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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’aquaculture a commencé au Nicaragua au cours des années 1980 sous la forme d’une aquaculture rurale intégrée. Lors de la décennie suivante, dans le cadre d’une nouvelle économie de marché et à la lumière de la prospérité de ce secteur à l’échelle mondiale, des investisseurs nationaux et étrangers se sont lancés dans la crevetticulture au nord-ouest du pays où 38 000 ha avaient été repérés comme potentiellement appropriés pour cette activité.

    La crevetticulture a progressé régulièrement jusqu’à couvrir en 1994 une surface de 10 335 ha dont 60 pour cent correspondaient à des systèmes de culture semi-intensive gérés par des entrepreneurs privés. Les 40 pour cent restants étaient essentiellement exploités dans des conditions de culture extensive par des coopératives. La production de crevette destinée à l’exportation s’élevait à 5 657 000 tonnes en 2004, ce qui correspond à une valeur de 28 633 000 dollars EU. Ces exportations sont essentiellement destinées aux Etats-Unis d’Amérique (53 pour cent) et à l’Union européenne (45 pour cent).

    L’élevage de tilapia est encore très récent au Nicaragua. Une seule ferme exploite un système de culture intensive en cage alors que sept petites exploitations utilisent des systèmes de culture extensive dans le centre du pays.

    On observe une croissance continue de la crevetticulture ainsi qu’une intensification et une expansion de la pisciculture. Plusieurs projets de recherche sont menés afin de diversifier cette dernière.

    Le gouvernement du Nicaragua considère l’aquaculture comme une priorité en matière de développement pour lutter contre la pauvreté et stimuler la croissance économique.
    Historique et aperçu général
    Le Nicaragua est un pays dont l’économie est traditionnellement basée sur l’agriculture et l’élevage. La pêche n’y est qu’une activité d’extraction pratiquée aussi bien dans l’océan Atlantique que dans l’océan Pacifique. En 1982, le gouvernement a tout de même lancé un programme d’aquaculture et de repeuplement des réservoirs. Cette activité s’est développée au cours des années 1980. Les espèces cultivées étaient alors le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus), le tilapia aurea (Oreochromis aureus) et le cichlidé de Managua (Cichlasoma managuense). Des espèces de carpe ont aussi été introduites. Cependant à la fin des années 1980, le gouvernement a décidé d’arrêter le programme piscicole et de concentrer ses efforts en direction de la crevetticulture qui paraissait plus prometteuse.

    En 1988, la première évaluation des terrains appropriés pour la crevetticulture sur la côte Pacifique a été réalisée avec le soutien de la FAO. Les résultats de l’étude ont indiqué une zone d’environ 39 250 ha dont 72 pour cent (28 150 ha) se concentrent dans l’Estero Real à proximité du golfe de Fonseca. Le reste est réparti dans des zones situées non loin des estuaires de l’Aserradores, du Padre Ramos et du Río Tamarindo sur la côte Pacifique, toutes au nord-ouest du Nicaragua. Ailleurs le long de cette côte, les terrains littoraux présentent un potentiel moindre pour la crevetticulture. Cette information a été confirmée par une deuxième étude réalisée en 1992 et 1994 avec le soutien de PRADEPESCA.

    Au cours de la première moitié des années 1980, des initiatives isolées de crevetticulture dans des marais salants et suivant des systèmes clos ont été menées. Elles ont cependant été abandonnées en raison de l’instabilité politique et de problèmes technologiques. Ce n’est qu’en 1987 que des coopératives ont commencé à exploiter des étangs rustiques d’une centaine d’hectares. Leur nombre a alors augmenté régulièrement. En 1990, 1 000 ha étaient ainsi exploités et leur rendement était en moyenne de 112,5 kg/ha/an.

    A partir de 1990 et dans le cadre d’une économie de marché, des investisseurs nationaux et étrangers ont concentré leur intérêt sur la crevetticulture, encouragés en cela par la croissance florissante de cette activité à l’échelle mondiale. Ils ont fait des demandes pour obtenir des concessions dont la surface couvre aujourd’hui 19 869 ha dans l’Estero Real. Sur ce total, 5 115 ha sont exploités par des coopératives et 13 538 ha par des entreprises ou des entrepreneurs privés.

