Accueil FAO>Pêches et aquaculture
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
EnglishEspañolРусский
  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Espèces cultivées
    5. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    En 2004, la production aquacole du Maroc a atteint 1698 tonnes. Cette production ne représente que 0,19 pour cent de la production halieutique totale. La contribution de l'aquaculture marine a été de 788 tonnes, soit 47 pour cent de la production aquacole nationale. Elle est axée principalement sur le bar européen et la daurade royale qui participent pour 91 pour cent à cette production. Ces deux espèces sont élevées en système intensif, soit en cages flottantes en lagune, soit en milieu ouvert. Démarrée à la fin des années 80, cette aquaculture est depuis en stagnation, voir même en baisse, suite à la chute brutale des prix sur le marché européen et la disparition de deux sociétés aquacoles. Actuellement, deux entreprises aquacoles exercent encore leurs activités le long de la côte méditerranéenne. La production est destinée dans sa quasi-totalité, à l'exportation vers l'Italie, l'Espagne et la France.

    En 2004, l'aquaculture continentale a produit 685 tonnes, soit 40 pour cent de la production aquacole nationale. Elle est largement dominée par la carpe commune qui contribue pour 88 pour cent à cette production. Elle est destinée, en totalité, au repeuplement de retenues de barrages. Deux sociétés assurent la production de carpillons pour l'Office national de l'eau potable et la lutte contre l'eutrophisation des retenues. La production de truite arc-en-ciel, réalisée par une seule société, a été de 50 tonnes. Produites en étangs naturels et artificiels en système semi intensif, elles sont destinées au marché local .

    Depuis son apparition au cours des années 50, la production de la conchyliculture marine est restée quasiment constante aux environs de 200 tonnes. En 2004, six entreprises ont produit 160 tonnes. Composée essentiellement d'huîtres creuses, elle est destinée au marché local.

    Plusieurs administrations se partagent la gestion de l'aquaculture nationale. Ainsi, la Direction de l'élevage du Ministère de l'agriculture, du développement rural et des pêches maritimes (MADRPM) est responsable de l'application de la réglementation sanitaire. Le Haut Commissariat aux eaux et forêts et à la lutte contre la désertification (HCEFLCD) gère la mise en valeur piscicole des eaux continentales et en contrôle l'exploitation. L'aquaculture marine est gérée par le Département des pêches maritimes du MADRPM. Il est chargé de délivrer les autorisations pour la réalisation de tout projet aquacole ainsi que pour l'importation et la commercialisation des produits aquacoles et ce, en étroite concertation avec la Direction de l'élevage. Par contre, c'est le Ministère de l'équipement qui est chargé de délivrer les autorisations d'occupation du domaine public maritime.

    Les pouvoirs publics reconnaissent l'existence de nombreux obstacles au développement du secteur de l'aquaculture et oeuvrent à l'émergence d'une industrie aquacole économiquement rentable et biologiquement stable. Dans ce cadre, le Gouvernement a sollicité en 1997 l'appui de la FAO pour la réalisation d'une étude sur les potentialités aquacoles nationales. En 2003, les premières Journées nationales d'aquaculture ont été organisées, regroupant l'ensemble des intervenants du secteur. De même, une étude a été lancée par le HCEFLCD sur l'aquaculture continentale et les perspectives de son développement.
    Historique et aperçu général
    Les premières activités aquacoles marines ont débuté il y a une cinquantaine d'années par l'élevage d'huîtres dans la lagune de Oualidia en Atlantique, au sud de Casablanca, avec une production d'environ 200 tonnes. Quelques entreprises ostréicoles sont encore opérationnelles.

    Les premiers essais d'élevage intensif de poissons marins ont été initiés au cours des années 80, sur des sites méditerranéens propices à ce type d'aquaculture. Actuellement, deux exploitations dominent: la Société Marost et la Société Aqua M'diq.

    La Société Marost (lagune de Nador) a été créée en 1985 pour développer la production de l'huître, de la palourde, de la crevette, du bar européen et de la daurade royale. Très vite elle a été obligée de réorienter ses choix de produits et d'adapter ses modes de production. De plus, les différentes phases de production ont été intégrées depuis l'écloserie jusqu'au conditionnement et à l'expédition des produits, y compris les services de contrôle et de recherche internes (pathologie, bactériologie, nutrition, etc.). La production actuelle est concentrée sur le bar européen et la daurade royale. La Société Aqua M'diq est située dans la baie de M'diq, également sur la côte méditerranéenne.

    Quant à l'aquaculture continentale, elle a débuté en 1924 avec la création de la station piscicole d'Azrou. L'objectif initial de cette unité était la promotion de la pêche sportive par le biais de la reproduction et du déversement d'alevins de poissons à haute valeur nutritionnelle et économique, notemment dans des lacs du Moyen Atlas et dans diverses retenues. A partir des années 80, suite à l'installation de communautés de pêcheurs professionnels dans ces milieux, l'administration a réorienté ses activités vers la pisciculture alimentaire, sous la forme d'élevages intensifs en étangs naturels et artificiels.

    Assuré du soutien du HCEFLD, l'investissement privé a connu un grand essor après les années 90. Quelques unités aquacoles privées encore actives pratiquent l'élevage de l'anguille, de truites, de la carpe commune, du tilapia du Nil et de l' huître creuse du Pacifique.

    En 2004, la pêche a produit plus de 907 626 tonnes d'une valeur de 559 millions de dollars EU. L'aquaculture a contribué à cette production pour 1 698 tonnes d'une valeur de 6,4 millions de dollars EU environ.
    Ressources humaines
    Actuellement, le nombre de personnes impliquées dans le secteur de l'aquaculture au niveau national est d'environ 607 personnes, dont 454 permanents, 112 occasionnels et 41 divers (pêcheurs, mareyeurs, intermédiaires, transporteurs, etc.). Il faut cependant noter que chacune de ces personnes fait vivre en moyenne cinq autres individus, soit au total 3 000 personnes environ. Le tableau ci-après donne la composition par entreprise en juin 2005:

    EntreprisePersonnel permanentPersonnel occasionnelPersonnel diversTotal
    Marost*961041147
    Aqua M'diq2015035
    Dakhla10  10
    Khnéfiss7  7
    Oualidia12817 145
    Aquaculture continentale4870 118
    CNPH10  10
    INRH40  40
    Facultés scientifiques95  95
    TOTAL45411241607
    Source: enquête réalisé par Me El Ahdal, coordinateur national du SIPAM
    (*) Les chiffres relatifs à la Société Marost risquent de diminuer significativement au cours des mois à venir
    Espèces cultivées
    Les espèces marines dont l'élevage est actuellement effectué sont les suivantes:
    • Daurade royale (Sparus aurata ) et bar européen (Dicentrarchus labrax ): espèces indigènes; soit alevins capturés en milieu naturel et engraissés en lagune (Nador), soit alevins importés d'Espagne, prégrossis en bassins puis engraissés en cages en lagune (Nador). Ecloseries et nurseries développées sur place par la société Marost.
    • Depuis octobre 2003, l'on pratique aussi l'élévage en cage du maigre commun (Argyrosomus regius ).
    • Thon rouge (Thunnus thynnus ): pratique traditionnelle de l'engraissement de thons rouges capturés en madrague au cours de leurs migrations Atlantique-Méditerranée.
    • Huître creuse (Crassostrea angulata ): espèce importée dans les années 50 d'Espagne et du Portugal par des investisseurs marocains.
    • Huître creuse (Crassostrea gasar ): espèce importée du Sénégal pour le grossissement sur la côte atlantique.
    • Huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas ): espèce importée du Japon pour le grossissement sur la côte atlantique; actuellement importation de naissains français pour élevage sur le site de Oualidia. Essai de production de naissains à Marost pour grossissement à Oualidia et substitution progressive aux importations.
    • Huître plate européenne (Ostrea edulis ): espèce indigène de la Méditerranée initialement élevée dans la lagune de Nador; élevage peu développé du fait de difficultés d'exportation.
    • Palourde (Ruditapes decussatus ):espèce indigène de la Méditerranée et de l'Atlantique; pêchée sur des gisements naturels pour exportation vers des marchés européens.
    • Crevette kuruma (Penaeus japonicus ), espèce non indigène importée d'Europe à l'état de post larves pour des fermes méditerranéennes; essais de production au sein des Sociétés Marost et SAM.
    En aquaculture continentale, les espèces cultivées sont soit indigènes, soit exotiques. Les espèces indigènes sont les suivantes: truite fario (Salmo trutta fario macrostigma ), barbeau fluviatile (Barbus barbus ), anguille européen (Anguilla anguilla ), grande alose (Alosa alosa ), petite alose (Alosa finte ) et mulet à grosse tête (Mugil cephalus ).

    Parmni les espèces piscicoles introduites en moins d'un siècle, quelques espèces se sont acclimatées et sont actuellement produites : truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss ), brochet (Esox lucius ), carpe commune (Cyprinus carpio ), carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus ), carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix ), black-bass (Micropterus salmoides ), perche (Perca fluviatilis ), sandre (Stizostedion lucioperca ), tilapia du Nil (Oreochromis niloticus ), écrevisse à pattes rouges (Astacus astacus ) et écrevisse américaine (Orconectes limosus ).

    Elles sont actuellement reproduites artificiellement dans les trois stations du Centre National d'Hydrobiologie et de Pisciculture (CNHP) où plus de deux millions d'alevins sont produits annuellement. Ces alevins sont régulièrement empoissonnés dans différents types de milieux aquatiques afin d'enrichir leur faune ichtyologique. Le développement de cette pisciculture de repeuplement a permis l'amélioration des rendements de la pêche commerciale, la promotion de la pêche sportive et la lutte contre l'eutrophisation dans les canaux d'irrigation et les lacs de retenue destinés à l'eau potable.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    En dépit de plusieurs milliers de kilomètres de côte le long de l'Océan Atlantique et de la Mer Méditerranée, peu de sites sont propices à l'établissement d'exploitations aquacoles marines, en raison de l'absence de sites abrités et de la permanence sur la côte atlantique d'une forte houle. Dans ces circonstances, lagunes, estuaires et baies abritées constituent les lieux privilégiés pour le développement de l'aquaculture marine. Or ces zones font l'objet d'un conflit de compétence entre plusieurs Départements ministériels.

    Trois formes d'aquaculture marine existent:
    1. En milieu marin protégé, lagune ou estuaire.
    2. En bassins alimentés en eau de mer par pompage.
    3. En cages en mer ouverte (au niveau des isobathes 20-30 m).
    La pisciculture marine est limitée à deux espèces: le bar européen et la dorade royale. Depuis octobre 2003, s'y ajoute le maigre commun. L'élevage de ces espèces se fait en intensif en cages, en lagune et en mer ouverte avec une production annuelle de 800 tonnes environ.

    L'élevage des huîtres creuses se fait en poches sur tables, dans la zone intertidale.

    Les écloseries en activité sont:
    • Une écloserie de production commerciale de naissains d'huîtres creuses et de moules.
    • Plusieurs écloseries de production commerciale de poissons (carpe, truite, bar, daurade, etc.).
    • Deux écloseries expérimentales pour la production d'alevins à l'Institut National de Recherche Halieutique et au Centre National de Recherche en Hydrobiologie et Pisciculture.
    De plus, deux unités fonctionnent pour la production à petite échelle d'aliments pour truites et pour poissons marins (projet expérimental).

    L'aquaculture continentale consiste principalement en:
    • Salmoniculture de repeuplement produisant annuellement des juvéniles de truite arc-en-ciel et de truite fario destinés au repeuplement des principaux milieux salmonicoles et de plans d'eau.
    • Salmoniculture commerciale représentée par la pisciculture du Domaine Ain Aghbal qui reste l'unité la plus importante. La production concerne essentiellement deux espèces: la truite arc-en-ciel et la truite dorée . En 2003, la production a été de 50 tonnes.
    • Carpiculture représentée par trois principaux producteurs situés le long des cours d'eau d'Oued Oum er Rbia, Loukkos et Smir. La production en carpillons est destinée en majeure partie à l'Office national de l'eau potable (empoissonnement de retenues et lutte biologique contre l'eutrophisation) et aux Offices de mise en valeur agricole (lutte contre le développement de macrophytes dans les canaux d'irrigation).
    • Anguilliculture. Trois sociétés disposent d'unités d'élevage d'anguille (Aquagruppen, Aquastar à l'Oued de Sebou et Pêcherie marocco-ibérique au Loukkos. Leurs productions restent faibles dû au manque de civelles dont l'abondance a été affectée par des conditions climatiques défavorables et par le niveau élevé de pollution des estuaires.
    • Pisciculture de carnassiers de repeuplement réalisée par le Centre National d'Hydrobiologie et de Pisciculture. Les principales espèces produites sont le brochet et le black-bass. La production en juvéniles est destinée à l'empoissonnement de lacs, de grandes retenues et de barrages collinaires.
    • Tilapiculture. Afin de diversifier sa production, la société Pisciculture du nord a introduit d'Egypte en avril 2004 le tilapia du Nil. Son élevage semi-intensif se pratique en milieu contrôlé.
    La région marécageuse du Gharb présente des atouts majeurs pour l'élevage de cette espèce. En effet, les terres marginales impropres à l'agriculture peuvent être utilisées pour la construction d'étangs de pisciculture. De même, le CNHP a entamé une expérience d'élevage de cette espèce dans la région du Moyen Atlas à Déroua et les résultats sont très encourageants.

    Les différents types d'aquaculture sont soumis aux réglementations régissant les ressources en eau et la pêche ainsi que toutes les activités pouvant présenter des risques pour la protection de l'environnement. Les autorisations d'exploitation sont délivrées par le Haut Commissariat aux eaux et forêts et de la désertification.
    Performance du secteur
    Production
    En 2002, la production aquacole nationale a été de 1670 tonnes (FAO, 2004). La daurade y représente environ 22,6 pour cent, le bar 19,5 pour cent et l'huître creuse 15,2 pour cent. La production de ces trois espèces a été stable au cours de ces dernières années.

    La production des carpes (carpe commune, carpe herbivore et carpe argentée) a par contre connu une baisse de 65 pour cent par rapport à 1999, année où la production avait atteint 1400 tonnes. La production de la truite arc-en-ciel reste inférieure à 100 tonnes/an.L'année 2002 a été caractérisée par une bonne production de moule mediterranéenne (Mytilus galloprovincialis ), qui ont commencé à prendre de plus en plus d'importance ces dernières années.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Maroc (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée en Maroc (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Les ventes sur le marché intérieur sont très limitées. Ces dernières années, quelques sociétés ont décidé d'approvisionner à titre expérimental des supermarchés de grandes villes comme Casablanca, Rabat, Fès, Agadir, Marrakech, etc.

    Actuellement, le marché intérieur représente un débouché potentiel pour écouler une partie de la production des entreprises aquacoles, surtout lorsque les produits aquacoles sont abondants et que les cours sont trop bas que pour intéresser les entreprises.

    Les entreprises aquacoles ne mettent sur le marché qu'une gamme limitée de produits: bar, daurade et huître. Le prix moyen au kilogramme se situe aux environs de 4,80 US$ pour la daurade et de 5,60 US$ pour le bar, alors que ces poissons issus de la pêche maritime se vendent à 8,50 US$ et 9,70 US$ respectivement.

    En 2004, les entreprises aquacoles marines ont commercialisé plus de 700 tonnes composées exclusivement de bar et de daurade. Certaines entreprises intègrent toutes les opérations jusqu'à la commercialisation (tri, calibrage, conditionnement, expédition).

    Ces entreprises souffrent actuellement d'une grave crise financière due à la chute des prix de vente du bar et de la daurade sur le marché européen. Face à cette situation, bien qu'une vingtaine d'autorisations pour l'établissement d'exploitations aquacoles aient été délivrées au cours de la période 1999-2002, quelqu'unes seulement ont été concrétisées.

    En aquaculture continentale, le prix de vente au kilogramme est de 5 US$ pour la truite arc-en-ciel, de 9 US$ pour l'anguille et de 3 US$ pour les huîtres. La totalité de ces produits est commercialisée localement à l'exception de l'anguille dont une petite partie est consommée localement.

    Pour le marché extérieur, le transport se fait soit par avion, soit par route. Dans ce dernier cas, c'est le transporteur qui assure la distribution sur le marché international jusqu'au client final.

    Les marchés ciblés concernent essentiellement les pays européens méditerranéens. Le principal débouché demeure l'Italie qui absorbe plus de 60 pour cent des exportations; la France et l'Espagne représentent ensemble environ 30 pour cent; l'Allemagne et le Royaume Uni n'absorbent que de faibles quantités.
    Afin de commercialiser ces produits sur le marché de l'Union européenne, des procédures sanitaires et zoosanitaires renforcées ont dû être mises en place, principalement pour l'exportation de mollusques.
    Contribution à l'économie
    Le secteur de la pêche contribue fortement à la balance commerciale nationale (16 pour cent de la valeur totale exportée en 2004; environ 55 pour cent des exportations de produits agroalimentaires).

    L'aquaculture marine essentiellement tournée vers la production de bar et de daurade s'est trouvée de fait exclue du marché national.

    En général, l'apport de l'aquaculture à l'économie national du Maroc est négligeable.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L'absence de politique nationale en matière d'aquaculture et par conséquent d'objectif de développement de ce secteur se traduit sur le plan institutionnel par une non spécialisation des institutions. Ce sont la pêche, le tourisme littoral et l'agriculture qui restent considérées comme les activités économiques principales et qui marquent le cadre institutionnel auquel se trouve confrontée aujourd'hui toute initiative de développement aquacole.

    Les Départements ministériels, établissements publics administratifs et autres institutions dont les compétences sont susceptibles d'influer sur le développement des activités aquacoles sont nombreux. Au niveau central sont impliqués le Département des pêches et les administrations des eaux et forêts, de l'environnement, de l'équipement, des finances, du commerce et de la santé, ainsi que le Conseil supérieur de l'eau et du climat (CSEC), le Conseil national de l'environnement (CNE), la Commission interministérielle chargée des aménagements touristiques et du littoral (CICATL), l'Institut national de recherche halieutique (INRH), le Comité national de l'aquaculture (CNA) et le Comité national des études d'impact sur l'environnement.
    Règlements en vigueur
    Sur le plan juridique, les textes en vigueur, souvent anciens et ne répondant plus aux exigences de gestion moderne des ressources naturelles, devraient dans un proche futur être remplacés par de nouveaux textes. La réforme juridique qui s'annonce a déjà été entamée au sein de plusieurs départements ministériels ainsi qu'en témoigne le nombre impressionnant de projets de loi en cours de préparation ou déjà élaborés.

    De manière générale, toute personne qui désire installer et exploiter un établissement aquacole marin doit préalablement obtenir plusieurs autorisations délivrées par différentes administrations, dont les principales sont l'autorisation d'installation et d'exploitation émanant du Département des pêches maritimes.

    La loi n°1-73-255 du 23 novembre 1973 formant règlement sur la pêche maritime constitue le texte de base régissant les activités de pêche maritime. Ce texte, destiné en premier lieu à réglementer l'exercice de la pêche maritime, traite accessoirement de l'aquaculture marine et de ce fait ne contient que très peu de dispositions relatives à l'installation et à l'exploitation d'un établissement aquacole.

    Le champ d'application de la loi est déterminé par la définition de la notion de pêche maritime: "Est considérée comme pêche maritime toute pêche faite à la mer et sur les côtes ainsi que dans les lagunes classées par décret hors des eaux courantes et stagnantes du domaine public terrestre". Deux lagunes ont ainsi été classées par décret : la lagune Moulay Bousselham (juin 1931) et celle de Oualidia (février 1951).

    En dépit de son imprécision, on peut penser que cette notion doit être comprise dans son sens large et qu'ainsi elle englobe les activités d'aquaculture marine. En conséquence, le régime commun de la pêche dans les eaux continentales, relevant de l'autorité de l'Administration des eaux et forêts, est applicable aux activités d'aquaculture situées dans les lagunes.

    L'analyse des dispositions relatives aux activités d'aquaculture sur le littoral contenu dans les lois sur la pêche maritime et la pêche continentale met en évidence trois imperfections majeures de la législation en vigueur:
    • Absence d'un texte d'application relatif aux conditions et modalités d'installation et d'exploitation des établissements d'aquaculture marine.
    • Inadéquation du cadre juridique.
    • Conflit de compétence territoriale entre le Département des pêches maritimes et le Haut Commissariat des eaux et forêts et de la désertification.
    La circulaire interministérielle Pêche/Agriculture du 12 novembre 2001 fixe les conditions de production (classement des zones conchylicoles) et la mise sur le marché des coquillages vivants (agrément des établissements, critères de qualité, autocontrôle).

    Cette circulaire attribue à l'INRH la mission de l'étude, du classement et de la surveillance des zones de production conchylicole (gisements naturels ou élevage). Après classement selon le degré de salubrité ces zones font l'objet d'une surveillance régulière en vue de dépister une éventuelle contamination des coquillages, notamment en cas de développement d'efflorescences phytoplanctoniques nuisibles (eaux rouges), auquel cas ces zones sont interdites à toute exploitation jusqu'à épuration totale du milieu.

    Alors que la surveillance de la qualité des produits conchylicoles dans le milieu marin est assurée par l'INRH, une fois le produit sorti du milieu marin, le contrôle de qualité est assuré par des vétérinaires relevant de la Direction de l'élevage du Département de l'agriculture, du développement rural et des pêches maritimes.

    Pour les poissons, les procédures zoosanitaires sont en cours de mise en place.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    La recherche en matière d'aquaculture marine est assurée par l'Institut National de Recherche Halieutique (INRH), créé en 1996 en tant qu'établissement public autonome placé sous la tutelle du Département des pêches maritimes.

    L'INRH a pour mission d'entreprendre toute activité de recherche, étude, action expérimentale et travaux en mer ou à terre ayant pour objectif l'aménagement et la rationalisation de la gestion des ressources halieutiques et aquacoles, ainsi que leur valorisation.

    A cet effet, cet institut est chargé de:
    • L'évaluation des ressources halieutiques et du suivi de leur exploitation.
    • La surveillance du milieu marin.
    • L'étude du fonctionnement des écosystèmes marins et littoraux.
    • L'amélioration des techniques de pêche et de la valorisation des produits.
    • La recherche en aquaculture.
    L'INRH se compose d'une structure centrale et d'une structure régionale. Celle-ci comprend cinq centres régionaux (Nador, Agadir, Laayoune, Dakhla et Tanger), un réseau côtier composé de neuf stations de surveillance de la salubrité du milieu marin et deux centres spécialisés, à Agadir (valorisation et technologie des produits de la mer) et à M'diq (recherche aquacole).

    Les programmes de recherche et de développement aquacole de l'INRH sont élaborés dans le cadre général de la stratégie définie par le ministère de tutelle et en fonction des recommandations de son Conseil d'administration, de son Comité Scientifique et du Conseil supérieur de l'exploitation et de la sauvegarde des ressources halieutiques.Les principaux axes de recherche aquacole sont:
    • Identification et classification des sites aquacoles potentiels.
    • Développement de technologies aquacoles (reproduction, pathologie et alimentation).
    La recherche en aquaculture continentale est assurée par le Centre national d'hydrobiologie et de pisciculture (CNHP) d'Azro, relevant du Haut Commissariat aux eaux et forêts et la lutte contre la désertification (HCEFLD). Ce centre a pour mission de générer des connaissances et des technologies appropriées pour valoriser les milieux aquatiques, créer des emplois et contribuer au développement de l'aquaculture continentale.

    L'éducation supérieure est dispensée par l'Institut agronomique et vétérinaire Hassan II de Rabat (IAV Hassan II) et par quelques facultés des sciences (à Tétouan, Tanger, Kenitra, El Jadida, Agadir). Ces dernières dispensent des formations générales. Au cours des six premiers mois de 2005, dans le cadre de la coopération entre le Maroc et l'Espagne et de la mise en place d'une formation aquacole professionnelle, des cours spécialisés ont été dispensés aux formateurs des centres de formation et aux techniciens d'entreprises aquacoles. Ces formations se sont déroulées au Centre de qualification professionnelle à Larache, dans des entreprises aquacoles espagnoles et au Centre spécialisé de l'INRH à M'diq.
    Tendances, questions et développement
    Fortement dépendant du contexte aquacole international, l'on ne peut imaginer le développement aquacole national sans se soucier des contraintes, des tendances et des stratégies internationales.

    D'une part, le littoral atlantique de par la qualité de ses eaux (présence d'upwelling) apparaît propice aux activités conchylicoles; d'autre part, le littoral méditerranéen recèle de réelles potentialités en matière d'élevage intensif de poisson.

    Actuellement les aliments aquacoles utilisés sont importés d'Europe. Ceci représente un frein majeur à la compétitivité des produits nationaux sur les marchés extérieurs. La réflexion est engagée en partenariat avec le privé, l'IAV Hassan II et l'INRH, pour la fabrication de d'aliments aquacoles sur place.

    En aquaculture continentale, la stratégie adoptée par le Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte Contre la Désertification pour le secteur vise à maximiser les retombées socio-économiques dans le monde rural, par la production accrue de protéines animales et la création d'emplois. Dans cette perspective, les actions et orientations suivantes sont préconisées:
    • Encourager l'installation d'unités aquacoles.
    • Assister techniquement et scientifiquement ces unités.
    • Encourager les producteurs à s'organiser.
    • Encourager collaboration, coordination et échange d'informations entre les différents intervenants.
    • Développer la filière de la pêche de civelles et de la production d'anguille par l'apport d'une assistance technique renforcée aux amodiataires, par la sensibilisation des pêcheurs et par la lutte contre le braconnage.
    • Contribuer à la lutte contre la pollution et au suivi de la qualité de l'eau.
    • Réhabiliter des espèces endémiques comme l'anguille et l'alose dans le cadre de projets de coopération internationaux.
    • Développer l'élevage et la pêche du mulet en tant qu'espèce pouvant contribuer à l'amélioration de la pêche commerciale.
    Références
    Bibliographie
    Berraho A. et Orbi A. 1996 . Potentialités aquacoles du littoral et perspectives futures. Doc. INRH.
    Catanzano. 1998 . Appui à l'étude des potentialités de développement en Aquaculture. Projet TCP/FAO/MOR 5612, 117p.
    Département des Pêches Maritimes. 2003 . Rapport d'activité 2003. Doc. Dept. des Pêches Maritimes.
    Département des pêches maritimes. 2004 . Mer en chiffres 2004. Document du Département des pêches maritimes. 69 p.
    FAO. 2004 . Fishery Statistics. Yearbook Aquaculture production 2002. Vol.94/2. Rome, FAO. 193p.
    Haut Commissariat aux Eaux et Forêts et à la Lutte contre la Désertification. 2005 . Rapport annuel de la pêche continentale de 2000 à 2004. Doc. HCEFLD
    INRH. 2004 . Plan de Surveillance des maladies des poissons d'aquaculture au Maroc. Doc. INRH, 40 p.
    ONP. 2004 . Rapport statistiques 2004. La pêche côtière et artisanale au Maroc. Doc. ONP,37p.
    Liens utiles
     
    Powered by FIGIS