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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Aux Philippines, l'aquaculture a une longue histoire et englobe plusieurs espèces et pratiques d'élevage dans divers écosystèmes. Une grande partie de la production provient de la culture d'algues, de l’élevage du poisson-lait ou chano, du tilapia, des crevettes, des carpes, des huîtres et des moules. L'aquaculture contribue de manière significative à la sécurité alimentaire, à l'emploi et aux revenus en devises étrangères. Elle se développe beaucoup plus rapidement que la pêche. Cependant, le rang de l'aquaculture Philippine au niveau mondial a considérablement chuté, passant de la 4ème position en 1985 à la 12ème position aujourd’hui. Actuellement, les Philippines contribuent à un peu plus de 1 pour cent à la production piscicole mondiale comparé à cinq pour cent auparavant.

    La croissance de l'aquaculture philippine ne peut être maintenue que si de nouveaux marchés se développent, si la compétitivité est renforcée et si les risques d'élevage sont réduits. Face au commerce international et à la concurrence, l'industrie aquacole philippine doit planifier et mettre en application un programme de développement et de gestion globale. Un programme de développement national de la pêche, qui inclut l'aquaculture, est d’ailleurs en cours d’élaboration par le gouvernement philippin et le secteur privé.
    Historique et aperçu général
    L'aquaculture, aux Philippines, possède une longue histoire et comprend plusieurs espèces et systèmes de culture.

    Les premières fermes aquacoles pratiquaient l'élevage du chano en eau saumâtre, utilisant des alevins collectés dans les eaux de marées. L'aquaculture aux Philippines a été longtemps pratiquement assimilée à l'élevage du chano, notamment l'élevage dans les étangs en eaux saumâtres, se basant totalement sur la nourriture naturelle. Au début des années 70, l'élevage du chano s'est élargi pour inclure la culture en bambou et enclos en filets installés au bord de Laguna de Bay, le plus grand lac d'eau douce du pays. Au début des années 90, l'élevage du chano dans les enclos s'est répandu dans les baies et les estuaires marins peu profonds, particulièrement dans la région du Golfe de Lingayen. L'élevage du chano dans les cages fixées ou suspendues dans les eaux douce et marine, s'est ensuite vite propagé. L'élevage du chano dans les cages a été dépendant et facilité par le développement et la commercialisation des aliments par les fabricants d'aliments (Yap, 1999).

    La crevette a toujours été une récolte secondaire dans les étangs d'eau saumâtre de l'élevage du chano. Grâce à une campagne de commercialisation au milieu des années 70, la crevette tigrée noire est devenue populaire au Japon. Comme expédition d'essai, 450 kilogrammes de crevettes tigrées noire ont été exportées vers le Japon en 1975. Avant les années 80, l’élevage de la crevette existait déjà aux Philippines, mais la production n’a connu un vrai épanouissement qu’au milieu des années 80, quand les familles riches, dans la province de Negros, commençèrent à convertir leurs plantations de sucre, trouvant en la crevetticulture une alternative plus rentable. La crevette est ainsi devenue le premier produit marin exporté des Philippines, avec en 1992, un pic d’environ 300 000 000 dollar EU. Cependant, la manifestation des maladies au début des années 90 a causé une chute grave de la production.

    Le tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus) a été introduit aux Philippines de la Thaïlande en 1950. Il n'a pas été bien accepté par les consommateurs à cause de sa couleur sombre et de sa petite taille (Guerrero, 1994). Au début des années 70, l'introduction du tilapia du Nil (Oreochromis niloticus), espèce de couleur claire, a changé l'image que le consommateur avait du tilapia et a augmenté sa production commerciale. Vers la fin des années 70 et début des années 80, la production commerciale du tilapia s'est améliorée grâce au développement des technologies pour la reproduction du tilapia du Nil dans des enceintes flottantes faites de filets et son élevage en cages flottantes avec utilisation d’aliments. Les nouvelles technologies ont été transmises au secteur privé pour leur évaluation. L’année 1988 a été une année exceptionnelle (Yap, 1999) durant laquelle le Centre international de l'aménagement des ressources bio-aquatiques (ICLARM) a commencé un programme de développement d’une souche améliorée de tilapia pour une aquaculture durable peu coûteuse avec un financement de la Banque Asiatique de Développement (BAD), et du Programme des Nations Unies pour le Développement (PNUD). Ces efforts ont abouti en la production du « Tilapia Génétiquement Amélioré » (GIFT). Les autres collaborateurs de ce projet étaient le Bureau des pêches et des ressources aquatiques (BFAR), l'Université de l'État Central de Luzon (CLSU) et l'Institut de recherche aquacole de la Norvège (AKVAFORSK). Pendant la même année, l’Administration de l’aide au développement (British Overseas Development Agency - ODA) a également financé le projet de manipulation génétique du Tilapia amélioré (GMIT). Les deux projets ont été menés par l’Université de CLSU.

    La carpe commune (Cyrpinus carpio) a été introduite aux Philippine de Hong Kong en 1915. D'autres espèces de carpes ont été introduites plus tard. Leur culture dans des enclos et des cages a commencé au cours de la deuxième moitié des années 80. Le gouvernement philippin a longuement essayé de promouvoir l’élevage des carpes en créant des écloseries dans plusieurs régions, mais elles ne se sont jamais popularisées à cause de la réticence des consommateurs qui ne trouvaient pas à la carpe un goût agréable, cependant la carpe à grosse tête (Aristichthys nobilis) est récemment devenue l'une des espèces dominantes dans les enclos piscicoles au bord du lac Laguna (Yap, 2002a).

