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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’aquaculture a officiellement démarré à Panama au début des années 1970. Il s’agissait essentiellement de projets communautaires visant à satisfaire les besoins nutritionnels des régions pauvres. Ces actions furent complétées avec l’arrivée du secteur privé dans la crevetticulture.
    La mise au point et le transfert de technologies pour soutenir l’activité privée, le recours à de nouvelles espèces présentant un fort potentiel de développement et la mise en œuvre de projets intégrés ont permis le développement de l’aquaculture panaméenne. Ces actions ont contribué à la sécurité alimentaire et à la création d’emplois. En 1998, l’industrie crevetticole (capture et culture) occupait le second poste en matière d’exportation.

    La présence de maladies virales dans les cultures, le manque de financement et la chute des prix sur le marché international ont renforcé l’intégration du secteur public et du secteur privé à travers des alliances stratégiques pour renforcer la recherche, la promotion de nouveaux espaces destinés à l’aquaculture et le développement de nouvelles technologies appliquées à de nouvelles espèces aquatiques.

    En 2005, la crevetticulture s’étendait sur plus de 9 354,49 ha alors que la pisciculture disposait de 152,45 ha d’étangs, de 800 m³ de cages en eau douce et de 84 663 ha de réservoirs.
    Les systèmes adoptés dans la crevetticulture vont des méthodes hyper-intensives aux méthodes extensives. Cette activité est réalisée dans des étangs traditionnels ou bien recouverts de plastique disposant d’aérateurs. En ce qui concerne la pisciculture, les systèmes de production peuvent être extensifs comme intensifs.

    Les principales espèces exportées sont les crevettes pattes blanches (nauplii et postlarves, crevettes entières ou queues congelées) ainsi que les truites et le tilapia qui proviennent de la pêche de capture fondée sur la culture dans les grands réservoirs.
    Historique et aperçu général
    L’introduction d’espèces exotiques au Panama remonte à 1925, quand la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) a été importée pour la pêche sportive. C’est dans le même but qu’ont été introduits par la suite le tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus) au cours des années 1940 puis le poisson paon (Cichla ocellaris), le crapet arlequin (Lepomis macrochirus) et l’achigan à grande bouche (Micropterus salmoides) au cours des années 1950.
    Les origines de l’aquaculture en tant que telle remontent à 1972, quand le gouvernement national a commencé à chercher des sources plus pratiques et bon marché de protéines animales pour améliorer le régime alimentaire de la population panaméenne, en particulier celle des populations rurales. Dans ce cadre, les premiers étangs ont été construits dans différentes villes de la province de Veraguas ainsi qu’une petite ferme piscicole à l’Institut national de l’agriculture situé à Divisa, à 213 km de Panama. Le Projet piscicole a alors été lancé par le ministère de l’Agriculture devenu aujourd’hui le ministère du Développement de l’agriculture.

    En 1974, l’entreprise Agromarina de Panama a commencé à exploiter une ferme crevetticole de 34 ha dans le district d’Aguadulce situé dans la province de Coclé ainsi qu’une écloserie pour la culture de postlarves dans la ville de Veracruz située dans la province de Panama.

    Cette même année, la Direction générale des ressources marines du ministère du Commerce et de l’industrie a mené une étude sur la moule des mangroves (Mytella speciosa) et l’huître « palmula » (Ostrea palmula) dans l’île de Taboga. En 1979, une autre recherche a été réalisée sur la culture del’huître creuse des Caraïbes (Crassostrea rhizophorae) dans la province de Bocas del Toro.

    En 1976, le Projet piscicole est devenu la Direction nationale de l’aquaculture qui est reconnue officiellement par l’intermédiaire du Décret n° 11 du 16 mai 1979.

    Au milieu des années 1970, une première activité privée d’aquaculture commerciale a été lancée par l’entreprise Camarpan S.A. avec la construction d’un laboratoire à Panama et d’étangs à Bique (Province de Panama) pour la sélection et la culture du bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii). Des projets de culture de truite ont démarré sous la même forme sur les hauts plateaux de la province de Chiriquí.

    En 1981, vingt-et-un étudiants ont obtenu leur diplôme de technicien aquacole à l’université de Panama. Ils ont par la suite joué un rôle prépondérant dans les programmes de vulgarisation aquacole et dans l’introduction du concept de production agro-piscicole durable, c’est-à-dire d’une culture de poissons et d’autres espèces aquatiques dans des étangs modulaires intégrés aux activités agricoles, d’élevage et forestières.

    En 1986, l’agro-aquaculture a démarré dans le cadre du « Programme agro-aquacole pour la production alimentaire et le développement des communautés marginales ». La pisciculture dans des champs rizicoles inondés a également commencé, avec le tilapia comme principale espèce piscicole et la carpe comme espèce secondaire.

    A la suite de l’expansion de la Ferme piscicole en eau douce de Divisa par le ministère du Développement agricole, d’autres stations piscicoles ont été construites. Certaines d’entre elles étaient destinées à la production et à la recherche sur les espèces d’eau de mer et d’eau saumâtre (Station expérimentale des eaux d’estuaires « Ing Enrique Enseñat », Station maricole du Pacifique et Station maricole de l’Atlantique), d’autres aux espèces d’eau douce (Station d’eau douce de Gualaca, Station aquacole du lac Gatún et ancien Laboratoire de larves de Carrasquilla).

    En 1987, une exploitation commerciale a commencé à associer la production de poissons à l’agriculture dans la communauté de Pacora située à 39 km de Panama. Les rendements de cette ferme de 4 ha ont atteint entre 1 361 et 1 633 kg/ha/an.

    Au cours des années 1990, l’élevage commercial de tilapia s’est mis en place dans des cages et des étangs alors qu’un projet pilote de production de mollusques bivalves (clams et huîtres) et d’algues marines démarrait.

