie (différentes espèces congelées, salées et en conserves). Plus de 95 pour cent de ces importations sont congelés. L’espèce la plus importée est le maquereau.

    Les exportations de produits de la pêche ont largement fluctué ces dernières années. En termes de valeur, elles restent faibles.
    Contribution à l'économie
    La pêche de capture en eau douce et la pisciculture sont importantes pour les conditions de vie des villages situés dans des zones reculées de Géorgie. Augmenter la consommation de poisson permettrait en effet d’améliorer l’apport en protéines des populations rurales. Mais des études plus détaillées doivent être menées pour vérifier si les bénéfices d’un meilleur accès à cette denrée seront supérieurs aux investissements nécessaires pour développer des écloseries, livrer les infrastructures nécessaires et intensifier le repeuplement des rivières et des lacs. Des projets à plus fort coefficient de capital, comme l’élevage de truites dans des zones où il y a des torrents de montagne, devraient être au minimum pris en considération pour évaluer leur capacité à couvrir les coûts de production et d’entretien.

    Les données actuelles suggèrent que la consommation de poisson augmente en Géorgie. Mais il semble peu probable que la consommation par habitant soit de 7 kg/an comme on peut le voir dans les estimations.

    Il est plus probable que les Géorgiens ont remplacé les niveaux relativement hauts de poisson consommé à l’époque soviétique (18 kg/an) par d’autres sources de protéines. Dans les zones rurales où domine une économie de subsistance, il est probable que l’on a de plus en plus préféré d’autres sources de protéines animales moins chères. Cela signifierait un déplacement de la consommation vers les volailles (poulets, canards, oies) en raison de leur indice élevé de transformation des aliments et parce qu’elles produisent de la viande et des œufs.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Au cours de la dernière décennie, le gouvernement géorgien n’a pas considéré le secteur de la pêche comme important. Celui-ci a donc reçu des financements limités. La répartition des responsabilités entre les différentes institutions gouvernementales était en outre confuse. Cependant, après la Révolution des Roses de novembre 2003, la situation a commencé à s’améliorer. Les responsabilités sont désormais les suivantes:

    1. Ministère de l’Agriculture (MoA)
    • Division des pêches – Politique et développement du secteur des pêches.
    • Département de la sécurité alimentaire – Sécurité et hygiène alimentaire dans la chaîne alimentaire comprenant la transformation et le transport (de l’étang à la fourchette).
    • Département vétérinaire – Contrôle des maladies piscicoles et approche de précaution.
    2. Ministère de la Protection environnementale et des ressources naturelles (MEPNR)
    • Département des licences et permis – émissions de licences et de permis pour utiliser les ressources naturelles de Géorgie.
    • Le service d’Inspection de la protection environnementale a été créé récemment. Ce département, bien doté et bien équipé est responsable de la conservation des ressources des pêches et des écosystèmes auxquelles elles appartiennent.
    D’autres ministères gouvernementaux sont impliqués dans les activités liées aux pêches. Il s’agit du ministère de l’Economie (questions commerciales), du ministère des Finances (taxation), du ministère de l’Intérieur (contrôle des frontières) et de plusieurs institutions semi-indépendantes et liées à des ministères comme l’Institut de la recherche sur les pêches et l’écologie marines (IRPEM), l’organisme de contrôle des côtes, l’Autorité marine de Géorgie, l’Institut de zoologie, l’Administration du transport maritime et la Convention de Bucarest par l’intermédiaire de sa Commission.

    En outre, une organisation non gouvernementale, l’Association des pêcheurs et du poisson géorgiens a récemment été fondée. La majorité de ses membres sont des pêcheurs et des pisciculteurs.
    Règlements en vigueur
    A l’heure actuelle, la Géorgie ne dispose pas d’une loi sur les pêches. Le pays a cependant récemment développé différentes initiatives juridiques et administratives qui ont eu pour conséquence l’adoption de plusieurs lois et réglementations qui concernent le secteur des pêches sous différentes formes.

    Ces lois et règlementations couvrent un large éventail de domaines.