    Les algues appartenant au genre Caulerpa se mangent toutes fraîches dans plusieurs régions des Philippines. Les C. lentillifera étaient les premières espèces cultivées à une échelle commerciale dans les étangs piscicoles en eau saumâtre dans l'île de Mactan au début des années 50 (Yap, 1999). En réponse à la forte demande mondiale des carraghénanes (phytocolloid carrageenin), l'élevage d'Eucheuma a été développé dans les années 60. Le bureau de la Division de recherche sur la pêche (Bureau of Fisheries Research Division) a conduit des essais d'élevage en dehors de l'île de Mindoro. Après un premier succès, des parcelles de terrain familiales ont été établies dans l'île Tapaan, Siasi, et Sulu et plus tard à Sitangkai et dans l'île Sibutu. La culture s’est intensifiée en 1973 où un cultivar mutant, qui pourrait doubler de volume tous les 20 jours, a été découvert et la souche est devenue très connue comme variété de «tambalang». Le succès de la culture d'Eucheuma a fait des Philippines le plus grand pays producteur du monde de l'algue carraghénophyte (Yap, 1999). Les algues rouges Gracilaria sont aussi consommées aux Philippines, mais elles sont principalement utilisées comme source d'agar. Leur culture commerciale dans les étangs d’eau saumâtre a probablement commencé après le succès de la culture d'Eucheuma en 1973.

    L'ostréiculture a commencé en 1931, quand une ferme d'huîtres a été établie à Hinigiran, Negros occidental. Cette pratique employant la méthode«brodcast » de culture s'est maintenant répandue dans plusieurs parties du pays ainsi qu’à Mindanao. La mytiliculture a commencé en 1955 quand la station mytilicole Cavite de BFAR, à Binakayan, a installé une ferme expérimentale de mytiliculture (Yap, 1999).
    Ressources humaines
    Selon le recensement des pêches effectué, en 2002, par le Bureau national des statistiques, on comptait un total de 226 195 opérateurs dans le domaine de l'aquaculture travaillant dans: la pisciculture en étangs (126 894), l’algoculture (73 549), la pisciculture en enclos (5 325), l’ostréiculture (3 041), la mytiliculture (2 422) et les autres activités aquacoles (14 964). Les dirigeants de l'industrie des algues estiment que presque 180 000 familles dépendent directement de l'algoculture. Aucune donnée n'est disponible sur la répartition des emplois entre hommes et femmes dans le secteur aquacole, mais les femmes font partie intégrante des activités de production et de post-récolte. Les divers systèmes de production et d'éclosion requièrent une main-d'oeuvre et un personnel technique qualifiés. D’importants liens existent entre les divers secteurs assurant l'approvisionnement des intrants: production/collecte et commerce des larves et alevins, engrais et produits chimiques, matériaux de construction et ingrédients alimentaires, fabrication des aliments, transport et entreposage. De nombreuses personnes travaillent dans les secteurs connexes tels que : la transformation après récolte, le transport et entreposage, la commercialisation et le financement. Du personnel hautement qualifié est impliqué dans la recherche, le développement et la vulgarisation. Seulement quelques études sur les systèmes d'élevage spécifiques donnent une idée des ressources humaines du secteur aquacole.

    Selon une évaluation de l'industrie du chano menée en 1995 (Dureza, 1995), la plupart des pisciculteurs traditionnels du chano ignoraient les bonnes pratiques d'élevage de ce poisson. Toutefois, des aquaculteurs ambitieux et bien formés sont disposés à explorer de nouvelles technologies pour améliorer production et rentabilité. Ils utilisent des systèmes semi-intensifs et intensifs, et certains d'entre se chargent eux même de la reproduction et l'éclosion du chano. La plupart des techniciens du chano manquent cependant, de qualifications et de connaissances requises pour pratiquer la reproduction et l’éclosion. Ceux impliqués dans la transformation du chano manquent de compétences nécessaires pour la transformation des produits à valeur ajoutée.

    Une étude menée en 1996 concernant les responsables des étangs de grossissement du tilapia a indiqué que les aquaculteurs ont un âge moyen de 47 ans. Les propriétaires des petites fermes (moins de 4,43 ha) sont en moyenne plus jeunes (44 ans), avec un pourcentage élevé de 30-40 ans. Les propriétaires des grandes fermes (4,43 ha et plus) sont plus âgés (51 ans). Le nombre moyen d’années de scolarisation des opérateurs des petites et de grandes fermes est de 10 et 11 ans, respectivement. Environ 41 pour cent des grands opérateurs et 47 pour cent des petits opérateurs ont un niveau universitaire.

