Accueil FAO>Pêches et aquaculture
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
EnglishEspañolРусский
  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Au cours des trente dernières années, l’aquaculture en Nouvelle-Zélande a progressé pour devenir, après des débuts très modestes, une activité économique majeure qui s’étend sur plus de 5 500 hectares et produit des ventes annuelles d’environ 230 millions de dollars EU en 2006 (Lynch et Berger, 2003; NZGovt, 2007). Entre 1985 et 2005, ce secteur a connu en moyenne un taux de croissance annuel de 13 pour cent en termes de revenu des ventes (NZGovt, 2007). L’aquaculture représente environ 20 pour cent de la valeur de la production nationale de produits comestibles de la mer et constitue une importante industrie d’exportation. Environ 66 pour cent de toute la production de l’aquaculture est en effet exportée (NZGovt, 2007).

    En Nouvelle-Zélande, plus de 90 pour cent de la production totale de l’aquaculture est assuré, en valeur comme en volume, par trois espèces (NZGovt, 2007; NZAC, 2005).

    Au cours des cinq dernières années, la forte valeur du dollar néo-zélandais et des restrictions gouvernementales quant à la concession de nouveaux espaces marins pour l’aquaculture ont significativement ralenti la croissance jusqu’alors rapide de ce secteur (Lynch et Berger, 2003). En 2006, l’industrie aquacole néo-zélandaise a développé une stratégie de croissance de toute l’industrie visant une production annuelle d’une valeur de 720 millions de dollars EU à l’horizon 2025 (NZAC, 2006). En 2007, le gouvernement néo-zélandais a répondu à cette stratégie en proposant de fournir un soutien supplémentaire à son développement (NZGovt, 2007).
    Historique et aperçu général
    Les premiers habitants de l’actuelle Nouvelle-Zélande, les Maoris, ont certainement mené des activités aquacoles rudimentaires comme la pose de rochers appropriés dans les zones d’implantation intertidale des larves d’huîtres (Jeffs, 2003). On suppose aussi qu’ils ont transplanté des ormeaux et d’autres coquillages d’une zone à une autre afin d’accroître leur production dans des lieux bien précis. Cette nourriture marine côtière était en effet de la première importance dans leur régime alimentaire (Best, 1986).

    L’aquaculture commerciale a débuté en Nouvelle-Zélande dans les années 1960 avec le soutien du gouvernement. Des élevages intertidaux d’huître australienne indigène (Saccostrea commercialis) ont été mis en place dans les rades peu profondes du nord de l’île du Nord (Crimp, 2007). Par la suite, l’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas) est devenue l’espèce d’huître cultivée dominante en Nouvelle-Zélande. Introduite dans le pays au début des années 1970, les ostréiculteurs l’ont privilégiée parce qu’elle grossit bien plus vite que l’huître australienne et sa culture s’est répandue dans de nombreux sites sur l’île du Nord.

    La mytiliculture a débuté en Nouvelle-Zélande à la fin des années 1960 à la suite de l’effondrement de deux pêcheries par dragage proches des lieux où les moules sont aujourd’hui cultivées – le Golfe de Hauraki dans l’île du Nord et le détroit de Marlborough dans l’île du Sud (Dawber, 2004; Jeffs et al., 1999). La production a rapidement augmenté avec l’introduction de techniques et de méthodes d’élevage permettant de traiter de grandes quantités pour répondre à une demande croissante de la part de plus de 60 pays.