    En 1998, l’activité s’étendait sur 8 299 ha mais, après la tempête tropicale qui a frappé le Nicaragua en octobre et plus particulière l’ouragan Mitch, la surface exploitée s’est réduite de 25 pour cent, ce qui correspond à une perte de 2 108 ha.

    En 1999, la crevetticulture a baissé à cause des effets de l’ouragan Mitch et du virus du syndrome des taches banches apparu au cours de l’année.

    L’industrie crevetticole a cependant démontré en 2001 qu’elle pouvait encore offrir des rendements satisfaisants en modifiant ses systèmes de production. Des ajustements techniques et économiques ont en effet été adoptés pour affronter la nouvelle donne. Les fermes semi-intensives dont les mises en charge étaient comprises entre 15 et 25 postlarves par mètre carré ont drastiquement diminué ces taux à moins de 10 postlarves par mètre carré. Les échanges d’eau quotidien, jusqu’alors compris entre 10 et 20 pour cent, on en outre été réduits à zéro ou réalisés seulement quand c’était absolument nécessaire. Certaines entreprises ont aussi commencé à avoir recours à des aérateurs tout en améliorant et en augmentant la filtration de l’eau. Toutes ces modifications ont permis de meilleurs taux de survie et de meilleurs rendements.

    La surface cultivée a par la suite continué à augmenter alors que le nombre de petits producteurs a baissé, ce qui a eu pour conséquence une concentration des zones de production entre les mains de quelques grands producteurs. Plusieurs causes ont contribué à cette concentration : les dettes contractées à la suite des effets de l’ouragan Mitch, la présence de maladies qui exigeaient le recours à des technologies et à une gestion particulières ainsi que les faibles prix sur le marché international.

    En 2004, la surface totale de production couvrait 10 335 ha dont 60 pour cent (6 204 ha) appartenait à des entreprises privées et 40 pour cent (4 131 ha) à des coopératives. En outre, 68 pour cent de la zone de production est exploitée selon des systèmes semi-intensifs, 17 pour cent de façon extensive et 15 pour cent par des producteurs artisanaux.

    La production crevetticole a régulièrement augmenté, mis à part en 1998 à cause des effets de l’ouragan Mitch. Elle est passée de 415 tonnes en 1990 à environ 5 696 tonnes en 2004. Au début des années 1980, les coopératives crevetticoles assuraient 100 pour cent de la production. Leur contribution s’est réduite à 33 pour cent de la production crevetticole totale en 1995 et à 4 pour cent en 2004. En ce qui concerne les exportations, 53 pour cent est destiné aux Etats-Unis d’Amérique et 45 pour cent à l’Union européenne (Espagne, France, Allemagne, Grande Bretagne et Belgique).
    Ressources humaines
    D’après les données de la Banque centrale du Nicaragua, le secteur de la pêche était la dixième activité économique du pays en 2000 en matière d’emploi.

    Cette même année, le Centre d’analyses halieutiques et aquacoles de l’Administration de la pêche et de l’aquaculture (CIPA/AdPesca), a relevé que 41 800 personnes travaillaient dans des activités liées à la pêche et à l’aquaculture, ce qui signifie que 250 800 personnes dépendent de ces activités.

    On estime à environ 23 500 le nombre de personnes travaillant dans l’aquaculture : 15 000 directement dans les fermes crevetticoles, 8 000 dans la capture de larves sauvages et 500 dans des activités qui lui sont liées.

    Les usines de transformation génèrent 1 533 emplois directs, 993 sur la côte Caraïbe et 540 sur la côte Pacifique.

    En 2002, une meilleure base de calcul a permis d’obtenir des évaluations plus justes. Ses résultats ont indiqué que les activités halieutiques et aquacoles ont généré cette année-là 30 875 emplois, dont 19 741 dans des activités de pêche répartis comme suit : 1 972 dans des usines de transformation, 2 216 à bord de navires industriels, 13 553 dans les pêcheries artisanales (sous forme d’emplois permanents, temporaires ou de subsistance) et 2 000 dans les activités qui en découlent, principalement dans les services (Diagnostic des pêches, 2002).
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    L’activité crevetticole est développée dans la région nord-ouest du pays, dans le département de Chinandega et, dans une moindre mesure, dans le département de León.

