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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L'aquaculture en Jamaïque peut être considérée comme un secteur en cours de développement. Ces dernières années la production a augmenté de 50 pour cent. En 1992, la production enregistrée était de 3 000 tonnes et en 2002, la production a été estimée à 6 000 tonnes. La majorité des activités aquacoles se situent sur les plaines centrales du sud de Saint Catherine et Clarendon. Actuellement, il y a environ 180 pisciculteurs sur une superficie de 526 ha. L'aquaculture est organisée en producteurs à petite échelle (1-4 ha), à échelle moyenne (5-10 ha), et à grande échelle (21-45 ha). Les systèmes de production extensifs, semi-intensifs et intensifs sont tous adoptés; environ 90 pour cent des fermes sont semi-intensives.

    Le poisson produit est commercialisé sur le marché local et international. Le Jamaica Broilers group, un opérateur de la société Aquaculture Ltd Jamaïque (Aquaculture Jamaica Ltd) produit du poisson qui est vendu sur le marché d’outre-mer par l’intermédiaire de la compagnie de vente Jabesco. En 1997, environ 283,7 tonnes de filets de tilapia frais, 97,2 tonnes de filet congelé et une tonne de tilapia congelé ont été exportées vers les Etats-Unis.

    Plusieurs défis entravent le développement de ce sous-secteur, la plus grande de ces contraintes est la disponibilité de la terre et de l'eau pour l'aquaculture. Certaines zones qui sont essentielles pour l'aquaculture souffrent d’une pénurie d'eau pendant les périodes de sécheresse. Le capital d'investissement élevé et la concurrence des poissons importés constituent aussi des obstacles.
    Historique et aperçu général
    L'aquaculture a commencé en Jamaïque en 1949, avec l’introduction d’Oreochromis mossambicusde Sainte-Lucia de la Caraïbe orientale. Cela faisait partie d'un programme de gouvernement visant à augmenter les protéines dans l’alimentation rurale par l'élevage de subsistance. Les étangs ont été empoissonnés avec du tilapia. Au cours des années 50 et 60 il y a eu plusieurs programmes de développement qui vont aider la pisciculture dans le futur comme le Programme de développement de l'agriculture qui a fourni de l'aide aux pisciculteurs et l’adoption de la Loi du Conseil du crédit agricole qui a pris des dispositions en vue d’octroyer des prêts aux pisciculteurs. La production de l'aquaculture dans les années 60 a opté pour l’élevage monosexe des fingerlings mâles de tilapia triés à la main. Le rendement dans les étangs de terre était de 1 250 lbs/acre/an.

    L'aquaculture commerciale a été introduite en 1976, dans le cadre d’un projet financé conjointement par l'USAID et le Gouvernement jamaïquain. Ce projet s’est étalé sur deux phases. Dans la première phase on a accordé à l'Université Auburn un contrat pour assurer l'expertise technique de ce projet. La première phase du projet a mené au développement de l'Unité de la pêche continentale qui a formé son personnel dans les diverses disciplines de l’aquaculture et a équipé le gouvernement de la Jamaïque d'un établissement doté des moyens et d’expertise technique nécessaires pour concevoir et mettre en application le développement de la pêche et de l'aquaculture intérieures. Une autre variété de tilapia Oreochromis niloticus a été introduite en 1977 menant à des augmentations majeures dans la production du tilapia. Au début de l’année 1977, la production du tilapia était de 2,2 tonnes et en 1987 elle a grimpé jusqu'à 2 600 tonnes.

    La deuxième phase du projet intitulée le Projet de développement du système de production des poissons, a commencé en 1980. Le but de ce projet était d'inciter la pratique ou le développement de l'aquaculture rurale. Ceci a connu un grand succès et a contribué à la commercialisation du tilapia d'élevage. La plupart des premières personnes à participer aux programmes sont encore impliquées dans la pisciculture. C’est au cours de cette période (les années 80) que Jamaica Broilers s’est engagé dans l’élevage commercial du tilapia.

    Plusieurs autres espèces ont été introduites, essentiellement, à des fins de polyculture. Cependant, elles n’ont pas été appréciées par le public. Le tableau 1, ci-dessous, illustre certains événements marquants dans l'histoire de l’élevage du tilapia en Jamaïque.

