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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    A la Libye, l'aquaculture est une activité récente. Elle a commencé, durant les années 70, par la culture de certaines espèces de poissons d'eau douce, cependant, elle n’a pas connu un succès immédiat en raison de la non appréciation des produits d’élevage par les consommateurs locaux. Encouragée par plusieurs initiatives gouvernementales, l’élevage des espèces de poissons marins a suivi une décennie plus tard.

    Le développement de la mariculture a été lent et la production était limitée, principalement à cause du manque de connaissance technique et d’expérience en matière de gestion de la production. Plus récemment, un certain nombre d'investisseurs privés se sont intéressés au secteur, en dépit de leur connaissance et expérience limitées, ils ont réalisé des résultats prometteurs grâce, également, à l'appui du personnel du Centre de Recherche en Biologie Marine de Tajura.

    Il est prévu qu'avec la bonne gestion et les mesures réglementaires, l'industrie aquacole prospère dans le pays. Les conditions climatiques favorables, la disponibilité des eaux propres et des sources d’énergie bon marché devraient toutes contribuer à un tel développement.
    Historique et aperçu général
    La Libye, n'a pas une longue histoire en matière d'aquaculture. Le secteur a commencé par l’élevage d’une variété d'espèces de poissons d'eau douce au début des années 70. En raison des ressources limitées d'eau douce, les barrages et les petits lacs ont été exploités dans l’élevage semi-intensif de plusieurs espèces de carpes importées de Chine (carpes commune, herbivore, à grosse tête et argentée) et du poisson-chat. Les essais d’élevage ont été couronnés de succès avec de bons taux de croissance obtenus chez la plupart des espèces. Néanmoins, la pisciculture d'eau douce n'était pas établie en raison de la faible appréciation des poissons par les consommateurs locaux.

    Au début des années 90, le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) a été introduit dans le pays. Cette espèce a été bien acceptée sur le marché local en raison de son aspect et de son goût et par conséquent, la production a augmenté rapidement grâce à l’utilisation de l'eau d'irrigation de l'agriculture.

    La mariculture a commencé au début des années 90 par l'établissement, à Ein Elgazala, d'une ferme commanditée par le gouvernement. Les juvéniles sauvages du bar européen (Dicentrarchus labrax), de la dorade royale (Sparus aurata) et du mulet (Mugil spp.) ont été collectés et mis en élevage dans de petites cages dans la lagune d'Ein Elgazala.

    La production globale demeurait très limitée, entre 30-40 tonnes, jusqu'à la fin des années 90 quand de nouvelles fermes ont été créées et les fingerlings de bar européen et de dorade royale, importés par le gouvernement, sont devenus disponibles pour le secteur privé à des prix subventionnés. En 2004, la production totale des deux espèces a atteint 231 tonnes.

    L'élevage du thon rouge de l'Atlantique (Thunnus thynnus thynnus) a été entamé en 2003 par deux entreprises privées qui ont produit approximativement 350 tonnes en 2003 et 150 tonnes en 2004.
    Ressources humaines
    Aucune donnée historique n'est disponible, toutefois, le nombre de personnes actuellement impliquées dans le secteur est d’environ 140 employés à plein temps; cette information est tirée d'une étude effectuée par le Centre de Recherche en Biologie Marine en 2004. Ceci inclut un certain nombre de spécialistes travaillant dans les écloseries. Actuellement, les hommes constituent la majorité du personnel impliqué dans le secteur de l'aquaculture. Les seules femmes travaillant dans le domaine se trouvent au centre de recherches le Centre de Recherche en Biologie Marine. Avec la création du Département de l'Aquaculture à la Faculté de l'Agriculture de la plus grande université à Tripoli (Université d'Alfateh), en 1996, la formation du personnel est devenue possible.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Les exploitations piscicoles et les écloseries des poissons d'eau douce et marins sont réparties le long de la côte du pays. Des fermes de poissons d'eau douce (tilapia) utilisant l'eau d'irrigation des fermes agricoles sont largement répandues le long de la côte dans des zones rurales ainsi que dans le sud de la Libye. Certains projets gouvernementaux d'agriculture sont également exploités dans l’élevage des poissons d'eau douce.
    Espèces cultivées
    L’élevage des poissons marins

    Les principales espèces marines cultivées dans un but commercial dans la Libye, sont la dorade royale (Sparus aurata), le bar européen (Dicentrarchus labrax), et le thon rouge de l'Atlantique (Thunnus thynnus thynnus). Toutes les espèces mises en élevage sont indigènes à la Méditerranée.

    L’élevage des poissons d'eau douce

    Les espèces de poissons d'eau douce cultivées incluent plusieurs espèces de carpes: la carpe commune (Cyprinus carpio), la carpe à grosse tête (Hypophthalmichthys nobilis), la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix) et la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus) et le poisson-chat. Les carpes ont été, à l'origine, mises en élevage dans les réservoirs et les petits lacs, cependant, cette pratique d’élevage a cessé en 1992 et le stock existant a été abandonné pour survivre des ressources de nourriture naturelles.

