L'élevage en étang est le seul système de production pratiqué au Malawi. L'autre système de production qui est l'élevage en cage est utilisé dans des cas très isolés. Le nombre de pisciculteurs a augmenté de moins de 100 en 1960 à 2 000 en 1997 (Dickson et Brooks, 1997), et à 4 050 en 2002 (NAC, 2003). Plus de la moitié utilisent quelques technologies d'aquaculture-agriculture intégrées. On estime la production actuelle des poissons d'aquaculture à 800 tonnes (NAC, 2003). Cependant, les rendements peuvent varier de 500 kg/ha/an à 2 316 kg/ha/an selon le niveau de l'intensification. Des rendements moyens de 1,4 tonnes/ha/an sont obtenus (SSC, 2003). Ceci représente un revenu annuel de 1 363 dollars EU par hectare par an (approximativement 25 dollars EU/pisciculteurs/an). D'un point de vue régional, la Communauté sud-africaine pour le développement (SADC) a eu une influence significative sur le tracé du cours de développement de l'aquaculture au Malawi. Depuis sa création en 1980, SADC s'est constamment engagé dans le développement des politiques et stratégies dans les différents domaines de coopération régionale et d'intégration. Ces politiques et stratégies ont été consolidées par des rapports de stratégie sectorielle, des Mémorandums d'Accord (MOUs) et des protocoles, qui constituent les principaux instruments dans le processus de construction de la communauté. Un de ces instruments est le Protocole des Pêches de SADC, qui a été lancé en 1990, mais ne fût signé qu’en 2001. Avant que le Protocole des Pêches n’ait été formulé, SADC avait installé des Unités Techniques de Coordination des divers aspects de développement et le Malawi était responsable de l'Unité de Coordination de la Pêche Continentale du SADC (IFSTCU). L'IFSTCU a fourni la plateforme pour le développement du protocole des Pêches ainsi qu'un certain nombre de projets aquacoles régionaux, notamment l'Aquaculture pour les Communautés Locales (ALCOM) et les projets dans les petits plans d'eau de SADC, qui ont été financés et gérés par la FAO. Le projet régional ALCOM a contribué à l'orientation du développement aquacole au Malawi, par la préparation des matériaux de vulgarisation sur le terrain, la formation des chercheurs et des vulgarisateurs de l'état en matière d'aquaculture, et des pisciculteurs, ainsi que l'organisation d'un forum régional où le Malawi pourrait échanger de l'information avec d'autres pays du SADC. En 2003, SADC a développé un Plan Indicatif Stratégique de Développement Régional (RISDP) qui trace les objectifs et les priorités stratégiques avec les politiques et les stratégies à suivre pendant une période de quinze ans. Dans le secteur de la pêche, RISDP vise à promouvoir l'utilisation responsable et durable des ressources aquatiques vivantes et des écosystèmes aquatiques afin de rehausser la sécurité alimentaire et la santé humaine. Concernant l'aquaculture, RISDP vise à «promouvoir l'aquaculture et le développement de la mariculture et la commercialisation du poisson».
Tableau 1. Sex-ratio, niveau d'études, base de qualifications et propriété des terrains piscicoles.
Environ 5 pour cent des pisciculteurs sont illettrés, tandis que plus de 70 pour cent ont un niveau d'études primaires, et approximativement 24 pour cent ont un niveau d'études secondaires.