    La pisciculture en eau douce est répartie à travers le centre et le nord du pays, dans les départements suivants : Estelí, Matagalpa, Managua, Masaya, Granada, Jinotega, et Madriz. Ces unités de production sont très petites et de type familial. La plus grande d’entre elles est une ferme d’élevage de tilapia en cages situé sur le lac Nicaragua.

    Espèces cultivées
    Les principales espèces cultivées sont la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) qui représente 95 pour cent de la production crevetticole totale. Les 5 pour cent restant correspondent à la production de crevette bleue (Penaeus stylirostris). En ce qui concerne la pisciculture, le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus) représente 95 pour cent de la production et le tilapia aurea (Orechromis aureus) les 5 pour cent restant.

    Aucune espèce cultivée n’est génétiquement améliorée. Dans le cas de la crevette, les deux espèces cultivées sont endémiques. Quand la crevetticulture a démarré, la grande majorité des crevettes cultivées provenait de larves sauvages capturées dans leur environnement naturel. Ces captures ont cependant progressivement diminué pour différentes raisons (principalement à cause de maladies et de la réduction des zones utilisées par les coopératives pour l’aquaculture) si bien qu’aujourd’hui, la quantité de larves sauvages utilisées ne représente plus qu’environ 15 à 20 pour cent.

    En ce qui concerne la pisciculture, le tilapia a été introduit au cours des années 1950, en même temps que dans toute l’Amérique centrale. D’autres espèces piscicoles ont été introduites au cours des années 1980. A l’heure actuelle, on compte deux producteurs privés d’alevins dans le pays qui satisfont la plus grande part de la demande locale.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    En ce qui concerne la pisciculture en eau douce, 90 pour cent des producteurs exploitent de petites surfaces et adoptent des systèmes semi-intensifs. Le Nicaragua ne compte ainsi qu’une seule exploitation ayant recours à la culture extensive alors qu’une seule exploitation a adopté un système intensif en cage.

    Dans le domaine de la crevetticulture, 10 335 ha sont exploités : 1 498 ha suivant des méthodes artisanales, 1 775 ha suivant des systèmes intensifs, 7 024 ha suivant des systèmes semi-intensifs et 38 ha sous la forme de systèmes intensifs. Les coopératives exploitent 4 131 ha (40 pour cent de la surface totale de production) et les entreprises et les entrepreneurs privés 6 204 ha (60 pour cent).

    Culture artisanale : la culture est réalisée dans de grands étangs qui ne comptent généralement qu’une seule vanne utilisée pour l’arrivée de l’eau comme pour le drainage. Aucune pompe n’est utilisée car l’eau est fournie par les marées montantes. Les densités de mise en charge sont inférieures à 3 organismes par mètre carré. La culture artisanale n’a recours ni à une alimentation complémentaire ni a un quelconque type d’additif.

    Culture extensive : la culture est pratiquée dans des étangs mieux conçus. Ces derniers sont remplis à l’aide d’une pompe de façon à maintenir l’eau à des niveaux appropriés. Les larves d’origine sauvage sont mises en charge à des densités inférieures à 10 postlarves par mètre carré. De petites quantités d’aliments complémentaires peuvent être utilisées.
    Performance du secteur
    Production
    La production moyenne des exploitations crevetticoles artisanales s’élève à l’heure actuelle à 63 kg/ha/cycle. Un cycle de production dure trois mois et les producteurs artisanaux ne peuvent en faire qu’un par an.

    Les exploitations utilisant des systèmes de culture extensive atteignent des rendements de 166,5 kg/ha/cycle et ne réalisent elles aussi qu’un cycle par an. Le rendement moyen des exploitations semi-intensives est quant à lui en moyenne de 752 kg/ha/an en 2004. Ce système permet généralement deux cycles par an. La production moyenne de crevette au Nicaragua a constamment augmenté. En 2004, elle a progressé de 12 pour cent.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Nicaragua (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Nicaragua (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Les espèces produites par l’aquaculture sont essentiellement destinées à l’export et seul un petit pourcentage est commercialisé localement, surtout quand les produits ne satisfont par les exigences des marchés étrangers. Ces espèces sont la crevette pattes blanches (Penaeus vanamei), la crevette bleue (Penaeus stylirostris), le tilapia du Nil (Orechromis nilotica) et le tilapia aurea (Orechromis aureus).