    La culture du saumon royal s’est développée en Nouvelle-Zélande au cours des années 1980 à partir de l’introduction de poissons originaires de Sacramento, en Californie, dès la fin des années 1890 pour lancer la pêche sportive (Jeffs, 2003). Aujourd’hui, la Nouvelle-Zélande est l’un des principaux producteurs de saumon royal d’élevage au monde (FAO, 2007).
    Des tentatives d’accroissement des pêches de pecten sauvage de la Nouvelle-Zélande (Pecten novaezelandiae) dans les eaux situées au nord de l’île du Sud ont débuté en 1982 à la suite de la baisse de la pêche sauvage (Booth et Cox, 2003). Aujourd’hui, un grand nombre de naissains de pecten est capturé dans des boudins maillés en plastique placés dans des zones riches en colonies naturelles de pecten. Elles sont alors utilisées pour réensemencer des lits de pecten naturel qui sont par la suite récoltés en suivant des rotations. Ce réensemencement a eu comme conséquence une nette croissance et une stabilisation de la capture annuelle disponible. Avant l’introduction de ce programme, la moyenne annuelle des captures était d’environ de 2 400 tonnes. La production annuelle a doublé avec le développement et l’application de ces techniques de réensemencement.
    On compte aussi une production à petite échelle de bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii) rendu possible par l’utilisation des eaux de la nappe phréatique chauffées par géothermie. Lors de la dernière décennie, plusieurs tentatives d’élevage d’espèces indigènes ont été menées mais les niveaux de production restent faibles. C’est surtout le cas pour l’espèce d’ormeau arc-en-ciel (Haliotis iris ).
    Ressources humaines
    En 2005, on estime que l’industrie aquacole néo-zélandaise employait directement l’équivalent de 2 500 personnes à temps complet, la majorité dans le secteur de la transformation (Lynch et Berger, 2003; NZAC, 2005). Des études indiquent que le flux économique induit par l’aquaculture tend à générer un emploi indirect équivalent à l’emploi direct, principalement dans la fourniture de services financiers et fonciers, la transformation, le commerce et le transport (Jeffs, 2003). Actuellement, l’aquaculture est particulièrement importante dans des zones côtières et régionales qui se caractérisent par des perspectives d’emploi limitées (Lynch et Berger, 2003). Cette source d’emploi rural est particulièrement importante pour certaines communautés maories encore très liées à leurs implantations littorales traditionnelles. Si l’aquaculture devait connaître la croissance escomptée et atteindre 720 millions de dollars EU de ventes annuelles en 2025, la main d’œuvre du secteur augmenterait de 7 000 emplois équivalents temps pleins.

    Ces dernières années, le niveau des compétences s’est sensiblement amélioré dans l’aquaculture néo-zélandaise, ce qui a grandement contribué à améliorer la productivité du secteur (Lynch et Berger, 2003). Ces progrès sont largement dus à l’Organisme de formation de l’industrie des produits comestibles de la mer (Seafood Industry Training Organization - SITO) qui a mis en œuvre des programmes de formation aquacole sur mesure à la suite du succès rencontré précédemment avec une formation industrielle élaborée pour le secteur de la pêche de capture de poisson (Lynch et Berger, 2003, SITO, 2007).
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    En 2004, on comptait 645 exploitations mytilicoles en Nouvelle-Zélande qui occupaient 4 747 hectares d’espace maritime et produisaient plus de 85 000 tonnes de moules (NZAC, 2005). La majorité de ces exploitations se trouvaient dans le détroit de Marlborough au nord de l’île du Sud. Quelques exploitations mytilicoles se trouvent aussi dans le Golfe de Hauraki, au nord de l’île du Nord, et en nombre encore plus restreint, sur l’île Stewart. Récemment, la mytiliculture a été autorisée dans des zones de haute mer. Elle s’est développée dans la Baie de Plenty et la Baie de Hawkes au large de la côte est de l’île du Nord.

    En 2004, on comptait 23 exploitations élevant du saumon royal. Elles s’étendaient sur 60 hectares d’espace maritime et produisaient 7 400 tonnes de poisson (NZAC, 2005). La majorité de ces exploitations se trouvaient dans le détroit de Marlborough et sur l’île Stewart mais on en trouve aussi quelques unes dans des canaux hydroélectriques.

    En 2004, on comptait 230 exploitations ostréicoles qui s’étendaient sur 750 hectares d’espace maritime. Principalement situées dans une série de criques abritées sur la côte nord-est de l’île du Nord (NZAC, 2005), ces exploitations produisaient environ 3 300 tonnes d’huîtres.