    La forte rentabilité de l'élevage du tilapia est due, en partie, à l'efficacité technique des responsables d'élevage. Le niveau moyen est de 83 pour cent. Les grands fermiers sont plus efficaces (88 pour cent) que les petits fermiers (79 pour cent), ceci est lié à leur niveau d'éducation plus élevé (Dey et al., 2000b). Selon une étude effectuée en 1994 concernant les opérateurs des écloseries du tilapia, la durée moyenne de l'enseignement conventionnel reçu est de dix ans. De nombreux opérateurs ont fait des études secondaires (41 pour cent) et seuls quelques uns qui n’ont pas reçu d’enseignement formel (5 pour cent). La plupart des opérateurs sont des propriétaires (92 pour cent) avec quelques uns teneurs de bail (3 pour cent) et locataires (5 pour cent). Ils ont, en moyenne, dix ans d'expérience. Environ 79 pour cent des opérateurs considèrent la reproduction du tilapia comme leur profession principale, avec 56 pour cent et 23 pour cent respectivement engagés à temps plein et à mi-temps (Bimbao et al., 2000).
    Une étude, entreprise en 2001, relative aux opérateurs des étangs d'élevage de la crevette (Penaeus monodon) en eau saumâtre à Pampanga (où sont produites 40 pour cent des crevettes) a révélé que la grande majorité (84 pour cent) des opérateurs considèrent la pisciculture comme leur activité professionnelle principale. Le niveau d'instruction est relativement bas. Deux tiers des opérateurs n’ont suivi que des études primaires, et seulement 12 pour cent sont allés au collège (Irz et McKenzie, 2002).
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    La superficie totale exploitée pour la production du chano, en 2002, était de 281 727 ha. Les cinq principales provinces productrices étaient Balucan, Pangasinan, Capiz, Iliolo et Negros occidentale.

    La majorité de la production de chano provenait des étangs piscicoles en eau saumâtre (84,37 pour cent) et le reste provenait des enclos marins (3,91 pour cent), des cages marines (3,62 pour cent), des enclos d'eau douce (3,56 pour cent), des enclos d'eau saumâtre (1,89 pour cent), des cages en eau saumâtre (1,40 pour cent), des cages en eau douce (1,23 pour cent) et des étangs d'eau douce (0,01 pour cent).

    La superficie totale exploitée, en 2002, pour la production de crevettes était de 77 172 ha. Les cinq principales provinces productrices étaient Pampanga, Zamboanga Sur/Sibugay, Lanao del norte, Bataan et Bohol.

    La production totale de crevettes provient des étangs d’eau saumâtre.

    La production de tilapia, en 2002, a couvrait une superficie totale de 30 221 ha. Les cinq principales provinces productrices de tilapia étaient Pampanga, Batangas, Bulacan, Laguna et Sultan Kudarat.

    La majorité de la production du tilapia provenait des étangs en eau douce (53,88 pour cent) et le reste provenait des cages en eau douce (37,85 pour cent), des étangs d'eau saumâtre (6,75 pour cent), des enclos dans l'eau douce (1,40 pour cent), des cages en eau saumâtre (0,06 pour cent), des enclos dans l'eau saumâtre (0,04 pour cent) et des cages en mer (0,01 pour cent).

    En 2002, la superficie totale exploitée dans la production de carpes était de 3 519 ha. Les cinq principales provinces concernées étaient Rizal, Lanao del Norte, métro Manille, Pampanga et Bukidnon.
    La majorité de la production provenait des enclos en eau douce (96,31 pour cent) et le reste provenait des cages en eau douce (2,50 pour cent) et des étangs d'eau douce (1,19 pour cent).

    En 2001, les cinq principales provinces productrices d'algues étaient Tawi-tawi, Sulu, Palawan, ville de Zamboanga et Bohol. La superficie totale exploitée dans l'algoculture était de 21 281 ha. Toute la production d'algues provient des eaux superficielles côtières.

    En 2002, toute la production d'huîtres et de moules provenait des eaux superficielles côtières.

    La plupart des étangs piscicoles sont des étangs en eau saumâtre (239 323 ha) développés en dehors des marécages des mangroves. Aux Philippines, la terre a une grande valeur, ainsi il est rare de convertir une bonne région agricole en étangs piscicoles car cela réduirait la valeur marchande de la terre (Yap, 1999). Tandis qu'une grande partie des terres arables du pays est déjà exploitée dans l'agriculture, de vastes superficies, en particulier les eaux marines, sont encore peu exploitées dans les activités aquacoles. Avec plus de 17 460 kilomètres de littoral, 246 063 ha de terres marécageuses, 200 000 ha de lacs, 31 000 ha de fleuves et 19 000 ha de réservoirs, les Philippines disposent d'une des plus grandes ressources en eau du monde. Avec l'intensification de la production des étangs piscicoles et l'exploitation progressive des eaux côtières pour l'élevage en cage et en enclos, la demande courante en aliments a augmenté en comparaison avec les engrais. L'offre des ingrédients alimentaires les plus disponibles localement est déjà limitée. La disponibilité saisonnière et les désastres naturels compliquent le problème. L'industrie continue à dépendre de l'utilisation des matières premières importées telles que la farine de poisson et de tourteau de soja (Cruz, 1997).
    Espèces cultivées
    Les espèces cultivées incluent le chano (Chanos chanos), le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus), le tilapia du Mozambique (Oreochromis mossambicus), la carpe commune (Cyprinus carpio), la carpe à grosse tête (Aristichthys nobilis), ainsi que d'autres variétés comme, le poisson-chat (Clarias batrachus), le poisson-chat de l'Afrique du Nord (Clarias gariepinus), le poisson tête de serpent (Channa striata), le gourami géant (Osphronemus goramy), le loup tropical ou barramundi (Lates calcarifer), le mérou (Epinephelus spp.), le poisson-lapin doré (Siganus guttatus), le sigan vermicelle (Siganus vermiculatus), le pavillon tacheté (Scatophagus argus), la crevette géante tigrée (Penaeus monodon) et d'autres crevettes pénéidées: la crevette blanche des indes - (Penaeus Indicus), la crevette banane (Penaeus merguiensis), la crevette glissante (Metapenaeus ensis), le crabe des palétuviers (Scylla serrata, Scylla oceanica), la bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii), les langoustes (Panulirus spp.), l’huître creuse chausson (Crassostrea iredalei, Saccostrea spp.),la moule verte (Perna viridis), l'ormeau (Haliotis asinine), et les algues (Eucheuma spp., Gracilaria spp., Caulerpa spp.).

