On estime que seulement 10 pour cent environ des ressources naturelles existantes sont exploitées alors que la demande du marché domestique et des marchés étrangers reste insatisfaite. Différents projets ont donc été lancés pour augmenter la production aquacole dans des cages flottantes, dans des bassins et dans des enclos, notamment dans le cadre de programmes de repeuplement des eaux continentales avec des espèces indigènes. Les centres de production sont principalement situés dans les départements suivants : Central, Paraguari, Itapua, Alto Parana, Canindeyu et San Pedro. 85 pour cent de la production aquacole totale est obtenue suivant des systèmes extensifs alors que le reste (15 pour cent) provient de systèmes semi-intensifs. Il n’existe pas d’aquaculture intensive au Paraguay. Les principales espèces cultivées sont le tilapia (Oreochromis niloticus), la carpe commune (Cyprinus carpio), le pacu (Piaractus mesopotamicus), le boga (Leporinus spp.) et le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii). A Ita, dans le département Central, une entreprise privée produit 5 tonnes/an de crevette géante malaisienne dans des conditions semi-intensives. Cette production est pour le moment totalement destinée à la consommation domestique. Dans une seconde phase, elle devrait atteindre 19 tonnes/an et être exportée. Le ministère de l’Agriculture et de l’élevage (MAG) et la faculté des Sciences vétérinaires de l’université nationale d’Asunción (FCV/UNA) fournissent des services de vulgarisation aquacole. La seconde propose au sien de son programme Production animale un cours de Pathologie et biologie halieutique en quatrième année ainsi qu’un cours d’Aquaculture en cinquième année. Cette faculté propose aussi des formations destinées aux producteurs. La recherche appliquée se concentre sur la sélection et la reproduction, l’élevage d’alevins, la composition des aliments pour poisson et les services de vulgarisation destinés aux exploitations rurales. Le Paraguay dispose d’une industrie de production d’aliments préparés pour les différentes étapes du cycle biologique des poissons ainsi que d’institutions financières publiques comme la Banque nationale de développement, le Fonds de développement agricole et le Crédit agricole d’habilitation qui offrent des lignes de crédit à l’aquaculture.
Le développement de l’aquaculture a démarré au Paraguay en 1960 avec le soutien de« World Neighbours », une organisation des Etats-Unis d’Amérique appelée dont l’un des objectifs était d’augmenter la consommation de protéines d’origine animale chez les paysans pauvres des zones rurales. Des étangs d’une superficie comprise entre 100 et 360 m² ont alors été construits dans plusieurs régions du pays. Systèmes de production. Le système de culture le plus largement répandu est celui qui adopte des méthodes extensives. Il représente 85 pour cent de la production aquacole. Les espèces cultivées sont le tilapia (Oreochromis niloticus), la carpe commune (Cyprinus carpio), le pacu (Piaractus mesopotamicus), le boga (Leporinu spp.) et le prochilode rayé (Prochilodus lineatus). Les 15 pour cent restants de la production aquacole sont obtenus par des systèmes semi-intensifs qui cultivent le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii). Le développement de la pisciculture semi-intensive a démarré avec un projet soutenu par « Tilapia Food », une organisation belge, et la faculté des Sciences vétérinaires de l’université nationale d’Asunción. Une coopérative piscicole située dans le département de Paraguari a ainsi été créée. Elle compte 70 membres qui se partageant 8 ha d’étangs. Dans le même département, l’exploitation piscicole Aida I dispose de plus de 30 ha d’étangs et envisage de se développer sur 300 ha pour augmenter ses capacités de production et commencer à exporter. La production aquacole paraguayenne est estimée à 2 099,95 tonnes/an, ce qui correspond à une valeur de 2,1 millions de dollars EU. Les rendements actuels s’élèvent en moyenne à 8 000 kg/ha. Certaines exploitations ont commencé à utiliser des aliments préparés pour augmenter leur productivité.