    En 2004, toute la production de tilapia a été exportée vers les Etats-Unis d’Amérique, ainsi que 53 pour cent de celle de crevette. Le reste de la production de crevette (47 pour cent) est essentiellement destiné à l’Union européenne vers l’Espagne, la France, l’Allemagne, le Royaume-Uni et la Belgique.

    Les exportations de crevette vers le marché nord-américain sont surtout réalisées sous forme de queues de crevette congelées dans des boîtes de 5 livres (environ 2,3 kg) expédiées dans des cartons de 40 livres (environ 18 kg). Pour le marché européen, les crevettes sont congelées et exportées entières dans différents types de conditionnement (généralement des boîtes de 2 kg).

    Le Nicaragua se caractérise par une faible consommation domestique des produits de la mer même si celle-ci a commencé à augmenter légèrement ces dernières années. En 2000, la consommation moyenne par personne s’élevait à 1,35 kg/an. En 2002, elle avait progressé à 2,5 kg. Il s’agit essentiellement de poissons entiers (frais ou congelés) fournis par les pêcheries artisanales.

    La distribution du produit est réalisée par des intermédiaires et par certains marchés centraux. Mais on peut aussi trouver du poisson sur les marchés populaires, dans les supermarchés et dans les restaurants spécialisés ou non.

    Au sein du ministère du Développement de l’industrie et du commerce, la Direction générale des compétences et de la transparence des marchés est l’agence gouvernementale responsable du Système national de la qualité (normalisation, accréditation, certification et métrologie) par l’intermédiaire de la Direction des technologies, des normes et des standards. Il n’y a cependant pas d’agence nationale de certification. En 2003, un processus de consultations a été lancé pour élaborer des Normes techniques nationales obligatoires qui règlementent et certifient la production végétale et animale biologique.
    Contribution à l'économie
    En ce qui concerne la crevetticulture, on compte 62 exploitations crevetticoles qui appartiennent à des coopératives. Elles sont en général constituées d’une majorité de producteurs locaux à bas revenus d’un niveau d’éducation élémentaire. La technologie adoptée est rudimentaire et ne permet pas d’atteindre des niveaux de production très élevés. Les crevettes sont vendues à des usines locales de transformation qui exportent ensuite le produit final. En moyenne, treize familles vivent des revenus générés par cette activité dans chaque coopérative. Une famille comptant en moyenne sept membres, on estime qu’environ 5 642 personnes dépendent de la crevetticulture de subsistance dans cette région.

    Il existe également 81 entreprises privées qui emploient un personnel local dans leurs exploitations. La crevetticulture crée aussi des emplois indirects tout au long de la chaîne de production. Plus ou moins 3 500 pêcheurs se consacrent ainsi à la capture des larves. D’après les données statistiques, la crevetticulture a généré 11 054 emplois en 2002.

    Au nord-ouest du Nicaragua, la région où la crevetticulture est la plus développée, la population augmente et le niveau de vie des personnes progresse doucement, principalement grâce aux emplois créés par cette activité dans une région qui n’offre pas d’autres alternatives économiques.

    Seulement 200 personnes environ travaillent dans la pisciculture en eau douce. Cette activité est donc assez insignifiante sur le plan national et n’est pas prise en compte dans les statistiques nationales relatives à l’emploi.

    Les poissons consommés par la population locale proviennent de la pêche de capture artisanale pratiquée par les ouvriers de la crevetticulture alors que dans la région les crevettes ne font pas partie des aliments de base.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L’Institut nicaraguayen de la pêche (INPESCA) a été créé en 1980 comme entité autonome de l’Etat. Il s’agit de l’organisme régulateur de l’industrie halieutique. Il est aussi autorisé à organiser les entreprises, les associations et les coopératives de production.

    Le Décret n° 356, qui date de 1988, a par la suite créé l’Association nicaraguayenne de la pêche qui a succédé sur le plan légal à l’Institut nicaraguayen de la pêche.

