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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Le secteur aquacole des Pays-Bas peut être divisé en deux sous-secteurs: le secteur des mollusques et celui des poissons. Le premier, le plus ancien, est économiquement le plus important. Il est constitué de 50 entreprises qui élèvent des moules communes (Mytilus edulis) et de 32 entreprises qui élèvent des huîtres (Ostrea edulis et Crassostrea gigas). Ces deux branches mettent principalement en œuvre une culture en eau profonde qui représente chaque année 50 000 à 60 000 tonnes de moules, 3 000 tonnes d’huîtres creuses du Pacifique et 250 tonnes d’huîtres plates. Le secteur conchylicole est fondé sur la fixation naturelle de naissains d’huîtres et la collecte des naissains de moules provenant des populations naturelles. La collecte des naissains de moules s’effectue dans des zones d’une grande valeur naturelle où des règles strictes et un suivi rigoureux sont appliqués. La quantité annuelle de naissains qui peut être collectée change considérablement d’une année sur l’autre. La production de moules est complétée par des naissains importées. La conchyliculture s’effectue dans les eaux des estuaires du sud-ouest des Pays-bas et dans les eaux peu profondes de la mer des Wadden au nord du pays. Environ 275 personnes vivent de la conchyliculture (sans prendre en compte l’emploi des activités de transformation et de commerce).

    La pisciculture destinée à la consommation humaine a pris son essor au cours des années 1980. Actuellement, il existe environ 90 exploitations élevant des poissons dans des systèmes aquacoles à recyclage d’eau chauffée (RAS) et environ 5 fermes élevant des truites arc-en-ciel dans des bassins extérieurs. Les espèces les plus appréciées sont l’anguille d'Europe (Anguilla anguilla) (4 800 tonnes/an provenant de 44 fermes), le poisson-chat africain (Clarias gariepinus) (4 000 tonnes/an provenant de 33 fermes) et le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) (600 tonnes provenant de 5 fermes). Le turbot (Scophthalmus maximus), la sole commune (Solea solea), la perche barramundi (Lates calcarifer), le sandre (Stizostedion lucioperca) et les crevettes pattes blanches (Penaeus vannamei) sont également élevés dans des systèmes couverts et chauffés par un petit nombre de fermes pionnières. Environ 155 personnes travaillent dans les exploitations piscicoles.