Techniciens : 35 personnes diplômées du secondaire. On estime que 5 pour cent des 1 200 propriétaires d’exploitations aquacoles ont obtenu des diplômes de niveau universitaire. La même proportion a obtenu un diplôme du secondaire. Parmi les personnes qui travaillent dans les fermes rurales, 90 pour cent a achevé l’école primaire et seulement 5 pour cent a un niveau secondaire ou universitaire. Presque tous les aquaculteurs (90 pour cent) sont d’origine paysanne. Les professionnels qui travaillent dans l’aquaculture ont obtenu leurs diplômes à l’Université nationale d’Asunción dont la faculté des Sciences vétérinaires et la faculté Sciences exactes et de la nature forment des biologistes. La faculté d’Ingénierie agronomique propose quant à elle plusieurs spécialisations (écologie, sciences humaines, production animale, foresterie ou agronomie). Parmi les propriétaires d’exploitation, on trouve notamment des docteurs en médecine, des ingénieurs agronomiques, des biologistes.
Cependant, l’aquaculture extensive prévaut encore largement et représente 85 pour cent de la production totale. Les 15 pour cent restants proviennent de systèmes semi-intensifs. La production nationale a augmenté de façon significative comme on peut le constater dans le Tableau 1 ci-dessous. Tableau 1 : Production aquacole (1977-2004)
Au cours de la période 1990-2004, les producteurs commerciaux ont commencé à construire des infrastructures permettant d’adopter des systèmes de culture semi-intensifs. Ils ont investi dans des projets ayant recours à différents équipements (cages flottantes, bassins et enclos). Ces nouveaux systèmes de production ont suscité l’intérêt du secteur public comme celui du secteur privé. La pisciculture des espèces locales a dès lors continué d’augmenter alors que la crevetticulture de bouquet géant a commencé à se développer. Les produits aquacoles ont commencé à être commercialisés sur le marché domestique et les supermarchés du pays vendent désormais des produits aquacoles transformés et conditionnés en plus des produits frais. On trouve également des produits frais conservés dans la glace dans les foires agricoles. Certains marchés étrangers (Brésil, Etats-Unis d’Amérique, etc.) ont aussi commencé à être clients de l’aquaculture paraguayenne. Le tableau 2 présente la distribution géographique et les caractéristiques des systèmes de culture présents au Paraguay. Tableau 2 : Distribution et caractéristiques des systèmes de culture
L’introduction du tilapia du Nil remonte à 1960. Provenant de Côte d’Ivoire, cette espèce a été introduite par une mission technique française. La carpe commune a quant à elle été introduite par des immigrants d’origine européenne de la République d’Argentine au cours des années 1970. Le tilapia a été distribué aux exploitations piscicoles rurales dans le but d’augmenter la production de protéines d’origine animale et améliorer ainsi le régime alimentaire des populations rurales. Aucune gestion des élevages n’était réalisée en matière d’hybridation et/ou de sélection des mâles pour la phase de grossissement. A l’heure actuelle, les exploitations ont recours à des espèces de tilapia améliorées génétiquement. Au cours des années 1980, la station piscicole binationale Itaipú a commencé à produire des espèces indigènes comme le pacu, le boga, le carimbata, etc. qui sont principalement destinées au repeuplement des cours d’eau et du réservoir Itaipú. Au cours des années 1990, elle a lancé un programme de vulgarisation impliquant toute la région entourant le réservoir. Depuis 2003, ce programme a été diffusé dans différentes régions du Paraguay. En 1990, le Département de la pêche et de l’aquaculture de la Faculté des Sciences vétérinaires de l’Université nationale a introduit une variété améliorée de tilapia du Nil (O. niloticus).
Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Paraguay (d'après les statistiques de la FAO):
Le tilapia du Nil est commercialisé vivant, frais, congelé ou en filets. Les espèces locales (pacu, boga, prochilode, etc.) sont vendues fraîches ou congelées, tout comme les crustacés (bouquet géant et écrevisse). Les aquaculteurs vendent directement à la ferme leurs produits vivants, entiers, transformés ou congelés à des intermédiaires qui les livrent au centres de distribution (criées, supermarchés, etc.). Les aquaculteurs vendent aussi leur production au détail aux communautés voisines. L’entreprise privée Bauman propose des filets de tilapia conditionnés, étiquetés (code barre) et prêts à la vente aux criées et aux supermarchés. Le prix de base du tilapia varie entre 1 et 2 dollars EU/kg à la ferme. Ses filets sont commercialisés à 6 dollars EU/kg dans les supermarchés. Le prix de base du bouquet géant est compris entre 10 et 12 dollars EU à la ferme. Marchés étrangers. Il n’y a pas d’exportations de produits aquacoles pour le moment mais des projets industriels sont en cours de développement.