    Les sept principales espèces de l'aquaculture aux Philippines sont:
    1. Les algues (principalement Kappaphycus and Eucheuma spp.).
    2. Le chano (Chanos chanos).
    3. Les tilapias (principalement le tilapia du Nil Oreochromis niloticus).
    4. Les crevettes (principalement la crevette géante tigrée Penaeus monodon).
    5. Les carpes (principalement la carpe à grosse tête Aristichthys nobilis).
    6. Les huîtres (l’huître creuse chausson Crassostrea iredalei).
    7. Les moules (la moule verte Perna viridis).

    En 2002, les algues ont représenté 66,9 pour cent de la production totale de l'aquaculture. Le reste était composé de chano (17,3 pour cent), de tilapia (9,1 pour cent), de crevettes (2,65 pour cent), de carpes (1,36 pour cent), d'huîtres (0,94 pour cent), de moules (0,87 pour cent) et d'autres (0,88 pour cent) (Bureau des statistiques agricoles, 2004). Les algues, la crevette géante tigrée, le chano, les huîtres et les moules sont endémiques aux Philippines. Le tilapia et la carpe à grosse tête sont introduits.

    La culture de l'algue Eucheuma a commencé en 1960, suite à la forte demande du carraghénane sur le marché mondial. L'élevage du chano existait depuis plusieurs siècles et la crevette géante tigrée était une récolte secondaire. La culture commerciale de la crevette géante tigrée a commencé dans les années 80 pour répondre à la demande croissante, notamment celle du Japon. La production des algues et du chano continue d’augmenter chaque année, alors que la production de la crevette géante tigrée a chuté dans les années 90 à cause de maladies et est depuis, elle est restée faible.

    Les tilapias ont été introduits la première fois dans le pays en 1950 (O. mossambicus du Thaïlande). Des introductions ultérieures de diverses espèces ont suivies. Les tilapias génétiquement améliorés comme le GIFT (tilapia génétiquement amélioré) et le GMT (le Tilapia génétiquement mâle), qui ont été développés aux Philippines, commencent maintenant à contribuer, de manière significative, à la production nationale des poissons de consommation.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    L'aquaculture aux Philippines est pratiquée dans divers écosystèmes (eau douce, saumâtre et marine) utilisant des systèmes d'élevage variés avec différents degrés d'intensification. Par exemple, le chano est mis en élevage dans les étangs d'eau saumâtre, les enclos piscicoles dans les lacs d'eau douce et les baies peu profondes, les cages flottantes ou fixes installées dans les lacs, et les cages en mer. Probablement aucune autre espèce d'élevage n'est produite dans un aussi large éventail d'écosystèmes et de systèmes d'élevage.

    Le niveau du développement de l'aquaculture change considérablement d'une espèce à l'autre. Il s'étend de la technologie presque inexistante pour le scatophage, à la manipulation génétique du tilapia du Nil. Le système d'élevage va des systèmes extensifs d'étang en terre produisant seulement 500 kilogrammes par hectare, à l’élevage super intensif en cages marines capables de produire 50 000 kilogrammes dans une superficie ne dépassant pas plus de 300 m2, comme c'est le cas pour le chano (Yap, 1999). La majorité de la production de chano est issue des étangs d'eau saumâtre.

    La crevetticulture aux Philippines utilise une variété de systèmes qui sont affectés par le climat, la disponibilité de capital, les sites, l’eau, la commercialisation des produits récoltés, la disponibilité et le coût des intrants de la ferme. La culture de crevette suit le système traditionnel, intensif et semi-intensif (Corre, 1995).

    La majorité de la production de tilapia provient des étangs et des cages d'eau douce. Dans la monoculture semi-intensive du tilapia du Nil dans les étangs en terre d’une profondeur d'un mètre (0,25-1 ha), les alevins (de 0,25-0,5 g) sont stockés à une densité de 3-5/m2. Avec les fertilisants/aliments, on obtient des rendements de 4-8 tonnes/ha/récolte, après trois à quatre mois, avec des poissons pesants 150 - 250 g à la récolte (Guerrero, 2002). Dans les cages flottantes de 100 m2, les fingerlings du tilapia du Nil (de 1,6 g) sont stockés à une moyenne de 67/m2 et mis en élevage pendant cinq mois avec 'utilisation d’aliments. Un rendement moyen de 540 kg/cage/cycle est obtenu et les poissons pèsent 175 g chacun (Dey et al., 2000).

    La majeure partie de la carpe récemment produite est la carpe à grosse tête issue des enclos d'eau douce du lac Laguna, le plus grand lac du pays. La carpe à grosse tête n'exige pas d'aliments chers, et une production très élevée peut être réalisée dans une petite superficie (Yap, 2002).