    L’aquaculture ne joue qu’un rôle mineur dans l’économie néerlandaise mais ce secteur devrait se développer avec la prise de conscience toujours plus importante des bénéfices tirés d’une plus grande consommation de poissons et de crustacés de la part des consommateurs.
    Historique et aperçu général
    Aux Pays-Bas, l’aquaculture remonte certainement à l’époque médiévale, alors que les couvents conservaient des carpes communes (Cyprinus carpio) dans des étangs. La mariculture a débuté vers 1870. En raison des nombreux conflits entre les pêcheurs, l’accès libre à la pêche aux moule commune (Mytilus edulis) et aux huîtres plates européenne (Ostrea edulis) dans la région du delta du sud-ouest des Pays-Bas a été revu et s’est transformé en un système qui permettait aux pêcheurs de moules et d’huîtres de louer des droits d’accès exclusifs à des parcelles dans la mer (Ginkel, 1991). Ce système de parcelles a contribué au lancement de la culture en eaux profondes de moules bleues et d’huîtres plates car seuls ceux qui louaient les parcelles tiraient des bénéfices des efforts fournis pour augmenter la récolte de leurs pieux individuels. En 1952, les pieux sur lesquels les moules poursuivent leur croissance ont aussi pu être affrétés dans les hauts-fonds de la mer des Wadden, dans le nord des Pays-Bas, ce qui a conduit au développement d’une seconde région où la moule commune est cultivée.
    Vers 1900, le gouvernement a démarré un nombre réduit d’écloseries de salmonidés pour empoissonner des rivières et des lacs. Vers 1930, ces petites écloseries (au nombre de cinq environ et consistant en raceways et étangs à faible écoulement) ont été transférés à des propriétaires privés qui ont utilisé ces structures pour élever la truite arc-en-ciel (Onchorhynchus mykiss). Dans les années 1940, le gouvernement a commencé à empoissonner les eaux continentales avec des alevins d’anguille d'Europe (Anguilla anguilla) et de brochet (Esox lucius) de façon à encourager la pêche continentale. En 1952, cette activité a été prise en charge par l’Organisation semi gouvernementale pour le développement des pêches continentales (OVB). En plus des alevins d’anguille et de brochet, à la fin des années 1950, l’OVB a également démarré l’empoissonnement des eaux continentales avec la carpe commune. Quelques années plus tard, d’autres espèces ont aussi été reproduites et relâchées pour soutenir le nombre croissant de pêcheurs amateurs. Au cours des années 1970, le principal groupe cible du programme d’empoissonnement a progressivement changé pour passer des pêcheurs continentaux professionnels aux clubs de pêche et aux pêcheurs sportifs (Quack, 2003). L’OVB n’existe plus depuis 2006 mais l’empoissonnement des eaux continentales se poursuit même si c’est à une échelle bien moindre que lors des années 1970-1990. En 1975, L’Université agricole de Wageningen (rebaptisée Université de Wageningen en 1986), a commencé à mener des recherches scientifiques et à proposer des formations académiques sur la pisciculture. Initialement, la recherche s’est concentrée sur la reproduction et la culture du poisson-chat africain (Clarias gariepinus) ainsi que sur une pisciculture dans des systèmes à recirculation d’eau. Vers 1985, les compétences acquises sur ces sujets ont conduit à la création de fermes disposant de systèmes aquacoles à recirculation d’eau (RAS) pour le poisson-chat africain et l’anguille d'Europe par des diplômés de l’Université de Wageningen entre autres. Il est communément admis que le succès néerlandais dans la culture de ces espèces dans des systèmes à recirculation peut être en partie attribué à la motivation d’un groupe de diplômés universitaires hautement qualifiés qui étaient disposés à ouvrir la voie à la pisciculture commerciale dans ces systèmes relativement complexes. Après une augmentation initiale du nombre de fermes de poisson-chat et d’anguille, le nombre de celles-ci a fluctué au fil des ans. La production totale de ces deux espèces témoigne cependant d’une croissance constante et solide. Depuis les années 1990, le nombre d’autres espèces élevées dans les RAS a augmenté régulièrement.
    Ressources humaines
    La majorité des exploitations aquacoles sont de petite taille. Ce sont des exploitations familiales dans lesquelles le propriétaire et sa famille effectuent une bonne part (ou l’ensemble) du travail. Seules les plus grandes fermes aquacoles et les cinq ou six compagnies de transformation des mollusques, également actives dans la conchyliculture, embauchent des employés supplémentaires de façon permanente. Les petites fermes familiales peuvent embaucher du personnel saisonnier ou à temps partiel pour les périodes où des bras supplémentaires sont nécessaires (par exemple pour la récolte et le tri par tailles des poissons). On ne dispose pas de statistiques de bonne qualité sur l’emploi saisonnier ou à temps partiel en aquaculture. On estime que 269 personnes sont employées dans la production conchylicole dans environ 82 fermes ou compagnies. La plupart des employés se forment directement dans les compagnies conchylicoles alors qu’ils y travaillent. La majorité des pisciculteurs ont suivi des cours relatifs à l’aquaculture dans un établissement technique agricole, où ce thème constitue un sujet mineur, ou en participant à de courtes formations spécialisées (niveau école technique). Les diplômés universitaires en biologie, en pisciculture ou en élevage animal sont une minorité mais constituent une part significative des pisciculteurs élevant des anguilles et des poissons-chats. Les femmes constituent une petite minorité parmi les propriétaires de fermes aquacoles et leur personnel. On compte encore moins de femmes dans le sous-secteur conchylicole. (Les questions relatives à l’éducation et à la formation aquacole sont davantage détaillées ci-après dans le paragraphe « Recherche appliquée, éducation et formation »).
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Mollusques. Toutes les fermes ostréicoles appliquent une culture de fond et sont localisées dans le Scheldt est (1 550 ha de parcelles) et le lac salé Grevelingen (500 ha de parcelles). Ces deux espaces se situent dans la province de Zeeland (sud-ouest des Pays-Bas). Dans le Scheldt est, on compte 2 000 ha de parcelles de moules. Les mytiliculteurs disposent aussi de 3 500 ha de parcelles dans les eaux peu profondes de la mer des Wadden au nord-est des Pays-Bas. Environ sept compagnies mytilicoles élèvent les moules selon une culture sur cordes (Meer, 2006). Les moules et les huîtres ne sont jamais nourries. Elles se nourrissent du plancton présent naturellement dans l’eau. Les mytiliculteurs remontent régulièrement les moules à bord de leurs bateaux pour enlever l’excès d’étoiles de mer (le principal ennemi naturel des moules) après quoi elles sont remises en place.

