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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Le développement de l’aquaculture au Pérou n’en est encore qu’à ses débuts. Principalement orienté vers la production de crevettes pénéides (Penaeus spp.), de peigne calicot péruvien (Argopecten purpuratus), de truite (Oncorhynchus spp.), de tilapia (Oreochromis spp.) et de certains poissons amazoniens, le présente un fort potentiel dans ce secteur. On y trouve en effet une grande diversité d’espèces pouvant être cultivées. Il s’agit de poissons d’Amazonie (cachama ou « gamitana » (Colossoma sp.) et pacu (Piaractus sp.) entre autres) ou d’espèces d’origine marine. L’aquaculture pourrait devenir une importante ressource économique pour le Pérou. Le pays dispose en effet de bonnes conditions environnementales, avec un climat favorable et de vastes étendues d’eau adaptées aux activités aquacoles sur tout le territoire. En Amazonie péruvienne, la consommation de poisson s’élève à 80 000 tonnes par an. C’est à fois un élément de la sécurité alimentaire de la région et une importante source d’emploi pour les communautés locales de pêcheurs (Brack, Antonio, 2003. Amazonía: Biodiversidad y Bionegocios).
    Historique et aperçu général
    L’aquaculture a démarré au Pérou en 1934 avec l’introduction de la truite arc-en-ciel (Oncorhyncus mykiss) pour la pêche sportive. La truite arc-en-ciel est alors devenue la première espèce piscicole d’eau douce élevée dans le pays. Bien plus tard, des entreprises se sont lancées dans la culture de crevettes pénéides (Penaeus spp.) au cours des années 1970 dans le nord du pays suivant des systèmes semi-intensifs. En 1998, cette activité a sérieusement décliné avec l’apparition du virus du syndrome des taches blanches. Enfin, au cours des années 1980, des projets d’élevage de tilapia (Oreochromis spp.) à petite échelle et de peigne calicot péruvien (Argopecten purpuratus) ont débuté. Ils se sont intensifiés début 2000.

    L’activité aquacole est répartie à travers l’ensemble du territoire péruvien avec une concentration majeure dans certaines régions. Si l’on prend en compte les volumes de production, la crevetticulture domine le long du littoral et plus particulièrement dans les régions de Tumbes (93,4 pour cent de la production totale) et de Piura (6,6 pour cent), alors que la culture de pecten est principalement réalisée dans les régions d’Ancash (79,12 pour cent de la production totale) et de Lima (19,13 pour cent). En 2003, la production de pecten s’élevait à 7 311,51 tonnes et celle de crevette à 2 961 tonnes. La truiticulture domine quant à elle dans les régions montagneuses. Elle se concentre dans les régions de Puno (45,18 pour cent de la production totale) et de Junin (40,93 pour cent). En 2003, sa production s’élevait à 2 808,27 tonnes. La pisciculture d’espèces amazoniennes (cachama ou « gamitana »,pacu, et prochilode réticulé ou « boquichico ») est réalisée dans la jungle, principalement dans les régions d’Ucayali (42,39 pour cent de la production totale), de San Martín (30,13 pour cent) et de Loreto (21,18 pour cent). Cette production s’élevait à 126,16 tonnes en 2003. Enfin, l’élevage de tilapia est pratiquement concentré en totalité dans la région de San Martín (99,47 pour cent de la production totale). Sa production s’élevait en 2003 à 113,06 tonnes.
    Ressources humaines
    Le secteur de l’aquaculture emploie environ 12 650 personnes de façon directe et indirecte. Le tableau 1 fournit des détails à ce sujet.

    Tableau 1 : Répartition des personnes employées dans l’aquaculture
    Emplois Nombre
    Professionnels 400
    Techniciens 500
    Administratifs 100
    Travailleurs sur le terrain (à plein temps) 7 000
    Travailleurs sur le terrain (à temps partiel) 1 000
    Propriétaires 1 300
    Travailleurs lacustres 2 000
    Activités connexes (post-récolte) 350
    TOTAL 12 650
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    En 2003, 9 685,12 ha étaient exploités à des fins aquacoles. Presque toute cette surface (91,5 pour cent) se situait dans l’espace marin (seulement 8,5 pour cent dans les eaux continentales). Il s’agissait surtout d’autorisations d’exploitation, c’est-à-dire d’activités aquacoles réalisées sur des parcelles privées (65,8 pour cent du total correspondant à 6 373,24 ha). Le reste des surfaces exploitées (34,2 pour cent, c’est-à-dire 3 311,87 ha) appartient à l’Etat qui a mis en place un système de concessions. Le ministère de la Production (PRODUCE) accorde 89 pour cent de ces concessions et les Directions régionales de la pêche (désormais DIREPROS) les 11 pour cent restants. Le ministère de la Production accorde également l’essentiel des permis maricoles (92,7 pour cent du total) alors que les Directions régionales de la pêche accordent un peu plus de la moitié des permis pour l’exploitation des eaux continentales (53,2 pour cent du total) dont 69,1 pour cent correspondent à des autorisations et 36,6 pour cent à des concessions. Cette légère prédominance des Directions régionales de la pêche dans l’octroi des permis pour l’exploitation des eaux continentales pourrait être interprétée comme une première manifestation d’autonomie en matière d’administration régionale de ces ressources.

    Tableau 2 : Résumé des autorisations et des concessions aquacoles
    TYPE Accordées par PRODUCE Accordées par DIREPROS TOTAL
    ha % ha % ha %
    CONTINENTAL 387,07 4,5 440,38 40,6 827,44 8,5
    Autorisations 130,73 33,8 292,68 66,5 423,41 51,2
    Concessions 256,33 66,2 147,70 33,5 404,03 48,8
    MARITIME 8 214,19 95,5 643,49 59,4 8 857,67 91,5
    Autorisations 5 320,80 64,8 629,04 97,8 5 949,83 67,2
    Concessions 2 893,39 35,2 14,45 2,2 2 907,84 32,8
    Total des autorisations 5 451,53 63,4 921,71 85,0 6 373,24 65,8
    Total des concessions 3 149,72 36,6 162,15 15,0 3 311,87 34,2
    TOTAL 8 601,25 89 1 083,86 11 9 685,12 100
    Source : PRODUCE, Statistiques annuelles, 2003.