    Tableau 1. L’histoire de l’élevage du tilapia en Jamaïque.
    Année Evénement
    1959 Oreochromis mossambicus sont introduites de Sainte-Lucie.
    1977 Projet GOJ/USAID de développement des pêcheries intérieures (IFDP) Phase1 a débuté avec le choix de l’élevage d’O. mossambicus.
    1978 Le tilapia de la Mozambique (mossambicus) de couleur foncée est remplacé par le tilapia O. niloticus de couleur argentée ou grise
    1979 Phase 2 du projet GOJ/USAID IFDP (début du transfert des technologies. 22 pisciculteurs et 3 ha d’étangs produisent 16 tonnes de poisson de consommation.
    1982 La première grande ferme quasi-privée (44 ha), (une entreprise conjointe entre Israël et la Banque d’investissement national de la Jamaïque) est construite.
    1984 L’introduction du tilapia rouge du Miami
    1989 160 pisciculteurs faisant fonctionner 620 ha d’étangs produisant 2 800 tonnes de poisson de consommation.
    1991 Inondation et destruction d’un barrage qui approvisionne la principale région piscicole en eau. Deux cents ha des étangs ont souffert de pénurie d’eau. Détérioration de l’économie jamaïcaine.
    1992 La production de poisson de consommation a chuté à 2 500 tonnes
    1997 4 200 tonnes produites des 300 ha, gérés par 55 pisciculteurs. Jamaica Broilers a produit 3 200 tonnes. Le tilapia est exporté vers les Etats-Unis d’Amériques, le Canada et l’Europe.
    (Adapté selon Hanley 2000)
    Ressources humaines
    Il y a environ 180 pisciculteurs en Jamaïque. Presque 8 à 11 pour cent sont des femmes qui possèdent et font fonctionner des exploitations piscicoles. La plus grande majorité des ouvriers embauchés dans les exploitations piscicoles sont des hommes. D'autre part les femmes constituent la majorité des ouvriers dans les installations de transformation.

    Un aperçu sur l'économie du secteur de la pêche vient d’être récemment achevé dans le cadre d’un projet conjoint FAO/GOJ FD (Van Riel, 2005 en cours d'impression). L'étude a indiqué que les petites exploitations tendent, généralement, à employer à plein temps une ou 2 personnes alors que les plus grandes exploitations embauchent 12 à 50 personnes. La même étude a estimé qu'environ 800 personnes ont été directement employées dans l’aquaculture. Ceci n'inclut pas les personnes travaillant dans les installations de transformation. Les employés des fermes piscicoles tendent à avoir des qualifications telles que soudeur, machiniste ou mécanicien, opérateurs d'équipement lourd d’exploitation. De même, l'étude dévoile que la majorité des ouvriers ont achevé leur éducation primaire mais seulement quelques uns ont une éducation de niveau secondaire.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    La Jamaïque est divisée en quatorze communes et trois comtés administratifs. La pisciculture s’exerce notamment dans les plaines centrales au sud du pays dans les communes de Clarendon et Saint Catherine où le type de sol et l'eau conviennent à la pisciculture. Une activité piscicole mineure a lieu dans d'autres communes telles que Saint Elizabeth et Westmoreland au sud, et St Mary et Portland situées au nord-est de l'île et Trelawny située au nord de l'île. Aiken (2002) a signalé que la superficie totale de l'aquaculture estimée productive en 2001 était de 526 ha. Une autre étude, à part, sur la distribution des étangs approvisionnés par l'eau de l'irrigation a rapporté un total de 516 ha.

    L’élevage du tilapia se pratique souvent sur les sols qui contiennent entre 20 et 30 pour cent d'argile. La plupart de l'aquaculture d'eau douce en Jamaïque dépend des sources d'eaux souterraines ou de surface (par exemple les fleuves et les cours d’eau). Une minorité se sert des étangs d'eaux pluviales. Sur les plaines de Saint Catherine et Clarendon certaines fermes reçoivent leur eau à travers l'infrastructure d'irrigation installée au profit des fermiers de la canne à sucre. Presque 50 pour cent des fermes sont équipées de systèmes d'irrigation.