    Au début de l’an 2000, le ministère de l’Agriculture a commencé à préparer une nouvelle législation des pêches dont la rédaction a été arrêtée pendant un certain temps à cause d’un manque d’expertise au sein de l’administration. En 2004, le processus d’élaboration a repris avec la participation de juristes internationaux spécialisés, de parties prenantes du secteur de la pêche, d’experts de différents ministères et d’experts juridiques d’un projet de la Coopération technique de la FAO (TCP/GEO/2904). Début 2005, une version pratiquement finale du projet de loi était disponible mais des changements récents dans l’organisation du ministère de l’Agriculture et le cadre juridique géorgien ont rendu cette loi inutile. Le ministère de l’Agriculture est en train de développer une nouvelle loi sur les pêches et l’aquaculture avec les parties prenantes du secteur qui sera présentée au Parlement pendant sa session de printemps en 2006.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    A l’heure actuelle, il n’y a pas de formations et de structures éducatives officielles spécialisées dans le secteur des pêches et de l’aquaculture en Géorgie. L’enseignement universitaire comme les formations pratiques et les écoles professionnelles manquent d’une telle composante, ce qui aura des conséquences à moyen et à long terme sur le développement durable de l’aquaculture dans le pays. La question de l’absence de ces formations au niveau universitaire pourrait être réglée grâce à la coopération avec les pays voisins (par ex. l’Ukraine, la Fédération de Russie et la Turquie) et les pays européens où des formations sur les pêches de haut niveau existent déjà. L’absence d’une école professionnelle destinée à la formation pratique dans le secteur des pêches et de l’aquaculture doit quant à elle être abordée de façon plus appropriée dans le pays. A l’heure actuelle, une formation informelle est offerte sur les pêches marines par les matelots et les capitaines des navires et en aquaculture par les pisciculteurs. Leur connaissance est cependant souvent fondée sur des compétences pratiques et des savoirs acquis dans le cadre de leur travail. Les technologies et les approches modernes ne font généralement pas partie des activités de renforcement des compétences.

    Dans le domaine de la recherche scientifique, l’IRPEM, à Batumi, mène des travaux sur la biodiversité et les stocks marins avec le Département ukrainien des pêches. L’objectif général est de restaurer les ressources surexploitées le long des côtes géorgiennes de la mer Noire. L’Institut de zoologie de l’Académie des sciences géorgienne a développé un programme de recherche scientifique sur les eaux intérieures du pays de façon à en déterminer les ressources hydrobiologiques. L’Institut vise à étudier les principales espèces présentes en Géorgie et à entreprendre des recherches hydrobiologiques et ichtyologiques dans les réservoirs continentaux.
    Tendances, questions et développement
    L’objectif global est de développer un secteur aquacole qui produise des produits de bonne qualité, variés et en quantité suffisante qui répondent à la demande du marché tout en respectant l’environnement. Les enjeux en question sont, entre autres, les méthodes de culture, la production, la pauvreté dans les zones rurales, les technologies et l’impact environnemental. La demande en produits aquacoles du marché domestique est élevée. La Géorgie importe des volumes assez conséquents de produits des pêches (y compris de l’aquaculture) pour satisfaire la demande intérieure car la pêche de capture marine et continentale n’est pas en mesure de le faire à court terme. Les Géorgiens privilégient traditionnellement le saumon, l’esturgeon, la crevette d’eau douce ainsi que d’autres espèces de poissons et de crustacés qui peuvent être produits localement dans des exploitations aquacoles. Des opportunités existent aussi pour l’exportation de produits de l’aquaculture vers la Russie et d’autres pays de l’ancienne Union soviétique.

    L’aquaculture en est encore à ses débuts en Géorgie et il y existe de bonnes conditions pour développer la production de différentes espèces dans ses eaux continentales comme dans son environnement marin. De façon à faire baisser davantage le prix des juvéniles et améliorer la qualité, il est nécessaire de développer des recherches sur les techniques utilisées dans les écloseries, la gestion de la santé des poissons, la production d’aliments et l’alimentation des poissons.

    Le développement de l’aquaculture est actuellement limité par le manque d’aliments pour poisson sur le marché domestique, le faible niveau de production et la mauvaise qualité des œufs et des fingerlings. En outre, le manque de crédit, de microfinance et d’assurance appropriés aux activités aquacoles sont d’autres facteurs qui limitent le développement du secteur. Les aliments pour truites sont actuellement importés à un prix élevé alors que les farines de poisson produites à partir des pêches de capture marines nationales pourraient notamment être utilisées pour préparer des aliments aquacoles.

