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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    En l'ex-République yougoslave de Macédoine, l’aquaculture remonte au début des années 1930. La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) et la carpe commune (Cyprinus carpio) sont les espèces dominantes. La truite est cultivée dans des zones montagneuses et dans des étangs en béton. Les poissons d’eau chaude sont cultivés dans des étangs traditionnels. Toutes les exploitations sont familiales. En 2004, la production totale de l’aquaculture était, selon les estimations de la FAO, de 959 tonnes. Un Plan national pour le développement de l’aquaculture vise une progression de la production à 2 300 tonnes en 2010. Le ministère de l’Agriculture, des forêts et de la gestion des ressources en eau est en charge de ce secteur. Même si ce dernier est régi par une loi sur les pêches, la législation des pêches est limitée par des restrictions relatives à la protection de la biodiversité. L’éducation et la recherche sont fortement limitées par le manque de ressources.
    Historique et aperçu général
    L’aquaculture a démarré en l'ex-République yougoslave de Macédoine dès le début des années 1930 pour améliorer une truite endémique, la truite d’Ohrid (Salmo letnica), et empoissonner le lac du même nom pour maintenir ainsi sa population d’origine. Ce processus se poursuit aujourd’hui et s’est considérablement amélioré.

    L’élevage de poisson est l’unique forme d’aquaculture qui existe en l'ex-République yougoslave de Macédoine. Après la Seconde Guerre mondiale, des exploitations de truites ont été construites en différents endroits du pays. La production annuelle de truites arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) s’élève à 300 tonnes. Pendant les années 1950, des exploitations dans les terres ont aussi été réalisées pour la culture de la carpe commune (Cyprinus carpio). Par la suite, à la fin des années 1970 et au début des années 1980, la culture en cages a été introduite aussi bien pour les truites que pour les carpes. Les cages sont placées dans des réservoirs destinés à l’irrigation ou à l’énergie hydroélectrique. Enfin, à la fin des années 1980, une polyculture en eau chaude a aussi été mise en place avec l’introduction d’espèces asiatiques comme le poisson rouge (Carassius auratus gibelio) et les carpes chinoises: carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus), carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix) et carpe à grosse tête (Hypophthalmichthys nobilis). Des tentatives ont aussi été menées pour cultiver des espèces d’eau chaude dans les rizières mais sans grand succès.

