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Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Le Sénégal est situé à l’ouest du continent africain. Avec une superficie de 196 722 km2, sa population estimée en 2012 à 13 208 millions d’habitants est inégalement répartie, passant d’une densité de 9 habitants/km2 à l’est, à 2 710 habitants/km2 à l’ouest. Le climat tropical sec est caractérisé par deux saisons : une saison sèche de novembre à juin et une saison des pluies de juillet à octobre. Les principales activités sont l’agriculture, la pêche et l’industrie.
    Pour ce qui est de l’aquaculture elle est très modeste, moins de 1 500 tonnes même si le pays dispose de grandes potentialités pour son développement. Le Sénégal dispose d’un réseau hydrographique composé du fleuve Sénégal (1 700 km), de plans d’eau saumâtres constitués par les fleuves Casamance, Sine Saloum et Gambie, des plans d’eaux intérieures dont le Lac de Guiers, la vallée du Ferlo, la rivière du Kayanka avec l’Anambé et d’importantes ressources en eaux souterraines, le tout estimé à 35 milliards de m3 en plus de 700 Km de côte marine. La pêche de capture enregistre une baisse assez conséquente liée à une modification de la productivité des écosystèmes aquatiques Elle emploie environ 600 000 personnes et contribue à hauteur de 1,8 pour cent du PIB en 2013.
    Le Gouvernement du Sénégal, conscient du rôle stratégique de l’aquaculture pour pallier au gap des pêches de capture, s’est engagé à développer ce sous-secteur avec la création en 2006 de l’Agence Nationale de l’Aquaculture (ANA) en charge de conduire la mise en œuvre de la politique aquacole au Sénégal. A cet effet, avec l’appui de la FAO, l’ANA s’est dotée d’outils de planification (Plan Stratégique Opérationnel (PSO); Plan d’Investissement (PI) pour les PME aquacole, cadre juridique et fiscal propice au développement de l’aquaculture nécessaires à la conduite d’activités aquacoles durables sur toute l’étendue du pays.
    Pour illustrer davantage la volonté de l’Etat du Sénégal, on note l’inscription de l’aquaculture parmi les 6 secteurs prioritaires et dans les 27 projets phares moteurs de création d’emplois et de richesses, capables d’impulser la croissance du pays du Plan Sénégal Émergent (PSE). Ce Plan est aujourd’hui le seul document de référence en matière de développement économique et social du Sénégal à l’horizon 2035. Il a pour objectif de produire 30 000 tonnes avant 2018 et 50 000 tonnes avant 2023.
    Historique et aperçu général
    Le Sénégal est un pays de longue tradition de pêche avec des captures moyennes de produits halieutiques de 400 000 tonnes par an et a créé 600 000 directs et indirects. La pêche continentale produit aujourd’hui moins de 20 000 tonnes par an.
    Pour ce qui est de l’aquaculture, les premiers essais ont été réellement enregistrés pendant les années 80 au niveau de la vallée du fleuve Sénégal. Les principaux acteurs étaient les villageois encadrés par les volontaire américains dans le cadre de la coopération avec les Etats Unis. Cependant il est bien de noter que des initiatives sur l’ostréiculture ont été notées depuis les années 1900 et la pisciculture extensive au sud du Sénégal intégrée aux activités rizicoles des paysans. Ces nombreuses initiatives n’ont connu de succès à cause de problèmes technique, de priorité nationale, de commercialisation, etc.

    Aujourd’hui avec la prise en compte de l’aquaculture dans les politiques de développement socioéconomique du pays, la Direction de la Pêche Continentale et de l’Aquaculture (DPCA) a été créée en 2000. Par souci d’efficacité, l’Etat du Sénégal a créé l’Agence pour la Promotion de l’Aquaculture (APA) en 2006 devenue l’ANA en 2011.
    Avec l’appui de la FAO, l’ANA s’est de documents de base pour le développement de l’aquaculture au Sénégal à savoir des directives techniques, un plan stratégique opérationnel, un modèle d’investissement pour les PME aquacoles, un cadre juridique, réglementaire, fiscal et douanier. Aujourd’hui la production aquacole du Sénégal est passée de 334 tonnes en 2011 à 1095 tonnes en 2014. Cette production concerne le tilapias du nil, saumâtre, le clarias, les crocodiles, les moules, les huitres, les micro et macro algues. La majorité de la production vient de la pisciculture avec 69,4 pour cent du total de la production dont 51 pour cent sont produites en étang. Les élevages de type semi intensif sont les plus s utilisé est semi intensif.
    Ressources humaines
    Le nombre total de personnes impliquées dans le sous-secteur de l’aquaculture de manière directes et indirect est estimée à 524. Dans ce total on dénombre au sein de l’ANA, 20 encadreurs dont 13 cadres de niveau ingénieur et 7 techniciens. En plus de ces biologistes, il existe deux économistes, 1 docteur vétérinaire, 2 techniciens aménagistes en aquaculture et des ouvriers aquacoles. Il est bien de noter qu’il existe d’autres compétences diverses (niveau agent technique à docteur) au moins 40 au niveau national dans le domaine de l’aquaculture répartie dans certains services de l’Etat, programmes et projets aquacoles. Parallèlement, près de 418 diplômés en pêche et aquaculture issus des universités et écoles sont à la recherche d’emploi. Concernant le genre, les hommes représentent au moins 90 pour cent par rapport aux femmes.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Pour assurer un encadrement rapproché des populations et exploiter au meiux les potentialités du Sénégal en matière d’aqauculture, l’ANA a entrepris un programme de déconcentration au niveau national avec la création de 4 antennes (Antenne Nord, Centre, Est et Sud) et des bureaux régionaux (Richard Toll, Matam, Sédhiou, Bakel et Kédougou). La zone nord est la plus importante en termes de superfice suivie de la zone Est , de la zone centre et de la zone sud. Chaque antenne est dirigée par un ingénieur en aqauculture secondé par un technicien et les bureaux régionaux soint dirigés par des techniciens supérieurs en pêche et aqauculture.

    Plus de la moitié de la prodution piscicole du Sénégal est issue de la zone nord grâce à sa station piscicole qui assure l’essentielle de la production d’alevins en plus de la présence du plus grand fleuve du Sénégal avec une longuer de 1 100 km. Elle est suivie de la zone sud qui regorge d’énormes potentialités en aqauculture d’eau saumâtre. Par rapport aux huitres la zone centre domine suivie de la zone sud qui represente 35 pour cent de la prodcution ostréicole du Sénégal, 232 tonnes. Les systèmes de production sont en majorité constitués des étangs qui sont plus concentrés au nord du pays.
    Espèces cultivées
    Les principales espèces élevées au Sénégal sont la tilapia du Nil (Oreochromis niloticus), la tilapia du Mozambique Oreochromis mossambicus, les clarias, les crocodiles, les mollusques, les crustacés, les micro et macro algues. Des recherches sont en cours sur des espèces comme la daurade et les espèces ornamentales. Les huitres sont les premières espèces élevées au Sénégal suivie du Tilapia d’eau douce et saumâtre. Les algues et les crocodiles constituent les dernières espèces enregistrées. Quant aux crevettes, hormis le petit projet de recherche avec le Macrobrachium Vollenhovenii pour lutter contre la bilharziose au Sénégal, il n’existe pas de crevetticulture même si des projets de crevettes ont vu le jour vers les années 80 et 2005. Actuellement des souches améliorées d’huitres triploïdes sont élevées au centre du Sénégal à Somone. Dans le cadre de la coopération avec le Royaume de la Thailande, le Sénégal dispose d’un stock de 2 000 géniteurs de tilapias du Nil amélioré en 2010. Cette souche est stockée au niveau de la station piscicole de Richard Toll (première au Sénégal) pour sa reproduction et les alevins sont uniquement destinés aux fermes en bassins pour un meilleur contrôle. Pour ce qui est du repeuplement, seuls les tilapias sont utilisés dans les plans d’eau intérieurs.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    L’aquaculture est considérée par plusieurs couches de la population comme moyen de lutte contre l’insécurité alimentaire, création d’emplois et augmentation de revenus. Actuellement, les types des systèmes aquacoles pratiqués au Sénégal sont:
    • La pisciculture extensive au niveau des plans d’eau naturels (bassins de rétentions, marres, barrages, etc.) cette forme de pisciculture vient en appoint à la pêche continentale et aide les communautés rurale d’avoir accès aux poissons.