    Lors de cette même décennie, une formation universitaire en aquaculture a été créée. Vingt-quatre étudiants ont alors obtenu leur diplôme dans cette spécialisation et ont commencé à travailler. Cinq techniciens inscrits dans une école technique agricole qui avait créé un cours mettant l’accent sur l’aquaculture ont également obtenus leur diplôme.

    Une licence et un master en aquaculture ont également été créés en partenariat entre le ministère de l’Agriculture et l’université de Panama.

    En 2004, la production crevetticole marine a atteint 6 535 tonnes, ce qui correspond à une valeur de 30 061 828 dollars EU. La production piscicole s’est élevée à 488 tonnes d’une valeur de 795 587 dollars EU.

    D’après les chiffres de la Direction nationale de l’aquaculture (MIDA-DINAAC, 2005) relatifs à la production de nauplii et de postlarves, le pays compte neuf centres dans ce domaine. Leur capacité de production s’élève à 3 milliards de nauplii et 415 millions de postlarves par mois. En 2004, la production s’élevait à 1 556 867 000 000 de nauplii destinés à l’export, 358 291 275 000 de postlarves pour la culture nationale et 20 600 000 000 de postlarves pour l’export.

    En ce qui concerne la crevette pattes blanches, les rendements s’élevaient en 2004 à 814,88 kg/ha/an, valeur supérieure à celle de 1998 (662,24 kg/ha/an) datant d’avant l’apparition du virus du syndrome des taches blanche.

    En ce qui concerne la production de tilapia, les rendements varient entre 0,4 et 1,8 kg/m². Pour la truite, ils sont compris entre 14 et 15 kg/m².
    Ressources humaines
    Environ 1 500 personnes travaillent dans l’aquaculture. A elle seule, la crevetticulture génère 1 000 emplois directs et 3 000 emplois indirects.

    Les entreprises privées du secteur aquacole emploient une soixantaine de professionnels (techniciens de niveau licence et ingénieurs ayant suivi un master ou un doctorat). Elles emploient aussi 130 personnes dans l’administration et 1 010 personnes sur le terrain.

    On considère qu’une vingtaine d’emplois temporaires sont créés chaque mois, ce qui représente 300 postes par an.

    Dans l’aquaculture, on compte 93 pour cent d’hommes et 7 pour cent de femmes alors que dans les usines de transformation, cette répartition est inversée : on y trouve 80 pour cent de femmes et 20 pour cent d’hommes.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Panama est situé entre les latitudes 7°12’07”et 9°38’46” Nord et entre les longitudes 77°09’24” et 83°03’07” Ouest, avec au nord la mer des Caraïbes, à l’est la Colombie, au sud l’océan Pacifique et à l’ouest le Costa Rica. Le pays est divisé en 9 provinces, 75 districts ou municipalités et 3 territoires autonomes indigènes (« comarcas ») : Kuna Yala, Embera, et Ngöbe Bugle.
    La végétation et le climat panaméen sont tropicaux. Le climat tropical et maritime subit l’influence des deux océans. Il est caractérisé par des températures modérément élevées et constantes tout au long de l’année ainsi que par de faibles amplitudes au cours de la journée. Les précipitations sont abondantes et le taux d’humidité de l’air est élevé. Deux saisons climatiques sont bien différenciées : la saison sèche, de la mi-décembre à avril, et la saison des pluies, de mai à décembre.
    La superficie de Panama est de 75 517 km². Sa façade littorale est longue de 2 988,3 km (1 700,6 km sur la côte Pacifique et 1 287,7 km sur la côte des Caraïbes). Les eaux territoriales couvrent 319 823 km² et les pièces d’eau continentales de plus d’un hectare 1 231,23 km². Le pays dispose ainsi d’importantes ressources hydrobiologiques aussi bien marines que continentales.

    La crevetticulture marine occupe 9 354,49 ha. Cette activité s’est surtout développée dans le centre du pays. Elle est répartie à travers le pays comme suit : 5 904,06 ha dans la province de Coclé (districts d’Aguadulce, d’Antón, de Natá et de Penonomé), 1 393,56 dans la province de Herrera (district de Parita et de Chitré), 508,67 ha dans la province de Los Santos (districts de Los Santos, de Guarare, de Las Tablas et de Tonosí), 1 003,71 ha dans la province de Panama (districts de Chame, de Capira et de Panama), 542.52 ha dans la province de Veraguas (districts de Montijo et de Las Palmas) et 1,98 ha dans la province de Chiriquí (district de Barú).

    La crevetticulture adopte différentes méthodologies, des systèmes extensifs aux systèmes hyper intensifs. Elleest réalisée dans des étangs traditionnels ou recouverts de plastique avec recours à des aérateurs.

    L’élevage commercial de tilapia est réalisé dans des cages flottantes (800 m³) dans la zone de Lagarterita de la province de Panama (district de La Chorrera), et dans des étangs dans la province de Chiriqui (districts de Gualaca et de Dolega).

    On trouve aussi des producteurs de poissons d’eau douce (tilapia, carpe, cachama, etc.) dans tout le pays qui adoptent des systèmes de culture extensifs ou semi-intensifs. Leur production est généralement commercialisée localement ou destinée à l’autosubsistance. Cette pisciculture en eau douce dispose de 151,35 ha d’étangs et de 84 663 ha de réservoirs.

    La truiticulture est pratiquée sur les hauts plateaux de la province de Chiriquí (district de Boquete) suivant des systèmes de culture semi-intensifs dans des étangs traditionnels d’une surface totale de 7 200 m². Cette méthodologie est aussi adoptée dans une moindre mesure dans le district de Volcán (826,2 m²) où l’on trouve aussi 2 980 m²de bassins exploités. Enfin, la conchyliculture est réalisée sur filières et à un niveau pilote dans la province de Los Santos (district de Tonosi).
    Espèces cultivées
    La principale espèce cultivée à Panama est la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei). Sa production s’élève à 6 339 tonnes. Elle est réalisée dans 87 exploitations qui couvrent une superficie de 9 345,5 ha.

