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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’aquaculture en eau douce est pratiquée au Liban depuis les années 1930 (El-Zein, 1997). La truite arc-en-ciel (Onchorhyncus mykiss), élevée dans des systèmes semi-intensifs introduits en 1958, représente plus de 90 lpour cent de la production aquacole. On compte à l’heure actuelle 150 exploitations piscicoles. Des initiatives privées ont plus récemment expérimenté l’élevage de tilapia.
    L’aquaculture est principalement pratiquée dans les gouvernorats de la Bekaa, d’Akkar et du Sud-Liban.

    En 1960, le ministère de l’Agriculture a mis en place le Centre aquacole d’Anjar (Bekaa) pour développer ce secteur. Ce centre a démarré comme écloserie. Sa production d’alevins de truite arc-en-ciel était distribuée gratuitement aux pisciculteurs pour encourager l’élevage intensif et semi-intensif de cette espèce.

    Exception faite d’une exploitation de crevette née de l’initiative d’un investisseur privé dans le nord du Liban, la mariculture est inexistante dans le pays. L’Institut océanographique du ministère de l’Agriculture est toutefois en train d’entreprendre une production pilote d’espèces marines.

    Selon les données du ministère de l’Agriculture, la production aquacole s’élevait à 600 tonnes en 2003. Cette même année, la quantité totale de poisson importé, vivant, frais ou congelé (y compris crustacés et mollusques) s’élevait à environ 12 000 tonnes pour une valeur approximative de 30 millions de dollars EU, ce qui souligne l’existence d’un véritable développement potentiel du secteur aquacole.

    La Direction du développement rural et des ressources nationales du ministère de l’Agriculture est responsable du développement de l’aquaculture.

    Différents organismes publics et privés s’occupent de la recherche en aquaculture. Cette dernière reste cependant limitée à cause d’un manque total de coordination. De plus, davantage de ressources financières et humaines seraient nécessaires pour obtenir des données plus détaillées et développer des statistiques complètes et exactes sur le secteur.
    Historique et aperçu général
    L’aquaculture en eau douce s’est développée au Liban à partir des années 1930 (El-Zein, 1997) et un élevage semi-intensif y a été introduit en 1958. La truite arc-en-ciel (Onchorhyncus mykiss) représente plus de 90 lpour cent de la production aquacole libanaise. La production de truite brune (Salmo trutta fario), de tilapia et de certaines espèces de carpes a également été expérimentée. La production de truite s’est particulièrement développée au début des années 1960 quand le ministère de l’Agriculture a créé le Centre aquacole d’Anjar (gouvernorat de la Bekaa). Il s’agissait alors de la première écloserie pour les pays de la région. Ce centre produisait des alevins de truite arc-en-ciel qu’il distribuait gratuitement aux piscicultures pour encourager l’élevage intensif et semi-intensif de cette espèce.

    La plus vielle exploitation piscicole a été créée en 1965 dans le district d’Hermel (Bekaa) alors que la majorité des fermes (environ 41 pour cent) ont été créées au cours de la période
    1985-1990, surtout dans la région d’Anjar et le district d’Hermel. Quelques unes l’ont également été dans le district de Zahle (Bekaa). Environ 11 pour cent des exploitations ont été créées au cours de la période 1991-1994 et 2 pour cent entre 1995 et 1997. Après 1997, 90 nouvelles exploitations ont encore été créées. L’industrie compte aujourd’hui 150 exploitations piscicoles réparties principalement dans le gouvernorat de la Bekaa, le long de l’Oronte, alors que d’autres, plus petites, se trouvent le long de la côte du nord du pays. Ces créations n’ont cependant pas été accompagnées par le développement d’infrastructures appropriées comme des broyeurs de fourrage entre autres.

    Les systèmes de production adoptés sont principalement de type semi-intensif. La production annuelle de truite est en moyenne d’environ 600 tonnes (chiffres du ministère de l’Agriculture). Elle est assurée par 150 fermes dont 80 pour cent se trouvent dans le district d’Hermel, au nord du gouvernorat de la Bekaa, et représente une valeur totale d’environ 2 millions de dollars EU avec un rendement moyen estimé compris entre 10 et 12 tonnes (approximativement 1,5 kg/l/min).

