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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Les principaux systèmes de production en Lituanie sont les étangs piscicoles d’eau chaude et d’eau froide. Parmi les principales espèces cultivées, la plus importante est la carpe commune (Cyprinus carpio) qui n’est pas une espèce endémique en Lituanie. Suivant le registre lituanien des pièces d’eau, diverses étendues d’eau sont utilisées pour la pêche et l’aquaculture. Ce sont la lagune Curonian qui couvre 413 km², 2 827 lacs couvrant 88 279,1 ha (1,5 pour cent du territoire du pays), 1 589 étangs piscicoles qui couvrent 24 434 ha et 733 rivières d’une longueur supérieure à 10 km couvrant 32 559,1 ha. La surface totale des eaux continentales est de 2 625 km², c’est-à-dire 4 pour cent du territoire lituanien.

    A l’heure actuelle, 82,2 pour cent des lacs, 93,4 pour cent des étangs et 49,7 pour cent des rivières sont sur la liste des pièces d’eau d’importance nationale. La pêche y est sujette à des licences spéciales délivrées par des organismes institutionnels nationaux. Les étendues d’eau d’importance nationale sont contrôlées par l’Etat et, pour cette raison, elles garantissent une production piscicole assez stable. En 2004, 4 916 tonnes de poisson ont été produites dans les eaux continentales en utilisant principalement la culture en étang. Sur le marché national, on observe une forte demande en carpes. Ces dernières sont vendues fraîches et d’une taille commerciale comprise entre 800 et 1 500 grammes.
    Historique et aperçu général
    L’aquaculture en étang est depuis longtemps traditionnelle en Lituanie. La majorité des étangs lituaniens est utilisée pour l’élevage de carpes. Ces dernières ont une grande valeur commerciale parmi les poissons d’eau douce lituaniens et représentent la principale production aquacole du pays.

    Selon le spécialiste des pêches Ričardas Volskis, le premier étang a été exploité en Lituanie aux XVe et XVIe siècles. La législation du Grand-duché de Lituanie datant de 1529 avait déjà établi des sanctions en cas de pêche dans des étangs privés et de dommages occasionnés aux étangs.

    Au XVIe siècle, de riches seigneurs féodaux ainsi que les monarques s’intéressaient à la pisciculture en étang. Cette dernière procurait des bénéfices économiques et était un divertissement.

    En 1534, du caviar de carpe a été introduit en Lituanie inférieure (l’ancienne Klaipėda). La carpe commune a été introduite en Lituanie aux XVIIe et XVIIIe siècles comme espèce non endémique. Le premier ouvrage relatif à l’élevage de carpes et d’autres poissons a été publié en Lituanie à Tilžė en 1899. L’aquaculture en étang s’est épanouie à la fin du XIXe siècle.

    A la fin du XIXe siècle et jusqu’au début du XXe, le département des pêches royales et l’association d’élevage piscicole étaient actifs à Vilnius. Le célèbre scientifique lituanien spécialiste de l’aquaculture et des pêches Mykolas Girdvainis (1841-1925) était alors un pionnier de l’aquaculture nationale. N’ayant jamais cessé de se former et d’enrichir ses connaissances, il a visité les institutions scientifiques européennes les plus distinguées ainsi que de nombreuses entreprises d’élevage et de sélection des espèces. Alors que sa célébrité dépassait largement les seules frontières lituaniennes et polonaises, la plupart des exploitations d’étangs piscicoles créées à cette époque en Lituanie l’ont été sous sa supervision. Les eaux utilisées pour les étangs piscicoles couvraient alors plus de 10 000 ha. Girdvainis a poursuivi son travail dans ce secteur jusqu’en 1916 quand pratiquement toutes les institutions et entreprises halieutiques qu’il avait créées furent détruites par la guerre.

    Les systèmes de production en activité sont les étangs d’eau chaude pour l’élevage de carpes. Etant donné les conditions environnementales lituaniennes, un système d’élevage d’une durée de trois ans est adopté pour produire des carpes d’une taille commercialisable. Il existe aussi une aquaculture en eau froide de truites et de corégones. Les truites, les saumons et les truites de mer sont élevés dans des systèmes fermés. Le premier système lituanien à recirculation d’eau a été créé pour la diffusion du saumon et de la truite.
    Ressources humaines
    L’aquaculture en étang est dominée par des entreprises de taille moyenne dont le nombre d’employés est compris entre 10 et 49 personnes. On ne dispose pas de données détaillées sur les emplois à temps plein et à temps partiel ni sur le niveau d’éducation et la répartition entre les sexes.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    En Lituanie, on compte 18 entreprises aquacoles et halieutiques, deux entreprises aquacoles à système fermé pour l’élevage d’anguilles, une exploitation élevant des saumons naturels et plus de 50 exploitations commerciales développant une aquaculture en étang.
    Espèces cultivées
    La carpe commune (Cyprinus carpio) n’est pas une espèce endémique de Lituanie mais son élevage y existe désormais depuis plusieurs siècles. La carpe, le sandre, le poisson rouge, le corégone péled, le corégone blanc et le corégone lavaret sont apparus dans les eaux lituaniennes principalement grâce à des activités de reproduction artificielle. A l’heure actuelle, la carpe hongroise est d’une grande importance pour le travail de sélection des carpes en Lituanie. Elevée dans le Centre de recherche halieutique et piscicole national, cette espèce a été distribuée dans de nombreuses exploitations d’étangs piscicoles.

    Au cours des dix dernières années, on n’observe aucune nouvelle espèce introduite, transférée ou améliorée génétiquement dans l’industrie aquacole. Les espèces endémiques sont la tanche (Tinca tinca), la brème d’eau douce (Abramis brama), le corégone lavaret (Coregonus lavaretus), le corégone blanc (Coregonus albula), le brochet (Esox lucius), le sandre (Stizostedion lucioperca), la lotte de rivière (Lota lota), le saumon de l’Atlantique (Salmo salar), la truite de mer (Salmo trutta trutta) et l’écrevisse à pieds rouges (Astacus astacus). Actuellement, la majorité des étangs piscicoles lituaniens sont des étangs à carpes et la carpe commune constitue la majorité de la production aquacole en étang.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Les principaux systèmes de production sont ceux en eau chaude et en eau froide. En raison des conditions environnementales, l’élevage de carpes en eau chaude permet d’obtenir des poissons d’une taille commercialisable en trois ans (d’un poids compris entre 1 et 1,5 kg). Les truites et corégones blancs sont élevés en eau froide. Le saumon de l’Atlantique (Salmo salar) et la truite de mer (Salmo trutta trutta) sont cultivés dans des systèmes fermés.
    Performance du secteur
    Production
    Après le retour du pays à l’indépendance et alors que la situation économique changeait, les priorités relatives à l’élevage de carpes ont évolué elles aussi. Il y a une quinzaine d’années, entre 7 600 et 7 800 tonnes de carpes commercialisables étaient produites chaque année. Plus récemment, cette production a diminué à seulement 2 500 tonnes par an. Précédemment, l’élevage de carpes se faisait de façon très intensive et les quantités produites étaient très élevées. Aujourd’hui, la production se concentre davantage sur la qualité, les conditions d’élevage, les techniques respectueuses de l’environnement, les taux de croissance, l’aspect des poissons et la demande du marché.

    Les carpes fraîches ou vivantes représentent environ 95 pour cent de la production. En plus du poisson commercial, les entreprises lituaniennes élèvent environ 20 millions d’alevins de carpe âgés d’un été et 4 millions âgés de deux étés. Elles élèvent aussi des alevins pour le réempoissonnement des pièces d’eau naturelles.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Lituanie (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Lituanie (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    La carpe commune est très appréciée sur le marché domestique (même si celui-ci est très limité), surtout lors de la période de Noël et du Nouvel An. De façon à satisfaire la demande du marché lituanien et des marchés étrangers, le poids des carpes commercialisées est compris entre 800 et 1 500 grammes. Ces carpes sont élevées pendant trois étés même si les conditions climatiques sont relativement froides pour des poissons d’eau chaude comme la carpe commune.

    En 2004, 1 818,6 tonnes de poissons d’une taille commercialisable ont été produites dans les étangs et vendues sur le marché national.

    On compte en Lituanie 18 entreprises privées de pêche et d’aquaculture et environ 50 exploitants élevant des carpes pour la vente. La surface dévolue aux étangs piscicoles couvre environ 11 000 hectares. La majorité de la production de carpes – environ 95 pour cent – est constituée de poissons frais ou vivants. En 2003, environ 1 100 tonnes de carpes produites dans des conditions respectueuses de l’environnement ont été exportées: 9 pour cent en Lettonie, 19 pour cent en Pologne, 19 pour cent en Allemagne et 3 pour cent vers d’autres pays. Ces exportations représentaient environ la moitié de la production en étang.

    Les exploitants organisent eux-mêmes les ventes en gros. Selon les contrats établis avec les acheteurs, les pisciculteurs assurent la livraison de leurs produits aux clients en utilisant leurs propres moyens de transport pendant toute l’année. Ils disposent tous d’entrepôts et y conservent le poisson vivant. Tous les pisciculteurs doivent satisfaire les exigences de ratification vétérinaire établies par le Service national alimentaire et sanitaire de la République de Lituanie (Directive n° B1-146 du 1er mars 2005). Sinon, ils ne sont pas autorisés à commercialiser leur production.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le Département des pêches du ministère de l’Agriculture est responsable de l’administration et du contrôle de l’aquaculture. Ce secteur suit les lois normatives du ministère de l’Environnement de la République de Lituanie et du Service national alimentaire et sanitaire.
    Règlements en vigueur
    Le secteur de l’aquaculture est soumis aux lois votées par le parlement monocaméral de la République de Lituanie, aux arrêts du gouvernement, aux actes complétant la loi, aux ordonnances des ministères de l’Agriculture et de l’Environnement ainsi qu’aux procédures et aux règlements de l’administration. Le principal texte législatif est la Loi sur les pêches n° IX 2193 datant du 29 avril 2004. Les ordonnances et les règlementations suivantes sont appliquées:
    • «Ratification du Plan relatif à la pisciculture dans les réservoirs d’importance nationale et du Plan de capture nationale de poissons et de crustacés destinés à la pisciculture» n° 3D-202 du 11 avril 2005.
    • «Ratification du Programme de rétablissement des ressources en saumon et de leur protection» n° 196/201 du 9 octobre 1998.
    • «Ratification du Programme de rétablissement des ressources en truite de mer et de leur protection» n° 3D-5/14 du 15 janvier 2003.
    • «Prévention des maladies piscicoles dans le Programme d’élevage dans les étangs lituaniens pour les années 2005-2006» n° 3D-125 du 8 mars 2005.
    • «Amendement à l’ordonnance du ministère de l’Environnement de la République de Lituanie et du ministère des Finances de la République de Lituanie» n° 663/409 du 21 décembre 2002 et «Procédures de calcul et de paiement de la taxe relative à la pollution de l’environnement» n° D1-537/1K-334 du 15 octobre 2004.
    • «Arrêté gouvernemental relatifs aux taxes sur les ressources naturelles de l’Etat» n° 1320 du 10 octobre 1995.
    • «Ratification vétérinaire des exigences en matière de contrôle vétérinaire national, exception faite des questions de règlementation des aliments» du Service national alimentaire et sanitaire n° B1-146 du 1er mars 2005.
    L’établissement de nouvelles activités aquacoles et halieutiques est règlementé par les administrations nationales et aucune licence n’est nécessaire. A l’heure actuelle, différents types d’organisations productives existent dans le secteur de l’aquaculture: sociétés, coopératives, confédérations et associations. Comme elles sont toutes privées, on ne dispose pas de plus de détails.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les universités lituaniennes forment des biologistes, des écologistes et des spécialistes des maladies. Des formations en aquaculture sont proposées par l’Université de Vilnius, l’Université pédagogique de Vilnius, l’Université Klaipėda, l’Université lituanienne d’agriculture, l’Université Šiauliai, l’Académie vétérinaire lituanienne et l’Université Vytautas Magnus.
    Tendances, questions et développement
    Les tendances relatives au développement de l’aquaculture sont les suivantes :
    • N’élever que des poisons de grande qualité et d’un poids commercial moyen compris entre 1 et 1,5 kg qui satisfont la demande.
    • Élever davantage d’espèces que la seule production commerciale de carpes et de truites ainsi que davantage de géniteurs pour la pêche naturelle dans les pièces d’eau.
    • Utiliser une alimentation pour poisson arrivée à maturité et facilement assimilable qui pollue aussi peu que possible l’environnement.
    • Ne pas produire que des poissons vivants mais transformer aussi le poisson selon des pratiques aquacoles écologiques et responsables.
    • Commercialiser la production sans avoir recours à des distributeurs tout en recherchant des partenaires sur les marchés occidentaux et orientaux.
    • Maintenir de bonnes conditions techniques dans les étangs et moderniser ces derniers. Allouer davantage de ressources aux campagnes de publicité, à la commercialisation du poisson, à la mécanisation des processus de travail ainsi qu’à la rénovation et à la modernisation des équipements tout en améliorant constamment les conditions sanitaires et vétérinaires des étangs.
    • Réduire les dommages causés par les oiseaux qui se nourrissent de poissons, surtout les cormorans.
    • Contribuer à l’efficacité de la pisciculture en étang en prenant en compte les quantités commerciales produites, les coûts de production et le profit réalisé par unité territoriale des étangs actifs (LTL/ha).
    • Développer la recherche appliquée en aquaculture.
    L’objectif principal est d’élever de nouvelles espèces de carpes et des stocks de géniteurs ayant une bonne apparence et un bon taux de croissance, qui soient viables, résistants au froid hivernal, prolifiques, davantage capables de s’adapter et de s’acclimater aux technologies d’élevage, avec des qualités nutritives élevées et en mesure d’utiliser au maximum l’alimentation naturelle et artificielle.