    La crevetticulture marine a démarré en 1974. Elle s’est rapidement développée dès la fin des années 1970. En 1995, avec l’approbation de la Loi 58, des subventions ont été distribuées à l’industrie crevetticole sous la forme de concessions de terrains et de garanties auprès des banques pour les prêts. Cette loi encourageait le recours aux progrès technologiques (utilisation de postlarves obtenues dans des écloseries) et la préservation des ressources naturelles (repeuplement de l’espace marin avec des organismes juvéniles ou adultes, reforestation de la mangrove, construction de voies d’accès). Elle exonérait de taxes les terres en location et établissait les procédures à suivre pour obtenir la concession des sols et des eaux auprès du Bureau des demandes de permis et de concessions nouvellement créé.

    Ces actions ont permis des taux de croissance annuels de l’ordre de 30 pour cent les années suivantes et d’importantes rentrées en devises étrangères de l’ordre de 120 millions de dollars EU., L’industrie crevetticole prise dans son ensemble (culture et récolte) est devenue la seconde industrie d’exportation du pays. Ses activités ont cependant étaient affectées par le virus du syndrome des taches blanches.

    Il est important de souligner que des recherches ont été entreprises conjointement par l’industrie et le gouvernement pour améliorer génétiquement les crevettes. Des investissements ont également été réalisés afin de mieux gérer les cultures (en termes d’infrastructures, de contrôle de l’eau, du sol, de la faune microbienne, etc.).

    Une fois surmontés les problèmes provoqués par le virus du syndrome des taches blanches, le volume et la valeur des exportations de crevette ont respectivement augmenté de 43,7 et 16,3 pour cent au cours du premier trimestre 2005. Les exportations de larves de crevette ont quant à elles augmenté de 1,3 pour cent en termes de valeur et de 27,3 pour cent en termes de volume.

    La truiticulture a démarré en 1992 et reste une activité essentiellement orientée vers l’export. En 2004, sa production a atteint 15 150 tonnes, résultat qui correspond à une valeur de 68 273 dollars EU.

    La commercialisation du tilapia n’a commencé qu’au cours de la seconde moitié des années 1980 et cette espèce n’a été exportée qu’à partir de 1994 (vers les Etats-Unis d’Amérique). Avant, la culture de tilapia n’était envisagée que pour améliorer le régime alimentaire des populations rurales.

    Outre le tilapia du Nil (O. nilotica), d’autres espèces ont été introduites dans le pays pour exploiter au mieux les conditions environnementales des différentes pièces d’eau dans lesquelles leur élevage était pratiqué. Il s’agit d’O. rendalli, d’O. hornorum, d’O. mossambica et de lignées de tilapia rouge.

    Dans les exportations, le tilapia d’élevage a été progressivement remplacé par le tilapia capturé dans les plus grands réservoirs, principalement dans le Bayano, où plus de 1 200 pêcheurs sont actifs. En 2004, les exportations de tilapia vers les Etats-Unis d’Amérique ont atteint 288 737 kg, ce qui correspond à une valeur de 919 055 dollars EU.

    Comme il n’existe pas vraiment de marché au niveau national pour la vente des espèces d’eau douce, les petits producteurs et les pisciculteurs de taille moyenne écoulent assez facilement leur production relativement modeste à proximité de leurs exploitations, dans les villages, ou auprès des supermarchés et des restaurants des villes et des localités voisines.

    La production de cachama augmente en quantité et en valeur. Elle est cependant principalement consommée directement dans les zones rurales et seule une petite proportion est commercialisée au sein de la communauté chinoise du Panama.

    Les espèces d’eau douce comme la carpe commune, les différentes variétés de carpes chinoises (carpe argentée, carpe à grosse tête et carpe herbivore) ou encore le bouquet géant sont directement commercialisées, en petites quantités, par les producteurs ou par des intermédiaires de la communauté chinoise.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Crevette
    Les cultures de crevettes pattes blanches sont classées selon leurs rendements, l’usage et les capacités de leurs infrastructures, la gestion de la production, le support technique, le contrôle des sols, les conditions de l’eau, la flore microbienne, etc.

    Les systèmes extensifs sont caractérisés par des infrastructures dont les capacités sont limitées : faible pompage et filtration limitée de l’eau, structures de remplissage et de drainage des étangs inefficace. En ce qui concerne la gestion de la production, les densités de mise en charge sont faibles avec un support technique sporadique et un contrôle des sols, de l’eau et de la flore microbienne inexistant. Les rendements obtenus sont inférieurs à 362,9 kg/ha.

    Les systèmes semi-intensifs sont divisés en trois catégories définies comme étant de niveau inférieur, intermédiaire ou supérieur. Le système semi-intensif dit de niveau inférieur est caractérisé par un faible pompage et une filtration limitée de l’eau. En ce qui concerne la gestion de la production, des aliments préparés sont utilisés et le support technique devient important : le sol est chaulé et désinfecté alors que l’eau des étangs est enrichie, chaulée et remplacée. Les rendements obtenus sont compris entre à 362,9 et 453,6 kg/ha.

    Le système semi-intensif de niveau intermédiaire est caractérisé par un pompage et une filtration de l’eau plus élevés alors que le remplissage et le drainage des étangs est de meilleure qualité. L’utilisation d’aliments pour crevettes, de supports techniques et le suivi de certains paramètres relatifs aux sols et à l’eau deviennent déterminants. La manutention des sols (labourage, chaulage et désinfection) et de l’eau (fertilisation, chaulage et remplacement) est également importante. Les rendements obtenus sont compris entre à 680,4 et 907,2 kg/ha.

