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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    La pêche et l’aquaculture sont essentielles pour le bien-être social et économique du Mexique. Ces deux secteurs constituent des enjeux de la première importance sur le plan de la sécurité nationale. Des études réalisées par l’Institut national de la pêche montre que, sur l’ensemble des pêcheries évaluées, 27 pour cent présentent des marques de détérioration, 53 pour cent se situent en dessous de la production maximale équilibrée et seulement 20 pour cent sont susceptibles d’augmenter leur production. L’aquaculture apparaît donc comme une alternative valable pour renforcer la fourniture alimentaire nationale. Ce secteur peut contribuer à la sécurité alimentaire, à l’entrée de devises étrangères et à la création d’emplois permanents pour stimuler le développement régional. A l’heure actuelle, l’aquaculture contribue à un peu plus de 12 pour cent de la production halieutique totale. D’après les projections au niveau international, elle pourrait représenter plus de 40 pour cent du secteur de la pêche mexicaine d’ici dix à quinze ans. Pour renforcer et consolider le secteur aquacole, la diversification et la modernisation technologique de ce dernier sont nécessaires. Cela permettrait d’augmenter son efficacité en matière de production, de réduire ses éventuels effets négatifs, de diversifier les lignes de production et d’augmenter sa rentabilité économique et sociale. Pour atteindre ces objectifs, le secteur productif doit participer aux travaux de recherche et au développement technologique du secteur, en particulier en matière de santé, de nutrition, de génétique et de gestion. Les difficultés que doit affronter la production halieutique et aquacole sont liées à des problèmes d’ordre structurel, aux inégalités sociales, à des limites en termes d’organisation et de technologie, à des formations et à des aides insuffisantes sur le plan professionnel ainsi qu’à des possibilités limitées de croissance et de développement du secteur de façon durable à court et à moyen terme. L’aquaculture s’est surtout développée dans un premier temps dans les eaux intérieures. Il s’agissait principalement de pisciculture et plus particulièrement d’élevages de poissons destinés au repeuplement. Cependant, même quand des objectifs sont définis de façon précise dans des programmes de développement qui visent à promouvoir l’aquaculture, le manque de soutien pour atteindre ces derniers persiste.

    En 2001, l’aquaculture représentait environ 12,93 pour cent de la production halieutique totale (1 521 957 tonnes). D’après le Registre national de la pêche, 61 espèces sont cultivées au Mexique (40 espèces indigènes et 21 espèces d’origine étrangère et introduites). On compte 1 963 unités aquacoles à travers le pays. Ces dernières sont en général divisées en cinq catégories : canaux, enclos, étangs artisanaux ou étangs en ciment, dispositifs flottants et tables d’élevage. Les rendements moyens obtenus dans les eaux intérieures par la pisciculture de repeuplement sont de l’ordre de 120 à 150 kg/ha/an dans les systèmes adoptant la monoculture. Ils atteignent entre 400 et 1 500 kg/ha/an dans des conditions de polyculture.

    Le relief mexicain est tel qu’il génère une grande diversité de conditions climatiques et d’écosystèmes. Ces derniers contribuent à leur tour au développement d’un secteur aquacole très diversifié dont l’avenir dépend de la mise en place réussie de technologies efficaces ainsi que de processus innovateurs en termes de modernisation et de reconversion de la production.
    Historique et aperçu général
    A la fin du XXe siècle, l’aquaculture est devenue une alternative dans le monde entier pour la production alimentaire dans les eaux continentales, saumâtres et marines. Au Mexique, la pisciculture a commencé à se développer dès la fin du XIXe siècle quand, en 1883, le ministère de la Promotion chargea Alfredo B. Lamotte de construire une station piscicole. Cette écloserie fut construite à Ocoyoacan Lerma, dans l’Etat de Mexico, et baptisée « Vivero Nacional Chimalapan » (Station piscicole nationale de Chimalapan). Elle démarra avec un lot de 500 000 œufs de truite arc-en-ciel importés des Etats-Unis d’Amérique (Arredondo et Lozano, 1996).

    L’aquaculture est née au Mexique en tant qu’activité complémentaire de soutien social pour les communautés rurales de façon à augmenter la consommation de protéines animales et améliorer les niveaux nutritifs des populations locales (Juárez-Palacios, 1987). L’élevage d’espèces piscicoles d’eau douce s’est petit à petit diversifié et celui d’espèces marines a commencé à se développer à son tour. La pisciculture marine représente en effet, au Mexique comme dans d’autres pays, une bonne alternative technologique pour répondre à la demande croissante d’aliments riches en protéines de la part de la population (Avilés, 2000). L’élevage d’espèces piscicoles marines y a démarré vers la fin des années 1980 et des expériences furent alors menées sur l’engraissement du pompaneau colombe (Trachinotus paitiensis) dans des cages flottantes immergées au large de la Basse Californie du Sud. A partir de 1989, la pisciculture marine a commencé à se développer de façon expérimentale. Des recherches et des études furent aussi menées sur le processus de reproduction des espèces à forte valeur commerciale comme le mérou, le vivaneau rouge, le crossie blanc, le vivaneau jaune, l’acoupa, le pompaneau, l’acoupa totoaba et le flet (Avilés, 2000).

    L’aquaculture mexicaine a connu différentes phases de développement dont les trois formes principales sont : une aquaculture de subsistance pratiquée dans de petites pièces d’eau et de petites unités de production principalement destinées à l’élevage d’espèces de tilapia et de carpe (surtout pour l’autoconsommation), des pêcheries continentales basées sur la mise en charge systématique des réservoirs de taille moyenne et de grande taille avec des espèces de tilapia, de carpe, de poisson-chat et de bar, des systèmes de production contrôlée, principalement d’élevage de truite, de poisson-chat, de crevette et d’huître, qui exigent de gros investissements et dont les produits sont destinés à être commercialisés (Ramírez et Sánchez, 1998).

    Les dernières informations statistiques disponibles sur la production aquacole au Mexique correspondent à l’année 2003 (SAGARPA, Annales statistiques des pêches 2003). La valeur de la production aquacole s’élevait alors à 419 265 877 dollars EU correspondant à un volume de production de 204 012 tonnes ainsi réparti : 61 704 tonnes de crevettes d’une valeur de 245 591 754 dollars EU, 58 660 tonnes de tilapia d’une valeur de 57 637 915 dollars EU et 48 291 tonnes d’huîtres d’une valeur de 13 063 412 dollars EU (le taux de change était de 10,55 pesos/dollar EU). La production générée par la pêche de capture fondée sur l’élevage s’élevait en 2003 à 133 737 tonnes (poids vivant), dont 60 551 tonnes de tilapia et 46 529 tonnes d’huîtres, les deux principales productions en termes de volume. En ce qui concerne les systèmes de production contrôlée, le volume total s’élevait à 74 039 tonnes (poids vivant) et la principale espèce produite était la crevette avec 62 361 tonnes (SAGARPA, 2003).
    Ressources humaines
    L’aquaculture a créé de nombreux emplois directs et indirects. Selon le Bulletin statistiques des pêches (SAGARPA, 2003), 273 187 personnes travaillent dans le secteur de la pêche de capture et de l’aquaculture (250 159  dans la pêche de capture et la pêche fondée sur l’élevage et 23 028 personnes dans des systèmes d’aquaculture contrôlée). Ces estimations sont obtenues à partir de la méthode des moyennes pondérées.

    Les Etats de la côte Pacifique (Basse Californie, Basse Californie du Sud, Sonora, Sinaloa, Nayarit, Jalisco, Colima, Michoacán, Guerrero, Oaxaca et Chiapas) comptent le plus grand nombre de personnes employées dans le secteur de la pêche. Sur les 152 362 travailleurs qui y sont recensés, 134 940 sont impliqués dans la pêche de capture et la pêche fondée sur l’élevage et 17 422 dans des systèmes d’aquaculture contrôlée. Dans les Etats enclavés (Aguascalientes, Coahuila, Chihuahua, Durango, District fédéral, Guanajuato, Hidalgo, México, Morelos, Nuevo León, Puebla, Querétaro, San Luis Potosí, Tlaxcala et Zacatecas), l’emploi est bien plus limité : sur les 15 627 personnes impliquées dans le secteur de la pêche, 11 319 le sont dans la pêche de capture et la pêche fondée sur l’élevage et 4 308 dans des systèmes d’aquaculture contrôlée (SAGARPA, 2003). Les Etats côtiers du golfe du Mexique et des côtes caraïbes comptent quant à eux 105 197 travailleurs dans le secteurs de la pêche : 103 899  dans la pêche de capture et la pêche fondée sur l’élevage et seulement 1 298 dans des systèmes d’aquaculture contrôlée.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    A l’heure actuelle, la République du Mexique est divisée en six régions aquatiques : le Bassin Pacifique, le Haut plateau du nord, le Bassin du Golfe, la Région Caraïbes, la Région montagneuse et le Haut plateau central (Plan de développement national 2001-20006).

    Espèces cultivées
    La liste des espèces cultivées au Mexique est présentée dans le Tableau 1.

    Tableau 1. Espèces cultivées au Mexique
    Espèce Nom scientifique Espèce Nom scientifique
    Ormeau rouge Haliotis rufescens Bouquet géant Macrobrachium rosenbergii
    Ormeau vert Haliotis fulgens Perche truitée Micropterus salmoides
    Ormeau rose Haliotis corrugata Moule californienne Mytilus californianus
    Vénus Chione spp. Huître creuse américaine Crassostrea virginica
    Palourde japonaise Ruditapes philippinarum Huître creuse du Pacifique Crassostrea gigas
    Thon bleu du Pacifique Thunnus thynnus orientalis Huître creuse de Cortez Cassostrea corteziensis
    Albacore Thunnus albacares Avicule Pteria stema
    Patudo Thunnus obesus Huître perlière mexicaine Pinctada mazatlanica
    Barbue d’Amérique Ictalurus punctatus Pétoncle volant Argopecten ventricosus
    Crevette pattes blanches Litopenaeus vannamei Pétoncle patte de lion du Pacifique Nodipecten subnodosus
    Crevette bleue Litopenaeus stylirostris Garpique tropical Atractosteus tropicus
    Carpe commune Cyprinus carpio Athérine Chirostoma estor
    Carpe miroir Cyprinus carpio C. promelas
    Carpe écailleuse Cyprinus carpio C. lucius
    Poisson rouge Carassius auratus C. sphyraena
    Carpe herbivore Ctenopharyngodon idella C. humboldtianum
    Carpe argentée Hypophthalmichthys molitrix Grenouille-taureau américaine Rana catesbeiana
    Carpe à grosse tête Aristichthys nobilis Grenouille léopard Rana pipiens
    Carpe noire Mylopharyngodon piceus Grenouille ornementale Smilisca baudini
    Garpique alligator Atractosteus spatula Pachymedusa dacnicolor
    Seriole chicard Seriola lalandi Tripion petasatus
    Sériole de Castille Seriola dorsalis Agalychnis callidryas
    Ecrevisse pinces rouges Cherax quadricarinatus Tilapia Tilapia rendalli
    Bouquet pintade Macrobrachium carcinus Oreochromis aureus
    Bouquet cannelle Macrobrachium acanthurus Oreochromis niloticus
    Oreochromis mossambicus
    Macrobrachium americanum Oreochromis urolepis homorum
    Macrobrachium tenellum Truite arc-en-ciel Oncorhynchus mykiss
    Source : Registre national de la pêche 2004.

    Truite
    Culture semi-intensive.
    Les alevins sont achetés et mis en charge à de faibles densités (1/m2). Les rendements peuvent atteindre dans ce système de culture plus de 500 kg/ha. Quand l’élevage est réalisé en étang, les rendements ne dépassent généralement pas 10 kg/m³. Dans des enclos et dans des conditions optimales, la production peut atteindre 20 kg/m3 (Sosa et al., 2000).

    Culture intensive.
    Elle est pratiquée dans des cages flottantes, des raceways, des étangs et des systèmes clos à recirculation et reconditionnement d’eau.

    Crevettes
    Culture intensive.
    Le recours à des nutriments externes est très limité ou seulement partiel. Le niveau de l’eau est maintenu grâce aux marées. Les rendements sont en général inférieurs à 500 kg/ha/an (Álvarez et al., 2000).

    Culture semi-intensive.
    Une combinaison d’aliments pour poisson et d’engrais est utilisée avec des densités de mise en charge moyennes. Ces dernières années, il a cependant été recommandé de diminuer au maximum les taux de mise en charge pour prévenir la présence de maladies. Dans ce système, le remplissage des étangs est réalisé par pompage. La production moyenne atteint entre 1 et 2 tonnes/ha/an (Álvarez et al., 2000).

    Culture intensive.
    Ce système implique le recours à davantage de technologies. Les densités de mise en charge sont plus élevées et les rendements dépassent 2 tonnes/ha/an (Álvarez et al., 2000).

    Tilapia
    Culture extensive.
    Elle est pratiquée dans des réservoirs et des lagunes. Dans certaines régions, elle est aussi réalisée dans de petites retenues artificielles qui tirent avantage de la versatilité écologique du tilapia ainsi que du régime omnivore et de la croissance rapide de cet espèce (Hernández et Peña, 1992).

    Culture semi-intensive.
    Ce système de culture est pratiqué dans de petites pièces d’eau et dans des étangs sous forme de monoculture, de biculture et de polyculture. Dans le cas de la monoculture, les densités de mise en charge varient entre 4 et 6 organismes par mètre carré. Les rendements atteignent entre 1 et 4 tonnes/ha par cycle de production d’une durée comprise entre 8 et 10 mois. L’utilisation d’engrais et l’apport d’aliments supplémentaires sont constants dans ce type d’élevage.

    Culture intensive.
    Elle est pratiquée dans des cages, des raceways, des étangs et des canaux d’irrigation secondaires et tertiaires. Les densités de mise en charge varient entre 80 et 100 organismes/m³ (FAO, 1995 cité par Camacho et al., 2000).

    Autres espèces cultivées
    L’aquaculture mexicaine a recours à une grande variété d’espèces. On peut notamment citer le poisson-chat, les carpes chinoises, plusieurs espèces de tilapia, la truite arc-en-ciel, l’abalone, les moules, les huîtres, les pectens, les écrevisses des genres Procambarus et Artemia, différentes espèces de crevettes marines et d’eau douce, la langouste à pinces rouges, la grenouille-taureau d’Amérique et deux algues (Spirulina et Gracilaria) (Arredondo et Lozano, 2003).

    Toutes les espèces cultivées au Mexique, que ce soit les poissons, les mollusques ou les crustacés, sont décrites dans le Registre national de la pêche. Le nombre total de ces espèces s’élève à 64. On y compte 26 espèces de poissons d’eau douce (9 indigènes, 14 introduites et 3 hybrides), 5 espèces de poissons marins (toutes indigènes), 14 espèces de mollusques d’eau de mer et saumâtre (12 indigènes et 2 introduites), 6 espèces de crustacés d’eau douce (4 indigènes et 2 introduites), 7 espèces de crustacés marins (toutes indigènes) et 6 espèces d’amphibiens (5 indigènes et 1 introduite) (Registre national de la pêche, 2004). D’après l’Annuaire statistique de la pêche (2003), les principales espèces cultivées sont les poissons-chats, les carpes, les crevettes, les athérines, les écrevisses, le bar noir, les différentes espèces de tilapia, les huîtres et les truites. Les plus grands volumes correspondent aux productions de crevettes, de tilapias et d’huîtres (SAGARPA, 2003).

    Le développement de technologies particulières pour l’élevage des espèces indigènes est motivé par les besoins de diversification de l’aquaculture mexicaine. L’objectif est double. Il s’agit de créer une industrie aquacole durable en mesure de satisfaire les attentes du marché mais aussi de développer des systèmes d’élevage et des ressources naturelles durables qui permettent d’enrayer la perte de la biodiversité due à l’introduction d’espèces exotiques pouvant avoir des effets néfastes sur les activités aquacoles (Rojas et Mendoza, 2000).

    Même si l’introduction d’organismes aquatiques s’est faite sur plusieurs décennies, les résultats n’ont pas toujours été positifs. Des espèces indigènes ont ainsi disparu dans le Tunal (Etat de Durango) à la suite de l’introduction de certaines espèces exotiques (Cyprinus carpio, Carassius auratus, Lepomis macrochirus et Micropterus salmoides). En tout, sept espèces indigènes ont disparu en quinze ans seulement. L’introduction d’espèces exotiques provoque aussi la transmission de parasites importés, ce qui entraîne un risque sanitaire pour les espèces endémiques. C’est par exemple le cas avec le Bothriocephalus acheilognathi, un cestode introduit avec la carpe herbivore importée de la République populaire de Chine qui a été détecté chez plusieurs espèces indigènes. (Arredondo et Lozano, 2003).

    Dans le but d’améliorer la qualité de la production, différentes méthodes ont été adoptées. La principale est la sélection génétique. Il est en effet possible d’obtenir de meilleurs rendements avec les espèces génétiquement améliorées car ces dernières présentent des caractéristiques idéales qui garantissent la viabilité des élevages. Les principales caractéristiques sélectionnées privilégient une croissance rapide, un faible taux de reproduction, une grande résistance aux maladies et un taux de conversion alimentaire optimal.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Les cultures pratiquées au Mexique peuvent être classées comme suit :

    Aquaculture de repeuplement
    L’aquaculture de repeuplement implique la mise en charge d’alevins puis la récolte de ces derniers dans différentes pièces d’eau (lacs, lagunes côtières, réservoirs et rivières). Les rendements dépendent essentiellement de la productivité naturelle de la pièce d’eau. En général, ils varient entre 100 et 800 kg/ha/an (Arredondo et Lozano, 2003). Les espèces de tilapia et de carpe sont produites dans les réservoirs les plus grands. L’aquaculture réalisée dans les réservoirs est importante car elle constitue une option à bas coût qui produit de grands volumes destinés au marché domestique (FAO, 1993).

    Aquaculture de subsistance (rurale)
    Les producteurs utilisent de petites pièces d’eau temporaires ou permanentes (petites retenues et mares) qui sont appelés étangs « conditionnés » (Arredondo et Lozano, 2003). Les rendements sont en général compris entre 100 et plus de 400 kg/ha/an mais le recours à la polyculture permet d’y obtenir des rendements supérieurs à 2 tonnes/ha/an. L’aquaculture rurale, c’est-à-dire celle de subsistance ou semi-commerciale, a commencé à se développer au Mexique il y a plus de vingt ans (Arredondo et Lozano, 2003). Les principales espèces cultivées sont celles de tilapia et de carpe. Elles sont surtout destinées à l’autoconsommation (FAO, 1993).

    Aquaculture commerciale ou industrielle
    Ce type d’aquaculture vise à atteindre les plus grands rendements possibles en ayant recours à des intrants externes comme les engrais et les aliments pour poisson qui sont utilisés séparément ou en même temps. Les rendements varient entre 1,5 tonnes/ha/an dans les étangs traditionnels et 25 tonnes/ha/an dans les raceways. Dans certains cas, la polyculture est pratiquée pour augmenter la production. Il s’agit alors le plus souvent d’une combinaison de carpes chinoises et européennes, d’espèces de tilapia et de bouquet géant (Arredondo et Lozano, 2003).

    Niveau d’intensivité
    • Aquaculture extensive. Le but de ce type d’aquaculture est de peupler en organismes aquatiques des réservoirs qui ne l’étaient pas ou bien de repeupler des pièces d’eau dans lesquelles les populations sauvages ou introduites précédemment ont diminué ou disparu à cause de la pollution ou d’autres dégradations. L’intervention humaine se limite à la mise en charge des organismes et n’intervient plus ensuite sur le milieu aquatique jusqu’à la capture (Rodríguez et Maldonado, 1996). L’investissement est limité, le travail n’est pas qualifié et les rendements sont faibles (Arredondo et Lozano, 2003). On compte 23 grandes pièces d’eau dans le pays (Cortés, 1977). Avec d’autres étendues d’eau moyennes et plus petites, elles constituent la base de pêcheries importantes. Cette aquaculture dite de repeuplement contribue chaque année aux statistiques de pêche à hauteur de 100 000 tonnes. Sa production est pratiquement totalement consommée dans le pays.
    • Aquaculture semi-intensive. Elle est pratiquée dans différents types d’infrastructures (étangs et enclos) et de pièces d’eau temporaires ou permanentes (retenues, bassins, réservoirs, canaux d’irrigation, etc.) (Arredondo et Lozano, 2003). L’aquaculture semi-intensive se caractérise en outre par une absence de contrôle des conditions environnementales de la part du producteur. Ce dernier ne s’occupe que de l’alimentation et de la reproduction des organismes. L’approvisionnement en aliments est amélioré au moyen d’engrais biologiques et inorganiques alors qu’une alimentation supplémentaire peut aussi être délivrée. Il s’agit alors généralement de produits végétaux ou autres contenant moins de 10 pour cent de protéines.
    • Aquaculture intensive. Ce type d’aquaculture nécessite des infrastructures particulières : bassins, cages, raceways ou systèmes à recirculation et à reconditionnement de l’eau. En raison de ses caractéristiques, un contrôle étroit des conditions hydriques, de l’alimentation et de la situation sanitaire est nécessaire (Arredondo et Lozano, 2003). Dans ce type de culture, les organismes sont alimentés avec des aliments préparés (en granulés) parfois complétés avec des aliments vivants. Les facteurs environnementaux comme la température, la lumière, l’oxygène dissous, le pH, la salinité ou encore les facteurs biotiques (densité, nutrition, etc.) sont étroitement contrôlés par les aquaculteurs car ils ont tous une influence sur le développement, la croissance et la reproduction des organismes cultivés (Rodríguez et Maldonado, 1996).
    Performance du secteur
    Production
    En 2001, la production aquacole de larves, d’alevins et de semences s’est élevée à un total de 140 millions d’individus (SAGARPA, 2002).

    En 1998, 58 pour cent des entreprises enregistrées dans le secteur de l’aquaculture se consacraient à la production, 30 pour cent fournissaient des services et 12 pour cent des équipements, du matériel, des aliments, etc. (SEMARNAP, 1996).

    La production aquacole a régulièrement augmenté au cours des années 1980 avant de stagner et de baisser faiblement au cours des années 1990. Depuis 1990, les écloseries gérées par l’Etat manquent de financements pour assurer leurs activités et d’infrastructures pour soutenir la croissance du secteur.

    Entre 1989 et 1993, la production ostréicole a baissé de 55 pour cent. Cette chute reflète la forte baisse de la demande en huîtres enregistrée à la suite de l’épidémie de choléra qui a sévi en 1991-1992 sur les côtes du Golfe du Mexique (la principale zone de culture où se concentre 91 pour cent de la production nationale totale).

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Mexique (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Mexique (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Les principaux marchés nationaux pour les produits aquacoles sont ceux de La Viga et de La Nueva Viga, situés dans le district fédéral, et celui de Zapopan situé dans la ville du même nom (Guadalajara). On peut aussi trouver des produits aquacoles dans les centres commerciaux et les supermarchés comme Wal Mart, Sam’s Club, Superama et Aurrera.

    Le prix des produits aquacoles varie d’une chaîne commerciale à l’autre en raison de l’intervention des intermédiaires. Alors que la production est vendue très bon marché, les intermédiaires pratiquent de telles augmentations que les produits finissent par devenir très chers pour le consommateur.

    Le seul instrument légal concernant l’étiquetage des produits alimentaires au Mexique est la Norme NOM-051-SCFI-1994. Elle s’applique à tous les types d’aliments. Elle est très utile pour garantir un étiquetage approprié des boissons non alcoolisées et des aliments (nationaux et étrangers) commercialisés dans le pays dans différents types de conditionnement scellé. Cette réglementation permet aux consommateurs d’acheter les produits en toute connaissance de cause. Les ministères de l’Economie, de la Santé et du Trésor ainsi que le Procureur fédéral à la consommation sont responsables de la supervision de cette réglementation.

    Les principaux produits halieutiques importés au Mexique sont le thon, les crevettes, le saumon et les algues. Pour les produits aquacoles, il s’agit de plantes vivantes, d’œufs fertilisés, de semences, de larves et d’embryons, de racines d’armoise, de polichaetae et de krill ainsi que de stocks de géniteurs et de larves de crevette pénéide et de bouquet géant. Les principaux pays exportateurs sont les Etats-Unis d’Amérique, la Colombie et la Thaïlande (SAGARPA; 2003).

    A l’heure actuelle, le Mexique exporte des produits principalement vers les Etats-Unis d’Amérique, la Corée du Sud, le Japon, l’Espagne et Taïwan. On ne dispose cependant pas de données précises car les informations fournies par le SAGARPA ne font pas de distinctions entre les produits de l’aquaculture et ceux de la pêche de capture. Les espèces exportées comprennent entre autres des crevettes, des homards, des thons, des crustacés, des mollusques et des algues. Ces produits sont exportés sous différentes formes. Ils peuvent en effet être frais, réfrigérés, vivants, congelés, séchés, fumés et en conserve.

    Le gouvernement mexicain a mis en place différents programmes visant à aider le secteur de la pêche et de l’aquaculture. La Bancomext fournit également un soutien financier lors des différentes phases du processus d’exportation en proposant des prêts d’un montant pouvant atteindre 250 000 dollars EU. Au total, 184 679 tonnes de produits halieutiques et aquacoles ont été importées en 2000, ce qui correspond à une valeur de 659 millions de dollars EU. La même année, les exportations de produits halieutiques ont atteint 153 371 tonnes, ce qui correspond à une valeur de 184 millions de dollars EU. Les crevettes sont le principal produit exporté pour une valeur d’environ 410 millions de dollars EU.
    Contribution à l'économie
    Le secteur de la pêche représente environ 0,4 pour cent du PIB mexicain. En 1996, trois Etats seulement (sur 31) fournissaient plus de la moitié du PIB de ce secteur (51 pour cent). Il s’agissait des Etats de Sinaloa, Sonora et Veracruz. Le secteur de l’aquaculture représente quant à lui moins de 15 pour cent de la production totale du secteur de la pêche et moins de 1 pour cent du PIB de l’agriculture et des exportations (Bancomext, 2003). On estime que le secteur de la pêche et de l’aquaculture fournit un emploi direct ou indirect à environ 260 000 personnes.

    En raison de l’augmentation de la population (qui comptait plus de 106 millions d’habitants en 2008) et de l’extrême pauvreté qui prévaut au Mexique, le régime alimentaire de nombreuses personnes est de piètre qualité et mal équilibré. Le niveau général de malnutrition est élevé et la sécurité alimentaire est dès lors devenue une priorité pour le pays. Pour cette raison, l’aquaculture fait figure d’alternative obligée pour accroître l’approvisionnement en protéines animales et réduire les niveaux de malnutrition des segments les plus pauvres de la population mexicaine.

    Les chiffres officiels révèlent que l’aquaculture ne fournit pas suffisamment de produits alimentaires pour satisfaire les besoins (204 012 tonnes en 2003). La consommation moyenne de poisson par habitant s’élevait entre 1992 et 2002 à 12,72 kg/an (SAGARPA, 2002). Elle est inférieure aux besoins minimums qui s’élèvent à 20 kg par personne et par an (Edwards, 1997).

    L’aquaculture rurale est réalisée dans les régions les moins développées du pays sur le plan économique, là où l’on trouve les plus hauts niveaux de très grande pauvreté. Cette activité est cependant limitée car la consommation d’animaux aquatiques n’est pas traditionnelle même s’il s’agit d’aliments importants du point de vue nutritionnel.

    Afin d’aider la population pauvre, la production obtenue dans les 39 centres aquacoles exploités et supervisés par la CONAPESCA est acheminée vers 608 municipalités dont 51 pour cent présentent une situation d’extrême pauvreté. 126 000 familles bénéficiaient ainsi d’une amélioration qualitative de leur nutrition et pouvaient obtenir un revenu supplémentaire de la vente de leurs produits (SAGARPA, 2004).

    Le Programme national de soutien à l’aquaculture rurale encourage le développement de l’aquaculture dans les régions marginales avec la fourniture d’alevins et d’un support technique de la part des institutions nationales. Des subventions sont aussi distribuées pour aider à la restructuration ou à la construction d’infrastructures, à l’acquisition d’équipements ou à l’embauche de techniciens spécialisés. Au cours de l’année 2001, 11 541 familles ont bénéficié de ce programme dans les régions les plus pauvres du pays avec la mise en charge de 13 millions d’organismes pour la production de poisson-chat, de carpe et de tilapia en étang. En 2003, 4 129 producteurs ruraux en ont profité à leur tour pour restructurer leurs unités de production rurale, acquérir des équipements et bénéficier d’une assistance technique. Ces producteurs appartiennent à 239 communautés situées dans 110 municipalités à travers le pays (SAGARPA, 2004).
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Depuis 2001, le ministère de l’Agriculture, de l’élevage, du développement rural, de la pêche et de l’alimentation (SAGARPA) est en charge de la gestion de la législation relative au secteur de la pêche et de l’aquaculture. D’après la loi, les tâches et les responsabilités du SAGARPA comprennent entre autres la désignation de zones appropriées pour l’aquaculture, la règlementation relative à l’introduction d’espèces et la promotion du développement de l’aquaculture. Le SAGARPA est composé de nombreux bureaux et départements administratifs. On dispose d’une vue d’ensemble de la structure du ministère de l’Agriculture, de l’élevage, du développement rural, de la pêche et de l’alimentation dans le Règlement intérieur de celui-ci.

    La Commission nationale de l’aquaculture et de la pêche (CONAPESCA) est une entité administrative du SAGARPA créée en 2001. Elle est responsable de la gestion, de la coordination et du développement de la politique relative à l’usage et à l’exploitation durable des ressources halieutiques et aquacoles. La Commission bénéficie du soutien de l’Institut national de la pêche (INP). Cet autre organisme administratif du SAGARPA est responsable des travaux scientifiques et technologiques. L’INP fournit des conseils en matière de préservation, de repeuplement, de promotion, d’élevage et de développement des espèces aquatiques. Il a aussi développé le Registre national de la pêche. Ce dernier, mis à jour chaque année, est un nouvel instrument pour la gestion des pêches qui fait l’inventaire de toutes les ressources halieutiques des pièces d’eau fédérales et résume leur situation.

    Le SAGARPA est responsable de la bonne gestion et de l’exploitation durable des ressources halieutiques et aquacoles. Il soutient l’évolution de la chaîne formée par la production, la distribution et la consommation dans le but d’encourager le développement intégral des producteurs du secteur et de contribuer ainsi à l’amélioration du niveau nutritionnel de la population.

    L’Institut national de la pêche est responsable de la production de l’information technique et scientifique nécessaire à la prise de décision dans la gestion des ressources halieutiques et aquacoles. Il identifie et établit aussi les lignes de recherche en matière de pêche et d’aquaculture par l’intermédiaire de ses Centres régionaux de recherche sur la pêche.

    Le SAGARPA a développé le Programme sectoriel de l’agriculture, de l’élevage, du développement rural, de la pêche et de l’alimentation qui s’intéresse, entre autres, à l’exploitation durable des ressources halieutiques et aquacoles ainsi qu’à la promotion de la rentabilité du secteur de la pêche et de l’aquaculture sur le plan économique comme sur le plan social. Le programme cherche aussi à moderniser et à promouvoir les mesures légales applicables aux activités halieutiques et aquacoles.
    Règlements en vigueur
    Cadre légal de l’aquaculture
    La Loi sur la pêche de 1992 et le Règlement relatif à la loi sur la pêche de 1999 sont les deux principaux documents qui régissent la conservation, la préservation, l’exploitation et la gestion de l’ensemble de la faune et de la flore aquatique. La Loi sur la pêche a été amendée en 2001 alors que son Règlement l’a été en 2004. Plusieurs Normes officielles mexicaines (NOM) facilitent la mise en place de la Loi sur la pêche en apportant des précisions sur les exigences en matière de développement des activités halieutiques et aquacoles. Il s’agit en général de mesures et de normes spécifiques exigées par la loi et proposées par les différents ministères dans leur domaine de compétence. Ces Normes sont publiées par le pouvoir exécutif fédéral.

    Règlement relatif à la Loi sur la pêche
    L’aquaculture est traitée dans la troisième partie du Règlement relatif à la Loi sur la pêche. Le Ier chapitre présente des dispositions générales en matière d’aquaculture (articles 101-105). Le chapitre II s’occupe de l’aquaculture commerciale. Il décrit les concessions relatives à ce type d’aquaculture et les conditions à remplir pour exploiter commercialement les eaux de la juridiction fédérale (articles 107 et 108). Le chapitre III aborde l’aquaculture dite de développement et décrit les exigences à satisfaire pour obtenir les permis pour mener ce type d’activité (articles 114-119). Le chapitre IV évoque l’aquaculture didactique et les autorisations permettant de développer cette activité (articles 120-124). Le chapitre V détaille toute l’information nécessaire pour obtenir des permis relatifs à l’introduction d’espèces dans les pièces d’eau de la juridiction fédérale (articles 125-127). Le chapitre VI, enfin, s’occupe de la santé aquacole (articles 128-136). Ce chapitre indique que des certificats sanitaires sont nécessaires pour toute introduction d’espèces animales ou végétales aquatiques. Ces documents doivent être fournis par les autorités compétentes du pays d’origine. Il est aussi question dans ce chapitre des quarantaines appliquées et du certificat sanitaire aquacole qui doit être obtenu à la fin de celles-ci auprès du ministère (Loi sur la pêche et son règlement, 2001).

    Instruments de la Politique environnementale en aquaculture
    Contrairement à l’aquaculture commerciale, l’aquaculture à petite échelle n’a pas d’effets particulièrement négatifs sur l’environnement. Elle est cependant soumise aux politiques environnementales et à l’aménagement écologique qui s’appliquent à toutes les activités. Dans le but de fournir des avantages aux producteurs ruraux, il est nécessaire de faciliter l’installation d’unités de production utilisant de façon durable les ressources naturelles. Il s’agit donc d’établir un cadre légal qui :
    • Provoque un développement compatible avec les caractéristiques et les compétences de chaque région.
    • Tire pleinement avantage des ressources naturelles de façon durable pour lutter en premier lieu contre la pauvreté.
    • Protége l’environnement et les ressources naturelles grâce à des règlementations efficaces et complètes.

    Aménagement écologique
    Selon la Loi générale de l’équilibre écologique et de la protection de l’environnement, l’aménagement écologique est le processus de planification qui vise à évaluer et à programmer l’utilisation des sols, ainsi que la gestion des ressources naturelles sur le territoire national et dans les zones où la nation exerce sa souveraineté, pour préserver et restaurer l’équilibre écologique et pour protéger l’environnement. Ce processus comprend les trois étapes suivantes : évaluation (diagnostic), planification et gestion (administration) (Ramírez et Sánchez, 1998b). Les politiques relatives à l’aménagement écologique renvoient aux activités de protection, de préservation, d’utilisation (d’exploitation) et de restauration. Les études d’aménagement écologique sont réalisées dans des régions considérées comme prioritaires en raison de la grande biodiversité, de la pauvreté extrême ou du haut degré de détérioration environnementale qui les caractérisent. Il s’agit de régions présentant un fort potentiel de développement. Ce cadre permet de lancer des actions publiques qui visent la préservation des ressources naturelles et le développement durable. L’aquaculture peut y être développée en harmonie avec d’autres activités. Ce processus encourage aussi l’enregistrement légal des unités productives afin de connaître parfaitement la distribution de ces dernières et d’éviter ainsi une concentration excessive qui peut avoir des effets négatifs sur les écosystèmes et sur les exploitations aquacoles elles-mêmes (Álvarez, 2000).

    Evaluation de l’impact environnemental
    Selon la Loi générale de l’équilibre écologique et de la protection de l’environnement, l’évaluation de l’impact environnemental est définie comme un mécanisme technique et administratif qui permet d’identifier et de prévenir les effets négatifs sur l’environnement que la mise en œuvre d’un projet public ou privé est susceptible de provoquer (non-respect des exigences et des limites établies par les règlements et les normes techniques écologiques, déséquilibres écologiques, etc.) (Ramírez et Sánchez, 1998b).

    Normes officielles mexicaines
    Dans le cadre de la Loi fédérale sur la métrologie et la normalisation, de la Loi sur la pêche et du Règlement relatif à cette dernière, plusieurs dispositions juridiques ont été établies depuis 1993 par l’intermédiaire du Comité consultatif national de normalisation de la pêche responsable. Elles permettent un développement harmonieux de l’aquaculture. Les principales Normes officielles actuellement en vigueur sont :
    • La Norme NOM-002-PESC-1993 relative à l’approbation des espèces crevetticoles exploitées dans les eaux relevant de la juridiction fédérale.
    • La Norme NOM-009-PESC-1993 établissant la procédure qui permet de déterminer les saisons et les zones interdites à la capture des différentes espèces végétales et animales aquatiques dans les eaux relevant de la juridiction fédérale.
    • La Norme NOM-010-PESC-1993 établissant les exigences sanitaires en matière d’importation d’organismes aquatiques destinés à l’aquaculture et à l’aquariophilie sur le territoire national (quel que soit leur stade de développement).
    • La Norme NOM-011-PESC-1993 règlementant l’application des quarantaines qui visent à éviter l’introduction de maladies attestées et visibles dans les importations d’organismes aquatiques.
    • La Norme NOM-128-SSA1-96 relative aux biens et services qui met en place une Analyse des risques et maîtrise des points critiques (ARMPC) dans les usines de transformation des produits halieutiques.
    • La Norme NOM-030-PESC-2000 relative aux éléments qui permettent de déterminer la présence de maladies virales chez les crustacés vivants ou morts ainsi que dans leurs sous produits, et notamment chez les artémias (Artemia spp.), en vue de leur introduction sur le territoire national et de leur transport à travers ce dernier.
    • La Norme NOM-059-ECOL-2001 relative à la protection de l’environnement qui s’occupe des espèces végétales et animales indigènes et permet de définir quelles sont les catégories à risque pour l’insertion, l’exclusion ou le changement du statut de celles-ci dans la liste des espèces en danger.
    • La Norme NOM-EM-05-PESC-2002 établissant les exigences et les mesures qui visent à prévenir et à contrôler la propagation des maladies graves ainsi que les conditions requises pour utiliser des antibiotiques dans la crevetticulture (Registre national de la pêche, 2004).
    Pour obtenir davantage d’informations au sujet de la législation aquacole au Mexique, veuillez cliquer sur le lien suivant :
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture – Mexique (en anglais)
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les priorités en matière de recherche sont établies au niveau gouvernemental suivant différentes stratégies : annonces au sein de forums, propositions des Réseaux nationaux de recherche en aquaculture (crevette, tilapia, truite, poisson marin, etc.), rencontres nationales de différentes natures (notamment des congrès), entretiens avec des producteurs et des chercheurs, information diffusée par des agences de financement (FIRA), etc. L’ensemble de l’information collectée est analysé de façon à définir les lignes directrices de la recherche aquacole. Le ministère de l’Agriculture, de l’élevage, du développement rural, de la pêche et de l’alimentation (SAGARPA) est l’institution responsable du suivi des avancées de la recherche par l’intermédiaire de la Direction générale de recherche aquacole (DGIA) de l’Institut national de la pêche (INP).

    Les institutions publiques jouent un rôle important dans l’enseignement, la recherche et la culture. Dans le cas de la recherche en aquaculture, leur principal rôle est le développement de technologies pouvant contribuer à l’augmentation de la production. Afin d’atteindre un niveau satisfaisant, la participation active des aquaculteurs devient nécessaire. Elle n’est cependant pas encore pleinement réalisée et seulement quelques groupes de producteurs travaillent volontiers de façon coordonnée avec les institutions et les chercheurs.

    Les progrès obtenus grâce à la recherche sont diffusés grâce à des manuels et des publications ou lors de conférences, d’ateliers et de formations.

    Le Tableau 2 fournit la liste des principales institutions impliquées dans la recherche en aquaculture. L’Institut technologique de la mer n° 1 de Veracruz, le Centre des recherches biologiques du Nord-est (CIBNOR), le Centre de recherche sur l’alimentation et le développement (CIAD) et le Centre de la recherche scientifique et d’éducation supérieure d’Ensenada (CICESE) proposent des formations postdoctorales. L’Institut technologique de la mer de Nayarit propose quant à lui un diplôme en biologie avec une spécialisation en aquaculture.

    Tableau 2 : Principales institutions proposant des programmes de recherche en aquaculture
    Niveau Universités et centres de recherche
    Universitéset instituts Universitéautonome métropolitaine (UAM) de Xochimilco et d’Iztapalapa)
    Universiténationale autonome de Mexico (UNAM)
    Universitéautonome de Nuevo León (UANL)
    Universitéautonome de Campeche (UAC)
    UniversitéJuárez autonome de Tabasco (UJAT)
    Universitéautonome de la baie de Californie (UABC)
    Universitéde Sonora (UNISON)
    Universitéd’Occidente (UDO)
    Universitéautonome de la Basse Californie du sud
    Universitéautonome de Yucatán
    Institut technologique de la mer n° 1 de Veracruz
    Institut technologique de la mer n° 6 de Nayarit
    Institut technologique de Monterrey
    Centres de recherche Centre de recherche sur l’alimentation et le développement (CIAD) de Mazatlán et d’Hermosillo
    Centre des sciences de Sinaloa (CCS)
    Centre des recherches biologiques du nord-est (CIBNOR)
    Centre de la recherche scientifique et de l’éducation supérieure d’Ensenada (CICESE)
    Source : Bulletin du Programme national de l’hygiène aquatique et Bulletin des associations du réseau de diagnostic et d’hygiène aquatique (Álvarez et al., 2000)
    Tendances, questions et développement
    Jusqu’à une période récente, le développement de l’aquaculture mexicaine s’est principalement concentré sur les espèces d’eau douce. Quelques espèces d’eau de mer et d’eau saumâtre sont cependant importantes en termes de valeur de la production. La culture d’espèces exotiques est en outre plus développée que celle des espèces locales. La culture de crustacés occupe une place prépondérante dans l’aquaculture à cause de son importance sur le plan économique dans la région du Pacifique nord-ouest. La crevetticulture est enfin l’activité dont le développement technologique est le plus significatif car la crevette est devenue le principal produit d’exportation (Álvarez et Avilés, 1995).

    La mytiliculture a également fait de grands progrès, surtout en ce qui concerne les huîtres, les moules et les ormeaux. La recherche s’est aussi concentrée ces dernières années sur d’autres espèces comme les clams, les pectens indigènes et les huîtres perlières dans le but d’améliorer les techniques de culture (SEMARNAP, 1995). Le tilapia est le poisson dont l’élevage est le plus largement diffusé. Cultivé dans un large éventail de réservoirs et de pièces d’eau dans tout le pays, il est à la base de plusieurs pêcheries importantes et représente plus de 60 pour cent de la production piscicole totale.

    L’aquaculture constitue une source supplémentaire de protéines pour la population et contribue ainsi à la sécurité alimentaire. Elle génère aussi des revenus en devises étrangères, encourage le développement régional, crée de nouveaux emplois et réduit la pression exercée sur les ressources naturelles, en particulier dans les régions côtières.

    L’aquaculture représente un peu plus de 12 pour cent de la production totale du secteur de la pêche. On estime que d’ici 10 à 15 ans, sa contribution pourrait atteindre jusqu’à 40 pour cent de ce dernier. Le développement de l’aquaculture a cependant été assez lent jusqu’à présent à cause de différents facteurs et notamment :
    • De politiques sectorielles peu orientées vers l’aquaculture.
    • De changements récurrents des gouvernements et par conséquent des institutions impliquées dans ce secteur.
    • D’un manque d’information.
    • D’une utilisation inappropriée des connaissances scientifiques et technologiques de base.
    • D’un manque de fonds.
    • Du manque d’un cadre juridique qui garantisse la possession légale des terres afin de faciliter la fourniture de services de la part des banques et d’autres institutions financières, surtout dans les régions côtières.

    Malgré ses résultats positifs tant sur le plan social qu’économique, le développement de l’aquaculture est encore loin d’avoir atteint tout son potentiel. Le Mexique peut encore augmenter sa production aquacole de façon durable et contribuer ainsi à la sécurité alimentaire ainsi qu’au développement rural, tant au niveau local qu’au niveau national. En profitant des nombreuses zones hydrologiques très diversifiées du pays, il serait possible de produire des aliments pour l’autoconsommation et de commercialiser les excédents.

    La croissance future de l’aquaculture devrait être soigneusement encouragée en prenant en compte ses éventuels effets sur l’environnement. Une attention particulière devrait être accordée à certaines stratégies globales comme le Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO dont l’Article 9 cite le besoin croissant de trouver de nouvelles alternatives en matière de production pour préserver les ressources naturelles locales (FAO, 1995).

    En outre, le relief mexicain est tel qu’il génère une grande diversité de conditions climatiques et d’écosystèmes qui contribuent à leur tour au développement d’un secteur aquacole très diversifié. Le plan actuel de développement du secteur aquacole envisage différents niveaux d’action afin d’obtenir de meilleurs rendements tant de l’aquaculture de subsistance à petite échelle que des activités de repeuplement et de l’aquaculture commerciale ou industrielle. Les actions envisagées sont étroitement liées à différentes questions socioéconomiques et environnementales.

    Les produits de l’aquaculture doivent satisfaire les standards internationaux, non seulement en matière de protection des ressources naturelles mais aussi quant à la transformation et à la manutention des produits. Ces standards impliquent une augmentation des coûts de production et, dans certains cas, limitent le potentiel commercial de celle-ci.

    La contribution de l’aquaculture au développement économique et social dépend d’une planification appropriée de ce secteur dans le contexte de l’aménagement environnemental. L’utilisation incontrôlée des ressources hydriques et la dégradation rapide des régions côtières sont ainsi des sujets de préoccupation (Álvarez, 1996).

    Le Programme national de soutien à l’aquaculture rurale a pour objectif d’encourager les projets d’investissement à petite échelle grâce à des subventions destinées aux producteurs ruraux. Le but est de créer des unités de production efficaces et compétitives. L’objectif de ce programme est de coordonner les actions des gouvernements des Etats et de mettre en place des fonds de financement qui permettent de satisfaire les besoins des producteurs pauvres en matière d’assistance technique, de formation, d’analyse, d’infrastructure (nouvelles constructions et modernisation des structures existantes), d’équipement, d’achat d’intrants, de création d’unités de démonstration et de développement d’alternatives à la pêche riveraine. Jusqu’à présent, 343 productions rurales ont obtenu des aides. Ce soutien a notamment permis la réhabilitation de retenues d’eau et d’étangs, la construction d’étangs traditionnels et de cages pour l’élevage de tilapia, la construction d’unités de démonstration pour la pisciculture et la mytiliculture marine, l’acquisition de matériels pour contrôler les paramètres physiques et chimiques, l’achat de balances, de pompes, de chambres froides, etc., la fourniture d’une assistance technique et de formations, etc. Ces aides ont bénéficié à 4 129 producteurs ruraux situés dans 239 communautés appartenant à 110 municipalités à travers le pays (SAGARPA, 2004).

    En ce qui concerne les conditions sanitaires des organismes aquatiques, le Système d’information des résultats diagnostiques du Réseau de laboratoire (SIRED) a été créé. Son objectif est d’informer la CONAPESCA et le SENASICA quant aux risques élevés de maladies dans l’aquaculture. Les Comités de santé aquacole ont également été créés comme organismes auxiliaires pour la prévention, le diagnostic et le contrôle des maladies aquacoles. Ils réalisent des campagnes de santé (SAGARPA, 2004). A l’heure actuelle, on compte 17 Comités de santé aquacole (dans les Etats de Aguascalientes, Basse Californie, Basse Californie du Sud, Chihuahua, Mexico, Hidalgo, Jalisco, Michoacán, Morelos, Nayarit, Sinaloa, Sonora, Tabasco, Tamaulipas, Tlaxcala, Puebla et Veracruz).

    Programme « Alianza Contigo »
    Avec le programme « Alianza Contigo », la CONAPESCA a distribué des subventions au secteur de la pêche et de l’aquaculture dans le but d’améliorer la compétitivité des unités de production et d’assurer une utilisation durable et rationnelle des ressources. En 2003, 243 projets ont été approuvés. L’investissement total s’élevait à 122 millions de pesos et 25 000 personnes en ont bénéficié. En 2004, 63 projets ont été approuvés pour un investissement total s’élevant à 85 millions de pesos distribués dans douze Etats du pays. Grâce à ce programme, on assiste à une concentration de la production halieutique et aquacole qui entraîne la reconversion du secteur vers la culture des espèces offrant un plus grand potentiel de développement. Une plus grande attention est aussi accordée aux groupes sociaux à bas revenus qui cherchent à accéder à des activités productives rentables.

    Chaînes de production halieutique et aquacole
    Ces chaînes sont nées du Programme de création et de renforcement des Réseaux de valeur dont le principal objectif est de regrouper des unités de production plus compétitives et articulées en réseaux de valeur à travers les Comités système-produit. Ces derniers entendent améliorer l’organisation du secteur, générer des produits à forte valeur ajoutée et pénétrer sur les marchés nationaux et internationaux (SAGARPA, 2004).

    Encouragement à la consommation
    Le Comité national pour l’encouragement à la consommation de produits halieutiques et aquacoles est l’organisme chargé de mettre en place le Programme alimentaire national auquel participent aussi bien des institutions publiques que des organismes privés (ministères de l’Economie et de la Santé, Procureur fédéral à la consommation (PROFECO), Chambre nationale des industries de la pêche et de l’aquaculture (CANAINPESCA), Conseil national des coopératives (CONACOOP), Association nationale des magasins et des supermarchés de détail du Mexique (ANTAD), criée de Nueva Viga entre autres). Ce programme entendait garantir l’approvisionnement en produits halieutiques et aquacoles mexicains en quantités suffisantes, augmenter la variété des espèces disponibles à des prix abordables pour la population et promouvoir la consommation de poissons et de fruits de mer. Il entendait aussi informer la population au sujet des meilleures options d’achat et renforcer les actions de protection des consommateurs (SAGARPA, 2004).

    Assistance technique et formation
    En réponse aux insuffisances constatées dans les demandes présentées au cours de l’année 2003 pour obtenir un soutien du programme « Alianza Contigo », une assistance technique et des formations ont été proposées aux pêcheurs et aux aquaculteurs pour permettre à ces derniers de mieux formuler et de mieux élaborer leurs projets. L’accent a été mis sur les compétences managériales et administratives ainsi que sur la qualité, l’hygiène et l’innocuité des produits.

    Recherche appliquée pour le développement de l’aquaculture
    La recherche aquacole menée par l’Institut national de la pêche (Premier rapport d’activités ; SAGARPA, 2001) a augmenté l’interaction entre le secteur productif et le secteur académique grâce au Réseau national de la recherche en aquaculture. Au total, 760 membres appartiennent à ce réseau. Ils dépendent de 120 institutions réparties à travers tout le territoire national. La recherche s’attache en particulier aux questions sanitaires relatives à la gestion du virus du syndrome des taches blanches chez les crevettes et au contrôle sanitaire des huîtres et des clams. Dans le domaine de la nutrition, les projets de recherche se sont concentrés sur la digestibilité des aliments commerciaux de façon à limiter les effets de ces derniers sur l’environnement (SAGARPA, 2001b).

    Le développement futur de l’aquaculture mexicaine dépendra du succès de la mise en oeuvre de technologies efficaces ainsi que de processus d’innovation, de modernisation et de conversion. Même si un certain nombre de projets de recherche ont été récemment menés par les institutions académiques dans le but de développer des techniques d’élevage des espèces indigènes, il est encore nécessaire de créer un mécanisme de coordination nationale qui profite des compétences actuelles et des infrastructures disponibles pour obtenir de meilleurs résultats dans ce domaine.
    Références
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