    La mariculture est pratiquement inexistante au Liban. Une exploitation de crevetticulture a cependant récemment été créée dans le district d’Akkar (gouvernorat Nord).

    La production totale de poisson (capture et aquaculture) ne satisfait que 27 pour cent de la consommation locale. L’aquaculture contribue à environ 10 pour cent de la production locale, c’est-à-dire à 3 pour cent de la consommation domestique de poisson.
    Ressources humaines
    On compte environ 150 exploitations piscicoles. Dans la plupart des cas, il s’agit d’affaires familiales. La majorité des pisciculteurs sont propriétaires de leurs raceways et de leurs étangs. L’âge moyen des producteurs est de 40 ans et ces derniers ont un niveau d’éducation secondaire. Ils emploient le plus souvent des travailleurs à plein temps qui s’occupent des activités quotidiennes de l’exploitation.

    Les principaux exploitants de la Bekaa sont organisés en quatre grands groupes : la Coopérative d’aquaculture et de commercialisation du poisson à Baalbeck, la Coopérative d’aquaculture et de commercialisation du poisson d’Anjar et les deux Coopératives d’aquaculture et de commercialisation du poisson du bassin de l’Oronte à Hermel.
    Une trentaine de propriétaires de restaurants investissent aussi dans leurs propres entreprises aquacoles et dépendent de ces dernières pour leur activité.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Le Liban compte 15 petites rivières permanentes. Seul l’Oronte (Nahr el-‘Assi) est un fleuve relativement long (571 km). Trois rivières (l’Oronte, dont 46 km coule sur le territoire libanais, le Litani, long de 160 km, et l’Hasbani, long de 21 km) se trouvent dans les plaines intérieures encadrées par le mont Liban à l’ouest et l’Anti-Liban à l’est. On peut ainsi repérer cinq régions hydrographiques où l’aquaculture est pratiquée:

    Région Nom Localisation/gouvernorat
    I Bassin versant de l’Oronte Bekaa/Bekaa
    II Littoral nord Nord/Liban-Nord
    III Bassin versant du Litani Bekaa/Sud-Liban
    IV Littoral central et sud centre/Mont-Liban, Sud-Liban et Nabatieh
    V Bassin versant de l’Hasbani Sud/Nabatieh

    On compte environ 150 exploitations truiticoles au Liban. Ces dernières peuvent être groupées dans quatre régions différentes suivant la provenance de l’eau utilisée. Elles se concentrent dans quatre régions du gouvernorat de la Bekaa: Zahle – Qaa El-Rim (dans le district de Zahle), Anjar (district de la Bekaa-Ouest), Yammouneh (dans le district de Baalbeck) et Hermel (dans le district d’Hermel). Le reste est distribué dans les gouvernorats de la Bekaa (principalement dans les districts de Baalbeck et de la Bekaa ouest) et du Nord, dans différents lieux hydrologiques isolés. La production annuelle de truite arc-en-ciel s’élève en moyenne à environ 600 tonnes (d’après les statistiques de la FAO, elle était d’environ 700 tonnes en 2002 et 2003).

    La plupart des exploitations sont familiales et artisanales. Elles sont d’une taille réduite ou moyenne. On constate en effet que 47 pour cent des exploitations piscicoles peuvent être classées comme petites (superficie inférieure à 500 m²), 38 pour cent comme moyennes (de 501 à 1500 m²) et 15 pour cent comme grandes (plus de 1500 m²).

    En ce qui concerne les caractéristiques physicochimiques des eaux de la Bekaa, l’environnement hydrique y offre des conditions très favorables pour la truiticulture avec un pH compris entre 7 et 8,2, des température comprises entre 8 et 17 ºC et un débit de l’eau satisfaisant.
    Espèces cultivées
    La faune et la flore d’eau douce du Liban comptent 987 espèces (Al-Zein, 1997), parmi elles, vingt-cinq espèces de poissons appartiennent à différentes familles : Cyprinidae, Cyprinodontidae, Cobitidae, Salmonidae, Anguillidae, Cichlidae, Mugilidae, Puciliidae, Blenniidae.

    D’autres espèces ont été introduites. Il s’agit notamment des espèces de la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), de la truite commune (Salmo trutta fario), de l’omble de fontaine (Salvelinus fontinalis), de la carpe commune (Cyprinus carpio), de la gambusie (Gambusia affinis), de la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix), du vivaneau des mangroves (Lutjanus argentimaculatus), de la méduse (Rhopilema nomadica), du thazard rayé indo-pacifique (Scomberomorus commerson) et de la bécune obtuse (Sphyraena obtusata). Certaines espèces ont été introduites en provenance d’autres pays et régions comme la mer Rouge (Rhopilema nomadica, Scomberomorus commerson). D’autres l’on été pour la pêche sportive en plus de l’aquaculture (Salvelinus fontinalis). D’autres encore l’ont été pour contrôler différents nuisibles comme les escargots (Cyprinus carpio), les moustiques (Gambusia affinis) et les algues (Hypophthalmichthys molitrix). Un aperçu général de certaines de ces espèces piscicoles introduites est proposé ci-dessous:

    Espèce Nom commun Raison de l’introduction Situation
    Gambusia affinis gambusie Contrôle des moustiques Implanté grâce à la reproduction naturelle
    Cyprinus carpio carpe commune Contrôle des escargots, recherche et aquaculture Implanté grâce à la reproduction naturelle
    Hypophthalmichthys molitrix carpe argentée Aquaculture et contrôle des algues Implanté grâce à un réempoissonnement continu
    Lutjanus argentimaculatus vivaneau des mangroves Diffusé en provenance d’autres pays Pas implanté
    Oncorhynchus mykiss truite arc-en-ciel Aquaculture (introduite du Danemark en 1960) Pas implanté et assisté/reproduction artificielle
    Rhopilema nomadica méduse Diffusé en provenance d’autres pays (Mer Rouge en 1980) Implanté grâce à la reproduction naturelle
    Salvelinus fontinalis omble de fontaine Pêche sportive et aquaculture Pas implanté
    Scomberomorus commerson thazard rayé indo-pacifique Diffusé en provenance d’autres pays (Mer Rouge) Implanté
    Sphyraena obtusata bécune obtuse Diffusé en provenance d’autres pays Implanté
    Source: Base de données sur les introductions d’espèces aquatiques (DIAS - FAO)

    Aquaculture en eau douce

    Les espèces de truite élevées sont la truite brune et la truite arc-en-ciel. La truite brune (Salmo trutta fario) a été identifiée au Liban en 1930 comme espèce indigène de l’Oronte (nord du gouvernorat de la Bekaa). Elle a été introduite dans d’autres régions à partir de 1962. Elle a désormais pratiquement disparu à cause de la pêche illégale. Cette espèce peut supporter des températures de l’eau supérieures à 20 °C et atteindre une longueur comprise entre 30 et 60 cm ainsi qu’un poids de 2 à 8 kg. Un poisson d’un poids record de 35 kg a même été observé (il y a plus de 30 ans). La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) a été introduite au Liban en 1958 en provenance de Syrie. Cette espèce se caractérise par un taux de croissance rapide qui peut atteindre 2 kg/an dans les plans d’eau naturels. Elle est adoptée par l’aquaculture libanaise.

    En ce qui concerne les besoins en équipements, la truite est cultivée dans des zones où la fourniture en eau de très bonne qualité est disponible tout au long de l’année. De nombreuses exploitations et écloseries utilisent des sources, des torrents ou des ruisseaux pour leur approvisionnement. La production de poissons destinés à la consommation humaine nécessite de grandes quantités d’eau: au moins 2 à 8 m³/minute sont en effet nécessaires selon la taille de l’activité. La quantité d’œufs récoltés s’élève à 0,5 l/1 000 oeufs. Un mois plus tard, le frai produit s’élève à 1 l/1 000 oeufs.