    Le système semi-intensif de niveau supérieur est caractérisé par un pompage et une filtration de l’eau élevés alors que le remplissage et le drainage des étangs sont de qualité. Les étangs sont de taille moyenne et comprennent notamment des zones de sédimentation. Les infrastructures et les équipements de laboratoire deviennent essentiels. Les pratiques de gestion de la production (c’est-à-dire les densités de mise en charge, la sélection d’aliments de qualité, le suivi des paramètres hydrobiologiques ainsi que l’utilisation de probiotiques et d’immunostimulants) sont également déterminantes. Les rendements obtenus sont compris entre à 1 134 et 1 687,6 kg/ha.

    Dans les systèmes intensifs, les infrastructures comprennent des étangs plus petits, des capacités élevées de pompage et de filtration de l’eau ainsi que d’excellents systèmes de sédimentation, d’aération, de remplissage et de drainage des bassins. On dispose aussi d’infrastructures et d’équipements de laboratoire de haut niveau. La gestion de la production et le support technique deviennent essentiels et permettent un contrôle rigoureux des sols, de l’eau et de la flore microbienne. Les rendements attendus sont compris entre à 2 721,5 et 4 535,9 kg/ha.

    Dans les systèmes hyperintensifs, les étangs sont plus petits et sont généralement couverts d’un revêtement. Les taux de pompage et de filtration de l’eau sont élevés. Les systèmes de sédimentation et d’aération, le revêtement des fonds, le remplissage et le drainage des bassins ainsi que les infrastructures de laboratoire sont d’excellent niveau. La gestion de la production et le soutien technique sont essentiels. Les sols, l’eau et la flore microbienne sont étroitement contrôlés. Les rendements attendus sont compris entre à 6 803,8 et 11 339,8 kg/ha.

    Tilapia
    La culture extensive de tilapia est principalement réalisée dans des étangs de 100 à 10 000 m². Les densités de mise en charge sont comprises entre 0,5 et 2 alevins/m². Ces derniers pèsent en moyenne entre 1 et 5 g. Le plus souvent, aucun échange d’eau n’est pratiqué. Ce système ne prévoit pas l’utilisation d’aliments préparés et seuls quelques sous-produits agricoles peuvent être fournis. L’eau est fertilisée avec du purin à base de fientes de volailles à des taux compris entre 500 et 1 000 kg/ha. Le tilapia est souvent associé sous forme de polyculture à des carpes chinoises (carpe argentée et/ou carpe à grosse tête 1 poisson/10 m2, carpe herbivore 1 poisson/50 à 100 m2), à la carpe commune (1 poisson/10 m2), au cachama (1 poisson/5 à 10 m2) et au cichlidé de Managua (1 poisson/5 à 10 m2). Les poissons sont récoltés au bout de six mois à un an, quand ils ont atteint un poids moyen compris entre 250 et 400 g.

    La culture semi-intensive de tilapia est menée dans des étangs dont les dimensions varient de 500 à 10 000 m². Les échanges quotidiens d’eau y atteignent entre 5 et 10 pour cent du volume total. Les étangs sont dans un premier temps traités avec de la chaux hydratée (50 kg/ha) et des engrais biologiques (purin à base d’excréments de volailles entre 1 000 et 2 000 kg/ha) et/ou chimiques (urée, 50 kg/ha, ou engrais complet, 60 kg/ha). Des aliments préparés comprenant entre 25 et 30 pour cent de protéines sont utilisés et les taux de mise en charge sont compris entre 2 et 7 alevins/m². Ces derniers pèsent en moyenne entre 2 et 5 g. Les poissons sont récoltés 160 à 300 jours plus tard, quand ils ont atteint un poids moyen compris entre 280 et 500 g. La polyculture est également pratiquée avec des taux de mise en charge identiques à ceux pratiqués dans les systèmes extensifs.

    La culture intensive est réalisée dans des cages flottantes (de 18 à 40 m³), dans des bassins en béton (214 m2) ou dans des étangs (de 180 à 240 m2). Les densités de mise en charge sont comprises entre 10 et 30 alevins/m² dans les étangs et entre 100 et 150 alevins/m³ dans les cages. Le taux d’échange de l’eau varie de 20 à 50 pour cent.

    Truite
    La truiticulture semi-intensive est pratiquée dans une succession d’étangs traditionnels disposés en rosaire afin de profiter au mieux du terrain et de la source d’eau qui est transportée par des canaux à l’air libre. Les alevins passent 2 à 4 mois dans des bassins nurseries avant d’être transférés dans des bassins de grossissement jusqu’à ce qu’ils atteignent un poids commercialisable de 500-700 g.

    Lorsque l’activité est menée dans des étangs en béton, la première phase truiticole (nurserie) est réalisée dans des structures couvertes pendant une période de 60 jours, jusqu’à ce que les poissons atteignent un poids de 30-40 g. Ils sont ensuite transférés dans des raceways dont les densités de mise en charge sont comprises entre 70 et 90 poissons/m³, jusqu’à ce qu’ils atteignent une taille commercialisable au bout de 9 ou 10 mois.

    La truiticulture a recours à des œufs généralement importés des Etats-Unis d’Amérique qui sont incubés pendant 30 jours dans des incubateurs verticaux ou horizontaux.

    Cachama
    Le cachama est cultivé sous forme de polyculture avec le tilapia. Les densités de mise en charge s’élèvent à un poisson pour 5 m² quand des aliments supplémentaires ou des sous-produits agricoles sont utilisés et à un poisson pour 10 m² quand des engrais biologiques sont utilisés.

    La culture dure entre 8 et 10 mois. Elle permet d’obtenir des poissons pesant entre 500 et 1 000 g. Ces derniers sont commercialisés vivants auprès des communautés chinoises. Les pisciculteurs allongent la durée d’élevage pour leur propre consommation. Elle dépasse alors un an et le poisson pèse en moyenne plus d’un kg.