    Poissons. Les fermes piscicoles sont reparties sur l’ensemble du pays. Situées dans toutes les provinces, elles présentent une légère concentration dans les provinces sud. Les fermes avec les espèces marines de sole commune (Solea solea) et de turbot (Scophthalmus maximus) se trouvent dans le sud et l’ouest du pays, à proximité de la mer (source d’eau salée). Dans la majorité des fermes, les poissons sont conservés dans des structures couvertes d’eaux chauffées, dans des bassins en fibre de verre, en plastique ou en béton. Il y a environ cinq fermes de truite arc-en-ciel où les poissons sont conservés dans des bassins extérieurs en béton ou des étangs de terre. Pour la plupart de ces fermes, la pêche sportive de truites dans des étangs situés à proximité de la ferme constitue la principale source de revenu. Il y a environ quatre fermes qui élèvent des espèces ornementales d’eau douce. Il s’agit du poisson rouge (Carassius auratus auratus), de l’ide mélanote (Leuciscus idus) et d’esturgeons (Acipenser spp.) qui sont élevés dans des bassins et dans des étangs extérieurs. Tous les poissons sont nourris à partir de granulés de grande qualité.
    Espèces cultivées
    Mollusques. La moule commune (Mytilus edulis) est économiquement l’espèce aquacole la plus importante. En 2005-2006, sa production totale s’élevait à 58 000 tonnes pour une valeur totale de 55,5 millions d’euros en 2005 pour les fermes. Il s’agit d’une espèce endémique. La culture en eau profonde de moule commune a été développée progressivement après le système de location de parcelles individuelles dans les eaux côtières peu profondes. Les juvéniles de moules sont principalement récoltés par dragage de gisements naturels qui se trouvent dans les eaux côtières peu profondes et transférés sur des pieux. La production totale comprend les juvéniles de moule commune et les adultes importés d’Irlande. L’huître plate européenne (Ostrea edulis) est aussi une espèce endémique. C’était la seule espèce d’huître cultivée jusqu’au rude hiver de 1962-63 qui a considérablement réduit leur stock. La production totale en 2005 s’élevait à 76 tonnes pour une valeur totale de 382 000 euros pour les fermes. L’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas) est une espèce exotique qui a été introduite pour l’élevage en 1964. Contrairement aux prévisions des biologistes, la reproduction de l’espèce est un succès dans les eaux peu profondes d’Europe de l’ouest. A présent, sa diffusion se poursuit en s’étendant des eaux côtières du sud-ouest aux eaux peu profondes de la Mer des Wadden au nord des Pays-bas. En 2005, la production totale d’huître creuse du Pacifique était de 3 347 tonnes pour une valeur totale de 3,3 millions d’euros pour les fermes. La majorité des exploitations cultive des huîtres plates et des huîtres creuses du Pacifique.

    Poissons et crustacés. L’anguille d'Europe (Anguilla anguilla) est du point de vue économique la deuxième espèce la plus produite dans 44 fermes. La production totale s’élevait en 2005 à 4 800 tonnes pour une valeur totale de 38,4 millions d’euros pour les fermes (LEI, 2006). Il s’agit d’une espèce endémique qui, pour le moment, ne peut pas être reproduite en écloseries. L’élevage d’anguille consiste dans le grossissement de juvéniles (civelle transparente) capturés dans des stocks sauvages. En raison de la très sérieuse baisse du nombre de civelles entrant dans les rivières néerlandaises depuis le début des années 1980, leur capture dans les eaux des Pays-Bas a été interdite et les éleveurs d’anguilles dépendent des prises de civelles réalisées dans les estuaires français et anglais. Le poisson-chat africain (Clarias gariepinus) est une espèce exotique importée à l’origine d’Afrique centrale (en 1975). Ces deux dernières décennies, l’espèce a été améliorée par sélections successives et adaptée à l’élevage dans des systèmes très intensifs. Le poisson-chat africain qui s’échappe des fermes ne survit pas aux hivers néerlandais. En 2004, la production totale a été de 4 000 tonnes pour une valeur totale de 4,8 millions d’euros pour les fermes (LEI, 2006). Le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) est une espèce exotique originaire d’Afrique qui est aujourd’hui cultivée dans des fermes RAS à structure couverte. En 2006, la production totale a été de 660 tonnes pour une valeur totale de 2,4 millions d’euros pour les fermes (NeVeVi, 2006). La perche barramundi (Lates calcarifer) est une espèce exotique actuellement cultivée dans une nouvelle ferme. Les alevins sont importés d’écloseries australiennes. La production est encore dans sa phase initiale et on ne dispose pas de résultats chiffrés. Le sandre (Sander lucioperca) est une espèce originaire d’Europe centrale. Désormais considérée comme une espèce endémique, elle a pénétré dans les eaux néerlandaises il y a un siècle. Elle a été reproduite dans des étangs destinés initialement aux carpes au cours des années 1960 à 1990 et les alevins étaient conservés dans les eaux intérieures. La culture pilote et couverte du sandre dans des systèmes RAS pour la consommation humaine a démarré il y a cinq ans. Les alevins sont produits par une ferme néerlandaise à partir de stocks de géniteurs originaires de fermes néerlandaises et d’Europe centrale. Le turbot (Psetta maxima) et la sole commune (Solea solea) sont des espèces endémiques élevées dans des fermes marines couvertes en utilisant des systèmes à recirculation d’eau. La plupart des fermes sont assez récentes et démarrent leur production. Les alevins de turbot sont importés de France. En 2006, la production totale a été de 100 tonnes pour une valeur de 7 000 000 d’euros. La production de sole commune (Solea solea) est en train de démarrer dans une ferme aux Pays-Bas. Il y a enfin une petite production de truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) et celle de crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) est en cours de développement aux Pays-Bas.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Mollusques. Toutes les fermes ostréicoles et la majorité des fermes mytilicoles appliquent une culture en eau profonde. Les fermes mytilicoles dépendent davantage des naissains de moules dragués dans les eaux côtières peu profondes (surtout celles de la Mer des Wadden au nord du pays). La quantité de naissains qui peut être récoltée est strictement règlementée par des quotas annuels qui dépendent de la fixation naturelle de ceux-ci et des quantités relevées durant les prospections des fonds où est réalisé le captage. De vastes zones de la Mer des Wadden sont fermées de façon permanente aux collecteurs de naissains de moules de façon à garantir l’existence de zones d’alimentation sûre pour les oiseaux et pour permettre le rétablissement des bancs de moules naturels. Après la récolte, les naissains longs de 2 à 3 cm sont dispersés de façon uniforme sur les pieux d’élevage préparés (c’est-à-dire nettoyés) à partir de navires spécialement construits à cet effet. Une parcelle fait de 1 à 5 ha. Pour que les moules atteignent leur taille commerciale (6 à 8 cm), il faut compter entre 1 et 2 ans. Durant leur croissance, les moules sont transférées sur d’autres pieux quand les conditions pour une croissance plus rapides sont réunies. La croissance des moules dépend de la quantité de plancton naturellement disponible dans l’eau. A partir d’1 kg de naissains de moules, de 1,5 à 2 kg de moules de taille commercialisable peuvent être obtenus. Les fermiers cherchent à augmenter le taux de survie des moules en réduisant leurs prédateurs naturels (étoiles de mer, crabes). Avant que les moules ne soient récoltées et vendues sur le marché à la criée spécialisée de Yerseke (Province de Zeeland, au sud-ouest des Pays-Bas), elles sont placées sur des parcelles spéciales dans le Scheldt est où elles se purgent elles-mêmes du sable et d’autres débris pendant plusieurs jours. Sur un total récolté de 50 000 à 60 000 tonnes, environ 700 tonnes sont élevées sur des cordes par six compagnies (Meer, 2006). Pour la culture sur cordes, les naissains de moules sont placées dans des filets tubulaires (boudins) et accrochées aux cordes au-dessus du fond marin. Au bout de quelques semaines, les moules s’accrochent elles-mêmes aux cordes et les unes aux autres. De façon à devenir moins dépendant des naissains de moules issues des stocks sauvages (dont la récolte est soumise à un régime de quotas et souvent contestée par les groupes environnementaux), les mytiliculteurs ont récemment lancé une expérimentation avec des engins flottants particuliers placés dans les eaux côtières pour récolter les naissains de moules durant la période où les jeunes moules cessent de vivre parmi le plancton et passent à une existence sédentaire. En 2007, un projet pilote qui vise à reproduire les moules et coques (Cerastoderna edule) dans des écloseries basées à terre a été lancé. La coque est une espèce de coquillage indigène qui, jusqu’à récemment, n’était récoltée qu’au sein des stocks sauvages présents dans les eaux côtières néerlandaises.