    Le flux de l’eau augmente alors d’un litre par mois jusqu’à 12 l/1 000 oeufs à l’âge de 12 mois. De grandes quantités d’eau d’excellente qualité sont ainsi nécessaires pour une écloserie commerciale de truites. L’oxygène dissous, la température, les éléments solides en suspension, les gaz dissous, le pH, les contenus minéraux, la dureté et l’alcalinité de l’eau constituent les caractéristiques essentielles de la truiticulture. Les eaux libanaises sont essentiellement calcaires et appropriées pour la truiticulture. La température de l’eau est généralement le facteur le plus important. Elle affecte en effet la survie, la croissance de la production des œufs. Les écloseries truiticoles doivent donc disposer d’un approvisionnement hydrique approprié de grande qualité dont la température est comprise entre 11 et 16 °C, avec un maximum de 20 °C, et un taux d’oxygène élevé indispensable pour cette espèce. Ce dernier ne doit jamais être inférieur à 5 parts par million (ppm) dans les affluents des écloseries. En règle générale, les concentrations d’oxygène dissous de l’eau entrante doivent être supérieures à 90 pour cent de saturation. Une concentration d’oxygène de 6 à 9 mg/l est nécessaire. Une aération appropriée de l’eau entrante et un contrôle du nombre de poissons élevés dans le système de culture peuvent être adoptés pour régler les problèmes d’un faible taux d’oxygène. De petites chutes d’eau (de 10 cm de haut) ont ainsi fait leurs preuves au Liban.

    La seconde espèce de poisson la plus cultivée aujourd’hui au Liban est le tilapia. Trois exploitations l’élèvent à des fins commerciales. L’une d’entre elles pratique une production intensive. Le tilapia (Oreochromis niloticus) a été introduit au Liban en 1965. Il a été sélectionné localement puis distribué aux petits exploitants, aux petits fermiers (étangs de 50 m²) et introduit dans les rivières littorales. Introduit avec succès dans différentes régions, il est devenu abondant dans la Qasmeih (Sud-Liban). Il a disparu en 1975. En 2000, le ministère de l’Agriculture a lancé un appel d’offres pour la construction d’une écloserie et de structures d’élevage de tilapia ainsi que d’autres poissons d’eau douce chaude. Le secteur privé a réagi plus vite que le gouvernement et une petite exploitation, la ferme piscicole Hadath, a été créée à proximité du site du ministère de l’Agriculture. La recirculation d’eau, les biofiltres, la désinfection par UV et les serres comptent parmi les nouvelles technologies introduites au Liban et employées dans la ferme Hadath.

    L’un des plus grands défis que l’élevage de tilapia ait à affronter au Liban est d’ordre climatique. Les températures de l’eau y sont inférieures à la température idéale pour cette espèce. Le tilapia est en effet une espèce tropicale qui grossit peu quand la température de l’eau chute en dessous des 25 °C. Pour résoudre ce problème, la ferme piscicole Hadath est célèbre pour son recyclage de plus de 98 pour cent de ses eaux. Ces dernières sont ainsi maintenues « longtemps sur place », ce qui permet à l’énergie solaire « gratuite » de chauffer les réservoirs d’eau dans des serres en plastique en forme de tunnels (du même type que celles utilisées pour la production vivrière au Liban). Cette technologie est appelée IFF “ONE TANK" Fish Farming System.

    Les autres espèces produites dans l’aquaculture en eau douce sont la carpe commune, la carpe à grosse tête, la carpe argentée, la carpe herbivore et la carpe cuir. Ces espèces sont élevées dans des étangs d’exploitations truiticoles. Les ventes restent faibles et essentiellement destinées à la Syrie. Quelques exploitations cultivent aussi le poisson-chat (Clarias spp.) dans certains de leurs étangs.