    Conchyliculture
    Les expériences de conchyliculture n’ont encore été pratiquées que sous forme de projets pilotes afin d’étudier les taux de croissance, les protections à prendre contre les prédateurs, les besoins de purification des effluents de la crevetticulture, etc.

    Les principales espèces étudiées sont le pecten volant (Argopecten ventricosus), l’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas) et l’huître creuse de Cortez (Crassostrea corteziensis). Elles sont commercialisées auprès des hôtels-restaurants de Panama.

    D’autres études se concentrent sur le conditionnement des gonades et la reproduction en laboratoire ainsi que sur des tests de transformation des produits (fumage).
    Performance du secteur
    Production
    En 2003, la production aquacole totale était estimée à 6 228 tonnes, ce qui correspond à une valeur de 28 261 300 dollars EU

    Au cours de son développement, l’aquaculture panaméenne a été affectée par des éléments extérieurs d’ordre politique et économique ainsi que par l’adoption à la fin des années 1980 et au début des années 1990 de nouvelles méthodologies pour l’enregistrement statistique des différentes productions (en particulier pour les poissons d’eau douce).

    La production aquacole a augmenté de façon significative au cours des années 1990. Cette croissance a essentiellement été due au développement de la crevetticulture marine. Cette dernière a encore été renforcée en 1995 avec la mise en œuvre de la Loi 58. Une chute brutale a cependant succédé au pic de production enregistré en 1998 (à 7 233 tonnes). Cette forte baisse est due au virus du syndrome des taches blanches. Elle s’est traduite par une production de seulement 1 779 tonnes en 2000.

    Les efforts conjoints du secteur productif et des institutions gouvernementales et académiques ont par la suite permis une reprise rapide de l’industrie qui a mis en place de meilleures pratiques de gestion.

    Le Tableau 1 présente les résultats 2004 de l’aquaculture en termes de production et de valeur d’après les données de la Direction nationale de l’aquaculture.

    Tableau 1 : Productions aquacoles
    Espèces Nom scientifique Production (tonnes) Valeur (dollars EU)
    Tilapia du Nil Oreochromis spp. 102,44 112 684
    Tilapia rouge Oreochromis spp. 4,05 4 455
    Truite Oncorhynchus mykiss 168,18 463 210
    Carpe commune Cyprinus carpio 41,39 82 780
    Carpe argentée Hypophthalmichthys molitrix 8,16 16 320
    Cachama Colossoma macropomum 163,29 252 270
    Cichlidé de Managua P. managuense 0,453 498
    Crevette pattes blanches Penaeus vannamei 6 535 30 061 828
    Bouquet géant Macrobrachium rosenbergii 0,154 462

    La production et la valeur des pêcheries de capture fondées sur l’aquaculture dans les pièces d’eau continentales sont fournies dans le Tableau 2.

    Tableau 2: Productions de la pêche de capture fondée sur l’aquaculture
    Espèces Nom scientifique Production (tonnes) Valeur (dollars EU)
    Poisson paon Cichla ocellaris 12,2 12 200
    Tilapia Oreochromis sp 3 872 1 703 682

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Panama (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Panama (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Sur le plan national, l’aquaculture panaméenne commercialise ses produits en particulier auprès des restaurants populaires et des supermarchés. Les espèces d’eau douce sont très appréciées. Le poisson est proposé en filets ou entier, frais ou congelé. La production de la plupart des petites exploitations aquacoles est destinée à l’autoconsommation. En cas d’excédents, des ventes en quantités limitées peuvent avoir lieu à proximité des fermes.

    Les nauplii et les postlarves de crevette pattes blanches sont exportés vers les pays d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud (Nicaragua, Honduras, Equateur, Belize, etc.).

    La production de crevette pattes blanches est destinée aux marchés internationaux. Les crevettes sont exportées sous forme de queues congelées vers les Etats-Unis d’Amérique et entières vers l’Union européenne (Espagne, France, Royaume-Uni et Pays-Bas).

    Les Etats-Unis d’Amérique constituent le principal marché d’exportation pour la truite panaméenne qui y est expédiée sous forme de filets frais ou de poissons entiers congelés.

    Le tilapia est capturé dans les grands réservoirs du pays et exporté vers les Etats-Unis d’Amérique, le Mexique et la République Dominicaine (filets et poissons entiers frais) ainsi que vers l’Union européenne (poissons entiers frais).

    La chaîne de distribution et de commercialisation n’est encore que très peu développée sur le marché national. Très peu articulée, elle ne compte qu’un ou deux niveaux et il n’y a pas de division claire quant au segment de marché dont s’occupe chaque type d’intermédiaire.

    Dans les plus petites exploitations piscicoles d’eau douce (tilapia, carpe, cachama), la production est vendue directement aux consommateurs, aux petits magasins et aux intermédiaires qui commercialisent le poisson localement. A l’occasion, ces producteurs fournissent les marchés et les supermarchés directement.

    La truite est avant tout vendue sur le marché international. Elle est transformée dans des usines situées à proximité des exploitations piscicoles qui appartiennent au même propriétaire. Les pisciculteurs transforment et vendent parfois leurs truites dans leurs restaurants.

    Les crevettes marines sont directement expédiées aux usines de transformation avant d’être exportées sur les marchés internationaux. Les crevettes sont commercialisées sous différentes formes (entières, queues, pelées, éviscérées, etc).

    Les petits pêcheurs artisanaux lacustres vendent le plus souvent leur pêche directement. Ils ont parfois des supermarchés urbains comme clients au moyen d’associations ou d’intermédiaires. C’est par exemple le cas avec le tilapia capturé dans le lac Bayano.
    Contribution à l'économie
    L’aquaculture continentale a dans un premier temps été encouragée pour que les producteurs consomment leur propre production et contribuent ainsi à la sécurité alimentaire des communautés rurales pauvres. Les projets aquacoles intégrés à ceux d’aide sociale (pisciculture de tilapia et de carpe par exemple) servent ainsi à améliorer le niveau nutritionnel des populations rurales et à générer des activités primaires durables.