    Ostréiculture. Les ostréiculteurs se trouvent dans le sud-ouest des Pays-bas (province de Zeeland). Ils dépendent des naissains d’huîtres qui se déposent naturellement sur les pieux d’huîtres. Les pieux sont préparés en étant nettoyés et en répandant des coquilles de moules qui constituent un substrat adapté pour l’implantation des naissains d’huîtres. En raison de la présence du parasite Bonamia ostreae dans les autres eaux des Pays-Bas, l’huître plate est exclusivement cultivée dans le lac salé de Grevelingen. Il faut 4 à 5 ans pour que les huîtres atteignent leur taille commercialisable (de 70 à 100g). L’huître creuse du Pacifique qui résiste au parasite Bonamia ostreae est également cultivée sur des pieux dans d’autres eaux côtières du sud-ouest des Pays-Bas. Elles sont commercialisables au bout de 3 ans à un prix inférieur par rapport aux huîtres plates. Pendant leur culture, les huîtres sont remontées deux ou trois fois de façon à éliminer celles qui sont de mauvaise qualité. La qualité des eaux et la présence d’espèces de phytoplancton qui pourraient être toxiques pour la santé humaine sont fréquemment contrôlées dans les parcelles de stockage et de culture par l’Institut de recherche sur les ressources marines et des écosystèmes marins de Wageningen (IMARES).

    Pisciculture. Exception faite de la truite arc-en-ciel, tous les poissons d’eau douce élevés pour la consommation humaine aux Pays-bas sont élevés dans systèmes couverts à recyclage d’eau chauffée (23–26o C). Dans ces installations, l’eau circule de façon continue entre les bassins à poissons et un système composé de filtres. L’eau provenant des bassins passe à travers des filtres qui éliminent les composés solides et les excréments dissous. De l’oxygène est alors ajouté et l’eau est renvoyée aux bassins. Dans les systèmes à recyclage d’eau, les densités de poissons sont élevées et l’eau ainsi que l’énergie sont utilisées de façon efficace avec un rejet minimal et contrôlé des eaux usées au système d’évacuation de ces dernières. Les poissons sont nourris avec des granulés de grande qualité. Les particules de déchets solides (boues) sont, dans la plupart des cas, collectées sur la ferme piscicole et souvent utilisées comme engrais pour les prairies et les terres agricoles. Les espèces de poissons marins (turbot, sole) sont également élevées dans des systèmes à recyclage d’eau. Pour de nombreux agriculteurs élevant aussi des poissons-chats africains, le revenu dérivé de la culture de ces derniers complète les revenus provenant d’autres activités agricoles ou d’autres emplois. La truite arc-en-ciel est une espèce exotique qui est élevée dans des étangs et des bassins extérieurs. Les alevins sont principalement obtenus auprès des pays voisins et élevés dans des étangs et des bassins à écoulement. Seule une petite part des alevins est produite aux Pays-Bas. Une part de la production (sur un total de 300 à 400 tonnes par an) est utilisée pour la pêche sportive dans des étangs consacrés à la pêche amateur sur les terres de l’exploitation spécialisée dans l’élevage de truite.