    Enfin, en 2004, on comptait 35 exploitations élevant des ormeaux sur 20 hectares d’espace maritime qui ne produisaient que 2 tonnes de ce coquilage (NZAC, 2005). La majorité des ces exploitations étaient localisées dans le détroit de Marlborough ou dans la péninsule de Banks, sur la côte est de l’île du Sud.
    Espèces cultivées
    L’industrie aquacole néo-zélandaise est concentrée sur la production de trois espèces : la moule de la Nouvelle-Zélande (Perna canaliculus) qui est une moule indigène connue sous le nom de « greenshell », le saumon royal (Oncorhynchus tshawytscha) et l’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas). D’autres espèces sont encore en cours de développement commercial ou ne sont produites qu’à petite échelle. Il s’agit notamment du thon à queue jaune, de l’ormeau, du mérou et des crevettes de Malaisie élevées dans des eaux chauffées par géothermie (Jeffs, 2003; NZGovt, 2007).

    En 2005, la moule de la Nouvelle-Zélande représentait 64 pour cent (150 millions de dollars EU) de la valeur de ces trois principales espèces aquacoles, le saumon royal 27 pour cent (63 millions de dollars EU) et l’huître creuse du Pacifique 9 pour cent (20 millions de dollars EU) (NZGovt, 2007).

    Les autres espèces ne sont cultivées qu’en quantités relativement réduites. Il s’agit de l’ormeau, de la perle d’ormeau, du thon, de la carpe herbivore et des langoustes d’eau douce indigènes. Leur production totale est inférieure à 3 millions de dollars EU (NZAC, 2005). La culture d’espèces ornementales, principalement d’eau chaude comme le poisson rouge, est estimée à plus de 15 millions de dollars EU.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    La moule de la Nouvelle-Zélande est cultivée à partir de naissains sauvages collectés sur des cordes dans des zones à forte densité de larves et à partir d’algues marines riches en naissains (Jeffs et al., 1999). On compte aussi un petit nombre d’écloseries mais ces dernières sont difficilement compétitives par rapport au coût relativement bas de la récolte de naissains sauvages. Un programme de recherche et développement pris en charge par le gouvernement et l’industrie sur la reproduction sélective de la moule de Nouvelle-Zélande a été entrepris au cours des cinq dernières années mais il n’a encore eu aucun effet réel sur la production de cette espèce. La moule de la Nouvelle-Zélande est cultivée selon un système modifié de culture sur filière d’origine japonaise, en général dans des eaux peu profondes comprises entre 15 et 30 mètres de profondeur. Quelques groupes expérimentent actuellement des méthodes d’élevage de cette espèce en haute mer.

    La New Zealand King Salmon Company Ltd domine la production du saumon royal en Nouvelle-Zélande. Cette compagnie dispose d’un programme de reproduction sélective très bien développé avec ses propres systèmes de contrôle de la qualité et de la production. D’autres producteurs de saumon misent sur les stocks provenant d’écloseries dont le développement est de moins bonne qualité ou ne disposant pas de reproduction sélective du stock. La majorité du poisson est élevée dans des cages placées dans les eaux côtières alors qu’une petite proportion est élevée en eau douce – principalement dans des canaux construits pour la production hydroélectrique. Une petite quantité d’alimentation est produite en Nouvelle-Zélande mais le plus gros des fournitures alimentaires est directement importé de fabricants australiens.

    Les huîtres creuses du Pacifique sont principalement cultivées à partir de naissains sauvages récoltés principalement dans la Baie de Kaipara située sur la côte nord-ouest de l’île du Nord. Un petit nombre d’écloseries est opérationnel et l’une d’entre elles propose un stock de reproduction sélective. Les ostréiculteurs ont cependant été réticents à adopter des naissains élevés dans des écloseries, principalement parce que ces derniers ne peuvent pas être utilisés dans le système de culture traditionnel avec des tables de suspension qui est privilégié par la majorité de l’ostréiculture néo-zélandaise. Des systèmes de croissance alternatifs sont en outre toujours plus utilisés, notamment les plateaux en plastique et un système de suspension sur filière développé en Australie.
    Performance du secteur
    Production

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Nouvelle-Zélande (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Nouvelle-Zélande (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Les ventes domestiques de moules de la Nouvelle-Zélande d’élevage étaient, en 2005, de 30 millions de dollars EU, celles de saumon sauvage de 40 millions de dollars EU et celles d’huîtres creuses du Pacifique de 12 millions de dollars EU.

    La moule de la Nouvelle-Zélande est dans une large mesure exportée. Les Etats-Unis constituent le premier marché à l’export pour un montant de 43 millions de dollars EU. Ils sont suivis de l’Espagne, de l’Australie, de la Corée du Sud et du Royaume-Uni (NZGovt, 2007). La moule de la Nouvelle-Zélande est principalement traitée sous la forme de demi-coquilles congelées et conditionnées dans de petits emballages destinés à la vente au détail ou dans de plus grands pour différentes prestations alimentaires. La Nouvelle-Zélande a été pionnière dans la production de demi-coquilles de moules congelées et produit aujourd’hui environ 75 pour cent de la production mondiale de ce produit (Seafood International, 2007).

    Le saumon royal d’élevage est principalement exporté vers le Japon (pour 11 millions de dollars EU en 2005). L’Australie et les Etats-Unis viennent ensuite (NZGovt, 2007). Ce saumon est vendu sous différentes formes, notamment sous forme de produits à forte valeur ajoutée comme les filets fumés, les kebabs de poisson et les snacks.

    L’huître creuse du Pacifique est principalement exportée vers l’Australie (pour 5 millions de dollars EU en 2005), devant le Japon et les Etats-Unis (NZGovt, 2007). Ces marchés étaient principalement approvisionnés avec des demi-coquilles d’huîtres fraîches ou surgelées.

    La Nouvelle-Zélande mène un suivi sanitaire très rigoureux de la production aquacole, en particulier sur les coquillages. En 1980, un mémorandum d’entente a été signé avec l’Administration des produits alimentaires et pharmaceutiques des Etats-Unis (USFDA) relatif à la qualité des exportations de mollusques bivalves (NZFSA, 2007). La Nouvelle-Zélande exige par conséquent que les mollusques bivalves de l’aquaculture soient désormais transportés, transformés et étiquetés conformément au Programme sanitaire national relatif aux mollusques et crustacés (NSSP) de l’USFDA.

    Le plus grand producteur et fournisseur néo-zélandais d’huîtres de la Nouvelle-Zélande a été l’un des premiers producteurs au monde à obtenir une certification biologique. Les moules étaient certifiées par une agence de certification néo-zélandaise respectée: Bio-Gro. Un certain nombre d’exploitations ostréicoles ainsi que des exploitations de saumon royal sont aujourd’hui, elles aussi, certifiées comme producteurs biologiques
    Contribution à l'économie
    L’aquaculture est une industrie relativement petite pour les standards néo-zélandais. Mais elle est importante dans l’économie en raison de l’emploi et de l’activité économique qu’elle génère dans certains régions rurales clés. De plus, cette industrie a enregistré une croissance forte et soutenue au cours des trente dernières années qui en fait l’une des industries rurales qui progressent le plus vite en Nouvelle-Zélande. Cette industrie est également importante en raison de sa forte dimension exportatrice dans un pays qui s’est efforcé d’augmenter de façon importante ses profits provenant des échanges avec l’étranger.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    La gestion de l’aquaculture en Nouvelle-Zélande n’est pas du ressort d’une agence gouvernementale unique. De même, les questions relatives à l’aquaculture ne sont pas concentrées dans un portefeuille ministériel particulier (NZGovt, 2007). La stratégie gouvernementale formulée en 2007 a ainsi été approuvée par six ministres différents qui ont en charge l’environnement, les questions maories, la conservation, les pêches, les gouvernements locaux ainsi que l’industrie et le développement régional. En outre, cinq ministères étaient directement impliqués dans la préparation de cette stratégie. Enfin, l’accès aux sites aquacoles marins ou d’eau douce est contrôlé par un éventail de 17 agences régionales relevant des administrations locales qui sont ensuite supervisées par diverses agences du gouvernement central.