Oreochromis shiranusest une des espèces de tilapia endémique du Lac Malawi et du Fleuve Supérieur de Shire et elle est largement distribuée dans les plans naturels d'eau et dans les étangs piscicoles dans tout le pays. Les espèces sont connues pour leur maturité et reproduction précoce. De ce fait, leur peuplement dans divers environnements est rendu facile ainsi que la production de leur fingerling. Elles tolèrent des conditions de faible DO (oxygène dissous) d'environ 0,6 ml/l et des températures élevées jusqu'à 40-42°C (Morgan, 1972). Elles peuvent se développer donc dans des étangs de plusieurs exploitations piscicoles malawiennes de conditions pauvres. Le poisson atteint plus de 50 g dans les étangs piscicoles. Tilapia rendalli est un poisson très populaire dans tout le pays en raison de sa saveur très prisée. C'est la deuxième espèce commune en élevage au Malawi. Les espèces de poissons sont indigènes au Malawi (Phillippart et Ruwet, 1988) et sont bien adaptées à presque tous les plans d’eau du pays. Le taux de croissance du T. rendallidépasse celui d'O. shiranus et O. karongae. Le poisson atteint une "grande" taille. C'est pour ces raisons qu’il est probablement considéré, par les aquaculteurs à petite échelle au Malawi, comme étant le poisson le plus convenable. L’élevage des espèces exotiques est limité au Malawi. L’Acte sur la conservation et l’aménagement des pêches (1997) limite l'introduction des espèces exotiques afin de protéger la biodiversité des poissons du pays. La carpe commune (Cyprinus carpio), une des espèces exotiques à croissance rapide, a été introduite au Malawi en 1976, mais son introduction au pays et sa distribution aux aquaculteurs ont été interdites en 1992. La truite arc-en-ciel, Onchorhynchus mykiss, une autre espèce exotique, est encore produite sur le Plateau de Zomba, dans quelques parties de Mulanje et dans les fleuves autour de Nyika. La sélection des espèces indigènes appropriées à l'aquaculture est une des activités du Centre Aquacole National du Malawi pratiquée depuis 1960, financée par divers projets. L'amélioration génétique des espèces indigènes est également encouragée. La reproduction sélective d'O. shiranus et T. rendalli en ce qui concerne leur performance génétique est actuellement entreprise au Centre Aquacole National du Malawi.
La densité de mise en charge est de 2 à 3 poissons par m² selon la proximité des fingerlings et/ou du transport (Brummett et Noble, 1995). Les étangs piscicoles sont fertilisés avec le fumier des volailles, chèvres et du bétail. Le poisson est alimenté par la matière sèche de l’exploitation, mais la disponibilité est affectée par le système de libre-choix d'élever le bétail et par la disponibilité de la main d'oeuvre. Le son du maïs est l'intrant commun d'alimentation utilisé par la plupart des pisciculteurs. L'intégration de l'aquaculture avec la production agricole est maintenant une pratique courante chez plus de 2 500 fermiers. Les systèmes intensifs de pisciculture des tilapias dans les étangs émergent maintenant dans les régions préurbaines et urbaines du Malawi. Une ferme d’élevage en cage au Lac Malawi a été inaugurée par MALDECO dans le district de Mangochi dans la région sud du pays. Son objectif est de produire 3 000 tonnes de poissons.
Tableau 2. Niveau de la production estimée (tonnes) et valeur (dollars EU) de la majorité des espèces en élevage.
