Accueil FAO>Pêches et aquaculture
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d‘élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie 
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L'aquaculture en Guyane est un concept relativement nouveau, cependant, les gens sur la Côte de Corentyne ont pratiqué une forme avancée de pêche semblable à l'aquaculture pendant plus de 100 ans. Plusieurs tentatives ont été faites pendant plusieurs années en vue de développer l'aquaculture en eau douce et en eau saumâtre d'autant plus que la demande du consommateur local en poissons d'eau douce est grande; ceci est reflété dans la consommation de poissons par personne en Guyane (58,7 kg par an en 1999). Les déclins récents dans les captures des pêches marines et les difficultés de commercialisation des récoltes traditionnelles ont suscité, de nouveau, l'intérêt pour l'aquaculture.

    Les activités aquacoles en Guyane peuvent être divisées en aquaculture d'eau douce et d'eau saumâtre, elles sont principalement pratiquées sur les plaines côtières.

    Les espèces en élevage semi intensif en étangs sont le tilapia de la Mozambique (Oreochromis mossambicus), le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus), le tilapia rouge jamaïquain, le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii), poisson-chat cuirassé ou atipa (Hoplosternum littorale) et la crevette des eaux profondes (Mesopenaeus tropicalis).

    Actuellement, les produits aquacoles ne sont pas exportés, les marchés principaux étant les marchés locaux situés le long de la côte du pays. D’habitude, les aquaculteurs vendent directement aux consommateurs et aucun étiquetage n'est exigé sur le produit aquacole. L'aquaculture est encore dans ses étapes de développement et en raison de sa contribution presque négligeable à l'économie on ne l'enregistre pas séparément.

    La gestion de l'aquaculture est sous la responsabilité de l'Unité de Recherche et de Développement du Département des Pêches, un des nombreux départements du Ministère Guyanais des Pêches, des Récoltes et de l’Elevage. Il n'y a aucune association aquacole du secteur privé, mais il existe un représentant des aquaculteurs au Comité Consultatif sur les Pêches. Actuellement, il n'y a aucune législation en vigueur pour contrôler spécifiquement le secteur aquacole, mais on s'attend à ce qu'une Note sur l’Aquaculture soit élaborée bientôt.

    Des priorités en recherche sont établies par le Ministère des Pêches, des Récoltes et de l’Elevage au Centre de Formation et la Ferme expérimentale Aquacole d’Eau Douce de Mon Repos. La politique du gouvernement envers l'aquaculture se concentre principalement sur le développement du secteur privé et il leur fournit les facilités nécessaires. Le développement de l'aquaculture est perçu dans la perspective de favoriser la diversification agricole, d’améliorer la sécurité alimentaire, d’assurer l’abondance des aliments de haute valeur en protéine et de sauvegarder l’environnement.
    Historique et aperçu général
    Les premières tentatives dans le domaine aquacole en Guyane remontent aux premiers habitants de l’Inde de l’Est de la Côte de Corentyne près de l'estuaire du Fleuve Berbice. Pendant plus de 100 ans ils ont pratiqué un système d'aménagement de pêche semblable à l'aquaculture. Cette pratique consistait en l'ouverture légale ou illégale des défenses de la mer pour profiter des marées hautes. Des juvéniles, larves, oeufs, etc. sont alors piégés dans des polders côtiers et dans certains cas dans des enclos particulièrement construits près de l’estran dont les conditions assurent une bonne croissance et maturité pour atteindre la taille commerciale. Plusieurs espèces marines sont maîtrisées de cette façon, certaines des espèces ciblées incluent la crevette des eaux profondes (Mesopenaeus tropicalis), le crossie blanc (Centropomus undecimalis), le tarpon (Megalops atlanticus) et le mulet (Mugil spp.).

    L'aquaculture en eau douce a commencé pour la première fois vers la fin des années 40 par l'introduction du tilapia de la Mozambique. Au début, on a pensé que l'élevage de poissons pourrait être entreprit en intégration avec l'agriculture tel que pour les poissons produits dans les champs irrigués de riz, ou les champs inondés de canne à sucre. En outre, les centaines de milles de canaux d'irrigation ont offert une grande facilité pour entreprendre l'aquaculture en eau douce. Cependant, aucune de ces idées n'a été appliquée, parce que le gouvernement s’intéressait principalement au développement des pêches marines.