    • La pisciculture semi-intensive pratiquée au niveau des fermes communautaires et privées (PME en cages, enclos, étangs et/ou bassins).
    • L’ostréiculture artisanale est progressivement en modernisation avec un grossissement en pochons et en lanternes qui donnent des produits de meilleure qualité.
    • La culture de la spiruline est exploitée en bassins et les macroalgue extraites dans l’océan Atlantique au niveau de la capitale.
    • L’approvisionnement en aliment des fermes piscicoles est assuré par l’importation et les fabrications locales d’aliment à partir des sous-produits agricoles locaux. Ces dernières années la fabrication d’aliment local avec de petites unités achetées par l’ANA assurent l’approvisionnement des fermes. Une unité industrielle sera installée en 2015 dans la cadre de la mise en œuvre du projet d’appui à l’emploi des jeunes et des femmes financés par la Banque Africaine de Développement (BAD).
    • L’essentiel du matériel d’exploitation est acheté au niveau local au prés de fournisseurs.
    • Les aménagements des infrastructures aquacoles sont mises en place par des entreprises spécialisées de plus en plus dans le domaine.
    Performance du secteur
    Production
    L’évolution de la production du Sénégal entre 2011 et 2014 est consignée dans le tableau suivant:
    Filières de production Production (Tonnes)
    Production (tonnes) 2011 2012 2013 2014
    1. Poissons de consommation 193,3 176,1 495 761
    ·Etangs 11 80 237  393 
    ·Cages 8,5 40,9 98 
    ·Bassins en béton 0,6 3  21
    ·Enclos 0,1 3  9 12 
    ·Stations 2,7 27  62 86 
    ·Bassins de rétention 170,4 22,2 68 254 
    2. Poissons ornementaux 23 27 20 2
    3. Huîtres 118,2 168,2 161,6 232
    4. Moules     28 14
    5. Algue macro avec des cordes       67
    Micro algue en bassins       3
    6. Crocodile bassins       16
    Total 334,5 371,3 704,6 1 095
    La production enregistrée en 2014 est de 1 095 tonnes contre 704,6 en 2013 soit une augmentation de 55, 4 pour cent. Le concours des efforts entrepris par l’agence (augmentation des moyens d’intervention des antennes et bureaux régionaux, développement du partenariat, diversification des espèces, appui à la recherche, formation des acteurs) a permis d’accroitre significativement la production.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Sénégal (d'après les statistiques de la FAO):

    :
    :
    Marché et commerce
    Les produits aquacoles sont vendus sur le marché local qui aspire la totalité de la production actuellement. Toute la production aquacole est consommée au frais et elle est trop négligeable par rapport à la pêche de capture. Si la production devient plus importante, le marché sous régional et l’export sont envisagés. Il est important de mentionner que la commercialisation n’est bien maitrisée par les fermiers. Ils sont souvent venus en aide par l’ANA faute de moyens de transport ou limité en termes de sens de business en aquaculture. Toutefois, il existe de plus en plus des promoteurs privés positionnés pour la vente des produits aquacoles. Dans la nouvelle stratégie de commercialisation qui sera mise place, les coopératives de commercialisation seront chargées de faire le « marketing » et la prospection des marchés les plus intéressants. En effet, l’expérience montre que la qualité des produits aquacoles donne de réelles possibilités de franchir les circuits de vente habituels du poisson (marchés centraux, marchés de demi-gros) et de pénétrer directement de nouveaux circuits comme les super marchés en misant sur leurs exigences de qualité. L’ANA est entrain de faire des démarches pour la certification des produits en plus des études sont en cours pour la caractérisation des zones de production des coquillages.
    Contribution à l'économie
    La contribution totale de l'aquaculture à l'économie Sénégalaise est très faible voir négligeable. Elle est différente de la pêche qui contribue environ pour 1,8 pour cent au PIB total du pays et pour 12 pour cent au PIB du secteur primaire. La plupart des fermiers aquacoles pratiquent des activités à petite échelle. Cependant, les revenus créés grâce aux activités aquacoles permettent d’augmenter leurs pouvoirs d’achat et lutter contre la pauvreté. Les revenus additionnels ainsi obtenus permettent l’achat de plus de produits alimentaires variés et accéder à un aliment équilibré et lutter contre la malnutrition. L’aquaculture au Sénégal est considérée aujourd’hui comme un moyen la création d’emplois bien rémunérateurs.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    L’Agence Nationale de l’Aquaculture est chargée de mettre en œuvre la politique nationale de développement de l’aquaculture au Sénégal. Elle est placée sous la tutelle sous tutelle du Ministère de la pêche et de l’Economie Maritime et est administrée par 2 organes : le conseil de surveillance et la direction générale qui comporte 4 directions. L’ANA dans son appui aux privés, réalise les actions suivantes:
    • Identifier et mettre en valeur des sites favorables à l’aquaculture marine et continentale.
    • Sensibiliser et encadrer les porteurs de projets d’entreprises dans les différents segments de la filière aquacole.
    • Renforcer les capacités de gestion des professionnels de l’aquaculture, notamment aux plans technique, financier, commercial et organisationnel.
    • Appuyer à l’aménagement des fermes de productions aquacoles.
    • Assurer, en partenariat avec les structures spécialisées, les services de contrôle de la qualité requise pour les entreprises aquacoles.
    • Rechercher des investisseurs nationaux et étrangers pour la filière aquacole.
    • Promouvoir la coopération internationale en aquaculture.
    Règlements en vigueur
    Le sous secteur de l’aquaculture est régi par le projet de code l’aquaculture élaboré depuis 2010 avec l’appui de la FAO permet de mettre en place un cadre législatif nouveau pour régir les activités aquacoles dans les milieux marin et continental. Il définit les conditions d’octroi de permis d’exploitation, l’obligation de sauvegarde de l’environnement, la protection de la biodiversité aquatique, la prévention des risques zoo sanitaires et phytosanitaires, l’hygiène des produits, les procédures administratives, les infractions et leurs sanctions. Ce projet de code est déjà passé en conseil des ministres le 3 janvier 2013 à l’issue duquel des observations ont été apporté par les différents ministres. Le conseil avait décidé d’intégrer les observations avant un nouveau passage en conseil. Actuellement, le code est à la primature pour un second passage en conseil des ministres avant vote par l’assemblée et promulgation.

    Il est important de noter que la loi n° 98-32 portant Code de la pêche maritime et le décret nº 98-498 fixant les modalités d'application du Code de la pêche maritime a des dispositions par rapport à l’aquaculture notamment aux conditions de mise en place d’un établissement d’élevage d’espèces marines.

    Pour obtenir davantage d’informations sur la législation en vigueur dans le secteur de l’aquaculture en Sénégal, veuillez cliquer sur le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture - Sénégal.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les structures nationales de formation en aquaculture du Sénégal sont: l’Institut Universitaire des Pêches et Aquaculture (IUPA), l’Université Gaston Berger (UGB), le Centre National de Formation des Techniciens des Pêches et de l’Aquaculture (CNFTPA), etc. mettent à la disposition du sous secteur de l’aquaculture des professionnels ayant des qualifications de différents niveaux : Agents techniques (BFEM+3), Techniciens supérieurs (BAC+2), Ingénieurs (BAC+5) et de Docteurs (BAC+8). En plus, il existe des structures exclusives de recherche dont les activités concernent directement ou indirectement l’aquaculture. Elles sont appuyées par le gouvernement avec des dotations annuelles et des partenaires techniques et financiers, des ONG sur les voltes équipements, renforcement de capacités ou des sujets de recherche conjoints

    Structures de recherche et de formation
    Nom Type de structure Diplômes délivrés
    Ecole Supérieure polytechniques (ESP) Formation Ingénieurs en génie civil
    Centre National de Formation Technique en pêche et Aquaculture (CNFTPA) Formation Agents techniques et techniciens supérieurs
    Institut Universitaire de Pêche et d'Aquaculture (IUPA) Formation et Recherche Ingénieurs en pêche et aquaculture, Master en Gestion des écosystèmes aquatiques
    Université Gaston Berger (UGB) Formation et Recherche Masters, Licence professionnelle
    Centre de recherche Océanographique Dakar Thiaroye (CRODT) Recherche Pas de Diplôme
    Institut Fondamental d'Afrique Noir (IFAN) Recherche Pas de Diplôme
    Institut Technologique Alimentaire (ITA) Recherche Pas de Diplôme
    Hygiène et Industries des Denrées Alimentaires d'Origine Animales(HIDOAO) Recherche Pas de Diplôme
    Institut de Recherche pour le Développement (IRD) Recherche Pas de Diplôme
    Tendances, questions et développement
    Depuis quelques années, apparaissent de nouveaux défis auxquels le Sénégal doit faire face à savoir : l’émergence économique, l’optimisation de la politique énergétique, l’adaptation aux changements climatiques, la sécurité alimentaire, l’emploi des jeunes, la paix et la sécurité. Ces défis appellent à la formulation et la mise œuvre d’une Stratégie Economique et Sociale susceptible de pouvoir améliorer les niveaux de croissance économique et d’inscrire le Sénégal dans une perspective de développement durable. C’est ce qui justifie la prise en compte de l’aquaculture dans les politiques de développement socioéconomique du pays, la Direction de la Pêche Continentale et de l’Aquaculture (DPCA) a été créée en 2000 suivi de la création de l’Agence pour la Promotion de l’Aquaculture (APA) en 2006 devenue l’ANA en 2011. Avec l’appui de la FAO, l’ANA s’est de documents de base pour le développement de l’aquaculture au Sénégal à savoir des directives techniques, un plan stratégique opérationnel, un modèle d’investissement pour les PME aquacoles, un cadre juridique, réglementaire, fiscal et douanier. On note aussi au niveau politique que l’aquaculture constitue une des grappes dans la Stratégie de Croissance Accélérée (SCA), considérée comme le premier pilier de la Stratégie Nationale pour le Développement Economique et Social (SNDES : 2013-2017) qui obéit à la volonté politique d’inscrire le Sénégal sur la trajectoire de l’émergence. Elle obéit à la volonté politique d’inscrire le Sénégal sur la trajectoire de l’émergence et à la nécessaire prise en compte des préoccupations des populations. Cette stratégie nationale qui se veut réaliste et innovante, est le cadre de référence pour tous les acteurs du développement. Elle repose sur trois axes stratégiques et l’aquaculture est positionnée dans l’axe 1, « Croissance, productivité et création de richesses ».

    Récemment, dans le cadre du Plan Sénégal Emergent (PSE), document de référence actuel de l’Etat en matière de politique de développement économique et social, l’aquaculture, l’aquaculture fait partie des priorités. Ce document a pour vision d’accélérer la croissance économique du Sénégal avec un fort impact sur le développement humain et l’un de ses objectifs est d’instaurer une aquaculture commerciale compétitive et en mesure de nourrir le Sénégal avant 2018. Le PSE ambitionne une production aquacole qui pourrait contribuer à hauteur de 10 pour cent du volume total des pêches de capture autrement dit près de 40 000 tonnes de produits halieutiques et la création de 20 000 emplois au Sénégal avant 2023. Au niveau sectoriel, l’aquaculture est prise en compte dans la lettre de Politique sectoriel de la pêche et de l’aquaculture et de celle du Secteur de l’Environnement et des Ressources Naturelles (LPSERN), révisée en 2012 lors du passage de l’ANA au niveau de l’environnement. Par rapport à la production aquacole du Sénégal on note une amélioration car elle est passée de 334 tonnes en 2011 à 1095 tonnes en 2014. Cette production concerne le tilapias du Nil, saumâtre, le clarias, les crocodiles, les moules, les huitres, les micro et macro algues. La majorité de la production vient de la pisciculture avec 69,4 pour cent du total de la production dont 51 pour cent sont produites en étang. Les élevages de type semi intensif sont les plus s utilisé est semi intensif.

    Aujourd’hui avec la baisse des captures de pêche et les effets des changements climatiques la nouvelle tendance est le développement de l’aquaculture par le secteur privé et les communautés. De nombreux organismes, service de l’Etat et programmes incluent l’aquaculture dans leurs activités pour d’avantage contribuer à la sécurité alimentaire et à a création d’emplois. Pour une aquaculture durable et rentable, le Sénégal est entrains de faire des efforts pour inciter le secteur privé à investir dans le domaine de l’aquaculture. L’Etat pour sa part attribue de plus en plus des moyens à la structure en charge de l’aquaculture pour une bonne exécution de sa politique. La politique accorde beaucoup d’importance au repeuplement des plans d’eau pour redynamiser la pêche continentale qui en déclin. Les différentes écloseries gérées par l’Etat ont des programmes annuels de valorisation des plans d’eau.

    Les ambitions du PSE en matière de développement de l’aquaculture sont réalisables car le Sénégal dispose de beaucoup d’atouts favorisant diverses opportunités d’investissement dans ce domaine.
    • Une volonté politique affichée par les autorités politiques par rapport au développement du sous-secteur aquacole.
    • L’existence de conditions climatiques favorables et d’un réseau hydrographique dense (fleuves et affluents, lacs, mares, terres argileuses, terres salinisées impropres à l’agriculture, estuaires à mangrove, plus de 700 Km de côtes).
    • L’existence de sous-produits agricoles pour la formulation et fabrication d’aliments de poisson (son de riz et de mil, tourteau d’arachide, drêches de tomates, farines d’os, de poisson, de sang etc.).
    • L a présence de marchés national et international.
    • L’existence d’institutions de formation et de recherche en aquaculture (IUPA, UGB, CNFTPA, UASZ, EISMV, CRODT, IRD, …).
    Les perspectives de l’aquaculture Sénégalaise sont:
    • Incitation du secteur privé.
    • Mobilisations des ressources pour atteindre les objectifs du PSE.
    • Renforcement du partenariat public privé.
    • Renforcement des services d’encadrement technique, de formation et de recherches.
    • Adoption du code de l’aquaculture.
    • Développement de l’aquaculture marine.
    Références
    Bibliographie
    Projet TCP/SEN/3102 : Appui à la formulation des directives techniques et d'un plan d'investissement en pisciculture pour les petites et moyennes entreprises. FAO, 2008.
    Projet TCP/SEN/3103 : Mission de formulation d’un Plan stratégique opérationnel et des cadres juridiques, fiscal et douanier en matière d’aquaculture. FAO, 2008.
    Directives techniques, plan stratégique opérationnel de développement de l’aquaculture, cadre juridique (code de l’aquaculture) et cadre fiscal et douanier pour le développement des petites et moyennes entreprises piscicoles. FAO/Sénégal, 2008.
    Historique de l’aquaculture au Sénégal. FAO/Sénégal, In. Projet TCP/SEN/3102, 2009.
    Projet TCP/SEN/3305. Appui au renforcement des capacités de production d’intrants pour un développement durable de l’aquaculture en eau douce. FAO, 2012.
    Projet TCP/SEN/3307. Appui au renforcement des capacités de production d’intrants pour un développement durable de l’aquaculture en eau saumâtre. FAO, 2012.
    Rapport d’activités ANA 2014
    Liens utiles
     
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