On ne dispose pas de statistiques sur la distribution économique du secteur. Sécurité alimentaire. Dans les exploitations, la consommation de poisson produit sur place est de l’ordre de 0,5 à 1 kg par personne, en gros une fois par semaine ou deux fois par mois. En plus de générer des ressources économiques supplémentaires, l’aquaculture contribue ainsi à une meilleure alimentation des populations pauvres, grâce à un apport supplémentaire de protéines d’origine animale. L’aquaculture joue un rôle important dans l’amélioration des conditions de vie de la population rurale et permet de lutter contre la pauvreté. Du point de vue commercial, la population urbaine achète le poisson dans les supermarchés et les foires agricoles ou bien consomme ce dernier dans les restaurants. Depuis 2003, le public est davantage conscient de l’importance du développement de l’aquaculture. De son côté, le gouvernement national a fourni des efforts pour soutenir ce secteur au moyen de nouvelles lois et règlementations ainsi qu’avec l’ouverture de lignes de crédit. L’investissement privé a ainsi été encouragé et les opportunités d’emplois ont augmenté dans le secteur. Il est important de souligner que l’intensification de l’aquaculture est à l’heure actuelle encouragée pour augmenter la productivité du secteur. Les pêcheurs continentaux et les populations riveraines sont ainsi invités à adopter des systèmes de production intensive au moyen de cages, de bassins et d’enclos comme alternative à leurs activités.
Le secteur privé (producteurs et commerçants) est organisé en comités de 6 à 12 producteurs, en coopératives piscicoles comptant entre 70 et 100 membres et en associations aquacoles.
A partir des Normes constitutionnelles, de questions juridiques et de ses propres objectifs, le pouvoir exécutif a émis un ensemble de dispositions règlementaires afin d’initier un processus de modernisation et d’adaptation en accord avec les conclusions d’études techniques. La Loi 799/95 sur la pêche est en cours de révision au Congrès national. Les normes juridiques qui la composent doivent être modifiées et des chapitres fondamentaux quant à l’aquaculture doivent être rédigés par la Commission sur les ressources naturelles et l’environnement (CONADERNA) qui comprend des représentants techniques de tous les secteurs concernés.
De façon à répondre aux nombreuses questions posées par les producteurs, les étudiants et les techniciens du secteur aquacole, le Département de la pêche et de l’aquaculture de la faculté des Sciences vétérinaires (FCV) de l’Université nationale d’Asunción (UNA) mène des recherches dans les domaines de la sélection artificielle, de la composition des aliments et de la nutrition des organismes aquatiques au cours des différentes phases de leur existence ainsi qu’en matière de polyculture, de production d’alevins monosexes, d’élevage en cage, d’aquaculture intégrée à l’élevage de bétail et de crevetticulture. La plupart de ces recherches sont réalisées dans l’exploitation intégrée et le laboratoire nutritionnel de la Ferme expérimentale qui se consacre à l’élevage animal. Cette dernière travaille sur le bétail, les chèvres, les lapins, les abeilles, les volailles, les poissons, les fourrages, etc. Dans son laboratoire d’ichtyopathologie, la recherche est menée sur l’identification des parasites, la caractérisation des bactéries, l’incidence des maladies dans les fermes piscicoles, les conditions environnementales des systèmes de culture, etc. Chaque programme de recherche est dirigé par un professionnel assisté d’un technicien suppléant. Les résultats sont évalués et validés dans les fermes de production. Le Département de la pêche et de l’aquaculture de la Faculté des sciences vétérinaires (FCV) de l’Université nationale d’Asunción (UNA) fonctionne comme un institut de recherche. Il délivre des diplômes universitaires en sciences (production animale et médecine vétérinaire) ainsi que des doctorats en sciences vétérinaires. En 2004, 56 étudiants étaient inscrits au cours d’aquaculture d’une durée de cinq ans et 75 à celui de biologie halieutique qui dure quatre ans. Des institutions privées délivrent aussi des titres universitaires (production piscicole) alors que des écoles techniques agraires proposent des formations en pisciculture. Le ministère de la Justice et du travail propose un soutien financier aux exploitants dans le domaine de la pisciculture par l’intermédiaire de ses Unités techniques de formation professionnelle (UPT). En 2004, 120 bourses ont été allouées dans le but d’encourager le travail.
Le 1er mars 1990, le ministère de l’Agriculture et de l’élevage et la FAO ont commencé à mettre en œuvre le Programme de coopération technique « Planification et renforcement institutionnel pour le développement de la pêche » (TCP/PAR/0051) dont le but était de rétablir la capacité institutionnelle du ministère de l’Agriculture et de l’élevage sur trois fronts principaux :
Le secteur de l’aquaculture s’est développé à la suite des évaluations et des recommandations de ce programme. Le ministère de l’Agriculture et de l’élevage contribue davantage à l’assistance technique auprès des producteurs aquacoles alors que la faculté des Sciences vétérinaires a créé de son côté des cursus universitaires en Pathologie et biologie de la pêche (second cycle) et en Aquaculture (troisième cycle). Les étudiants disposent ainsi des bases nécessaires pour poursuivre leur formation dans des institutions étrangères, par exemple au Brésil (7 professionnels), en France/Côte d’Ivoire (2 professionnels), aux Etats-Unis d’Amérique (1 professionnel), au Venezuela (1 professionnel), en Chine (1 professionnel et 2 techniciens), au Chili (2 professionnels), au Costa Rica (1 technicien) et en Israël (1 professionnel). La Mission technique TFAO/Tilapia FOOD/Belga, menée conjointement avec la faculté des Sciences vétérinaires de l’université nationale d’Asunción (FCV/UNA), a contribué à un programme de renforcement de l’unité productive de la Station aquacole de la FCV/UNA avec la création du Centre de formation piscicole et de la Coopérative de production aquacole « San Antonio de Padua ». Cette dernière rassemble plus de cent producteurs de la communauté Acahay/Dto (Paraguarí). Elle a été établie sur 15 ha de terre disposant de 8 ha d’étangs d’une capacité de production de 30 tonnes/ha/an. La Loi sur la pêche 799/95 confère au ministère de l’Agriculture et de l’élevage l’autorité pour appliquer les règlementations relatives au secteur de la pêche et de l’aquaculture. En 2000, la Loi 1561/00 l’a remplacée et établit, notamment, que le ministère de l’Environnement devient la principale autorité dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture. Ce changement a provoqué une fracture au niveau institutionnel qui a eu des répercussions négatives dans le domaine de la production aquacole. Dans le même temps, le secteur privé a investi dans l’aquaculture, ce qui a contribué à son développement. Les entités binationales Itaipú Binational et Yacyretá soutiennent financièrement la recherche et la mise en œuvre de programmes productifs à différents endroits du pays (construction d’étangs traditionnels, de cages flottantes et d’enclos). En outre, des investisseurs étrangers (Taïwan, Chine) ont manifesté leur intérêt pour la construction de stations de production d’alevins alors que le gouvernement japonais a proposé de réaliser une étude géographique et une cartographie du secteur aquacole par l’intermédiaire de la JICA, l’Agence japonaise de coopération internationale. En raison de l’importance du développement agroindustriel de l’aquaculture au Paraguay, la société agroalimentaire Trociuk a introduit la production d’aliments pour l’aquaculture dans ses différentes lignes de production. Enfin, la production de poisson sous forme intensive dans des cages flottantes a attiré l’attention du secteur public et des groupes privés en raison de son importance potentielle pour les pêcheurs et les populations riveraines.
Fuente: Ministerio de Agricultura y Ganadería - Paraguay
| |||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||

Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim




