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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Historique et aperçu général
    2. Ressources humaines
    3. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    4. Espèces cultivées
    5. Pratiques et systèmes d‘élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Historique et aperçu général
    Vers la fin des années 60, une famille australienne a démarré une ferme pour l’élevage de deux espèces d’huîtres perlières Pinctada margaritifera et P. maxima, qui ont été collectées des gisements naturels par un engin de pêche appelé hookah et elles ont été, ensuite, placées dans des cages à filet déployées sur le fond marin. Ces deux espèces d'huîtres perlières sont indigènes et sont généralement trouvées dans le Pacifique où elles sont élevées pour l’extraction de leurs perles qui ont une grande valeur. La famille d'origine avait installé sa ferme sur l'île de Waghena (dans la province de Choiseul), mais cette dernière a fermé ses portes aux années 70 à cause du bas prix des perles en ce temps.

    Le Département des Pêches sous les auspices du Ministère des Ressources Naturelles a été établi en 1972 suite à une demande des sociétés de pêches japonaises, en particulier les hauturières et les bateaux de pêche à la ligne qui naviguent de longues distances pour capturer le thon bonite (Katsuwonus pelamis). Ces navires fonctionnent normalement en utilisant des bacs de circulation d'eau de mer contenant l’appât vivant employé pour attraper le thon bonite et il n'était pas très économique pour ces navires de retourner jusqu’au Japon pour s’approvisionner en appâts vivants chaque fois que le stock est épuisé. Par conséquence, ils étaient intéressés à établir une base dans les îles Salomon si l'appât vivant pouvait être pêché dans les lagunes entourant ces îles. Une prospection a été effectuée avant la création du Département des Pêches désigné pour gérer les activités de pêche dans le pays y compris celles de l'aquaculture.

    L’aquaculture, activité importante pour les îles Salomon, a débuté aux années 80 quand une ferme aquacole privée de crevette rose appartenant à un fermier australien et créée en 1983 à l’Ouest de Guadalcanal à environ 25 kilomètres de la capitale principale d’Honiara. Trois étangs ont été construits et les larves de crevette rose importées d'Australie, y ont été élevées. Après le succès de cette ferme, une deuxième ferme de crevette rose a été établie à Niu à l'ouest d’Honiara; en partie par des hommes d'affaires chinois locaux. En raison d'un manque de connaissance en aquaculture, le Département des Pêches a dirigé les activités en émettant des licences opérationnelles semblables à celles données aux bateaux de pêche à la ligne. À ce moment-là, et comme le Département était concentré sur le thon, les données rassemblées sur l'aquaculture étaient limitées, néanmoins, plus de 37 000 kilogrammes de crevettes roses exportés en 1998, ont été enregistrés.

    En 1984, le Centre International pour l’Aménagement des Ressources Aquatiques Vivantes et d’Aquaculture Côtière de l’(ICLARM) a été établi à Aruligo, à l’Ouest d’Honiara. L’ICLARM est une organisation à but non lucratif avec un siège social aux Philippines. Les objectifs principaux de l’ICLARM sont (ICLARM, 1997) de:
    • Mener directement et d'aider d'autres à entreprendre des travaux de recherche sur le poisson et d'autres organismes aquatiques, et ce pour toutes les étapes de production, gestion, préservation, distribution, et utilisation de poissons en vue d’aider les populations de part le monde à développer rationnellement leurs ressources aquatiques pour satisfaire leurs besoins nutritifs et économiques.
    • Améliorer l'efficacité et la productivité de l’élevage et des captures de pêche selon des programmes coordonnés de recherche, d'éducation et de formation, de développement et expansion de programmes.
    • Améliorer le statut social, économique et nutritionnel des peuples dans les pays les moins développés du monde par l'amélioration (à petite échelle) de la pêche de subsistance rurale et du marché.
    • Orienter les travaux vers le développement d’une part des systèmes employant une main d'oeuvre intensive pour créer des opportunités d’emploi et d’autre part des systèmes d'énergie minimale pour réduire les dépenses de capital et de coût.