    En février 1993, le Décret n° 16-93 a transféré les attributions de l’Association nicaraguayenne de la pêche à la Direction de la promotion et du développement de la pêche du ministère de l’Economie et du développement (MEDE) et au Service national de la pêche et de l’aquaculture de l’Institut des ressources naturelles (IRENA). Le ministère de l’Economie et du développement est l’institution responsable de l’octroi des concessions dans les zones d’exploitation et d’élevage des espèces aquatiques.

    Enfin, en 1993, la Loi d’organisation, des compétences et des procédures du pouvoir exécutif (Loi 290) a réformé les responsabilités et les compétences du Décret n° 16-93 et assigné ces dernières à l’Administration nationale de la pêche et de l’Aquaculture (AdPesca). Cette loi a conféré au ministère du Développement, de l’industrie et du commerce (MIFIC) la responsabilité de l’administration des usages et de l’exploitation des ressources naturelles de l’Etat par l’intermédiaire de l’application du régime de licences et de concessions alors que la Direction générale des ressources naturelles (Règlements de la Loi 290) est responsable des demandes dans ce domaine. Toutes les licences et concessions, ainsi que les autres droits d’accès aux ressources naturelles de l’Etat sont accordées par un Accord ministériel émis par le ministère du Développement, de l’industrie et du commerce.

    D’après la Loi n° 290 de juin 1998, le ministère du Développement, de l’industrie et du commerce est l’entité qui règlemente les activités de pêche par l’intermédiaire de l’Administration nationale de la pêche et de l’Aquaculture. Cette dernière exerce les attributions et les fonctions que la loi lui confère en matière d’exploitation rationnelle des ressources halieutiques et aquacoles. Sa compétence couvre l’ensemble du territoire national, y compris la Zone de pêche nationale.
    Règlements en vigueur
    Accès à la terre
    La Loi 217, Loi générale relative à l’environnement et aux ressources naturelles, établit que l’Etat se réserve la propriété des plages maritimes, fluviales et lacustres ainsi que les terres salées (article 72).

    L’Accord ministériel 14-99 du MIFIC établit la procédure qui permet d’acquérir des droits d’accès aux terres et aux eaux nationales pour y développer des activités aquacoles. D’une durée de vingt ans, ces concessions comportent les points suivants : le nom du titulaire, la surface attribuée, les coordonnées du lot exprimées en UTM, la description du système de culture adopté, les droits et les devoirs basiques dérivant de la concession selon la loi.

    L’accord précédent a été complété par l’Accord ministériel n° 030-2001 du MIFIC. Ce dernier stipule que les personnes intéressées à obtenir la cession de droit d’une concession aquacole doivent obtenir au préalable une autorisation écrite de la Direction générale des ressources naturelles (DGRN) qui devra être jointe à la cession en écriture publique. Il est aussi établi que la cession de droit ne sera reconnue que si elle a eu lieu avant la date de l’entrée en vigueur de l’Accord ministériel n° 030-2001. Cet Accord établit aussi toutes les obligations que les concessionnaires doivent remplir et fixe une somme de 30 dollars EU/ha/an comme redevance pour les droits de concession.

    Réglementation sanitaire
    Les règlements sanitaires en matière d’aquaculture sont de la compétence du ministère de l’Agriculture, de l’élevage et de la forêt (MAGFOR) par l’intermédiaire de la Direction de la santé animale.

    Législation environnementale
    La Loi 217 relative à l’environnement et aux ressources naturelles établit qu’il est nécessaire d’obtenir un permis spécial du ministère de l’Environnement et des ressources naturelles pour l’utilisation durable des mangroves et des autres types de végétation dans les anses, dans les calanques et sur le littoral. La Réglementation relative à la Loi 217 établit que tous les sujets (personnes ou entités) publics ou privés qui entendent développer des activités productives pouvant impliquer des interventions sur l’écosystème des mangroves et des zones humides ainsi que sur leurs ressources doivent demander au préalable un permis spécial émis par le MARENA en présentant le profil du projet et les actions de limitation des risques ou de recherche à exécuter.