    On constate un certain potentiel de développement de l’aquaculture marine dans les zones côtières de la mer Noire. Les huîtres, les moules, les poissons plats, l’esturgeon et les escargots de mer (Rapana spp.) offrent des perspectives encourageantes même si des recherches devraient être menées de façon à établir quelles sont les technologies et les méthodes appropriées pour la culture de ces organismes marins. La pollution des zones littorales constitue un vrai danger pour un éventuel développement de l’aquaculture le long des côtes géorgiennes. Les rejets d’hydrocarbures ainsi que d’autres activités littorales aux effets négatifs sur la qualité des eaux y sont en effet importants.

    L’aquaculture pourrait constituer une opportunité pour affronter la pauvreté rurale. Dans de nombreuses zones d’Asie et d’Europe, le développement d’une aquaculture rurale s’est en effet avérée être l’une des approches les plus appropriées pour combattre la pauvreté. Les développements technologiques en aquaculture ont cependant été très limités en Géorgie au cours de la dernière décennie et une nouvelle impulsion significative est nécessaire pour amener ce secteur au niveau international.

    Les objectifs spécifiques de développement du secteur peuvent être résumés comme suit :
    • Développer un secteur aquacole qui produise des poissons répondant à la demande des consommateurs du marché domestique et des marchés à l’exportation.
    • Produire au moins 2 000 tonnes par an dans le secteur de l’aquaculture en améliorant la technologie et en augmentant l’accès à des aliments et à des fingerlings de bonne qualité à un prix raisonnable ainsi que l’accès au crédit, à la microfinance et aux assurances.
    • Accroître la diversité dans le secteur de l’aquaculture en ayant recours à différentes espèces (truites, carpes, huîtres, moules, colins, poissons plats, esturgeons et escargots de mer), à différentes techniques (étangs, cages, bassins) et à différents systèmes d’élevage (extensifs, intensifs intégrés à l’agriculture et à l’élevage de bétail).
    • Soutenir la mise en place d’associations aquacoles qui travaillent au développement de codes de bonnes pratiques et jouent un rôle actif comme organismes représentatifs dans les discussions et les négociations avec le gouvernement géorgien.
    • Obtenir une production autosuffisante d’alevins, de fingerlings et d’aliments pour poisson grâce à des écloseries privées et à des structures de production d’aliments ayant accès à un crédit bon marché, à de bons conseils et bénéficiant d’un soutien de la part des instituts nationaux de recherche sur les pêches et l’agriculture.
    • Encourager le rôle de l’aquaculture dans la lutte contre la pauvreté, le développement communautaire et la réalisation de la sécurité alimentaire en Géorgie.
    • Développer et utiliser une technologie qui encourage des systèmes économiquement viables de mytiliculture et d’ostréiculture ainsi que de culture d’autres organismes dans la région littorale de la mer Noire.
    • Pratiquer l’aquaculture d’une façon écologiquement durable et suivre les effets de cette activité sur la diversité génétique et l’intégrité de l’écosystème de façon à limiter ses conséquences défavorables sur l’environnement naturel, social et économique.
    • Développer une aquaculture fondée sur les espèces locales (l’introduction d’espèces étrangères ou de stocks génétiquement modifiés ne peut être réalisée qu’après avoir évalué scientifiquement les risques potentiels et avoir obtenu les autorisations gouvernementales).
    • Développer et mettre en œuvre un code des bonnes pratiques en matière d’exploitation et de santé des poissons en aquaculture.
    • Etablir et mettre en œuvre un système rentable de suivi de la santé des poissons avec le soutien du gouvernement.
    Références
    Bibliographie
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    Barach, G.P. 1962 . Black Sea salmon. Publishing Academy of Sciences of Georgia, Tbilisi. 122 pp.
    Eastfish. 1999 . Eastfish Fishery Industry, Georgia. Vol. 16, by G. Nekerashvili, V. Tsuladze & N. Nadiradze. FAO/Eastfish. 65 pp.
    Elanidze, R. 1983 . Georgian Soviet Fishery Encyclopaedia. Main scientific redaction, t. 6, pp. 547-548. Tbilisi.
    FAO. 2004 . The State of World Fisheries and Aquaculture. FAO Fisheries and Aquaculture Department. Rome.
    Gudimovich & Vakhvakhishvili, N.I 1952 . Description of the southeastern fishing district of the Black Sea (Georgian territorial waters). Batumi, Russian Federal Research Institute of Fisheries and Oceanography (VNIRO). Archive Fund of the Institute. (manuscript)
    Ivanov, A.P. , Kosireva, R.Y. & Cirkova, M.I. 1976 . Ways of increasing efficiency of salmon farming in southern districts. VNIRO, Vol. 113, pp. 46-55.
    Liens utiles
     
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