    Entre 1988 et 1991, les premiers essais d’élevage sur la production d'algues ont été entrepris dans la lagune de Vona Vona dans la province occidentale, les activités du projet ont été effectuées avec l'aide de l'Administration de Développement d'Outre-mer (ODA) qui a fourni le financement pour le projet.

    Eucheuma sp a été élevée selon la méthode indonésienne (connue également sous le nom de la méthode surélevée ou la méthode à profondeur - fixe). Des taux de croissance élevés ont été atteints dans beaucoup de cas mais le broutage par les poissons herbivores a affecté les résultats de cet essai (Smith, 1991). D’autres essais ont été menés dans d’autres endroits, dans Rarumana où il n'y avait aucun broutage excepté les trois premiers mois de l'année (Smith, 1991), cependant, à cause des bas prix de l’algue, le projet est en arrêt pour le moment.

    Depuis ce temps, la section d'aquaculture du Département des Pêches et des Ressources Marines (DP et RM) a appuyé des projets aquacoles tels que le projet des algues et ce, avec des fonds rendus disponibles par l'Union Européenne (EU), ce projet a pu développer la culture des algues dans d'autres provinces des îles et à partir de 2003, plus de 20 tonnes d'algue sèche prête à l'exportation ont été produites.
    Ressources humaines
    En 2003, le section d'aquaculture a mis en application son programme de travail portant sur l'algue et jusqu'ici, les deux communautés ont tiré bénéfice du projet, la communauté de Rarumana (de plus de 2 000 habitants) était la première suivie par la communauté de Waghena (de plus de 3 000 habitants). La section d'Aquaculture emploie 5 personnes (dont trois à plein temps et deux étudiants contractuels à temps partiel) ainsi que cinq autres personnes qui sont indirectement impliqués dans le projet.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    L'élevage des algues est la seule activité actuellement pratiquée dans les îles Salomon avec le système d’élevage indonésien, utilisé dans la plupart des fermes aquacoles (Rarumana, Waghena et Malaita).
    Espèces cultivées
    Eucheuma sp est l’espèce d’algue rouge élevée. Elle a été introduite au pays en 1988. La culture des palourdes géantes a commencé avant la culture d’algue, mais elle a été arrêtée durant les tensions ethniques de 1999. Les espèces, Tridacna maxima, T. derasa, T. crocea, T. gigas, T. squamosa, et Hippopus hippopusont été élevées par, environ, 50 aquaculteurs. Ces espèces sont endémiques au pays.
    Pratiques et systèmes d‘élevage
    Le principal système d’élevage utilisé dans les îles Salomon est le modèle indonésien pour la culture d’algue, cependant; des systèmes de radeau sont également employés dans les régions où ce modèle n'est pas applicable.
    Performance du secteur
    Production
    En 2003, l'effort a été focalisé sur la production d’algues, le personnel du Département d’Aquaculture s’est impliqué intensivement dans la formation des aquaculteurs et dans la distribution des graines d'algue aux différentes provinces. Ce travail a débuté en 2001 dans Rarumana et la production en 2003 a atteint plus de 20 tonnes d'algue sèche de valeur approximative de 104 000 dollars EU. Le gouvernement a installé des centres d’achat dans les villages où les fermes aquacoles sont installées. On a accordé une licence d’achat d'algue sèche du projet d’élevage d'algue au profit d’un exportateur local puisqu'il n'y a pas de débouchée locale pour ce produit.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Îles Salomon (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Îles Salomon (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Actuellement le seul produit aquacole cultivé par les éleveurs de Rarumana et Waghena est l’algue sèche, le produit sec est acheté aux éleveurs à 2,00 SBD$/kg à travers le projet de culture d'algue et un exportateur local achète ce produit avec le même prix. L'exportateur local recherche un marché pour le produit, sous les règlements de pêche courants, les produits ne peuvent pas être exportés avant d’être certifiés.
    Contribution à l'économie
    L'aquaculture n'est pas une activité traditionnelle dans les îles Salomon, cependant, quand la Section d’Aquaculture a été créée en 2001, son but était de développer les activités alternatives qui pourraient assurer un revenu pour les communautés côtières qui comptent totalement sur les ressources côtières pour leur vie quotidienne. En raison de cette dépendance, la plupart des ressources côtières (concombre de mer, palourde géante et le coquillage de grande valeur) sont entièrement exploitées sinon surexploitée. Quelques communautés tirent bénéfice actuellement de la collecte d’algue. La création actuelle des fermes de culture d'algue dans quelques communautés a permis à quelques familles d'assurer leurs besoins les plus élémentaires tels que les vêtements et l’éducation.

    Pour son plan de développement, la Section d’Aquaculture s’est fixé les objectifs suivants:
    • Chercher des fonds pour une nouvelle écloserie.
    • Sensibiliser les habitants ruraux en soulignant l'importance de l'aquaculture comme méthode de pêche durable des ressources disponibles limitées.
    • Former les habitants ruraux dans l’élevage à petite échelle comme moyen de générer un revenu pouvant couvrir les besoins des familles tels que la nourriture, les vêtements et l’éducation.

    Les cultures d’algue à petite échelle, de palourde géante, de corail, et des huîtres perlières, ont été décrites comme des ressources potentielles pour:
    • Développer, dans le futur, une recherche conjointement avec le secteur privé par le biais de nouveaux projets d’aquaculture.
    • Encourager le nouveau gouvernement à donner la priorité aux projets aquacoles.
    • Engager les communautés ménagères aux activités d’aquaculture durable pour réduire la pression exercée sur les ressources côtières.
    • Instaurer des réglementations en aquaculture.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    La Section d’Aquaculture a établi, en 2001, un cadre dans lequel le Département des Pêches a pris la responsabilité de la section, les fonctions de la section sont fondamentalement en faveur de l'aquaculture dans le pays et font participer la population locale dans les projets d'aquaculture. D'autres principales responsabilités prévoient de:
    1. Fournir l'appui nécessaire au secteur privé.
    2. S'assurer que l'activité d'aquaculture est durable.
    Règlements en vigueur
    Actuellement il n'y a aucune réglementation relative à l'aquaculture, cependant, les ébauches de réglementations d’aquaculture de 2002 ont été rédigées par la Section d'Aquaculture en coopération avec le conseiller juridique de pêche du gouvernement. L'ébauche a été distribuée pour être commentée, il est important que les réglementations concernant les activités aquacoles, soient formulées de sorte que les directives et les règles puissent être mises en application dans le futur. L'ébauche courante de la nouvelle réglementation est maintenant entre les mains de la Chambre Légale et quand la consultation sera conclue, le Ministre du DF et MR devrait alors procéder de sorte que les réglementations d'aquaculture de 2002 soient officielles.

    Pour plus d'information sur la législation d'aquiculture en les Îles Salomon cliquez sur le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture - Îles Salomon (en anglais)
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Le DF et le MR ont signé un accord avec le Centre Mondial de Poissons (ICLARM) basé dans les îles Salomon pour continuer la recherche sur les ressources côtières. La recherche réussie durant les années 80 a eu comme conséquence la culture des palourdes géantes et l'exportation des juvéniles par environ 50 éleveurs de palourdes.

    Pendant ces années, des milliers de juvéniles de palourdes ont été produits et vendus annuellement à un marchand d'aquarium à Honiara qui exporte principalement vers la côte occidentale des Etats-Unis et vers l'Europe. Une petite quantité de coquilles et de produits d’artisanat sont également vendus à la fois à l’intérieur du pays et à l’extérieur, des efforts sont également fournis pour identifier les possibles marchés pour les grandes palourdes cultivées de T. derasa, en tant que viande surgelée dans l'Okinawa et en tant que palourdes vivantes au Taiwan, à Hong Kong et à Pékin avec des essais d’expéditions ayant déjà eu lieu. Entre 1997 et 2000, environ 50 619 de palourdes cultivées ont été exportées et le montant du revenu est de 455 606SB$. Les fermes aquacoles des palourdes géantes ont cessé leur production quand l'écloserie d'ICLARM' a été détruite en 1999 durant la guerre ethnique.
    La Section d'Aquaculture en collaboration avec le Secrétariat de la Communauté Pacifique (SPC), l'Université du Pacifique du Sud (USP) et l’ICLARM sont actuellement entrain de travailler ensemble sur le renforcement des capacités de l'aquaculture, cependant, il n'y a aucune école technique assurant la formation en aquaculture dans les îles Salomon.
    Tendances, questions et développement
    Comme mentionné, l'aquaculture n'est pas une tradition pour les habitants des Iles de Salomon et la plupart des activités d'aquaculture ont été installées récemment par les investisseurs étrangers, cependant, le gouvernement de l'île s’est rendu compte de l'importance de ce secteur dans la génération des revenus et a donné des instructions générales dans le Plan de Développement National de Pêche :

    Instructions Générales de Pêche: La mer est l'une des sources principales dans les îles Salomon et le gouvernement s'engagera dans un programme intégré pour une maximisation du revenu national par la récolte des ressources marines. L'accent sera mis sur la gestion efficace et l'utilisation durable rationnelle des ressources vivantes marines (SIG, 1995).

    La pêche aux îles Salomon est vitale et bien plus de 80 pour cent de la population satisfont leurs besoins en protéines des ressources marines, le pays tire également ses deuxièmes plus élevés revenus en devises étrangères de l'exploitation des ressources marines.

    Instructions Générales pour l’Aquaculture: Le gouvernement encourage l'aquaculture et facilite la participation locale; les zones potentiellement convenables seront examinées. (SIG, 1995).

    Le statut d'aquaculture a vu le jour en 2001 quand la Section nouvellement créée d'Aquaculture a été installée au sein du DF et le MR. Le développement de cette section s'est graduellement amélioré en association avec le développement du programme en cours sur l’algue coordonné par le Statut et la Planification du Département de la Section d'Aquaculture.

    Dans le cadre de ses plans stratégiques, la section a établit les priorités pour le développement d'aquaculture selon des critères qui assurent un développement écologique, facile à appliquer et à petits prix. Le développement des fermes d'algues a clairement montré l'interaction de l'aquaculture avec l'environnement, les communautés et le domaine des affaires et aide à l'accomplissement progressif de l'objectif de la section.

    La plupart des tentatives antérieures dans les activités aquacoles, telles que l’élevage de la crevette rose et de la palourde géante, ont été arrêtées à cause de la tension ethnique et la plupart des équipements aquacoles ont été détruits pendant ce temps. Par conséquent, la plupart des donneurs d'aide étaient peu disposés à soutenir le développement d'aquaculture et la plupart des investisseurs étrangers ont quitté le pays, et les nouveaux investisseurs étrangers sont encore hésitants d'investir. La Section d'Aquaculture recherche activement des solutions à ces problèmes et à l’identification des méthodes afin de développer les activités durables d'aquaculture.

    Le manque de savoir-faire et d'expertise sont des questions qui doivent être abordées en ce qui concerne le développement d'aquaculture, la formation du personnel en aquaculture est un aspect important pour le renforcement des capacités dans la section.

    Des conflits sur les terres et les récifs ont été toujours associés à tout développement dans les îles Salomon, le gouvernement reconnaît que la plupart des terres ont des propriétaires selon la coutume locale ainsi que les récifs de l'île. Le système d’occupation des terres dans les îles Salomon est organisé selon la coutume locale en propriété ou en terre enregistrée. Environ 87 pour cent des terres sont des propriétés selon la coutume locale, où un clan, une tribu ou une ligne possède la terre tandis que la terre enregistrée a son propriétaire et ses frontières enregistrés.
    Références
    Bibliographie

    CBSI. 2002. Central Bank of Solomon Islands Annual Report 2002. 107p

    ICLARM. 1997. ICLARM 1997 operational plan. International Center for Living Aquatic Resources management, Manila, Philippines.

    SIG. 1995. Development Plan 1995 - 2000. Honiara, Solomon Islands.

    Smith, M.T. 1991. Seaweed Farming Trials 1988-1991.

    SPC. 1998. Pocket Statistical Summary. Statistics Programme, Secretariat of the Pacific Community, Noumea, New Caledonia.
    Liens utiles
     
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