    Le MARENA a également publié la Résolution ministérielle 26-2002. Il s’agit des Procédures administratives et exigences relatives à la délivrance de permis spéciaux pour l’utilisation des mangroves, des zones humides et des ressources qui leur sont associées. Cette résolution s’applique à tous les sujets (personnes ou entités) nationaux ou étrangers qui entendent exercer un quelconque type d’activité dans les mangroves, les zones humides ou les environnements attenants aussi longtemps que ces derniers ne se trouvent pas dans la liste taxative de l’article 5 du Décret 45-94 sur la Réglementation relative au permis et à l’évaluation de l’impact environnemental.

    Evaluation de l’impact environnemental
    La Loi relative à l’environnement et aux ressources naturelles approuvée en 1996 mentionne dans l’un de ses articles que les exploitations crevetticoles nécessitent une évaluation de l’impact environnemental avant leur construction. Celle-ci doit être présentée au ministère de l’Environnement et des ressources naturelles pour être approuvée. Le Décret 45-94 sur la Réglementation relative au permis et à l’évaluation de l’impact environnemental définit dans son article 5 le caractère obligatoire de l’évaluation de l’impact environnemental pour toutes les exploitations crevetticoles.

    La Loi de base pour la régulation et le contrôle des pesticides, des substances toxiques dangereuses et similaires règlemente et contrôle l’usage de ces substances dans l’environnement.

    Législation relative à la pêche
    Jusqu’en 2004, la pêche était règlementée par la Loi sur les ressources naturelles de 1968 et les Décrets ministériels émis au cours de la dernière décennie.

    Le 2 juin 2004, le Congrès national a approuvé la première Loi de la pêche et de l’aquaculture. Celle-ci a été publiée le 27 décembre de la même année. La Réglementation relative à cette loi a été publiée le 25 février 2005.

    Avantages fiscaux
    En tant qu’activité productive principalement tournée vers l’export, l’industrie crevetticole est sujette à toute une série d’instruments légaux qui définissent les avantages fiscaux auxquels les crevetticulteurs ont droit.

    En règle générale, les producteurs de crevette jouissent des droits suivants :
    • Exonération des taxes et des droits sur les importations des matériels nécessaires à la production, des matières premières, des articles semi-élaborés, des intrants et des matériels pour le conditionnement des produits destinés à l’export.
    • Exonération de la Taxe générale sur les ventes pour l’acquisition des matières premières nationales et des intrants de base nécessaires à la production des biens d’exportation.
    • Accès aux devises étrangères générées par les exportations pour régler les matières premières importées en accord avec les mécanismes établis par la Banque centrale.
    • Remboursement tributaire de 1,5 pour cent des exportations sur la valeur franco à bord (FOB).
    • Exonération et remboursement de la Taxe spéciale de consommation sur les combustibles à hauteur de 0,03 dollars EU par kilo exporté.

    Taxes municipales
    Le Plan de taxation municipale (Décret n° 445 de 1989) établit le paiement d’une taxe équivalent à un pour cent du capital investi pour l’ouverture d’une nouvelle activité ou d’un nouvel établissement, d’un nouveau commerce, etc. (article 6). Aucune autre taxation municipale ne vient s’y ajouter. La construction de nouveaux bâtiments et la restauration de vieilles constructions et infrastructures doivent également acquitter une taxe équivalente à un pour cent de leur coût avant d’être réalisées (article 20).

    Il est aussi établi que tout sujet (personne ou entité) qui se consacre à la vente permanente ou occasionnelle de biens est soumis au paiement d’une taxe municipale qui s’élève à deux pour cent du montant du revenu brut des ventes (article 11). Cette taxe est réglée à la municipalité dans laquelle les ventes sont réalisées (article 14).

    La Loi en matière de justice tributaire et commerciale (Loi n 257 de juin 1997) a établi une diminution du taux ou du pourcentage général de la taxe municipale sur le revenu des ventes selon le calendrier suivant :
    • À 1,5 pour cent à partir du 1er janvier 1989.
    • À 1,0 pour cent à partir du 1er janvier 2000.

    La Loi 257 établit en outre qu’à partir du 1er janvier 1998 cette taxe doit être réglée dans la municipalité où a été réalisée la transaction physique des biens et des services et non dans celle où a été émise la facture.