    La production se fait principalement dans les étangs de terre qui sont dans la plus part du temps de 0,4 ha de superficie; et souvent excavés à une profondeur de 1,5 m. Certains élevages utilisant par exemple les systèmes de circulation super-intensifs. L’élevage se pratique dans des bassins en béton et la production se réalise en trois phases avec des systèmes d'étangs pour les géniteurs, les nurseries et le grossissement.
    Espèces cultivées
    Le secteur aquacole jamaïcain est actuellement dominé par l’élevage du tilapia. Environ 3 000 tonnes ont été produites en 1997. Bien qu'environ 100 fermiers de tilapia sont en activité, presque 85 pour cent de la production provient de la société Aquaculture Jamaica Limited, une filiale du Jamaica Broilers Group. Elle opère dans deux principaux lieux: l’île de Barton (Barton Isle), Maggotty à Saint Elizabeth et Toll Gate à Clarendon. Elle a aussi accomplit un contrat territorial d’exploitation et a, actuellement, huit fermes clientes. Le tableau 2, ci-dessous, montre certaines espèces introduites en Jamaïque.

    Tableau 2. Espèces introduites en Jamaïque à des fins d’aquaculture
    Espèces (année d’introduction) Nom commun
    Oreochromis mossambicus (1949) Tilapia de la Mozambique
    Oreochromis niloticus (1976) Tilapia du Nil
    Ctenopharyngodon idellus (1978) Carpe china
    Hypophthalmichthys nobilis (1978) carpe à grosse tête
    Hypophthalmichthys molitrix (1978) Carpe argentée
    Colossoma macropomus (1978) tambaqui
    O. mossambicus x O. hornorum albino (1984) Tilapia rouge de Floride
    O. mossambicus x O. aureus (espèces incertaines) (1984) Tilapia rouge hybride
    O. aureus (souche red) (1985) -
    Souches communes du tilapia: (O. mossambicus x O. hornorum and O. aureus x O. mossambicus) et autres (après 1986) Tilapia rouge hybride
    Cherax quadricarinatus Ecrevisse bleue
    Variétés des poissons ornementaux. -
    Adapté selon Aiken (2002)
    Pratiques et systèmes d'élevage
    La plupart des fermes en Jamaïque adoptent le système semi-intensif. Il y a une tendance accrue vers l'intensification de l’élevage des poissons notamment de la part des pisciculteurs de grande échelle. L’élevage semi-intensif est défini en tant qu'un élevage où l’unique intrant est l’aliment tandis que dans l’élevage intensif les poissons sont alimentés, l’aération est procurée et la mise en charge des poissons est élevée.
    Dans l’élevage semi-intensif les poissons sont à une densité moins de 30 000/ha, dans une eau verte avec une alimentation complémentaire et un échange minimal d'eau. Ceci est un extrait de l'Etude de Halcrow de 1998 qui donne un aperçu sur les systèmes de production qui sont adoptés en Jamaïque.

    En Jamaïque, l'utilisation des étangs en terre prédomine en raison des coûts de construction et d'entretien relativement faibles. Au moins 50 pour cent de ces étangs sont approvisionnés par des systèmes d'irrigation. Le système le plus commun est l’étang d'eau stagnante où l'eau est ajoutée à l’étang uniquement lors du remplissage initial, et pour compenser les pertes d'infiltration et d'évaporation, bien qu'une évacuation est parfois nécessaire si la qualité de l'eau se détériore ou quand une poussée d’algue bleu-vert a lieu. La densité de mise en charge dépend de l’existence d’une aération supplémentaire. Sans aération, les densités finales de jusqu'à 4-5 tonnes/ha sont possibles. L'utilisation de l'aération permet des densités plus élevées (environ 10 tonnes/ha), alors que les cours d'eau permettent des densités de mise en charge éminentes s’élevant à (plus de 100 tonnes/ha).

    L'élevage du tilapia est divisé en trois phases ou plus. Le modèle général pour la Jamaïque est celui où le frai des poissons se produit dans des étangs avec des densités de mise en charge d'environ 10 000-12 000 poissons par ha. Les alevins sont capturés avant le cinquième jour et sont transférés vers des bassins en béton. Ils restent dans ces bassins environ 28 jours et reçoivent une alimentation contenant de la méthylique testostérone (pour ne produire que des mâles). Ensuite, ils sont transférés vers des étangs d'alevinage où ils restent pendant environ 120 jours. Les densités de mise en charge sont en ce moment de 100 000-150 000/ha dans les étangs non ou peu aérés. Pour les étangs à re-circulation, les densités de mise en charge peuvent dépasser 600 000/ha. La phase finale de grossissement dure entre 90 et 180 jours selon la taille requise des poissons. L’étape de grossissement elle-même se déroule souvent en deux phases avec la densité de mise en charge réduite dans la phase finale pour améliorer les taux de croissance. Dans cette étape toutes les femelles plus petites (échec de la réversion sexuelle) peuvent être retirées. Pour les étangs d’eau stagnante sans aération, les densités de mise en charge sont de l’ordre de 15 000/ha. Ceci peut s’élever, selon l'utilisation de l'aération et l'augmentation de l'écoulement de l'eau, de 60 000/ha à 200 000/ha. Aquaculture Jamaica et un nombre restreint d'autres producteurs, disposent d’écloserie, de nurseries et des unités de grossissement. La plus part des plus petits producteurs achètent les fingerlings et ils ont seulement des étangs de grossissement.

    Les fingerlings sont vendus à une taille qui varie entre 15 et 40g. Les cycles de chaque étang tournent autour de 100-150 jours avec deux semaines de séparation pour sécher et traiter l'étang avec de la chaux. Ceci donne environ 2,2–2,8 cycles par an. Cependant, un cycle entier de tilapia (de l’alevinage à la récolte) dure entre 240 et 360 jours selon la taille finale de récolte, la densité de mise en charge, la qualité des aliments et la période de l'année (la croissance est plus lente pendant l'hiver). La productivité globale déclarée par Aquaculture Jamaica était comme suit:
    • Site de Toll Gate = 11,7 tonnes/ha des étangs/an.
    • Site de l'île de Barton = 34,5 tonnes/ha étang/an.
    • Fermiers sous contrat = 10,5 tonnes/ha de la superficie des étangs/an.
    La majorité des fermes sous contrat sont approvisionnées avec des fingerlings pesant entre 15 et 30g provenant d’Aquaculture Jamaica. L’énorme production à l'île de Barton reflète l'intensité plus élevée des méthodes utilisées. On estime que les plus petits fermiers, n’utilisant pas obligatoirement l’aération, réalisent probablement 5-6 tonnes/ha/an. Le poids normal à la récolte varie entre 3/4 et 1 1/4 lbs (340-570 g), les plus grandes tailles sont utilisées pour la production de filets.

    Le Jamaica Broilers Group dispose d’un équipement (Master Blend) pour la production des aliments pour le tilapia. Ces aliments contiennent 28 à 32 pour cent de protéine et coûtent à peu près 10,50 $J/kg (0,16 $EU) à 14,00 $J/kg (0,21$EU) selon la formulation exacte, s'ils sont fournis en vrac ou dans des sacs et s'ils sont sous forme de granulé ou de purée. Pour l’élevage super-intensif, les aliments extrudés (flottants) sont importés (principalement de Burris Mill & Feed Inc., Etats-Unis) leur prix est de 17,50 $J/kg (0,26 $EU). Les taux de conversion alimentaire sont dans l’ordre de 2,1–2,5 dans l’écloserie et peuvent s'élever à 1,5 – 2,0 lors du grossissement. Deux autres compagnies produisent des aliments de poissons en Jamaïque, Jet Pet et Seprod, bien que Master Blend domine sur le marché. Les ingrédients alimentaires utilisés sont presque tous importés incluant la farine de poisson, le soja, le maïs, la farine de blé, les vitamines et les minéraux.
    Performance du secteur
    Production
    La production du tilapia représente environ 90 pour cent de la production totale de poisson de consommation. On estime qu'en 2001 la production des produits de l'aquaculture était d’à peu près 5 000 tonnes.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Jamaïque (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Jamaïque (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Le marché local
    La plupart des pisciculteurs dépendent des vendeurs pour acheter et distribuer leur produit. Le produit est vendu à la porte de la ferme à l’intermédiaire qui va l‘acheminer vers les marchés. Le fermier peut également vendre le tilapia aux restaurants, aux hôtels, aux supermarchés et à d'autres distributeurs. Certains vendent leurs propres produits au détail.

    Le marché extérieur

    Une seule grande compagnie vend le tilapia sur le marché extérieur. Les principaux pays importateurs sont les Etats-Unis d'Amérique, le Royaume-Uni et la Belgique. Le Jamaica Broilers Group dispose d’une usine de transformation sur leur site de l'île de Barton. Cette installation emploie 80 à 100 personnes et produit une variété de produits frais et congelés de tilapia comprenant les filets, les désossés et les marinés. Ces produits sont lancés sur le marché par la filiale de la compagnie Jabexco Ltd sous la marque les «Best dressed foods».

    En 1997, 283,7 tonnes de filets frais de tilapia ainsi que 97,2 tonnes de filet congelé et une tonne de tilapia entier congelé ont été exportées vers les Etats-Unis. C'est l'équivalent d'environ 1 155 tonnes de tilapia entier vivant.

    La Jamaïque ne peut pas concurrencer le Taiwan Province de Chine sur le prix du tilapia entier congelé, qui a chuté de 1,56 $EU à 1,12 $EU/kg sur le marché des Etats-Unis à partir de la mi 97 jusqu’à la mi 98. Le principal avantage jouant en faveur de cette compétition, réside dans le facteur de leur proximité aux Etats-Unis et les bons liens aériens qui permettent à la Jamaïque de concurrencer sur le marché du filet frais. Aux Etats-Unis, les prix de gros des filets frais de tilapia variaient, en1997, entre 7,37 $EU/kg et 8,25 $EU/kg. Les prix des filets congelés étaient un peu inférieurs se situant entre 5,50 $EU et 6,60 $EU/kg. (Halcrow, 1998).

    L'exportation des produits aquacoles vers les Etats-Unis exige que la ferme et l’unité de traitement dont les produits proviennent soient conformes aux normes de certification HACCP. Ceci est contrôlé par la Division des services vétérinaires du Ministère de l'Agriculture. Aucune norme d’étiquetage spécifique n'est disponible pour les produits aquacoles, sauf les conditions générales d’étiquetage. Le Bureau des normes de la Jamaïque (Jamaica Bureau of Standards) est l’organisme responsable des normes d’étiquetage.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel

    Organisme institutionnel

    La Division des pêches du Ministère de l'Agriculture (Fisheries Division of the Ministry of Agriculture) est l'organisme responsable de la gestion administrative de la pêche; l'aquaculture faisant partie de la pêche. La Division des pêches est composée de deux directions, la Direction marine (Marine Branch) qui est compétente dans le domaine de la pêche et la Direction de l'aquaculture (Aquaculture Branch) responsable de l’élevage des organismes aquatiques. Le principal mérite de la Direction de l’aquaculture réside dans l’accomplissement des tâches de formation, de vulgarisation et de recherche en aquaculture et mariculture.

    La Direction de l’aquaculture a été créée à partir de l'Unité des pêcheries intérieures qui a été établie lors de la première étape du projet USAID/GOJ en 1977. La Division des pêches a été chargée de l'expansion et du développement de la pêche en Jamaïque. Cette mission a été encore élargie pour inclure la gestion et le développement durable du secteur de la pêche.

    Rôle et appui des organisations du secteur privé

    L’Association Aquacole Jamaïcaine (Jamaica Aquaculture Association ou JAA). En 1998, la JAA comptait 109 membres adhérés. L'association représente un moyen à l'incitation politique ainsi qu'un réseau d'appui technique et commercial. L’Association jamaïcaine des fermiers des poissons ornementaux (Jamaica Ornamental Fish Farmers Association). Cette association compte un nombre de 300 adhérés ; c’est une organisation de tutelle aux fermiers des poissons ornementaux en Jamaïque. Elle a accomplit plusieurs interventions en termes d'amélioration de la production et de commercialisation des poissons ornementaux en Jamaïque et sur le marché extérieur.
    Règlements en vigueur
    Loi sur la pêche industrielle

    Bien que la Division des pêches soit l'institution ayant le pouvoir administratif dans le domaine de l'aquaculture, il n'y a aucune législation sous la Loi actuelle sur la pêche industrielle relative à la gestion et au développement de l'aquaculture. La Division des pêches est en cours d’examiner sa législation et une note préliminaire a été élaborée contenant une partie sur l'aquaculture.

    Règlement environnemental de l’aquaculture

    Plusieurs établissements sont responsables du règlement environnemental en Jamaïque tels que l'Autorité des ressources d'eau (Water Resources Authority), l'Agence nationale de protection de l'environnement (National Environment Protection Agency), le Département de sylviculture (Forestry Department) et la Division des pêches (Fisheries Division).

    l'Autorité des ressources d'eau (Water Resources Authority)

    L'Autorité des ressources d'eau règlemente l'approvisionnement en eaux souterraines. Elle applique la Loi sur les ressources d'eau de 1995. Sous cette Loi, un permis est exigé pour la collecte et l'usage de l'eau. Néanmoins, si la personne a le droit d'accès à la source d'eau, elle est dispensée de permis. Le creusement ou le changement d’un puits exige un permis.

    Loi sur la conservation des ressources naturelles (1991)

    En vertu de cette Loi, l'Autorité de conservation des ressources naturelles (Natural Resources Conservation Authority ou NRCA) a été créée et chargée de la gestion de l'environnement physique de la Jamaïque, assurant ainsi, la conservation, la protection et l'exploitation appropriée des ressources naturelles de l'île. Sous la Loi NRCA, la décharge des effluents dans les cours d’eaux ouverts requière un permis. La NRCA a également le pouvoir d’exiger une étude d’évaluation des impacts sur l'environnement quand cela s’avère nécessaire.

    Autres lois tombant sous la NRCA sont décrites ci-dessous.

    Loi sur la protection de la faune et de la flore sauvages (Wildlife Protection Act)

    La Loi sur la protection de la faune et de la flore sauvages interdit le déversement des substances nocives dans l'environnement. Par conséquent, il est important que l'effluent soit contrôlé. L'Agence nationale de protection de l'environnement (National Environment Protection Agency) a développé des normes générales se rapportant au commerce industriel pour la décharge des effluents. L'Agence est en train de développer des normes qui sont plus adaptables à l'aquaculture. La Loi de protection de la faune et de la flore sauvages protège aussi, les espèces en danger et interdit leur massacre (par exemple les crocodiles).

    Loi sur le contrôle des plages (The Beach Control Act) (1956)

    Cette Loi habilite la Couronne à exercer son pouvoir sur les estrans et les fonds marins. Tout empiétement ou utilisation des fonds marins exigera un permis

    Loi de 2000 sur les espèces en danger (protection, conservation et règlement de leur vente)

    Cette Loi interdit le commerce des espèces en danger sauf sur autorisation valable. Les autorités scientifiques et de gestion ont été établies, pour surveiller le commerce des animaux figurant sur la première, la deuxième et la troisième liste de CITES.

    Lois/Règlements des permis et licences (Permits and Licenses Regulation/Act)

    Sous les Lois/Règlements des permis et des licences plusieurs permis et licences sont exigés pour les fermes aquacoles:
    • Les permis aquacoles sont requis pour les fermes d'une superficie supérieure à la surface minimale stipulée.
    • Les permis de mangrove sont exigés pour le déplacement des palétuviers.
    • Les permis des effluents sont requis pour la décharge des effluents dans les cours d'eau.
    • Les permis de contrôle de prédateurs sont exigés pour la lutte contre les prédateurs à savoir les crocodiles et les oiseaux aquatiques qui attaquent les poissons.
    Autres lois au sujet du développement de l'aquaculture sont:

    Loi sur les maladies et importation des animaux (The Animal (Diseases and Importation) Act)

    Cette Loi est mise en œuvre par la Division des services vétérinaires du Ministère de l'Agriculture. Elle contrôle l'importation des animaux dans le pays. De même, elle établit les procédures de la mise en quarantaine des animaux importés et la mise en quarantaine de ceux qui sont malades, procède au contrôle et à l’abattage des animaux en cas d'une manifestation de maladie contagieuse.

    Loi de 1999 sur les produits et sous-produits aquacoles, marins et continentaux (inspection, autorisation et exportation)

    Cette Loi est également mise en vigueur par la Division des services vétérinaires. Elle réglemente l'exportation des produits et des sous-produits de la pêche de la Jamaïque. Toutes les unités de traitement basées à terre et en mer requièrent des permis. Un certificat sanitaire d'exportation est exigé pour l'exportation de tels produits.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    La recherche appliquée en aquaculture est entreprise depuis les années 50. La recherche semble être dictée par les besoins de l'industrie. Cependant, aucun corps n'établit les priorités de la recherche. Actuellement très peu d'organismes et d’établissements sont impliqués dans la recherche, l'éducation et la formation appliquées dans le domaine de l’aquaculture. Les principaux organismes sont la Division des pêches, le Conseil de la recherche scientifique, l'Université des Indes occidentales et l'Université de l'agriculture, la science et l'éducation et en fin le secteur privé représenté par la société Aquaculture Jamaica Ltd, qui est une importante compagnie impliquée dans l’aquaculture jamaïcaine.