    De bons résultats peuvent être atteints en ayant recours à une pisciculture intensive. Cependant, en raison de manque d’actifs en circulation et de la commercialisation limitée du poisson, ces moyens ne sont pas suffisamment mis en application. Les sociétés s’orientent vers une production biologique peu polluante qui nécessite une commercialisation minimale. Pour cette raison, la consommation de fourrages pour l’alimentation des poissons et le recours au fumier pour fertiliser les étangs ont diminué de façon significative.

    En 2004, 8 869,6 tonnes de fourrage ont été utilisées pour l’alimentation des poissons. Cela correspond à une productivité des étangs comprise entre 450 et 650 kg/ha ces dernières années. En 2003, des règlementations relatives à la réalisation de produits piscicoles biologiques dans les étangs ont été ratifiées. En 2004, 13 sociétés par actions y produisaient des produits piscicoles et les étangs certifiés couvraient 3 825,1 ha. La situation est malheureusement rendue compliquée par le manque de fourrage biologique. Ce problème est cependant en passe d’être réglé car les surfaces produisant des céréales biologiques augmentent. Une production d’au moins 150 kg de poisson devrait être ainsi obtenue à l’hectare dans les étangs certifiés.
    Références
    Bibliographie
    Volskis Žuvininkystė, R. 1967. Vilnius, pp. 3 (en lituanien)
    Lopeta Mūsų kraštas, V. Lietuvos kraštotyros draugijos leidinys - Vilnius., 1993 Nr.2(3) (en lituanien)
    ST. Jankauskas Mykolas Girdvainis, Gamta - 1939-Nr.4 (16) - pp.253-258 (en lituanien)
    W. Szczygielski. Zavys dziejow rybactwa srodlą dowego. - Warszawa, 1969-S26 (en lituanien)
    Statistical Yearbook of Lithuania. 2004. Vilnius.
    Liens utiles
     
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