    Aquaculture marine
    Environ 1 685 espèces sont recensées dans l’écosystème marin du Liban. On ne compte qu’une structure aquacole d’eau de mer dans le pays. Il s’agit d’une exploitation de crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) à Abdeh, une ville située dans le nord du pays.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Exploitations truiticoles

    Pratiquement toutes les exploitations truiticoles ont recours à un système intensif. Il s’agit dans la majorité des cas d’affaires familiales et artisanales. Les pisciculteurs élèvent le poisson jusqu’à une taille commerciale dans des raceways à écoulement continu ou des étangs en béton. L’eau est aérée en s’écoulant entre de petites terrasses. Les raceways et les étangs utilisés sont en terre ou en béton et leur taille dépend de la qualité de l’eau. Rectangulaire dans la grande majorité, (2-3x10-20x0,5-1,5 m), ils sont parfois circulaires (5-6x 0,65-1,3 m) comme on peut le constater dans deux exploitations du district d’Hermel. Le rendement moyen le plus fréquent s’élève à 30 kg/m2 mais des rendements atteignant 40 à 50 kg/m2 ont pu être observés. Les raceways de 3x12 m produisent une tonne de poisson par an à Baaklin (à 450 m d’altitude), ceux de 2,5x11x(0,6-1,5) m 40 kg/m2 (très intensif) à Barouk (à 1000 m d’altitude). En ce qui concerne les pratiques alimentaires, l’indice de conversion doit être régulièrement contrôlé. Des indices de conversion (IC) compris entre 1,0 et 2,0 sont généralement acceptables. Si l’indice de conversion varie de façon significative, le régime alimentaire doit être ajusté en conséquence. De plus, un changement de l’indice de conversion peut aussi être le signe d’une maladie ou de problèmes de stress avant que des signes physiques n’apparaissent. Soixante pour cent des étangs sont disposés en chapelet, 33 pour cent en parallèle et le reste en zigzag. Les étangs peuvent aussi être taillés ou surélevés de façon à former une succession de cascades et permettre un flux continu de l’eau. La structure des étangs dépend du choix des exploitants et de la nature du sol. La majorité des étangs sont en béton alors que quelques uns sont en terre et en béton.

    En ce qui concerne la gestion de la santé des poissons, la désinfection des raceways est réalisée par le soleil, du carbonate de calcium CaCO3 (25 pour cent), du permanganate de potassium et du sulfate de cuivre CuSO4. Une bonne gestion signifie fournir un environnement sain qui réduit le stress et satisfait les exigences nutritionnelles. De nombreuses maladies peuvent être prévenues tant que le niveau de stress est maintenu au minimum. Les virus, les bactéries, les moisissures, les protozoaires et de nombreux animaux invertébrés peuvent provoquer des maladies chez les poissons. Ces agents pathologiques peuvent être présents dans l’eau fournie sans causer de problèmes graves tant que le poisson n’est pas stressé par une mauvaise qualité de l’eau ou le surpeuplement. La mauvaise qualité des aliments ou le caractère périmé de ces derniers peut aussi être à l’origine de maladies. Au Liban, les problèmes suivants ont été observés: troubles physiologiques (stress), maladies psychologiques (morsure des nageoires), parasites externes (Gyrodactylus, Trematodes, Copepodes, Glochidie, Protozoa, Costiase, Chilodon, Trichodina, Tuberculosis, nécroses, maladie de la queue, pourrissement de la queue et des branchies), parasites internes (Nematodes, Cestodes, Trematodes), protozoaire (Amoebae), maladies bactériennes (Furunculosis, Streptococcusis), maladies fongiques (oïdium, cécité).

    Dans l’exploitation crevetticole, les crevettes sont mises en charge dans des étangs traditionnels de 0,2 ha environ avec de l’eau de mer et équipés d’aérateurs à palettes. Les échanges d’eau doivent respecter les besoins en la matière. En 2003, cette exploitation a importé une nouvelle espèce de Floride mais le taux de survie n’a pas dépassé 20 pour cent. L’expérience a de nouveau été tentée en 2004 avec cette fois des importations de Malaisie. Le directeur de l’exploitation rapporte que les crevettes vivantes d’un poids de 20 g sont vendues 12 dollars EU le kilogramme.
    Performance du secteur
    Production
    Au cours des années 2002 et 2003, selon le ministère de l’Agriculture, la production annuelle moyenne de truite avoisinait les 600 tonnes, ce qui correspond à une valeur d’environ 2 millions de dollars EU. De tels résultats sont assez éloignés du potentiel de production qui, étant donné les bonnes conditions réunies au Liban pour la truiticulture, pourrait atteindre entre 3 000 et 4 000 tonnes d’après les études, si l’activité était correctement développée.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Liban (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Liban (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Les truites de taille moyenne sont vendues vivantes aux restaurants qui disposent de leurs propres bassins en béton pour les conserver. Les produits à forte valeur ajoutée manquent encore sur le marché libanais. Certains exploitants vendent leurs produits aux supermarchés mais la grande majorité se contente de vendre le poisson à l’exploitation même ou dans leurs propres restaurants. La taille commerciale est comprise entre 250 g et 350 g. Les individus les plus gros (entre 500 g et 1 kg) trouvent également preneur. Pour le moment, aucune certification n’existe.