    Autres règlementations
    La crevetticulture est sujette à la Norme technique sanitaire pour l’importation et le transport des organismes aquatiques sur le territoire national. Cette réglementation établit les lignes directrices pour l’importation de larves vivantes, l’alimentation des crevettes au cours de leur culture et le système d’alerte à mettre en place en cas de propagation de maladie comme le virus du syndrome des taches blanches, le syndrome de Taura et le syndrome de la tête jaune. Elle fournit également une liste de produits vétérinaires dont l’utilisation est interdite ou limitée au Nicaragua.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Quand l’aquaculture a commencé à se développer au Nicaragua, il n’existait aucune institution et aucun centre de formation, officiel ou non, en relation avec les activités aquacoles. Pour que l’industrie puisse se développer, les universités nationales ont fait des efforts pour proposer des formations professionnelles aux étudiants en science comme aux producteurs et aux membres des coopératives. L’Université centroaméricaine (UCA), l’Université agronomique du Nicaragua (UNA), l’Université Ave Maria, l’Université autonome national et l’Université de Bluffields (BICU) proposent toutes dans leurs programmes des matières et/ou des cours en relation avec l’aquaculture.

    L’UCA gère le Centre de recherche des écosystèmes aquatiques (CIDEA) dont l’équipe professionnelle se consacre à la formation, au transfert technologique et à la recherche depuis une dizaine d’années. Ce Centre travaille en étroite collaboration avec l’industrie crevetticole et piscicole qui participe à ses activités et finance ses programmes de formation.

    Le CIDEA compte en outre des laboratoires spécialisés en matière de pathologie animale (microbiologie, diagnostic moléculaire, histologie), de qualité des eaux (analyse physico-chimique et microbiologique), de plancton (phytoplancton et zooplancton), de bromatologie. On y trouve aussi l’unité d’information géographique qui s’occupe de la géoréférence de la qualité des eaux, des exploitations crevetticoles, de l’utilisation des sols, de la situation des mangroves, etc. dont les données sont conservées pendant cinq ans.

    Le CIDEA gère aussi une exploitation de recherche par l’intermédiaire d’un accord interinstitutionnel ADPESCA/UCA-CIDEA. Cette ferme expérimentale se trouve à Puerto Morazán et couvre 75 ha de bassins. On y trouve un Centre de formation où sont régulièrement organisés des séminaires destinés aux membres des coopératives et aux étudiants de toutes les universités. Il est équipé de dortoirs, d’un réfectoire et de structures administratives.

    Le CIDEA compte aussi une ferme expérimentale pour la production d’alevins de tilapia située à Mateare, dans le département de Managua où une autre grande ferme piscicole expérimentale en eau douce en construction. Le CIDEA gère enfin un centre de formation à San Carlos au sud du Nicaragua dont le but est de soutenir le secteur halieutique.
    Tendances, questions et développement
    Le développement de la crevetticulture a créé de grandes attentes au début des années 1990. Cependant, en 1998, à cause de l’ouragan Mitch, de nombreux petits producteurs et des coopératives crevetticoles ont été sérieusement affectés par les dégâts infligés à leurs installations et à leurs infrastructures ainsi que par la perte de toute leur production. Cette catastrophe naturelle a complètement ruiné certains producteurs. Nombre d’entre eux se sont alors endettés et n’ont pas encore pu équilibrer leur situation financière. En 1999, le virus du syndrome des taches blanches est apparu. Il a provoqué de très grosses pertes et a affaibli encore un peu plus les producteurs sur le plan financier. Les années suivantes, la chute du prix des crevettes sur les marchés internationaux a contraint de nombreux petits producteurs et groupes coopératifs à abandonner cette activité. Seules les entreprises les plus grandes et les plus solides financièrement, celles qui disposent des meilleures infrastructures, sont sorties renforcées de ces crises successives.

    Les stratégies et les méthodes de production ont évolué au cours du temps. La tendance est à une intensification des pratiques de culture, à la réduction à zéro des échanges d’eau et à l’utilisation de nurseries ou d’étangs de pré-engraissement.
    Références
    Bibliographie
    Adpesca.2004 . Ministerio de Industria, Fomento y Comercio. Anuario Pesquero y Acuícola de Nicaragua.
    Adpesca/MIFIC. 2002 . Ficha Técnica Pesquera.
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