    L’industrie crevetticole est l’activité aquacole qui contribue le plus à l’économie nationale. Son taux de croissance atteignait 6,6 pour cent en 2004 et sa valeur s’élevait alors à 29 998 785 dollars EU. Cette industrie génère en moyenne l’équivalent de 846 emplois/mois dans les exploitations et 400 emplois/mois dans les usines qui lui sont liées (transformation et production d’aliments) ainsi que dans les laboratoires qui produisent des nauplii et des postlarves.

    La truite contribue aussi à l’économie nationale en tant que produit exporté vers les Etats-Unis d’Amérique. En 2004, les exportations de truite s’élevaient à 15 150 kg (sous forme de produits frais et de filets congelés). Ce chiffre correspondait à une valeur de 68 273 dollars EU (Division des statistiques et de l’économie des Etats-Unis d’Amérique)
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le ministère du Développement de l’agriculture est responsable du développement aquacole dans la République de Panama par le biais de la Direction nationale de l’aquaculture (DINAAC). Le but de cette dernière est d’optimiser l’exploitation des ressources aquacoles tout en assurant leur durabilité biologique pour le plus grand bénéfice de la population nationale en général et du sous-secteur de l’aquaculture en particulier.

    La Direction nationale de l’aquaculture est une entité qui dépend du Bureau ministériel formé par le ministre, le sous-ministre et le secrétariat général.

    La Commission nationale de l’aquaculture est un organisme consultatif élevé au rang d’administration supérieure. Elle est constituée d’institutions et d’organisations liées aux activités aquacoles. Ses principales responsabilités sont la définition de politiques et de règlementations juridiques et techniques, la participation à la résolution des conflits, l’approbation du Plan national d’utilisation du littoral et la préparation du cadre législatif.

    La Commission nationale de l’aquaculture est composée du ministre du Développement de l’agriculture (président), du ministre de la Planification et des politiques économiques, de l’administrateur de l’Autorité maritime de Panama, de l’administrateur de l’Autorité nationale de l’environnement, du directeur général de la Banque nationale de Panama, d’un représentant de l’Association des producteurs aquatiques, d’un représentant de l’Association panaméenne des professionnels spécialisés en aquaculture et du directeur national de l’aquaculture (secrétaire).

    La Direction nationale de l’aquaculture est administrée par un directeur et un sous-directeur qui sont responsables de la supervision de la mise en œuvre des politiques, des plans, des programmes et des projets du sous-secteur aquacole au sein du ministère du Développement de l’agriculture.

    Cette direction est composée d’un Bureau de l’aquaculture, d’un Bureau administratif, d’un Bureau de la planification aquacole, d’un Département de supervision de la vulgarisation aquacole et d’un Département de la recherche et du développement. Elle gère six stations aquacoles expérimentales (la Ferme piscicole en eau douce de Divisa, la Station expérimentale des eaux d’estuaires « Ing Enrique Enseñat », la Station maricole du Pacifique, la Station expérimentale en eau douce de Gualaca, la Station aquacole du lac Gatún et de la Station maricole de l’Atlantique).

    On recense trois associations de producteurs actives dans le pays : deux de producteurs crevetticoles (l’Association panaméenne des aquaculteurs et l’Association panaméenne des crevetticulteurs) et une de producteurs rizipiscicoles (l’Association des rizipisciculteurs). On compte également douze associations de pêcheurs lacustres dans les principaux réservoirs du pays (deux à Gatun, deux à Alajuela, sept à Bayano et une à La Yeguada). L’Association panaméenne des professionnels spécialisés en aquaculture et l’Association des techniciens aquacoles regroupent enfin les professionnels du secteur. Ces associations comptent des représentants au sein de la Commission nationale de l’aquaculture.
    Règlements en vigueur
    La législation panaméenne en matière d’aquaculture comporte plusieurs lois et décrets. Les plus importants sont les suivants :

    Lois :
    • Décret-loi 35 du 22 septembre 1966 sur l’utilisation des eaux.

      Ce texte définit la réglementation relative à l’approbation de l’exploitation des eaux de l’Etat conformément à l’intérêt que représentent ces dernières sur le plan social.
    • Loi 58 du 28 décembre 1995 définissant l’aquaculture comme une activité relevant du secteur agricole.

      Cette loi favorise le renforcement de l’aquaculture au moyen de règlementations et de subventions visant à garantir un investissement privé qui respecte le concept de développement durable. Elle établit aussi que le ministère du Développement de l’agriculture est l’entité responsable du développement de l’aquaculture.
    • Loi 41 du 1er juillet 1998 (Loi générale sur l’environnement de la République de Panama).

      Cette loi établit les normes et les principes de base quant à la protection, à la préservation et à la récupération de l’environnement en encourageant une utilisation durable des ressources naturelles. L’article 94 établit que les ressources marines du littoral constituent le patrimoine naturel de l’Etat. L’exploitation, la gestion et la préservation de ces dernières sont règlementées par l’Autorité maritime de Panama.
    • Décret-loi 7 du 10 février 1998 créant l’Autorité maritime de Panama.

      Cette autorité concentre les compétences maritimes de l’administration publique et publie de nouvelles règlementations afin de coordonner toutes les institutions et autorités liées au secteur maritime. L’Article 4 définit un ensemble de mesures à mettre en œuvre pour sauvegarder les intérêts nationaux que représentent les espaces maritimes et les eaux intérieures ainsi que pour administrer les ressources marines et littorales. Il établit aussi des mécanismes de coordination avec le ministère du Développement de l’agriculture afin de garantir le développement de l’aquaculture tout en respectant les obligations internationales contractées par l’Etat panaméen.
    • Loi 23 du 30 juin 1999 autorisant le ministère du Développement de l’agriculture à collecter ou à prélever des taxes pour certains services.

      Suivant ce texte, le ministère du Développement de l’agriculture est l’autorité responsable qui, par l’intermédiaire de la Direction nationale de la pêche, établit et collecte les taxes des différentes prestations de services en matière de soutien technique, de travaux topographiques, de formation, de documentation officielle, etc.
    • Loi 9 du 21 janvier 2004 modifiant l’article 18 de la Loi 58 de 1995.

      Cette loi établit que les aquaculteurs peuvent solliciter une exonération des frais liés à la location des concessions des sols et des eaux de l’Etat pour réaliser leurs plans de développement.
    • Loi 24 du 4 juin 2001 stipulant les mesures d’aide aux fermiers touchés par des catastrophes naturelles ou des conditions météorologiques défavorables.
    • Loi 25 du 4 juin 2001 établissant des dispositions en matière de politique nationale pour la transformation du secteur agricole et sa mise en œuvre.

      Un fonds est créé afin d’aider les fermiers en matière d’administration, de travail, de financement et de service pendant le processus d’adaptation technologique. L’objectif est d’améliorer la productivité, la compétitivité et le développement intégral du secteur aquacole.

      Un fonds est créé afin d’aider les fermiers en matière d’administration, de travail, de financement et de service pendant le processus d’adaptation technologique. L’objectif est d’améliorer la productivité, la compétitivité et le développement intégral du secteur aquacole.

    Décrets :
    • Décret 11 de février 1997 règlementant les procédures à suivre par le Bureau chargé des demandes de concession, de certification et de permis pour développer des activités aquatiques.

      Ce texte définit les procédures et normes à respecter pour pouvoir développer des projets aquacoles en République de Panama.
    • Décret 58 du 22 septembre 1998 créant la Direction nationale de la pêche au sein du ministère du Développement de l’agriculture.

      Ce texte attribue un nouveau statut légal à la Direction nationale de la pêche dont les compétences sont déterminées selon les nouvelles politiques et les nouveaux besoins du secteur productif. Une organisation fonctionnelle de la Direction est également définie.
    • Décret 39 du 31 août 1999 attribuant un statut légal à la structure administrative et fonctionnelle du ministère du Développement de l’agriculture.

      L’organisation administrative du ministère est ajustée aux nouvelles politiques. La Commission nationale de l’aquaculture a un rôle de coordination alors que la Direction nationale de l’aquaculture est compétente au niveau opérationnel.
    • Décret 59 du 16 mars 2000 règlementant le Chapitre II de la Partie IV de la Loi 41 du 1er juillet 1998 (Loi générale sur l’environnement de la République du Panama).

      Ce texte établit le règlement du processus d’évaluation de l’impact environnemental nécessaire pour mettre en place un projet public ou privé susceptible de représenter des risques environnementaux à cause de ses caractéristiques, de ses effets ou de son emplacement.

    Recherche appliquée, éducation et formation
    La recherche est organisée en première instance par la Direction nationale de l’aquaculture qui détermine les sujets à étudier après consultation des producteurs des différentes espèces cultivées dans le pays.

    La recherche sur les espèces aquacoles et les relations entre ces dernières et l’environnement est réalisée par l’université de Panama au sein de l’Ecole de biologie, du Centre des sciences marines et de la limnologie et du Centre des études biotiques. Des étudiants de l’Ecole de biologie, de la Faculté des sciences agricoles, de l’Ecole d’administration publique et d’économie ont quant à eux rédigé leurs thèses sur des sujets concernant l’aquaculture.

    Dans le domaine des pathologies, la recherche est développée par le Laboratoire de diagnostic et de recherche sur les maladies vétérinaires Dr Gerardino Medina du ministère du Développement de l’agriculture et par l’Institut Smithsonian de recherches tropicales.

    Le secteur privé participe quant à lui la recherche appliquée à partir de ses propres ressources dans le but de résoudre les principaux problèmes de santé qui affectent la production.

    Les programmes de recherche en général, et plus particulièrement ceux relatifs à l’aquaculture, ont subi des coupes budgétaires. Cependant, grâce à des accords de coopération conclus avec le gouvernement national par l’intermédiaire de la Direction nationale de l’aquaculture, les sujets les plus importants pour le secteur productif ont pu être affrontés avec le concours de producteurs nationaux, d’organismes privés et publics ainsi que d’organisations internationales.

    Le Programme de promotion de la recherche du Secrétariat national des sciences et des technologies gère aussi des fonds destinés à soutenir la recherche. Les candidats doivent présenter leur projet de recherche pour pouvoir obtenir des subventions.

    Les résultats obtenus sont diffusés lors de séminaires et de congrès sous la forme de publications de rapports et de comptes-rendus.

    Tableau 3 : Instituts de recherche et centres de formation en aquaculture
    Instituts de recherche -
    Institution Organisation
    Ministère du Développement de l’agriculture Direction nationale de l’aquaculture
    Université de Panama Ecole de biologie
    - Centre des sciences de la mer et de la limnologie
    Centres de formation -
    Institution Diplômes
    Université de Panama Licence en aquaculture.
    Institut national de l’agriculture (Ministère de l’Education) Technicien aquacole
    Institut professionnel, technique et industriel des eaux continentales (Ministère de l’Education) Licence en Elevage industriel, spécialisation en aquaculture
    Tendances, questions et développement
    Le Plan national de développement aquacole 1995-1999 a comme objectif central d’établir des conditions qui permettent une exploitation optimale des ressources aquacoles afin de garantir la plus grande durabilité biologique et économique de ces dernières, pour le plus grand bénéfice de la population en général et du secteur aquacole en particulier. Ce Plan vise entre autres :
    • Une meilleure connaissance des aspects biologiques, technologiques, environnementaux et économiques des ressources aquatiques.
    • La mise en place de règlementations et d’un cadre institutionnel facilitant la gestion et l’utilisation rationnelle des ressources aquacoles et halieutiques.
    • L’augmentation de la production aquacole.
    • L’augmentation des bénéfices directs et indirects provenant de l’aquaculture et l’orientation de ces bénéfices vers un plus grand nombre de producteurs.

    Afin d’atteindre les objectifs cités précédemment, la stratégie adoptée a été d’unir les efforts du secteur public et du secteur privé afin de renforcer les fonctions de l’Etat sur le plan règlementaire et de faciliter la production privée. La politique nationale a cherché à stimuler rapidement la production aquacole et la dynamique d’expansion de nouvelles régions de culture. Pour atteindre ces objectifs, on a développé différentes actions dans les domaines de la recherche, de la vulgarisation, de la formation, de la règlementation et du développement institutionnel.

    La promulgation de la Loi 58 de 1995 a défini l’aquaculture comme une activité agricole et distribué aux producteurs aquacoles des subventions qui étaient jusqu’alors exclusivement destinées à l’agriculture. Ces aides se sont ajoutées à celles qui étaient déjà allouées aux producteurs crevetticoles. Avec le soutien supplémentaire des banques commerciales, l’aquaculture a connu un développement rapide et a atteint un taux de croissance de 30 pour cent par an.

    Cinq ans après la fin du Plan national de développement aquacole 1995-1999, on a constaté de grands changements sectoriels. Il a fallu les prendre en compte et saisir la nature des problèmes pathologiques, génétiques, nutritionnels ou environnementaux apparus dans les zones de production. Ces questions sont devenues des sujets de recherche pour moderniser continuellement les technologies aquacoles et atteindre une profitabilité optimale qui n’entraîne pas de dégradations environnementales.

    D’autres sujets doivent encore être pris en compte par la recherche. Il s’agit en particulier de ceux qui relèvent de la qualité des eaux, des semences et des infrastructures, de la composition des aliments et de la biosécurité. Ces questions concernent un ensemble de pratiques à observer pour réduire les possibilités de diffusion des maladies.

    La présence du virus du syndrome des taches blanches est un très gros problème pour les producteurs. La recherche d’une réponse concrète et immédiate permettant de contrôler et de maîtriser cette maladie est devenue une priorité. La création et le transfert de technologies sont essentielles et ne doivent donc jamais être négligées, notamment pour affronter des problèmes tels que celui évoqué précédemment.

    La création de conditions appropriées pour encourager la diversification des espèces est un autre sujet de recherche de premier ordre. Cela permettrait de ne plus dépendre de la culture de seulement deux ou trois espèces et constituerait une alternative à la culture de mollusques bivalves.

    En résumé, l’aquaculture a affronté les défis suivants lors de sa phase d’expansion entre 2000 et 2004 :
    • Satisfaire des besoins en semences, en aliments et engrais aussi bien en termes de quantité que de qualité.
    • Réduire des pertes dans la production grâce à une gestion sanitaire appropriée de l’activité.
    • Améliorer l’aménagement environnemental grâce à la mise en place de mesures qui permettent de réduire les effets négatifs des différentes activités.
    • Garantir l’innocuité des aliments et la qualité des produits.

    Ces différents éléments visaient à déterminer les aspects névralgiques permettant d’obtenir une croissance durable de l’aquaculture qui soit économiquement bénéfiques au pays et à la population panaméenne.

    La présence du virus du syndrome des taches blanches ainsi que la chute des prix de la crevette pattes blanches et du tilapia sur les marchés mondiaux ont entraîné d’importantes pertes pour les entreprises et une certaine méfiance de la part du secteur financier.

    L’accroissement de l’élevage de tilapia dans les réservoirs du pays, en particulier dans le Bayano, devient une importante source d’emplois pour les communautés vivant à proximité ainsi que pour l’ethnie Kuna du district Mudungandi.

    Ces dernières années, les actions entreprises par l’aquaculture panaméenne visaient principalement la résolution des problèmes liés aux maladies qui affectent la crevette pattes blanches et la mise en place de pratiques de gestion en accord avec les conditions environnementales. Ces pratiques permettraient à une aquaculture durable de se développer tout en réduisant les coûts opérationnels étant donné les fluctuations des prix internationaux.

    Dans le domaine de l’aquaculture en eau douce, les prix du poisson varient entre 0,37 et 0,55 dollars EU/kg. Ils ont chuté à cause de la concurrence des pêcheries de capture. Des efforts sont donc menés pour faire baisser les coûts de production.

    La production aquacole doit donc être rapidement réactivée et son expansion doit être orientée vers de nouvelles zones grâce aux efforts conjugués du secteur public et du secteur privé. Cela signifie qu’il faut réglementer et prendre en compte à la fois la pêche de capture et l’aquaculture, la mariculture, l’aménagement des eaux continentales, l’aquaculture rurale, la pisciculture commerciale, la santé des organismes cultivés et l’innocuité de la production, les questions de valeur ajoutée, le renforcement institutionnel et la formation des ressources humaines.

    En outre, le développement de projets pilotes relatifs à la culture d’espèces potentiellement importantes de poisson de mer comme le crossie blanc là où des installations crevetticoles ont été abandonnées est en train de se mettre en place. La diversification des exploitations crevetticoles comprend aussi l’introduction de mollusques bivalves dans leurs réservoirs.

    La consolidation du secteur de l’aquaculture peut se baser sur l’introduction de nouvelles espèces avec la création d’élevages en mer de poissons, de mollusques et de macroalgues.
    Références
    Bibliographie
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    Morales R., R. F. Tsai., O. Olivares. 2002 . Informe Evaluación del Impacto del cultivo de peces en jaulas flotantes en el Lago Gatún. 14 p.
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