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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    On peut faire remonter les débuts de la mariculture moderne en Espagne à 1973 avec la création de deux entreprises privées, Finisterre Mar et Tinamenor, S.A., qui se sont alors lancées dans la conchyliculture. La production industrielle ne s’est réellement développée qu’au cours des vingt dernières années.

    Le formidable développement de l’aquaculture continentale qui se poursuit encore aujourd’hui s’est fondé dans un premier temps sur la production de truite grâce à la très bonne qualité des ressources en eau du pays. La culture d’autres espèces continentales s’est développée à plus petite échelle. Elle est répartie géographiquement selon les conditions environnementales et les habitudes de consommation des différentes régions. En ce qui concerne la mariculture, la production de poisson marin a connu une forte croissance au cours des dernières années. Cette croissance concerne principalement le bar et la dorade. La conchyliculture est quant à elle forte d’une longue tradition.

    La production aquacole espagnole s’est élevée à plus de 313 286 tonnes en 2003 que l’on peut décomposer comme suit: 279 895 tonnes d’espèces marines (89,3 pour cent de la production totale) et le reste, 33 391 tonnes, de produits de l’aquaculture continentale (correspondant à 10,4 pour cent de la production totale).

    Environ 70 pour cent de la production espagnole de moules est destinée à la consommation domestique. Le reste (environ 30 pour cent) est principalement exporté vers l’Italie et la France. En outre, 80 pour cent des poissons marins sont destinés au marché national et 45 pour cent des alevins produits en Espagne sont exportés vers les marchés européens. Au cours de la période 1998-2002, les importations de dorade ont été multipliées par 9,4. Elles sont passées de 1 175 tonnes en 1998 à 11 058 tonnes en 2002. Cette année-là, les importations espagnoles provenaient principalement de deux pays: la Grèce (9 072 tonnes) et le Maroc (983 tonnes).

    De façon générale, l’augmentation de la production aquacole exige une amélioration des systèmes de production actuels et une expansion de l’activité dans de nouvelles zones. Malgré cela, le marché espagnol participe pleinement à la crise de l’approvisionnement en poisson blanc du marché communautaire comme le montre la dernière étude sur le poisson blanc dans l’Union européenne réalisée par l’Association des industries de pêche de l’UE.

    A l’heure actuelle, plusieurs initiatives visant à encourager des systèmes de normalisation de la qualité dans le secteur aquacole sont en train d’être développées. Il en va de même avec l’étiquetage, les certifications environnementales, les appellations d’origine contrôlée, les indications d’origines géographiques protégées et les marques.
    Historique et aperçu général
    L’Espagne compte presque 8 000 km de côtes. Leur relief varié et leurs différentes conditions climatiques fournissent les caractéristiques physico-chimiques et environnementales nécessaires au développement de l’aquaculture marine. Le pays dispose aussi de nombreuses ressources en eau douce (fleuves, rivières, lacs et réservoirs) qui fournissent des conditions idéales pour le développement de l’aquaculture continentale.

    La première trace écrite d’une production continentale de poisson en Espagne remonte à 1129 lorsqu’une ferme piscicole fut construite en Galice à l’initiative de l’évêque Gelmírez. L’aquaculture industrielle a quant à elle réellement démarré en 1961. En 1964, la production annuelle de truite atteignait 25 tonnes. Elle n’a pas cessé de croître depuis et s’élevait à 35 284 tonnes en 2004.

    On peut faire remonter les débuts de la mariculture moderne en Espagne à 1973, lorsque deux entreprises privées, Finisterre Mar et Tinamenor, S.A. se sont alors lancées dans la conchyliculture. Toutes les entreprises créées jusqu’à la fin des années 1980 étaient principalement concentrées sur la recherche scientifique et le développement. L’activité industrielle à proprement parler ne prospère en effet que depuis une vingtaine d’années.