Le tableau est élaboré en se basant sur des données de la FAO, 2003. En plus des exploitations de la truite arc-en-ciel sur le Plateau de Zomba, deux autres unités de production à grande échelle ont été installées en 2004, une par MALDECO Aquaculture au Mangochi et une par GK Aquafarms dans la vallée inférieure du Shire. MALDECO Aquaculture a investi dans l’élevage en cages du chambo (Oreochromis spp.),tandis que GK Aquafarms produit O. mossambicus et la carpe commune. Cependant, les évaluations récentes effectuées au Malawi ont prouvé que la production à petite échelle variant de 40 et 200 tonnes par an, pourrait exister dans la région (ADiM, 2005). La surestimation évidente de la production aquacole à petite échelle au Malawi est attribuée à l'utilisation d’un nombre restreint d’espèces cibles dont les récoltes sont estimées (ADiM, 2005). Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Malawi (d'après les statistiques de la FAO):
Au sud du Malawi, où se concentre la plupart des activités aquacoles, les aquaculteurs peuvent générer 199 dollars EU de 1 à 3 étangs d’une taille moyenne de 151 m2 (Andrews et al, 2003). L'agriculture malawienne dépend des précipitations durant la période s’étalant entre novembre et avril, les autres mois restants secs elle tourne au ralenti en termes de production. L'aquaculture permet aux fermiers de continuer de produire la nourriture en ces mois secs perdus. La pisciculture joue également un rôle crucial en transformant les zones humides marginales en terres productives pour la production végétale telle que les légumes. Dans d'autres zones, l'aquaculture est pratiquée dans les étangs communaux et dans des barrages d'irrigation, permettant ainsi aux fermiers de diversifier leur revenu par la vente de poissons et fournit de la nourriture aux ménages pauvres. Dans une étude détaillée effectuée récemment au Malawi, la majorité des pisciculteurs reconnaissent que l'aquaculture est un moyen pour diversifier leurs produits et améliorer leur revenu (ADiM, 2005). Cependant, la plupart d'eux n'ont pas été satisfaits de leurs résultats. Les principales raisons de cette insatisfaction chez tous les groupes actuellement impliqués dans la pisciculture sont le taux de croissance lent des poissons (35 pour cent), la petite taille des étangs (25 pour cent) et le manque de l'appui technique (8 pour cent), bien que tous les pisciculteurs aient été satisfaits du marché et du prix des poissons. Les résultats de l'étude ont prouvé que 8 pour cent des fermiers ont abandonné l'aquaculture ces dernières années, à cause du manque d'eau. Toutes ces raisons indiquent un manque de savoir faire et de maîtrise des conditions nécessaires pour une pisciculture bien réussie. D’où un besoin pressant d'étude, de vulgarisation, d'accès aux petits prêts à court terme pour les aquaculteurs en voie de développement et d'un encadrement plus important pour ces fermiers situés au plus bas de l'échelle (ADiM, 2005). Une quantité importante de poissons produits est consommée par le ménage, vendue ou donnée aux amis et aux parents proches. En général, le travail du Centre de WorldFish a prouvé qu’avec l'agro-pisciculture intégrée les ménages triplent leurs revenus (310 dollars EU) par rapport à ceux avec l'agro-pisciculture non-intégrée (160 dollars EU); et ils ont une consommation de poissons frais mensuelle par personne plus élevée (0,96 kg) que les ménages avec la non-agro-pisciculture (0,36 kg) (Jamu et Chimatiro, 2004). Une comparaison du statut alimentaire entre deux groupes d'enfants ruraux au Malawi indique clairement que la fréquence de performance parmi des enfants au-dessous de cinq ans est de 30 pour cent chez les ménages des pisciculteurs et 70 pour cent chez les ménages des fermiers autres que des poissons, qui prouve que les enfants dans des ménages de pisciculture ont un meilleur statut alimentaire (ADiM, 2005).
La Politique Nationale des Pêches et de l'Aquaculture (2001) met le point sur l’augmentation des revenus et de l'emploi, l’amélioration de l'approvisionnement, la distribution des poissons par la commercialisation ciblée et l’amélioration de la qualité, ainsi que la participation du secteur privé dans le développement de l'industrie de pêche. Cependant, les efforts fournis précédemment pour encourager la participation du secteur privé dans le développement de la pêche et de l'aquaculture n'ont pas abouti parce qu'il n'y avait aucune stratégie gouvernementale claire dédiée à cet égard (Njaya et Chimatiro, 1999). Ces dernières années, le secteur aquacole commercial s'est constamment développé. Selon des évaluations récentes, il contribue avec plus de 120 tonnes à la production annuelle des poissons (Kapeleta, 2001). Le Plan National Stratégique Aquacole (NASP) a élaboré un certain nombre de thèmes stratégiques, y compris « le perfectionnement des opportunités économiques pour les pisciculteurs commerciaux » (NASP, 2005). Comme moyen de développer l’aquaculture commerciale d'auto-aide ou orienté-bénéfice, le Réseau innovateur des pisciculteurs (IFFN) a été formé au Malawi et est enregistré comme droit de commerce. Son but est de promouvoir l'aquaculture grâce à la recherche et la vulgarisation d'aquaculteur-à-aquaculteur, en identifiant des marchés et en aidant les membres en leur procurant des prêts. Le gouvernement tente également d'améliorer l'infrastructure, et de développer la capacité humaine du Centre National Aquacole afin de lui permettre de mieux appuyer le secteur privé.