    Le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) et le tilapia rouge (Tilapia sp.) sont les poissons cultivés d'eau douce les plus importants et ils sont largement distribués dans les étangs d'irrigation dans les fermes agricoles le long de la côte, et dans les zones rurales et méridionales du pays. En raison de leurs bons taux de croissance, de leur reproduction facile et de leur grande tolérance aux facteurs environnementaux, une immense ferme a été développée dans le sud du pays. La ferme se compose d'une vaste écloserie et de 78 bassins en béton.

    La Libye n'a aucune espèce d'eau douce endémique, elles ont toutes été introduites au cours des années 70 et 90.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Ecloseries

    Les écloseries marines existantes sont des systèmes fermés et utilisent des filtres biologiques, des filtres de sable et des systèmes UV. En outre, l'intensité de la lumière et la température est également contrôlée permettant ainsi de produire des alevins en dehors de la saison du frai et de surpasser les restrictions imposées par les cycles du frai naturel. Ce système permet l'élevage des poissons durant toute l'année et encourage ainsi les pisciculteurs à tirer profit lors de la hausse des prix sur le marché.

    Systèmes basés à terre

    La production intensive basée à terre est entreprise dans des étangs en béton. La matière première pour la construction des étangs est disponible localement; il existe le long du littoral non pollué avec des conditions climatiques et environnementales favorables, des zones vastes qui peuvent être exploitées. Les trous d'alésage permettent l'accès à l'eau souterraine.

    Systèmes de cage

    Les cages dominent souvent dans la région côtière orientale du pays en raison de la disponibilité des zones protégées le long de la côte. De même, quelques cages en mer ouverte sont opérationnelles dans différents endroits le long de la côte.

    Performance du secteur
    Production
    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Libye (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Libye (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Jusqu'à ce jour, il n’y a pas de marché local pour les produits aquacoles et la consommation par personne est très faible. En conséquence les fermiers préfèrent exporter la totalité de leur production. Les principaux produits aquacoles: le bar européen et la dorade royale pesant entre 350-500 g, sont glacés et exportés frais principalement vers la Tunisie et l'Egypte. Les poissons exportés tendent à être vendus directement par le pisciculteur aux acheteurs tunisiens locaux.

    Le prix actuel du bar et de la dorade, à la porte de l'exploitation, varie entre 4-6 $EU, alors que le prix du tilapia est environ 2 ou 3 $EU. La totalité du thon rouge du nord produite est exportée, toutefois aucune donnée n'est disponible quant au prix des poissons cultivés. Le tilapia est consommé localement et vendu frais directement par le fermier au consommateur. La taille varie entre 0,5-1 kg.

    L'étiquetage et la certification des produits aquacoles n'existent pas à la Libye.
    Contribution à l'économie
    Actuellement, la contribution de l'aquaculture à l'économie est dérisoire.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le Ministère des ressources marines (Marine Wealth Ministry)établi en 1988 pour la gestion du secteur aquacole, est transformé en une autorité indépendante de l'aquaculture qui, alternativement, a été remplacée en 2001 par l'Institut national pour l’investissement maritime (National Marine Investment Institute). Au sein de cet institut une nouvelle administration, appelée Administration pour le développement de l'aquaculture (Aquaculture Development Administration), a été créée en 2005.

    Le plus important établissement technique chargé de l'aquaculture est le Centre de Recherche en Biologie Marine de Tajura, qui est maintenant sous la tutelle de l'Institut national pour l’investissement maritime. Le Centre de Recherche en Biologie Marine emploie des chercheurs et des spécialistes dans divers domaines de l'aquaculture et de la pêche.

    Une des priorités principales du Centre de Recherche en Biologie Marine est la recherche appliquée en matière d'aquaculture et de pêche. Une écloserie est actuellement en cours d'installation. elle est supposée augmenter davantage la recherche dans le domaine de l'aquaculture. L'un des projets récents du Centre consiste en l'approvisionnement en oeufs de dorade fertilisés produits localement et en nourriture vivante pour le compte de l'écloserie d'Abu Kamash.

    Une partie du tilapia produit à Centre de Recherche en Biologie Marine a été distribuée gratuitement en 2005 en faveur des petits exploitants pour l'élevage intégré du tilapia avec les activités agricoles. Des visites de terrain sont régulièrement effectuées afin d'appuyer et d'orienter les pisciculteurs. Un nouveau centre de recherche à Benghazi, la deuxième plus grande ville du pays, a été instauré en 2001 avec comme vocation l'aquaculture en tant qu'un des domaines prioritaires de la recherche.
    Règlements en vigueur
    Une stratégie technique a été publiée en 1991 pour mettre en application la Loi No. (14), publiée en 1989, concernant l'exploitation des ressources marines du pays; ce qui a facilité le développement des fermes aquacoles et l'émission des licences.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Le Centre de Recherche en Biologie Marine est l'institution de recherche principale visant le développement du secteur aquacole, parmi ses domaines d'activité il y a:
    • Les effets des paramètres environnementaux sur les espèces cultivées.
    • Le développement des techniques d'éclosion.
    • Les essais d'élevage de nouvelles espèces telles que les sérioles et le mérou.
    • L'étude des souches locales d'Artémia et des rotifères.
    • L'étude des effets des différents aliments sur le taux de croissance.
    Le Centre est actuellement entrain de restructurer son écloserie afin de faciliter certaines activités techniques vu que les étudiants du Département de l'Aquaculture à la Faculté de l'Agriculture de l'Université d'Alfateh entreprennent souvent leurs projets de graduation au sein du Centre. Le personnel technique du Centre organise aussi des cours de formation de courte durée en matière d'aquaculture dans différents endroits à travers le pays.
    Tendances, questions et développement
    Parmi les objectifs primordiaux du gouvernement il y a le développement de l'aquaculture comme secteur économique viable. Au début, le progrès était lent à cause du manque d'expérience administrative, technique, pratique et de gestion dans ce domaine au point qu'au début certains projets du gouvernement ont échoué. Au début du vingt et unième siècle plusieurs fermes privées ont vu le jour et ceci a été considéré comme un véritable démarrage de l'aquaculture dans la Libye. Plusieurs fermes ont réalisé d'importants succès.

    Les étangs en terre et en béton et les cages sont utilisés pour l'élevage des espèces telles que le bar européen, la dorade royale et le thon rouge du nord. Au début, il y a eu certains problèmes liés principalement au fonctionnement des étangs en terre en raison du manque d'expérience. Plusieurs fermes ont surmonté ces problèmes et sont toujours opérationnelles, tandis que d'autres ont opté pour d'autres systèmes de production alternatifs.

    Au début le secteur de mariculture dépendait des alevins et des aliments importés des pays tels que la France, l'Italie, le Portugal et l'Autriche. Cependant, après que l'Institut national pour l’investissement maritime ait créé une écloserie, en 2004, il a réussi l’éclosion des œufs de bar européen importés fertilisés qui ont été après distribués gratuitement aux pisciculteurs.

    En 2005, les oeufs fertilisés de la dorade royale ont été également fournis par le Centre de Recherche en Biologie Marine ainsi qu'une souche locale de rotifères au profit de l'écloserie Farwa qui a produit, environ, un demi million d'alevins qui ont été offerts aux fermiers. Il existe, actuellement, d'autres écloseries développées, celles-ci seront d'une grande aide en améliorant l'approvisionnement en alevins et en réduisant la dépendance du domaine vis à vis des importations.

    La mariculture dans la Libye a l'avantage de pouvoir soutenir un éventail de systèmes de production aquacole comprenant les systèmes intensif, semi-intensif et extensif. Les conditions environnementales locales conviennent, aussi, à la production commerciale des espèces marines de valeur.

    Le gouvernement encourage l'investissement étranger dans le pays par certaines actions incitatives comme le statut d’exemptiondes impôts pendant une longue durée. L'assistance technique et scientifique comprenant des programmes de formation en vue de vulgariser les techniques d'aquaculture, est également offerte gratuitement de la part du Centre de Recherche en Biologie Marine.

    Actuellement, il y a une proposition pour développer l'élevage de nouvelles espèces telles que la sériole couronnée (Seriola dumerilii), la crevette kuruma(Penaeus japonicus) et la crevette tigrée verte (Penaeus semisulcatus) qui s’accaparent les meilleurs prix de vente sur les marchés locaux et internationaux.

    Récemment, un grand projet d’élevage du tilapia du Nil (O. niloticus) a été développé dans le sud du pays à Sokna. Les géniteurs ont été importés de l'Afrique du Sud en 2004. En 2005, la production ne dépassait pas 75 000 alevins qui sont actuellement mis en élevage, ce projet présentera de meilleures opportunités aux fermiers dans le sud du pays afin de commencer l'élevage du tilapia dans leurs étangs d'irrigation.

    En Libye, aucune usine de fabrication des aliments de poissons n’est opérationnelle, bien qu'il y ait des projets d'implantation d’une fabrique dans le proche avenir visant l’augmentation, de manière significative, le potentiel de l'industrie aquacole du pays.
    Références
    Bibliographie
    Centre de Recherche en Biologie Marine. 2004. General survey for present status of aquaculture in the Libyan Arab Jamahiriya.
    Centre de Recherche en Biologie Marine. 2005. Annual report for aquaculture.
    Centre de Recherche en Biologie Marine. Field trips reports.
    FAO. 2005. Aquaculture production, 2003. Year book of Fishery Statistics - Vol.96/2. Food and Agriculture organization of the United Nations, Rome, Italy.
    Liens utiles
     
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