    Au début des années 1980, le profil de l’aquaculture espagnole était celui d’un secteur principalement composé de petites entreprises familiales et traditionnelles. Trois types de culture caractérisent cette activité:
    • La culture de la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) dont le décollage date des années 1960.
    • La culture de la moule méditerranéenne (Mytilus galloprovincialis) dans les rivières de Galice dont les débuts remontent aux années 1940 mais dont le véritable essor date du milieu des années 1960 au milieu des années 1970.
    • L’aquaculture dans les estuaires de Cadix qui remonte au début des années 1940, au moment de la crise des salines, et dont le développement, très lent au début, n’a atteint sa consolidation définitive qu’à la fin des années 1960.
    Le formidable développement de l’aquaculture continentale qui se poursuit encore aujourd’hui s’est fondé dans un premier temps sur la production de truite grâce à la très bonne qualité des ressources en eau du pays. La culture d’autres espèces continentales s’est développée à plus petite échelle. Elle est répartie géographiquement selon les conditions environnementales et les habitudes de consommation des différentes régions.

    En ce qui concerne la mariculture, la production de poisson marin a connu une forte croissance au cours des dernières années. Cette croissance concerne principalement le bar et la dorade. La conchyliculture est quant à elle forte d’une longue tradition.

    La production aquacole espagnole s’est élevée à plus de 313 286 tonnes en 2003 que l’on peut décomposer comme suit: 279 895 tonnes d’espèces marines (89,3 pour cent de la production totale) et le reste, 33 391 tonnes, de produits de l’aquaculture continentale (correspondant à 10,4 pour cent de la production totale).
    Ressources humaines
    Malgré la demande de professionnels diplômés pour occuper différents postes dans les entreprises piscicoles, aucune université ne propose de diplômes en aquaculture en Espagne. L’une des raisons de cette situation est que l’aquaculture n’est pas officiellement reconnue comme une discipline en tant que telle au sein des cycles académiques et universitaires. Les personnes ayant acquis les connaissances nécessaires pour occuper ces postes sont généralement des diplômés en Sciences biologiques, en Sciences vétérinaires et en Ingénierie qui ont mené des études générales en zoologie et en reproduction animale. Des diplômes en Sciences marines ont récemment été créés et leurs curricula contiennent des formations en aquaculture. Plusieurs universités offrent aussi des spécialisations, des diplômes et des masters avec des cours en relation avec l’aquaculture.

    A l’heure actuelle, plusieurs programmes de Formations professionnelles (FP) comprennent des cours spécifiques sur l’aquaculture. Certains d’entre eux sont inclus dans la « Pêche maritime professionnelle et familiale ». Deux cycles de formation sont proposés. Ils durent chacun deux ans. Il s’agit de formations pour devenir:
    • Technicien des activités aquacoles (OTAC).
    • Technicien supérieur en production aquacole (TSPA).

    Des cours existent aussi au sein de formations continues, sectorielles et professionnelles non règlementées. Certains d’entre eux sont organisés et gérés par l’administration publique, d’autres par des entités comme les syndicats, les associations professionnelles, les organisations de producteurs, etc.

    La quantité de main d’œuvre des entreprises aquacoles dépend du nombre d’installations destinées à la production. Une étude menée par le Secrétariat général de la Pêche marine en 2001 a conclu que 13,2 personnes travaillaient en moyenne dans les entreprises ne comptant qu’une installation et 59 dans celles qui en comptent davantage.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    En général, la plupart des régions limitent leur production à quelques espèces. En Andalousie, en Galice et en Catalogne, la production est cependant plus diversifiée.

    En Cantabrique et en Galice, la culture d’espèces d’eau chaude s’est développée. Il s’agit principalement de conchyliculture et de culture de turbot et de saumon. La conchyliculture, et plus particulièrement la mytiliculture à l’aide d’ouvrages flottants, y sont particulièrement florissantes. L’Espagne est ainsi devenue dans ce domaine le second producteur mondial après la Chine. L’ostréiculture est également développée sur ce littoral à partir de semences importées. Elle est réalisée en suspension sur des ouvrages flottants. On y trouve aussi des parcs à palourdes basés sur des filières de fond. La culture de turbot a démarré dans les années 1980. En raison des caractéristiques de ce poisson plat, elle est réalisée dans des installations à terre avec un apport en eau de l’océan qui permet de disposer des avantages de la haute mer.