    Jusqu’à la fin des années 1980, l’ensemble de l’aquaculture était propriété de l’Etat. Aujourd’hui, il appartient au secteur privé. Malheureusement, les exploitations en eau chaude ont été réduites drastiquement. Certaines ont été totalement abandonnées alors que d’autres n’existent même plus. La pisciculture s’est cependant développée ces dernières années en raison de la baisse des ressources naturelles de poisson, principalement dans les lacs. L’espèce dominante est la truite (sous ses formes classiques ou albinos). Parmi les espèces d’eau chaude, l’espèce dominante est la carpe commune. Dans le Plan national pour le développement de l’aquaculture pour la période 2002-2020, on prévoit une augmentation de la production piscicole de 989 tonnes à 2 300 tonnes. Jusqu’en 1999, les données relatives à l’aquaculture étaient plus complètes qu’à présent en raison de l’existence d’une association de la pêche et de la pisciculture à la Chambre de commerce macédonienne. Une association de producteurs de poisson a récemment été fondée.
    Ressources humaines
    On ne dispose pas de données officielles sur le nombre actuel de personnes directement impliquées dans la pisciculture ou les exploitations piscicoles. Toutes les exploitations piscicoles sont actuellement à gestion familiale.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    En raison du climat et des conditions hydrologiques du pays, la majorité des exploitations de truites et les plus grandes d’entre elles se trouvent dans la partie ouest du pays. Dans le bassin hydrographique de la rivière Crni Drim (qui coule vers le nord-ouest, au débouché du lac Ohrid), c’est-à-dire dans les zones n.1 (41º37' N, 20º59' E) et n.2 (41º58' N, 20º62' E), on compte de nombreuses petites exploitations intensives de truites dont la production annuelle totale s’élève à environ 85 tonnes. Dans la partie centre-ouest du pays, c’est-à-dire dans la zone n.3 (41º51' N, 20º84' E) formée par le bassin hydrographique de la rivière Treska (affluent droit de la rivière Vardar), on compte plusieurs exploitations intensives dont la production totale annuelle s’élève à 190 tonnes. Celles qui sont situées dans le cours supérieur de la Vardar, c’est-à-dire dans les zones n.4 (41º74' N, 20º84' E) et n.5 (42º09' N, 21º11' E), en produisent 200 tonnes. Enfin, dans le nord-est, c’est-à-dire la zone n.6 (41º83' N, 22º24' E) formée par le bassin hydrographique de la rivière Bregalnica (affluent gauche de la Vardar), la production des exploitations intensives s’élève annuellement à un total de 45 tonnes. Les petites exploitations extensives de truites (moins de 10 tonnes par an par exploitation) sont quant à elles réparties à travers l’ensemble du pays, dans les zones montagneuses où se trouvent de petites rivières. Leur production annuelle totale est estimée entre 40 et 50 tonnes. Les exploitations de truites sont à 95 pour cent constituées d’étangs en béton alors que le reste est constitué de petits étangs traditionnels. La majorité les exploitations de truites ont leur propre écloserie et utilisent leur propre stock de géniteurs ou des œufs oeillés importés.
    Les exploitations piscicoles en eaux chaudes sont principalement localisés dans les plaines au centre du pays sous la forme d’étangs intensifs dans la zone n.7 (40º99' N, 21º06' E) et semi-intensifs dans la zone n.8 (40º95' N, 21º41' E). Leur production totale est comprise entre 250 et 300 tonnes. Dans certains réservoirs des plaines, une culture intensive de carpes en cages existe. Il s’agit des zones n.9 (41º39' N, 21º95' E) et n.10 (41º91' N, 21º98' E) qui produisent environ 50 tonnes de poisson. Enfin, la production annuelle du reste des petits étangs d’eau chaude s’élève à environ 50 tonnes. Elle comprend notamment une sélection extensive de poissons se nourrissant de planctons pour le contrôle de la qualité de l’eau.
    Espèces cultivées
    Les principales espèces cultivées sont la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), qui représente environ 62 pour cent de la production piscicole du pays et la carpe commune (Cyprinus carpio) qui en représente environ 28 pour cent. La carpe miroir et les diverses carpes chinoises représentent respectivement environ 3 pour cent et environ 7 pour cent de la production piscicole du pays. Une autre activité piscicole est située dans deux écloseries. Elle ne contribue pas au marché des produits piscicoles mais est importante pour le maintien de l’espèce de truite endémique du Lac Ohrid (Salmo letnica). L’une de ces deux installations est l’Institut hydrobiologique situé sur la rive est du Lac Ohrid. Il s’agit du plus vieux centre aquacole du pays (1935) et sa capacité de production s’élève à 2 millions d’œufs. L’autre est le « Shum » nord-ouest qui a une capacité de production s’élevant à 5 millions d’œufs (41º18' N, 20º63' E). Le lac était autrefois principalement empoissonné avec des alevins mais aujourd’hui la politique de repeuplement est menée avec des fingerlings âgés de 8 à 9 mois (à partir d’éclosions) dans la partie macédonienne du lac (environ 3 millions d’individus).
    Pratiques et systèmes d'élevage
    L’abondance de cours d’eau froids et purs de montagnes, alors que ces dernières représentent environ 70 pour cent du territoire du pays, font de l’exploitation de truites l’activité aquacole la plus importante en l'ex-République yougoslave de Macédoine. La truite est cultivée dans des étangs en béton avec une production assez efficace en termes de temps et de biomasse. La culture en cages est interdite dans les lacs naturels et dans les réservoirs de fourniture en eau potable. Aucune espèce endémique de truite, exception faite de quelques expériences avec la truite d’Ohrid, n’est utilisée en pisciculture. La truite d’Ohrid est également cultivée pour le repeuplement du lac du même nom en utilisant le stock de géniteurs originaires de celui-ci.

    Les poissons d’eau chaude sont principalement élevés dans des étangs traditionnels. Une petite proportion d’entre eux utilise des cages dans des réservoirs pour l’irrigation. Des expériences avec des poissons d’eau chaude sélectionnés sont également menées dans les rizières ainsi qu’en utilisant les eaux géothermiques ou les eaux thermales provenant du système de refroidissement de centrales électriques.
    Performance du secteur
    Production
    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture de l'ex-République yougoslave de Macédoine (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée de l'ex-République yougoslave de Macédoine (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Les principales saisons commerciales sont généralement la fin de l’été et la fin de l’automne, lors des récoltes. C’est aussi une période où l’on compte de nombreux jours fériés liés à la religion orthodoxe. La production aquacole domestique ne peut pas couvrir toute la demande du marché qui est alors satisfaite par des importations de poissons d’eau douce et de mer congelés.