    Espèces cultivées
    Crevette
    Cette activité est fondée sur les crevettes pénéides (Penaeus spp,) dont la culture a démarré au cours des années 1970. Pour des raisons climatiques, elle s’est longtemps concentrée dans des zones identifiées par l’Institut de la mer du Pérou (IMARPE) qui se trouvaient à proximité des mangroves de la région de Tumbes (à la frontière avec l’Equateur). Le système de culture adopté était principalement de type semi-intensif. A l’heure actuelle, de nouvelles technologies ont permis l’expansion de la crevetticulture dans des régions où les températures sont plus basses.

    La production aquacole est principalement fondée sur celle de crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) alors que la crevette bleue (Penaeus stylirostris) était aussi cultivée par le passé en plus petites quantités. Ces espèces se trouvent le long de la côte ouest du continent américain, du Mexique jusqu’au nord du Pérou.

    Pecten
    En 1990, deux entreprises seulement se consacraient à la culture de peigne calicot péruvien (Argopecten purpuratus). Elles exploitaient une surface de 271 ha. Les années 1990 se sont caractérisées par l’adoption de techniques de culture japonaises de la part des producteurs péruviens. Aujourd’hui, on compte 44 grandes et petites entreprises qui exploitent 2 719,75 ha (de concessions).

    On estime que le Pérou dispose de 14 164 ha appropriés pour développer la mariculture. Presque toute cette surface (86 pour cent) est concentrée dans les régions d’Ancash (7 228,14 ha) et d’Ica (5 017,97 ha). En décembre 2003, la mariculture n’exploitait cependant que 8 858 ha sous forme de concessions ou d’autorisations, dont 3 033 ha pour la culture de pecten.

    A l’heure actuelle, sur les 44 entreprises précédemment citées, 26 se trouvent dans la région d’Ancash et exploitent 1 662,8 ha, 18 dans la région d’Ica où elles développent leurs activités sur 136,8 ha, et 8 dans la région de Piura où elles disposent de 787,6 ha. La majorité d’entre elles sont de grandes exploitations. On ne trouve de petites exploitations que dans la région d’Ica.

    Truite
    Les principaux producteurs de truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) sont des entreprises à grande échelle dont la production annuelle est supérieure à 50 tonnes. Groupées en association, leur volume de production totale est significatif. Les principales zones de production se situent dans les régions de Junin et de Puno où se trouve le Lac Titicaca.

    Trois entreprises assurent la totalité de la production dans la région de Junin (massif montagneux central) :
    1. Il s’agit de la Piscifactoria de Los Andes S.A. (qui est le plus grand producteur de la région et le seul exportateur).
    2. De la SAIS Pachacayo.
    3. De la Estación Pesquera de Ingenio (station piscicole appartenant au sous-minsitère de la Pêche).

    Dans la région de Puno, l’aquaculture réalisée dans le lac Titicaca a atteint des volumes de production de 1 206 tonnes au cours de l’année 2002. Les principaux producteurs régionaux sont l’Association des producteurs de truite (APT) du lac Titicaca qui en livre à Lima 4 tonnes chaque semaine, Emucosa, Empresa Comercializadora S.A.C. et les producteurs de la zone de Lagunillas. En ce qui concerne l’élevage en cage, les associations truiticoles les plus développées se trouvent aussi dans la région de Puno. Il s’agit des associations suivantes : Lagunillas, Leque Leque, Totorani, Jarpaña et Pacobamba. Elles fournissent toutes un produit de bonne qualité. L’association Lagunillas a réussi à standardiser le produit et à maintenir des niveaux suffisants de production grâce à une gestion rigoureuse et à une augmentation des revenus basée sur la qualité.

    La truiticulture extensive est importante dans les régions de Puno, de Moquegua et de Tacna. Lago Azul de Pasto Grande, Suches Huatire et Jucumarine sont les principales entreprises ayant adopté ce système de culture. Elles exportent d’importants volumes vers la Bolivie.

    La surface totale consacrée à la truiticulture au Pérou couvre 394,6 ha (45,2 ha correspondent à 393 autorisations d’exploitation et 349,4 ha à 162 concessions délivrées par PRODUCE). Les plus grands plans d’eau sont aussi attribués sous forme de concessions, principalement pour le repeuplement et la pisciculture dans des cages flottantes. Dans les régions de La Libertad et de Puno, 83,7 ha ont ainsi été attribués sous forme de concessions.

    Poissons amazoniens
    La pisciculture de cachama ou « gamitana »,de pacu, et de prochilode réticulé ou « boquichico » est en train de remplacer la pêche de capture. Les espèces les plus intéressantes commercialement (paiche ou arapaima, gamitana, pacu, tucunare, corvina, boquichico, etc.) sont en effet surexploitées par cette dernière et la question de leur survie se pose. Malgré cela, les débarquements en Amazonie péruvienne restent relativement stables, à un niveau de 100 000 tonnes par an, dont 75 pour cent sont consommés sur place par les populations riveraines. Ces dernières sont celles qui ont le taux de consommation de poisson le plus élevé du pays : 100 kg par personne et par an.

    En 1999, on a compté 700 ha d’étangs piscicoles en Amazonie péruvienne dont plus de la moitié se trouvait dans la région de San Martin. Aujourd’hui, la majorité de ces infrastructures n’est plus exploitée. Le ministère de la Production notait ainsi que les autorisations permettant de réaliser des activités piscicoles ne couvraient que 290 ha dans les régions de Loreto, de San Martin et d’Ucayali en 2002.

    Tilapia
    L’élevage du tilapia s’est fortement développé au Pérou dans la forêt pluviale de montagne, principalement dans la région de San Martin (à la frontière avec le Brésil). Sur le littoral nord, d’importants projets ont été lancés. Ils sont liés à l’utilisation des barrages et des réservoirs des projets d’irrigation du Chira-Piura et de San Lorenzo. L’un de ces projets est mené par le Fonds national pour le développement de la pêche (FONDEPES) dans le réservoir de Poechos où l’élevage de tilapia est pratiqué dans des cages flottantes. D’autres expériences ont récemment été développées dans la région de Piura où l’entreprise American Quality a réalisé de gros investissements.

    Au niveau national, la surface totale destinée à l’élevage de tilapia couvre 74,66 ha, dont 77,08 pour cent (57,55 ha) sont situés dans les régions de Piura et de San Martin. On compte 39 autorisations d’exploitation et 3 concessions. On remarque que 46,08 ha (61,72 pour cent de la surface totale) sont destinés exclusivement à l’élevage de tilapia alors que d’autres espèces, surtout amazoniennes, peuvent être élevées sur 28,58 ha restants.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Crevetticulture
    La technologie adoptée dans les cultures semi-intensives a atteint des standards satisfaisants avec des rendements moyens qui s’élèvent à 2 tonnes/ha/an. Il est important de souligner que toutes les exploitations ne parviennent pas à réaliser deux cycles annuels de production. Certaines n’en réalisent qu’un, d’autres seulement la moitié d’un.

    D’autre part, dans les cultures intensives, les producteurs ont opté pour une réduction de la taille des étangs et le revêtement de ces derniers. L’eau est traitée et on a utilise des aérateurs, des microorganismes probiotiques et des agents de conditionnement biologiques. Ces derniers ont récemment été introduits à petite échelle. Ils sont fournis par des producteurs étrangers ou bien produits sur place. Leur utilisation devient essentielle quand les cultures s’intensifient. Ces technologies permettent d’atteindre des rendements moyens compris entre 5 et 10 tonnes/ha. Elles peuvent être améliorées en couvrant les étangs, ce qui crée un effet de serre. Les rendements sont alors compris entre 10 et 15 tonnes/ha par cycle d’une durée d’une centaine de jours. Cette réduction de la période de culture permet de réaliser trois cycles annuels et de tripler ainsi la production sur une même surface.

    Culture de pecten
    Les infrastructures nécessaires pour mener la culture de peigne calicot péruvien dépendent de la taille des entreprises et du système adopté. Les méthodes les plus répandues au Pérou sont les cultures en suspension et de fond. Cette dernière est davantage adoptée par les pêcheurs artisanaux et les petits producteurs maricoles. Le produit est généralement transformé par des entreprises sous contrat implantées à proximité des entrepôts frigorifiques.

    La culture en suspension est la plus répandue. Ses principales étapes comprennent : i) la collecte des semences ou du naissain, ii) la culture intermédiaire ou pré-grossissement, iii) la culture finale ou grossissement et iv) la récolte.

    La collecte du naissain est pratiquée en introduisant des sacs collecteurs de semences dans la mer. La disposition de ces sacs permet de créer un rideau ou une barrière qui empêche les larves de se déplacer librement. La phase de culture intermédiaire commence avec la récupération du naissain dans les sacs quand ce dernier atteint une taille moyenne comprise entre 5 et 25 mm. Le naissain est alors mis en charge dans des filets tubulaires à des densités qui varient suivant la taille des semences. Dans des conditions normales, cette phase dure de 3 à 6 mois. La phase de culture finale est caractérisée par l’utilisation de lanternes (casiers en filet en forme de lanterne). Les juvéniles sont mis en charge dans ces dernières quand ils ont atteint 40 mm à des densités comprises entre 80 et 250 individus par compartiment. Cette phase dure environ 6 mois, jusqu’à ce que la taille commerciale soit atteinte (5-8 cm). Au moment de la récolte, les coquillages sont retirés des lanternes selon leur taille et leur classe pour être ensuite transformés et conditionnés.

    Les avantages de la culture en suspension résident dans la simplicité et la rapidité avec lesquelles les coquillages peuvent être manipulés. Par rapport à d’autres systèmes, la culture en suspension permet de disposer de plus grandes capacités de production, d’un taux plus élevé de survivants, de taux de croissance satisfaisants, de pertes limitées en termes de fuite des organismes et d’un prélèvement facile des coquillages au moment de la récolte. Parmi ses inconvénients, on peut notamment relever son coût élevé. Il est en outre nécessaire de recourir à des flotteurs à cause des nombreuses espèces (surtout des algues) qui colonisent les filets et augmentent le poids de ces derniers ainsi qu’à un plus grand nombre d’ancrages afin d’éviter l’inclinaison des lanternes avec les marées, ce qui entraîne le surencombrement des coquillages. Il faut enfin disposer de vastes espaces à terre pour stocker le matériel de culture.

    La culture de fond est plus fréquemment adoptée dans la baie de Paracas (Ica). Avec ce système, un endroit précis est fermé à l’aide de matériels de pêche recyclés (filets, grillages, bouchons et boyaux). Parmi les avantages de ce système, on peut souligner ses coûts de production réduits par rapport à la culture en suspension, des mises en charge plus rapides et un plus grand nombre d’organismes cultivés par zone de culture. Son principal inconvénient réside dans des taux de mortalité élevés à cause des dynamiques naturelles de l’écosystème qui affectent davantage les coquillages dans ce type de culture.

    Truiticulture
    Pendant la phase de grossissement, différents types d’infrastructures et de systèmes sont adoptés (étangs en béton, étangs traditionnels, cages flottantes).

    Les étangs traditionnels sont adoptés aussi bien par les producteurs à petite échelle que dans les exploitations commerciales. Les caractéristiques des truiticulteurs varient beaucoup selon les capacités et les systèmes de production adoptés par ces derniers, leur degré de développement technologique, leur formation ainsi que leurs compétences en termes de gestion, de commercialisation et de financement. A partir de ces différences, les systèmes truiticoles peuvent être classés comme extensifs, semi-intensifs (en cages) ou intensifs.

    Dans les systèmes de production extensifs, les alevins sont mis en charge dans des lagons ou d’autres pièces d’eau où le poisson se déplace librement et se nourrit des ressources naturelles. Les poissons peuvent alors être pris par la pêche de capture au moyen de différents types d’engins. Cette culture se caractérise par une faible productivité par ressource hydrique (entre 35 et 100 kg/ha/an) et par la difficulté d’obtenir une taille et une couleur standard du produit final qui dépendent des ressources naturelles. La truiticulture extensive est surtout le fait d’associations et d’entreprises communautaires généralement situées dans des zones isolées. Ces entreprises sont le plus souvent peu efficaces et peu flexibles. Elles ne sont pas très compétitives et réagissent lentement aux changements du marché. Du fait de leur isolement, elles sont en plus tributaires de l’état des routes qui est souvent très mauvais lors de la saison des pluies.

    La production de type semi-intensif est pratiquée dans des cages flottantes à la fois bon marché et faciles à transporter. L’utilisation de cages permet d’augmenter les densités de mise en charge de 5 kg/m3 à 15 kg/m3 tout en maintenant la qualité de l’eau dans des conditions optimales.

    Enfin, la truiticulture réalisée dans des conditions intensives a permis d’améliorer les techniques d’élevage en adaptant aux conditions locales des systèmes sophistiqués plus accessibles pour les pisciculteurs. La truiticulture intensive est généralement adoptée dans des étangs en béton ou dans des cages flottantes. Les densités de mise en charge sont de 20 kg/m3 dans les premiers et de 14 kg/m3 dans les secondes.

    Elevage de poissons amazoniens
    Les infrastructures destinées à l’élevage d’espèces piscicoles amazoniennes sont essentiellement des étangs. Les plus simples et les moins chers sont des réservoirs réalisés en détournant une source hydrique superficielle (rivière, système d’évacuation des eaux de pluie, source, etc.) vers une dépression du terrain. Leur principal avantage est leur faible coût de construction. Ils sont cependant difficiles à aménager du fait de leurs formes irrégulières. Ils peuvent aussi facilement déborder à la suite d’orages violents, ce qui est susceptible de détruire l’ouvrage dans son ensemble. On rencontre plus particulièrement ce type de retenue d’eau dans la forêt tropicale basse.

    Les étangs de dérivation représentent un autre type d’infrastructure adoptée pour la pisciculture d’espèces amazoniennes. L’eau est fournie par une source (rivière, lac, barrage) située à proximité de l’étang au moyen d’un canal. Leur construction est plus chère mais leur gestion est facile, ce qui compense au fil du temps les coûts initiaux. Un autre avantage de ce type d’équipement est que les pisciculteurs peuvent devenir des utilisateurs des eaux d’irrigation traditionnellement réservées à l’agriculture. C’est notamment le cas dans la région de San Martin où de bons résultats ont ainsi été obtenus.

    Il est recommandé d’utiliser des étangs de forme rectangulaire car l’échantillonnage et la récolte y sont plus faciles. Leurs dimensions peuvent varier selon la topographie locale, les disponibilités en eau, les espèces qui doivent y être cultivées ou encore la phase de culture à laquelle ils sont destinés. Les étangs très petits ont des coûts relatifs plus élevés en raison de leurs digues comparativement plus grandes et plus longues. Les étangs de plus grandes dimensions sont plus difficiles à exploiter et à gérer si l’on ne dispose pas d’équipements pour l’alimentation et la récolte.

    Si l’on prend en compte les conditions générales de la région amazonienne du Pérou, on estime que les meilleures surfaces pour les étangs sont comprises entre 0,2 et 0,5 ha. Cela ne signifie par pour autant que les étangs plus petits ou plus grands sont inappropriés. En règle générale, les densités de mise en charge sont de l’ordre d’un poisson par m².

    Elevage de tilapia
    L’élevage de tilapia est le plus souvent réalisé en étang. Le recours à des cages et à des bassins gagne cependant en importance.

    Les étangs rustiques sont creusés dans la terre et équipés de structures indépendantes pour leur remplissage et leur drainage. Là où cela est possible, ces derniers sont réalisés par la seule gravité naturelle de façon à limiter les coûts (aucune énergie n’est alors nécessaire) et à simplifier les opérations.

    Le grossissement est réalisé dans des étangs traditionnels dont les surfaces optimales ne dépassent pas 0,5 ha. Ces étangs sont parfois pourvus d’un revêtement pour prévenir les fuites d’eau. A la fin du cycle de production, les étangs nécessitent des opérations de maintenance qui comprennent le plus souvent un labourage du fond pour en améliorer la qualité. Dans les étangs destinés à la reproduction, il faut aussi prendre en considération le recours à des produits particuliers pour l’aménagement des fonds (par exemple du sable pour y creuser plus facilement des nids).

    Les cages nécessitent moins d’investissements par rapport aux étangs (Alceste, 2001). Ces unités de production sont faciles à exploiter, la récolte y est bon marché et le traitement des organismes cultivés est simple si l’on détecte des maladies ou des parasites. Leur principal avantage réside dans le fait qu’elles permettent d’utiliser les rivières et les retenues ou les réservoirs d’eau chaude pour la pisciculture sans avoir à modifier ces différentes ressources hydriques. Le Brésil est le principal producteur de cages en Amérique latine.

    La taille des cages dépend du type de culture pratiquée. Les cages destinées à la sélection et à la production d’alevins sont en général petites pour faciliter leur exploitation et permettre un accès individuel au poisson. Le volume des cages de grossissement varie entre 6 et 20 m³ quand la technologie adoptée est basique. Dans le cas d’une production industrielle ayant recours à une technologie avancée, le volume des cages est compris être 50 et 100 m³.
    Performance du secteur
    Production
    Au cours de l’année 2003, la production aquacole a atteint 13 292,73 tonnes ; 3 279,86 tonnes (24,67 pour cent) provenaient des eaux continentales et 10 012,87 tonnes (75,33 pour cent) des eaux marines ou saumâtres (Tableau 3). Deux espèces introduites dominent l’élevage dans les eaux continentales : en tout premier lieu la truite (91,32 pour cent) et, dans une bien moindre mesure, le tilapia (3,71 pour cent). Elles sont suivies du cachama (2,62 pour cent) et du pacu (1,15 pour cent) ainsi que d’autres espèces essentiellement amazoniennes dont le niveau de production est peu significatif. La mariculture est dominée par deux espèces : le peigne calicot péruvien (Argopecten purpuratus) (73,02 pour cent) et la crevette pattes blanches (Penaeus vannamei) (26,88 pour cent. La production d’huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas) est négligeable (0,10 pour cent). Pratiquement toute la production crevetticole est commercialisée fraîche ou congelée sans être transformée.

    Tableau 3: Production aquacole estimée par espèce (2003)
    ESPÈCES TOTAL (tonnes) %
    A. Origine continentale 3 279,86 24,67
    Truite 2 995,22 91,32
    Tilapia 121,64 3,71
    Cachama 85,77 2,62
    Pacu 37,64 1,15
    Prochilode rayé 9,30 0,28
    Prochilode réticulé 7,34 0,22
    Bouquet malais 6,67 0,20
    Pacotana 5,60 0,17
    Carpe 5,08 0,15
    Autres* 5,59 0,17
    B. Origine marine 10 012,87 75,33
    Peigne calicot péruvien 7 311,51 73,02
    Crevette pattes blanches 2 691,32 26,88
    Huître creuse du Pacifique 9,79 0,10
    Autres 0,25 0,00
    TOTAL (A+B) 13 292,73 100,00
    (*) Mullet, carachama, athérine et crevettes d’eau douce.
    Source: PRODUCE, Bulletin statistique 2003.

    En 2002 le total des débarquements de ressources hydrobiologiques d’origine continentale s’élevait à 33 197 tonnes ; 8,3 pour cent provenaient de captures réalisées dans la région andine, 81,97 pour cent de captures effectuées dans la région amazonienne et 9,73 pour cent de la production aquacole.

    La truite est la principale espèce d’élevage dans les eaux continentales. Entre 1993 et 2003, la production truiticole cumulée s’est élevée à 18 100 tonnes (89,23 pour cent de la production aquacole totale réalisée dans les eaux continentales au cours de cette période). La truiticulture ne cesse de progresser au fil des ans. En termes de volume de production, les autres espèces ayant une certaine importance sont le tilapia (5,52 pour cent du volume total) et les espèces amazoniennes : cachama, pacu, prochilode réticulé (2,66 pour cent).

    Entre 1990 et 2003, la crevette pattes blanches était la principale espèce marine cultivée dans les eaux marines. Sa production cumulée sur cette période s’élevait à 49 020 tonnes (63,24 pour cent de la production maricole totale). Elle est suivie du peigne calicot péruvien (28 240 tonnes et 36,43 pour cent de la production maricole totale) tandis que les volumes des autres espèces (algues géantes et huître creuse du Pacifique) sont insignifiants. Au cours des quatre dernières années, le peigne calicot péruvien est devenu l’espèce maricole la plus importante et représente 75,74 pour cent de la production maricole totale. Sa production continue à croître. Dès lors, la production crevetticole ne représente plus que 24 pour cent de la production maricole totale. Le rétablissement de cette activité a été lent après l’apparition du virus du syndrome des taches blanches dans les cultures en 1999.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Pérou (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Pérou (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    En 2002, la valeur des exportations de produits aquacoles a atteint 14,87 millions de dollars EU grâce à des ventes totales de 2 296,11 tonnes vers les marchés américains (52 pour cent), européens (43 pour cent) et asiatiques (5 pour cent).

    Les revenus obtenus par les exportations de produits aquacoles en direction du continent américain s’élevaient à 6,45 millions de dollars EU (43,9 pour cent de la valeur totale des exportations). Les marchés européens représentaient 52,9 pour cent de la valeur totale des exportations (7,87 millions de dollars EU) bien que les volumes exportés soient inférieurs. La crevette était le premier produit exporté (58 pour cent du total), devant le pecten (26 pour cent) et la truite (16 pour cent).

    La France est l’un des principaux pays importateurs de produits aquacoles péruviens. En 2002, elle représentait à elle seule 81,42 pour cent des ventes destinées aux marchés européens (pour une valeur de 6,49 millions de dollars EU). En Europe, le second pays importateur de produits aquacoles était l’Espagne (7,36 pour cent). Les Etats-Unis d’Amérique représentaient quant à eux 43,93 pour cent des exportations destinées au continent américain (pour une valeur 5,92 millions de dollars EU). Enfin, en Asie, Taïwan est le principal importateur de produits aquacoles péruviens et concentre 85,85 pour cent des exportations destinées à ce continent (pour une valeur de 0,47 million de dollars EU).

    Les statistiques disponibles pour l’année 2003 indiquent une augmentation des exportations de peigne calicot péruvien qui a atteint 1 730 tonnes (52,8 pour cent du volume total exporté), ce qui est pratiquement le double par rapport à l’année précédente. Le revenu de ces exportations n’a cependant été que de 8,97 millions de dollars, c’est-à-dire plus ou moins le même qu’en 2002, ce qui montre que les prix de vente ont baissé de façon significative.

    Les exportations de crevette ont quant à elle augmenté de 38,87 pour cent et leur valeur FOB à l’export a été du même ordre que celles de peigne calicot péruvien.

    En ce qui concerne la truite, les volumes exportés ont légèrement augmenté et les chiffres indiquent une appréciation du prix de vente de ce produit sur le marché. Le rapport dollars EU/tonne a ainsi augmenté de 6,26 pour cent.
    Contribution à l'économie
    On ne dispose pas d’informations officielles à ce sujet. La production aquacole est en effet englobé dans les débarquements de la pêche de capture dans le calcul du PIB. Il est cependant possible d’affirmer que la contribution de l’aquaculture à l’économie nationale est loin d’atteindre le niveau de celle de la pêche et n’est pas encore significative.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Réglementation aquacole
    La Loi relative à la promotion et au développement de l’aquaculture (LPDA) et sa Réglementation (Loi 27 460, publiée le 26 mai 2001) constituent les principales normes du secteur aquacole au Pérou. Leur objectif est de fournir un cadre en matière de réglementation et de promotion de l’activité. D’autres normes spécifiques existent comme les Règlementations sanitaires et la Réglementation relative aux inspections et aux procédures de sanctions. La Loi relative à la promotion de l’investissement en Amazonie et la Loi sur les espaces naturels protégés sont deux autres textes importants pour le secteur aquacole.

    La Loi organique publiée en juin 2002 a modifié la structure et les compétences des différents ministères. Elle a notamment réuni le ministère de la Pêche et celui de l’Industrie au sein du ministère de la Production (PRODUCE).

    Compétences institutionnelles
    Plusieurs institutions publiques ont des compétences en matière de règlementation et de gestion administrative des activités aquacoles. La principale institution dans ce domaine est le ministère de la Production par l’intermédiaire du sous-ministère de la Pêche. La Direction nationale de l’aquaculture (DNA) est l’organisme directement responsable de cette activité.

    Ministère de la Production
    Le ministère de la Production formule, approuve, développe et supervise les politiques nationales qui peuvent être appliquées aux activités d’extraction, de production et de transformation dans les secteurs de l’industrie et de la pêche. Il soutient la compétitivité et l’augmentation de la production ainsi que l’utilisation rationnelle des ressources et la protection de l’environnement.

    Sous-ministère de la pêche
    Le sous-ministère de la Pêche formule, développe et conduit les politiques du sous-secteur de la pêche qui comprend les activité d’extraction, de production, de transformation et de culture des ressources hydrobiologiques marines et continentales. Il garantit en même temps une utilisation rationnelle des ressources nationales et la préservation de l’environnement.

    Direction nationale de l’aquaculture (DNA)
    La Direction nationale de l’aquaculture est l’organisme technique chargé de proposer, de mettre en place et de superviser la politique du sous-secteur de l’aquaculture ainsi que de veiller à l’utilisation rationnelle des ressources nationales et à la préservation de l’environnement. Elle a sa tête un Directeur national qui dépend du sous-ministère de la pêche. La DNA assume les fonctions de secrétariat technique de la Commission nationale de l’aquaculture. Cette dernière est l’instrument de coordination intersectoriel des activités aquacoles. Elle est chargée de coordonner la participation des secteurs publics et privés dans le soutien au développement durable de l’aquaculture.

    Les autres institutions qui participent aux activités du secteur aquacole sont les Organismes publics décentralisés (OPD) qui comprennent l’Institut de la mer du Pérou (IMARPE), l’Institut technologique de la pêche (ITP), le Fonds national pour le développement de la pêche (FONDEPES) et le Centre de formation de Taipa (CEP Paita).On peut encore ajouter l’Institut de recherche de l’Amazonie péruvienne.

    Un second groupe d’institutions comprend les entités publiques impliquées dans la gestion du secteur aquacole avec lesquelles une collaboration étroite est nécessaire. Les plus importantes sont le ministère de la Santé (par l’intermédiaire de la Direction générale de la santé environnementale, DIGESA), le ministère de la Défense (par l’intermédiaire de la Direction des capitaineries et des gardes-côtes), le ministère de l’Agriculture (par l’intermédiaire de l’Institut national des ressources naturelles, lINRENA, et de la Direction des eaux) ainsi que les gouvernements régionaux.

    Un troisième groupe d’institutions comprend les entités publiques ayant des responsabilités en matière de développement aquacole sans être directement liées à la gestion du secteur. Il s’agit par exemple du ministère de l’Energie et des mines (MEM), compétent en matière de contrôle de la pollution des eaux, et de la Commission pour la promotion des exportations (PROMPEX), qui soutient le secteur aquacole sur les marchés internationaux. Il ne fait aucun doute que la coordination intersectorielle est d’une grande importance.
    Règlements en vigueur
    Les principaux textes législatifs en matière d’aquaculture sont :

    Tableau 4 : Principales règlementations régissant l’aquaculture
    Nom Approbation Publication
    Loi générale sur la pêche Décret loi nº 25.977 22.12.92
    Règlementations de la Loi générale sur la pêche DS nº 012-2001-PE 14.03.01
    Directives de la politique de la pêche RM nº 646-97-PE 24.1.97
    Loi relative à la promotion et au développement de l’aquaculture Loi nº 27.460 26.05.01
    Règlementations de la Loi relative à la promotion et au développement de l’aquaculture DS nº 030-2001-PE 12.07.01
    Réglementation relative aux inspections et aux procédures de sanctions en matière de violations en pêche et aquaculture DS nº 008-2002-PE 03.07.02
    Normes sanitaires en matière d’aquaculture et de pêche DS nº 040-2001-PE 17.12.01
    Règlementations relatives à l’inspection et à la surveillance de la pêche et de l’aquaculture RM nº 142-2001-PE 26.04.01
    Règlementations relatives à l’administration et à la gestion des baux spéciaux accordés pour le développement de la mariculture d’espèces benthoniques dans la réserve de Paracas DS nº 023-2001-PE 03.06.01

    Instruments de soutien créés par la Loi relative à la promotion et au développement de l’aquaculture (LPDA)
    La LPDA a créé une série d’instruments de soutien permettant le développement de l’aquaculture. Il s’agit notamment du Fonds de la recherche aquacole (FIA) et du Réseau national d’information aquacole. Cette loi privilégie aussi le recours à des actions financières pour promouvoir les activités aquacoles. Il s’agit notamment de modifications quant à l’impôt sur le revenu et de réductions en matière de taxes et de charges. Par contre, on ne relève pas la présence de subventions.

    Cadre pour accéder à l’aquaculture
    La législation et les règlementations relatives sont particulièrement importantes sur le plan de l’organisation du secteur aquacole. Les zones appropriées pour l’aquaculture peuvent ainsi être désignées dans les environnements marins ou continentaux (réservoirs, barrages ou cours d’eau) tant que l’on ne constate pas d’interférences avec d’autres activités traditionnelles dans la région. La loi établit par conséquent deux modalités pour développer des activités aquacoles : les concessions et les autorisations. Les premières sont accordées sur les terres et dans les eaux du domaine public alors que les secondes le sont pour sur les terrains privés pour des activités de recherche (développement et adaptation de nouvelles technologies plus efficaces) et pour l’empoissonnement ou le repeuplement dans des buts de conservation. Ces activités peuvent être menées aussi bien par des individus que par des compagnies publiques ou privées.

    Les rapports servant à la désignation des zones marines appropriées pour l’aquaculture sont réalisés par le PRODUCE à partir d’évaluations et de sélections techniques produites par des institutions reconnues dûment sélectionnées comme les Directions régionales de la production (DIREPROS), la Direction du quartier général des capitaineries et des gardes-côtes rattachée au ministère de la défense (DICAPI) et le ministère de l’Agriculture (MINAG).

    Les zones intéressées ne se limitent pas à celles comprises dans le Cadastre aquacole national. Il peut aussi s’agir de celles retenues comme appropriées par le demandeur après approbation de la Direction nationale de l’aquaculture (DNA). Ces zones doivent obtenir un certificat sanitaire délivré par la DIGESA ainsi qu’un permis administratif accordé par la DICAPI dans le cas de concessions marines.

    Les concessions aquacoles fondées sur le Cadastre aquacole national sont délivrées par le PRODUCE dans le cadre d’une sollicitation ou d’un concours public. Lorsqu’un candidat fait la demande d’une concession aquacole, il doit dans un premier temps signer un Accord relatif à la protection de la nature, à l’investissement et à la production aquacole avec la DNA ou avec la Direction régionale de la production concernée. Ce contrat comprend les termes de référence relatifs aux aspects technologiques et financiers du projet.

    La durée des concessions est déterminée par les caractéristiques de l’entreprise et les volumes de production envisagés dans le contrat. Une fois arrivées à terme, les concessions sont renouvelables exclusivement sur les surfaces précédemment exploitées pour la production.

    Les titulaires de concessions ou d’autorisations à des fins aquacoles sur les terrains ou dans les eaux continentales du domaine public doivent acquitter des Droits aquacoles dont les taux sont établis par le ministère de l’agriculture (MINAG) alors que ceux qui développent une activité aquacole sur des rivières et des lacs de navigation règlent des Droits de concession à la DICAPI.

    Les activités de reproduction et d’élevage peuvent être développées aussi bien dans des conditions sauvages qu’en captivité dans le cadre des règlementations en vigueur.

    Une réglementation spécifique encadre la pratique de l’aquaculture dans les Espaces naturels protégés (ANP). Il s’agit de la Loi 26.834 et des règlements qui s’y rattachent.

    Dans les zones marines classées comme Espaces naturels protégés qui ne sont pas pour autant déclarés inaltérables, des concessions particulières peuvent être accordées pour le développement d’activités aquacoles ainsi que des autorisations destinées à la recherche, à l’empoissonnement et/ou au repeuplement. Dans les Espaces naturels protégés continentaux, le PRODUCE peut accorder des concessions aux communautés rurales ou indiennes pour la mise en place d’activité aquacoles ainsi qu’aux organisations de pêcheurs artisanaux dûment enregistrées.

    Pour plus d’information sur la législation concernant l’aquaculture en Pérou, prière de consulter le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture - Pérou
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Priorités en matière de recherche
    L’Institut de la mer du Pérou (IMARPE) est l’organisme responsable des recherches scientifiques et technologiques sur les ressources vivantes d’eau de mer et d’eau douce. Il fournit aux autorités gouvernementales et aux agents du secteur une information à la fois utile et sûre qui sert à la prise de décision en matière de règlementation de la pêche, de préservation de l’environnement, de production et de commercialisation.

    L’IMARPE est chargé de soutenir et de réaliser les programmes de recherche scientifique et technologique dans les eaux marines et continentales afin d’optimiser l’aquaculture au niveau national.

    Les universités publiques et privées mènent elles aussi des recherches en aquaculture suivant leurs propres priorités et objectifs.

    Recherche participative
    L’Etat est en train de mettre en place des mesures de coordination appropriées entre le secteur privé et le secteur public afin de rendre possible une synergie qui optimise les efforts de ces derniers. La Commission nationale de l’aquaculture est la tribune officielle où les sujets aquacoles sont discutés et où sont échangés les résultats des expériences des différents secteurs impliqués dans l’aquaculture péruvienne.

    Tableau 5 : Formation de professionnels aquacoles
    UNIVERSITÉ (premier et deuxième cycles) DIPLÔME
    Université nationale de Tumbes Ingénieur halieutique
    Université nationale de Piura Ingénieur halieutique
    Université nationale de Trujillo Biologiste halieutique
    Université nationale du Santa Biologiste aquacole
    Université nationale Faustino Sánchez Carrión Ingénieur halieutique
    Université nationale Federico Villarreal Ingénieur aquacole
    Université nationale agricole La Molina Ingénieur halieutique
    Université privée Ricardo Palma Biologiste
    Université nationale San Luis Gonzaga Ingénieur halieutique
    Université Jorge Basadre Ingénieur halieutique
    UNIVERSITÉ (troisième cycle) DIPLÔME
    Université nationale de San Marcos Master en Ressources aquatiques avec mention en aquaculture
    Université nationale Federico Villarreal Master en aquaculture
    Université nationale San Luis Gonzaga Master en Sciences de la mer avec mention en aquaculture
    Tendances, questions et développement
    Crevetticulture
    La surface totale couverte par la crevetticulture a constamment augmenté entre la fin des années 1970 et 1988, année où le phénomène « El Niño » a touché et détruit de nombreuses exploitations. L’année suivante c’est le virus du syndrome des taches blanches qui a affecté l’ensemble de l’industrie crevetticole, réduisant celle-ci au minimum. La situation n’est revenue à la normale qu’à partir de 2001.

    Avant l’apparition du virus du syndrome des taches blanches, les exploitations crevetticoles avaient adopté des systèmes de culture intensifs couvrant entre 20 et 200 ha. Depuis 2000, la tendance est à l’adoption de pratiques intensives de culture qui exigent d’importants investissements. Dans ces systèmes, la taille des exploitations n’est plus la caractéristique essentielle alors que les rendements à l’hectare, par cycle et par an requièrent toute l’attention. L’efficacité alimentaire ainsi que l’emploi de matières premières et le contrôle de la qualité de l’eau sont également primordiaux. Les rendements des systèmes de culture intensifs sont dix fois plus élevés que ceux obtenus dans les cultures traditionnelles. Ces systèmes se révèlent importants car le recours à des températures élevées et une plus grande biosécurité réduisent considérablement la probabilité d’apparition d’épidémies tout en assurant des niveaux de production plus élevés.

    En 1997, l’industrie crevetticole comptait 50 compagnies au Pérou. En 2001, seules 15 entreprises avaient survécu aux conséquences de la chute de production provoquée par le virus du syndrome des taches blanches.

    L’intensification de la crevetticulture s’est concentrée sur la réduction de la taille des étangs, le traitement de l’eau, le revêtement des étangs, l’utilisation d’aérateurs et l’adoption de microorganismes probiotiques ainsi que d’améliorateurs biologiques, technologies et techniques déjà utilisées et standardisées dans d’autres pays où des rendements de 5 à 10 tonnes/ha sont obtenus. Il est important de souligner que des améliorations peuvent encore être obtenues avec la couverture des étangs. Ces « serres » permettent alors d’obtenir des rendements de 10 à 15 tonnes/ha pour chaque cycle d’une durée d’un peu plus de trois mois.

    Comme cela a été mentionné précédemment, les deux systèmes de culture (intensifs et semi-intensifs) doivent être accompagnés d’une production locale de semences améliorées génétiquement. Il est dès lors urgent de restructurer les écloseries existantes ou d’en construire de nouvelles disposant d’infrastructures pour la maturation, la domestication et la sélection génétique, équipements inexistants dans le pays pour le moment.

    La mise en place de réglementation en matière de contrôle des effluents est nécessaire et urgente afin de ne pas affecter l’environnement ou d’autres entreprises aquacoles. Les exploitations crevetticoles doivent traiter leurs eaux usées, recycler l’eau et intégrer leurs activités à des projets agroindustriels (comme c’est le cas d’une expérience en eau douce dans la région de Piura).

    Culture de pecten
    La culture de peigne calicot péruvien a commencé en 1990 avec deux compagnies exploitant 271 ha. En 2003, 44 entreprises (grandes ou petites) étaient actives et exploitaient 2 719,75 ha sous forme de concessions.

    Malgré les nombreux problèmes que les producteurs ont dû affronter lors des deux dernières décennies, la culture de peigne calicot péruvien présente encore aujourd’hui un fort potentiel de développement du fait des conditions favorables du littoral péruvien : une mer très riche, une productivité naturelle élevée et des conditions océanographiques (surtout du point de vue des températures) qui permettent aux organismes d’atteindre des tailles commerciales de 5 à 8 cm en peu de temps.

    Truiticulture
    La truiticulture devrait atteindre assez rapidement un niveau de production prometteur grâce à l’introduction de plusieurs règlementations favorables. En ce qui concerne les taxes, le taux d’imposition de cette activité n’est que de 15 pour cent suivant la Loi 23 407 (il est de 30 pour cent pour les autres activités). Il est réduit à 10 pour cent dans les régions de forêts pluviales et les zones frontalières (Loi 27 158). Les personnes qui travaillent dans l’aquaculture sont exemptées de la Taxe extraordinaire de solidarité (2 pour cent) mais sont soumises aux réglementations qui s’appliquent au secteur agricole en matière de travail et de sécurité sociale (4 pour cent).

    Afin de soutenir le programme de lutte contre la drogue mené par les pays andins, l’Union européenne a mis en place depuis 1990 le Système préférentiel généralisé à destination des nations andines avec un « tarif zéro ». Ce système permet aux exportations de ces pays d’entrer sur le marché de l’Union sans qu’aucune taxe douanière ne soit appliquée.

    L’Etat gère les différentes pièces d’eau par l’intermédiaire des Directions régionales et locales chargées des tâches suivantes : enregistrement de la production de truite dans les systèmes de culture extensifs afin d’établir des zones et des saisons de pêche, identifier les pêcheurs, vérifier la conformité des engins de pêche par rapport aux règlementations en vigueur (mailles des filets, nombre d’hameçons, etc.), délivrer des licences de pêche, superviser les pratiques de pêche, renforcer les règlementations techniques et sanitaires, contrôler le niveau d’exploitation des ressources.

    Elevage d’espèces amazoniennes
    La région amazonienne du Pérou offre des conditions appropriées pour la culture d’espèces piscicoles locales afin de développer une activité économique durable.

    La pisciculture représente une alternative en matière de production de poisson et de sécurité alimentaire en contribuant à la diminution de la pression exercée sur les ressources naturelles, en particulier sur les espèces de cachama, de paiche et de pacu qui laissent entrevoir des signes de surexploitation, surtout à proximité des grandes villes. Le développement de l’aquaculture à grande échelle nécessite cependant de surmonter des difficultés plus ou moins récentes dues aux conditions rurales dans lesquelles l’élevage est pratiqué. Les efforts futurs doivent être dirigés vers le développement de produits compétitifs en mesure de satisfaire les standards internationaux et d’accéder aux marchés étrangers.

    Elevage de tilapia
    L’élevage de tilapia s’est largement développé au Pérou dans la forêt pluviale des zones montagneuses, en particulier dans la région de San Martin. Sur la côte nord-ouest du pays, des initiatives piscicoles sont en train d’être mises en place en liaison avec l’utilisation des barrages et des réservoirs destinés au projet d’irrigation de Chira-Piura et San Lorenzo. Une de ces initiatives est prise en charge par le Fonds national pour le développement de la pêche (FONDEPES) dans le réservoir de Poechos où des cages flottantes sont utilisées. D’autres actions récentes comprennent la promotion de l’élevage de tilapia dans la région de Pura où la compagnie American Quality a réalisé d’importants investissements.

    Dans la forêt pluviale des zones montagneuses, surtout dans la région de San Martin, le tilapia a été bien accepté par les consommateurs locaux. Cette espèce a également été commercialisée ces dernières années sur les marchés de Lima et distribuée sous différentes formes dans les supermarchés de la capitale. Dans les supermarchés de Santa Isabel, le prix final des filets frais de la marque « Vita fish » est par exemple de 5 dollars EU/kg alors que le tilapia bleu de la marque « Piscis » entier est vendu 3 dollars EU/kg (poisson d’un poids moyen de 600 g) ou 2,5 dollars EU/kg (poisson d’un poids moyen de 350 g). Ces prix semblent intéressants pour l’export. Les marchés internationaux n’ont cependant pas encore été évalués pour définir des stratégies commerciales visant une rapide expansion de l’activité comme ont pu le faire le Brésil, le Mexique ou la Colombie.
    Références
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