    L'ostréiculture et la mytiliculture sont pratiquées dans les eaux superficielles côtières. Les méthodes généralement utilisées dans la culture des huîtres sont la culture à plat, sur pieu et en suspension sous une table ou un radeau-table. La méthode sur pieu est la plus souvent adoptée. La méthode en suspension est la plus productive, suivie de la méthode sur pieu, puis celle à plat. Les méthodes à plat et sur pieu conviennent pour les zones (intertidales) peu profondes, tandis que la méthode en suspension est utilisée dans les zones plus profondes (Gallardo, 2001).

    Pour la production d'algues, les méthodes de culture peuvent être réparties en deux: la culture dans les eaux peu profondes et la culture dans les eaux profondes. La méthode sur pieu ou de fond est employée dans les eaux peu profondes. Les méthodes de Monoline, de table et de toile d'araignée sont utilisées dans les eaux profondes. La culture dans les eaux peu profondes est la plus simple et la moins onéreuse pour commencer. Cependant, elle est plus susceptible à la maladie appelée «ice - ice» et à la prédation des petits poissons pélagiques herbivores. La culture en eaux profondes implique une capacité et un rendement élevés et les espèces d'algues produites sont de haute valeur. Un des inconvénients de cette dernière culture est le capital initial élevé requis.
    Performance du secteur
    Production
    Selon le Bureau des statistiques agricoles, la production totale de l'aquaculture en 2002 était de 1 338 178 tonnes soit une valeur de 2 264 880 000 dollar EU (1 $EU=P 50). Les volumes de la production des principales espèces étaient comme suit:
    Espèces principales Production (tonnes)
    Algues 894 857
    Milkfish 232 161
    Tilapia 122 390
    Crevettes 35 493
    Carpes 18 151
    Huîtres 12 569
    Moules 11 646
    Autres 10 908
       
    Total 1 338 175
    Source: Bureau des statistiques agricoles, 2002.

    En 2002, les rendements moyens du chano produit dans les étangs, enclos et cages en eau saumâtre étaient de 0,71 tonnes/ha, 56,19 tonnes/ha et 171,37 tonnes/ha, respectivement. Le rendement moyen réalisé par la crevetticulture en étangs d’eau saumâtre était de 0,46 tonnes/ha. Les rendements moyens du tilapia produit dans les étangs et cages en eau douce étaient de 3,37 tonnes/ha et 18,34 tonnes/ha, respectivement. La production des carpes dans les enclos, les cages et les étangs piscicoles d’eau douce donnait un rendement moyen de 5,44 tonnes/ha, 2,52 tonnes/ha et 1,72 tonnes/ha respectivement. Le rendement moyen de l'algoculture dans les eaux superficielles côtières était de 42,05 tonnes/ha.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Philippines (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Philippines (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    En général, quatre types d'intermédiaires sont engagés dans la commercialisation des produits aquacoles dans le pays: les courtiers, les grossistes, les grossiste détaillants et les détaillants. Manille est le plus grand marché des produits de l'aquaculture. Un pourcentage élevé des produits issus des trois principales zones de l’archipel (Luzon, les Visayas et Mindanao) sont acheminés vers les courtiers. Dans le processus, un grand nombre de transactions prend place, particulièrement parmi les courtiers, les grossistes et les détaillants, ce qui résulte en une hausse des prix des produits aquatiques débarqués, les rendant ainsi inaccessibles aux consommateurs pauvres, même ceux habitant à Manille (Olalo, 2001).

    Les producteurs de chano vendent habituellement leurs produits à un courtier avec une marge de 5 pour cent du prix final, coûts de commercialisation inclus. Ensuite, le courtier vend aux grossistes avec une marge de 10 pour cent. Les grossistes distribuent aux «viajeros» (les voyageurs), et les «viajeros» aux détaillants sur les marchés de poissons frais. Les grossistes et les «viajeros» obtiennent, tous les deux une marge de 15 pour cent (BFAR, 2004a). La chaîne de distribution est identique pour le tilapia (BFAR, 2004b).

    Les algues et les crevettes constituent les principaux produits exportés de l'aquaculture. Les algues sont exportées sous deux formes: algues ou carraghénanes brutes. En 2002, le pays a exporté 32 098 tonnes d'algues brutes évaluées à 34 135 000 dollar EU et 7 928 tonnes de carraghénane estimées à 38 618 000 dollars EU. En 2002, les principaux acheteurs d’algues brutes étaient la France (21,3 pour cent), la Corée (16,4 pour cent), la Chine (14 pour cent), Hong Kong (12,2 pour cent) et le Royaume-Uni (12,1 pour cent). Les principaux acheteurs de carraghénane étaient le Danemark (20,1 pour cent), le Royaume-Uni (15,4 pour cent), la France (12,1 pour cent), le Canada (7,8 pour cent) et les Etats-Unis (7,8 pour cent) (BAS, 2004e). En 2002, les crevettes ont été exportées souvent fraîches /réfrigérées/congelés (98 pour cent) vers le Japon (53 pour cent), la Corée (20 pour cent) et les Etats-Unis (9 pour cent) (BAS, 2004b).