    Crustacés. En 2007, la première ferme néerlandaise élevant des crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) a démarré sa production. La crevette est conservée dans une serre dans laquelle l’eau et l’air sont chauffés en utilisant de l’eau chaude du système de refroidissement d’une centrale électrique voisine. Les postlarves sont importées. La capacité de production est estimée à 30 tonnes par an.
    Performance du secteur
    Production
    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Pays-Bas (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Pays-Bas (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Mollusques. Toutes les moules sont vendues à peine débarquées sur un marché à la criée localisé à Yerseke (Province de Zeeland, au sud-ouest des Pays-Bas). Le paiement par unité de poids est basé sur le pourcentage de chair, la moyenne des tailles, la quantité de débris dans une cargaison ainsi que sur plusieurs autres paramètres de qualité. Soixante à soixante-dix pour cent des moules sont exportées en Belgique et en France. Le reste est vendu et consommé aux Pays-Bas. La majorité des moules sont vendues fraîches dans des sacs en plastique ou dans des emballages en plastique sous vide d’une contenance de 2 à 2,5 kg. Une partie est cuisinée et vendue dans des bocaux. Les huîtres ne sont jamais vendues à la criée mais directement aux revendeurs, aux restaurants, etc. ou indirectement par l’intermédiaire de grossistes. Certains de ces derniers ont une part dans les compagnies de production. Les huîtres constituent un produit de luxe vendu frais. La majorité des huîtres néerlandaises sont exportées en Belgique et en France.

    Poissons. Les pisciculteurs vendent presque tout le poisson-chat africain à trois ou quatre entreprises de transformation qui produisent des filets frais ou fumés ainsi qu’une petite quantité de produits à forte valeur ajoutée (plats préparés). Le poisson-chat n’est pas une espèce très connue par les consommateurs néerlandais et soixante à soixante-dix pour cent des filets sont exportés en Allemagne, en Belgique et en France.
    L’anguille fumée est un produit traditionnel néerlandais très apprécié et presque toutes les anguilles élevées dans les fermes sont fumées et vendues sous forme de poisson entier fumé ou de filets fumés sur le marché néerlandais (marchés, poissonneries, supermarchés). Une petite part de la production (surtout les poissons de moins de 500 g) est vendue fraîche pour les marchés allemand et belge. La production totale d’anguille des fermes néerlandaises représente désormais cinq fois la quantité totale d’anguilles pêchées dans les eaux néerlandaises.
    Le tilapia est transformé et vendu en filets sur les marchés néerlandais et français. Le sandre, la perche barramundi, le turbot et la sole sont vendus aux grossistes, aux restaurants et aux détaillants. Ils sont principalement destinés aux marchés néerlandais et belge.
    Contribution à l'économie
    L’aquaculture ne joue qu’un rôle mineur dans l’ensemble de l’économie néerlandaise. Cependant, la culture, le traitement et le commerce des poissons contribuent de façon importante à l’emploi et à l’activité économique, surtout dans la partie sud-ouest du pays (province de Zeeland). L’aquaculture est considérée comme une alternative future viable ou une activité générant des revenus supplémentaires pour certains agriculteurs et certains pêcheurs. Ces derniers affrontent des difficultés économiques dues aux limitations de captures issues des quotas de pêche ainsi qu’une augmentation des coûts de fonctionnement (prix élevés des carburants). Du point de vue de la consommation de poisson provenant des pêches de capture ou des produits aquacoles importés (surtout le saumon Atlantique, les espèces de pangasius le tilapia et la truite), les produits aquacoles néerlandais constituent encore une part mineure du régime néerlandais en raison, en partie, de l’exportation de la plus grande part de la production de moules et de poissons-chats. Sur les marchés, les produits issus des exploitations piscicoles néerlandaises sont relativement chers par rapport aux nombreux produits importés. Cela s’explique par les coûts élevés que doivent affrontés les producteurs aux Pays-Bas en termes d’investissement (bâtiments, systèmes à recyclage d’eau) et de frais d’exploitation (main d’œuvre, foncier, alimentation, chauffage, mise en conformité par rapport aux règlementations environnementales).
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L’aquaculture est sous la responsabilité du Conseil des pêches qui fait partie du Ministère de l’agriculture, de la nature et de la sécurité alimentaire. Sur la base des politiques et des règlementations de l’Union européenne, le Conseil publie des règlementations, établit des directives politiques et encourage l’innovation par l’intermédiaire de subventions. Le Conseil met également en place des comités qui identifient des goulots d’étranglements dans la production. Il fournit et diffuse enfin des solutions ainsi que des idées innovatrices. Trois enjeux principaux ont été définis pour la culture de poisson : (i) le développement de l'élevage de nouvelles espèces, (ii) le bien-être des animaux et (iii) la réglementation de l’utilisation de médicaments dans la pisciculture. Pour le secteur conchylicole, le principal enjeu identifié est, à moyen terme, un besoin de solutions innovantes qui le rendraient moins dépendant (ou totalement indépendant) de la récolte de juvéniles de moules provenant des stocks sauvages. Le secteur de l’aquaculture néerlandaise est en règle générale bien organisé. Les mytiliculteurs et les ostréiculteurs ont leurs propres organisations de producteurs. Certains pisciculteurs sont organisés dans l’Association des pisciculteurs “NeVeVi”. Les organisations conchylicultrices et la NeVeVi sont représentées dans le Comité des produits halieutiques qui est le principal organisme représentatif par rapport au gouvernement national. Cet organisme encourage et soutient le secteur halieutique en réalisant ses propres règlements et règlementations dans les limites et selon les normes établies par le gouvernement national et la Commission européenne. La NeVeVi a rédigé un Code des bonnes pratiques pour les pisciculteurs souscrit par ses membres. Ce Code fait référence à un usage minimal et sage des produits chimiques et des médicaments ainsi qu’à une attitude responsable relativement au transport des poissons, à la prévention des maladies et à la limitation de la pollution environnementale.
    Règlements en vigueur
    La Loi sur la pêche (amendée en 1963) (Visserijwet) contient le cadre basique de la règlementation des pêcheries marines et intérieures. Même si la loi ne règlemente pas spécifiquement l’aquaculture, elle autorise le Ministère à établir de futures règlementations relatives à l’élevage, au traitement et au commerce des poissons pour des raisons de prévention ou d’éradication des maladies des poissons.
    Le Règlement sur l’aquaculture (amendé en 1993) (Regeling Aquicultuur), issu de la loi, décrit de façon détaillée les besoins en matière d’élevage, de traitement et de commerce des animaux et des produits aquacoles. La Loi sur la santé et le bien-être animal (1992) (Gezondheids- en welzijnswet voor Dieren) est également important pour ce secteur. Le Décret relatif aux espèces animales qui peuvent être élevées dans des buts de production (1998) (Besluit aanwijzing voor productie te houden dieren), (Regeling Aquicultuur), issu de cette loi établit la liste des poissons et des mollusques qui peuvent être produits aux Pays-Bas. Quand les mollusques sont élevés de façon extensive, c’est-à-dire sans apport d’aliments, de produits chimiques ou de médicaments, la réglementation relative à ces sujets n’est pas considérée comme un thème prioritaire aux Pays-Bas pour le moment. Les questions règlementaires se concentrent davantage sur la répartition des ressources entre les pêcheries et la conservation de la nature ainsi que sur le contrôle de la qualité des mollusques.

    Le Ministère de l’agriculture, de la nature et de la sécurité alimentaire (Landbouw, Natuur en Voedselkwaliteit ou LNV) est responsable du développement et de la gestion du secteur des pêches dans son ensemble et, par conséquent, notamment de l’aquaculture. Le Directoire des pêches est, avec le Ministère LNV, responsable des questions politiques et de la traduction des règlements UE dans la législation nationale. Agence indépendante du Ministère LNV récemment créée, la Haute autorité sur la sécurité alimentaire et les produits de consommation (Voedsel en Warenautoriteit ou VWA) est responsable entre autres de l’inspection et du contrôle des produits aquacoles ainsi que de la santé et du bien-être animal. Diverses institutions s’occupent de la recherche. On compte parmi elles, entre autres, l’Institut néerlandais de la recherche halieutique (Rijksinstituut voor Visserijonderzoek or RIVO) qui fait partie du LNV. Le Directoire des pêches, conjointement avec l’industrie, conduit les travaux de gestion et de recherche du RIVO. En 2003, le Ministère a mis en place la Plate-forme pour l’innovation en aquaculture. Différentes parties, parmi lesquelles le gouvernement, les instituts scientifiques et de recherche ainsi que le sous-secteur lui-même, contribuent à cette plate-forme au sein de laquelle de nouvelles initiatives et des améliorations sont discutées de façon à contribuer au développement durable du secteur.

    Bien organisée, l’industrie néerlandaise s’appuie sur un système de co-gestion. Les pêcheurs, les pisciculteurs, les conchyliculteurs, les transformateurs de poisson, l’ensemble des vendeurs et les distributeurs ont tous leur association professionnelle. Ces différents organismes sont réunis au sein du Comité des produits halieutiques (Produktschap Vis) qui est une organisation statutaire responsable de la promotion et de la gestion des intérêts du secteur des pêches dont fait partie l’aquaculture. Le Comité est dirigé par un comité exécutif. Les membres de cet organisme ne sont pas élus mais désignés par les associations professionnelles et les unions commerciales du secteur des pêches. Le président du Comité est nommé par la Couronne. Le travail du Comité est coordonné par différentes commissions. Le Comité rassemble l’information, informe le public, conseille le gouvernement et peut, sur un large éventail de sujets, adopter des décrets qui sont contraignants pour tout le secteur. Depuis que le Comité exerce une grande influence en tant qu’organisme administratif de droit public, il est soumis à une étroite surveillance de la part du Ministère et du Conseil économique et social des Pays-bas (Sociaal Economische Raad ou SER). En 2001, le Comité a publié une Note politique sur l’aquaculture (Beleidsnota Viskweek), qui contient ses considérations sur le développement du secteur aquacole néerlandais.