    Les régions baignées par les eaux chaudes de la Méditerranée et de l’Atlantique sud ont en commun le développement de la culture du bar et de la dorade, généralement dans des systèmes de cages flottantes.

    Dans l’Atlantique sud, la production a débuté de façon semi-intensive en raison de l’existence de vastes salines abandonnées qui sont devenues des étangs pour la pisciculture. Les systèmes de production ont par la suite été davantage contrôlés. Des systèmes de production intensive ont été adoptés avec un recours toujours plus important aux cages flottantes résistantes en haute mer.

    On observe aussi le développement d’une production de bar et de dorade dans des cages flottantes aux Canaries et aux Baléares. Les Canaries jouissent de conditions océaniques idéales pour la culture de ces espèces. Cette région produit aussi du thon rouge à plus petite échelle.
    Espèces cultivées
    A l’heure actuelle, les espèces cultivées à un niveau commercial sont la dorade royale (Sparus aurata), le turbot (Psetta maxima), le bar européen (Dicentrarchus labrax), l’anguille d'Europe (Anguilla anguilla), la dorade rose (Pagellus bogaraveo), le maigre commun (Argyrosomus regius), la sole commune (Solea vulgaris) et le tilapia. Des recherches arrivées à un stade avancé sont aussi menées sur d’autres espèces. Il s’agit du pagre commun (Pagrus pagrus), des rougets (Mullus spp.) et du poulpe commun (Octopus vulgaris).

    Les moules représentent 79 pour cent du total de la production de l’aquaculture et 89 pour cent de la production marine. En termes de valeur, elles ne constituent cependant pas la principale espèce (les moules ne représentaient ainsi que 33 pour cent de la valeur de la production totale et 40 pour cent de celle de la production marine en 2003). Du point de vue économique, les principales espèces marines cultivées en Espagne sont les thonidés, le turbot, les palourdes (Ruditapes philippinarumet Ruditapes decussatus), le bar européen, la dorade royale et la sole commune.

    La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) est la principale espèce élevée dans les eaux continentales et saumâtres. Elle représente 11 pour cent de la production totale de l’aquaculture et 99 pour cent de la production de l’aquaculture continentale. L’anguille, la tanche (Tinca tinca) et la carpe commune (Cyprinus carpio) commencent cependant à atteindre des niveaux de production importants.

    Amélioration génétique

    Exception faite de la truite et mis à part quelques entreprises, les plans d’amélioration génétique des espèces cultivées en restent à des déclarations d’intention. L’aquaculture espagnole a cependant besoin d’une recherche permanente dans ce domaine.

    Maturité sexuelle

    Dans la truiticulture, la majorité de la production se concentre sur des petits poissons de taille commerciale qui n’ont pas encore atteint leur maturité sexuelle. Leur croissance n’est donc pas affectée par cette dernière jusqu’au moment de la récolte. Dans le cas de la mytiliculture, la présence de toxines dans les eaux peut ralentir la récolte des moules et, dans le même temps, celles-ci peuvent atteindre leur maturité sexuelle, ce qui provoque une diminution de la qualité de leur chair. Il est difficile de trouver une solution à ce problème car la mytiliculture est basée sur des sédiments naturels de naissains collectés en mer à partir des populations sauvages. Il s’agit là d’un véritable défi pour la recherche actuelle. Dans le cas du bar et de la dorade, et plus particulièrement pour les plus grandes tailles actuellement recherchées, la maturité sexuelle a d’importantes conséquences économiques car elle prolonge beaucoup les cycles de production. Dans les exploitations qui cultivent le turbot, il s’agit aussi d’un véritable problème économique car la croissance à une taille commerciale implique le maintien des poissons dans un système de culture jusqu’à leur maturation sexuelle, ce qui allonge leur cycle de production de six mois.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Les structures de culture les plus importantes sont:
    • Les étangs: raceways, étangs cylindriques et étangs carrés.
    • Les structures flottantes: radeaux fixés, filières, cages flottantes et enclos.
    • les parcs et filets tubulaires de la culture de fond.
    • Les estuaires et marécages.