    Afin d'encourager la compétitivité internationale, le Bureau des investissements (Bureau of Investments - BOI) encourage les scellés d'origine des exportations de l'aquaculture philippine telles que les crevettes, le chano et le tilapia. Dans le cadre du protocole d'accord entre le gouvernement et les associations industrielles, seuls les producteurs qui obéissent aux normes internationales sont accrédités à préserver l'intégrité des scellés.
    Contribution à l'économie
    Actuellement, presque 18 pour cent de l'offre en poisson de consommation proviennent de l'aquaculture. Le chano et le tilapia représentent la majeure partie de la production aquacole. De 1998 à 2002, la production du chano et du tilapia a enregistré une croissance moyenne annuelle de 11,7 pour cent, comparée à seulement 2,6 pour cent concernant la pêche. En 2002, la production de l'élevage mixte du chano et du tilapia, soit 364 289 tonnes, a représenté 8 à 9 pour cent de la consommation totale de viande animale. Les perspectives pour augmenter d’avantage la production de l'aquaculture sont donc énormes. Au cours des cinq dernières années, la grande production de l'aquaculture a rendu le poisson cultivé de plus en plus accessible par rapport au poisson sauvage capturé. Durant une période de dix ans, les prix du chano et du tilapia ont augmenté avec une moyenne de 3,4 pour cent et de 1,7 pour cent respectivement, par rapport à 7,3 pour cent pour les petits pélagiques comme la comète fine Decapterus macrosoma (Cruz, 2004).

    Selon le BFAR, 258 480 personnes travaillent dans le secteur de l'aquaculture et ce depuis 1987. L'industrie estime que la creation d'emplois est plus élevée. Dans l'industrie des algues seule, l'Association philippine de l'industrie des algues (Seaweed Industry Association of the Philippines - SIAP) a déclaré qu'en 2002, 1 017 925 individus travaillaient dans l'algoculture (Monzales, 2003).

    En 2002, la SIAP a annoncé que les algues exportées rapporté un revenu de l'ordre de 138 438 853 dollar EU. L'algoculture ne requiert pas un investissement élevé, mais les gains sont élevés. Le rendement, en deux mois, d'une ferme d'algues d'un hectare ne peut être inférieur à 48 tonnes (poids humide) (Guerrero, 2003).

    A part l'algoculture, l'ostréiculture et la mytiliculture peuvent offrir également du travail pour les communautés côtières. Bien qu'elles n’en constituent pas la source principale, elles peuvent contribuer de manière significative aux revenus et à l’alimentation des ménages. Les femmes et les enfants peuvent eux aussi participer (Gallardo, 2001). Concernant les huîtres, une productivité de 5 000 kg/ha dans une période de six à sept mois a été déclarée. En utilisant les filets en nylon, un hectare d'une ferme mytilicole située dans la Baie de Manille peut rapporter 180 tonnes en quatre mois (Guerrero, 2003). De même, l'algoculture, l'ostréiculture et la mytiliculture sont considérées comme étant non nuisibles pour l'environnement.

    Ainsi, l'aquaculture peut contribuer de manière significative à la sécurité alimentaire, à la génération d'emploi et de devises étrangères. Cependant, les pratiques irrationnelles peuvent aussi poser des problèmes écologiques et socio-économiques sérieux. Les problèmes liés aux activités des enclos piscicoles au bord du lac Laguna et celles des cages piscicoles au bord du lac Sampaloc représentent seulement quelques exemples du passé (Santiago, 2001). En pisciculture marine en cages/enclos, le désastre plus récent survenu en 2002 à Bolinao, Pangasinan, était le premier principal incident dans les eaux côtières des Philippines où des milliers de kilos de chano ont été perdu. Les pertes des aquaculteurs et des pêcheurs côtiers étaient de l'ordre de 10 000 de dollar EU (San Diego-McGlone, 2003).
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le BFAR, relevant du Ministère de l'Agriculture (DA), est l'organisme gouvernemental national responsable du développement, de la conservation, de la gestion, de la protection et de l'utilisation des ressources halieutiques selon le Code des Pêches de 1998. Actuellement, le BFAR est doté de bureaux régionaux dans tout le pays.

    Aux termes du Code de 1991 du gouvernement local et du Code des pêches, la surveillance et l’émission des permis de tous les types d'aquaculture sont déléguées, par le gouvernement, aux Unités Gouvernementales Locales (LGU). L’unique autorisation laissée au BFAR, ayant trait à l'aquaculture, est l'octroi des contrats de bail des étangs piscicoles dans les terrains publics.

    Faisant partie du programme gouvernemental de l'habilitation des pêcheurs, les Comités de Gestion des Pêches et des Ressources Aquatiques (FARMCs) ont été créés au niveau communal et des municipalités côtières. Les FARMCs donnent des avis et des recommandations sur la stratégie et la planification de la pêche élaborées par le gouvernement national et les LGUs.

    Le gouvernement a impliqué davantage les organismes non gouvernementaux et les organisations de populaires (POs) dans la co-gestion de la pêche. De nombreuses O.N.G. dans la pêche appartiennent aux O.N.G. pour une réforme de la pêche (NFR). De nombreuses POs appartiennent à Kilusang Mangingisda (KM) et Pambansang Alyansa et mga Mangingisda à Pamunuan ng Organisasyon (PAMPANO).

