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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    En Allemagne, l’aquaculture constitue une petite industrie pratiquée uniquement dans quelques zones spécifiquement adaptées. En 2005, la production aquacole a atteint un volume total de 44 685 tonnes. Comme lors des années précédentes l’élevage de truites dans des systèmes d’eau douce à écoulement continu a été la branche la plus rentable de la production en termes de quantités (24 000 tonnes) et de revenus (113 millions d’euros). La conception et la construction des unités de production tout comme les densités de production varient beaucoup. Alors que dans certaines zones, au sud de l’Allemagne en particulier, des étangs avec une faible densité de mise en charge dominent encore, des compagnies exploitent aussi des fermes modernes équipées de réservoirs ou de raceways aux densités de production élevées. Les principales régions de production sont situées dans le sud de l’Allemagne et sur les contreforts des montagnes.

    En Allemagne, les espèces aquacoles traditionnelles sont la carpe commune et la truite arc-en-ciel. Celles-ci sont élevées dans des étangs, des raceways et d’autres infrastructures modernes couvertes et extérieures (Rosenthal et al., 2000).

    Riche d’une longue tradition, l’élevage de carpe dans des étangs d’eau douce est, en terme d’importance, le deuxième type d’aquaculture pratiquée en Allemagne. En 2005, 16 711 tonnes ont été récoltées pour un revenu total d’une valeur supérieure à 52 millions d’euros.

    Les variations dans l’intensité de la production de carpe dépendent pour une bonne part de la localisation de la production et des classes d’âge. En moyenne, 400 kg/ha ont été produits en 2005. Les petits étangs fermiers pour la carpe sont concentrés dans les Länder de Bavière, de Saxe et du Brandebourg mais la rentabilité de bon nombre d’entre eux est de plus en plus remise en cause en raison des coûts de production élevés et de la concurrence d’importations bon marché.

    La production de l’aquaculture d’espèces marines s’est élevée à 9 700 tonnes en 2005. Avec 9 470 tonnes, la moule commune était l’espèce dominante de ce secteur. Au cours des dix dernières années, la production aquacole totale est restée constante en terme de volume de production.
    Historique et aperçu général
    La pisciculture en étang, pour la carpe en particulier, a une longue histoire en Allemagne. Les premières traces de carpe commune (Cyprinus carpio) dans des étangs bavarois datent du XIe siècle (Geldhauser et Gerstner, 2003) et ont atteint un premier pic au cours du Moyen Age. Entre les XVIIe et XIXe siècles, l’importance de l’élevage de carpe en étang a diminué alors que le fort accroissement de la population humaine a conduit à un autre usage des zones autrefois dévolues aux étangs qui sont devenues des espaces de production agricole. Après une seconde période de forte production entre 1880 et 1980, la culture de carpe s’est retrouvée en difficulté au cours des deux dernières décennies à cause, surtout, de conditions économiques défavorables (coûts élevés de l’énergie et de la main d’œuvre, contraintes liées au respect de l’environnement, importations à bas prix et baisse de la demande). La production a atteint 16 711 tonnes en 2005. 1 000 tonnes proviennent d’autres espèces que la carpe. Il s’agit du brochet (Esox lucius), du sandre (Sander lucioperca) et de la tanche (Tinca tinca).

    Aujourd’hui, la principale espèce cultivée en Allemagne est la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss). Venant d’Amérique du Nord, elle a été introduite en 1880. La production de cette espèce a progressé chaque année depuis environ quarante ans pour atteindre plus ou moins 24 000 tonnes en 2003. Les jalons de l’aquaculture de truite en Allemagne ont été le développement d’une alimentation artificielle (1970-1980), la construction de systèmes à écoulement continu, l’enrichissement artificiel en oxygène de l’eau et le contrôle efficace des maladies. Grâce à ces développements, les systèmes de production sont passés d’étangs à des unités à écoulement continu de formes différentes réalisées en béton ou en plastique. Aujourd’hui, de petits producteurs exploitent encore des étangs mais la grande majorité des truites sont élevées dans des unités à écoulement continu à une densité supérieure. Outre la truite arc-en-ciel, d’autres salmonidés comme la truite de mer (Salmo trutta trutta) et le saumon de fontaine (Salvelinus fontinalis) sont aussi élevés dans ces unités. La production de ces espèces reste comparativement faible. Elle était de 2 200 tonnes environ en 2005.

    La moule commune (Mytilus edulis) est la principale espèce aquacole cultivée dans les eaux marines et saumâtres. 9 300 tonnes de cette espèce ont été récoltées en 2006, principalement dans des sites spécifiques de la Mer du Nord. Les volumes de production de cette espèce varient assez largement d’une année sur l’autre suivant l’intensité des classes d’âge des naissains de moules dans la nature. D’autres espèces piscicoles comme le turbot (Psetta maxima) (60 tonnes en 2006), le bar commun (Dicentrarchus labrax) (12 tonnes) et les Macroalgae comme Laminaria saccharina (1 tonne) sont actuellement élevées dans des systèmes à recyclage près des côtes mais leur culture reste encore à échelle expérimentale.
    Ressources humaines
    Le secteur de l’aquaculture est dominé en Allemagne par de petites entreprises qui produisent des poissons en complément des produits agricoles et/ou de tierces activités. Au total, le nombre de ces exploitations produisant du poisson « à temps partiel » était d’environ 12 300 en 2003 (Brämick, 2003) auxquelles s’ajoutaient 732 entreprises exclusivement piscicoles.

    La formation initiale et la formation permanente du personnel sont des éléments importants qui relèvent de la compétence des différents Länder allemands. En outre, pour exercer la profession de pisciculteur, un apprentissage est nécessaire et entre 70 et 80 apprentis passent leur examen chaque année.

    On ne dispose pas de d’information sur la répartition des employés selon le sexe mais dans la pratique les hommes sont plus nombreux.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    La culture de carpe en étang est concentrée dans les Länder de Bavière, de Saxe et du Brandebourg Les zones de production les plus importantes se trouvent autour de Nuremberg (Aischgrund), entre Hof et Regensburg (Oberpfalz) et dans la région formée par les villes de Cottbus, Bautzen, Dresde et Leipzig (Lausitz). En Bavière, la majorité des exploitations d’étangs sont à direction familiale. Celles-ci sont de petite taille et exploitent de faibles quantités pour une production finale assez réduite. Au contraire, dans les Länder de Saxe et du Brandebourg, les exploitations d’étangs sont principalement gérées par des compagnies dont les étangs sont en moyenne plus grands et ont des niveaux de production plus importants.

    En général, le chaulage et la fertilisation des étangs à carpe sont très communs, principalement avec l’utilisation d’engrais inorganiques. Dans la majorité des exploitations, une alimentation préparée est fournie aux jeunes carpes au cours de leur première saison de croissance tandis qu’une alimentation complémentaire à base de blé ou de maïs est administrée au cours de la deuxième et de la troisième année de croissance. Dans un nombre croissant d’exploitations, les deuxième et troisième années de production sont menées sans alimentation additionnelle et l’on ne compte que sur les aliments naturellement disponibles dans les étangs.

    La superficie totale des zones d’étangs utilisés pour la production de carpe atteint environ 40 000 hectares dont la moitié est située en Bavière. En Saxe, la superficie totale des étangs est de 8 300 ha et, dans le Brandebourg, de 4 200 ha.

    Les deux tiers des systèmes à écoulement continu utilisés pour la production de truites se trouvent dans le sud de l’Allemagne, du Bade-Wurtemberg et en Bavière. On trouve aussi ces systèmes en Basse-Saxe, Hesse, Rhénanie.du-Nord-Westphalie Westphalie et Thuringe. La construction de ces unités de production, les équipements techniques utilisés et l’intensité de production varient largement au sein des Länder.

    Les systèmes de production à recyclage couverts, au nombre de 31, ne sont pas concentrés dans une région en particulier mais répartis à travers toute l’Allemagne. En général, les éleveurs de truites utilisent des aliments déjà préparés dans le cadre de leur production.
    Espèces cultivées
    Pisciculture. La valeur de la production piscicole de truites (113 millions d’euros en 2006) fait principalement référence à la production de truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) qui représente 60 pour cent de l’ensemble des revenus générés par l’aquaculture en Allemagne. Dans le cas de la carpe commune (Cyprinus carpio), la production s’élève à 52,4 millions d’euros, ce qui correspond plus ou moins à 30 pour cent de l’ensemble des revenus générés par l’aquaculture en Allemagne. En outre, on élève d’autres espèces comme le brochet, la tanche et le sandre en petites quantités à côté des carpes dans des systèmes de polyculture (ces espèces représentent environ 5 pour cent de la valeur totale produite dans les étangs à carpe). Les revenus générés par la culture des espèces marines ont quant à eux dépassé 13,3 millions d’euros en 2005.

    Par le passé, des efforts ont été réalisés pour améliorer les performances des étangs à carpe grâce à la sélection. Dans ce sens, un certain nombre de variétés régionales ont été développées, avec des individus dont la forme, la couleur et la croissance sont différentes (par ex. « 'Lausitzer Karpfen » et « Aischgründer Karpfen »). Ces variétés ont perdu de leur importance dans la culture actuelle de la carpe en étang et, dans la plupart des régions, ces anciennes variétés ont été « perdues ». Un effort croissant est cependant entrepris afin d’analyser et de documenter la situation actuelle des variétés régionales et leur perspective, non seulement pour la carpe mais aussi pour certaines espèces essentielles de l’aquaculture allemande.

    La truite arc-en-ciel utilisée dans l’aquaculture allemande a également été soumise à une sélection dans certains Länder. Aujourd’hui, un nombre croissant d’exploitations élevant des truites importe cependant des œufs ou des alevins de l’étranger dont le niveau de sélection n’est pas connu. Dans les exploitations plus intensives, les œufs importés sont tous femelles et la majorité d’entre eux sont triploïdes.

    D’autres poissons sont cultivés en faible quantité. Il s’agit du sandre (Stizostedion lucius), de la perche européenne (Perca fluviatilis), de la tanche (Tinca tinca), de l’anguille européenne (Anguilla anguilla), de l’esturgeon (principalement de l’esturgeon sibérien) et du « bester » (un hybride entre Huso huso et Acipenser ruthenus). Plusieurs espèces en danger ou énormément pêchées sont produites pour le repeuplement. Il s’agit notamment des poissons anadromes comme la truite de mer (Salmo trutta trutta) qui est mise en charge dans des systèmes de drainage dans la Mer du Nord et dans la Baltique en Schleswig-Holstein et Mecklenburg-Poméranie-Occidentale.

    En ce qui concerne l’aquaculture côtière, la pisciculture est pratiquement inexistante en Allemagne. Les conditions difficiles le long des côtes très peu profondes de la Mer du Nord de la Baie d’Helgoland ne permet pas une exploitation sûre des cages (Rosenthal et al., 2000).

    Une petite exploitation de cages se trouve dans la Baie de Kiel, à proximité de l’effluent chauffé d’une centrale électrique côtière et d’une écloserie de turbot (Scophthalmus maximus). Elle opère au nord de Kiel et produit désormais d’autres espèces comme le bar européen (Dicentrarchus labrax). Plusieurs espèces de poissons sont cultivées principalement pour le repeuplement des lacs, des réservoirs et des rivières. Quelques espèces anadromes sont aussi cultivées pour être relâchées dans des systèmes côtiers à drainage comme la truite de mer (Salmo trutta trutta) et la bondelle (Coregonus oxyrhynchus)

    Mytiliculture. La plus importante espèce marine cultivée en Allemagne est la moule commune (Mytilus edulis). Alors que la pêche de bancs naturels de moules dans la Mer des Wadden, le long de la côte du Schleswig-Holstein, existe depuis plusieurs siècles, un système intensif qui combine culture et pêche a été développé depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. La production de moules communes se caractérise par de fortes fluctuations (28 549 tonnes en 2003, 9 470 en 2005) principalement dues aux variations dans la disponibilité des naissains.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Culture d’étang à carpe. La majorité des alevins de carpe est produite par insémination artificielle dans des conditions contrôlées. Les petits fermiers utilisent des étangs-frayères d’où les alevins sont transférés dans de petits étangs au cours du premier été et grossissent pour atteindre un poids de 50 g environ en utilisant des aliments préparés et complets. La récolte a lieu à l’automne et les jeunes alevins sont alors transférés dans des étangs hivernaux particuliers. Les étangs de croissance, plus grands, sont en général maintenus à sec au cours de l’hiver. Ils sont remplis en mars et avril et les carpes y passent leurs deuxième et troisième étés avec une alimentation complémentaire de blé et de maïs. Au bout de trois étés (ou quatre dans certains cas), la taille commercialisable, de 1,5 à 2,5 kg, est atteinte.

    La culture de carpe sans apport d’aliments complémentaires est moins importante. Surtout le fait des petits exploitants, elles est réalisée dans des étangs situés dans des espaces naturels protégés.

    Culture de truite. Les truites sont cultivées dans différentes unités de production, à différents niveaux d’intensité par de petits fermiers qui exploitent souvent des étangs empoissonnés avec des alevins provenant de producteurs spécialisés. Les densités de peuplement sont basses et une alimentation préparée est utilisée. La truite atteint sa taille commercialisable au bout de 15 à 20 mois. Elle pèse alors environ 300 g. La récolte est vendue directement aux consommateurs ou aux restaurants de la région. Ce système est encore important dans certaines régions du sud de l’Allemagne.

    Dans le même temps, des exploitations élèvent des truites dans des systèmes à écoulement continu modernes équipés de réservoirs, avec une alimentation et une oxygénation de l’eau informatisées. Les alevins peuvent être produits sur l’exploitation même ou être achetés auprès de fournisseurs spécialisés, souvent étrangers. La taille commercialisable est atteinte au bout de 12 à 15 mois et après 24 mois pour les exploitants produisant des truites plus grandes (« truite saumonées »). La production est généralement vendue par l’intermédiaire de grossistes. En termes de volume et de valeur, ces exploitations jouent un rôle toujours plus important dans le secteur.

    Mytiliculture. La production des écloseries est basée sur le traitement des moules adultes en utilisant une alimentation à base d’algues et une température contrôlées. Le cycle naturel de maturation est en fait répliqué dans les écloseries. Les moules matures sont nettoyées et sont accrochées en groupe dans des réservoirs à larves. La ponte de M. edulis est induite par un choc thermique ou par stripping. Les moules adultes sont cultivées en profondeur ou, plus fréquemment, sur des filières (longlines).
    Performance du secteur
    Production
    Le graphique ci-dessous présente la production totale de l’aquaculture en Allemagne d’après les statistiques de la FAO :
    Chart  

    Production de l’aquaculture en Allemagne (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    (Source: FAO Fishery Statistics, Aquaculture production)
    Marché et commerce
    L’Allemagne compte d’importants marchés de poisson dans des villes situées à proximité des côtes comme Hambourg et Kiel. En outre, de grandes quantités de poissons sont vendues sur des marchés alimentaires comme le « Viktoalienmarkt » à Munich entre autres. Les produits aquacoles sont commercialisés sous différentes formes selon les espèces, les régions et la taille des compagnies ou des unités de production. Les plus grandes exploitations vendent généralement la majorité de leur production par l’intermédiaire de grossistes alors que les petites et moyennes exploitations vendent leur productions aux revendeurs, aux restaurants, aux poissonneries et directement aux consommateurs.

    Le marché allemand des produits aquacoles est dominé par les importations. En 2005, un total de 172 264 tonnes a été importé. Les importations de saumon s’élevaient à 116 000 tonnes. En comparaison, les exportations n’ont atteint que 43 324 tonnes et la consommation totale en Allemagne plus ou moins de 180 000 tonnes, dont 85 000 tonnes provenaient d’espèce élevé en eau douce.

    Certaines importations étaient réexportées après leur transformation. Il est donc difficile d’estimer précisément la quantité des exportations produites dans les installations aquacoles allemandes.

    Les principaux pays importateurs de carpes produites en Allemagne sont la Belgique, l’Autriche et la France. 70 pour cent de la production de truite est exportée en dehors des frontières de l’UE.
    Contribution à l'économie
    La consommation moyenne par habitant de poisson élevé dans des installations aquacoles a atteint un total de 2,1 kg en 2005 dont 0,6 kg était produit dans des exploitations allemandes. En comparaison, la consommation de viande par habitant était de 87 kg en 2003.

    On peut déduire de ce schéma que la production aquacole ne contribue pas pour une large part à la sécurité alimentaire ou au développement économique allemand. Etant donné que le prix au détail du poisson est plus ou moins le même que celui du porc et du bœuf, et bien plus cher que celui du poulet, le poisson ne fait pas partie du régime traditionnel des foyers à bas revenu.

    Cependant, la pisciculture et la pêche ont une longue tradition en Allemagne et leur impact social et culturel sur la société dépasse leur poids économique.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Les Länder allemands sont responsable du contrôle administratif de l’aquaculture qui est de leur compétence. Ce sont des organismes législatifs et chaque Land a ses propres lois et réglementation en matière de pêche et d’aquaculture qui peuvent différer d’un Land à l’autre.

    Certaines règlementations-cadres concernant l’aquaculture sont cependant établies sous la responsabilité du Ministère fédéral de l’agriculture et du Ministère fédéral de l’environnement. Il s’agit par exemple des questions liées à la commercialisation, à la santé animale et à la prévention des épidémies, aux enjeux environnementaux et à la protection animale. Des parties prenantes privées sont inclues dans les initiatives et les procédures législatives.

    Les associations de pêche en eau douce sont organisées dans chaque Land et au niveau de la République fédérale. Chaque Land a sa propre association de pêche qui représente les intérêts des parties prenantes dans ce Land. Une association fédérale des pêches intérieures agit à l’échelle nationale au nom de ces différentes associations régionales.
    Règlements en vigueur
    Le Ministère fédéral chargé de la protection du consommateur, des aliments et de l’agriculture (Bundesministerium für Verbraucherschutz, Ernährung und Landwirtschaft – BMVEL) est l’autorité compétente en matière de pêche et d’aquaculture au niveau fédéral. Il élabore les politiques, les directives et encourage les initiatives, spécialement au niveau UE dans ce domaine, par exemple, en ce qui concerne l’introduction d’un label environnemental pour les produits de la pêche. Le BMVEL veille à ce que la production d’organismes aquatiques d’eau douce et marins respecte strictement la durabilité de l’environnement et les priorités du consommateur . Le Ministère fédéral chargé de l’environnement, de la conservation de la nature et de la sécurité nucléaire (Bundesministerium für Umwelt, Naturschutz und Reaktorsicherheit – BMU) assure les tâches suivantes concernant l’aquaculture: la protection des eaux intérieures et des zones maritimes, la protection des nappes phréatiques, le traitement des eaux usées, des polluants alimentaires et de l’aménagement paysager. L’Allemagne est un état fédéral avec un système de gouvernement à trois niveaux : la fédération (niveau fédéral), les Länder (états fédéraux, provinces, ou niveau régional), et les municipalités (niveau local). Les lois relatives à la pêche sont en principe régies par les Länder, conformément à la constitution, les lois et règlementations fédérales sont appliquées par l’administration des Länder. Dans le cadre du pouvoir législatif au niveau fédéral, l’état fédéral peut promulguer des lois concernant la pêche maritime et côtière dans le cadre de la législation dite « concertée »  , tandis que les Länder sont exclusivement responsables des pêches nationales dans les eaux intérieures. C’est la raison pour laquelle les lois relatives à la pêche existent tant au niveau fédéral, y incluses les directives concernant la pêche maritime et côtière (Loi sur la pêche maritime - SeefischG (logo juris) ] que au niveau des Länder avec des directives relatives à la pêche en eaux intérieures et aux eaux territoriales (à l’intérieur d’une zone de 12 milles marins). Aucune des lois relatives à la pêche (Fischereigesetz- FischereiG) [Loi relative à la pêche - FischereiG (logo juris)] des 16 Länder n’inclut explicitement le terme aquaculture. Par exemple, les lois relatives à la pêche du Brandebourg font référence à l’élevage ou à la culture de poissons ou autres organismes aquatiques dans des étangs artificiels ou autres installations ("Aufzucht und Haltung von Fischen und anderen Wasserorganismen in allen kűnstlich angelegten Fischteichen und sonstigen Anlagen").

    D’autres matières connexes soumises à la « législation concertée » comprennent des mesures de protection en rapport avec la mise sur le marché d’aliments aquacoles (Art. 74 No 20 GG); des voies d’eau intérieures (Art. 74 Nr. 21 GG); de la promotion de la production agricole (y compris la pêche), de la pêche maritime et côtière (Art. 74 No 17 GG). Par contre, la planification régionale et la gestion des ressources aquatiques (Art. 75 GG) sont reprises dans le cadre de la législation fédérale.

    La loi de 1957 sur la réglementation des matières relatives à l’eau [Loi fédérale relative à l’eau, loi de gestion de l’eau – WHG, dernier amendement en 2001)] en tant que loi-cadre du gouvernement fédéral, fixe les dispositions de base relatives aux mesures de gestion de la ressource en eau (gestion de la quantité et de la qualité de l’eau). C’est pourquoi cette loi joue un rôle-clé concernant l’aquaculture. Cette loi-cadre est complétée par la législation des Länder relative à l’eau, telle par exemple la Loi relative à l’eau du Mecklenbourg -Poméranie occidentale . La loi fédérale relative à l’eau comprend des dispositions concernant l’utilisation de l’eau provenant des nappes phréatiques et des eaux de surface, la manipulation de substances dangereuses pour les eaux, l’évacuation des eaux usées ainsi que le développement durable dans la gestion des eaux.

    Etant donné que les lois fédérales les plus importantes dans le domaine de la gestion des ressources aquatiques (Loi fédérale relative à l’eau et Loi fédérale sur les impôts sur le traitement des eaux usées) ne sont que des statuts-cadres, les règlements concernant les ressources aquatiques dans les états fédéraux, lois régionales relatives à l’eau (niveau des Länder), lois régionales concernant les eaux usées et diverses ordonnances statutaires contiennent également d’importantes dispositions qui complètent les règlementations fédérales ou les définissent d’une façon plus détaillée. Par exemple, les états fédéraux règlementent la propriété des eaux, le contrôle des eaux, la maintenance des eaux, les procédures d’obtention de licences pour l’utilisation des eaux et les évacuations indirectes des eaux usées dans les cours d’eau (c'est-à-dire les évacuations via les installations de traitement des eaux usées).

    La fédération contribue à l’allégement des responsabilités des Länder, à l’amélioration des structures agraires et de la préservation des côtes, y compris de la pêche (Loi sur l’amélioration des structures agraires et de la protection des côtes - Gesetz über die Verbesserung der Agrarstruktur und des Küstenschutzes). C’est une tâche conjointe, car de telles responsabilités sont importantes pour la société dans son ensemble et la participation fédérale est nécessaire à l’amélioration des conditions de vie.

    Il n’y a pas qu’une seule autorité responsable pour l’aquaculture. Plusieurs autorités sont compétentes en matière d’aquaculture, telles les autorités en charge de la gestion de l’eau, de la protection de la nature ou de la construction. Les autorités les plus importantes en ce qui concerne l’aquaculture sont les autorités chargées de la gestion de l’eau. L’autorité suprême en matière de gestion de l’eau (oberste Wasserbehőrde) dans le Brandebourg, par exemple, est le Ministère chargé du développement rural, de la protection de l’environnement et de l’aménagement du territoire (MLUR). Il décide des directives de politique en ces matières et supervise les autorités subalternes de gestion de l’eau et les autorités supérieures de gestion de l’eau [Autorité supérieure de gestion de l’eau/ Bureau de l’environnement rural] dans le Brandebourg. Les autorités subalternes chargées de la gestion de l’eau sont les administrations municipales. Ces autorités délivrent, limitent, retirent ou abrogent les licences pour l’utilisation d’eau. En général, les autorisations d’aquaculture sont accordées à la discrétion des conseils d’administration responsables de la gestion de l’eau (discrétion des organes de gestion). L’autorité supérieure de gestion de l’eau est compétente dans les cas de procédures spécialisées, légales et officielles de gestion de l’eau.

    Pour davantage d’informations sur la législations aquacole en vigueur en Allemagne, cliquez sur le lien ci-dessous :
    Vue d’ensemble de la législation aquacole - Allemagne
    Recherche appliquée, éducation et formation
    La recherche en aquaculture est organisée par différentes institutions. Le Ministère fédéral de l’agriculture gère un Centre fédéral de recherche sur la pêche dont les activités de recherche sont concentrées sur les pêches marines et les espèces de poissons commercialisables. Les activités en relation avec le secteur aquacole sont très limitées voire même inexistantes à l’heure actuelle. Un second institut de recherche, financé à égalité par le Ministère fédéral et l’Etat de Berlin, mène des recherches de base sur l’écologie marine et les pêches continentales.

    La plupart des recherches appliquées menées sur les pêches continentales et l’aquaculture sont prises en charge par des organismes de recherche qui opèrent dans un Land en particulier et les priorités de ces instituts sont par conséquent le plus souvent établies par les Länder selon leurs besoins. De façon à coordonner les activités de recherche de ces institutions publiques, des rencontres spécifiques sont régulièrement organisées.

    Une recherche participative dans les exploitations est aussi pratiquée.

    Liste des principaux instituts de recherche en aquaculture
    NomLieuFinancement
    Centres et instituts de recherche
    Centre fédéral de recherche sur la pêche Hambourg Gouvernement fédéral
    Institut de l’écologie d’eau douce et des pêches intérieures Leibniz Berlin Gouvernement fédéral et Land
    Institut des pêches intérieures Potsdam-Sacrow Potsdam Etat et privé
    Centre de recherches de l’Etat de Bavière pour l’agriculture, Institut des pêches Starnberg Land
    Centre de recherches sur la pêche Baden-Württemberg Langenargen Land
    Institut régional pour l’agriculture, Institut des pêches Königswartha Land
    Institut régional de l’écologie, des terres et des forêts, Département des pêches Albaum Land
    Centre de recherche régional sur l’agriculture et les pêches Rostock Land
    Centre de recherche Terramare Wilhelmshaven  
    Institut Alfred-Wegner Bremerhaven  
    Universités travaillant sur des sujets aquacoles
    Université Lieu Diplômes disponibles en aquaculture
    Université Humboldt Berlin Berlin Oui
    Université A.-Thaer Göttingen Göttingen Non
    Université de Bonn Bonn Non
    Université d’Hambourg Hambourg Non
    Université de Kiel, IFM-GEOMAR Kiel Non
    Université technique de Munich Munich Non
    On compte en outre cinq écoles techniques qui délivrent des enseignements relatifs aux pêcheries et à l’agriculture. Les instituts de recherche comme les écoles techniques proposent des cours de formations aux exploitants. En 2003, un total de 146 cours de formation a été enregistré.
    Tendances, questions et développement
    L’aquaculture constitue une petite activité périphérique le long des côtes allemandes et, exception faite de la mytiliculture, sa production d’ensemble est négligeable par rapport à celle d’autres pays membres de l’UE. Certaines des mesures de contrôle strict ont des conséquences financières qui rendent difficile le maintien de la viabilité économique des exploitations piscicoles continentales et proches des côtes. Contrairement aux pays voisins, la production totale tend à diminuer. Même si la mytiliculture est considérée comme une activité extensive qui respecte l’environnement, elle doit faire face à toujours plus de difficultés règlementaires qui ne permettent pas son extension malgré une progression constante de la demande en produits aquatiques (Rosenthal et al., 2000).

    Au cours des dix dernières années, la production de poisson provenant d’infrastructures aquacoles est restée constante en volume avec un total de poissons et de crustacés de taille commercialisable avoisinant les 40 000-50 000 tonnes chaque année. Les principales raisons de cette stagnation ont été le coût élevé de l’énergie et du travail, les restrictions en termes de protection environnementale et animale, un déplacement des préférences des consommateurs des espèces comme la carpe (produite dans les infrastructures allemandes) vers d’autres espèces (comme le saumon importé de Norvège) et des importations bon marché (carpe, truite, saumon). Même si un certain nombre de solutions et de développements techniques et biologiques ont été positifs, en particulier dans le domaine des systèmes à écoulement continu pour l’élevage de truite, les limites évoquées précédemment ont empêché une croissance significative des volumes de production.

    De grands espoirs ont été placés dans le développement d’une structure avec un système à recyclage destiné à la production de poisson. Des problèmes techniques (avec la purification biologique de l’eau produite par recyclage en particulier) et les coûts élevés en termes d’énergie et d’équipement ont empêché que de telles structures deviennent économiquement réalisables à une plus grande échelle. Contrairement à la tendance constatée chez ses voisins (Pays-Bas, Danemark), les systèmes de production à recyclage n’ont pas permis d’augmenter réellement la production en Allemagne. Ils ne contribuent que pour environ un pour cent à la production totale de poisson provenant des infrastructures aquacoles.

    Un effort croissant a été mené dans la commercialisation des produits aquacoles et une association de marketing est en train d’essayer d’améliorer l’image de ces produits.

    Les propriétaires d’infrastructures aquacoles doivent respecter un certain nombre de limites environnementales. Un grand effort a été réalisé pour réduire les effluents provenant des exploitations piscicoles, par ex. de nutriments, de particules et d’éléments organiques et inorganiques, avec l’installation d’unités de purification des eaux mécaniques et biologiques, avec l’amélioration de la composition de l’alimentation des poissons et de leur degré d’assimilation ainsi qu’avec des limitations des densités de stockage..
    Références
    Bibliographie
    BLE (Bundesanstalt für Landwirtschaft und Ernährung). 2003. Karpfenbericht. Bundesanstalt für Landwirtschaft und Ernährung.
    BLE (Bundesanstalt für Landwirtschaft und Ernährung). 2004. Der Markt für Fischerzeugnisse in der Bundesrepublik Deutschland mit Fischereiprodukten aus Eigenproduktion und Importen sowie die Exportsituation. Bundesanstalt für Landwirtschaft und Ernährung (in German).
    Brämick, U. 2004. Binnenfischerei 2003. Jahresbericht über die Deutsche Fischwirtschaft 2004. pp. 47-76. Bundesministerium für Verbraucherschutz, Ernährung und Landwirtschaft., Bonn (in German).
    Geldhauser, F. & Gerstner, P. 2003. Der Teichwirt. Blackwell, Berlin, Wien (in German).
    Rosenthal, H. & Hilge, V. 2000. Aquaculture production and environmental regulations in Germany. Journal of applied Ichthyology 16 (4–5), 163–166.
    Liens utiles
     
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