Le gouvernement a fourni le mécanisme de réglementation relatif au développement de l'aquaculture. L'Acte sur les Pêches assure la protection de l'environnement, tout en protégeant, en même temps, les intérêts de l'investisseur. L’Acte réserve également au Département des Pêches la responsabilité de délivrer des permis d’exploitation aquacole et d'imposer la conformité aux règles mises en place pour réglementer la gestion de l'aquaculture. L’Acte stipule qu'aucune activité aquacole ne devrait être entreprise sans permis. Un investisseur qui veut créer une exploitation piscicole pas plus petite que 4 hectares devrait obtenir un permis aquacole qui exige la surveillance appropriée pour réduire au minimum le risque de propagation des maladies et exige la création et la maintenance d’enregistrements précis (Programme 14 des règlements de conservation et de gestion des pêches 2000). Partie X, sections 38-43 des règlements de conservation et de gestion des pêches (2000) décrivent les principaux règlements régissant l'aquaculture. Ceci inclue la nécessité de déposer une demande pour un permis aquacole, des conditions spécifiques sur la délivrance ou le renouvellement d’un permis aquacole, et sa durée de validité. Les sections 42 et 43 traitent spécifiquement les maladies comme suit: « le titulaire d’un permis aquacole doit appliquer les mesures qui lui sont conseillées par le Directeur pour la prévention des maladies et éviter leur propagation au stock de son exploitation ». Les mesures prises peuvent inclure l'anéantissement entier ou partiel du stock de l’exploitation aquacole par le détenteur du permis sous la supervision du Directeur ou, avec le consentement du détenteur du permis. Des mécanismes de réglementation sont mis en place en vue de protéger l'opérateur en aquaculture en cas d’erreurs survenues en appliquant la loi. Par exemple, la Section 43 stipule que « quand le stock ou une partie du stock d'une exploitation aquacole est détruite conformément au règlement 48 et que le Directeur est convaincu que les stocks n'étaient pas malades, le Gouvernement peut compenser le détenteur du permis par une somme fixée par le Gouvernement dans une discrétion absolue ». La Section 5.4 de la Politique Nationale sur les Pêches et l'Aquaculture (2001) fournit les directives pour le développement de l’aquaculture. Celles-ci incluent le développement des protocoles pour la gestion et la conservation de la diversité génétique des poissons en élevage (des espèces endémiques dangereuses). Récemment, un mécanisme supplémentaire de contrôle a été élaboré afin de protéger la biodiversité aquatique. Le Plan National Stratégique Aquacole (2005) a développé des mesures de sauvegarde contre l'utilisation des espèces exotiques de poissons en aquaculture afin de protéger les espèces endémiques du Lac Malawi.
Le gouvernement, à travers un processus participatif impliquant les parties intéressées, détermine les priorités de recherches. Le gouvernement et les organismes internationaux fournissent de l'appui aux établissements aquacoles en vue d’initier, d’orienter et d’effectuer la recherche, tandis que les organismes non gouvernementaux (ONG) collaborent avec le gouvernement et mettent en application la recherche au sein de l’exploitation. Plusieurs agences donatrices procurent de l'aide pour la mise en œuvre de la recherche. Les aquaculteurs sont impliqués en tant qu’associés dans le développement de la recherche et de la technologie. Les pisciculteurs entreprennent des expériences, adoptent et essayent les résultats obtenus sur des stations dans leurs exploitations. La recherche participative au sein de l’exploitation sous forme d'Association de Recherche des Aquaculteurs Scientifiques a été introduite au Malawi avec l'aide du Centre de WorldFish (Brumett et Noble, 1995). Les résultats sont vérifiés au moyen de la surveillance participative et l’évaluation d'impact à posteriori. Des résultats positifs sont largement adoptés par la communauté en se basant sur les démonstrations au sein de l'exploitation et sur le transfert des technologies d’aquaculteur-à-aquaculteur. Afin de fournir de l'aide institutionnel au développement de la pisciculture au Malawi, le gouvernement a crée des établissements de recherche et des universités. Le Département des Pêches a la responsabilité totale de l'administration, de l’aménagement de l’aquaculture et l’établissement de services professionnels pour assurer le développement durable de l'aquaculture dans le pays. Le Centre National Aquacole (NAC) joue un rôle primordial dans la recherche et le développement et 12 stations satellites aquacoles à travers le pays mènent de la recherche à l’intérieur de l’exploitation et assurent la vulgarisation aux aquaculteurs. Le Collège de l'Agriculture de Bunda et le Collège Chancellor (de l'Université du Malawi) ainsi que l'Université du Malawi des Pêches (Département des Pêches), offrent des certificats et des diplômes en aquaculture. Le Centre de WorldFish est un associé principal dans la recherche en matière aquacole au Malawi. Le WorldFish a soutenu l'introduction de la technologie de l'aquaculture - agriculture intégrée (IAA) au Malawi, et actuellement il est impliqué dans un certain nombre de programmes de reproduction sélective et dans l'exécution du plan de recherche selon le Plan stratégique de restauration du Chambo du gouvernement du Malawi. L'Agence Japonaise de Coopération Internationale (JICA) et la FAO ont été impliquées dans divers programmes aidant le gouvernement à formuler diverses politiques et à mettre en œuvre des programmes de recherche.
Comme c’est déjà mentionné, la Communauté sud-africaine pour le développement (SADC) a eu une influence en traçant le développement aquacole au Malawi. Afin d'aider à atteindre la sécurité alimentaire durable au SADC, la Déclaration de Dar-es- Salaam sur l'Agriculture et la Sécurité Alimentaire (mai, 2004) a reconnu le rôle des poissons dans la sécurité alimentaire, et recommande vivement aux Etats membres de SADC d’augmenter leur production de poissons par la pisciculture. Avec l'aide du Centre de WorldFish, le Secrétariat de SADC a tenu une réunion au Malawi en novembre 2004. Cette réunion a abouti à la formulation des tendances de demande et d'approvisionnement en poissons du Centre de SADC-WorldFish et au Plan d'Action Commun sur les Pêcheries, connu sous le nom de « Déclaration de Mangochi ». Cette Déclaration a développé une « ébauche de Plan d'action pour la production, le traitement et le commerce amélioré des poissons provenant de la pêche et de l'aquaculture continentale dans la région du SADC (2005-2010) ». En ce qui concerne l'aquaculture, le plan d'action a souligné trois principaux objectifs: (i) l'amélioration de la production à partir de l'aquaculture; (ii) l'amélioration de la qualité des produits aquacoles; et (iii) l'amélioration du commerce national, régional et international des produits aquacoles (SADC-WorldFish, 2004). La Déclaration a depuis, été adoptée par le Conseil des Ministres membres du SADC (SADC, 2005). Le Nouveau