    Pour obtenir davantage d’informations sur la législation en vigueur dans le secteur de l’aquaculture au Pays-Bas, veuillez cliquer sur le lien suivant :
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture – Pays-Bas (en englais)
    Recherche appliquée, éducation et formation
    En accord avec ses priorités politiques, le gouvernement national finance des projets de recherche. En outre, les organisations de producteurs de poissons et de mollusques ainsi que des corporations privées commanditent aussi des recherches, notamment sur les systèmes de captage de naissain et sur les écloseries pour les mollusques. Les entreprises qui produisent des aliments pour les poissons impliquent les fermiers privés dans des tests de nouveaux produits. Les principaux instituts de recherche sont l’IMARES (Institut de recherche sur les ressources marines et les écosystèmes marins) et le Département de l’aquaculture et des pêches de l’université de Wageningen. Cette dernière propose des diplômes BSc, MSc et PhD en aquaculture. La durabilité est l’une des principales questions qui intéressent le programme de recherche de l’université. L’aquaculture est enseignée dans un institut d’enseignement technique agricole (“Wellant College”, Houten, Province d’Utrecht) Au niveau universitaire agricole, l’aquaculture est au programme du cours “Eco-technologie aquatique” à la “Hogeschool Zeeland”, et au “Christian Agrarian College” à Dronten (Verdegem et al., 2007). En outre, des cours sur la pisciculture au niveau des instituts d’enseignement technique sont proposés aux étudiants et sous forme de formations brèves pour les (futurs) pisciculteurs par le “Wellant College” de Houten. Aucun cours spécialisé sur la pisciculture n’est proposé au niveau des instituts d’enseignement technique mais certains de ces derniers, spécialisés dans la pêche, parlent de ce sujet brièvement durant les leçons sur les technologies de pêche.
    Tendances, questions et développement
    Questions environnementales. La plupart des zones côtières néerlandaises sont considérées d’une grande valeur naturelle (ce sont des zones d’alimentation pour un grand nombre d’oiseaux, de passage pour les mammifères marins, etc.). Ce sont aussi des zones touristiques et de loisir. Les naissains de moules sont principalement récoltées au moyen de filets métalliques draguant le fond marin. La quantité récoltée est fixée à partir d’évaluations scientifiques du stock en respectant un système de quotas. La récolte est contrôlée et règlementée de façon stricte. La récolte est interdite dans une grande partie de la mer des Wadden (qui constitue la principale source de naissains de moules). La récolte de naissains de moules est cependant souvent contestée devant les tribunaux par les organisations environnementales. Ces dernières craignent que le ramassage d’une partie des naissains affecte la survie de certains mollusques mangés par les oiseaux et que les organismes qui vivent dans les fonds marins soient affectés par la récolte longtemps encore après celle-ci. La pisciculture dans des systèmes à recyclage d’eau est positif pour l’environnement en raison de sa consommation limitée d’eau douce par kg de poisson produit. Les eaux usées sont traitées dans les exploitations ou déversées dans des systèmes appropriés et traitées avant d’être rejetés dans les eaux libres. Les boues sont souvent utilisées comme engrais dans les champs et les prairies.

    Conchyliculture. Le manque de naissains a été (et reste) le principal problème du secteur mytilicole depuis plus de dix ans. Le nombre de fixations de naissains fluctue d’année en année. Une grande part des eaux côtières néerlandaises est interdite à la récolte de naissains de moules. De façon à protéger la source alimentaire des oiseaux qui consomment des moules, une quantité minimum de jeunes moules peut être prélevée dans la mer et les mytiliculteurs ne peuvent récolter qu’une part des naissains disponibles une fois pris en compte la quantité réservée aux oiseaux qui se nourrissent de mollusques. La récolte de naissains est possible seulement lors de deux courtes périodes chaque année. Avec le soutien financier du gouvernement, le secteur s’est engagé dans le développement de collecteurs de naissains placés dans les eaux côtières. L’élevage en mer ouverte de mollusques (a proximité des plates-formes pétrolières abandonnées et des moulins à vent) a aussi été envisagé. Des écloseries pilotes pour la moule commune et les coques communes (Cerastoderma edule) ont été réalisées afin d’envisager la quantité de naissains récoltées naturellement et de voir si cette dernière peut être augmentée. Les mytiliculteurs ont eu recours aux importations de naissains provenant d’Irlande. Cette action a été contestée par les groupes environnementaux car des organismes exotiques (non indigènes) ont ainsi été introduits avec ces naissains dans les eaux néerlandaises. Pour les ostréiculteurs, le parasite Bonamia ostreae constitue un problème de première importance. Celui-ci peut détruire complètement une récolte d’huîtres. Son apparition empêche la croissance des huîtres plates de grande valeur commerciale dans la plupart des eaux côtières. Des recherches sur cette maladie sont actuellement menées. L’huître creuse du Pacifique résiste à ce parasite. Toutefois, le stock sauvage d’huître creuse du Pacifique s’étend et l’importante quantité de naissains qui grandissent dans de gros tas d’huîtres difformes pose un problème pour les ostréiculteurs et les mytiliculteurs.