    Dans les années 70, il y a eu un intérêt renouvelé pour l'aquaculture d'eau douce, avec l'établissement de trois installations par le Département des Pêches et en coopération avec le Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI)/l’entreprise appelée la Guyana Sugar Corporation (GUYSUCO).

    Le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) a été introduit et des tentatives ont été faites pour l’élevage des espèces indigènes alternatives telles que le poisson-chat cuirassé ou l'atipa (). Cependant, en raison d'un manque des capacités de gestion et des ressources humaines nécessaires pour assurer le fonctionnement continu des installations, ces dernières ont été par la suite abandonnées.

    Une ébauche d’un Plan d'Action pour le développement de l'aquaculture, préparée avec l'appui de l'Agence Canadienne de Développement International (ACDI)en 1994 a recommandé l'établissement d'une station piscicole d’eau douce. En outre, en octobre 1997, un spécialiste en aquaculture de la FAO/SLAC TCDC a visité la Guyane et en collaboration avec le Département des Pêches, il a donné des propositions pour le développement de l'aquaculture dans le pays, parmi ces propositions l'établissement d'une station piscicole d’eau douce.

    Une évaluation préliminaire du stock, menée par la Commission Guyane–Brésil des Pêches de l’Atlantique Centrale Occidentale (WECAFC) le Groupe de Travail ad-hoc du WECAFC en mai 1998, a indiqué que les ressources de crevettes pénéidées avaient probablement atteint leur rendement maximum durable et que certaines espèces de poissons d’intérêt commercial estimées sous-exploitées sont probablement devenues surexploitées.

    Avec la baisse continuelle dans les débarquements de crevettes et l’effort croissant dans la pêche des poissons, le gouvernement a commencé à promouvoir l'aquaculture comme une activité qui pourrait attirer les investisseurs, procurer de l'emploi et améliorer les revenus et les bénéfices en devises étrangères via les exportations, et participer dans la production croissante d’aliments de hauts niveaux nutritionnels pour la population dans l'ensemble. Le gouvernement envisage également d'améliorer les niveaux de vie des fermiers ruraux en Guyane.

    Les éleveurs travaillant actuellement dans les plantations de sucre et dans les rizières sont intéressés par la diversification de leur investissement et veulent consacrer une partie de leur terre à l’élevage des poissons et de la crevette d'eau douce commercialisés localement ou destinés à l’exportation. La demande locale en poissons d'eau douce est forte et elle est reflétée par les 58,7 kg de poissons consommés par personne par an en 1999. C’est l’un des niveaux les plus élevés au monde. Sur la Plaine Côtière, les poissons marins sont facilement accessibles, mais il y a une préférence pour les poissons d'eau douce, tels que le Tilapia et Hoplosternum littorale. Dans les régions intérieures, en raison du manque d'accès aux poissons marins les poissons d'eau douce jouent un rôle important dans la nourriture de la population.

    Depuis 1997, le gouvernement s'est engagé sur une voie de vulgarisation de l'aquaculture, la surface réservée à l'aquaculture a augmenté, ainsi que le nombre d'espèces en élevage. Le 13 juillet 2001, la phase 1 du Centre de Formation et la Ferme Expérimentale Aquacole d’Eau Douce de Mon Repos a été commissionnée. Cette installation a été construite suite à une coopération avec l'Organisation de l’Alimentation et de l'Agriculture des Nations Unies (FAO-TCP 8922), le Gouvernement de la Guyane et l'Agence Canadienne de Développement International (ACDI).

    Le gouvernement a adopté comme politique d’aider le secteur privé pour le développement de l'industrie aquacole, et d’après la Commission du Secteur Privé de la Guyane, une somme de 1,2 million US$ a été investie en aquaculture en 2002.
    Ressources humaines
    On estime qu'environ 100 personnes sont actuellement impliquées, dans la production aquacole en eau saumâtre avec une activité à mi-temps complétée par d'autres activités comprenant la culture du riz et l’élevage de bétail, de poulet et la récolte d'espèces en élevage. La grande majorité, plus de 80 pour cent, sont instruites et ont une éducation primaire tandis qu'un nombre minime possèdent une éducation secondaire, cependant, aucune donnée spécifique n'est disponible dans ce secteur.
    Aucune donnée relative à la distribution selon le sexe n'est disponible, cependant, et selon l'avis personnel de l'auteur, l'activité aquacole d'eau douce est pratiquée primordialement par des hommes, alors qu'en aquaculture d'eau saumâtre, approximativement 40 pour cent des personnes impliquées sont des femmes. Approximativement 20 pour cent de ceux qui sont impliqués dans le secteur aquacole ont reçu une formation de base au Centre de Formation et la Ferme Expérimentale Aquacole d’Eau Douce de Mon Repos tandis que le reste n'ont reçu aucune formation formelle. Cependant, un grand nombre de ceux impliqués dans l'aquaculture en eau saumâtre disposent d'un niveau limité de connaissances traditionnelles.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    La Guyane est divisée en 10 régions administratives, et quatre zones écologiques. Toutes les activités aquacoles sont pratiquées sur la Plaine Basse Côtière et l'élevage en étangs de tilapia et de la chevrette (crevette géante d'eau douce) est le principal système d'élevage. La rizipisciculture du tilapia a été introduite à titre expérimental. Les systèmes aquacoles généralement utilisent de l'eau douce fournie par une série de structures de piégeage de l'eau connues localement sous le nom de conservancies. Ces conservancies (conservancie de Boaserie, conservancie de l'Est de Demerara et Crique de Canje) déchargent l'eau dans un système de canaux d'irrigation s'écoulant par la suite dans l'Océan Atlantique. Les systèmes de culture irriguée incluent principalement la culture de la canne à sucre et du riz.

    L'élevage en eau douce du tilapia emploi le son du riz, le son du blé, l'aliment de démarrage pour le poulet et les aliments de grossissement de tilapia, dont certains sont localement produits et d'autres sont importés. Les engrais utilisés sont le super triphosphate et la bouse de vache aux taux de 56 kg/ha et 560 kg/ha, respectivement.

    Il existe un élevage expérimental en étang du Macrobrachium rosenbergii dans différentes régions, les aliments utilisés sont fabriqués à partir d'aliments de démarrage pour le poulet (35 pour cent de protéine). Les engrais utilisés sont le super triphosphate (56 kg/ha) et la bouse de vache (560 kg/ha), en outre le chaulage limité des étangs est fait avec la pierre à chaux en poudre.

    La rizipisciculture utilisant la souche rouge du tilapia est pratiquée à titre expérimental dans la région 6, Berbice.
    Espèces cultivées
    • Tilapia de la Mozambique (Oreochromis mossambicus): cette espèce en provenance de la Malaisie, a été introduite en Guyane en 1958. Actuellement, elle est d'une importance minimale à cause du croisement avec le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) et aucune souche de race pure n'existe aujourd'hui en Guyane. Aucune autre importation n'a été faite depuis son introduction initiale.
    • Tilapia du Nil (Oreochromis niloticus): cette espèce, en provenance du Cuba, a été introduite pour la première fois en Guyane dans les années 70. Les avantages escomptés des introductions initiales ont été entravés par le croisement non planifié qui s'est produit avec le Oreochromis mossambicus (GUYSUCO, non daté). Une introduction plus récente a été faite en 1999 à partir d'un stock acheté en Floride, Etats-Unis. Cette espèce est évaluée dans des essais à la station de Mon Repos aussi bien que par quelques aquaculteurs.
    • Tilapia rouge jamaïquain (hybride): la première introduction enregistrée en Guyane de cette espèce a eu lieu en 1999, cependant, cette espèce a été observée dans plusieurs exploitations en 1998, probablement importée de Suriname. Une deuxième introduction a été faite en 2001, à partir d'un stock acheté en Floride, Etats-Unis, mais en provenance de la Jamaïque.
    • Bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii): cette espèce a été introduite la première fois en Guyane dans les années 70; d’autres introductions ont eu lieu entre 2000-2003. Jusqu'à ce qu'une écloserie viable soit installée, le stock des larves doit continuer à être importé à des fins d'élevage.
    • Poisson-chat cuirassé ou atipa (Hoplosternum littorale): cette espèce est endémique de la Guyane. Elle est parmi les espèces économiquement importantes qui atteignent un prix élevé sur le marché local. Une recherche limitée, relative à cette espèce a été menée dans les années 70, actuellement, elle suscite de nouveau de l'intérêt.
    • Crevette des eaux profondes (Mesopenaeus tropicalis): cette espèce est endémique de la Guyane. C'est l'espèce principale en élevage dans les exploitations d'eau saumâtre et atteint sur le marché local, un prix très élevé.
    Pratiques et systèmes d‘élevage
    L'aquaculture en eau douce est généralement semi intensive. Il existe un potentiel important pour l'expansion dans ce secteur, la clef peut être l'identification des espèces rentables en vue de rendre l'aquaculture plus compétitive en comparaison avec d'autres activités traditionnelles. Les pratiques agricoles en eau saumâtre ont plus de relation avec le perfectionnement de la pêche que l'aquaculture. Les pratiques impliquent l'ouverture légale ou illégale des barrières protectrices de la mer pour tirer profit des apports des marées hautes : juvéniles, larves, oeufs, etc. sont alors piégés dans des polders côtiers et dans certains cas dans des clôtures construites spécialement près des estrans où ils continuent leur croissance jusqu’à la taille commerciale. Ces eaux collectées contiennent plusieurs espèces; parmi celles visées : la crevette des eaux profondes (Mesopaeneus tropicalis), le brochet de mer commun (Centropomus undecimalis), le tarpon (Megalops atlanticus) et le mulet (Mugil spp.).

    Ces exploitations d’eau saumâtre fonctionnent en tant que systèmes étendus de polyculture, le rendement varie largement d'année en année. Les précipitations abondantes sont la clef d’un bon rendement car elles réduisent la salinité excessive résultant de l'évaporation des eaux saumâtres. Il est à noter que les densités de charge ne sont pas connues, l’aménagement des étangs est limité et on ne fournit pas d’aliment, mais on fertilise les entrées d’eaux par la bouse des vaches qui sont gardées sur ces sites. Cependant, on veille sur la construction des barrages, l'élimination des prédateurs, la gestion de l'eau et les méthodes de récolte. En dépit de la gestion limitée des récoltes toutes les 8-9 semaines, sont possibles le long de toute l'année.

    Les tilapias qui se produisent dans ces systèmes sont les descendants des stocks à l'origine introduits dans ces barrages et ces étangs à diverses périodes pendant des décennies, au début des années 50. De nos jours, la pratique générale est de capturer les communautés de poissons déjà existants plutôt que d’ajouter des tilapias dans ces systèmes d’élevage.

    Les rendements de crevette varient de 0,5 à 1,9 tonnes par hectare, alors que les rendements de tilapia oscillent entre 0,1 et 0,9 tonne par hectare.
    Performance du secteur
    Production
    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Guyana (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Guyana (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Étant donné que la production aquacole totale annuelle est relativement faible (soit 600 tonnes), et la demande locale des produits aquacoles est élevée, jusqu'ici, il n'y a eu aucune exportation significative des produits aquacoles, ces derniers sont totalement écoulés sur les marchés locaux des villes, tels que Anna Regina, Parika, Georgetown, New Amsterdam, Rose Hall et Port Morant.

    Les chaînes d’approvisionnement et de distribution
    La majorité des produits aquacoles sont vendus sur les marchés locaux par les exploiteurs eux-mêmes. Des fois, les intermédiaires achètent le produit à la porte de l’exploitation et ils le vendent alors sur les marchés locaux.

    Etiquetage et certification
    Actuellement il n'y a aucun étiquetage ou conditions de certification spécifique pour le produit aquacole, cependant, tous les produits de la pêche destinés à l'exportation doivent être inspectés par l'Unité Vétérinaire de la Santé Publique relevant du Ministère de la Santé.
    L'Unité Vétérinaire de la Santé Publique est responsable de la sécurité des produits de la pêche qui arrivent au consommateur, elle surveille les conditions sanitaires à bord des bateaux de pêche et sur les quais où le poisson est débarqué. L'unité inspecte et certifie, aussi, les unités de traitement de poisson et émet un Certificat Médical avant qu’on ne procède à l'exportation des produits de la pêche.

    L'Unité Vétérinaire de la Santé Publique effectue, aussi, des essais microbiologiques sur les produits de la pêche pour s’assurer de la qualité du produit.
    Contribution à l'économie
    L'aquaculture reste encore en phase de développement. Les données relatives à l'aquaculture ne sont pas enregistrées séparément mais actuellement sa contribution à l'économie est négligeable, mais elle a tout le potentiel nécessaire pour influer positivement sur l'économie en termes de développement socio-économique, pour générer des revenus et de l'emploi. On n’observera ces effets que quand l'industrie aquacole aura sa chance de se développer davantage.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le développement de l’aquaculture en Guyane est sous la responsabilité de l'Unité de Recherche et de Développement du Département des Pêches relevant du Ministère des Pêches, des Récoltes et de l’Elevage. Le Département des Pêches est structuré selon quatre programmes secondaires à savoir : (i) administration du programme, (ii) juridiction et inspection, (iii) recherche et développement et (iv) vulgarisation.

    Actuellement, le personnel travaillant dans le secteur aquacole est nombreux. Un officier supérieur des pêches affecté au Centre de Formation et à la Ferme expérimentale Aquacole d’Eau Douce de Mon Repos est responsable du service. Cet officier dirige un chimiste en hydro/limnologie, qui est également affecté au Centre de Mon Repos. Un assistant dans le domaine des pêches et quatre surveillants des stations de poissons sont directement impliqués en aquaculture.

    A l’heure actuelle, il n'existe aucune association aquacole du secteur privé, cependant, il existe un représentant des aquaculteurs au Comité Consultatif sur les Pêches. Le Comité Consultatif sur les pêches est un groupe de personnes, de l'industrie de la pêche, choisies par le Ministre, pour autoriser l’entrée du secteur privé dans le processus de prise de décision relative à la pêche.
    Règlements en vigueur
    L'Acte sur les Pêcheries (1956, modifié en 1977) réglemente la pêche dans les eaux de la Guyane. L’Acte ne contient aucune disposition substantive concernant l'aquaculture mais autorise le Ministre des Pêches, des Récoltes et de l’Elevage à faire des règlements concernant l’empoissonnement de n'importe quelle eau et la création et le contrôle des écloseries de poissons (section 33(1)), cependant, et jusqu’à ce jour, le Ministre n'a jamais jouit de cette autorité.

    Récemment, un nouvel acte, ébauche, sur l'aquaculture (copie disponible sur le Bureau Juridique de la FAO) a été élaboré et programmé pour être présenté bientôt à l'Assemblée Nationale. L'acte proposé est complet, il fournit une définition de l'aquaculture, réglemente la procédure de délivrance de permis pour s'engager dans le secteur aquacole et pour installer des unités aquacoles et contient des dispositions substantives directes sur l'application, les infractions et les pénalités. Le permis sera délivré par l'Officier en Chef des Pêches qui peut imposer des conditions concernant :
    • La zone ou les zones où les activités aquacoles peuvent être entreprises.
    • Les pratiques en matière de structure, d'équipement et d'entretien qui peuvent être employées dans l’activité aquacole.
    • Les espèces aquatiques, y compris les quantités qui peuvent être produites dans une installation aquacole particulière.
    • La composition et la quantité d'aliment qui peut être utilisée.
    • Le contrôle ou l’interdiction de l'utilisation des produits pharmaceutiques comprenant les médicaments et les antibiotiques.
    • La déclaration des maladies.
    • Les dispositions relatives aux mortalités, matériaux et produits de déchets résultant des activités aquacoles, y compris les demandes pour des consentements ou avis relatifs à ces questions.
    • La mobilité des espèces aquatiques.
    • Le contrôle et la surveillance de la qualité de l'eau.
    • L’assurance des équipements de l'aquaculture.
    • L’enregistrement des installations aquacoles et le suivi de leur fonctionnement.
    • La divulgation des informations concernant les activités aquacoles.
    • La période ou les périodes dans laquelle/lesquelles les conditions doivent être remplies.
    • Autres conditions que le Chef des Pêches juge nécessaires.
    Actuellement plusieurs sujets qui doivent être traités dans l’éventuel permis aquacole ne sont pas suffisamment réglementés. L'acte proposé exige une évaluation de l’impact sur l'environnement conformément aux dispositions de l’Acte sur la Protection de l'Environnement, en outre, aucun permis ne sera émis à moins que le demandeur n’ait obtenu les approbations exigées en vertu de la loi relative à l'utilisation de la terre et de l'eau. L'officier en Chef des Pêches peut refuser d'accorder ou de renouveler le permis - entre autres - si l'activité aquacole est accusée d’être responsable d’une propagation de maladies parmi les espèces aquatiques. Le permis peut être annulé - entre autres - s'il y a eu une manifestation de la maladie ou une telle manifestation est imminente.

    Pour plus d’information sur la législation de l'aquaculture en Guyane prière de cliquer sur le lien suivant (en anglais):
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture - Guyane (en anglais)
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les priorités en matière de recherche sont établies par le Ministère des Pêches, des Récoltes et de l’Elevage. La recherche menée par le Gouvernement a lieu principalement au Centre de Formation et à la Ferme Expérimentale Aquacole d’Eau Douce de Mon Repos, qui est l’unique service menant actuellement de la recherche en matière d'aquaculture.
    Le service de Mon Repos a fait des recherches sur plusieurs aliments, locaux et importés, avec le tilapia rouge, le tilapia du Nil et l'atipa (Hoplosternum littorale). Une recherche est également entamée pour déterminer le taux optimum de mise en charge pour le Colossoma.

    Des recherches aboutissantes ont été effectuées dans la zone de la reproduction du H. littorale, et l'élevage des alevins jusqu'à l'étape de fingerlings.
    Les aquaculteurs choisis participent également à la recherche au nom du gouvernement, ceci est devenu possible grâce à un effort de collaboration entre le Département des Pêches et le Projet de Services d’Aide aux Communautés Rurales Pauvres, un projet local financé de l’extérieur avec un mandat de faciliter le développement agricole dans le Pomeroon-Supenaam et les Iles d’Essequibo – Ouest Demerara.

    Les aquaculteurs choisis ont des juvéniles et bénéficient de l'appui technique, du Département des Pêches et du Projet de Services d’Aide aux Communautés Rural Pauvres, en retour ils fournissent le reste des intrants, et le terrain. Les bénéfices obtenus sont alors partagés entre le gouvernement, et les autres aquaculteurs.

    Les données de cette recherche de l’exploitation participative sont vérifiées en les comparant aux données obtenues à partir des essais similaires menés par le Centre de Formation et la Ferme expérimentale Aquacole d’Eau Douce de Mon Repos et aux données réelles enregistrées par le personnel du Département des Pêches en effectuant des visites à l’exploitation. L'information obtenue et les leçons apprises sont divulguées aux aquaculteurs par l’organisation de cours de formation et par des brochures simples distribuées aux aquaculteurs.

    Actuellement (2004/5), un Projet TCP/RLA/3003 (D) intitulé ‘introduction de pratiques aquacoles et d'autres en matière de gestion de production intégrée pour les fermiers de riz" avec les objectifs immédiats (i) de Renforcer l'extension de la capacité de personnel travaillant dans la culture de riz pour effectuer IPM et de l’activité aquacole supplémentaire, (ii) de développer des stratégies d'IPM appropriées pour les petits aquaculteurs par la formation participative de l'Ecole des (FFS) et des actions de recherche (iii) d'intégrer l'aquaculture dans de petits systèmes d’élevage à base de riz pour diversifier la production en vue d’accroître le revenu et d’améliorer la nutrition.
    Le projet a été conçu pour démontrer le potentiel de l'aquaculture des tilapias dans les systèmes d’élevage basé sur le riz par une démonstration à la ferme.

    Actuellement il n'y a aucune université qui donne des cours en matière d’aquaculture et il y a une seule institution technique, l'Ecole Agricole de la Guyane, qui offre un cours simple de pisciculture en tant qu'élément du programme de son Diplôme Agricole.
    Tendances, questions et développement
    Comme mentionné, l'aquaculture en Guyane est toujours à sa phase de développement, cependant récemment, plusieurs facteurs ont facilité l'expansion de l'aquaculture en Guyane, à savoir:
    • Nouvel Acte des Pêches: le gouvernement de la Guyane a récemment préparé une ébauche d’un nouvel acte sur les pêcheries, dont une partie a été déjà présentée au Parlement au début de l’année 2003. La partie ajoutée, contient une ébauche d'une Note sur l'aquaculture, et sera présentée au Parlement dans un avenir proche.
    • Station Aquacole de Mon Repos: le 13 juin 2001, le Centre de Formation à la Ferme Expérimentale Aquacole d’Eau Douce de Mon Repos a été officiellement inauguré. Les principales missions de ce service consistent en la recherche adaptative de base, à procurer de la formation aux aquaculteurs et l’approvisionnement en semence pour l’émergence du secteur aquacole.
    • Introduction des espèces appropriées: en 1999, le tilapia rouge jamaïquain a été officiellement introduit en Guyane en tant qu’espèce viable pour l'élevage commercial. Il y a eu aussi, une réintroduction du tilapia du Nil et de le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii) qui ont été introduits en élevage expérimental couronné de succès. Le cachama d'eau douce (Colossoma macropomum) a été également introduit en 2002. Toutes ces introductions ont été faites par le secteur privé.

    L'accent mis récemment sur l'aquaculture a été lié aux facteurs suivants:
    • Dans la pêche marine: les évaluations préliminaires du stock ont indiqué que les ressources de crevettes pénéidées du pays ont probablement atteint leur rendement maximal durable et que certaines espèces de poissons d’intérêt commerciale, initialement peu exploitées sont en fait probablement devenues surexploitées. On a observé que les débarquements de crevette ont continué à diminuer tandis que l'effort de la pêche des poissons a augmenté. Le poisson est très important localement avec une consommation par personne d’à peu près 58,7 kgs, une des plus hautes au monde. Ceci traduit une contribution significative des poissons dans l’apport total des protéines animales (46 pour cent) et de la protéine totale ingérée (23 pour cent) de la population de la Guyane. L'aquaculture est considérée comme un moyen d'augmenter la production des poissons pour la consommation locale et de réduire la pression sur les ressources marines en baisse.
    • Besoin de diversification: l'industrie du riz est un contribuant important à l'emploi et une source de revenu pour les communautés rurales pauvres, cependant, la production du riz et les exportations ont diminué depuis 1997 principalement à cause des caprices du marché mondial et des prix bas. En conséquence, il y a un intérêt pour la diversification loin de la dépendance de la riziculture. L'aquaculture a été proposée comme un moyen économiquement possible de diversification du riz afin de produire une autre récolte qui est commercialisée avec un taux de rentabilité suffisant. En même temps, une grande partie de la culture du riz dans des terres basses pratiquée en Guyane convient à l'intégration de l'aquaculture et/ou de la rizipisciculture intégrée. Cette technologie augmente le rendement par unité de terre et d'eau et elle est testée pour voir son applicabilité et la rentabilité de ses techniques dans les conditions de la Guyane. Les divers sous-produits de la récolte de riz, tels que le son de riz, sont disponibles à bas prix (0,07 US$ le kilo) et constituent les matières premières pour la formulation d'aliments de poissons. De ce fait, l'aquaculture peut tirer profit d'autres secteurs existants.
    • Secteur de la pêche marine: le secteur de la pêche marine produit une quantité non spécifiée de sous-prise, particulièrement à partir de la pêche du bouquet covac (Nematopalaemon schmitti). Cette sous-prise, qui est relativement moins chère (à 0,24 US$ le kilo), pourrait être utilisée dans la fabrication des aliments pour l'aquaculture. L’aliment fait à partir des restes du poisson traité, est utilisé actuellement dans l’élevage de volaille mais pourrait également être utilisé en alimentation aquacole.
    Références
    Bibliographie 

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    Chakalall, B., Nandeesha, M.C. & Geer, T. 2002. Introducing Aquaculture into Farming Systems in Guyana. FAO Mission to Guyana, 21 October - 7 November 2002. (Unpublished).

    Draft Aquaculture Bill. Government of Guyana.

    Fisheries Act. 2002. Government of Guyana.

    Fisheries Department. 2002. Aquaculture - National Consultation on Marine Fisheries and Aquaculture. Georgetown, Guyana, 16-17 May 2002.

    Fisheries Department. 2002. Annual Report, 2001.

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    Guyana Sugar Corporation (GUYSUCO) Limited (undated). Culture of Tilapias. (Unpublished).

    Annual Report. 2001. Guyana Rice Development Board.

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