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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Espèces cultivées
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L'aquaculture en Pologne fait partie du secteur de la pêche continentale et consiste exclusivement en l'élevage et la culture des poissons d'eau douce, principalement la carpe (300 fermes aquacoles) et la truite (160 exploitations). En plus des activités aquacoles, la pêche continentale inclut la pêche commerciale dans les lacs et les fleuves, ainsi que la pêche récréative à la ligne dans les eaux intérieures. Jusqu'à la moitié des années 80, la pêche commerciale dans les lacs et les fleuves a réalisé la plus grande contribution à la production des poissons d'eau douce, tandis qu'au début des années 90 la production d'eau douce a été plus dominée par les poissons provenant de l'aquaculture.Durant la période 2000-2003, plus de 67 pour cent de la production de la pêche continentale provenaient de l'aquaculture - principalement la carpe et la truite. Vingt-six pour cent provenaient de la pêche à la ligne, tandis que seulement 6 pour cent provenaient de la pêche commerciale dans les lacs et les fleuves. La production totale de la pêche intérieure, en 2003, était estimée à environ 54 400 tonnes (MARD, 2005). Plus de 90 pour cent des poissons produits par l'aquaculture et capturés par les pêcheurs de la pêche commerciale des lacs sont vendus. Plus que la moitié des captures à la ligne répond aux besoins des familles des pêcheurs à la ligne.

    En plus de la production des poissons destinés à la consommation, l'aquaculture polonaise produit des poissons destinés au repeuplement et ce, pour améliorer les stocks des poissons migrateurs (anadromes), rhéophileset prédateurs. La demande qui est remarquablement en pleine croissance, ces dernières années, pour ce type de matériel a provoqué une impulsion dans le développement des exploitations piscicoles et la modernisation des écloseries et des unités d'élevage.

    La majeure partie des poissons produite par l'aquaculture polonaise assure l'approvisionnement du marché local. Le principal poisson exporté est la truite arc-en-ciel: 17-24 pour cent de la production nationale sont exportés, principalement vers l'Allemagne. Presque la totalité de la truite exportée est transformée. Trois mille cent cinquante tonnes ont été exportées en 2003 à 20,87 millions $EU. Les exportations de la carpe restent faibles et entre 1995 et 2003 elles ne représentaient que 0,4-2,7 pour cent de la production nationale: en 2003, 250 tonnes ont été exportées.

    Dans le secteur aquacole polonais, le personnel est professionnellement qualifié. Le système de formation dans le domaine de la pêche et de l'aquaculture est bien développé.

    En Pologne, la production aquacole d'eau douce est en pleine croissance grâce à la production accrue de la truite et des captures stabilisées de carpe. Le développement de l'aquaculture d'eau douce polonaise se heurte à plusieurs obstacles écologiques, économiques, technologiques et socials. Ce sont en grande partie les résultats de la transformation d'une économie centralement planifiée à une économie de marché. De même, l'accession à l'Union Européenne (UE) a affecté le secteur. La Pologne a développé une Stratégie nationale du développement de la pêche pour la période 2007-2013 avec des priorités pour le développement du secteur. L'aquaculture est importante pour le développement économique et social dans les zones rurales de la Pologne.
    Historique et aperçu général
    Jusqu'aujourd'hui, seule l'aquaculture d'eau douce a été pratiquée en Pologne. Les traces les plus anciennes de la construction des étangs remontent au onzième siècle. Ces étangs étaient souvent de petits bassins situés dans les monastères et servant principalement à maintenir les poissons. Ils ont été également exploités pour l'élevage des espèces telles que le brochet du Nord, les tanches, le carassin commun, et l'anguille européenne. Le développement de l'élevage en étang a commencé à la fin du seizième siècle et au début du dix-septième siècle avec le lancement de la production de la carpe. Suite à la colonisation de la Pologne, vers la fin du dix-huitième siècle, la politique économique relevait du contrôle des occupants – la Fédération russe, l'Allemagne, et l'Autriche - ainsi une nette différence s'est développée dans le domaine de l'élevage en étang dans les trois régions de la Pologne occupée. Par exemple, sous la partition autrichienne au sud de la Pologne, l'élevage de la carpe a connu un développement considérable grâce aux étangs d'alevinage, qui sont toujours utilisés de nos jours. Avant la Deuxième guerre mondiale en 1938, la superficie des étangs était de 88 755 ha. En 1945, elle s'est réduite à 66 525 ha. Actuellement, elle est estimée à 51 700 ha. La carpe domine actuellement l'aquaculture polonaise avec une production stable d'environ 20 000 tonnes produites par 300 exploitations commerciales. La carpe est aussi, produite à petite échelle (souvent plus d'une dizaine à une centaine de kilogrammes annuellement) dans les fermes où l'intérêt agricole principal est autre que l’aquaculture. Il est difficile d'estimer la quantité produite, mais sa contribution dans la production totale de ces espèces est minime.

    La truite arc-en-ciel, espèce introduite au cours de la deuxième moitié du dix-neuvième siècle, est d'une grande importance dans l'aquaculture polonaise. Le commencement de la culture en étang de la truite arc-en-ciel remonte à 1904. Après la Deuxième guerre mondiale vers la fin des années 40, elle a connu un intérêt grandissant. Une augmentation notoire de la production de la truite arc-en-ciel a commencé au cours des années 80 et depuis lors, la croissance de la production de ces espèces est énorme (de 2 000 tonnes en 1980 à 12 600 tonnes en 2003). Actuellement, il existe à peu près 160 exploitations de truite avec une production annuelle dépassant les 20 tonnes.

    La contribution de l'aquaculture dans la production des poissons d'eau douce en Pologne augmente systématiquement. En 2003, la production était de 36 600 tonnes d'une valeur de 81 millions $EU (MARD, 2005).
    Ressources humaines
    En 2003, le nombre de personnes employées dans la pêche continentale, y compris celles travaillant à temps plein dans l’aquaculture, a été estimé à 4 500. Un nombre similaire a été employé de façon saisonnière lors des récoltes de poissons au printemps et en automne. Environ 12 000 personnes sont employées dans les travaux liés à la pêche et à la pêche à la ligne. En Pologne, presque 1 500 sociétés offrent des services liés à la pêche à la ligne et environ un million de pêcheurs à la ligne sont actifs, dont 600 000 sont, actuellement, membres de l'Association polonaise de la pêche à la ligne(Polish Angling Association) (MARD, 2005).

    Un nombre considérable d‘exploitations piscicoles appliquent le modèle d'exploitation multiple de surface (exploitation commerciale des eaux superficielles - lacs, fleuves, et réservoirs de barrage) et la production de la carpe et de la truite en étang. C'est pour cette raison qu'il est difficile de déterminer les chiffres relatifs à l'emploi dans ce secteur.

    Une ferme de truite, moyenne, produisant 100 tonnes emploie quatre à cinq personnes. En 2003, la plus grande exploitation employait environ 70 personnes et produisait approximativement 1 100 tonnes de truite. Le nombre total des fermes de truite est 160, dont 90 pour cent sont privées, 7 pour cent sont des coopératives et 3 pour cent sont des concessions de l'État louées à bail.

    La formation en matière de pêche et d'aquaculture est offerte à des niveaux professionnels, secondaires et universitaires.
    Espèces cultivées
    Les espèces de poissons dominantes en aquaculture polonaise sont la carpe commune (Cyprinus carpio), dont environ 20 000 tonnes de poissons commercialisables sont produites annuellement. C'est probablement la plus grande quantité produite en Europe et constitue presque 15 pour cent de la production européenne. De même, les poissons herbivores sont produits en polyculture avec la carpe. Ils incluent la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus), la carpe à grosse tête (Hypophthalmichthys nobilis), le poisson-chat européen(Silurus glanis), les tanches (Tinca tinca) et la carpe prussienne (Carassius gibelio).

    Les exploitations de carpe participent aussi à l'empoissonnement des eaux superficielles exploitées par l'Association polonaise de la pêche à la ligne et d’autres locataires à bail. Les produits principaux sont les rhéophileset les poissons prédateurs comme le brochet du Nord (Esox lucius), le sandre(Sander lucioperca) et le poisson-chat européen (Silurus glanis). La pisciculture polonaise de carpe en étang représente un moyen efficace qui peut être utilisé pour protéger l'ichthyofaune indigène (les poissons de la région) et de même pour maintenir la biodiversité de l'écosystème aquatique.

    L'élevage de la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) se développe activement en Pologne. En plus de la truite, ces fermes empoissonnent les eaux superficielles, principalement les fleuves. Les plus importantes espèces sont le saumon atlantique (Salmo salar), la truite de mer (Salmo trutta trutta), le corégone lavaret (Coregonus lavaretus lavaretus), la truite fario ou commune (Salmo trutta fario), le huchen (Hucho hucho) et l’ombre commun(Thymallus thymallus). Les exploitations de truite produisent plus d'un million de saumons pour l’empoissonnement, 5 millions de truites de mer, 5 millions de truites commune, 1 million de corégones lavaret, et 0,5 million de l’ombre commun. Ces alevins sont utilisés dans l'empoissonnement de la Mer Baltique et les fleuves. Grâce à l'empoissonnement, financé par l'État, il y eu des programmes réussis de conservation du saumon et de la truite de mer.

    En Pologne, un intérêt croissant est manifesté envers le poisson-chat de l'Afrique du Nord (Clarias gariepinus). Cette espèce est produite dans les fermes aquacoles équipées de systèmes à recyclage. La production intense du poisson-chat européen se développe dynamiquement puisque que les méthodes de reproduction artificielle et d'engraissement intensif de ces espèces, dans les systèmes à recyclage, sont maîtrisées. Le développement de la production des poissons de la famille des Acipenseridaes est prometteur (fermes de truite et de carpe équipées de systèmes à recyclage,).

    La contribution des espèces de poissons les plus importantes produites en aquaculture durant la période 2000-2003 est comme suit:
    • La carpe: 60 pour cent.
    • La truite arc-en-ciel: 34 pour cent.
    • Les poissons herbivores: 5 pour cent.
    • Autres (poisson-chat de l'Afrique du Nord, esturgeon): 1 pour cent.
    Performance du secteur
    Production
    Selon les données du MARD et les statistiques de pêche de la FAO, la production totale (FAO FishStatPlus, 2005) des poissons d'élevage en Pologne, en 2003, était de l'ordre de 36 600 tonnes. Environ 65 pour cent proviennent des étangs piscicoles (poissons thermophiles, l'élevage intensif ou semi-intensif) et 35 pour cent des systèmes intensifs, principalement la truite arc-en-ciel. Au début des années 80, la production de l'aquaculture était inférieur á 10 000 tonnes, elle s'est développée d'à peu près 40 pour cent durant ces dernières 15 années. La production, au début des années, 90 était de l'ordre de 26 000 tonnes et en 2003 elle était d'environ 37 000 tonnes. Entre 1991 et 1992, la production a connu un déclin remarquable, principalement en ce qui concerne la carpe, de 22 000 tonnes en 1990 à 13 500 tonnes en 1992. Ce fut le résultat de la transition d'une économie centralement planifiée à une économie de marché. En 2000, la production de la carpe s'est stabilisée à un niveau de 20 000-22 000 tonnes, mais une légère tendance à la baisse a été constatée récemment durant la période 2001-2002; MARD, 2000, 2002). Les ventes de la carpe sont saisonnières, avec la majorité destinée au marché national à l’approche de Noël. En raison de la stagnation des prix de ces espèces et les coûts de production élevés, les bénéfices réalisés par les producteurs ont baissé, en conséquence, la rentabilité de la production des carpes en Pologne connaît une chute. La polyculture de la carpe produit aussi les poissons herbivores, la carpe herbivore et la carpe à grosse tête (1 390 tonnes en 2003), le poisson-chat européen, les tanches, et la carpe prussienne (340 tonnes en 2003).

    Dans le cadre de la diversification de la production, les fermes de carpe ont réalisé d'importants progrès en développant les méthodes de production pour le repeuplement des eaux superficielles. Les statistiques indiquent que les fermes de carpe sont actuellement impliquées dans l'élevage de plus de 20 espèces de poissons. En plus de la production d'autres espèces de poissons, les producteurs de carpes visent l'élargissement du choix du marché et les services qu'ils offrent. Les études indiquent que 77,5 pour cent des fermes de carpe effectuent des ventes en gros, 68,5 pour cent réalisent des ventes en détails, 18,9 pour cent accomplissent des ventes dans des zones de pêche spéciales, 4,5 pour cent entreprennent des activités agro-touristiques, 3,6 pour cent sont impliquées dans des services de restauration (y compris les restaurants qui présentent des alevins de poissons) et 1,8 pour cent investissent dans leurs propres usines de transformation de poissons.

    La production de la truite s'est vivement développée et a augmenté de 2 000 tonnes en 1980 à 12 600 tonnes en 2003. L'énorme augmentation de la production, pendant cette période, est due aux facteurs suivants:
    • De nouvelles exploitations de truite ont été établies durant les années 80 par les Fermes aquacoles de l'État.
    • Plusieurs fermes ont été modernisées et équipées de matériel moderne.
    • De nouvelles méthodes d'élevage ont été appliquées.
    • L'application de l'alimentation stabilisée et équilibrée de la truite et la vulgarisation des mesures préventives de la protection sanitaire.
    • Les producteurs de truite sont bien instruits (plus de 70 pour cent ont fait des études supérieures).
    • La restructuration et la privatisation des fermes étatiques de truite en 1990 ont été bien effectuées.
    Les perspectives pour le développement de la production de truite en Pologne sont optimistes vu le degré élevé de modernisation dans les unités existantes et la construction de nouvelles fermes de truite, la contribution croissante de la truite transformée sur le marché (truite fumée, filets emballés sous vide, etc.), la commercialisation de la truite en Pologne et les exportations croissantes.

    La production annuelle du poisson-chat de l'Afrique du Nord est de l'ordre de 300 tonnes (0,5 pour cent de la production totale), et les prévisions indiquent que ce chiffre pourrait atteindre 1 000 tonnes vers la fin de la décennie. La production d'Acipenseridae est estimée à environ 300 tonnes (0,5 pour cent de la production totale).

    En 1999-2003, les fermes de la truite et de la carpe et les écloseries ont produit une moyenne annuelle de 2 000 tonnes de poissons destinés à l’empoissonnement des eaux superficielles. La valeur du matériel produit en 2003, était approximativement 7 millions $EU. La demande accentuée du matériel d'empoissonnement est devenue un facteur principal dans le développement des exploitations piscicoles et la modernisation des écloseries et des fermes d'élevage.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture en Pologne (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée en Pologne (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    En 2003, l'offre totale sur le marché, du poisson destiné à la consommation (principalement les poissons marins) en Pologne a dépassé 400 000 tonnes. Á peu près 13,5 pour cent étaient constitués des poissons d'eau douce. Environ 90 pour cent des poissons d'eau douce, sur le marché proviennent de l'aquaculture (la carpe et la truite). Les problèmes liés à la commercialisation des carpes constituent une menace primordiale pour le marché polonais et limitent de manière significative les possibilités de production de ces espèces. La truite fait face à la concurrence de plus en plus forte des importations du saumon norvégien, qui ont grimpé de 1 000 tonnes en 1995 à plus de 20 600 tonnes en 2003 (Seremak-Bulge et al., 2004).

    De toutes les espèces produites en l'aquaculture en Pologne, la truite arc-en-ciel est l'espèce principale exportée (en grande partie vers l'Allemagne). Entre 1995 et 2003, 17-24 pour cent de la production nationale de la truite exportée par quantités de 1 200 tonnes (8 millions $EU) en 1995 et 3 150 tonnes (20,87 millions $EU) en 2003. Les exportations actuelles consistent souvent en truite transformée (par exemple la truite fumée). Entre 1995 et 2003, les exportations de la carpe étaient faibles et oscillaient entre 0,4-2,7 pour cent de la production nationale (250 tonnes en 2003) (Seremak-Bulge et al., 2004).

    Les normes de vente des poissons au détail en Pologne sont inadéquates et la disponibilité du poisson, particulièrement le poisson frais, est limitée. Les supermarchés et les chaînes de vente au détail ont connu un progrès considérable dans l'organisation des ventes de poissons et offrent aux clients une grande variété de poissons frais et traités. Plusieurs chaînes de vente au détail ont signé des accords directement avec les plus grandes fermes de carpe et de truite. La première enchère de poissons, notamment des espèces marines, a été tenue en Pologne en 2004.

    Bien qu'il y ait un manque de transactions de ventes en gros spécialisées en poissons, cet aspect du marché est le moins problématique. La vente des poissons de l'aquaculture est réalisée directement par les fermes. Entre quatre-vingt-dix et quatre-vingt-quinze pour cent de la production est vendu en gros, alors que 5-10 pour cent est vendu au détail par les exploitations piscicoles. Les prix de vente au détail sont presque 20 pour cent plus élevés que ceux du gros.

    Le poisson d'eau douce joue un rôle mineur dans les opérations de transformation. La majorité des unités de transformation utilisent presque exclusivement des matières premières marines importées. Il est à souligner que le secteur de transformation du poisson a très bien évolué depuis le début de la transition économique en Pologne.

    La consommation des poissons en Pologne est faible. Entre 1995 et 2002, la consommation des poissons et des produits de la pêche représentait seulement 7-9 pour cent de la consommation totale de viande. La consommation moyenne polonaise était de l'ordre de 10,5 kilogrammes de poissons en 2003, dont 1,4 kilogramme était du poisson d'eau douce (10-12 pour cent de la contribution à la consommation totale; la carpe: 0,6 kg/an/personne; la truite: 0,26 kg/an/personne) (Seremak-Bulge et al., 2004). La structure de la consommation des poissons d'eau douce s'est stabilisée en 1999-2003 à 50 pour cent de carpe, 20 pour cent de truite, et 30 pour cent des autres espèces d'eau douce. En comparaison avec la période 2001-2002, une augmentation de 4,3 pour cent de la consommation a été enregistrée en 2003. Cependant, ceci s'applique principalement aux poissons marins importés. Les consommateurs préfèrent les poissons frais ou congelés (60 pour cent de la consommation totale).Le poisson est consommé par la classe sociale riche. La consommation de poisson parmi les familles les plus riches était de 250 pour cent élevé que celles ayant un revenu plus bas. Ceci s'applique aux espèces précieuses des poissons marins et d'eau douce. La consommation des poissons d'eau douce, y compris ceux issus de l'aquaculture, ne dépend pas du statut social des ménages. Le poisson d'eau douce est plus populaire parmi les gens retraités et ceux bénéficiant de certains avantages. La faible consommation du poisson signifie que sa part dans les dépenses ménagères n'est pas grande. En 2001-2002, elle représentait environ 3 pour cent des aliments et 0,7 pour cent du budget total des ménages. L'une des causes de la faible consommation du poisson est son prix relativement élevé. Le poisson est l'une des sources les plus chères de la protéine animale : le prix de 1 kilogramme de truite vivante est équivaut au prix de 3 kilogrammes de poulet (2002-2003).
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L'aquaculture et la pêche relèvent des compétences du Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (MARD). Le Département de la pêche est responsable du développement de la pêche marine, de la pêche intérieure, de l'aquaculture, et de la commercialisation. Le Département est dirigé par un directeur et deux vice-directeurs et comporte six sections: Politique structurelle, Contrôle de et rapport sur l'utilisation de l'aide financière, commerce, gestion des ressources, aménagement des pêcheries, et des pêches intérieures (responsable de la pêche et de l'aquaculture).

    Le Département de la pêche est également chargé de:
    • L'acquisition des fonds, incluant les Fonds structurels de l'Union européenne pour le développement de la pêche marine, la pêche continentale et l'aquaculture, l'appui au développement biologique dans la culture et la préservation des ressources génétiques des populations de poissons protégées.
    • Le développement des conditions sanitaires et vétérinaires pour la production et la vente des produits de la pêche.
    • La coopération internationale et l'adhésion aux organismes internationaux de pêche et la signature des accords internationaux.
    • La coopération avec l'administration centrale et le gouvernement régional et local, les associations sociales et professionnelles des marins pêcheurs, transformateurs de poissons, pêcheurs locaux et pisciculteurs.
    • L'exploitation rationnelle des pêcheries des eaux superficielles intérieures.
    • Le soutien du développement des pêcheries continentales et les conditions de préservation des poissons en coopération avec la communauté de la pêche, ses organismes, et instituts de recherche et de développement des pêches, ainsi que le développement des concepts et programmes pour l'exécution de la politique de l'État.
    • La reproduction, l'élevage, et l'introduction des espèces introduites dans les eaux indigènes nationales.
    Associations

    L'Association polonaise de la pêche a été fondée en 1918 et représente les intérêts de la pêche au niveau national. L'association était opérationnelle de 1918 à 1939 dans tous les secteurs de la pêche, mais elle a suspendu son activité après la Deuxième guerre mondiale. En 1993, elle a été restructurée dans le but de consolider la communauté polonaise des pêcheurs et de représenter les intérêts des producteurs de poissons. Actuellement, elle compte 650 membres,dont les producteurs de poissons, les détenteurs de bail, les propriétaires, et les employés de pêche. L'association se compose actuellement, de neuf filiales régionales, dont la plus forte est celle des producteurs de salmonidés (membre de la Fédération Européenne des Producteurs Aquacoles -FEPA). Les objectifs de l'association sont:
    • Créer les conditions favorables pour le développement harmonieux de la pêche continentale et représenter ses intérêts.
    • Encourager les initiatives productives en vue de promouvoir la technologie, les méthodes de production et d'élevage des poissons et leur commercialisation, ainsi que la prévention et la lutte contre les maladies chez les poissons et l’amélioration de la législation liée au secteur de la pêche.
    • Agir contre la dégradation croissante de l'environnement aquatique, développer les méthodes efficaces pour compenser les pertes encourues, lutter contre les diverses formes de pollution environnementale.
    • Renforcer la diffusion de l'information relative aux derniers accomplissements scientifiques et techniques qui peuvent être mis en pratique.
    L'association coopère avec l'administration centrale et régionale, le gouvernement local, les organismes sociaux, les unités et les universités de recherche et de développement. De même, elle assure la formation et co-organise des conférences.
    Règlements en vigueur
    Au cours des années 90, des changements majeurs ont été réalisés dans la législation réglementant la pêche et l'aquaculture intérieures suite à la transition socio-économique d'une économie centralement planifiée à une économie de marché.

    L'intégration à l'Europe et l'adhésion à l'Union Européenne étaient les principales aspirations politique et économique de la Pologne. Aux termes des négociations, la Pologne a dû mettre en application la législation de l'UE dans le secteur de la pêche en janvier 2002. En 2004, le processus d'adaptation de la législation liée au marché du poisson et à la pêche (y compris l'aquaculture) aux règlements de l'Union Européenne s’était achevé, et la Pologne pouvait mettre en application la politique commune de la pêche de l'Union Européenne.

    Après l'accession à l'Union Européenne en 2004, la Pologne a pu bénéficier du fonds structurel de l'Instrument Financier pour l’Orientation de la Pêche (IFOP/FIFG) pour la modernisation du secteur de la pêche et de l'aquaculture. La base pour tirer profit du fonds structurel est le Programme Sectoriel Opérationnel - La pêche et l’industrie de transformation des poissons 2004-2006, qui décrit les priorités de la pêche et les classes par catégorie selon les objectifs précis à réaliser par le FIFG. Dans le cadre de la reproduction et l'élevage des poissons (l'aquaculture), ces fonds sont alloués pour augmenter la rentabilité de la pêche, améliorer les conditions sanitaires et vétérinaires et la qualité du produit, réduire l'impact négatif de la pêche continentale sur l'environnement, élargir et développer de nouvelles techniques et technologie de reproduction et d'élevage de poissons et leur mise en application. L'Agence de la Restructuration et de la Modernisante de l'Agriculture (ARMA) relevant du Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (MARD) est responsable de la mise en place de projets sur la protection et le développement des ressources aquatiques, la reproduction et l'élevage des poissons, la transformation et la commercialisation des produits de la pêche.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    L'Institut des pêches dans les eaux intérieures de Stanislaw Sakowicz (IFI) est le principal organisme de recherche et de développement, il a été fondé en 1951. Il relève du Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (MARD). Les activités de l'institut sont liées spécifiquement aux projets de recherche et développement dans les domaines suivants:
    • L’optimisation des méthodes de production de poissons, des techniques de reproduction, d'élevage et de pêche, et des sciences économiques de pêche.
    • Le recueil, la reproduction, et la dissémination des résultats de la recherche scientifique ainsi que la coopération afin de les mettre en pratique.
    • La mise en place des programmes de formation et de dissémination des informations scientifiques, techniques et économiques; l'analyse et l'évaluation du développement de la pêche continentale (y compris l'aquaculture).
    De même, l'institut donne des avis sur la réalisation des projets d'élevage, la conception des étangs, les solutions spécifiquement techniques pour les écloseries et les exploitations piscicoles et le traitement des eaux générées par l’élevage, l'empoissonnement par des espèces de poissons à plus grande valeur commerciale et écologiquement importantes, et le diagnostic des maladies. L'institut a bien équipé les laboratoires de recherche et les fermes expérimentales où de nouvelles techniques d'élevage ont été développées et des programmes d'élevage sélectif peuvent être entrepris à titre d'essai technique.

    Actuellement, presque la moitié du fonds alloué à l'IFI vient de l'État, tandis que le reste est gagné indépendamment par l'institut. En Pologne, les dépenses consacrées à la science sont extrêmement modestes et ces dernières années elles ont été bien en dessous de 1 pour cent du PNB (0,56 pour cent du PNB en 2003). D'un point de vue économique, le secteur de la pêche et de l'aquaculture est petit, de ce fait, les contrats de recherche entre les établissements scientifiques et les exploitations piscicoles sont rares. Certains projets de recherche sont financés par des dons compétitifs octroyés par le Ministère de la recherche scientifique et des technologies de l'information.

    Les plans de recherche en matière de pêche et d'aquaculture sont fixés et examinés constamment par l'IFI. Les projets de recherche sont suivis par le Conseil scientifique de l'IFI et le Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (MARD). Ce dernier établit les priorités de recherche pour tout le secteur de l'agriculture. Les priorités de recherche pour le secteur de la pêche et de l'aquaculture reflètent la stratégie du développement agricole. Des réunions régulières sont tenues avec les représentants de l'IFI, de l'Association polonaise de la pêche et du Ministère de l'Agriculture et du Développement Rural (Département des pêches) afin de définir les domaines de recherche qui sont particulièrement essentiels au développement de la pêche et de l'aquaculture.

    Le système de formation en matière de pêche et d'aquaculture est bien développé. La formation est octroyée à trois niveaux: professionnel (trois écoles professionnelles), secondaire (trois écoles techniques de pêche) et universitaire (trois institutions d'études supérieures qui attribuent un Master en Sciences ou en Technologies). Des Programmes Doctoraux sont offerts par les universités. Le diplôme polonais post-doctoral et les titres scientifiques de professeur dans le domaine de la pêche peuvent être attribués par le Conseil scientifique de l'Institut des pêches en eaux intérieures de Stanislaw Sakowicz et par deux universités.
    Tendances, questions et développement
    La Pologne ne produit pas les poissons en mer. Son aquaculture est d'eau douce, principalement la carpe et la truite arc-en-ciel. La spécificité de l'aquaculture polonaise est qu'elle fait partie de la pêche continentale et plusieurs exploitations aquacoles ont d'autres activités économiques (lacs exploités pour la pêche, l'élevage de carpe et de truite, la vente des poissons, la vente des licences de pêche, les zones de pêche à la ligne, les unités de traitement des petits poissons, et autres). En dépit de la tendance générale vers la baisse de la production européenne de l'aquaculture d'eau douce en Pologne, des augmentations ont été enregistrées dans ce secteur en raison de l'énorme production de la truite et des captures stabilisées de la carpe. Davantage de développement de l'aquaculture polonaise d'eau douce se heurte à une série d'obstacles écologiques, économiques, technologiques et sociaux. C'est en grande partie le résultat de la transformation socio-économique qui a eu lieu en Pologne ces dernières années. L'accession à l'Union Européenne a eu, aussi, des implications sur le secteur.

    Durant ces dernières années, la pêche et l'aquaculture intérieures en Pologne ont été généralement caractérisées par les tendances suivantes:
    • La modernisation progressive et notoire des fermes aquacoles, en particulier celles de l'élevage de la truite.
    • La demande croissante de matériel d'empoissonnement des eaux superficielles en raison de l'importance croissante de la pêche à la ligne (économiquement aussi). Ceci stimule le développement des écloseries et des unités d'élevage de la carpe et de la truite équipées de système de recyclage moderne.
    • La diversification des activités économiques, y compris le développement des entreprises spécialisées dans la post-production, telles que le tourisme, l'agro-tourisme et les zones spéciales de pêche.
    • Le développement des petites unités locales de transformation des poissons en entreprises qui sont conformes aux normes de l'Union Européenne (y compris la mise en application du système d'assurance de la qualité d’HACCP ou Système d'analyse des risques - points critiques pour leur maîtrise).
    Une analyse SWOT, (de l'anglais Strengths (forces), Weaknesses (faiblesses), Opportunities (opportunités), Threats (menaces)), donne une image claire de la pêche et de l'aquaculture polonaises.

    Les forces du secteur sont:
    • Le processus de transformation des exploitations piscicoles est achevé.
    • Sur une échelle européenne, le niveau d'éducation et de science dans le domaine de l'aquaculture est élevé.
    • Des signes d'intérêt croissant envers les entreprises de pêche sont manifestés.
    • La diversification des activités économiques des exploitations piscicoles.
    • L'aquaculture d'eau douce polonaise ne compromet pas trop l'environnement (les fermes de carpe adoptent le système d'élevage extensif ou semi-intensif, alors que les fermes de truite sont équipées de système moderne et efficace de traitement d'eau).
    Les faiblesses sont:
    • Le sous investissement dans plusieurs fermes, principalement celles de la carpe, qui engendre une situation technique des unités de plus en plus faible (actifs durables).
    • La consommation de poisson est faible - c'est en grande partie une répercussion des revenus bas de la majeure partie de la société.
    • L'inexistence de commercialisation des produits aquacoles, particulièrement la carpe. L'efficacité du marketing est clairement apparente dans le cas des campagnes publicitaires de la truite arc-en-ciel subventionnées par l'Association polonaise de la pêche, Filiale des producteurs des Salmonidés. Malgré le fait qu'elles soient limitées dans le choix et la gamme, un intérêt considérable chez le consommateur de ces espèces est constaté dans les régions où la campagne publicitaire est menée.
    • Le manque de statistiques fiables sur le marché des poissons, la consommation de poisson et l'analyse économique qui prend en compte les macro-tendances.
    • Plusieurs propriétaires des exploitations piscicoles sont peu disposés à se restructurer dans des organisations (y compris les organisations de producteurs).
    • La rentabilité de la production est médiocre: bien que les prix de l'énergie et des aliments aient augmenté, les prix du poisson sont restés stables pendant plusieurs années.
    • Peu de recherche scientifique est appliqué directement dans les activités aquacoles. Étant donné qu’en Pologne, l'aide financière consacrée à la science est modeste, il est essentiel de trouver de nouvelles ressources pour ce type de recherche et d'encourager les initiatives privées. De toute évidence, dans le climat financier actuel, l'entrepreneur privé ne peut pas supporter les coûts de la recherche et développement (les grands fabricants des aliments de poissons restent une exception). Une solution peut émaner des initiatives sociales sous forme de fonds de recherche.
    Les opportunités sont:
    • Sensibiliser davantage les gens sur les habitudes alimentaires saines, qui impliquent une plus grande consommation des poissons et des produits de la pêche.
    • Accroître la demande du matériel d'empoissonnement des eaux superficielles (valoriser l'importance de la pêche à la ligne).
    • Utiliser efficacement le fonds structurel de l'Union Européenne - l'Instrument Financier pour l’Orientation de la Pêche (IFOP/FIFG) - pour fournir de l'aide financière partielle au secteur de la pêche et de l'aquaculture intérieures.
    • Prendre en considération la fonction écologique spéciale des étangs piscicoles qui procurent des habitats pour plusieurs espèces de flore et de faune en danger. Les impacts positifs des diverses formes de l'aquaculture sur l'environnement devraient être publiés et soutenus financièrement, même avec des fonds publics.
    Les menaces sont:
    • L'inexistence de système par lequel l'État compense financièrement les pertes encourues dans les activités de la pêche quand les mesures de protection des animaux sont adoptées.
    • Les importations «non contrôlées» des poissons (concurrence entre les saumons norvégiens et la truite arc-en-ciel).
    • La ségrégation parmi les unités aquacoles et la désintégration croissante de ce secteur, par exemple, le manque d'une politique de prix communs des poissons.
    • Le déclin dans la rentabilité de la production, notamment chez les producteurs de carpe.
    • Les pertes occasionnées par le braconnage amplifié (principalement parmi les fermes de carpe, particulièrement dans les régions avec un taux de chômage élevé).
    L'importance de l'aquaculture dans le développement socio-économique des régions rurales en Pologne ne peut être sous-estimée. Contrairement au tourisme, elle procure de l'emploi tout au long de l'année. Le futur du secteur dépendra de l'habileté avec laquelle la variété des produits se multiplie, des méthodes de production de matériel d'empoissonnement pour les espèces demandées par les organismes de pêche à la ligne et tout autre locataire à bail des eaux superficielles, et l'élargissant de la gamme des services, tels que la pêche à la ligne récréative (les zones de pêche spéciales). Le succès peut être assuré grâce à la co-coordination des activités des producteurs de poissons, de l'administration d'État, et des organismes responsables de la protection de l'environnement. La Stratégie Nationale du Développement Rural (de la pêche) 2007-2013 inclut, entre autres, les priorités suivantes:
    • Augmenter la rentabilité du secteur dans son ensemble.
    • Réduire les impacts de la pêche sur l'environnement et promouvoir les technologies non nuisibles à l'environnement.
    • Développer l'aquaculture et la pêche continentales.
    • Améliorer la qualité des produits de la pêche, y compris l'assurance de la sécurité alimentaire pour les consommateurs.
    • Promouvoir la connaissance scientifique et les nouvelles technologies.
    Références
    Bibliographie
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    MARD, Ministry of Agriculture and Rural Development . 2000 . Structural policy in the fisheries sector in 2000–2006. Manuscript, Warsaw, 42 pp. (in Polish).
    MARD, Ministry of Agriculture and Rural Development .2002 . Operational Program for Sectors – Fisheries and processing 2004–2006. Manuscript, Warsaw, 83 pp. (in Polish).
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    SYRP, Statistical Yearbook of the Republic of Poland 2004. Statistical Publishing Establishment, Warsaw.
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