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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’aquaculture n’est pas du tout une nouvelle activité au Népal. Elle a débuté dans les années 40 avec la pisciculture de carpes majeures indiennes. Ensuite, au fil des années, la polyculture de carpes en étangs s’est développée comme le système de production aquacole le plus viable et le plus populaire. En 2003/2004, ce système produisait plus de 90 pour cent de la production aquacole totale du Népal. La majeure partie de la production de poissons en étangs a lieu dans le sud du pays - la Plaine Terai - où 94 pour cent des étangs piscicoles sont situés. La pisciculture en cage et en enclos en lacs et réservoirs et la rizipisciculture sont de populaires systèmes de production, mais leur développement a été limité jusqu’à ce jour. La pisciculture en gholes – terres agricoles marginales irriguéesn, marais et fossés - est une activité récente au Népal. Elle est considérée avec intérêt comme une activité centrée sur la pauvreté, améliorant les moyens d’existencede la communauté rurale visée. Elle devrait être bien évaluée et développée dans le pays comme une activité durable. Le potentiel de la production commerciale d’espèces exotiques d’eau froide - truite arc-en-ciel - et le marché potentiel de l’industrie de décoration d’aquarium sont des activités intéressantes qui pourraient permettre au sous-secteur de contribuer au développement économique du pays.

    En 2003/2004, le secteur des pêches, aquaculture et pêches de capture inclues, ont produit 39 947 tonnes de produits aquatiques et contribué pour plus de 2 pour cent à la production intérieure brute dans le secteur de l’Agriculture au Népal. La production per capita de poisson a atteint 1,6 kg/an. L’on a estimé qu’en 2003/2004 les activités de développement des pêches et de l’aquaculture ont employé environ 504 000 personnes et profité à 741 000 tonnes (plus de 3 pour cent de la population). Une analyse préliminaire de la génération d’emplois et de revenus a montré que les personnes employées en aquaculture ont un revenu potentiel plus élevé que celles employées dans d’autres secteurs de l’agriculture. Les objectifs de la politique actuelle incluent: une augmentation de la production par des opérations intensifiées, commercialisées et diversifiées, une gestion et conservation appropriée des espèces de poisson indigènes, et un réseau amélioré de commercialisation pour le poisson frais par l’utilisation de techniques post récolte appropriées. Le développement de l’aquaculture au Népal a bien progressé. Mais plusieurs questions devraient être proprement adressées afin d’atteindre à long terme des buts durables. Ces questions sont par exemple les systèmes et technologies de production, le groupe visé, l’apport d’intrants, les services de vulgarisation, le service de crédit, les aspects législatifs, les considérations environnementales, le service de commercialisation et le cadre institutionnel.
    Historique et aperçu général
    L’historique de l’aquaculture au Népal est relativement court. Cette activité a débuté au milieu des années 40, à petite échelle et en étangs, avec l’élevage de juvéniles de carpes indiennes obtenus de l’Inde. Le développement s’est poursuivi dans les années 50 avec l’introduction d’une espèce exotique, la carpe commune (Cyprinus carpio). Le succès de sa reproduction dans les années 60 a été suivi d’élevages en monoculture qui sont devenus très populaires dans le secteur privé. Au cours des années 70, l’ona assisté à un développement encore plus important avec l’introduction et l’élevage de trois espèces exotiques de carpe chinoise: la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix), la carpe à grosse tête (Aristichthys nobilis) et la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idella). Le succès de leur reproduction en captivité a été pour le Népal le point de départd’un développement majeur. De même, la reproduction induite des trois carpes majeures indigènes d’une grande valeur commerciale [rohu (Labeo rohita), mrigal (Cirrhinus mrigala) et catla (Catla catla)] a permis d’en établir l’élevage dans le pays avec succès. Ce succès a été basé sur la polyculture en étang de sept espèces de poisson ayant un régime alimentaire différent. Cette pratique contribue à augmenter considérablement la production par unité de surface et les bénéfices économiques, ce qui attire un grands nombre de fermiers. Le développement de cette pratique date du début des années 80, lors de l’exécution du Projet de Développement de l’Aquaculture financé par la Banque Asiatique de Développement (ADB) et le Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). C’est l’aquaculture en étang qui s’est développée comme le système de production aquacole le plus viable et le plus populaire au Népal où elle est responsable pour plus de 90 pour cent de la production totale de 20 000 tonnes en 2003/2004. La majeure partie de cette pisciculture en étang se concentre dans le sud du pays, la Plaine Terai, où 94 pour cent des étangs piscicoles sont situés.

