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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L'Indonésie est un archipel de plus de 17 000 îles avec un littoral s’étendant sur 81 000 kilomètres. La superficie potentielle pour le développement de l'aquaculture est de 26 606 000 ha. L'aquaculture joue un rôle important dans la réduction du chômage. En 2003, il y avait 2 284 208 personnes impliquées dans l'industrie de l'aquaculture, représentant environ 40 pour cent du nombre total de personnes employées dans le secteur de la pêche.

    En Indonésie, l'aquaculture est pratiquée aussi bien en eau fraîche, saumâtre que marine avec une variété d'espèces, d’équipements de production et de méthodes. L'aquaculture d'eau douce a commencé à se développer vers la fin des années 70 avec une augmentation significative de la production suite à l'introduction des nouvelles technologies d’élevage qui ont contribué à l’établissement des écloseries productrices d’alevins et au développement de l’aliment composé. Les espèces d'aquaculture les plus dominantes sont la carpe commune (Cyprinus carpio), le poisson-chat (Clarias spp., Pangasius spp.) et le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus). En 1978, les superficies des étangs d'eau saumâtre ont augmenté de manière considérable avec le développement réussi de la technique d'ablation du pédoncule oculaire et des écloseries de crevette. Au sud de Sumatra et à la province de Lampung la superficie des étangs d'eau saumâtre du secteur privé, s’est élargie aboutissant à un élevage en étang à grande échelle en utilisant le système de propriété mère ou noyau (Nucleus Estate). Les crevettes pénéidées et le chano (Chanos chanos) sont les produits les plus dominants. La mariculture ne s'est développée qu’au cours des dix dernières années et elle est dominée par les espèces de mérou telles que le mérou bossu (Cromileptes altivelis) et le mérou marron (Epinephelus fuscoguttatus) ainsi que les algues (Eucheuma spp. et Gracilaria spp.).

    En 2003, les superficies exploitées dans l'aquaculture d'eau douce et d'eau saumâtre étaient de 250 276 ha et de 480 762 ha, respectivement. La mariculture occupait une superficie totale de 981 ha. L'aquaculture a contribué de 20,6 pour cent à la production totale des poissons du pays. Environ 90 pour cent de la production totale des poissons du pays est consommée localement. En 2003, la consommation de poisson par habitant était d’environ 24,67 kg/an.

    Les données sur les exportations des produits de la pêche ne distinguent pas entre les produits de l'aquaculture et ceux de la pêche. La crevette est le principal produit des exportations de la pêche. Elle a contribué, en 2003, de 52 pour cent en valeur et 16 pour cent en volume aux exportations.
    Historique et aperçu général
    L'aquaculture est un élément important de la pêche indonésienne, elle contribue, au niveau national, à la sécurité alimentaire, à la génération d'emploi et de revenus en devises étrangères. De même, elle réduit la surexploitation des ressources naturelles marines. Récemment, le développement aquacole en Indonésie s’est accentué et sa contribution au développement de l’économie rurale est considérable.

    L'Indonésie est un archipel avec un littoral d'environ 81 000 kilomètres, ayant un vaste potentiel pour l'aquaculture. La superficie potentielle estimée pour l'aquaculture est de 7 231 039 ha se composant de 3 775 539 ha pour la mariculture (52,21 pour cent) (DGA, 2004), 1 225 000 ha pour l’aquaculture d'eau saumâtre (16,94 pour cent) (DGA, 2003), et 2 230 500 ha pour l'aquaculture d'eau douce (30,85 pour cent). La superficie actuelle exploitée dans l'aquaculture marine, d’eau saumâtre et douce représente seulement 0,03 pour cent, 39,25 pour cent et 11,22 pour cent, respectivement, de la superficie potentielle.

    L'aquaculture et la pêche continentale contribuent de 26 pour cent à la production totale des poissons du pays (MMAF, 2003). La production totale de l'aquaculture a augmenté d’environ 10 pour cent par an de 600 384 tonnes en 1993 à 1 137 153 tonnes en 2002 grâce à l'innovation technologique, l’expansion de la superficie et la disponibilité des alevins de poissons de bonne qualité. L'aquaculture dans les eaux douce, saumâtre et marine utilise une variété d'équipements et de méthodes de production. Les systèmes d’élevage s'étendent du système extensif à intensif selon la densité de mise en charge des organismes aquatiques, le niveau des intrants et le degré d’aménagement. Le progrès considérable du secteur aquacole est le résultat de la priorité accordée au développement de l'aquaculture depuis les années 80 grâce à la forte demande des poissons, particulièrement dans les hinterlands éloignés, et l'imposition d'une interdiction de la pêche au chalut en 1980.

    L'aquaculture d'eau douce a commencé par l’empoissonnement des étangs d’arrière - cours par la carpe commune, au Java occidental pendant l’occupation allemande, au milieu du dix-neuvième siècle, et plus tard elle s’est propagée dans d'autres régions de Java, Sumatra et des îles de Sulawesi au début du vingtième siècle. Néanmoins, c'est seulement vers la fin des années 70 qu'il y a eu une augmentation remarquable de la production de l'aquaculture d'eau douce comme résultat de l'introduction des nouvelles technologies d’élevage qui ont contribué à la disponibilité d’écloseries productrices d’alevins ainsi qu’au développement des aliments composés. Les espèces d’élevage les plus répandues sont la carpe commune (Cyprinus carpio), le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) et le gourami géant (Osphronemus goramy). La carpe commune est l’espèce la plus dominante, avec une production représentant environ la moitié du rendement total de l'aquaculture d'eau douce. L'évolution rapide de l'importance de la carpe commune a suivi le développement du système d’élevage en cages flottantes dans le fleuve Citarum où une série de réservoirs est installée. D’autres espèces comme le tilapia du Nil, qui a été introduit la première fois en Indonésie en 1969, sont devenues importantes avec une production qui est passée de 31 217 tonnes en 1999 à 71 789 tonnes en 2003 (DGA, 2004). L’élevage des poissons ornementaux d'eau douce a également été intensifié grâce à l’énorme demande du marché extérieur et le grand soutien du gouvernement. Cette industrie, allant des petits opérateurs d’arrière - cours aux producteurs commerciaux à grande échelle, génère plus de 20 millions de dollar EU par an grâce à l'exportation de 30-40 millions de poissons. Avec la manifestation de la maladie de KHV (virus d'herpès de Koi) affectant l'élevage de carpe, plusieurs écloseries, nurseries et stations de grossissement ainsi que les éleveurs de carpe commune se sont orientés vers des espèces de poissons ornementaux destinés à l'exportation.

    L’élevage des poissons dans les étangs d'eau saumâtre, particulièrement sur l'île de Java, est une ancienne tradition pratiquée à une échelle de subsistance depuis plus de 400 ans. Le chano (Chanos chanos) et le mulet (Mugil spp.) étaient les espèces traditionnellement élevées. En termes de valeur, les crevettes pénéidées sont les principaux produits, contribuant de 80 pour cent aux exportations totales. Cependant, à cause de la maladie des points blancs (white spot virus), qui a provoqué des mortalités énormes dans les étangs, la production de la crevette tigrée, entre 1997 et 2001, a stagné, pratiquement, à 90 000. Pour compenser la baisse, la crevette à pattes blanches (Penaeus vannamei) et la crevette bleue (Penaeus stylirostris), qui sont plus résistantes que la crevette tigrée, ont été introduites par le gouvernement et sont actuellement mises en élevage avec succès à l’est de Java, à Lampung et à Bali (Ablaza, 2003).

    La mariculture en Indonésie englobe plusieurs poissons, mollusques et crustacés, algues et d'autres espèces, y compris le concombre de mer. Les poissons, tels que le bar, le mérous et les vivaneau, avec une production de 8 760 tonnes en 2002 (DGA, 2004), sont très valorisés et jouissent des meilleurs prix sur le marché d'exportation. Les fingerlings du mérou bossu et tigre sont produits dans les écloseries et les nurseries à Bali et à 3-10 centimètre de longueur ils sont vendus aux fermes de grossissement dans d'autres régions de l'Indonésie ou outre-mer.
    Quatre espèces d’algues (Eucheuma cottonii, E. spinosum, Gracilaria spp. et Gelidium spp.) sont cultivées et vendues fraîches, ou séchées et traitées pour les industries pharmaceutique, alimentaire et cosmétique. La production des algues a révélé des taux de croissance plus élevés que la crevette, progressant d'environ 58 217 tonnes en 1985 à 115 764 tonnes en 1990 et 223 080 en 2002 (DGA, 2003). Au moins 70 pour cent, des algues produites sont exportés sous forme de matière première (algue sèche), tandis que les 30 pour cent restants sont transformés en carraghénane, produisant à peu près 1 000-2 000 tonnes/an.
    Ressources humaines
    En général, les pisciculteurs ont une compétence de plusieurs années. Les technologies se rapportant à cette activité se sont répandues grâce aux expériences et au transfert de technologie entre les pisciculteurs. En pisciculture les ressources humaines constituent le maillon le plus important. En 2003, l'aquaculture a procuré de l’emploi direct à environ 2 284 208 personnes travaillant dans les étangs d'eau douce (54 pour cent), les rizières (24 pour cent), les étangs d’eau saumâtre (16 pour cent), la mariculture (4 pour cent) et les cages flottantes (2 pour cent).

    Dans l’élevage en eau saumâtre, la majorité (55 pour cent) des ménages impliqués détiennent moins de 2 ha, alors que 27 pour cent ont 2-5 ha, 12 pour cent ont 5-10 ha et seulement 6 pour cent ont plus de 10 ha de terre. Dans l’élevage en eau douce, 64 pour cent des ménages possèdent moins de 0,1 ha, 22 pour cent possèdent entre 0,1-0,5 ha, 9 pour cent possèdent entre 0,3-0,5 ha et seulement 5 pour cent possèdent plus de 0,5 ha.

    L’important rôle joué par les femmes dans la production, le traitement et la commercialisation des produits de la pêche artisanale a été reconnu, ainsi des efforts ont été déployés en vue d’améliorer leurs conditions de vie et de remédier au déséquilibre dans les chances d’emploi entre les hommes et les femmes. Le principal objectif de l’implication des femmes dans le développement de la pêche est d’assurer l'égalité des chances entre hommes et femmes dans le marché du travail, pour leur permettre d’améliorer, également, l’alimentation et le niveau de vie de leurs familles par la productivité croissante et l’autodépendance. Si les femmes acquièrent les qualifications, les connaissances et les technologies nécessaires, elles seraient en meilleure position pour contribuer à la prospérité socioéconomique de leur communauté.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    En 2003, la superficie accordée à l’aquaculture en eau saumâtre était de 480 762 ha soit 53 pour cent de la superficie potentielle réservée à la crevetticulture (40 pour cent), le chano (30 pour cent) et la polyculture de la crevette et du chano (30 pour cent). Environ 75 pour cent des fermes adoptent la technologie traditionnelle (extensive); d'autres utilisent les technologies semi-intensives (15 pour cent) et intensives (10 pour cent). La production moyenne de l'aquaculture en eau saumâtre a fortement évolué de 5 pour cent par an, atteignant 501 977 tonnes en 2003. Les principaux producteurs sont Sulawesi du Sud (19 pour cent), suivi du Java de l’est (17 pour cent), le Java occidental (14 pour cent), le Java central (13 pour cent) et Lampung (8 pour cent).

    En 2003, les régions où les principales zones potentielles de l’aquaculture se trouvaient à Java (43,18 pour cent) et Sulawesi (20,86 pour cent). De même, le principal site pour la mariculture était à Sulawesi (65,59 pour cent) incluant Gorontalo, Sulawesi du Sud et Sulawesi du Nord, alors que Bali et Nusa Tenggara représentaient ensemble environ 23,82 pour cent. En plus de cela, les principaux étangs d'eau saumâtre étaient à Java (32,39 pour cent), Sulawesi (28,16 pour cent) et Sumatra (22,66 pour cent). L'île de Sumatra détient la superficie la plus élevée des étangs d'eau douce (73,15 pour cent) et de cages d’élevage (85,47 pour cent), mais Java compte plus de fermes en cages flottantes (68,14 pour cent) et de rizières (71,67 pour cent).

    En 2003, la superficie totale pour l'aquaculture d'eau douce a atteint 250 276 ha avec une croissance annuelle de 2,05 pour cent. La contribution des rizières était la plus haute (60 pour cent) avec une superficie de 151 414 ha, suivie des étangs (39 pour cent) d’une superficie atteignant 97 821 ha. L'aquaculture d'eau douce a produit 472 973 tonnes en 2003 partant de 334 085 tonnes en 1999, soit une augmentation de 9,09 pour cent par an. L’augmentation de la production est supposée être due à celle des superficies des étangs suite à l’exploitation des étangs abandonnés et l’excavation d’autres nouveaux, alors que la forte productivité résultait principalement des innovations technologiques. Les cinq principales provinces productrices des poissons d'eau douce étaient Java occidental (34 pour cent), Java-Est (13 pour cent), Sumatra occidental (8 pour cent), Java central (7 pour cent) et Sumatra du Sud (5 pour cent).

    En 2003, les principaux producteurs en mariculture étaient les provinces de Java occidental (19 pour cent), Java-Est (12 pour cent), Sulawesi-Est (11 pour cent) et Bali (10 pour cent), atteignant une production totale de 249 242 tonnes avec un taux de croissance de 17,37 pour cent par an. De point de vue région, Bali a réalisé la production la plus élevée (44 pour cent), suivie de Sulawesi du Sud (14 pour cent) et de Nusa Tenggara occidental (13 pour cent).
    Espèces cultivées
    Les espèces contribuant le plus à la valeur de la production (plus de 75 pour cent du total) sont ceux issus de la mariculture, à savoir, le mérou (74 208 dollar EU) et les perles (47 660 dollar EU); la crevette tigrée (662 594 dollar EU), le chano (166 987 dollar EU) et la crevette banane (105 294 dollar EU) d’eau saumâtre; et la carpe commune (181 908 dollar EU), le poisson-chat (41 241 dollar EU) et le tilapia du Nil (23 653 dollar EU) d’eau douce.

    Au début du développement de l'aquaculture d’eau saumâtre, particulièrement à Java-est, le chano était l’espèce choisie. En parallèle avec le développement des méthodes de culture de la crevette tigrée et de la crevette à pattes blanches en raison de leur prix élevé, l’élevage du chano a été remplacé par l’élevage de la crevette seule, ou la polyculture de crevette et poissons. Les produits de l’élevage en étang sont la carpe commune, les tilapias, le barbeau argenté, le poisson-chat (Clarias batrachus), le gourami géant, le gourami peau de serpent (sepat Siam) et le tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus). De nombreux pisciculteurs ont diversifié leurs élevages par la domestication de certaines espèces de poissons d’eau douce, en particulier la bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii) et le poisson-chat patin (Pseudopangasius nasutus) vu leur prix élevé. En raison de la demande croissante, les espèces de poissons produites en cages flottantes d’eau douce ont été diversifiées partant de la carpe commune comme espèce principale pour inclure le tilapia et le poisson-chat du Nil. Comparée à d'autres cultures, la mariculture est la plus récemment adoptée et elle est toujours pratiquée à petite échelle, excepté la culture des huîtres perlières qui a atteint une échelle industrielle dans certaines régions telles que Nusa Tenggara occidental, Nusa Tenggara Est, Sulawesi du Sud-Est et Maluku, ainsi que les algues à Bali et Sulawesi du sud. Les produits commerciaux de la mariculture sont les mérous, l'huître perlière, les algues, le bar et même la coloured rosary shell.

    En outre, afin de diversifier les espèces d’élevage, le gouvernement a introduit certaines espèces exotiques telles que la carpe herbivore de la Chine, le tilapia hybride du Taiwan province de la Chine, le tilapia rouge et souche GIFT de tilapia des Philippines et les poissons ornementaux d'eau douce de l'Afrique et de l’Amérique du Sud. Actuellement, de nombreuses espèces sont mises en élevage telles que pearl cockle (bucarde), le bar, les algues et le concombre de mer dont la production est encore difficile à évaluer.

    Depuis 1993, la chute de la production de la crevette géante tigrée (Penaeus monodon) a poussé certains crevetticulteurs à importer de nouvelles espèces de crevette, telles que la crevette à pattes blanches (Penaeus vannamei) et la crevette bleue (Penaeus stylirostris), reconnues par leur meilleure performance. La P. vannamei a été introduite de hawaï en 2000 et en juillet 2001 et le gouvernement l'a déclarée comme espèce d’une qualité supérieure qui pourrait être cultivée avec un plus grand succès en élevage intensif grâce à sa plus grande résistance à la maladie, sa croissance plus rapide et sa grande tolérance aux changements environnementaux. Au début de l’introduction de la crevette à pattes blanches, son élevage était sous forme d’essai, et plus tard il s’est développé à un niveau commercial dans presque tous les étangs intensifs à Lampung, Java-Est et Bali, avec une productivité d'environ 8-10 tonnes/ha/an. Cependant, en dépit de son élevage réussi, cette crevette est un «organisme porteur» du virus de syndrome de Tauro (TSV) qui a découragé tous les creveticulteurs. De plus de la forte demande en alevins qui est plus rapide que le taux de croissance du stock des géniteurs et qui constitue une autre contrainte. En conséquence, l'utilisation du stock des géniteurs local de crevetticulture ne peut pas être évitée, surtout sachant que ce dernier est plus facile et moins cher que celui importé. La crevette bleue (Penaeus stylirostris), également importée de hawaï en 2000, a été aussi déclarée comme une espèce potentielle supérieure par le gouvernement en mai 2002. Cependant, contrairement à P. vannamei, les fermiers ne s’y sont pas trop intéressés, ainsi, sa culture s'est développée très lentement et dans certaines régions elle est quasiment inexistante. Techniquement, la crevette bleue ne peut pas être cultivée à une grande densité comme c’est le cas pour la crevette à pattes blanches (plus de 70 pièces/m2), mais elle a une croissance très rapide de 3,5-4 g/semaine comparée à celle de la crevette à pattes blanches, qui est de 1,37 g.

    Pour soutenir le développement aquacole, particulièrement le programme d'intensification de l'aquaculture, des stocks suffisants de géniteurs et d’alevins sont nécessaires pour subvenir, quantitativement et qualitativement, à la demande. Pour pallier à ce besoin, le gouvernement a créé le Centre national de collecte de géniteurs (National Broodstock Centre ou NBC) et les Centres régionaux de stocks de géniteurs (Regional Broodstock CentresouRBC) pour la crevette, le mérou, les tilapias et les algues, dont les principales activités sont la collecte des géniteurs et des pré-stocks de reproduction de toutes les eaux du territoire indonésien, la production de stock de reproduction et la conduite du programme de reproduction. Concernant la crevette tigrée, ceci a été réalisé par la caractérisation de la crevette tigrée existante et le travail préliminaire pour que le programme développe le stock géniteur national de crevette tigrée, alors que pour le mérou c’est grâce à la stratégie nationale pour la recherche qui sera mise en application par les institutions du domaine telles que les universités et les instituts de recherche. Le NBC et les RBC ont produit un pré-stock de reproduction de P. vannamei, P. stylirostris, P. merguiensis et YY super- mâles de tilapia.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Profitant du grand potentiel en termes de superficie accordée à son élevage, le gouvernement est engagé dans la valorisation de la production de la crevette, vu sa valeur élevée et sa compétitivité économique sur le marché mondial. La technologie utilisée pour la culture de la crevette tigrée consiste en des niveaux bas (extensif), moyens (semi-intensif) et élevés (intensif), selon les différences dans la construction des étangs, la densité, la gestion de l'eau et de l’alimentation.

    L’élevage en étang est souvent pratiqué de façon traditionnelle, dans les cours d’arrière ou les étangs voisins. Avec une taille d'environ 1 000 m2 , la densité des poissons de 5-10 pièces/m2 , la taille d’alevin de 8-12 centimètre, et la durée d’élevage de 3-4 mois, les étangs révèlent un taux de survie de 80 pour cent, 1,2 du taux de conversion alimentaire et une production de 2 tonnes/récolte avec une taille de 250-300 g/pièce. Depuis 1960, le système de l'eau courante, inspiré du Japon, a été développé en Indonésie. Généralement, dans ce système, l'étang en béton est d’une forme carré ou trilatérale, avec des tailles de 50-100 m2 /unité, et de 5-10 pièces/m2 de densité d’alevins de 100 g. La carpe commune est le principal produit, et la production avoisine 1 tonne/unité/récolte, ou plus.

    L’élevage en cage a un trait plus commercial et c’est un gagne-pain principal pour ceux qui le pratiquent. Dans les fleuves ou les canaux qui se trouvent généralement à Java, la taille de la cage est d’environ 4x2x1 m/unité, alors qu’à Sumatra et Kalimantan, la taille est plus grande: elle est de 4x2x2 m/unité. L’élevage en cages flottantes est développé dans les lacs et les réservoirs. Les cages sont installées à la dérive dans les eaux territoriales et sont fabriquées par des barres de bambou ou de fer, et un filet qui y est accroché pour former une cage flottante contenant tambours/containers/polystyrène expansé. La cage est faite de filet de polyéthylène avec une taille de 4 unités de 7x7x2,5 m/unité, une densité de 50-70 pièces/m3 et la taille des alevins est de 30-50 g/pièce. Après 3-4 mois, la production est de 5-6 tonnes/unité/récolte.

    La pisciculture en rizières implique l’existence d’une nurserie d’alevins avant qu’ils soient mis en élevage dans les cages ou les cages flottantes. Les espèces d’élevage varient selon les besoins des pisciculteurs, par exemple la carpe commune, les barbeaux argentés, le gourami peau de serpent (sepat Siam) et voir même les tilapias, et la période d'élevage est de 30 jours. La rizipisciculture est composée de trois types: «Penyelang» (avant de cultiver le riz), «Tumpang » (poissons et riz en même temps) et «Palawija» (entre 2 saisons de récolte de riz).

    La mariculture se pratique généralement avec des radeaux pour l’élevage des poissons ou pour la culture des algues. Les radeaux sont construits sous forme d’une cage carrée d’une taille de 8x8 m, se composant de 4 unités de 3x3x3 m chacune. Les armatures des cages sont faites de tuyaux en bambou, en bois, en acier ou en plastique, et sont équipées de flotteurs. Les espèces de poissons souvent mises en élevage sont le mérou marron (Epinephelus fuscoguttatus) et le mérou bossu (Cromileptes altivelis). En ce qui concerne le mérou marron, la densité des alevins est 150-200 pièces/m3 d’une taille de 5-25 g. Après 7 mois, le taux de survie est de 95 pour cent, la production est de 1 000 kg/radeau/cycle avec une taille de 400-500 g à la récolte. concernant le mérou (mouse grouper), avec la même densité et taille des alevins, après une période de douze mois d’élevage, le taux de survie est de 90 pour cent et la production est de 1 000 kg/radeau/cycle, avec une taille de 400-500 g à la récolte.

    L’algoculture est souvent pratiquée selon quatre méthodes : la méthode libre appliquée dans les zones territoriales basses sableuses ou sablo-vaseuses, la méthode flottante (radeaux) dans les zones territoriales hétérogènes et turbulentes, la méthode de filières qui est la plus courante grâce à sa plus grande longévité et la disponibilité des appareils et matériaux, et enfin une combinaison des méthodes de flotteurs et de filières. Chaque pratique dépend de l'état de l'eau territoriale où la culture est entreprise.
    Performance du secteur
    Production
    Durant la période 1999-2003, la production totale de l'aquaculture a augmenté de 882 989 tonnes en 1999 à 1 228 559 tonnes, estimée en valeur à 1 715 901 000 dollar EU en 2003 (FAO, 2005), avec une croissance de 8,5 pour cent par an. Cette progression est le résultat des innovations technologiques, de l’expansion des zones aquacoles et de la disponibilité des alevins de poissons de qualité convenable.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Indonésie (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Indonésie (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Le développement du commerce international des produits de la pêche a dépassé la croissance de la production totale des poissons dans le monde. La contribution de l'Indonésie dans la production mondiale totale de 2003 est de 37 851 356 tonnes soit 3 pour cent. C'est le troisième principal pays producteur de poissons, après la Chine (60,2 pour cent) et l'Inde (5,82 pour cent).

    L'exportation des produits de la pêche (les exportations comprenant les produits de la pêche et ceux de l’élevage) s’est fortement amplifiée pendant la période 1999-2003. Le volume total a augmenté de 10,53 pour cent par an, passant de 644 604 tonnes en 1999 à 857 783 tonnes en 2003. En valeur, le taux de croissance annuel était d’environ 0,66 pour cent, passant de 1 605 421 milliers de dollar EU en 1999 à 1 643 542 milliers de dollar EU en 2003.

    Le marché d'export peut être développé davantage vu que l'Indonésie compte diverses espèces de poissons et de produits transformés fortement demandés à l'étranger : les principales exportations de l'aquaculture sont la crevette (décongelée, congelée et conservée en boîtes), les crabes (décongelés, congelés et conservés en boîtes), les cuisses de grenouille (fraîches ou réfrigérées), les algues (sèches), les poissons ornementaux (d'eau douce et marins), les mollusques (Coquille Saint- Jacques et escargots), les perles et d'autres produits de capture tels que le thon, la méduse et les poissons de corail ainsi que l’huile/graisse de poisson et les ce qu’on appelle les crackers de crevette (shrimp crackers).

    En 2003, l'Indonésie a exporté ses produits de la pêche vers plus de 210 pays. Les principaux pays d'importation étaient le Japon, Hong Kong, le Singapour, la Malaisie, les Etats-Unis, la France, le Taiwan province de la Chine, la Corée du Sud, l'Australie, la Chine, l'Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays Bas et la Thaïlande.

    La crevette provenant de la pêche ainsi que de l'aquaculture joue un rôle important dans les exportations, contribuant en 2003, de 52 pour cent en valeur et 16 pour cent en volume. Le volume des exportations s’est accentué de 6 pour cent par an, passant de 109 651 tonnes en 1999 à 137 636 tonnes en 2003. En fait, le prix moyen des exportations indonésiennes de crevette a diminué de 6,24 pour cent par an, passant de 8,11 dollar EU par kilogramme en 1999 à 6,18 dollar EU par kilogramme en 2003.

    Le mérou est le plus cher des poissons de corail. la demande locale est plutôt limitée. De nos jours, la production des pays d'ASEAN tels que l'Indonésie, la Thaïlande, les Philippines et la Malaisie est exportée sous forme de poissons vivants par avion. Dans les pays asiatiques, le Japon est le marché le plus important pour les poissons. Le mérou est également répandu à Hong Kong, au Taiwan province de la Chine, en Corée et à Singapour. Le transport des poissons aux marchés qui sont parfois loin d’une centaine de milles peut détériorer l’état du poisson exigeant ainsi une attention particulière. À cette fin, des considérations de base pour la livraison et la commercialisation optimales des mérous vivants devraient être instaurées et mises en application.

    La progression des exportations des algues était relativement haute, atteignant 40 162 tonnes soit 20 511 000 dollar EU en 2003. Les principaux pays destinataires étaient la Chine, Hong Kong, le Danemark, les Philippines et l'Espagne. Bien que sa part en valeur (20 511 dollar EU) des exportations de la pêche indonésiennes totales était relativement peu importante, contribuant seulement de 1,25 pour cent. Davantage de développement de ce produit reste possible.

    Les chaînes traditionnelles de vente des poissons dominent dans les régions rurales. La majorité des produits de la pêche, frais ou secs (traités), sont distribués par le réseau de commercialisation traditionnel et atterrissent souvent dans le marché intérieur. Pour l'export, les producteurs ont des liens fonctionnels avec les compagnies des produits comestibles de la mer, à grande échelle de type industriel qui fonctionnent avec une intégration verticale des ventes, avec toutes les activités gérées par les compagnies. Les compagnies de crevette travaillent selon un système de propriété mère ou noyau (Nucleus Estate), dans le cadre de partenariats de joint venture avec les pisciculteurs desquels elles achètent le produit pour son exportation.

    Dans le réseau traditionnel de commercialisation des poissons, les produits de la pêche passent entre les mains de plusieurs intermédiaires pour être acheminés au dernier point de vente. Plusieurs personnes sont impliquées dans les opérations d'achat et de distribution à partir de l’étape de poissons frais, produits de pêches transformés, jusqu’à la vente au détail. Dans les régions éloignées, l'accès aux chaînes de distribution des poissons frais est limité, ainsi le poisson est lancé sur le marché sous forme de produits transformés, traditionnellement salé, séché au soleil ou bouillis dans l'eau avec de grandes quantités de sel.

    Dans la plupart des cas, les petits pisciculteurs n'ont pas accès à un large éventail de possibilités de traitement. et d'acheteurs plausibles. Les commerçants, les collecteurs ou les agents privés commercialisent la grande partie des produits de l'aquaculture, y compris les alevins de poissons ou les fingerlings, avec une participation minime des femmes dans les opérations de traitement. Les collecteurs locaux jouent le rôle de vendeur intermédiaire entre les lieux de production, les installations de transformation et les supermarchés; les collecteurs basés au village et qui sont souvent originaires de ce dernier, travaillent entant qu’agents locaux qui acheminent les poissons sous sa forme brute aux collecteurs régionaux. Ces derniers fournissent souvent des crédits à l'unité de traitement pour payer les matières brutes, ou prolongent les crédits de petite échelle, ou avancent de l'argent aux petits pisciculteurs pour s'assurer qu'ils vont leur vendre leurs produits.

    Dans la majorité des capitales de district, il existe des marchés publics avec des endroits spécifiquement réservés aux poissons. Les détaillants de poissons vendent souvent leurs produits au marché. Dans les grandes villes, les marchés publiques satisfont, au jour le jour, les besoins du publique en produits marins comestibles, en particulier les consommateurs de faible et moyen revenu. Des chaînes de supermarchés modernes ont été établies dans toutes les villes et sont, le plus souvent, accessibles aux classes sociales de moyen et haut revenu. Il y a des problèmes liés à l’hygiène et au côté sanitaire lors de l'approvisionnement en poissons frais ou humides.

    Plusieurs décrets gouvernementaux abordent les modalités d’étiquetage et de certification, de même, il existe plusieurs organismes responsables de ces opérations. Se basant sur le décret ministériel du Ministère de l'Agriculture, Numéro 752/Kpts/OT.210/10 /1994, du 2 octobre 1994 et N° 562/Kpts/OT.210/6/97, daté du 6 juin 1997, l'Effort de gestion de l’environnement (Environmental Management Effort) et l’Effort de surveillance de l'environnement (Environmental Monitoring Effort) sont élaborés après l’obtention du permis ou l'accord de principe de la concession par la compagnie de production et avant de commencer les travaux de construction. De surcroît, la réglementation gouvernementale Numéro 752/Kpts/ OT.210/10/1994 fournit la Directive technique concernant l'effort de surveillance de l'environnement.

    L'infrastructure pour soutenir les activités de manutention et de transformation des produits de la pêche est la responsabilité du gouvernement, excepté dans le cas des entreprises à grande échelle. Le but est de s'assurer que le contrôle et l’inspection de la qualité, les technologies de traitement et de transformation, la veille à la vulgarisation et la surveillance et l’appui à la protection de l'environnement sont entre les mains d'une institution responsable.

    Afin de protéger les consommateurs locaux et étrangers, le gouvernement indonésien a instauré un règlement lié à la surveillance et au contrôle de la qualité des produits de la pêche, et la mise en vigueur de la réglementaire gouvernementale du Décret No.41/Kpts/IK.210/1998 au sujet du système de gestion intégrée de la qualité des produits de la pêche et No.14128/Kpts/IK.130/1998 au sujet des directives relatives à la mise en application du système de gestion intégrée de la qualité des produits de la pêche.

    Les principaux points mentionnés dans ces décrets stipulent que chaque unité de traitement doit demander: (i) un certificat approprié de traitement (ii) un certificat de traitement des poissons, et (iii) un plan de gestion intégrée de la qualité basé sur les principes d’HACCP (ou Système d'analyse des risques - points critiques pour leur maîtrise, qui est un système de contrôle conçu pour identifier et maîtriser les risques microbiens et d’autres dans la production alimentaire). En outre, chaque exportation des produits nécessite un certificat de qualité intégrée (Integrated Quality Certificate) et/ ou un certificat sanitaire délivré par le Laboratoire de l'inspection et du contrôle de la qualité des poissons. L'inspecteur des produits de la pêche et le service de la pêche provinciale doit, également, veiller à l’application de ce règlement dans l'ensemble du territoire indonésien.

    Les règlements du gouvernement indonésien se rapportant à la surveillance et au contrôle de la qualité ont été approuvés par plusieurs pays comme ceux de l'Union Européenne, avec la décision 94/324/CE de la Commission, du 19 mai 1994, fixant les conditions particulières de l'importation des produits de la pêche et de l'aquaculture originaires de l'Indonésie. La même chose s'applique aux poissons et aux produits de la pêche provenant du Canada et des Etats-Unis, par un Mémorandum d’Accord similaire.
    Contribution à l'économie
    L'Indonésie est actuellement le neuvième plus grand producteur de poissons dans le monde. Entre1999 et 2003, la production des poissons a augmenté avec une moyenne de 8,5 pour cent par an, passant de 4 952 milles tonnes en 1999 à environ 5 961 milles tonnes en 2003, avec le un cinquième (1/5) de la production provenant de l'aquaculture. L'aquaculture est une source importante d'emploi pour presque 2 384 208 ménages impliqués dans l’élevage des poissons dans les zones marines, les étangs d'eau saumâtre, les étangs d'eau douce, les cages d'eau douce et les rizières (MMAF, 2004).

    La production de l'aquaculture a considérablement augmenté depuis la fin de l’année 1980, en particulier les principaux produits (crevette, chano, tilapia et carpe) dont la production de certains a doublé et celle d'autres a quadruplé. En 2003, le rendement total de l'aquaculture, soit environ 1 228 mille tonnes, représentait presque 20,63 pour cent de la production totale des poissons du pays. Dans la même année, les crevettes pénéides, les crabes et les algues ont contribué de 16,05 pour cent, 1,40 pour cent et 4,68 pour cent, respectivement, aux exportations totales des poissons et des produits aquatiques et ont engendré des revenus en devises étrangères de plus de 1 643 542 milliers de dollar EU en une seule année (ADB, 2004).

    L'aquaculture joue un rôle de plus en plus significatif dans l'économie indonésienne assurant la sécurité alimentaire aux ménages et améliorant les modes de vie des communautés rurales pauvres. En plus de sa contribution d’environ le un cinquième (1/5) à la production totale estimée des poissons, le sous-secteur de l’aquaculture procure de l'emploi à environ 2,2 millions de personnes, représentant à peu près 40 pour cent du nombre total des personnes employées dans le secteur de la pêche. Malgré le fait que dans le secteur aquacole, généralement, les salaires ne sont pas élevés, l'aquaculture a pu alléger les difficultés économiques des personnes recherchant du travail rémunéré pour faire survivre leurs familles.

    Environ 90 pour cent de la production totale des poissons du pays sont consommés localement. Le poisson est un produit alimentaire principal dans le régime alimentaire des familles indonésiennes, fournissant les deux tiers (2/3) de la protéine animale. Parmi les différentes sources de protéine d’origine animale, les poissons peuvent être encore considérés comme relativement peu coûteux et sont ainsi la principale source de protéine pour les pauvres (c-à-d. ceux qui ont un revenu annuel par personne de moins que RP 3,2 million/an, avec 1 roupie indonésienne (IDR) = 0,0001067 dollar EU en février 2006). La consommation de poissons par personne a ainsi doublé, passant de moins de 12,8 kg/an en 1982 (ADB, 2004) à environ 23,63 kg/an en 2002 (MMAF, 2003).

    Les petits pisciculteurs pratiquent souvent l’élevage extensif caractérisé par un faible rendement, faibles coûts et une technologie simple, et ils manquent de savoir-faire et de qualification technique qui leur permettraient d'adopter des techniques de production nouvelles ou améliorées. La commercialisation du poisson frais ou traité, ainsi que la majorité des produits de la pêche, dans les régions continentales et côtières rurales, est assurée par les chaînes traditionnelles.

    Vu que la demande en poissons et en produits de la pêche est en augmentation continue, avec l’accroissement de la population humaine, en particulier dans les zones rurales, et comme la production de la pêche artisanale est constante, l'aquaculture est considérée comme une source alternative de protéine animale de haute qualité et de revenus particulièrement pour les gens pauvres. De même, il est prévu qu’elle domine, si non surpasse, l'importance de la pêche marine en fournissant de la protéine animale de haute qualité, de l'emploi et des recettes d'exportation.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le Ministère des affaires maritimes et de la Pêche (Ministry of Marine Affairs and Fisheries ou Departemen Kelautan dan Perikanan ou DKP) est le principal organisme responsable de la planification, l’organisation et la gestion du secteur maritime et de la pêche en Indonésie. En février 2005, le Ministère était constitué de: (i) six lignes de bureaux, composés d'une Agence des affaires maritimes et des pêches et cinq directions générales de l’aquaculture, des captures de la pêche, des zones côtières et des petites îles, du contrôle des ressources halieutiques et du renforcement des capacités et la commercialisation (ii) deux fonctionnaires de bureau, un Secrétariat général et un inspecteur général, et (iii) un Comité consultatif fournissant de l'expertise au Ministre sur des sujets spécifiques.

    Le Service provincial des pêches (Dinas Kelautan dan Perikanan Propinsi) est chargé de la gestion des pêcheries marines au niveau local, il est doté de bureaux au niveau des provinces, districts et sub-districts. Avec l'adoption de la Loi N° 22/1999, le Service provincial des pêches, n'étant plus sous l’autorité technique du MMAF, a plus de responsabilités et une plus grande autonomie dans la conduite de ses fonctions.
    Règlements en vigueur
    La principale autorité de la pêche en Indonésie est le Ministère des affaires maritimes et des Pêches (Ministry of Marine Affairs and Fisheries ou Departemen Kelautan dan Perikanan ou DKP). Le Ministère, traite les sujets ayant trait à l'aquaculture à travers la Direction Générale du développement de l'aquaculture.

    Au niveau national, la pêche et l'aquaculture sont réglementées par la Loi N° 31/2004 (2004) sur la pêche, qui souligne l'importance de l’utilisation durable des ressources aquatiques dans le développement de la pêche.

    En vertu de la Loi No.22/1999 sur l'administration régionale (1999), et dans le cadre du processus de décentralisation, les gouvernements provinciaux sont responsables de la gestion, de l'utilisation et de la conservation des ressources marines sous leur juridiction territoriale. Cependant, la présente étude se concentrera seulement sur la législation nationale.

    Pour plus d'information sur la législation de l'aquaculture en Indonésie prière de cliquez sur le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture – Indonésie (en anglais).
    Recherche appliquée, éducation et formation
    La principale tâche de l'institut de recherche pour l’exploitation de la mer et la pêche (AMFR ou BRKP), sous la tutelle du Ministère des affaires maritimes et des Pêches (Ministry of Marine Affairs and Fisheries), est de conduire des recherches stratégiques sur les pêcheries et les zones maritimes. De même, indépendamment d'AMFR, d'autres organismes tels quel’Agence nationale pour l'évaluation et l'application de la technologie (BPPT) et l’Institut indonésien des sciences font et coordonnent la recherche en matière d'aquaculture.

    Les priorités de recherche en matière d'aquaculture sont inspirées des directives, des accords politiques, et des différentesmesures et capacités environnementales des différents organismes de la pêche. Afin d’encadrer davantage la recherche dans un «système», la recherche des solutions des problèmes implique des unités de Direction Générale de l'Aquaculture (DGA). A travers ces unités exécutives, les technologies développées par la recherche sont vérifiées, évaluées et construites, en vue de sélectionner celles qui peuvent être mises en application dans la pratique. Les points de vues et les opinions, des propriétaires/opérateurs des écloseries et des étangs d'eau saumâtre (tambak), des pisciculteurs, des exploitants piscicoles, des commerçants ainsi que des organismes non gouvernementaux, sont pris en considération lors du processus de planification de la recherche.

    Les directives sur l'aquaculture disponibles actuellement sont basées sur la méthode d’essais et erreurs ou des essais limités sous des conditions expérimentales établies par des centres de recherche. On fait des essais à la ferme ou R&D, y compris la recherche et le développement participatif dans les sites aquacoles. La recherche devrait aider à créer des technologies de pointe, non nuisibles à l’environnement et contribuant au bien-être de la communauté. Le succès des nouvelles technologies est mesuré par leur adoption par les propriétaires des écloseries, les aquaculteurs et les autres intervenants.

    Les résultats de la recherche sont communiqués, présentés lors des conférences et des ateliers; diffusés dans les journaux et les bulletins d’information électroniques et imprimés. Ils le sont aussi par la formation; les comptoirs des expositions de technologie et de science; les bibliothèques; et d'autres formes de collaboration avec les chercheurs. Les tests et les évaluations de la recherche et des autres technologies appliquées sont communiqués aux fermiers et au personnel actif du secteur aquacole à travers les conférences, les directives techniques et les réunions sur le terrain, ainsi que les journées techniques de terrain, régionales et nationales.

    Les principaux établissements étatiques de recherche en matière d'aquaculture, les universités et les écoles techniques offrant des diplômes et/ou des stages de formation en aquaculture sont: représentés par trois instituts de recherche en mariculture, en pêche d'eau douce, en pêche côtière, en transformation des produits et sciences socioéconomiques; 12 centres de développement de la mariculture, de la pêche d'eau douce et saumâtre; cinq facultés d’agriculture de l’université d’agriculture de Bogor, et les universités de Riau, de Patimura et de Brawijaya; deux collèges de pêche; trois académies de pêche (Akademi Perikanan); cinq instituts des études et de formation en matière de pêche; et sept écoles de pêche.
    Tendances, questions et développement
    Avant les années 80, le développement de la pêche concernait plus la pêche que l'aquaculture. Dans le cadre des efforts anticipatifs pour la préservation des ressources halieutiques de la dégradation due à la surexploitation, le gouvernement a décidé de distinguer entre le développement de la pêche et celui de l’aquaculture, une politique conçue pour améliorer les ressources renouvelables des poissons en contrôlant la pêche et en encourageant l'aquaculture.

    La crise économique, provoquée par la crise monétaire, a atteint l'Indonésie au milieu de l’année 1997. Ce désastre a entravé le développement du secteur industriel utilisant la haute technologie et la matière première importée. La politique macro-économique doit, maintenant, être réorientée vers l’un des plus grands axes qu’est l'industrie fondée sur une économie de ressources. Étant donné que les deux tiers du territoire indonésien sont couverts d‘eaux marines et intérieures avec une abondance de ressources naturelles, le développement de l'aquaculture est censé représenter l'une des voies du rétablissement économique national. En conséquence, il devrait être possible, par le biais du développement de l'aquaculture, d’encourager les activités économiques à base associatives, d’accroître les revenus en devises étrangères des produits aquacoles exportés et d’accélérer le développement économique rural.

    Le développement de l'aquaculture devrait pouvoir améliorer le système global de la pêche comme énoncé dans le Code de conduite pour une pêche responsable (CCPR) de la FAO en augmentant les possibilités des communautés des pisciculteurs d’adopter les technologies qui ne nuisent pas à l'environnement, y compris celles qui assurent la conservation des ressources terrestres et aquatiques. Au début, les quatre premiers produits qui généraient le plus de revenus en devises étrangères étaient la crevette, le tilapia du Nil, les mérous et les algues; après, six autres ont été introduits, à savoir, le chano, le bar, le poisson-chat, les crabes, les moules et les perles.

    Depuis les années 80, le gouvernement a prêté plus d'attention au développement de l'aquaculture et ce, en raison de ses possibilités de fournir du poisson pour la consommation humaine aux communautés hinterland. L'introduction des systèmes d'eau courante en 1980 a été aussitôt adoptée par les pisciculteurs. Après, au milieu de la période 1980-1990, l’élevage en cages en filet s’est rapidement développé, et les pisciculteurs qui ont été impliqués dans la pisciculture d'eau courante ont changé de système et ont adopté celui de l’élevage en cages en filet, puisque ce dernier est plus efficace au niveau de l’investissement, du TC (Taux de conversion alimentaire) et de l’utilisation de l'eau.

    Les produits d'eau douce ont été destinés à la consommation locale, malgré le fait qu’il n’est pas interdit d’exporter des produits tels que le tilapia du Nil, les grenouilles et les poissons ornementaux. Par conséquent, la priorité a été donnée aux produits d'eau douce de niveau trophique bas. Une difficulté récente dans la culture d'eau douce est liée à la détérioration génétique du stock des géniteurs et des alevins, résultant en des taux lents de croissance, un TC plus élevé et une susceptibilité aux maladies comprenant le virus d'herpès de Koi (KHV). Pour résoudre ces problèmes, le gouvernement a établi des centres de stockage de géniteurs dans plusieurs régions.

    L’interdiction de la pêche au chalut en 1980 suite à l’émission du Décret présidentiel N° 39/1980 a encouragé le développement de la crevetticulture en eau saumâtre. Dans les années 80, la crevette cultivée est devenue un produit primordial et a joué un rôle important dans l’augmentation des revenus en devises étrangères, ayant pour résultat une croissance, à grande échelle, des activités de crevetticulture. L'intensification ou la technologie super intensive a été appliquée sans prêter beaucoup d'attention à l'infrastructure existante telle que les réservoirs et canaux d'intrants et d’extrants, causant la détérioration rapide de l'environnement ainsi que la manifestation des maladies dues à l'accumulation des déchets. Pour résoudre ce problème, la polyculture combinant les crevettes et les algues Gracilariaspp. a été introduite afin d'absorber les aliments accumulés. La détérioration génétique du stock des géniteurs et les maladies particulièrement celles causées par des virus, sont aussi des problèmes principaux qui peuvent entraver l’élevage de la crevette. L'établissement des centres de stockage de géniteurs de crevette et le développement des géniteurs et des alevins de crevette EOPS (Exempt d’Organismes Pathogènes Spécifiques en anglais SPF ou specific pathogen free) telle que Penaeus vannamei et P. stylirostris sont parmi les mesures instaurées pour pallier à ces problèmes.

    En 1990, la mariculture a commencé à se développer, quoiqu'elle ait été limitée à l’algoculture, de même les revenus en devises étrangères ont considérablement augmenté. Ceci a été suivi du développement réussi de la perliculture. Actuellement, l'intérêt pour le développement de la mariculture s’accentue progressivement car la mariculture, particulièrement celle des mérous, s'est avérée profitable et elle a aussi considérablement rehaussé les revenus en devises étrangères de l'Indonésie. Ces derniers temps, la culture des produits de niveau trophique bas tels que la moule et l'ormeau s’est également développée.
    Références
    Bibliographie
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    Ablaza, E.C. 2003 . Profile of the Indonesia Marine and Fisheries Sector. Proposed Technical Assistance for The Marine and Fisheries Sector Strategy Study, Indonesia. A report submitted to the Asian Development Bank. Manila, Philippines. December 2003. 54 p. plus appendices
    Asian Development Bank. 2004 . Suistainable Aquaculture Development For Food Security and Poverty Reduction, Indonesia. Final Report. Volume I: Main Report. Manila, Philippines. September 2004. 133 p. plus appendices.
    Directorate General of Aquaculture. 2003 . Aquaculture Production Statistics. 2001. Jakarta. Indonesia.124 p
    Directorate General of Aquaculture. 2003 . Masterplan of brackish water Area Development Program, 2004. Jakarta. Indonesia. 272 p. plus appendices
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    Directorate General of Aquaculture. 2004 . Masterplan of Mariculture Area Development Program, 2004. Jakarta, Indonesia. 137 p. plus appendices
    Ministry of Marine Affairs and Fisheries. 2003 . Center of Data and Statistics, 2002. Jakarta. Indonesia
    Ministry of Marine Affairs and Fisheries. 2004 . Center of Data and Statistics, 2003. Jakarta. Indonesia
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