    Le cadre législatif selon lequel le gouvernement régional octroie l’espace maritime pour l’aquaculture était obsolète et une nouvelle législation de planification de l’aquaculture a été mise en place début 2005. Pendant trois ans, c’est-à-dire pendant son élaboration, l’octroi de crédits pour de nouveaux espaces aquacoles a été interdit. A la fin du premier semestre 2007, aucun nouvel espace n’avait encore été octroyé en raison de sa lente mise en place. Le gouvernement s’est beaucoup investi pour appliquer les nouvelles lois avec la formation d’un groupe de fonctionnaires gouvernementaux issus des différents ministères impliqués dans la gestion de l’aquaculture. Plus récemment, le gouvernement a commencé à distribuer des financements en liquide pour tenter de faire avancer la nouvelle législation.

    L’aquaculture continentale est gérée par d’autres lois désormais obsolètes en termes de pratique moderne de l’aquaculture (NZMAF, 2000). La Nouvelle-Zélande est ainsi, probablement, le seul pays au monde où l’élevage de la truite est illégal malgré son fort potentiel commercial, surtout pour les compagnies qui élèvent déjà d’autres salmonidés.

    En juin 2007, le gouvernement néo-zélandais a lancé une stratégie de développement de l’aquaculture qui met l’accent sur certaines actions déjà existantes et propose de nouvelles initiatives ainsi que de nouveaux financements déclinés en cinq objectifs clés (NZGov, 2007):
    • Etablir une plus grande confiance de la part des investisseurs.
    • Améliorer le soutien public.
    • Encourager les succès maoris.
    • Tirer des avantages de la recherche et de l’innovation.
    • Accroître les revenus commerciaux.
    Début 2007, l’industrie aquacole néo-zélandaise a formé le Conseil néo-zélandais de l’aquaculture (New Zealand Aquaculture Council Ltd - NZAC) à partir d’une combinaison de groupes industriels et régionaux (NZAC, 2006). Le but de ce Conseil est de mettre en œuvre le plan national de développement formulé en 2006 dont l’un des buts est de travailler plus étroitement avec le gouvernement pour essayer de garantir une action plus positive de celui-ci sur le futur de l’industrie.
    Règlements en vigueur
    En 2004, la Nouvelle-Zélande a adopté une Loi sur la réforme de l’aquaculture qui amendait plusieurs lois existantes et en créait deux nouvelles. La Loi sur la réforme de l’aquaculture modifiait:
    • l’Amendement 2004 sur la gestion des ressources;
    • l’Amendement 2004 sur les pêches;
    • l’Amendement 2004 sur la conservation;
    • l’Amendement 2004 sur la biosécurité;
    • l’Amendement 2004 Te Ture Whenua Māori;
    et créait:
    • l’Accord 2004 relatif au règlement des revendications de l’aquaculture commerciale maorie;
    • la Réforme 2004 de l’aquaculture (Abrogations et disposition provisoires).
    Les principaux ministères impliqués dans la gestion de l’aquaculture sont le Ministère de la conservation, le Ministère de l’environnement pour l’aquaculture côtière et le Ministère des pêches (MFish) pour l’aquaculture d’eau douce. Le Ministère de l’agriculture et des forêts, avec les agences sous son mandat, règlemente les normes alimentaires et la sécurité des produits animaux et des matériaux, notamment l’alimentation des poissons et les produits piscicoles. En outre, le Ministère des questions maories s’occupe de certains secteurs du vaste système de régulation de l’aquaculture néo-zélandaise même si son rôle n’est pas aussi important que celui des autres ministères.

    La Loi sur la gestion des ressources de 1991 (RMA), dans sa forme modifiée, fournit une bonne part du cadre de la gestion de l’aquaculture en Nouvelle-Zélande. Dans le cadre de cette loi, le Ministère de la conservation est responsable de la préparation des déclarations de politique côtière, de l’approbation des plans côtiers régionaux et des permis pour les activités côtières ainsi que des activités complémentaires de suivi. Les responsabilités du Ministère de l’environnement comprennent l’élaboration de recommandations sur les questions relevant de déclarations politiques nationales, la mise en place de normes environnementales nationales et l’émission de règles relatives à la conservation des eaux. Ce Ministère se penche aussi sur l’utilisation des taxes, des mesures fiscales, des primes et d’autres instruments économiques qui peuvent être appliqués dans le cadre de cette Loi.

    Le Ministère des pêches tient un registre national des pisciculteurs. Il gère et conseille les autorités régionales et territoriales dans l’aménagement des ressources piscicoles. Les activités aquacoles sont règlementées par les Règlementations relatives aux exploitations d’eau douce datant de 1983, dans le cadre de l’assistance statutaire de la Loi sur la pêche, dans sa forme modifiée. Conformément à la loi sur la pêche de 1996, le Conseil consultatif national des pêches peut conseiller le ministre sur différents sujets, notamment sur le caractère durable de l’utilisation des ressources piscicoles avec des objectifs aquacoles.

    La gestion directe de l’aquaculture se fait au niveau régional et local à travers des plans côtiers régionaux. Ces plans établissent les zones dans lesquelles l’aquaculture est permise, fixent des limites aux activités aquacoles et aux activités industrielles qui leur sont liées et précisent des limites, entre autres, sur le caractère, l’intensité ou l’ampleur de ces activités. Le Ministère de l’environnement publie une déclaration de politique nationale afin de guider les décideurs politiques régionaux et territoriaux dans leur développement d’initiatives politiques.

    Pour davantage d’informations sur la législations de l’aquaculture en vigueur en Nouvelle-Zélande, cliquez sur le lien ci-dessous :
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture – Nouvelle-Zélande
    Recherche appliquée, éducation et formation
    La Fondation pour la recherche, la science et la technologie (FRST) est la principale agence gouvernementale qui finance la recherche aquacole en Nouvelle-Zélande. Elle s’engage à détailler comment elle dirigera son financement de la recherche après consultation des destinataires. On estime que l’investissement global du gouvernement dans la recherche aquacole représente environ 2 pour cent de la valeur brute annuelle de l’investissement de la production, tout comme celui de l’industrie. La plus grande part des financements gouvernementaux sont délivrés sous la forme d’appels d’offre.

    La principale organisation de recherche aquacole en Nouvelle-Zélande est l’Institut national de la recherche sur l’eau et l’atmosphère (National Institute of Water and Atmospheric Research Ltd - NIWA). Structuré comme une compagnie privée à but lucratif totalement propriété du gouvernement, le NIWA fait fonctionner trois installations: le Parc aquacole en eaux salées de la Baie de Bream dans le Northland (Bream Bay Aquaculture Park), la Structure aquacole en eaux salées de la Baie de Mahanga près de Weelington (Mahanga Bay aquaculture facility) et l’Ecloserie Silverstream en eaux douces (Silverstream Hatchery). Le Parc aquacole de la Baie de Bream est un parc industriel et technologique qui comprend un certain nombre de compagnies aquacoles privées. Le NIWA produit sur ce site du thon à queue jaune destiné à être vendu aux éleveurs, des naissains d’abalone sur le site de la Baie de Mahanga et des smolts de saumon dans l’Ecloserie Silverstream. Le deuxième groupe de recherche le plus important est l’Institut Cawthron. Il s’agit d’une entité de recherche régionale à but non lucratif basée à Nelson, au nord de l’île du Sud. Non loin, une structure de recherche en eaux salées appelée Centre aquacole de Glenhaven (Glenhaven Aquaculture Centre Ltd) opère où, là aussi, des compagnies aquacoles privées travaillent. Le secteur universitaire n’assure qu’une très faible part de la recherche aquacole en Nouvelle-Zélande.

    Une seule université néo-zélandaise, l’Université technologique d’Auckland, propose un diplôme de premier cycle spécialisé en aquaculture. D’autres centres de formation de niveau universitaire proposent des cours en aquaculture. Il s’agit notamment de l’Ecole polytechnique de la Baie de Plenty, de l’Institut technique Mahurangi et de l’Institut technologique Nelson Marlborough.

    L’Organisme de formation de l’industrie des produits comestibles de la mer (Seafood Industry Training Organization - SITO) opère comme partie intégrante de l’industrie des produits comestibles de la mer en Nouvelle-Zélande et fournit des programmes reconnus pour former une main d’œuvre innovante (SITO, 2007). Le SITO a développé des programmes de formation en aquaculture basés sur les besoins des compagnies impliquées dans ce secteur.
    Tendances, questions et développement
    Au cours de l’année 2006, l’industrie aquacole néo-zélandaise a développé un important exercice de planification stratégique qui a eu comme résultat la Nouvelle stratégie aquacole néo-zélandaise (NZAC, 2006). C’est à travers cet exercice que l’industrie s’est fixée un objectif global de croissance des ventes visant 720 millions de dollars EU en 2025. Cette stratégie dresse une liste de dix domaines d’activité nécessaires pour atteindre cet objectif de croissance.

    Etablir une nouvelle organisation nationale du secteur
    Fin 2006, le Conseil de l’aquaculture néo-zélandaise a été fondé comme principal organisme représentant l’ensemble des intérêts de l’industrie aquacole dans tout le pays et regroupant le travail fragmenté des organismes de représentation des plus petites espèces et de l’industrie régionale. Un président directeur général a été nommé pour diriger le travail et mettre en œuvre la stratégie de croissance.

    Renforcer le partenariat avec le gouvernement
    Les objectifs du gouvernement central et des autorités locales en matière d’aquaculture sont longtemps restés flous. L’industrie a désormais l’intention de travailler avec le gouvernement de façon plus transparente pour obtenir un soutien majeur dans l’optique de développer une industrie aquacole dynamique.

    Renforcer les partenariats avec d’autres parties prenantes
    Les organismes représentant l’industrie aquacole régionale et spécialisée existante, tout comme d’autres groupes tels l’industrie des produits comestibles de la mer, les organismes de recherche et le secteur tertiaire sont invités à jouer un rôle clé dans l’aquaculture en marche en soutenant les intérêts de l’industrie.

    Garantir et promouvoir l’investissement en aquaculture
    En aquaculture, l’investissement est primordial pour produire de la croissance et pour attirer davantage d’investisseurs. L’industrie doit établir davantage de certitudes et de garanties pour ces derniers, en particulier au sujet de la propriété de l’espace maritime.

    Améliorer le soutien public à l’aquaculture
    Une meilleure compréhension de la part du public et un plus grand soutien de celui-ci à l’aquaculture sont primordiaux pour le développement de cette industrie, en particulier pour permettre l’accès à de nouveaux espaces maritimes.

    Promouvoir les succès maoris en aquaculture
    Les Maoris sont les principales parties prenantes de l’industrie aquacole néo-zélandaise mais leurs compétences commerciales et techniques sont variables et, dans de nombreux cas, nécessitent des conseils et un appui pour réaliser tout leur potentiel. Un certain nombre d’exemples démontre que l’aquaculture peut apporter des bénéfices économiques et sociaux aux communautés maories rurales.

    Développer le marché des produits aquacoles néo-zélandais
    La diversification des produits et des marchés sera primordiale pour mieux sauvegarder et développer le secteur aquacole néo-zélandais.

    Maximiser les opportunités d’innovation
    La croissance de l’industrie aquacole néo-zélandaise s’est basée jusqu’à aujourd’hui, pour une bonne part, sur de hauts niveaux d’innovation et il est primordial de continuer à encourager cet environnement d’innovation pour garantir le futur.

    Promouvoir la durabilité et l’intégrité environnementale de l’aquaculture
    La Nouvelle-Zélande a une grande conscience environnementale en partie due aux croyances traditionnelles maories en relation avec les ressources naturelles. Ses eaux côtières, d’une très grande qualité naturelle, ont permis à l’industrie aquacole de s’épanouir et de produire de façon fiable des produits de qualité supérieure sans risques majeurs de pollution. Il est donc primordial de garantir la poursuite d’une croissance durable de l’aquaculture dans le respect de l’environnement pour le futur de cette industrie.

    Investir dans la formation, l’éducation et l’avancement de la main d’œuvre
    Une approche proactive visant à maintenir et à élever les compétences de la main d’œuvre du secteur aquacole aidera à garantir son potentiel humain pour continuer à croître.

    Pour mettre en œuvre cette ambitieuse stratégie de développement, le Conseil néo-zélandais de l’aquaculture a introduit une taxe acquittée par les producteurs actuels. Le gouvernement néo-zélandais a en outre proposé des financements supplémentaires, en particulier dans le but d’améliorer le fonctionnement du régime de régulation de l’aquaculture introduit en 2005.

    En juin 2007, le gouvernement néo-zélandais a publié une déclaration d’engagement visant à soutenir l’industrie aquacole en Nouvelle-Zélande (NZGovt, 2007). Celle-ci se décline en 5 objectifs clés (exposés précédemment) et cinq principes directeurs accompagnés de 15 autres sous principes. Dotée de 1,4 millions de dollars EU de fonds supplémentaires, cette stratégie entend faire fonctionner la nouvelle législation aquacole introduite en 2005.
    Références
    Bibliographie

    Best, E.1986 . Fishing methods and devices of the Maori. Government Printer, Wellington, New Zealand.

    Booth, J. and Cox, O. 2003 . Marine fisheries enhancement in New Zealand: our perspective. New Zealand Journal of Marine and Freshwater Research 37: 673-690.

    Crimp, D. 2007 . Out of the blue – aquaculture. New Zealand Geographic. 84: 98-112.

    Dawber, C. 2004 . Lines in the water; a history of Greenshell mussel farming in New Zealand. River Press, Picton, New Zealand.

    Jeffs, A.G. 2002 . The importance of a helping hand; the growth of aquaculture in Australia and New Zealand. Report to the Winston Churchill Memorial Trust, Wellington, New Zealand.

    Jeffs, A.G. 2003 . Assessment of the potential for aquaculture development in Northland. NIWA Report #AKL2003-012, Auckland, New Zealand.

    Jeffs, A.G., Holland, R.C., Hooker, S.H., Hayden, B.J. 1999 . Overview and bibliography on the greenshell mussel, Perna canaliculus, from New Zealand waters Journal of Shellfish Research 18:347-360.

    Lynch, C. and Berger, N. 2003 . Aquaculture: a growing and innovative industry. LECG, Wellington, New Zealand.

    NZAC - New Zealand Aquaculture Council2005 . Annual Report 2004-2005 – The New Zealand Aquaculture Council Incorporated.

    NZAC - New Zealand Aquaculture Council2006 .The New Zealand Aquaculture Strategy. (http://www.aquaculture.org.nz/pdfs/NZ_Aquaculture_Strategy.pdf).

    NZGovt - New Zealand Government2007 . Our blue horizon: He pae kikorangi; the government’s commitment to aquaculture. (http://www.aquaculture.govt.nz/files/pdfs/MED_Aquaculture_doc.pdf).

    NZSMAF. 2000 . Join the discussion. Ministry of Fisheries, New Zealand. (http://govdocs.aquake.org/cgi/reprint/2004/628/6280100.pdf)
    Seafood International. 2007 . Supplies and markets – mussels. June 2007. pp.16-17.
    Liens utiles
     
    Powered by FIGIS