    Par rapport aux autres pays méditerranéens, la consommation de poisson est encore assez limitée au Liban. Elle s’élève à 4 kg par personne et par an. Les tendances varient d’une région à l’autre. Les habitants des villes et des régions côtières préfèrent le poisson de mer alors que ceux de la Bekaa privilégient la viande bovine et les volailles au poisson. La consommation domestique de poisson est estimée à 25 000 tonnes par an et il s’agit essentiellement de truite.

    D’après le Bureau libanais de la consommation, les importations de poisson vivant, frais ou congelé (y compris de crustacés et de mollusques) ont atteint en 2004 un total d’environ 16 500 tonnes (pour une valeur approximative de 40 millions de dollars EU). Le premier pays fournisseur est la Turquie (17 pour cent des importations totales). Cette dernière est suivie de l’Egypte (9 pour cent), de l’Argentine (7 pour cent), du Royaume-Uni (7 pour cent), de l’Inde (6 pour cent) et d’Oman (5 pour cent).

    Les exportations libanaises de poisson n’ont représenté en 2004 qu’une valeur de 500 000 dollars EU. Les produits préparés en constituaient la plus grosse part. Les principaux marchés pour les crustacés et les mollusques libanais sont la République arabe de Syrie et la Jordanie. Les produits préparés prennent surtout la direction du Burkina Faso, de Centrafrique, du Gabon, du Nigeria et de la République du Congo.
    Contribution à l'économie
    Dans les régions d’Hermel, de Yammouneh et d’Anjar, l’aquaculture représente la seconde activité économique après l’agriculture. Il s’agit d’une activité générant des revenus principalement liés aux restaurants et au tourisme. Les restaurants proposent en général la truite au prix de 10 dollars EU le kilogramme. Les plats et les recettes à base de truite sont considérés comme une spécialité des communautés d’Hermel et d’Anjar. La plupart des Libanais préfèrent le poisson de mer et ne savent encore rien des différentes recettes que l’on peut réaliser avec la truite. Cette dernière est cependant de plus en plus distribuée et commence à être plus familière au consommateur libanais. Ayant un grand potentiel de développement, cette espèce pourrait constituer une source alimentaire supplémentaire si une plus grande production était atteinte. Des stratégies de commercialisation et de promotion doivent donc accompagner ce développement. Ces remarques apparaissent encore plus pertinentes quand on considère les quantités de viande et de poisson importées.

    Plusieurs restaurants, en particulier dans la vallée de la Bekaa, possèdent des raceways. Les clients peuvent ainsi choisir le poisson qui leur est ensuite préparé. Dans les régions d’Hermel et d’Anjar, une soixantaine de restaurants proposent de la truite fraîche à leur menu. Le secteur d’Anjar est particulièrement touristique. Les visiteurs des villages voisins, de Beyrouth ainsi que d’autres villes y viennent pour manger de la truite et profiter de ses paysages ainsi que de ses sites aquatiques.

    Des investissements ont récemment été effectués dans les régions d’Hermel et d’Anjar pour soutenir les activités touristiques. Deux hôtels ont été construits (un dans la zone d’Hermel et un autre dans celle d’Anjar) alors que des restaurants déjà existants ont été agrandis.

    Au Liban, le marché n’est pas sélectif. Le calibrage et le conditionnement du poisson n’ont donc pas une très grande importance et sont souvent négligés. La truite est d’habitude vendue fraîche, entière ou éviscéré. Son prix est compris entre 2 et 3 dollars EU le kilogramme au départ de l’exploitation. Au détail, elle est vendue entre 3 et 5 dollars EU le kilogramme.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le ministère de l’Agriculture est responsable du développement aquacole. La Direction du développement rural et des ressources naturelles de ce ministère émet les licences de pêche. Les infrastructures aquacoles du ministère de l’Agriculture sont résumées ci-après.
    • L’Institut océanographique et halieutique de Batroun se trouve à 53 km au nord de Beyrouth. Cet organisme a été développé par le ministère de l’Agriculture au début des années 1970 et accueille différentes activités liées à la mer. On y trouve notamment une école technique spécialisée dans le secteur de la pêche, un aquarium public, des laboratoires, etc. Le site, d’une superficie de 3 ha, s’articule entre des laboratoires de recherche marine, un block dévolu à l’administration et au logement, un aquarium-musée, une écloserie marine avec des infrastructures d’engraissement et un atelier. Une bonne part des bâtiments a été vandalisée et endommagée au cours des 17 années de guerre. Les laboratoires, les bâtiments administratifs et les logements ont été récemment restaurés et partiellement équipés. L’aquarium-musée nécessite à son tour une restauration et de nouveaux équipements. Un projet pilote d’écloserie maritime et d’infrastructures d’élevage a en outre été construit en 2000. L’équipement en matière de fourniture d’eau et d’aération doit encore être modifié et complété pour pouvoir entrer en activité. L’écloserie et les raceways sont couverts d’une serre (1 000 m2) qui comprend des espaces pour la ponte et la maturation, les algues, les larves, la nurserie et les raceways.
    • Le Centre aquacole Chouaifat se trouve à environ 5 km au sud de Beyrouth. Ce centre comprend une écloserie et des bassins d’engraissement en béton. Il s’agit d’un projet pilote pour l’élevage de tilapia et d’autres espèces piscicoles d’eau douce. Cette structure doit encore être davantage équipée, notamment en matériel et de nouveaux bâtiments doivent être construits.
    • Le Centre Anjar pour l’aquaculture se trouve à 56 km à l’est de Beyrouth dans la vallée de la Bekaa (Plateau central) à 900 m d’altitude. Construit en 1961, il s’agit d’une écloserie et d’une structure d’élevage de truite destinée à produire entre 2 et 3 millions d’alevins par an. En 2004, 1 600 000 œufs ont éclos. Des modifications doivent y être apportées pour garantir l’élevage et l’éclosion d’autres espèces de poisson pour contribuer au réempoissonnement des rivières libanaises avec des espèces indigènes. Le Centre Anjar dispose d’une réserve naturelle de 40 000 m2 dont il supervise et développe la faune et la flore protégées. Ce Centre relâche en outre 200 000 alevins dans les rivières, les sources et les lacs. Il accueille aussi des projets de recherche en association avec l’université libanaise et le Centre national de la recherche marine (CNRM). Un récent projet de recherche a introduit l’écrevisse à pieds rouges (Astacus astacus). Des expériences relatives aux différentes tailles de poisson, à la fertilisation, aux indicateurs hydriques et aux effets négatifs sur la production de truite ont été menées en collaboration avec l’université américaine de Beyrouth.
    Á Hermel, à 140 km à l’est de Beyrouth dans la vallée de la Bekaa (Plateau central) et à environ 650 m d’altitude, une structure pilote très récente a été mise en place pour produire des truites. Le but est de fournir le même service qu’à Anjar pour le secteur d’Hermel.
    Règlements en vigueur
    Le ministère de l’Agriculture n’exige aucune licence particulière pour la création d’exploitations. La création d’exploitations maricoles est cependant règlementée par le ministère de l’Environnement qui exige une étude évaluant l’impact environnemental. Le lancement de telles entreprises est aussi sujet au contrôle des autorités locales qui leur accordent des licences d’exploitation. Ces règlementations sont sous le contrôle du ministère de l’agriculture.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les institutions de recherche aquacole sont aussi bien privées que publiques. Elles sont réparties comme suit:
    • Le Centre aquacole d’Anjar qui mène des projets de recherche aquacole relatifs à la truiticulture et au transfert de technologie.
    • Le Centre national de la recherche marine (CNRM) du Conseil national de la recherche scientifique (CNRS), institution publique de recherche responsable de la recherche maricole.
    • L’université américaine de Beyrouth dont les activités de recherche se concentrent sur les sigans (Siganus spp.), le sar commun (Diplodus sargus) et le mérou (Epinephelus spp.), ainsi que sur les bénéfices en termes de santé de la consommation de poisson et sur une technologie à double usage en matière d’eau dans les régions semi-arides.
    • L’université du Liban (l’université nationale) qui mène la recherche en collaboration avec le CNRM et le Centre aquacole d’Anjar.
    • L’université Balamand qui planifie la construction d’une structure de recherche permettant des mener des études en mariculture.
    • L’Institut océanographique et halieutique de Batroun dans le gouvernorat Nord.

    La collaboration entre les institutions est assez limitée mais les chercheurs y remédient eux-mêmes en tentant de développer une initiative aquacole commune pour le Liban. Alors que le Centre aquacole d’Anjar est en train d’essayer de répandre de nouvelles technologies et les conclusions de ses dernières études aux éleveurs, beaucoup doit encore être réalisé quant à la diffusion de l’information, à la formation et au transfert technologique.
    Tendances, questions et développement
    La production et la productivité aquacoles peuvent encore augmenter au Liban grâce à la disponibilité et à la qualité des eaux du pays ainsi qu’aux conditions d’élevage favorables. Exception faite du Maroc, le Liban est le seul pays arabe engagé dans la truiticulture.

    Les pratiques et les technologies d’élevage utilisées doivent être améliorées. Des investissements sont nécessaires pour développer le secteur avec les d’infrastructures appropriées. La recherche doit améliorer l’indice de conversion, la gestion sanitaire et les techniques d’élevage de plusieurs espèces. Ces espèces envisagées pour développer l’aquaculture sont les suivantes:
    • Bar commun (Dicentrarchus labrax), cages sur le littoral et immergées en mer ouverte.
    • Dorade royale (Sparus Aurata), cages sur le littoral et immergées en mer ouverte.
    • Vivaneau rouge (Chrysophrys spp.).
    • Crevette tigrée verte (Penaeus semisulcatus).
    • Crevette kuruma (Penaeus japonicus).
    • Chimères (Siganus spp).
    • Truites (Salmo spp).
    • Carpes (Hypophthalmichthys spp).
    • Poisson-chat (Silurus glanis).

    La législation et les règlementations relatives à la production aquacole et à la création d’entreprises ainsi que les effets sur l’environnement doivent être développées et renforcées. Des statistiques complètes et précises au sujet du secteur sont aussi nécessaires.

    Le manque de fonds et le manque de ressources humaines constituent les deux facteurs qui limitent encore le développement du secteur.
    Références
    Bibliographie
    Darwish, S. and Malti, P. La salmoniculture a la Bekaa. Thesis paper: ESIAM (Ecole Superieur d’ingenieurs d’Agronomie).

    El Zein, G. 1997. Development Actuel de la peche et l’aquaculture au Liban. La pisciculture Francaise d’eau vive et d’etang saumatre et marine. Numero 130 – 4eme trimestre 1997 revue trimestrielle – 80F, pp. 13-27.

    EL Zein, G. and AL Hawi, I. 2004. Essai de l'introduction d'une nouvelle espèce, Astacus astacus L., écrevisse (crayfish) au Liban, étude de son adaptation et possibilités de son élevage. L'Astaciculteur de France, No 79, pp. 2-9.

    El Zein, G., Malti, P, and Darwish, S. 1997. Etude de Quelques parameters Pysico-Chimiques et Biologiques de l’Eau des Stations Piscicoles a la Bekaa. Lebanese Science Bullettin volume 10 number 4 1997, pp. 3-20.

    Hamze, M. & Abul Khoudoud, A. 2001. Development and Agro-food ) Policies in the Mediterranean Region: Lebanon Country Report. CIHEAM

    Majdaleinei, S. 2004. Aquaculture sector in Lebanon. An internal document in the Department of Fisheries and Wild Life –MOA.
    Liens utiles

    Higher Customs Council, Ministry of Finance

    Ministry of Agriculture home page
     
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