    La participation du secteur privé dans le développement et la gestion de l'industrie aquacole n'a pas été encore institutionnalisée ou n'a pas été renforcée. Plusieurs organismes sont impliqués dans les activités aquacoles, mais les plus actifs d’entre eux sont le Comité de la pêche et de l'aquaculture des Philippines (Fisheries and Aquaculture Board of the Philippines - FABP), la Société philippine de l'aquaculture /Société des ingénieurs de l'aquaculture des Philippines (Philippine Aquaculture Society/Society of Aquaculture Engineers of the Philippines - PAS/SAEP), l'Association Philippine des fabricants des aliments aquacoles (Association of Philippine Aquaculture Feed Millers, Inc. - APAFMI), PHILSHRIMP, PHILFRY et Philippine Tilapia Inc. (PTI).
    Règlements en vigueur
    Le Code sur l'Environnement (1988) établit la base pour toutes les mesures ayant trait à l'environnement naturel, y compris la surveillance de la qualité de l'air et de l'eau, l'utilisation de la terre, des ressources naturelles et des déchets. Le Code, comme instrument cadre, contient un Chapitre sur la pêche et les ressources aquatiques et incite le gouvernement à établir un système d'exploitation rationnel. Le Code des Pêches aux Philippines (1998) porte sur le développement, la gestion, la conservation et l'exploitation des pêches et des ressources aquatiques. Il intègre toutes les lois qui sont en relation avec ces sujets. Le Chapitre II, Article III (Sections 45-57) du Code aborde l'aquaculture. Les Règles et les Règlements de mise en application (1998) fournissent les procédures et les directives pour la mise en vigueur du Code. Le Code est mis davantage en application par le biais de nombreux Ordres Administratifs sur la Pêche (OAP) se rapportant à divers sujets spécifiques.

    Le Code des Pêches relève de la compétence du Ministère de l'Agriculture. Au sein du Département, le Sous-secrétaire des Pêches et des Ressources Aquatiques est responsable de l’élaboration des politiques, des normes et de la surveillance générale. Le Bureau des Pêches et des Ressources Aquatiques (BFAR) est l’organisme chargé de la gestion et du développement des pêches et des ressources aquatiques. Le Code a créé également l’Institut National de Recherche et de Développement des Pêches (NFRDI), qui est l’outil principal du BFAR dans le domaine de la recherche. Les fonctions du BFAR sont largement définies et incluent - entre autres - la préparation et la mise en application du Plan National du Développement de l’Industrie des Pêches, l'application des lois et des règlements (excepté dans les eaux municipales), le contrôle et la réglementation des importations et des exportations des produits de la pêche et de l’aquaculture et des établissements de transformation des poissons.

    Le Code des Pêches aborde également la création des Comités de gestion de la pêche et des ressources aquatiques (FARMCs) à divers niveaux: national (NFARMC), municipal ou au niveau des villes (M/CFARMC), et au niveau des baies, golfes, lacs, rivières et barrages riverains à deux municipalités ou villes plus connus en tant que FARMC intégrés (IFARMC). Le NFARMC sert d’élément consultatif au Ministère de l'Agriculture dans l’élaboration des stratégies et la préparation du Plan National de Développement de l’Industrie des Pêches. Les M/CFARMC, entre autres, aident dans la préparation des Plans Municipaux de Développement de la Pêche et l'application des lois et des règlements dans les eaux municipales concernées. L'IFARMC joue un rôle similaire à celui du M/CFARMC sauf que son rôle s’étend à plus d’une municipalité. L’Ordre Administratif sur les Pêches No. 196 (2000) fournit les directives détaillées sur la création et la mise en place des FARMCs.

    Il y a une autre loi fondamentale se rapportant à l'aquaculture; il s’agit de l’Acte sur la Modernisation de l'Agriculture et des Pêches (1997), qui prescrit les mesures pour moderniser l'agriculture et le secteur des pêches en vue d'augmenter leur rentabilité. Tandis que le Code des Pêches donne la priorité à la gestion, à la conservation et à la protection de la pêche et des ressources aquatiques, l’Acte sur la Modernisation de l'Agriculture et des Pêches donne la priorité à l'amplification de la production et incite à la transition rapide vers l'industrialisation. Le Comité National de l'Agriculture et des Pêches (NAFC) assiste le Ministère de l'Agriculture dans la surveillance et la coordination du processus de modernisation de l'agriculture et des pêches.

    Enfin, l'Acte sur la Réorganisation du Département de l'Environnement et des Ressources Naturelles (DERN) (1987) a créé le Bureau de Gestion de l’Environnement (Environmental Management Bureau - EMB), englobant l'ancien Comité National de Protection de l'Environnement, l'ancienne Commission Nationale de Lutte contre la Pollution et l'ancien Centre Philippin de l’Environnement. Il a créé aussi le Bureau des zones et des faune et flore sauvages protégées. Il est à noter que le Code des Pêches contient un certain nombre de modalités dans lesquelles les juridictions du BFAR et du EMB se croisent. De telles intersections sont parfois explicites, comme la classification des espèces de faune et de flore aquatiques rares, menacées ou mises en danger ou la classification des zones de pêche, ou implicites, comme l’élaboration d'un cadre intégré de gestion côtière, la mise en place, la surveillance et l'évaluation des normes de qualité de l'eau.

    Pour plus d'information sur la législation de l'aquaculture aux Philippines, prière de cliquez sur le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture – Philippines.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Le Centre de Développement des Pêches de l'Asie du Sud (SEAFDEC- AQD) comble aux Philippines plusieurs lacunes dans la recherche en matière d'aquaculture. A travers un système de consultations et de discussions avec les industriels et le secteur local de R&D en aquaculture, SEAFDEC AQD dresse les priorités pour la recherche et évite une duplication du travail avec les établissements locaux. Les résultats des recherches du SEAFDEC AQD sont, la plupart du temps, publiés dans des journaux internationaux (Yap, 1999).