    La Division des pêches par le biais de la Direction de l'aquaculture (Unité des pêches continentales) a fait de la recherche appliquée et de la formation en aquaculture depuis sa création. Cependant, la plupart de ces activités ont dû être écourtées faute des ressources satisfaisantes.

    L'Université des Indes occidentales a offert, depuis 1984, en année finale, un cours de six semaines en aquaculture. Ce cours est maintenant combiné avec la pêche et il est intitulé «Technologies des pêches et de l'aquaculture». Au cours de l'année universitaire 2005/2006, l'Université des Indes occidentales a introduit un nouveau MSc. Programme dans la biologie côtière, marine et d'estuaire duquel l’aquaculture et la mariculture font partie, à travers le Département des sciences de la vie.

    Le Département des sciences de la vie gère également un laboratoire marin à Port Royal, Kingston Jamaica. La recherche menée par ce service porte principalement sur la mariculture par exemple la mariculture des coraux, des oursins de mer, des hippocampes et la culture d’algues pour l'alimentation de la crevette pénéide. La recherche appliquée dans le Département des sciences de la vie relative à l’élevage du tilapia a, en grande partie, porté sur l'acclimatation du tilapia hybride rouge dans les cages en mer, les variations de la densité de mise en charge et les effets sur les taux de croissance et la digestion de protéine (Aiken 2002).

    Aquaculture Jamaica Limited entreprend fréquemment de la recherche en aquaculture. Dans sa recherche elle s’est concentrée sur l’amélioration de la conversion alimentaire et la croissance, l'uniformité de la qualité de l'eau, la génétique et les tendances du marché (Aiken 2002).

    L'Université de la Science et de la technologie agricoles dispense des matières en aquaculture dans son programme de Science naturelle et celui de l'agriculture. Ceci entre dans le cadre d’un choix dans ses programmes associés du diplôme scientifique en Agriculture générale et sciences naturelles et comme choix dans son programme de diplôme d'agriculture.

    La plupart des établissements ne semblent pas pratiquer leur recherche dans les fermes participatives. Cependant, Aquaculture Jamaica Ltd. fait ses recherches avec ses fermiers sous contrat. La compagnie ainsi que les fermiers bénéficient des résultats des recherches.

    Peu d'écoles techniques offrent une formation en aquaculture. La plupart des programmes en aquaculture ont été interrompus à cause des ressources de gestion insuffisantes.
    Tendances, questions et développement
    Actuellement, la Division des pêches est en train d’élaborer une législation et une politique préliminaires qui régiront le développement et assureront la gestion de la pêche et de l'aquaculture de la Jamaïque. La politique sera axée sur les sujets tels que l'établissement, l'entretien et le développement d'un cadre juridique et administratif adéquat qui facilitera le développement de l'aquaculture responsable, et favorisera le développement et la gestion responsables de l'aquaculture, y compris une évaluation préalable des effets du développement aquacole sur la diversité génétique et l'intégrité de l'écosystème, basés sur la meilleure information scientifique fiable disponible.

    Dans certaines des stratégies à adopter :
    • Le gouvernement doit chercher à mieux contrôler les activités aquacoles par le développement des stratégies et des plans d'aquaculture.
    • Etablir un système d'enregistrement et d’octroi de licences pour les activités aquacoles.
    • Encourager et stimuler la participation active des aquaculteurs, de leurs communautés et des organismes environnementaux dans le développement des procédures de gestion responsable de l'aquaculture.
    • Contrôler les impacts des intrants utilisés en aquaculture.
    • Développer des systèmes de gestion de l'information pour l'aquaculture.
    • Elaborer des normes locales pour les exploitations piscicoles et inciter à l’adoption des meilleures pratiques en matière d'aquaculture.
    • Répartir les zones de terres pour des programmes de développement de l'aquaculture, et prendre les mesures nécessaires pour l’approvisionnement adéquat en eau.
    • Promouvoir la production aquacole consciente de la nécessité de la conservation de la diversité génétique et de la préservation de l'intégrité des communautés et des écosystèmes aquatiques par la gestion convenable.
    • Soutenir la recherche dans le domaine de l'aquaculture par exemple la nutrition et le développement des aliments appropriés.
    • Promouvoir la sécurité alimentaire.
    • Encouragez les pêcheurs à s’impliquer dans l'aquaculture.
    • valoriser la mariculture.
    • Accroître la production du stock de semences c.-à-d. les alevins et les fingerlings.
    • Elaborer des mécanismes d’allégement des désastres pour les pisciculteurs.
    • Stimuler la production des produits à valeur ajoutée à travers la présentation des encouragements appropriés.
    • Inciter les personnes à s’engager dans la commercialisation des poissons d’élevage surtout au niveau local.
    • Développer une commercialisation plus organisée des poissons et des produits aquacoles.
    • Perfectionner un cadre institutionnel pour la gestion et le développement du secteur de la pêche.
    • Améliorer la recherche et la collecte de données.

    La revision de la législation régissant la pêche notamment l'aquaculture va inclure les mesures suivantes:
    • Le développement des programmes de gestion de l'aquaculture en vue d’assurer une gestion et un développement adéquats de l'aquaculture jamaïcaine.
    • La déclaration de l’aménagement des zones aquacoles réservées uniquement aux activités aquacoles. Des zones tampon seront définies pour s'assurer qu'aucune activité susceptible de porter préjudice à l'aquaculture ne sera exercée à proximité des exploitations aquacoles.
    • Un permis sera requis pour les exploitations aquacoles. Des modalités accompagneront ces permis afin d'appliquer le règlement se rapportant à l'aquaculture, la gestion de la pêche, la lutte contre la pollution et la contribution économique de l'activité entreprise au pays.
    • L'Autorité responsable des licences et de gestion a le droit d’annuler un permis et d'imposer des sanctions aux personnes ou aux entités qui violent les dispositions du permis.
    • De même, la Loi cherchera à instaurer un contrôle efficace des importations des poissons en Jamaïque. Toutes les importations des poissons exigeront un permis d'importation accompagné d'un certificat sanitaire/phytosanitaire. Des mesures sont également prises pour la protection des eaux de pêche contre la libération ou l'introduction délibérée de nouvelles espèces.

    D'autres initiatives sont prises à savoir l’évidente diversification de l'aquaculture en Jamaïque avec l'introduction de la culture de la crevette pénéide dans les années 90 et la valorisation de l’élevage et la production des poissons ornementaux.

    Une demande croissante des produits de la pêche garantie un marché prêt pour recevoir les produits aquacoles. Cependant, les producteurs locaux souffrent de la concurrence des producteurs étrangers qui produisent à un coût inférieur. Il est nécessaire d'améliorer l’efficacité des fermiers en vue de faire face à la compétitivité du poisson importé dans l'île.

    En termes de recherche et de production il est prioritaire de continuer la recherche pour améliorer les taux de croissance et le contrôle des traits de production par la manipulation génétique et l’instauration des programmes de reproduction orientée. Il est essentiel d’élaborer des aliments améliorés, un meilleur contrôle et suivi des paramètres de production, un traitement efficace des récoltes et un emballage des produits, une diversification de la présentation des produits et de procéder à la réduction des coûts de production.
    Références
    Bibliographie

    Aiken, K.A. et al. 2002. Aquaculture in Jamaica, Naga, World Fish Centre Quarterly (Vol. 25, Nos. 3 and 4) . July – Dec. 2002.

    Carberry, J and F.C. Hanley. 1997. Commercial Intensive Tilapia Culture in Jamaica p. 64-67. In D.E. Allston, B.W. Green and H.C. Clifford (eds.). The Fourth Symposium on Aquaculture in Central America: Focusing on Shrimp and Tilapia, 22 – 24 April 1997, Tegucigalpa, Honduras. Associacion Nacional de Acuicultores de Honduras and the Latin American Chapter of the World Aquaculture Society.

    Ferlin, P and P. Noriega-Curtis. 1989. A Regional Survey of the Aquaculture Sector in the Caribbean. United Nations Development Program, Food and Agriculture Organization of the United Nations Rome, 1989.

    Halcrow, Sir William and Partners Ltd. 1998. Multi sector Preinvestment Program South Coast Sustainable Development Study Technical Supplement, Aquaculture September 1998.

    Van Riel, Wesley B. 2205. Economic Study of the Jamaican Fishing Industry. Draft Report. January 2005.
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