Partenariat pour le Développement de l'Afrique (NEPAD) a crée le programme de développement agricole pour l’Afrique (CAADP). Un premier plan d'action accorde la priorité aux principaux domaines du développement agricole et commercial. Le secteur de la pêche a été omis. La FAO a été ainsi invitée à élaborer un Document sur la pêche, reconnaissant l'importance de celle-ci dans la région et le potentiel du développement aquacole. Ceci sera consolidé par le Sommet du NEPAD « du Poisson pour tous » tenu au Nigeria du 22 au 25 août 2005. Le Sommet sera le premier événement de grande envergure en Afrique pour attirer l'attention mondiale sur le rôle vital de la pêche et l'aquaculture en vue de réaliser le programme de développement de l'Afrique. Le Secrétariat du NEPAD, le Centre de WorldFish et la FAO organiseront le Sommet sous le patronage du Gouvernement du Nigeria, afin de faciliter l'adoption des objectifs africains communs pour le futur de la pêche et de l'aquaculture en concordance avec le développement du millénium (WorldFish, 2005). Le Malawi a joué un rôle principal dans le développement des concepts du NEPAD « Poisson pour tous » en raison de sa coopération stratégique avec le WorldFish et la FAO. Au niveau national, le développement de l'aquaculture a été influencé par un certain nombre de facteurs. Premièrement, la diminution des quantités de poissons pêchés a incité le gouvernement du Malawi à chercher des sources alternatives à la pêche. Pour cette raison les objectifs généraux visent la surveillance et le contrôle des activités de la pêche en vue de rehausser la qualité de vie des communautés de pêcheurs en augmentant les récoltes par des rendements sécurisés durables et en promouvant l'aquaculture pour combler le manque en poissons des eaux naturelles (Gouvernement du Malawi, 2001). Plusieurs stratégies ont été mises en place sous la Section 4 de la Politique Nationale des Pêches et de l'Aquaculture (2001) pour orienter le développement aquacole. Deuxièmement, le gouvernement s'est rendu compte que le potentiel pour tirer des avantages réels du développement aquacole a été entravé par le manque du personnel qualifié dans le Département des Pêches. Ainsi en 1986 l'ICLARM (maintenant connu sous le nom du Centre de WorldFish), a été invité à aider le gouvernement afin de mettre en place un programme de formation approprié, et de recherche, pour développer des technologies adéquates aux aquaculteurs ruraux au Malawi (ICLRAM-GTZ, 1991). Ce programme a mené à la création d'un MSc (en aquaculture) à l'Université du Malawi qui a formé certains des premiers chercheurs et vulgarisateurs du Département des Pêches. Une version du modèle asiatique de l'aquaculture-agriculture intégrée a été introduite au Malawi par WorldFish. De 1980 jusqu'à 1998, avec l'implication de WorldFish et de diverses ONG pour intensifier la vulgarisation, la production aquacole a augmenté lentement de moins de 100 tonnes à approximativement 210 tonnes par an (Dey et al., 2004). La production a grimpé nettement jusqu'à environ 600 tonnes/an en 2001, grâce au renforcement de la vulgarisation par les ONG particulièrement World Vision-Malawi, Action Aid (Aide et Action), OXFAM, les US Peace Corps (Corps de la Paix des Etats-Unis), et de diverses communautés religieuses, parmi autres, et d'autres agences internationales. Durant la période 1970 à 2002 le Malawi a reçu l'appui considérable de la FAO, l'ODA (R-U), le Projet Malawi-Allemand du développement de la pêche et de l'aquaculture (MAGFAD), le Programme national de gestion des ressources aquatiques: NARMAP (GTZ), le Projet piscicole des régions du Centre et du Nord: CNRFFP (UE), le Programme du développement de la zone frontalière: BZDP (GTZ) et le Projet sur la recherche en matière aquacole et le développement technique des espèces indigènes malawiennes: ARTDMIS (JICA) (ADiM, 2005). Le Projet Malawi-Allemand du développement de la pêche et de l'aquaculture (MAGFAD) (1987 1997), financé par le gouvernement allemand a soutenu la promotion des aquaculteurs des étangs piscicoles intégrés au sein des systèmes d'élevage existants dans la région du sud du Malawi (Chimatiro, 2000). En 2002, le gouvernement du Japon a donné son accord pour mener