    L’aquaculture R&D est coordonnée (et dans une certaine mesure financée) par le Conseil philippin pour le Développement et la Recherche Aquacole et Marine relevant du Département des Sciences et des Techniques (DOST) et par le Bureau de la recherche agricole sous la tutelle du Ministère de l'Agriculture.

    Plusieurs universités et collèges d’État sont impliqués dans l'éducation et la recherche en matière d'aquaculture. L'Institut des sciences marines, l'Université des Philippines et l'Université de l'Etat Central de Luzon (CLSU) (toutes les deux à Luzon), l'Université des Philippines aux Visayas et l'Université d’État à Mindanao ont contribué sensiblement à la formation en matière d'aquaculture et à la recherche et développement (R&D) dans le pays. Tous les établissements de formation en matière de pêche sont appuyés par l'État. Plus de 40 collèges et écoles d’État spécialisés dans la pêche dépendent de la Commission de l'éducation supérieure, alors que sept sont sous l'Autorité de formation technique et de développement des qualifications (Juliano, 2004).

    Le Bureau des pêches et des ressources aquatiques (BFAR) dispose de plusieurs centres/stations aquacoles à travers le pays qui fournissent des services de vulgarisation en matière d'aquaculture. Des entreprises privées anonymes (par exemple les compagnies de fabrication des aliments) effectuent également de la recherche en matière d'aquaculture et assurent la vulgarisation.
    Tendances, questions et développement
    De 1997 à 2001, l'aquaculture a évolué avec une moyenne de 6,4 pour cent annuellement, comparée à 0,72 pour cent pour la pêche municipale et 2,6 pour cent pour la pêche commerciale (Cruz, 2004). La production d'algues a évolué d'une moyenne de 7,04 pour cent pendant la période 1998 - 2002 (BAS, 2004e). La croissance régulière de la production d'algues est due aux facteurs suivants (Mozales, 2003):
    • La croissance annuelle du marché du carraghénane de 5 pour cent à 15 pour cent, la découverte de plusieurs applications, la forte demande.
    • Les faibles coûts de culture et d'investissement et les bénéfices élevés.
    • Les Philippines qui possèdent de la matière première de la meilleure qualité.
    • Une association de l'industrie des algues des Philippines (SIAP) active, elle identifie les problèmes, trouve les solutions et travaille en étroite coopération avec le gouvernement.
    La forte croissance actuelle de la production du chano peut probablement être maintenue grâce à l'utilisation progressive des cages en mer et des enclos marins. La popularité croissante des produits du chano à valeur ajoutée comme les formes désossées et fumées et le potentiel de leur exportation aideront à maintenir le taux de croissance actuel. L'apparition de grandes écloseries commerciales de chano aux Philippines est un développement positif qui peut donner à cette industrie une impulsion supplémentaire nécessaire (Yap, 2002b).

    Le succès de la production du tilapia aux Philippines est dû à (Guerrero, 1994):
    • L'appui du gouvernement en matière de recherche et vulgarisation.
    • Le moratoire du gouvernement sur le prix du tilapia et l'intervention sur le marché.
    • La coopération du gouvernement philippin, du secteur privé et des chercheurs.
    • La coopération et l'assistance de plusieurs organismes internationaux.
    • L'introduction de nouveaux stocks de reproduction (tilapia du Nil).
    Cependant, la croissance progressive de l'industrie aquacole est menacée par des facteurs tels que les marges de bénéfices faibles pour les pisciculteurs et le coût croissant des poissons cultivés comparés au poulet et au porc. L'obstacle le plus compromettant des efforts de l'industrie aquacole, pour devenir plus concurrentielle, sont les prix du marché très variables provoqués par la capture saisonnière des poissons sauvages (Cruz, 2004). Au cours des 20 dernières années, le rang des Philippines dans la production aquacole mondiale a considérablement chuté de la 4ème place en 1985 à la 12ème place. Aujourd’hui, les Philippines contribuent seulement un pour cent à la production mondiale. La croissance de l'industrie aquacole philippine dans les années à venir est susceptible d'être non durable à moins que de nouveaux marchés soient crées, la compétitivité du marché soit améliorée, et les risques d'élevage soient réduits (Cruz, 2004). Le gouvernement philippin et le secteur privé préparent, actuellement, le Plan National Complet de Développement de l’Industrie des Pêches (CNFIDP). L'un de ses composants est le développement et la gestion de l'aquaculture. Etant donné la vente et la compétition internationales, l'industrie aquacole philippine a besoin d'adopter un CNFIDP dont la perspective est globale (Cruz, 2004). Les recommandations suivantes sont formulées (Cruz, 2004):
    • Avoir un cadre de développement orienté sur les marchés.
    • Développer de nouveaux marchés locaux et externes.
    • Développer des technologies qui réduiront le coût de production.
    • Intensifier de nouvelles espèces dont le coût de production est faible.
    • Promouvoir les industries de transformation et de valorisation.
    • Rationaliser les règlements de la pêche en appui au CNFIDP.
    • Développer des stratégies d’étalonnage par rapport à d'autres pays.
    • Promouvoir et soutenir le contrôle et les initiatives du secteur privé.
    Références
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