    L’élevage en cage de carpes chinoises (principalement carpes argentées et carpes à grosse tête), en lacs et réservoirs, a été initié avec le support de FAO/PNUD et, plus tard avec celui du Centre de Recherches pour le Développement International (CRDI, Canada) au cours des années 70. Ce système d’élevage a été un succès pour la transformation de la productivité naturelle en production de poisson. L’on étudie en ce moment la viabilité de la culture intensive en cage de la carpe commune et de la truite arc-en-ciel, avec alimentation supplémentaire. La polyculture de carpes en enclos lacustres est aussi devenue une activité aquacole populaire. Cette activité a permis de souligner le rôle potentiel des lacs pour augmenter la production de poisson. En 2003/2004, la pisciculture en cage a produit 204 tonnes de poisson dans 32 000 m3 de cages, soit un rendement moyen de 6 kg/mm3. En enclos lacustres, la production de cette même année a été de 130 tonnes d’une superficie totale de 100 ha.

    La rizipisciculture a été introduite dans les collines et vallées du Népal dans les années 60. Malgré un bon potentiel, cette activité ne s’est pas développée. En 2002/2003, elle a produit 87 tonnes d’une superficie totale de 218 ha. Ceci pourraient être significativement augmenté dans le futur, suite à l’application de techniques de gestion améliorées et à une meilleure planification.

    La pisciculture dans les terres agricoles marginales, le long des zones irriguées, dans les fossés, dans les plaines d’inondation, les marais, etc. a été récemment développée afin d’utiliser ces surfaces par une participation accrue de communautés rurales, dans la gestion des ressources de production. Un système extensif de polyculture de carpes a été adopté pour ces surfaces. Des activités de production piscicole permettent aux communautés locales d’améliorer leurs moyens d’existence et contribuent à améliorer la qualité des plans d’eau. Environ 12 500 ha sont concernés, dont environ 1 225 ha sont actuellement utilisés pour la pisciculture.
    L’élevage d’espèces d’eau froide de grande valeur, en particulier la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), se pratique depuis quelques années. Techniquement, sa faisabilité a été démontrée mais ce système n’a pas encore été développé à une échelle commerciale.
    Ressources humaines
    Selon un Profil national du Népal (Directorate of Fisheries Development, 2004), il a été estimé qu’en 2003/2004 environ 136 000 familles s’occupaient d’aquaculture, de pêche et d’activités associées, environ 504 000 individus étant actifs dans le secteur. Il a été estimé qu’en 2003/2004 les activités aquacoles employaient environ 58 000 personnes et bénéficiaient à 104 000 personnes. A ce moment, les pêches de capture employaient environ 425 000 personnes et bénéficiaient à plus de 741 000 individus dans le pays. Une analyse préliminaire de l’emploi et de la génération de revenus par ces deux activités de production a révélé que l’emploi était plus limité en aquaculture mais qu’il présentait un potentiel de revenus plus élevé.

    En 2003/2004, ce secteur employait aussi environ 9 000 familles, soit environ 21 000 individus, activement engagés dans des activités associées telles que travail saisonnier (e.g., récolte des poissons, transformation, terrassement) et services annexes (e.g., commercialisation, conservation, transport, recherche, éducation, institutions du service publique). Une tendance actuelle est la participation croissante d’organisations communautaires et d’organisations non gouvernementales dans le secteur en législation, services de support et délivrance, et son importance relative doit être évalué à sa juste valeur.

    Le nombre de femmes occupées par l’aquaculture et activités associées a été estimé être inférieur à 50 pour cent. En pêche de capture, leur participation a été estimée être d’environ 60 pour cent. Une analyse préliminaire a révélé que cela représente environ 3 pour cent de la population totale.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Le Népal est un pays enclavé. Sa production de poisson dépend entièrement des ressources des eaux continentales. Le pays est constitué de trois régions géographiques: une région de montagnes de haute altitude formant une ceinture nord avec un climat plus froid; une région centrale de collines avec des conditions climatiques modérées; la Plaine Terai de basse altitude formant une ceinture sud avec un climat plus chaud.

    La polyculture de carpes en étang est de loin le système de production aquacole le plus répandu et le plus viable. En 2003/2004, il a été responsable de 90 pour cent de la production totale de 18 060 tonnes. La majorité de la production de poisson en étang a lieu dans le sud du pays – la Plaine Terai – où 94 percent des étangs piscicoles sont localisés. Ces étangs couvrent plus de 97 pour cent de la surface sous eau et produisent plus de 98 pour cent de la production totale du pays. Les données pour 2003/2004 montrent une récolte moyenne de poisson d’étang de 3 tonnes/ha dans la Plaine Terai, ce qui est plus élevé que la moyenne nationale de 2,96 tonnes/ha et deux fois plus élevé que les récoltes obtenues dans les collines et les montagnes. Ce sont les conditions climatiques plus chaudes résultant en une meilleure croissance des poissons qui sont à la base de cette popularité croissante du système de production Terai.

    Le développement de la pisciculture en cage avec des carpes à régime herbivore s’est limité aux lacs de la Vallée de la Pokhara dans les collines occidentales et au réservoir Indrasarober dans les collines centrale du pays. Le système est très populaire parmi les communautés rurales. En 2003/2004, il se pratiquait dans environ 34 000 m3 de cages et l’on y récoltait en moyenne environ 6 kg/m3. La polyculture de carpes en enclos ne se fait que dans les lacs de la vallée de la Pokhara où c’est une pratique aquacole populaire. Elle a montré l’importance potentielle des lacs pour l’augmentation de la production de poisson.

    La rizipisciculture est l’une des initiatives les plus anciennes au Népal et elle a un bon potentiel. Elle est pratiquée principalement dans les collines et les vallées. Plus récemment, elle a commencé à devenir également populaire dans le Terai. En 2003/2004, elle se pratiquait sur 218 ha. Avec une gestion améliorée et une bonne planification, ce système pourrait être significativement développé dans le futur.

    La pisciculture en gholes (terre agricole marginale le long de périmètres irrigués, fossés, plaine d’inondation et marais) a été développée en vue d’améliorer les conditions de vie de communautés rurales choisies. Des activités de production de poisson dans ces eaux aident également à améliorer l’écologie des plans d’eau. Cette pratique s’est principalement concentrée dans le Terai. Il y a environ 12 500 ha de gholes disponibles dans le pays, dont environ 1 215 ha ont été utilisés pour la pisciculture en 2003/2004.
    Dans les collines et les montagnes, des corridors sont potentiellement disponibles pour y localiser des élevages d’espèces d’eau froide de grande valeur comme la truite arc-en-ciel (Onchorhynchus mykiss). La faisabilité technique a été démontrée mais cette pratique n’a pas encore été introduite à l’échelle commerciale.
    Espèces cultivées
    Il existe 182 espèces de poisson au Népal (Shrestha, 2001). L’on a mentionné qu’un total de 185 espèces de poisson sont observées dans les différents plans d’eau au Népal (Shrestha, 1995). Ces poissons vivent à des altitudes variant de quelques centaines de mètres au-dessus du niveau de la mer jusqu’à 4 000 mètres. Trois carpes majeures indigènes (rohu - Labeo rohita, catla - Catla catla et mrigal - Cirrhinus mrigala) sont déjà utilisées dans les systèmes de production aquacoles du pays. Des études sont aussi faites actuellement concernant la production commerciale de trois espèces indigènes d’eau froide de grande valeur: asala (Schizothorax spp.), katle (Acrossochielus spp.) et mahseer (Tor spp.) qui sont des mets populaires très délicats. Mahseer est aussi populaire pour la pêche sportive. En plus de ces espèces indigènes, des espèces exotiques de valeur commerciale telles que la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), carpe commune (Cyprinus carpio), et trois espèces de carpes chinoises ( carpe herbivore - Ctenopharyngodon idella, carpe argentée - Hypophthalmicthys molitrix et carpe à grosse tête - Hypophthalmichthys nobilis) ont été introduites au cours des années pour y être cultivées. Récemment, le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus), le barbeau de Java (Barbonymus gonionotus) et le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii) ont été introduits avec l’assistance de pays voisins afin d’évaluer la viabilité de leur production commerciale au Népal.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Les systèmes aquacoles appliqués communément au Népal sont les suivants: polyculture de carpes en étang, polyculture de carpes en enclos lacustre, élevage en cage de carpes à régime herbivore (espèces principales: carpe argentée et carpe à grosse tête) en lacs et réservoirs, rizipisciculture avec la carpe commune, et polyculture extensive de carpes en gholes. Ces systèmes sont catégorisés sur la base des niveaux d’intrants et des productions. Au cours des années, il y a eu une évolution des méthodes d’élevage, de l’extensif vers le semi intensif et l’intensif dans tous les systèmes aquacoles du pays.

    Le système d’aquaculture intégré combinant polyculture de carpes en étang avec l’élevage animal (porcs, canards, etc.) et l’horticulture (bananiers) a été introduit il y a plusieurs années afin d’utiliser des niveaux optima de productivité d’étang et les déchets pour augmenter la production. Cette technique n’a pas été diffusée avec succès à une plus grande échelle à cause de la complexité de gestion.

    L’élevage intensif en raceways de la truite arc-en-ciel, un poisson d’eau froide de grande valeur, s’est poursuivie depuis quelques années. Ce système n’a pas été développé à l’échelle commerciale. Pacage et empoissonnement de cyprinidés d’importance économique ont débuté dans quelques rivières alimentées par la neige, mais la viabilité n’en a pas encore été évaluée en vue de leur développement.
    Performance du secteur
    Production
    Le programme d’aquaculture du Népal a débuté en 1981/82 au cours de l’exécution du Projet de Développement de l’Aquaculture financé par la Banque Asiatique de Développement et le Programme des Nations Unies pour le Développement. La production aquacole était alors estimée à 750 tonnes. Elle a atteint 8 317 tonnes en 1992/93. Cette augmentation de production de plus de 11 fois en 11 ans de projet a été remarquable pour cette l’industrie dans le pays. Cette production aquacole a continué à augmenter significativement à la fin du projet atteignant 20 000 tonnes en 2003/2004 (MOAC, 2004), C’est la pisciculture en étang qui a été développée pour devenir le système de production principal et en 2003/2004 il comptait pour plus de 90 pour cent de la production totale et de la superficie exploitée par l’aquaculture dans le pays.

    Les données recueillies pour 2003/2004 (FAO, 2005 et DOFD, 2005) indiquent que c’est la carpe argentée qui produit le tonnage le plus élevé (5 125 tonnes, 26 percent). Mais sa valeur commerciale est la plus basse parmi les espèces piscicoles. Dans tous les systèmes de production, sa part est la plus élevée. La carpe commune se place en seconde position, après la carpe argentée, et son prix de vente est plus élevé que celui de celle-ci. Les cyprinidés – trois carpes majeures indigènes (L. rohita, C. mrigala et C. catla) contribuent significativement à la production totale aquacole du pays. Ces espèces sont populaires. Comparées aux autres carpes d’élevage, elles sont considérées comme des mets très délicats et se vendent donc à un prix bien plus élevé.

    L’industrie des juvéniles de poisson est l’un des importants sous secteurs de l’aquaculture. L’on a estimé (DOFD, 2004) que 8,22 millions de poissons juvéniles ont été produits en 2003/2004, dont 72 pour cent par le secteur privé du pays.
    Quelques espèces indigènes de poisson d’eau douce économiquement intéressantes – Schizothorax spp, Tor spp., et Neolissocheilus hexagonolepis - et d’autres telles queAnguilla spp. et Puntius spp. des pêches de capture sont populaires comme mets très délicats. Elles se vendent à des prix beaucoup plus élevés que celui de toute autre espèce piscicole du pays.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Népal (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Népal (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    La commercialisation organisée de poisson date de 1981/1982 et du début du Projet de Développement de l’Aquaculture. Des services de support et des facilités de crédit ont été mises à disposition du commerce de mise sur le marché de poisson. Le système de commercialisation semble avoir évolué. Il se règle automatiquement en fonction de l’augmentation de la production et de la demande.

    Au Népal, le consommateur préfère le poisson frais et sain. Le poisson sous glace et le poisson réfrigéré sont généralement acceptés par le consommateur. La demande par des consommateurs urbains plus riches pour du poisson traité et pour des produits de la pêche augmente graduellement.

    Des commerçants sont apparus à tous les niveaux: producteurs, ramasseurs/intermédiaires locaux, fournisseurs, grossistes, détaillants et vendeurs. Ils opèrent en réseaux commerciaux organisés. Il y a deux groupes de marchands en poisson: ceux de l’Inde et ceux du Népal. Par rapport aux marchands népalais, les marchands indiens sont mieux établis et organisés du point de vue main d’oeuvre, ressources et capacité de travail. Poisson importé d’Inde et poisson produit au Népal sont tous deux vendus sur le marché du poisson au Népal. Le poisson indien est plus constant en taille et en offre, tandis que le poisson du Népal est supérieur en qualité et en fraîcheur. Ceci sont quelques uns des facteurs qui déterminent les prix du marché. Il n’existe pas de base de données organisée concernant les importations et exportations de poisson frais. L’importance de ceci a été réalisée et devrait être prise en considération. La valeur des importations de poisson traité et de produits de la pêche pour le marché urbain plus riche a été évaluée. En 2003/2004, saumon, poisson congelé et poisson en saumure ont été importés pour une valeur de 0,7 million de rupees népalaises.
    Les infrastructures pour la commercialisation du poisson ont été construites dans la plupart des villes du Terai et des réseaux de commercialisation agricoles se sont développés. Le centre du marché en gros Kathmandu Kalimati a développé une infrastructure de commercialisation de poisson qui comprend des facilités de réfrigération et de mise sous glace. Ces facilités sont utilisées par les marchands de poisson de tous niveaux (intermédiaires, grossistes, détaillants et vendeurs), sur une base communautaire et coopérative. Ce modèle fonctionne avec succès depuis plusieurs années. Son évaluation devrait permettre de l’élargir et de l’appliquer dans d’autres régions.

    Le système d’étiquetage/certification du poisson et des produits de la pêche n’a pas encore été bien développé. Cependant, le contrôle de la qualité de ces produits est fait au hasard par la municipalité, le forum des consommateurs et le Département de la Technologie des Aliments et du Contrôle de Qualité (Department of Food technology and Quality Control).
    Contribution à l'économie
    La valeur du poisson comme source de protéines de haute qualité souligne son rôle important pour la sécurité alimentaire du pays. En 2003/2004, la valeur de la production totale de poisson (39 947 tonnes)a été estimée à 4 242 millions de ruppees népalaises (60 millions de dollars EU) et a contribué pour plus de 2 pour cent au Produit Intérieur Brut – Agriculture.

    Le principal critère dans l’exécution du 10ème Plan Quinquennal du pays est une stratégie de réduction de la pauvreté. Le programme du sous secteur des pêches est donc aussi centré sur la création d’opportunités de moyens d’existence pour la population rurale visée afin de promouvoir l’alléviation de la pauvreté. La pisciculture en gholes a été spécifiquement développée afin d’utiliser ces ressources avec la participation des communautés rurales, afin d’améliorer leurs moyens d’existence et d’aider l’alléviation de la pauvreté. Il y a environ 12 500 ha de gholes dans le pays, dont 1 225 ha ont été utilisés en 2003/2004 et ont produit 1 519 tonnes de poisson (rendement moyen de 1.24 tonnes/ha). En 2003/2004, ce programme a employé 8 167 individus, composés de 4 900 males et 3 267 femelles de 4 083 familles. Il a bénéficié à 22 213 personnes. D’autres programmes dirigés vers des communautés rurales afin d’y contribuer significativement à l’alléviation de la pauvreté sont la pisciculture en cage et en enclos. Des programmes ont récemment été mis en route en vue de permettre à de petites communautés rurales de développer des activités de production de juvéniles de poisson.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Les activités des pêches sont subdivisées du point de vue politique entre aquaculture d’eau douce et pêches. L’aquaculture comprend toutes les activités où le cycle de production des poissons est totalement ou partiellement contrôlé. Les pêches concernent les poissons capturés en plans d’eau où peu ou pas de contrôle est exercé sur le cycle de production des poissons (pêches de capture) (Pradhan and Pantha, 1995).

    Le programme de développement des pêches est l’un des programmes des matières premières importants du Gouvernement du Népal, Ministère de l’agriculture et des coopératives. Il est exécuté par le Directoire du Développement des Pêches (Directorate Fisheries Development) du Département de l’Agriculture. Ce Directoire est l’autorité nationale spécifique. Il est responsable de la définition des politiques centrales, de la planification et programmation, suivi et supervision, etc. Il se coordonne également avec les institutions nationales et internationales en se concentrant sur recherche, commercialisation, crédit, fourniture d’intrants, etc. Le Directoire travaille à travers plusieurs grandes institutions:
    • le Programme National de Développement de l’Aquaculture Continentale, responsable pour des initiatives pilotes, leur exécution, base de données et factabilité, suivi et coordination, etc.
    • Laboratoire Central des Poissons responsable de la gestion de la technologie, services de support, base de données, suivi et coordination, etc.
    • Centre de Développement des Pêches et de Formation responsable de formation et, fourniture d’intrants, services techniques de support et suivi, etc.
    • Centres de Développement des Pêches responsables comme centres de ressources - liaison entre l’institution centrale et les gouvernements locaux pour coordination des politiques, utilisation de ressources locales, fourniture d’intrants, services techniques de support, supervision et suivi, etc.
    D’autres institutions actives dans le développement des pêches sont:
    • Conseil de Recherche en Agriculture du Népal (Nepal Agriculture Research Council NARC), Division de la Recherche des Pêches (FRD) pour la recherche en aquaculture et en pêche.
    • Université de Tribhuwan pour l’éducation et la recherche scientifique.
    • Académie Royale du Népal pour la Science et la Technologie pour la recherche scientifique.
    • Société des Pêches du Népal regroupant les techniciens.
    • Association des Eleveurs de Poisson pour une production plus élevée et la promotion.
    • Agences d’autres spécialités pour support et coordination.
    • Banque pour le Développement de l’Agriculture pour des facilités de crédit et des services.
    Une politique stratégique nationale au Népal est de faire participer les organisations communautaires et coopératives dans l’exécution des programmes de développement de l’aquaculture. Cette stratégie a été adoptée en particulier lors de l’exécution de programmes centrés sur des communautés rurales et l’alléviation de la pauvreté, avec d’encourageants résultats.
    Règlements en vigueur
    Toutes les activités pêche du pays sont gouvernées principalement par la stratégie politique décidée par le gouvernement. Le Directoire du Développement des Pêches du Département de l’Agriculture est l’institution centrale. Elle formule et exécute les plans et programmes nationaux de développement des pêches et de l’aquaculture agréés par le Ministère de l’Agriculture et des Coopératives, après approbation de la Commission Nationale de Planification du Gouvernement.

    Une législation spécifique sur la production et le développement aquacoles n’a pas encore été formulée ou appliquée dans le pays. Les entrepreneurs et l’industrie en sont très préoccupés. Le potentiel de la production aquacole du pays et son potentiel de commercialisation dans d’autres régions dans le contexte de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) augmentent la nécessité d’avoir une législation adéquate, adaptée à la croissance durable du secteur.

    L’importance et la nécessité de la conservation des ressources des pêches ont été très tôt réalisées dans le pays. L’Acte pour la Conservation de la Vie Aquatique 1961 – "JAL CHAR SANRAKSHAN AIN – 2017" - a été adopté mais n’a pu être exécuté pendant longtemps. En 1999, cet acte a été révisé et modifié (2055 BS). Il inclut d’importants aspects tels que sa portée et la définition de certains termes utilisés dans l’acte. Il présente également: restrictions pour les méthodes de capture et de mise à mort, punitions,obligations des citoyens, rôle et responsabilité des autorités locales et des autorités techniques, etc. concernant la vie aquatique et sa conservation. Cependant, l’Acte n’est pas encore opérationnel, à cause des lois et règlements qui sont en cours d’être approuvés par le Gouvernement.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    L’importance des activités de recherche pour l’aquaculture et les pêches a été reconnue au début des années 80 lorsque eut lieu une augmentation majeure des activités de développement aquacole (Pradhan et Shrestha, 1997).

    Le Directoire du Développement des Pêches est responsable des questions politiques au niveau sectoriel central. Selon la politique nationale, c’est le Conseil de la Recherche en Agriculture du Népal (NepalAgriculture Research Council NARC) et une institution publique autonome qui sont mandatés pour exécuter toutes les activités de recherche agricole, y compris celles du sous secteur pêche en collaboration avec toutes les institutions publiques et privées, selon les besoins. Les recherches effectuées via NARC incluent également la recherche faite sur les terres des fermiers. Les résultats de la recherche sont aussi vérifiées par le secteur publique, dans les centres de développement des pêches, dénommés également Centres de ressource du secteur publique. Les résultats de la recherche passent à travers une série de procédures des autorités privées et publiques. Ils sont alors disséminés pour être plus largement adoptés.

    Selon la nature des ressources et leur potentiel, deux catégories de recherche existent: recherche des pêches et recherche d’aquaculture. La recherche des pêches est plus basée sur les pêches de capture et la conservation des ressources. La recherche d’aquaculture est plus basée sur l’élevage, plus appliquée et concernée par la productivité en fonction des pratiques aquacoles. L’impact de la recherche des pêches ne se voit généralement qu’après un temps plus long, tandis que celui de la recherche d’aquaculture peut s’observer au cours d’une période relativement plus courte.

    Il existe des centres de recherche des pêches en différents endroits, régis par la Division de Recherche des Pêches de NARC: à Tarahara et Parwanipur ils se concentrent sur l’aquaculture d’eau chaude; à Pokhara sur la recherche en lacs et réservoirs; à Trishuli sur les espèces de rivières; et à Godawari sur les pêches en eau froide.

    L’importance de l’éducation et de la formation dans le secteur des pêches a été reconnue au cours des années 80 lorsque le développement de l’aquaculture s’intensifia remarquablement dans le pays (Thapa et Pradhan, 1999). La création d’une composante formation en pêches séparée dans le Département de l’Agriculture a souligné l’importance de la formation pour le développement du secteur. La formation en pêches est donnée aux fermiers, entrepreneurs, et personnel technique de niveau national et international dans des centres de formation en pêches répartis dans le pays. En 2003/2004 (DOFD, 2004) six sessions de formation ont atteint 103 techniciens tandis que 56 sessions ont atteint 856 fermiers/entrepreneurs. L’Université de Tribhuwan et d’autres universités et institutions associées dispensent l’éducation de base en pêches et aquaculture afin de produire la main d’œuvre spécialisée et semi spécialisée pour soutenir le développement de ce sous secteur dans le pays.
    Tendances, questions et développement
    Il existe des limites spécifiques à l’expansion future de l’élevage en cage et en enclos, et des systèmes populaires de production. De même, la rizipisciculture comme intervention précoce n’a pas pu se développer à cause de problèmes affectant à la fois technologie et gestion d’intrants. La pisciculture en gholes est un système populaire améliorant les moyens d’existence dans les communautés rurales et aidant à y réduire la pauvreté. La production totale de ce système (DOFD, 2005) qui avait atteint 20 tonnes en 1992/1993, a atteint 1 254 tonnes en 2002/2003 et 1 519 tonnes en 2003/2004. Cette forte augmentation de la production indique clairement l’utilité significative de ce système et sa popularité. Il devrait être proprement évalué pour son rôle encourageant dans l’alléviation de la pauvreté. Il devrait aussi être développé dans le pays comme une activité durable.

    La factabilité de l’élevage d’une espèce d’eau froide de grande valeur - truite arc-en-ciel - a encouragé sa production commerciale dans le pays.

    L’empoissonnement en eaux libres de semences d’écloserie a significativement augmenté la production de poisson et a amélioré les moyens d’existence de communautés de pêcheurs. L’utilisation d’engins adaptés et une meilleure gestion devraient permettre d’encore augmenter cette production de poisson. La décoration d’aquarium devient un hobby populaire chez les communautés urbaines du Népal. Un marché potentiel existe pour son expansion. La nature diverse des rivières népalaises offre des sites potentiellement intéressants pour la pêche sportive et le tourisme. Mahseer, asala, katle et gonch sont des poissons indigènes du Népal très connus pour leur combativité à la pêche. Des essais préliminaires ont déjà été faits afin de développer ces potentiels.

    La politique actuelle de développement des pêches et ses objectifs sont: intensification de l’aquaculture pour augmentation de la productivité par l’adoption d’opérations commerciales et diversifiées; conservation d’espèces économiquement importantes de poissons indigènes par une gestion améliorée; amélioration de la commercialisation du poisson frais par l’utilisation de techniques appropriées d’après récolte et le développement d’un réseau de commercialisation compétitif et organisé. Le développement de l’aquaculture a bien progressé au Népal. Cependant, il y a des questions qui devraient être proprement adressées afin d’assurer la durabilité. Ce sont: zones de production et groupes visés; interventions technologiques sur les questions de production et de productivité; systèmes de fourniture d’au et leur gestion; fourniture et gestion d’alevins; provision et gestion d’autres inputs de production; services et programmes de vulgarisation; services et délivrancede formation; services et systèmes de crédit; conséquences socioculturelles et légalités; conséquences légales et considérations environnementales; services et systèmes de commercialisation; cadre et mécanismes institutionnels, etc.

    L’impact environnemental de l’aquaculture en étang se limite principalement à la conversion de rizières en étangs. La pollution environnementale causée par débordement, lessivage d’éléments nutritifs ou produits chimiques n’est pas signalée et des produits chimiques interdits ne sont pas utilisés. L’activité de production n’est pas intensive et de fortes doses d’engrais organiques ou chimiques et d’aliments supplémentaires ne sont pas appliquées aux étangs. Il n’y a donc pas de problèmes de sédimentation et de détérioration de la qualité de l’eau. Cependant, pendant la saison des moussons, les déchets organiques de la localité se déversent dans les étangs. Ceci peut parfois causer une détérioration de la qualité de l’eau, ce qui à nouveau n’est pas grave. Inondation, envasement et sécheresse sont observées. La destruction physique des étangs, fort envasement et la baisse du niveau de l’eau dans les étangs dus à ces problèmes environnementaux causent parfois d’importantes pertes de production. Une déforestation massive des du bassin hydrographique de lacs et de réservoirs provoque l’érosion sévère des sols ainsi que des éboulements de terrain pendant les moussons. Les eaux superficielles d’écoulement de ces régions transportent d’énormes quantités de sédiments et de déchets organiques qui se déposent dans les lacs et les réservoirs. Les problèmes d’envasement sont particulièrement importants dans les Lacs de Phewa et de Rupa, dans la vallée de la Pokhara, et dans le Réservoir de Kulekhani à Makwanpur. Ceci peut causer de lourdes pertes de production pour les élevages en cage et en enclos, ainsi qu’aux activités liées à l’empoissonnement des eaux libres qui sont entreprises dans ces plans d’eau.
    Références
    Bibliographie
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