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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’aquaculture en eau douce a débuté au Honduras en 1936 lorsqu’une première station piscicole y a été construite. A l’époque, les premières espèces d’élevage introduites provenaient du Guatemala. L’objectif était d’améliorer le niveau nutritionnel de la population rurale. Par la suite, d’autres programmes de collaboration ont été développés jusqu’à ce que le transfert des technologies nécessaires à la réussite de cette activité soit achevé. La dépendance des pisciculteurs envers les institutions de l’Etat chargées de mettre en place les activités aquacoles, principalement en matière de disponibilité des semences ou des alevins de grande qualité ainsi que d’une assistance technique appropriée, a toutefois été telle que les conditions initiales n’ont pas pu être maintenues, ce qui a provoqué la détérioration, et souvent l’abandon, de l’activité, surtout de la part de la majorité des secteurs les plus démunis. L’effort de l’Etat et la collaboration de plusieurs pays ainsi que d’organisations internationales ont permis de mettre en place de bonnes infrastructures (pour la plupart abandonnées aujourd’hui), des ressources humaines bien formées et plusieurs centres publics d’élevage en mesure de poursuivre la production de produits aquacoles pour la consommation nationale. Des entreprises à capitaux étrangers ont également fait leur apparition. Leur production était exportée, principalement vers les Etats-Unis d’Amérique. L’une de ces entreprises exploite des élevages extensifs de tilapia dans le lac Yojoa et le barrage hydroélectrique El Cajon.

    La crevetticulture en eau saumâtre est apparue au cours des années 1970 sous l’impulsion d’entreprises privées à capitaux étrangers notamment. Elle a été créée sur le littoral appartenant à l’Etat dans le golfe hondurien de Fonseca.

    Vers la fin de la course à l’acquisition d’espaces destinés à la crevetticulture, l’Etat a accordé des concessions couvrant 37 012,37 ha de marais salants appropriés pour développer différents projets. Les estimations indiquent que la surface de production couvrait 14 000 ha en 2002. On y recensait 239 exploitations correspondant à un investissement d’environ 6 000 millions de Lempiras (L), ce qui correspond à 317 460 318 dollars EU (1 dollars EU = 18.75 L), et générant environ 21 450 emplois directs et indirects (25 pour cent de main d’œuvre féminine) qui bénéficiaient grosso modo à 124 410 personnes. Les salaires annuels dans cette industrie sont estimés à 190 millions de L. (10 052 910 dollars EU) avec une circulation mensuelle d’environ 50 millions de L. dans la région. Les versements annuels de l’industrie au secteur commercial sont estimés à 160 millions de L. alors que le soutien aux communautés locales s’est élevé à environ 20 millions de L. (1 058 200 dollars EU) pour la période 1985-2001 (construction d’écoles, d’églises, d’égouts, de services d’hygiène et de santé, réalisation de fondations et de projets environnementaux, formation des ressources humaines.

    On compte aussi onze écloseries produisant des postlarves qui ont remplacé 99 pour cent des captures dans l’environnement sauvage et huit usines de conditionnement disposant d’une technologie ultramoderne pour le traitement des produits destinés à l’exportation, qui permet d’ajouter de la valeur à ces derniers selon les préférences des clients (Direction générale des pêches et de l’aquaculture – DIGEPESCA – et Association nationale des aquaculteurs honduriens – ANDAH).

    Les exportations de crevettes et de tilapia d’élevage ont atteint 175 621 400 dollars EU en 2004 (Banque centrale du Honduras).
    Historique et aperçu général
    Aquaculture en eau douce.
    L’aquaculture en eau douce a démarré de façon informelle en 1936 quand les premières espèces destinées à l’élevage y ont été introduites en provenance de la République du Guatemala. Ce n’est cependant qu’en 1954 qu’elle a véritablement commencé à prendre de l’importance, quand le premier projet de développement a été mis en place à l’initiative de la FAO et des autorités gouvernementales du Honduras avec l’objectif d’«améliorer le niveau nutritionnel de la population rurale grâce à la production de protéines animales de la meilleure qualité ».

    Le tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus) et la carpe commune (Ciprinus carpio) ont alors été introduits dans le pays avec la création de la station piscicole El Picacho près de Tegucigalpa. La construction d’étangs pour l’élevage de ces espèces dans les endroits sélectionnés par le projet a été encouragée alors que des alevins et une assistance technique étaient fournis là où c’était possible.

    Le projet Promotion de l’aquaculture au Honduras a démarré en 1977 avec le soutien d’USAID (Agence des Etats-Unis pour le développement international) par l’intermédiaire de l’université d’Aubum, Alabama, avec pour interlocuteur local la Direction générale des ressources naturelles renouvelables (RENARE) du ministère des Ressources naturelles (aujourd’hui Direction générale des pêches et de l’aquaculture (DIGEPESCA) du ministère de l’Agriculture et de l’élevage).

    L’élevage de tilapia du Nil (Orechromis niloticus) a été introduit dans le cadre de ce projet. Les principaux résultats obtenus sont les suivants :
    • Construction du centre piscicole El Carao à proximité de la ville de Comayagua dans le département du même nom.
    • Formation de quatre professionnels honduriens à l’université d’Aubum.
    • Introduction de cours sur l’aquaculture et la pisciculture dans les centres d’enseignement supérieur de l’Ecole nationale d’agriculture (ENA), à l’université autonome nationale du Honduras (UNAH), au Centre universitaire régional de la côte Atlantique (CURLA) et à l’Ecole d’agriculture panaméricaine (EAP).
    • Mise en place d’un programme de collaboration pour soutenir la recherche en aquaculture développant des technologies semi-intensives pour l’élevage du tilapia qui permettent d’augmenter la production grâce à la productivité des étangs naturels en utilisant des engrais biologiques comme les produits dérivés d’autres activités d’élevage (fumier de volailles et de bovins).
    • Promotion de l’élevage de tilapia au niveau national.
    • Formation aux techniques aquacoles de techniciens, de propriétaires d’étangs et de promoteurs.

    Aquaculture en eau saumâtre.
    L’aquaculture en eau saumâtre a démarré au Honduras en 1973 avec la création de la compagnie Sea Farms à El Jicarito, municipalité de Marcovia, dans le département de Choluteca. Les exploitations disposent d’étangs traditionnels pour la crevetticulture, d’un laboratoire de recherche et d’une écloserie pour l’élevage des larves. Cette dernière a tout d’abord eu recours à un stock de géniteurs femelles gravides obtenu dans le golfe de Fonseca avant d’adopter des cycles fermés qui utilisent des stocks de géniteurs captifs des deux sexes. Depuis ses débuts, les espèces cultivées sont la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) et la crevette bleue (P. stylirostris) dont les postlarves sont abondantes dans les eaux des estuaires du golfe de Fonseca, ce qui a permis à l’industrie crevetticole de ne jamais en manquer au cours de sa période de croissance et alors que les technologies de production dans les écloseries se développaient.

    Systèmes de production et espèces.
    L’aquaculture en eau douce est pratiquée selon des systèmes extensifs, semi-intensifs et intensifs pour l’élevage de tilapia du Nil (Tilapia nilotica) et de tilapia rouge hybride.

    Les systèmes extensifs ne sont que rarement pratiqués dans la crevetticulture. La majorité des entreprises préfèrent en effet adopter des systèmes semi-intensifs. Plusieurs entreprises sont en outre en train de mettre en place un système de production intensif. Les espèces cultivées sont principalement la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) et la crevette bleue (P. stylirostris) à partir des postlarves élevées dans l’écloserie nationale.