    L’élevage semi-intensif est réalisé dans les estuaires et dans les mares salines abandonnées. L’élevage intensif est effectué dans des bassins en béton ou en plastique.
    Performance du secteur
    Production

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Espagne (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Espagne (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    A l’heure actuelle, les produits aquacoles jouissent d’une solide présence sur les criées en raison des volumes de production. Leur commercialisation présente cependant une série de problèmes qui empêche leur positionnement définitif sur le marché. Cette situation est générale, mais elle est plus sérieuse pour certains produits.

    Environ 70 pour cent de la production espagnole de moules est destinée à la consommation domestique. Le reste (environ 30 pour cent) est principalement exporté vers l’Italie et la France. En outre, 80 pour cent des poissons marins sont destinés au marché national et 45 pour cent des alevins produits en Espagne sont exportés vers les marchés européens.

    Au cours de la période 1998-2002, les importations de dorade ont été multipliées par 9,4. Elles sont passées de 1 175 tonnes en 1998 à 11 058 tonnes en 2002. Cette année-là, les importations espagnoles provenaient principalement de deux pays: la Grèce (9 072 tonnes) et le Maroc (983 tonnes). Les importations de Grèce représentaient 82 pour cent des importations de dorade en 2002, ce qui correspond à 45 pour cent de la consommation enregistrée pour cette espèce. En 1998, les exportations de dorade s’élevaient à 1 294 tonnes. En 2002, elles avaient été multipliées par 2,5 et atteignaient 2 980 tonnes pour une valeur de 14,3 millions d’euros. Les principales destinations de ces exportations sont les pays de l’Union européenne. En 2002, le Portugal absorbait 70 pour cent de ces exportations, suivi de la France et de l’Italie.

    En 2002, les importations de bar s’élevaient à 9 466 tonnes. 8 364 tonnes provenaient de Grèce, 425 de France, 249 de Turquie et 241 du Maroc. Des pays comme le Portugal et l’Italie occupent des positions secondaires avec respectivement 78 et 62 tonnes. Les exportations de bar ont doublé au cours de la période 1998-2000. Elles sont passées de 405 tonnes en 1998 à 958 tonnes en 2002. Les principaux marchés sont le Portugal et la France avec respectivement 707 et 159 tonnes.

    En ce qui concerne la dorade, les prix fournis par les organisations de producteurs indiquent une baisse de 33,8 pour cent au cours de la période 1998-2002. En 2002, le prix moyen des importations de dorade était de 3,75 €/kg. Entre 1998 et 2002, il a baissé de 40 pour cent. En 2002, le prix à l’export était de 4,79 €/kg. Il a baissé de 14 pour cent au cours de la période analysée. Le prix moyen des importations de bar était en 2002 de 5,77 €/kg. Il était fortement influencé par le prix des importations grecques qui représentaient 88 pour cent du total et arrivait sur le marché espagnol à un prix de 4,69 €/kg. En 2002, le prix des exportations de bar s’élevait à 5,07 €/kg.

    En 2004, le prix moyen de la dorade et du bar au MERCAMADRID était respectivement de 5,77 €/kg et 8,09 €/kg.

    L’évolution du prix de la truite a connu des hauts et des bas dus aux oscillations permanentes de la production.

    Le prix du turbot a baissé chaque année. D’un montant de 9.02 €/kg en 1989, il a atteint 6.61 €/kg en 1992. Depuis 1997, il est reparti à la hausse.

    Les prix de l’anguille d’élevage ont suivi dans un premier temps ceux de la pêche de capture de l’espèce. A l’heure actuelle, cette dernière est devenue plus rare et c’est l’anguille d’élevage qui influence davantage la fixation des prix du marché. En 1988, le prix de référence s’élevait à 6,00 €/kg. Il est aujourd’hui d’environ 11,00 €/kg.

    Le Fonds pour la règlementation et l’organisation du marché des produits de la pêche et de l’aquaculture (FROM) est un organisme indépendant créé par la Loi 33/1980, du 21 juin, et inscrit au ministère de l’Agriculture, des pêches et de l’alimentation.