    La consommation de produits piscicoles s’élève à 4,08 kg par habitant en l'ex-République yougoslave de Macédoine. La production domestique ne représente que 0,48 kg alors que les importations représentent les 3,6 kg restants.
    Contribution à l'économie
    Le PIB total de l'ex-République yougoslave de Macédoine s’élevait à 4 521 millions de dollars EU en 2003 (dernière donnée statistique disponible). L’aquaculture ne représente que 7 millions de dollars EU et le nombre de personnes qui dépendent directement de la production aquacole ne s’élève qu’à quelques centaines, ce qui est pratiquement insignifiant comparé au nombre total d’employés dans le pays (600 000).
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    En l'ex-République yougoslave de Macédoine, l’aquaculture et les pêches sont de la responsabilité du ministère de l’Agriculture, des forêts et de la gestion des ressources en eau (MAFGRE). L’évolution des compétences de ce ministère, tout comme celle du ministère de l’Environnement et du plan national pour le développement de l’aquaculture (MEPNDA), est en cours. Le département de la gestion des ressources en eau du MAFGRE a été éliminé et tend à être transféré au MEPNDA sous une forme bien plus réduite. Jusqu’à aujourd’hui, le MAFGRE distribuait des licences pour l’utilisation des eaux à des fins piscicoles. Les producteurs aquacoles sont obligés de verser 5 pour cent du prix du marché brut du poisson dans un fonds spécial pour le développement des pêches. Le contrôle des espèces de poisson cultivé est aussi de la compétence de ce ministère, tout comme le contrôle de la qualité et des maladies.
    Règlements en vigueur
    L’aquaculture et les pêches sont réglementées par la Loi sur la pêche (1993) qui a dû être adaptée à la directive-cadre sur l’eau (DCE) de l’UE. Cette loi concerne principalement les eaux ouvertes. La nouvelle Loi sur la protection de la nature dont la protection de la biodiversité est le principal enjeu interfère avec les règlementations relatives aux pêches au sujet des espèces de poissons endémiques. Cette loi comprend également la Loi pour la protection des lacs Ohrid, Prespa et Dojran qui date de 1974 et précise quelles sont les espèces non endémiques qui ne peuvent pas être élevées dans les différents bassins hydrographiques. Les lois et règlements relatifs à l’aquaculture doivent donc être revus au sujet des espèces cultivées et des traitements pour assainir les eaux d’écoulement car aucune régulation spécifique n’existe sur ces points.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Diverses institutions mènent la recherche sur les pêches et l’aquaculture. Leurs activités sont cependant sévèrement freinées en raison de ressources financières et humaines limitées. Il s’agit de:
    • L’Institut hydrobiologique d’Ohrid – taxonomie, dynamique des populations, écotoxicologie, pêche appliquée, maladies des poissons et de l’aquaculture.
    • La Faculté d’agriculture de Skopje – formation en taxonomie et aquaculture, études post-doctorales en aquaculture.
    • La Faculté de sciences naturelles et mathématiques, Institut de biologie de Skopje – histologie et histopathologie.
    • La Faculté de médecine vétérinaire de Skopje.
    • L’Institut des sciences animales de Skopje- taxonomie, manipulations biologiques et pêche en rivière.
    • La Faculté de biotechnologie de Bitola.
    Tendances, questions et développement
    Le Plan national pour le développement de l’aquaculture macédonien pour la période 2002-2020 envisage une augmentation de la production aquacole de 989 à 2 300 tonnes. Cette tendance pourrait cependant ne pas se vérifier en raison de la mise en place envisagée de systèmes nécessaires pour le traitement des eaux d’écoulement qui pourrait augmenter les coûts de fonctionnement. L’enjeu que représente la protection de la biodiversité peut aussi avoir un effet négatif sur certaines exploitations qui ne sont pas isolées de certains foyers de biodiversité. Même si certains instituts de recherche encouragent la culture d’espèces de poissons endémiques, les aquaculteurs actuels ne s’y intéressent pas à cause de leur taux de croissance inférieur.
    Références
    Bibliographie
    Ministry of Environment and Physical Planning. Physical Plan of Macedonia for the period of 2002–2020.
    State Statistic Institute. Annual bulletins.
    Government of Macedonia. 1993 . Fishery Law.
    Government of Macedonia. 1974 . Law on Protection of Lake Ohrid, Prespa and Dojran.
    Government of Macedonia. 2005 . Law on Nature Protection.
    IUCN Warsaw. 2004 . China Aquaculture Development and Outlook. Freshwater Fisheries in Central Europe: the Challenge of Sustainability.
    Liens utiles
     
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