    Evolution des professionnels et des techniciens en activité.
    Le projet Promotion de l’aquaculture au Honduras a mis l’accent sur la formation des ressources humaines. Une fois achevé, il a permis au pays d’avoir à sa disposition des professionnels spécialisés dans la production, la recherche, la formation de divulgateurs de l’aquaculture, de directeurs d’exploitations, etc. en mesure de gérer les projets de développement de la pisciculture nationale. Aujourd’hui, les élèves de l’Ecole d’agriculture panaméricaine sont formés pour gérer ces activités.

    En ce qui concerne la crevetticulture, certaines exploitations crevetticoles emploient encore quelques uns des premiers professionnels étrangers venus au Honduras alors que d’autres ont formé leurs propres techniciens. Le personnel est formé à l’étranger et, dans certains cas, des techniciens étrangers continuent à être embauchés pour travailler dans les exploitations honduriennes.

    En 1992, l’Association nationale des aquaculteurs honduriens (ANDAH) et le ministère de l’Instruction publique ont participé à la création de licences en Sciences et techniques aquacoles dans une école de la municipalité de Nacaome (département de Valle). Cette institution forme des professionnels de niveau secondaire qui peuvent travailler comme techniciens dans les exploitations ou bien poursuivre leurs études universitaires.

    Principales étapes du développement du secteur.
    L’une des principales limites de la pisciculture au Honduras, c’est à dire de l’élevage de tilapia pour l’essentiel, réside dans l’acquisition de semences. A l’origine fournies gratuitement par l’Etat, celles-ci ont été par la suite, et pendant un certain temps, assignées à un prix subventionné, ce qui a affecté les petites fermiers les plus pauvres qui n’exploitaient qu’un nombre limité d’étangs.

    Les meilleurs résultats en matière de productivité ont été obtenus avec des régimes alimentaires basés sur des aliments concentrés en granulés d’un prix élevé. Ces derniers ne constituent cependant pas une alternative viable pour les programmes de production de protéines bon marché dont le but est d’améliorer le régime alimentaire des populations rurales qui présentent des déficits nutritionnels.

    Lors des premières étapes de la crevetticulture, le défrichage des mangroves pour étendre les exploitations a été critiqué, tout comme la capture de postlarves sauvages pour l’élevage dans les exploitations, car ces deux activités détruisaient sévèrement d’autres espèces au détriment de la pêche artisanale. Ce secteur est désormais bien en place et des photographies aériennes ainsi que différentes études réalisées par les autorités compétentes ont montré que les zones boisées des mangroves où des exploitations crevetticoles étaient en activité ont augmenté et qu’aucun système intensif ou semi-intensif ne repose sur la capture de semences sauvages. Les exploitants préfèrent utiliser les postlarves produites et élevées dans les écloseries des laboratoires nationaux.

    La chute des prix sur le marché crevetticole conjuguée à la hausse de ceux des intrants nécessaires à la production de crevette ainsi que le manque d’argent frais et l’endettement dû à des taux d’intérêt élevés ont provoqué la fermeture de nombreuses entreprises crevetticoles.
    Ressources humaines
    L’emploi direct et indirect lié au secteur de l’aquaculture est reporté dans les tableaux 1 et 2 ci-dessous.

    Tableau 1. Estimation des emplois générés par l’élevage de tilapia
    CATEGORIE NOMBRE D’EMPLOIS
    Plein temps 357
    Temps partiel 3 121
    Femmes 121
    Hommes 357
    Bénéficiaires directs 2 362
    Bénéficiaires indirects 15 000
    Total des bénéficiaires 17 362
    Source: DIGEPESCA (2002)

    Tableau 2. Estimation des emplois générés par la crevetticulture
    CATEGORIE NOMBRE D’EMPLOIS
    Emplois permanents dans les exploitations crevetticoles 10 719
    Emplois temporaires dans les exploitations crevetticoles 3 214
    Emplois temporaires et permanents dans les usines de conditionnement 3 208
    Emplois permanents dans les écloseries 310
    Emplois dans la capture de postlarves sauvages 1 238
    Total des emplois temporaires et permanents 18 689
    Source: DIGEPESCA (2002)


    Ces chiffres fournis par DIGEPESCA permettent de résumer le nombre total de personnes impliquées dans les activités aquacoles comme suit :
    • Employés à temps plein: 15 000
    • Employés de façon temporaire: 9 543
    • Bénéficiaires directs: 24 543
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Les principales zones de production du tilapia sont répertoriées dans le Tableau 3. La municipalité et le département où elles se trouvent ainsi que la présentation et la destination des exportations sont indiquées.

    Tableau 3. Principales zones de production du tilapia
    Entreprise Localisation
    (département)
    Surface (ha) Production annuelle approximative (tonnes) Présentation et destination des exportations
    PETISA (étangs)
    -
    Rio Lindo
    Santa Cruz de Yojoa (Cortés)
    23 350 En filets/frais USA
    Saint Peter Fish (étangs)
    -
    Rio Lindo
    Santa Cruz de Yojoa (Cortés)
    15 486 En filets/frais USA
    Red Tilapia San Bernardo (étangs) Villa Nueva
    (Cortés)
    6,7 250 Production arrêtée
    San Elías Fish Farm (étangs) San Manuel
    (Cortés)
    7 250 Production arrêtée
    El Mirador Granja Piscícola (étangs) Santa Rita,
    (Copán)
    12 250 Entier (Guatemala et Honduras)
    Aqua Farm S.A. (étangs) Rio Guayape
    Camp (Olancho)
    23 350 Entier (consommation nationale)
    ICASUR (étangs) El Real
    (Olancho)
    23 300 Production arrêtée
    Aqua Corporación
    de Honduras S.A. (étangs)
    Rio Lindo
    Santa Cruz de Yojoa (Cortés)
    16,4 600 En filets/frais (USA)
    Saint Peter Fish (cages) Lac Yojoa (Cortés) 6 2000 En filets/frais (USA)
    Jaulas APAY (cages) Lac Yojoa (Cortés) 12 200 Entier (consommation nationale)
    CIPES (étangs) Villa de San Antonio (Comayagua) 7,5 150 Entier (consommation nationale)
    Exploitation Los Palillos
    (étangs)
    Villa de San Antonio (Comayagua) 6 - Alevins (consommation nationale)
    Source: DIGIPESCA (2002)
    Espèces cultivées
    Pisciculture
    Le tilapia rouge est élevé dans des étangs et dans des cages flottantes. Les stocks de géniteurs ont été introduits en provenance d’autres pays. Les autres espèces sont le tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus), la carpe commune (Cyprinus carpio) et le tilapia du Nill (Oreochromis niloticus).

    Crevetticulture
    Deux espèces endémiques sont cultivées : la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) et la crevette bleue (P. stylirostris). La recherche en matière d’amélioration génétique de celles-ci est menée par des entreprises crevetticoles privées dont les résultats définitifs ne sont pas encore disponibles.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    L’élevage de tilapia comme la crevetticulture ont recours à des systèmes extensifs, semi-intensifs et intensifs.

    L’élevage extensif de tilapia est pratiqué dans de petits étangs dont la production est très faible. Il est le fruit du travail de petits exploitants dans les zones rurales du Honduras. Ce secteur déshérité n’a accès ni aux technologies appropriées ni à des semences de qualité ce qui entraîne généralement des stocks dégénératifs et des rendements très bas. Ces exploitants abandonnent alors bien souvent l’activité.

    La crevetticulture extensive est pratiquée par les pêcheurs les plus pauvres qui construisent leurs propres étangs : les larves y entrent à marée montante mais aucun contrôle n’est réalisé sur le stock ainsi obtenu. En fin de saison, les pêcheurs capturent les crevettes en lançant leurs filets sur toute la surface de l’étang qui ne peut pas être drainé ou vidé pour la récolte.

    L’élevage semi-intensif de tilapia est pratiqué dans des étangs traditionnels par des exploitants qui les ont construit. Des aliments concentrés ou des rations équilibrées sont fournis et un contrôle des eaux est effectué. La production peut dépasser 10 000 livres par hectare et par cycle. Dans la crevetticulture semi-intensive, les larves provenant des écloseries sont mises en charge dans des étangs et les crevettes sont nourries de la même façon. La production peut atteindre entre 1 300 et 1 500 livres par hectare et par cycle.

    L’élevage intensif de tilapia est pratiqué par des entreprises privées qui utilisent des cages flottantes mises en charge avec de fortes densités. Le poisson est nourri avec des aliments concentrés.

    Dans le cas de la crevetticulture intensive, les crevettes sont mises en charge à de fortes densités avec des échanges d’eau fréquents et une aération supplémentaire.
    Performance du secteur
    Production

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Honduras (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Honduras (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Les principaux marchés nationaux sont :
    • La foire agricole qui se tient en face du stade national et a lieu le vendredi soir et le samedi à Tegucigalpa ainsi que dans les principales viles du pays.
    • Les marchés locaux des principales villes du pays.
    • Les auberges et restaurants du lac Yojoa.

    Les principales espèces exportées sont le tilapia rouge, la crevette pattes blanches et la crevette bleue. Le premier est exporté sous la forme de filets frais alors que les crevettes le sont congelées dans des suremballages de 50 livres contenant dix boites de 5 livres. Les Etats-Unis d’Amérique en sont le principal importateur.

    Chaîne logistique
    En règle générale, l’exploitant vend son produit à des intermédiaires qui le place dans différents points de vente. Le prix minimum de 4,5 L (0,24 dollars EU) le kg passe à 11,25 L. (0,6 dollars EU) pour le consommateur.

    Le Service national de l’élevage et de la santé animale (SENASA) du ministère de l’Agriculture et de l’élevage est l’autorité responsable des déclarations d’innocuité des produits pour le marché national et les pays importateurs. Sur le marché national, les autorités de Santé publique garantissent que les produits satisfont les exigences appropriées pour la consommation humaine.
    Contribution à l'économie
    Il ne fait aucun doute que l’aquaculture contribue substantiellement au développement économique et social du pays, surtout en raison des devises étrangères générées par les exportations. La crevette de culture est devenue le troisième bien d’exportation hondurien dont la valeur est passée de 127,7 millions de dollars EU en 2000 à 152 millions de dollars EU en 2004. Depuis 2000, le tilapia est quant à lui enregistré dans la Balance des paiements comme le principal produit non traditionnel à l’export. La valeur de ses exportations est passée de 5,3 millions de dollars EU en 2000 à 23,6 millions de dollars EU en 2004 (Banque centrale du Honduras). L’aquaculture est aussi une source d’emplois pour les professionnels de niveau universitaire, les techniciens de niveau secondaire, les ouvriers disposant d’une éducation primaire, complète ou non, ainsi que pour les ouvriers analphabètes ayant des compétences leur permettant de participer aux activités. Dans ce sens, plus de 35 000 personnes, hommes et femmes, bénéficient directement du secteur aquacole. Ce chiffre peut être multiplié par cinq si l’on considère que chaque emploi profite à des foyers de cinq personnes.

    De ce point de vue, l’aquaculture commerciale et entrepreneuriale contribue de façon importante à la réduction de la pauvreté et par conséquent à la sécurité alimentaire nationale. Ce n’est cependant pas le cas de l’aquaculture à petite échelle, informelle ou artisanale qui, pour différentes raisons (indisponibilité des semences, manque de terres appropriées, manque d’assistance technique, etc.) n’est pas devenue une véritable alternative pour les populations rurales alors qu’elle semblait pouvoir constituer un moyen de subsistance pour générer des protéines de grande qualité pour les classes défavorisées.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Au Honduras, l’organisme responsable du contrôle administratif de l’aquaculture est la Direction générale des pêches et de l’aquaculture (DIGEPESCA) qui dépend du ministère de l’Agriculture et de l’élevage.

    Objectifs
    Le but de DIGEPESCA est de renforcer l’exercice de la responsabilité de l’Etat dans le domaine de la pêche marine et continentale ainsi que dans les activités aquacoles au cours de leurs différentes étapes (capture, élevage, industrialisation, stockage, transport et commercialisation interne et externe). Cela peut être réalisé grâce à une recherche multidisciplinaire dont le but est d’évaluer la disponibilité réelle des ressources pour encourager leur exploitation durable et en tirer les meilleurs bénéfices du point de vue économique et social suivant le potentiel de la ressource et les conditions économiques et sociales du pays.

    Mission
    DIGEPESCA réalise la politique nationale en matière de pêche suivant les directives du ministère de l’Agriculture et de l’élevage en coordonnant son action avec celles d’autres institutions gouvernementales et organismes privés pertinents.

    Fonctions
    De façon à pouvoir atteindre ses objectifs et remplir sa mission, DIGEPESCA assume plusieurs fonctions qui couvrent le système halieutique et aquacole dans son ensemble. Ces fonctions reflètent les responsabilités de l’Etat et les actions qui doivent être entreprises. Dans ce but, les domaines dans lesquels les actions de l’Etat doivent être mises en place ont été définis. Il s’agit des domaines suivants : politiques des pêches et de l’aquaculture, recherche multidisciplinaire, planification sectorielle, gestion et aménagement de l’exploitation des ressources halieutiques et aquacoles, promotion des activités productives, mise en application et contrôle de ces activités, vulgarisation et transfert de technologie, formation, coordination interinstitutionnelle, questions internationales, coordination de l’assistance technique et relations avec le secteur privé.

    Associations du secteur privé
    L’Association nationale des aquaculteurs honduriens (ANDAH) s’est formée au tout début du développement de l’industrie crevetticole. Ses statuts d’origine comprenaient déjà des dispositions en vue de l’incorporation des producteurs aquacoles et notamment des pisciculteurs en eau douce. L’ANDAH a joué un rôle important dans le développement et le renforcement de cette activité malgré l’opposition d’un groupe environnemental local et des collaborateurs internationaux de ce dernier. L’association a également soutenu financièrement la recherche au sujet de la prolifération et du contrôle des maladies, au sujet de la qualité des eaux et de l’aménagement des zones environnant les exploitations de façon à garantir un caractère durable aux processus aquacoles en finançant la mise en place d’un code de bonnes pratiques pour ses membres.
    Règlements en vigueur
    Loi sur la pêche
    La Direction générale des pêches et de l’aquaculture (DIGEPESCA) est toujours régie par la Loi sur la pêche datant de 1959 qui lui attribue ses compétences en matière d’exploitation des ressources aquatiques. Ces compétences comprennent les procédures et conditions requises pour l’exercice des pêches dans les rivières, les lacs et l’espace marin, les interdictions de pêcher saisonnières, permanentes ou temporaires, générales ou régionales, la création de d’espaces préservés ou d’autres conditions qui garantissent une exploitation rationnelle et méthodique du point de vue biologique, sanitaire, commercial, industriel ou sportif, la mise en place de méthodes de pêche à respecter et les caractéristiques de ces dernières, la publication de règlementations sanitaires ainsi que d’autres dispositions nécessaires pour règlementer et gérer l’industrie des pêches. Par le passé, l’aquaculture n’était pas prise en compte et ne faisait l’objet d’aucune législation. Aujourd’hui, après de longs efforts coûteux et la participation de consultants étrangers, une Initiative de loi sur la pêche et l’aquaculture a été élaborée. Elle sera prochainement analysée, amendée et approuvée au Parlement national.

    Loi sur l’environnement
    Cette loi édicte que tout projet, installation industrielle, activité publique ou privée susceptible de polluer ou de dégrader l’environnement, les ressources naturelles ou l’héritage culturel et historique du pays devra être précédé d’une étude qui mesurera, selon le Système national d’évaluation de l’impact environnemental, ce dernier avant la publication d’un Permis environnemental.

    Bureau juridique des questions environnementales
    Cette institution représente administrativement et judiciairement les intérêts de l’Etat en matière environnementale.

    L’utilisation des terres de l’Etat à des fins aquacoles est contrôlée par le procureur général de la République qui concède leur utilisation pour une durée déterminée en échange du paiement d’un loyer annuel.

    L’innocuité des produits aquacoles est garantie grâce à la mise en place du Plan HACCP (Analyses des risques aux points critiques) par chaque entreprise sous la supervision du SENASA.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les institutions publiques ne mènent aucune activité de recherche officielle. La recherche est réalisée par l’ANDAH dans ses laboratoires Qualité de l’eau et pathologies aquatiques. Les exploitations de taille industrielle mènent aussi leurs propres recherches suivant leurs objectifs et besoins prioritaires.

    La pratique de la recherche participative est menée sur des sujets d’ordre plus général comme la qualité des eaux ou les maladies. D’autres situations particulières sont traitées dans les exploitations.

    Les résultats de la recherche sont publiés dans le Bulletin d’information de l’ANDAH et lors du Symposium de l’aquaculture centrale américaine qui se tient chaque année.

    Il n’y a pas d’institution publique de recherche. L’Ecole panaméricaine d’agriculture réalise des recherches et propose un doctorat en aquaculture ainsi que des ingénieurs agronomes sur le terrain.
    Tendances, questions et développement
    L’aquaculture est devenue l’un des plus importants secteurs de l’économie hondurienne en raison de sa contribution croissante à l’entrée de devises étrangères, de ses effets sociaux, avec la génération d’emplois permanents et temporaires, ainsi qu’en tant qu’alternative en matière de moyen de subsistance.

    La place de l’aquaculture dans l’économie peut être lue dans la contribution de ce secteur aux exportations. Ces dernières sont passées de 128 002 800 dollars EU en 2000 à 175 621 400 dollars EU en 2004. L’aquaculture est devenue dans le même temps une importante source d’emplois permanents et temporaires, plus particulièrement dans les régions où les alternatives en matière d’emploi sont assez rares.

    La consommation interne de produits comestibles de la mer en général, et donc de produits aquacoles, est très limitée à cause des habitudes locales en matière d’alimentation, de faibles structures de distribution et de commercialisation ainsi que du maigre pouvoir d’achat de la population. La consommation de poisson par habitant est estimée en moyenne à 1,3 kg/an mais on ne dispose pas de données sur la commercialisation interne des produits aquatiques.

    Dans un premier temps, l’aquaculture a été encouragée au Honduras dans le but de contribuer à l’amélioration du régime alimentaire de la population rurale. Dès lors, l’Etat a fait la promotion de cette activité avec la création de stations piscicoles et l’introduction d’espèces exotiques d’eau douce avec l’aide de la coopération internationale. Les pratiques adoptées ont cependant rendu les exploitants dépendant de la disponibilité externe en semences et en soutien technique et, alors que des restrictions budgétaires ont provoqué la diminution de ces services, les producteurs les plus touchés par la crise ont petit à petit commencé à abandonner l’activité et, le plus souvent, ont arrêté définitivement cette pratique.

    Au cours des années 1970, la crevetticulture destinée à l’exportation a démarré sous l’impulsion du secteur privé. Avec l’approbation des autorités environnementales et administratives, l’Etat loua 37 012,37 ha. Il s’agissait principalement de marais salants et de plaines marécageuses.

    L’expérience encore limitée en matière d’élevage, la présence de maladies, les faibles ressources financières et l’occurrence de l’ouragan Mitch ont limité l’expansion de la crevetticulture. Malgré la construction de 18 500 ha d’étangs, seuls 12 500 ha étaient exploités en 2005. Parmi les 239 exploitations recensées, 67 pour cent sont affiliées à l’Association nationale des aquaculteurs honduriens (ANDAH).

    La surface totale destinée à l’élevage d’espèces d’eau douce est difficile à estimer en raison des explications fournies précédemment. Il n’y a pas de suivi des actions de la part de l’Etat. Seules les entreprises privées et commerciales fournissent une information statistique relative à leur production.

    La pisciculture se concentre sur l’élevage du tilapia rouge qui est une variété introduite. La crevetticulture concerne quant à elle deux espèces endémiques : la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) et la crevette bleue (P  stylirostris) du golfe de Fonseca.

    L’industrie crevetticole a été sévèrement critiquée par les associations environnementales nationales et internationales, surtout à cause du déboisement opéré dans les mangroves (pour la construction des exploitations) et de la capture des postlarves (pour la mise en charge des exploitations), ce qui a entraîné une mortalité accrue chez de nombreuses espèces de ces milieux. Des études ont montré que la déforestation des mangroves par l’industrie crevetticole n’a pas été significative et que ces dernières présentent des signes de reprise. La capture de postlarves sauvages a quant à elle été réduite et pratiquement éliminée avec la création de douze écloseries à travers le pays.

    Le traitement des produits d’élevage a commencé avec le simple étêtement des crevettes, leur nettoyage, leur conditionnement par taille, leur congélation et leur exportation. On compte à présent environ huit usines de conditionnement qui, en plus de réaliser les opérations décrites précédemment, cherchent à ajouter toujours davantage de valeur aux produits

    La commercialisation des produits agricoles est principalement orientée vers les Etats-Unis d’Amérique et quelques pays européens comme l’Espagne. Elle est plus limitée sur le plan domestique. Ce n’est pas le cas pour le tilapia qui est commercialisé à proximité des lieux de production.

    Depuis sa création en 1986, l’ANDAH a mené toute une série d’activités et de projets en interaction avec ses membres, ce qui a contribué au développement durable de l’aquaculture. Les paragraphes suivants décrivent ses actions les plus remarquables.
    • Laboratoire sur la qualité des eaux. Il s’agit d’un programme de recherche et d’analyse permanent pour contrôler la qualité des eaux des estuaires dans les espaces où se trouvent des exploitations crevetticoles. Le but est de comprendre le comportement des paramètres vitaux des crevettes et la gestion de ces derniers en recherchant une plus grande efficacité et productivité des activités d’élevage et de l’écosystème en général.
    • Suivi hydrographique du golfe de Fonseca. Il s’agit d’un programme multisectoriel dont le but est l’estimation du cycle des échanges d’eau entre l’océan Pacifique et le golfe de Fonseca, les canaux ou modèles internes de circulation de ce dernier, principalement là où se trouvent les exploitations crevetticoles.
    • Création de zones protégées. L’association a participé avec les autorités de l’Etat et des organisations environnementales non gouvernementales à l’élaboration de zones protégées et à la mise en place des Plans de gestion de ces dernières.

    Différents programmes de reforestation des mangroves, de protection des tortues marines et de formation des ressources humaines avec la création et le maintien de seconds cycles universitaires en Sciences et techniques aquacoles ont également été mis en place.
    Références
    Bibliographie
    Chamberlain, G. 2002 . Cultivo sostenible de camarón: mitos y realidades. Infofish Internacional.
    Currie, D. J. 1995 . Honduras. Ordenación y desarrollo del cultivo de camarón. PRADEPESCA / OLDEPESCA. Convenio ALA 90/09.
    Dickinson, J. et al. 1985 . Estudio ambiental de las pequeñas fincas camaroneras. Proyecto de tecnologías rurales. USAID / Honduras.
    Instituto Nacional de Estadísticas. 2001 . XVI Censo de Población y V de Vivienda.
    Motiño, H. M. 2000 . Los manglares, la pobreza y la camaricultura en la zona sur de Honduras. Acuacultura de Honduras, 3ra. Edición, Mayo 2000.
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