    Poissons. Les éleveurs d’anguilles sont confrontés au nombre réduit d’alevins (civelles transparentes). Celles-ci sont apportées chaque année dans les eaux côtières et les embouchures de rivières européennes par les courants marins. En raison de la rareté de la civelle transparente et de la forte demande provenant des acheteurs chinois, son prix a atteint des niveaux très élevés qui approchent parfois 1 000 €/kg. La Commission européenne a discuté des mesures pour protéger l’anguille d'Europe car sa présence dans les eaux intérieures et côtières de l’UE est considérée comme menacée. Les mesures prises par les gouvernements nationaux européens pour protéger les stocks d’anguille devraient avoir des effets sur la disponibilité et le prix des civelles transparentes pour les pisciculteurs. Des recherches sur la ponte induite d’anguille d'Europe sont en cours, notamment aux Pays-Bas (à l’Université de Leyde) mais il n’est pas prévu d’atteindre une production de masse d’alevins à court terme. Les éleveurs néerlandais de poisson-chat africain sont confrontés à une demande locale limitée de leur produit et à une faible organisation de ce sous-secteur. Par conséquent, les efforts fournis pour promouvoir ce produit auprès des consommateurs néerlandais ne sont pas concertés. Les pisciculteurs néerlandais sont également en train de tester des espèces qui n’ont pas encore été introduites aux Pays-Bas comme le sandre, la perche barramundi, la sole, les crevettes pattes blanches et l’esturgeon. On considère souvent que le climat néerlandais est trop froid pour l’élevage d’espèces d’eau chaude et trop chaud pour l’élevage d’espèces d’eau froide comme le saumon. La plupart des poissons sont élevés en eau chaude dans des structures couvertes et les pisciculteurs néerlandais doivent par conséquent affronter des investissements très coûteux (bâtiments, systèmes de recirculation d’eau, prix élevés du foncier) et des frais de fonctionnement élevés (coût de la main d’œuvre, de l’énergie pour le chauffage et les pompes fonctionnant en permanence, taxes sur le traitement des eaux usées). En outre, dans la compétition de la pêche de capture, les pisciculteurs néerlandais doivent faire face à des produits piscicoles importés qui sont moins chers aussi bien sur le marché domestique que sur le marché international. La situation économique et les perspectives des pisciculteurs néerlandais dépendront de leur savoir-faire, de leur expertise technique et de leur capacité à mener une approche innovante ainsi que du désir des consommateurs d’avoir des produits élevés localement, bien contrôlés, traçables et sûrs (c’est-à-dire sans médicaments et résidus), de grande qualité et produits en respectant l’environnement. En 2007, le développement et le test de l’élevage de la sole commune ont débuté dans des bassins et des étangs extérieurs dans le sud-ouest de la province de Zeeland avec le soutien du gouvernement national et provincial. Cette culture pourrait représenter une alternative possible pour les agriculteurs de cette zone qui tirent de faibles profits des produits agricoles traditionnels. Les consommateurs néerlandais commencent à être de plus en plus attentifs aux bénéfices sanitaires d’une consommation accrue de poissons et la demande en produits halieutiques progresse. Il est donc prévisible que les pisciculteurs et conchyliculteurs néerlandais bénéficieront de cette tendance.
    Références
    Bibliographie
    Ginkel, Rob van. 1991. The Musselmen of Yerseke: an ethno-historical perspective. In J.R. Durand, J. Lermoalle, J. Weber, eds. La recherché face à la pêche artisanale, pp 491–499. Symp. Int. ORSTOM-IFREMER, Montpellier, France, 3–7 juillet 1989. Paris, ORSTOM.

    Taal, C., Batelings, H., Klok, A., van Oosterbugge, J.A.E., de Vos, B., LEI. 2006. Visserij in Cijfers 2006. The Hague, Netherlands, Landbouw Economisch Instituut (Agricultural Economic Institute).

    LEI. 2007. Pers. Comm. by B. de Vos.

    Meer, M.B. van der. 2006. Viskwekerij Neeltje Jans. AQAUcultuur, 21 (6): 33–38.

    NeVeVi. 2007. Pers. comm. by W. van Eijk.

    Quack, J. 2003. Van karper tot kennis. OVB Jubileumboek 1952–2002. Nieuwegein, Netherlands, Organisatie ter Verbetering van de Binnenvisserij (Organisation for Inland Fisheries Improvement). 106 pp.

    Verdegem, J., Scheerboom, J., Heringa, J., Goldsborough, D., Schlaman, G. & van der Heijden, P. 2007. Aquacultuuropleidingen in Nederland: wat, waar en hoe? AQUAcultuur, 22 (2): 19–25.
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