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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Au Guatemala, l’aquaculture est divisée en deux grandes catégories : la culture de crevettes marines, d’importance industrielle, et l’élevage de tilapia, commercialement important pour la consommation domestique. La crevetticulture connaît actuellement une croissance assez lente en raison de la baisse des prix au niveau international et de l’incidence d’une maladie qui a touché la principale culture du pays. Les perspectives sont cependant très positivescar les volumes produits augmentent et tendent à s’intensifier. La présence de maladies et la recherche de solutions ont entraîné une amélioration des techniques de culture, la mise en œuvre de mesures de biosécurité, la recherche d’alternatives avec de nouvelles productions et l’ouverture sur le marché local. Il est égalementimportant de souligner que les deux plus grands groupes de producteurs de crevettes ont mis en place des mesures de contrôle de la qualité supervisées par leurs propres équipes de techniciens spécialisés alors que des programmes bien implantés sont en train d’être menés.

    La pisciculture a connu une rapide croissance avec l’élevage de tilapia. Cependant, en raison d’une croissance irrégulière depuis 2001, on ne dispose pas de données mises à jour quant au nombre d’unités de production ou aux volumes produits. L’élevage de tilapia est d’une grande importance au niveau communautaire en raison des besoins nutritionnels pressants des populations rurales et de la chute des prix d’autres productions agricoles comme les plantations de café. Il est en outre encouragé par la promotion mise en œuvre par le gouvernement avec la création d’un centre piscicole de formation et de production. L’élevage d’autres espèces a été lancé par des investisseurs privés. Il s’agit notamment de la truite, de la grenouille taureau et de la langouste d’eau douce mais leur commercialisation n’a pas encore été développée. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas mis en place de programmes de réglementation et développement du secteur.
    Historique et aperçu général
    L’aquaculture a démarré au Guatemala en 1954 avec le lancement du Programme de pisciculture rurale soutenu par la FAO qui bénéficiait de l’assistance technique du Dr. Shu Yen Lin. La construction du Centre aquacole Barcenas a commencé en 1956 et s’est achevée en 1958. Cette station aquacole dispose de 23 étangs d’une surface totale de 18 787 m². Les programmes du secteur aquacole public se sont concentrés sur l’élevage d’espèces d’eau douce (tilapias, carpes, cichlidés de Managua et escargots) dans des systèmes extensifs au niveau familial (subsistance) dont le but était de satisfaire les besoins nutritionnels de base des populations rurales. Parallèlement à la réalisation des projets aquacoles publics, le secteur privé a démarré une aquaculture en eau saumâtre à partir de l’expérience de pays comme Panama, le Honduras et les Etats-Unis d’Amérique. Cette activité a permis d’exploiter de basses terres qui avaient été abandonnées à cause de la chute des prix de plusieurs produits agricoles.
    En ce qui concerne les crevettes d’eau douce, en particulier le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii), la culture a démarré au Guatemala à la fin des années 1970. Elle a été le fait du secteur privé qui a bénéficié du soutien de la Mission agricole technique de Taiwan et de celui du gouvernement central.
    L’élevage de grenouilles taureau americaine (Rana catesbeiana) a commencé en 1995 mais n’a pas prospéré car aucun réseau de commercialisation approprié n’avait pas été mis en place. A l’heure actuelle, cette production est encore insignifiante et réservée à la consommation locale.
    L’élevage de truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) est réalisé pour le marché local et à petite échelle. La commercialisation de cette espèce a connu des difficultés en raison de son prix relativement élevé pour les communautés locales dont le pouvoir d’achat est très limité. En outre, diverses tentatives d’élevage expérimental d’autres espèces n’ont pas été couronnées de succès. Il s’agit pas exemple de l’huître creuse des Caraïbes (Crassostrea rizophorae) dont la culture a été développée au cours des années 1980.
    Ressources humaines
    On ne dispose pas de statistiques relatives à la formation des ressources humaines qui travaillent dans les exploitations crevetticoles ou élèvent le tilapia. Une certaine connaissance du secteur indique cependant que les travailleurs sur le terrain (alimentation, nettoyage des grilles, etc.) n’ont pas achevé l’école primaire et sont analphabètes. Le personnel d’appui (administration, récolte) l’a quant à lui généralement achevé alors que les équipes d’assistance à la production (superviseurs, biologistes sur le terrain) disposent de formations secondaires de base (techniciens agronomes et autres) ou bien de diplômes universitaires (techniciens aquacoles). En 2001, 18 588 personnes, hommes et femmes confondus, travaillaient dans le secteur de la pêche artisanale, 3 825 dans celui de la pêche industrielle, 1 394 dans la crevetticulture et 6 636 dans la pisciculture. Ces deux derniers chiffres constituent le secteur de l’aquaculture et représentent 26,4 pour cent de la main d’œuvre totale employée dans le secteur halieutique au niveau national. En 2003, les chiffres dont on dispose indiquent que 1 044 hommes et 350 femmes travaillaient dans les exploitations crevetticoles (respectivement 75 pour cent et 25 pour cent). Le travail féminin se concentre principalement dans les usines de transformation. Un tableau fourni en annexe indique le nombre d’emplois générés par le secteur de l’aquaculture.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    On ne dispose pas d’informations sur la productivité ou les rendements par unité pour le tilapia. Les derniers chiffres disponibles remontent à 2001 et indiquent que les infrastructures alors dévolues à cette activité couvraient 400 ha. Il s’agissait d’étangs artificiels dont la production s’élevait à environ 75 tonnes. Un graphique présentant la production annuelle est fourni en annexe. La crevette pattes blanches (Penaeus vannameii) n’est produite que sur la côte Pacifique du pays et sa productivité moyenne par unité est estimée à 3 114,3 lb/ha/cycle. On compte en tout 34 exploitations crevetticoles: 22 sont en activité et 12 ne le sont plus. La surface totale couverte par ces infrastructures s’élève à 1 986,5 ha dont environ 738,8 ha correspondent aux 12 exploitations arrêtées. En résumé, sur les infrastructures totales de production, seul 62,7 pour cent étaient exploitées en 2001. La plupart de ces infrastructures sont des étangs traditionnels dont la forme est irrégulière. Seul 26,9 ha (2,15 pour cent) est constitué de bassins couverts, en ciment.
    Espèces cultivées
    Comme on l’a souligné précédemment, l’aquaculture en eau douce comprend aussi bien l’élevage de poissons que celui de crustacés, de mollusques, de reptiles et d’amphibiens. On ne sait pas avec exactitude quelles sont les espèces élevées actuellement. Les données les plus récentes à ce sujet sont fournies à la fin de ce document. En ce qui concerne la crevette– la seule espèce destinée à l’exportation et ayant généré des devises étrangères en 2004 – la production s’élevait à 8,79 millions de livres correspondant à une valeur de 18,21 millions de dollars EU.

    Des tentatives d’élevage d’espèces autochtones de cichlidés comme les cichlidés à ceinture noire ou chumbimba (Cichlasoma maculicauda) ont permis d’atteindre une production de 78 tonnes en 1996. Cet élevage a cependant cessé en raison de l’abondance de ces espèces qui sont capturées dans les principaux lacs du pays.

    Toutes les espèces cultivées sont des espèces exotiques introduites dans le pays et seul le tilapia est élevé à des fins commerciales même si l’on ne dispose pas de données mises à jour quant à sa production. L’élevage d’autres espèces comme la truite, la crevette d’eau douce, la grenouille taureau, etc., n’est encore que dans une phase de démarrage et aucune statistique de production n’est disponible. La liste des espèces améliorées génétiquement qui ont été introduites est fournie dans le Tableau 1.

    Tableau 1: Espèces de tilapia améliorées génétiquement.
    Espèces Année d’introduction Origine
    Oreochromis aureus white rocky mountain 2003 Etats-Unis d’Amérique
    O. niloticus Stirling 2003 Mexique
    O. niloticus amélioré génétiquement 2003 Mexique
    O. niloticus pearl white 2003 Etats-Unis d’Amérique
    O. niloticus super mâle 2004 Etats-Unis d’Amérique
    (Source: Données et statistiques de la sous-région, UNIPESCA. 2003)

    Jusqu’à présent, 15 autorisations d’activité ont été publiées sous la forme de licences pour l’aquaculture commerciale. Seules 8 d’entre elles sont encore valables actuellement (53 pour cent), 4 sont en cours de renouvellement (27 pour cent) et 3 ont expiré et ne sont plus valables (20 pour cent). Il est important de souligner qu’une seule licence autorise l’activité de production de postlarves (6,6 pour cent) alors que 10 exploitations crevetticoles et une écloserie ne sont pas en possession de licences pour l’aquaculture commerciale.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Mis à part quelques exploitations crevetticoles qui opérent encore selon des méthodes de production extensives, la majorité des exploitations ont adopté des méthodes de production semi-intensives. Dans ces conditions, les densités de mise en charge sont comprises entre 20 et 30 postlarves par mètre carré avec des taux de survie qui peuvent atteindre 90 pour cent. Ces valeurs témoignent d’un véritable succès si on les compare aux taux de survie bien plus faibles (60 pour cent) qui prévalaient lors de la période 1994-1998.

    Les exploitations crevetticoles semi-intensives du pays (86 pour cent) occupent une surface de production de 1 073 ha et connaissent des rendements s’élevant à 3 114,3 lb/ha/cycle. Seules deux des 23 exploitations en activité (10 pour cent) ont recours à des systèmes intensifs et atteignent un production d’environ 7 000 lb/ha/cycle. Elles couvrent une surface de 124,78 ha alors que les systèmes extensifs s’étendent sur 49,9 ha et produisent grosso modo 700 lb/ha/cycle. Plusieurs zones de production de sel ou de terres salées devenues inutiles sont désormais sous-exploitées. A l’heure actuelle, le manque de crédit empêche toutefois l’exploitation de ces terres qui pourraient l’être dans le futur.

    La pisciculture est réalisée dans des systèmes de cages flottantes d’une capacité de 2 778 m³ et dans des étangs traditionnels couvrant 400 ha pour une production atteignant 75 tonnes (2001). Depuis 2004, l’intérêt porté à l’élevage du tilapia n’a cessé d’augmenter avec la construction de la Station aquacole de Sabana Grande qui dispense des formations. Peu d’exploitation ont une taille industrielle et la majorité des unités de production appartiennent aux paysans mais on constate un véritable intérêt pour intensifier l’élevage afin d’accroître les profits.
    Performance du secteur
    Production
    On ne dispose pas de chiffre précis quant à la production totale du secteur de la crevetticulture. En tenant compte des systèmes de production et des surfaces exploitées, on estime cependant que celle-ci s’élève à un total de 6 800 tonnes à l’heure actuelle. Ce chiffre n’est pas officiel parce qu’une bonne part de la production est consommée localement et parce que les producteurs ne communiquent pas toujours toute leur production pour ne pas payer de taxes. Ces statistiques ne sont donc pas des plus fiables. La production aquacole totale était estimée à 6 343 tonnes pour l’année 2003.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Guatemala (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Guatemala (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    On ne dispose pas de données relatives à la consommation domestique. Les ventes locales de crevettes d’élevage ont cependant progressé de façon significative en raison de la baisse des prix sur les marchés internationaux. On estime que 6 818 tonnes ont été produites en 2004 dont 3 995,45 tonnes ont été exportées. La consommation domestique est donc estimée à 2 823 tonnes (Bureau national des pêches, UNIPESCA). La production de crevettes d’élevage est principalement destinée aux marchés nord-américains et européens. La présentation du produit varie selon la demande. Aux Etats-Unis, les produits les plus demandés sont les crevettes pelées, étêtées et éviscérées alors que les marchés asiatiques et européens importent des crevettes entières. En termes de valeur, les exportations de crevettes guatémaltèques se répartissent comme suit : 54 pour cent à destination des Etats-Unis d’Amérique, 44 pour cent vers l’Europe (Espagne et France) et 2 pour cent vers d’autres marchés.

    A l’heure actuelle, il n’existe pas de systèmes d’étiquetage ou de certification pour la production aquacole même si les usines de transformation des produits des pêches et de l’aquaculture sont sujets à des certifications de la part du département de la sécurité alimentaire de l’Unité des normes et des réglementations du ministère de l’Agriculture. Un numéro de certification est attribué aux usines de transformation qui ont été homologuées.
    Contribution à l'économie
    La sécurité alimentaire a été soutenue en 2004 par l’intermédiaire du réempoissonnement de deux grands lacs continentaux avec des alevins de tilapia (Oreochromis spp.) – 37 000 dans le lac Guija et 25 000 dans le lac Amatitlan – ce qui a constitué une aide de première importance aux pêcheries basées sur l’aquaculture et contribué aux moyens d’existence de 202 pêcheurs dans le premier et 385 pêcheurs dans le second. Ces activités de réempoissonnement ont été réalisées par le Programme de développement aquacole guatémaltèque mis en place par le Bureau national des pêches du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de l’alimentation (UNIPESCA-MAEA) avec le soutien financier du sous-ministère à la Sécurité alimentaire du MAEA. Des projets d’élevage en cages dans le lac Atitlán ont également été mis en œuvre. Au nombre de cinq le long de la rive du lac, ils totalisent un volume de 960 m³. Jusqu’à présent, aucune information n’a été fournie quant aux effets de cette activité sur l’économie locale, la réduction de la pauvreté, la sécurité alimentaire nationale, le développement économique et l’environnement.

    Au cours de la période 1967-1969, la consommation de poisson par personne s’élevait à 0,5 kg au Guatemala. En 1990, elle était estimée à 0,9 kg et les données disponibles les plus récentes indiquent qu’elle a atteint 2 kg en 2000. On ne dispose pas d’informations précises quant à la contribution du poisson à la nutrition familiale mais il apparaît évident que la consommation comme la fourniture de poisson ont fortement progressé au cours des cinq dernières années. Même s’il n’existe pas de programmes ou de projets gouvernementaux coordonnés pour le développement de l’aquaculture rurale, des actions isolées ont amené de petits producteurs agricoles qui cultivaient précédemment du café à se lancer dans la pisciculture. L’élevage de tilapia s’est considérablement étendu sur le littoral Pacifique du pays.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L’Unité d’aménagement des pêches et de l’aquaculture (UNIPESCA) est une entité gouvernementale qui a évolué au cours du temps suivant les demandes du secteur des pêches. Initialement, l’Unité spéciale de réalisation des pêches et de l’aquaculture (UNEPA) a été créée à la suite d’efforts régionaux menés pour soutenir les pêches et l’aquaculture (Atelier : « Reconversion institutionnelle du directoire technique des pêches et de l’aquaculture – DITEPESCA ») soutenu par le programme PRADEPESCA.
    Les participants à l’atelier comprenaient des représentants et des investisseurs de la pêche à petite, moyenne et grande échelle des pêcheries littorales des deux espaces côtiers, le sous-secteur de la pêche au thon, le Centre d’études marines et aquacoles (CEMA), l’Association commerciale des exportations agricoles non traditionnelles (ACRICON), des responsables du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de l’alimentation (MAEA) ainsi que du Programme régional de soutien au développement des pêches dans l’isthme d’Amérique centrale (PRADEPESCA). Les participants à l’atelier ont convenu d’élaborer une proposition relative à la structure de la nouvelle entité régulatrice guatémaltèque en matière de pêches et d’aquaculture.

    Suivant l’Accord ministériel n° 25 du 10 janvier 2000, les attributions et les compétences de l’Unité de gestion des pêches et de l’aquaculture sont les suivantes :
    • Proposer conjointement avec l’Unité de l’information et des politiques stratégiques des politiques et des stratégies ainsi que des actions d’aménagement pour l’exploitation durable des ressources hydrobiologiques.
    • Formuler et publier des règlementations et des procédures pour l’exploitation des ressources hydrobiologiques et renforcer leur réalisation.
    • Établir, maintenir et superviser les statistiques officielles de production des pêches du pays.
    • Évaluer, analyser et déterminer l’utilité des concessions accordées, refusées, annulées et prorogées pour l’exploitation des ressources hydrobiologiques.
    • Certifier les professionnels, les entreprises et les entités non gouvernementales habilités à fournir des services déterminés comme transmissibles par le ministère de façon à répondre aux règlementations d’aménagement hydrobiologique ainsi qu’à entreprendre les recherches nécessaires sur la protection, la concession, la gestion et l’exploitation des ressources.
    • Participer à des forums, à des réunions, à des séminaires et à des conventions au niveau national et international au sujet des questions hydrobiologiques.
    • Encourager la participation du Guatemala aux traités, contrats ou accords avec des organisations nationales et internationales en relation avec le développement des pêches et de l’aquaculture quand cela relève d’un intérêt national.
    • Encourager la décentralisation des services de formation et de vulgarisation, le transfert technologique, la recherche, la promotion commerciale ainsi que des projets de développement des pêches qui pourraient être efficacement accomplis par d’autres entités dans le cadre de la loi.
    • Collecter et administrer conjointement avec l’Unité de l’administration financière les ressources financières provenant des obligations et des taxes ainsi que d’autres ressources reçues de sources internationales et externes.
    • Faire des propositions au Bureau ministériel quant aux mesures appropriées de réglementation et d’aménagement pour garantir une exploitation durable des ressources halieutiques.
    • planifier des actions inhérentes à cette Unité dans le cadre de la politique du secteur
    • Participer aux réunions du CODEP.
    • Prendre en charge toute autre attribution indiquée par le Bureau ministériel.

    La Charte de l’organisation et les fonctions des différentes composantes d’UNIPESCA sont décrites en annexe.
    Règlements en vigueur
    La Loi générale sur les pêches et l’aquaculture – Décret n° 80-2002 du Congrès de la République – est la règlementation fondamentale en matière de pêche et d’aquaculture. Ses règlements ont récemment été autorisés par l’Accord gouvernemental n° 223-2005 du 27 juin 2005. Cette règlementation est liée aux règlements suivants:
    • Loi sur la santé des animaux et des plantes (Décret Loi 36-98) qui règlemente les importations et les exportations des produits d’origine animale et végétale, et notamment des ressources hydrobiologiques.
    • Loi de protection et d’amélioration de l’environnement (Décret n° 68-86) qui détermine les exigences en matière d’Evaluation de l’impact environnemental des projets aquacoles.
    • Règlement sur les rejets d’eaux résiduelles (Décret gouvernemental n° 66-2005) qui détermine les limites autorisées en matière de rejets dans les plans d’eau récepteurs.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Le Conseil national des sciences et des technologies (CONCYT) et le Secrétariat national des sciences et des technologies (SENACYT) sont actuellement en train de préparer le Plan de développement technologique 2005-2010 à travers la Commission agricole (AGROGYT). Cette commission est notamment responsable de la gestion des projets de recherche en relation avec l’aquaculture. Le plan ne prévoit pas de directive de recherche spécifique sur l’aquaculture. Les projets de recherche financés par cette commission sont entrepris selon les besoins actuels et l’importance de chaque ressource. Cette entité finance les projets de recherche entrepris par les universités et par UNIPESCA.

    Le seul centre de formation professionnelle en relation avec l’aquaculture est le Centre d’études marines et aquacoles (CEMA). Il s’agit d’un centre régional appartenant à l’université nationale San Carlos du Guatemala qui est affiliée au Réseau régional des centres universitaires.
    L’Institut technique de formation et de productivité (INTECAP) est un autre centre de formation important. Sa création a été approuvée en 1972 par le Congrès de la République selon le principe suivant : « Il est déclaré d’utilité sociale, d’intérêt national et d’utilité publique pour former les ressources humaines et augmenter la productivité sur tous les terrains de l’effort économique » (Tableau 2).

    Tableau 2
    Centre Titre Recherche
    Université nationale San Carlos du Guatemala,Centre d’études marines et aquacoles. Technicien universitaire en aquaculture. Licence en aquaculture. Exigence de diplôme dans les deux programmes
    Institut technique de formation et de productivité. Diplôme en aquaculture Non entreprise
    Ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de l’alimentation, Unité d’aménagement des pêches et de l’aquaculture. Formation pour les exploitants organisés Seulement sur les pêches.
    Tendances, questions et développement
    Au Guatemala, l’aquaculture s’est développée autour de la culture de deux espèces : la crevette marine, sur le plan commercial et pour l’export, et le tilapia, pour la consommation nationale. Au cours des années 1990, l’industrie aquacole destinée à l’export a subi un coup d’arrêt avec l’expansion de maladies virales qui a eu pour conséquence de fortes mortalités. Vers la fin de cette décennie, l’ouragan Mitch a aussi sérieusement endommagé les principales exploitations productives ce qui a provoqué la perte de quantités significatives de produit récoltable.
    A cause de ces facteurs et de l’absence de lignes de crédit, le secteur formé par les producteurs à petite échelle n’a pas pu se redresser après ces pertes et a été progressivement absorbé par les producteurs disposant de plus grands moyens économiques. Malgré tout, les niveaux de production ont enregistré des volumes identiques à ceux obtenus au début de la décennie.

    Depuis 1995, l’industrie a développé de meilleures pratiques d’élevage et des techniques de gestion fondées sur la réduction des échanges d’eau, du stress et de l’alimentation. Récemment, des postlarves améliorées ont été introduites en provenance de Panama, du Honduras, d’Equateur, des Etats-Unis d’Amérique et du Mexique, ce qui a renouvelé l’intérêt porté au développement de la crevetticulture. La disponibilité de matériel génétique amélioré et de méthodologies de reproduction auparavant pratiquées en Colombie et en Equateur a conduit les premiers industriels à mettre en place une production de larves. En raison du prix élevé des terres, de la nécessité de produire de plus grands volumes pour atteindre la profitabilité et de la faiblesse des prix du marché international de la crevette, l’industrie tend à adopter des systèmes de culture intensifs avec des densités de mise en charge qui de 25 organismes par mètre carré augmente jusqu’à 75 et même 100. L’industrie a également recours à une aération supplémentaire et adopte des mesures de biosécurité pour prévenir l’introduction de maladies.

    L’industrie a également dû faire face au besoin de modifier ses cycles de production. Elle est passée de 2,5 cycles par an à un seul pour produire des tailles supérieures à 25 grammes et réalise des récoltes en cours de cycle dans le but d’obtenir les meilleurs prix du marché. Il faut souligner que dans le cas de la crevetticulture marine, une entreprise privée a les moyens de développer cette activité en se maintenant à la pointe des technologies et des systèmes d’élevage. Le rôle du Bureau des pêches s’est limité aux règlementations concernant la capture des postlarves dans leur environnement naturel ainsi qu’à l’enregistrement et à l’émission des licences commerciales exigées pour l’exportation. On peut affirmer que la progression et la consolidation de la crevetticulture se sont basées sur deux piliers fondamentaux : la disponibilité de matériel génétiquement amélioré (postlarves et stock de géniteur) et l’adoption de technologies de cultures mises à jour (alimentation et gestion du stress).

    Initialement, l’élevage piscicole du tilapia a été mis en œuvre suivant le modèle de la basse-cour et sous une forme de polyculture avec des carpes, des escargots, des animaux de la ferme et des volailles ainsi que des sous-produits agricoles. Les rendements espérés n’ont cependant pas été atteints et ce type d’aquaculture n’a pas prospéré. Le tilapia est devenu l’espèce cultivée qui a connu le plus grand succès. Cela s’explique en partie parce que la première station aquacole construite l’a été pour la reproduction de cette espèce ainsi que de cyprinidés. Ces derniers n’ont pas été bien acceptés par les consommateurs à cause de leur trop grand nombre d’arêtes intramusculaires. Le tilapia est cultivé au Guatemala depuis une cinquantaine d’années. C’est désormais une activité consolidée depuis les années 1990 qui s’est appuyée sur le renouvellement génétique opéré avec l’introduction de nouvelles variétés adaptées à différents environnements et avec la mise en place de nouveaux centres de production d’alevins. L’élevage du tilapia a suscité l’intérêt des populations rurales qui entendaient diversifier leurs productions agricoles, surtout dans les zones de production de café en crise à cause de la chute du prix international de ce produit. C’est l’espèce qui a été la plus soutenue par le Bureau des pêches en raison de ses répercutions sociales bénéfiques. Le sous-ministère à la Sécurité alimentaire a encouragé l’élevage de tilapia avec le soutien technique d’UNIPESCA en raison des effets de cette activité en matière de la lutte contre la faim grâce à sa contribution à la sécurité alimentaire.
    A l’heure actuelle, la Politique des ressources hydriques est planifiée conjointement par le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé publique. Elle constitue le cadre légal de la Loi générale sur l’eau. Parmi d’autres industries, l’aquaculture est considérée comme une industrie qui consomme de l’eau et utilise ce liquide vital. La loi vise à établir une taxe pour son usage. Cette mesure de régulation peut ainsi être considérée comme un renforcement de l’utilisation durable et de la protection de cette ressource. Il reste à envisager comment réguler son usage par les petits exploitants qui sont moins en mesure de payer pour cette ressource. Cette proposition a donc une influence de la première importance sur le développement de cette activité.

    Une autre mesure règlementaire affectant les activités aquacoles sera la Loi de protection de la biodiversité qui est en train d’être planifiée et débattue au ministère de l’Agriculture et le ministère de l’Environnement. Cette loi vise à protéger les espèces locales et à règlementer l’utilisation des organismes génétiquement modifiés ainsi que l’introduction d’espèces exotiques. Dans ce contexte, il s’agit d’une mesure de protection des ressources naturelles avec un fort potentiel pour l’aquaculture et la protection des cultures existantes. Des mesures appropriées devront donc être établies pour la diversification du secteur aquacole puisque ce dernier est directement touché par ces mesures.

    Même si cette loi vise à protéger la biodiversité, on sait qu’il y a un manque de contrôle quant à l’introduction d’espèces exotiques. Certaines de ces dernières sont importées comme espèces ornementales. Des organismes sont parfois importés une fois le stade d’éclosion dépassé dans la catégorie générique des cichlidés et, de toute façon certaines de ces espèces peuvent être ichtyophages.

    La Réglementation en vigueur sur les rejets des eaux résiduelles dans les plans d’eau récepteurs (Accord gouvernemental n 66-2005 publié par le ministère de l’Environnement et des ressources naturelles) détermine les limites autorisées en matière de rejets dans les plans d’eau récepteurs. De par sa nature, l’aquaculture est sujette à de telles règlementations même si le programme règlementaire correspondant n’a pas encore été mis en place.
    Même si cette règlementation ne visait pas à règlementer spécifiquement l’aquaculture, la tendance générale des politiques et des règlementations entend réduire les niveaux de pollution émis par les différentes activités industrielles et notamment par l’aquaculture qui est une activité productive consommatrice d’eau alors que cette ressource est de plus en plus rare. Le secteur aquacole a en outre recours à des organismes génétiquement améliorés et rejette des nutriments du fait de l’activité métabolique de ces organismes au cours de leur élevage.
    Références
    Bibliographie
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    AGEXPRONT Asociación Gremial de Exportadores de Productos No Tradicionales. 2004 . Data Export Volumen 144/2004. 31 pp.
    DITEPESCA Dirección Técnica de Pesca y Acuicultura. 1996 . Registro y Control Estadístico Documentos varios 1996.
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    MAGA Ministerio de Agricultura, Ganadería y Alimentación. 2005 . Enero/Febrero 2005. Magactual, Año 2 Nº 008 pp. 18-21.
    PNUD. 2004 . Desarrollo Humano y Ruralidad: Compendio Estadístico 2004. Guatemala: Programa de Naciones Unidas para el Desarrollo, 2004.
    UNIPESCA-MAGA. 2001 . Censo de la Camaronicultura en Guatemala 2001. Informe Final.
    UNIPESCA-MAGA. 2005 . Unidad de Manejo de la Pesca y Acuicultura. Archivos, registros y documentos varios.
    Liens utiles
     
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