et financer l'Etude du Plan Directeur sur le Développement Aquacole au Malawi (ADiM). Le but était de développer un plan national stratégique sectoriel comme « tableau de bord » pour le développement aquacole futur au Malawi. Le projet a été lancé en janvier 2003 et il a abouti au Plan national de stratégie aquacole (NASP) en 2005. Ce document est le rapport final, qui présente le NASP et examine les « meilleures » approches et actions à prendre pour assurer le développement et la croissance durable des petites exploitations et de l'aquaculture commerciale au Malawi au cours des 10 années à venir. Un des principaux thèmes stratégiques du NASP est l'institutionnalisation de l'aquaculture comme mode de vie dans la planification rurale du Malawi. Ceci permet aux Assemblées Locales (administration de District) et à d'autres agences de développement au niveau du district (tel que les ONG) d'inclure la pisciculture dans leurs programmes réguliers. On envisage que cette stratégie connaîtra une augmentation d'investissement dans le développement aquacole au niveau du district. Troisièmement, l'aquaculture commerciale à grande échelle a émergé dans les années mi-quatre-vingt dix. A son apogée, le secteur « commercial » a produit un maximum d'environ 100 tonnes par an. De mi-quatre-vingt dix à 2001/02 le secteur s'est pratiquement effondré, en raison du manque de programme de financement propre, du manque d'expertise commerciale piscicole, de l'absence de l'expertise commerciale aquacole aux stations gouvernementales et de la capacité insuffisante de production de fingerling (qualité et quantité) (ADiM, 2005). Balarin et Hecht (1991), Brooks (1992), et Balarin (1997) ont également attribué l'échec de l'aquaculture commerciale au prix bas des poissons. Le prix des poissons au cours des 5 dernières années a augmenté à plus de 350 pour cent et le "chambo" se vend maintenant à 2 dollars EU/kg. L'aquaculture commerciale est en train de ré-émerger de nouveau (ADiM, 2005). Plusieurs opérations commerciales aquacoles bien planifiées ont été menées à bien en 2003-2004, telles que l’opération d'élevage en cage à grande échelle adaptée pour produire entre 2 000 et 3 000 tonnes d’Oreochromis karongae dans des cages flottantes circulaires dans le Lac Malawi ; et l’opération à moyenne échelle d'élevage en étang dans la vallée inférieure du Shire à Kasinthula comportant 10 étangs avec une superficie totale de 8 ha. Les principales espèces en élevage sont le Oreochromis mossambicus et Cyprinus carpio. La seule autre exploitation piscicole commerciale à « petite à moyenne » échelle au Malawi est récente (2001-2002), c’est une exploitation privée de truite sur le plateau de Zomba. En outre, et comme conséquence directe du Projet Pilote ADiM, plusieurs petits exploitants ont également pris les premières mesures vers la commercialisation de leurs produits piscicoles; le succès de ces entreprises renforcera le développement du secteur au Malawi (ADiM, 2005). En conclusion, le progrès dans le secteur aquacole au cours des dix dernières années a été lancé par la gestion progressive du gouvernement du Malawi en mettant en place l'Acte de la Politique sur les Pêcheries entre 1997 et 2001. En outre, un certain nombre de documents officiels de planification ont été également élaborés, notamment le Plan Stratégique de Restauration de Chambo (CRSP) (2003-2015), qui décrit les stratégies nécessaires pour augmenter la production du chambo par l'aquaculture (Banda et al, 2005). L'investissement de MALDECO dans l'élevage du chambo en cage est une réponse directe au CRSP. La lutte contre la pauvreté et le développement économique sont les principaux objectifs nationaux du Malawi. En 2001 le Gouvernement a adopté la Stratégie de Réduction de la Pauvreté au Malawi (MPRSP), qui a fourni les grandes directives pour réaliser les buts stratégiques nationaux du développement économique et social, et l'un des secteurs d'investissement pauvres était l'aquaculture. Ce qui a mené à l'investissement considérable des fonds réalisés à partir des pays pauvres très endettés (PPTE, HIPC) dans l'aquaculture rurale.
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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim




