La pisciculture a connu une rapide croissance avec l’élevage de tilapia. Cependant, en raison d’une croissance irrégulière depuis 2001, on ne dispose pas de données mises à jour quant au nombre d’unités de production ou aux volumes produits. L’élevage de tilapia est d’une grande importance au niveau communautaire en raison des besoins nutritionnels pressants des populations rurales et de la chute des prix d’autres productions agricoles comme les plantations de café. Il est en outre encouragé par la promotion mise en œuvre par le gouvernement avec la création d’un centre piscicole de formation et de production. L’élevage d’autres espèces a été lancé par des investisseurs privés. Il s’agit notamment de la truite, de la grenouille taureau et de la langouste d’eau douce mais leur commercialisation n’a pas encore été développée. Jusqu’à présent, le gouvernement n’a pas mis en place de programmes de réglementation et développement du secteur.
En ce qui concerne les crevettes d’eau douce, en particulier le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii), la culture a démarré au Guatemala à la fin des années 1970. Elle a été le fait du secteur privé qui a bénéficié du soutien de la Mission agricole technique de Taiwan et de celui du gouvernement central. L’élevage de grenouilles taureau americaine (Rana catesbeiana) a commencé en 1995 mais n’a pas prospéré car aucun réseau de commercialisation approprié n’avait pas été mis en place. A l’heure actuelle, cette production est encore insignifiante et réservée à la consommation locale. L’élevage de truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) est réalisé pour le marché local et à petite échelle. La commercialisation de cette espèce a connu des difficultés en raison de son prix relativement élevé pour les communautés locales dont le pouvoir d’achat est très limité. En outre, diverses tentatives d’élevage expérimental d’autres espèces n’ont pas été couronnées de succès. Il s’agit pas exemple de l’huître creuse des Caraïbes (Crassostrea rizophorae) dont la culture a été développée au cours des années 1980.
Des tentatives d’élevage d’espèces autochtones de cichlidés comme les cichlidés à ceinture noire ou chumbimba (Cichlasoma maculicauda) ont permis d’atteindre une production de 78 tonnes en 1996. Cet élevage a cependant cessé en raison de l’abondance de ces espèces qui sont capturées dans les principaux lacs du pays. Toutes les espèces cultivées sont des espèces exotiques introduites dans le pays et seul le tilapia est élevé à des fins commerciales même si l’on ne dispose pas de données mises à jour quant à sa production. L’élevage d’autres espèces comme la truite, la crevette d’eau douce, la grenouille taureau, etc., n’est encore que dans une phase de démarrage et aucune statistique de production n’est disponible. La liste des espèces améliorées génétiquement qui ont été introduites est fournie dans le Tableau 1. Tableau 1: Espèces de tilapia améliorées génétiquement.
Jusqu’à présent, 15 autorisations d’activité ont été publiées sous la forme de licences pour l’aquaculture commerciale. Seules 8 d’entre elles sont encore valables actuellement (53 pour cent), 4 sont en cours de renouvellement (27 pour cent) et 3 ont expiré et ne sont plus valables (20 pour cent). Il est important de souligner qu’une seule licence autorise l’activité de production de postlarves (6,6 pour cent) alors que 10 exploitations crevetticoles et une écloserie ne sont pas en possession de licences pour l’aquaculture commerciale.
Les exploitations crevetticoles semi-intensives du pays (86 pour cent) occupent une surface de production de 1 073 ha et connaissent des rendements s’élevant à 3 114,3 lb/ha/cycle. Seules deux des 23 exploitations en activité (10 pour cent) ont recours à des systèmes intensifs et atteignent un production d’environ 7 000 lb/ha/cycle. Elles couvrent une surface de 124,78 ha alors que les systèmes extensifs s’étendent sur 49,9 ha et produisent grosso modo 700 lb/ha/cycle. Plusieurs zones de production de sel ou de terres salées devenues inutiles sont désormais sous-exploitées. A l’heure actuelle, le manque de crédit empêche toutefois l’exploitation de ces terres qui pourraient l’être dans le futur. La pisciculture est réalisée dans des systèmes de cages flottantes d’une capacité de 2 778 m³ et dans des étangs traditionnels couvrant 400 ha pour une production atteignant 75 tonnes (2001). Depuis 2004, l’intérêt porté à l’élevage du tilapia n’a cessé d’augmenter avec la construction de la Station aquacole de Sabana Grande qui dispense des formations. Peu d’exploitation ont une taille industrielle et la majorité des unités de production appartiennent aux paysans mais on constate un véritable intérêt pour intensifier l’élevage afin d’accroître les profits.
Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Guatemala (d'après les statistiques de la FAO):
A l’heure actuelle, il n’existe pas de systèmes d’étiquetage ou de certification pour la production aquacole même si les usines de transformation des produits des pêches et de l’aquaculture sont sujets à des certifications de la part du département de la sécurité alimentaire de l’Unité des normes et des réglementations du ministère de l’Agriculture. Un numéro de certification est attribué aux usines de transformation qui ont été homologuées.
Au cours de la période 1967-1969, la consommation de poisson par personne s’élevait à 0,5 kg au Guatemala. En 1990, elle était estimée à 0,9 kg et les données disponibles les plus récentes indiquent qu’elle a atteint 2 kg en 2000. On ne dispose pas d’informations précises quant à la contribution du poisson à la nutrition familiale mais il apparaît évident que la consommation comme la fourniture de poisson ont fortement progressé au cours des cinq dernières années. Même s’il n’existe pas de programmes ou de projets gouvernementaux coordonnés pour le développement de l’aquaculture rurale, des actions isolées ont amené de petits producteurs agricoles qui cultivaient précédemment du café à se lancer dans la pisciculture. L’élevage de tilapia s’est considérablement étendu sur le littoral Pacifique du pays.
Les participants à l’atelier comprenaient des représentants et des investisseurs de la pêche à petite, moyenne et grande échelle des pêcheries littorales des deux espaces côtiers, le sous-secteur de la pêche au thon, le Centre d’études marines et aquacoles (CEMA), l’Association commerciale des exportations agricoles non traditionnelles (ACRICON), des responsables du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de l’alimentation (MAEA) ainsi que du Programme régional de soutien au développement des pêches dans l’isthme d’Amérique centrale (PRADEPESCA). Les participants à l’atelier ont convenu d’élaborer une proposition relative à la structure de la nouvelle entité régulatrice guatémaltèque en matière de pêches et d’aquaculture. Suivant l’Accord ministériel n° 25 du 10 janvier 2000, les attributions et les compétences de l’Unité de gestion des pêches et de l’aquaculture sont les suivantes :
La Charte de l’organisation et les fonctions des différentes composantes d’UNIPESCA sont décrites en annexe.
Le seul centre de formation professionnelle en relation avec l’aquaculture est le Centre d’études marines et aquacoles (CEMA). Il s’agit d’un centre régional appartenant à l’université nationale San Carlos du Guatemala qui est affiliée au Réseau régional des centres universitaires. L’Institut technique de formation et de productivité (INTECAP) est un autre centre de formation important. Sa création a été approuvée en 1972 par le Congrès de la République selon le principe suivant : « Il est déclaré d’utilité sociale, d’intérêt national et d’utilité publique pour former les ressources humaines et augmenter la productivité sur tous les terrains de l’effort économique » (Tableau 2). Tableau 2
A cause de ces facteurs et de l’absence de lignes de crédit, le secteur formé par les producteurs à petite échelle n’a pas pu se redresser après ces pertes et a été progressivement absorbé par les producteurs disposant de plus grands moyens économiques. Malgré tout, les niveaux de production ont enregistré des volumes identiques à ceux obtenus au début de la décennie. Depuis 1995, l’industrie a développé de meilleures pratiques d’élevage et des techniques de gestion fondées sur la réduction des échanges d’eau, du stress et de l’alimentation. Récemment, des postlarves améliorées ont été introduites en provenance de Panama, du Honduras, d’Equateur, des Etats-Unis d’Amérique et du Mexique, ce qui a renouvelé l’intérêt porté au développement de la crevetticulture. La disponibilité de matériel génétique amélioré et de méthodologies de reproduction auparavant pratiquées en Colombie et en Equateur a conduit les premiers industriels à mettre en place une production de larves. En raison du prix élevé des terres, de la nécessité de produire de plus grands volumes pour atteindre la profitabilité et de la faiblesse des prix du marché international de la crevette, l’industrie tend à adopter des systèmes de culture intensifs avec des densités de mise en charge qui de 25 organismes par mètre carré augmente jusqu’à 75 et même 100. L’industrie a également recours à une aération supplémentaire et adopte des mesures de biosécurité pour prévenir l’introduction de maladies. L’industrie a également dû faire face au besoin de modifier ses cycles de production. Elle est passée de 2,5 cycles par an à un seul pour produire des tailles supérieures à 25 grammes et réalise des récoltes en cours de cycle dans le but d’obtenir les meilleurs prix du marché. Il faut souligner que dans le cas de la crevetticulture marine, une entreprise privée a les moyens de développer cette activité en se maintenant à la pointe des technologies et des systèmes d’élevage. Le rôle du Bureau des pêches s’est limité aux règlementations concernant la capture des postlarves dans leur environnement naturel ainsi qu’à l’enregistrement et à l’émission des licences commerciales exigées pour l’exportation. On peut affirmer que la progression et la consolidation de la crevetticulture se sont basées sur deux piliers fondamentaux : la disponibilité de matériel génétiquement amélioré (postlarves et stock de géniteur) et l’adoption de technologies de cultures mises à jour (alimentation et gestion du stress). Initialement, l’élevage piscicole du tilapia a été mis en œuvre suivant le modèle de la basse-cour et sous une forme de polyculture avec des carpes, des escargots, des animaux de la ferme et des volailles ainsi que des sous-produits agricoles. Les rendements espérés n’ont cependant pas été atteints et ce type d’aquaculture n’a pas prospéré. Le tilapia est devenu l’espèce cultivée qui a connu le plus grand succès. Cela s’explique en partie parce que la première station aquacole construite l’a été pour la reproduction de cette espèce ainsi que de cyprinidés. Ces derniers n’ont pas été bien acceptés par les consommateurs à cause de leur trop grand nombre d’arêtes intramusculaires. Le tilapia est cultivé au Guatemala depuis une cinquantaine d’années. C’est désormais une activité consolidée depuis les années 1990 qui s’est appuyée sur le renouvellement génétique opéré avec l’introduction de nouvelles variétés adaptées à différents environnements et avec la mise en place de nouveaux centres de production d’alevins. L’élevage du tilapia a suscité l’intérêt des populations rurales qui entendaient diversifier leurs productions agricoles, surtout dans les zones de production de café en crise à cause de la chute du prix international de ce produit. C’est l’espèce qui a été la plus soutenue par le Bureau des pêches en raison de ses répercutions sociales bénéfiques. Le sous-ministère à la Sécurité alimentaire a encouragé l’élevage de tilapia avec le soutien technique d’UNIPESCA en raison des effets de cette activité en matière de la lutte contre la faim grâce à sa contribution à la sécurité alimentaire. A l’heure actuelle, la Politique des ressources hydriques est planifiée conjointement par le ministère de l’Agriculture, le ministère de l’Environnement et le ministère de la Santé publique. Elle constitue le cadre légal de la Loi générale sur l’eau. Parmi d’autres industries, l’aquaculture est considérée comme une industrie qui consomme de l’eau et utilise ce liquide vital. La loi vise à établir une taxe pour son usage. Cette mesure de régulation peut ainsi être considérée comme un renforcement de l’utilisation durable et de la protection de cette ressource. Il reste à envisager comment réguler son usage par les petits exploitants qui sont moins en mesure de payer pour cette ressource. Cette proposition a donc une influence de la première importance sur le développement de cette activité. Une autre mesure règlementaire affectant les activités aquacoles sera la Loi de protection de la biodiversité qui est en train d’être planifiée et débattue au ministère de l’Agriculture et le ministère de l’Environnement. Cette loi vise à protéger les espèces locales et à règlementer l’utilisation des organismes génétiquement modifiés ainsi que l’introduction d’espèces exotiques. Dans ce contexte, il s’agit d’une mesure de protection des ressources naturelles avec un fort potentiel pour l’aquaculture et la protection des cultures existantes. Des mesures appropriées devront donc être établies pour la diversification du secteur aquacole puisque ce dernier est directement touché par ces mesures. Même si cette loi vise à protéger la biodiversité, on sait qu’il y a un manque de contrôle quant à l’introduction d’espèces exotiques. Certaines de ces dernières sont importées comme espèces ornementales. Des organismes sont parfois importés une fois le stade d’éclosion dépassé dans la catégorie générique des cichlidés et, de toute façon certaines de ces espèces peuvent être ichtyophages. La Réglementation en vigueur sur les rejets des eaux résiduelles dans les plans d’eau récepteurs (Accord gouvernemental n 66-2005 publié par le ministère de l’Environnement et des ressources naturelles) détermine les limites autorisées en matière de rejets dans les plans d’eau récepteurs. De par sa nature, l’aquaculture est sujette à de telles règlementations même si le programme règlementaire correspondant n’a pas encore été mis en place. Même si cette règlementation ne visait pas à règlementer spécifiquement l’aquaculture, la tendance générale des politiques et des règlementations entend réduire les niveaux de pollution émis par les différentes activités industrielles et notamment par l’aquaculture qui est une activité productive consommatrice d’eau alors que cette ressource est de plus en plus rare. Le secteur aquacole a en outre recours à des organismes génétiquement améliorés et rejette des nutriments du fait de l’activité métabolique de ces organismes au cours de leur élevage.
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