    Après approbation du Décret royale 950/1997, cet organisme concentre ses activités sur la conception et le développement d’actions visant à promouvoir la consommation de produits piscicoles, à orienter le marché selon les quantités, les prix et la qualité ainsi qu’à assister les associations, les coopératives et les entreprises du secteur selon leurs besoins techniques et financiers.
    Contribution à l'économie
    Au cours de la période 1994-1999, l’aquaculture constituait le quatrième groupe d’activité en termes de financements reçus de l’Instrument financier d’orientation de la pêche (IFOP). Les investissements réalisés dans ce secteur sont en constante augmentation. L’aquaculture a commencé à être envisagée comme un moyen pour maintenir et accroître la consommation de poisson tout en satisfaisant la demande de protéines animales. C’est en plus une source d’emplois. Les projets subventionnés se concentrent sur la construction, la modernisation et l’expansion de l’aquaculture. Ils ont considérablement contribué au développement du secteur.

    De façon générale, l’augmentation de la production aquacole exige une amélioration des systèmes de production actuels et une expansion de l’activité dans de nouvelles zones. Malgré cela, le marché espagnol participe pleinement à la crise de l’approvisionnement en poisson blanc du marché communautaire comme le montre la dernière étude sur le poisson blanc dans l’Union européenne réalisée par l’Association des industries de pêche de l’UE.

    La consommation apparente de flet, de truite, de dorade et de bar a augmenté au cours de la période 1998-2002 et les volumes cultivés de ces espèces sont conséquents. Les augmentations les plus importantes concernent le bar, dont la consommation apparente a été multipliée par trois, et celle de la dorade qui été multipliée par quatre. La consommation de baudroie commune (Lophius spp.), de morue de l’Atlantique (Gadus morhua), de lieu jaune (Pollachius pollachius), de merlan bleu (Micromesistius poutassou), de merlu (Merluccius merluccius) et de lingue (Molva molva) a baissé au cours de la même période. La consommation de saumon présente une tendance orientée à la hausse au cours des années 1990, avec une croissance dépassant 10 pour cent certaines années.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le cadre normatif du secteur espagnol des pêches est fondé sur la Constitution. Dans son article 148.1.11, celle-ci réserve aux Communautés autonomes une compétence exclusive en matière de pêche dans les eaux continentales, de conchyliculture et d’aquaculture, de chasse et de pêche fluviale. L’Administration générale de l’Etat n’a donc aucune compétence quant à la gestion du secteur aquacole. Comme l’Administration centrale ne peut pas publier de nouveaux règlements en la matière, les normes préexistantes concernant l’aquaculture tant marine que continentale font office de normes complémentaires pour les Communautés autonomes. Le ministère de l’Agriculture, des pêches et de l’alimentation a dès lors des fonctions de coordination et de représentation auprès des organismes internationaux. Ces fonctions sont rassemblées dans le Décret royal qui établit la structure organique du ministère et définit le Secrétariat général de la Pêche marine (SGPM) comme un organisme de coopération avec les Communautés autonomes en matière d’aquaculture.

    Le SGPM est aussi responsable de la mise en place des normes communautaires dans le cadre de la Politique commune de la pêche (PCP) et des règlements dérivant de la participation espagnole aux organismes multilatéraux. Il définit aussi les critères qui permettent d’établir la position espagnole au sein de l’Union européenne. La coopération entre le SGPM et les Communautés autonomes est réalisée au moyen de la Conférence sectorielle. Un Comité consultatif national de l’aquaculture marine (JACUMAR, Loi 23/82 de la marine aquacole) et, plus récemment, un Comité consultatif national de l’aquaculture continentale (JACUCON) ont aussi été créés.

    STRUCTURE ET ORGANISATION DU SECTEUR DE L’AQUACULTURE

    Secteur mytilicole
    La structure organisationnelle des mytiliculteurs de Galice, la principale Communauté autonome productrice d’Espagne, est actuellement composée de trois associations qui représentent 97 pour cent des producteurs (« OPMEGA », la « Federacion de Asociaciones de Mejilloneros de Arosa y Norte » et l’« Asociación Gallega de Mejilloneros ». Il est aussi important de souligner l’existence de deux autres associations englobant les producteurs mytilicoles de Catalogne et de Valence qui représentent une petite part de la production nationale (l’« Asociación de productores del Golfo de Sant Jordi » et l’« Union Mejillonera del Puerto de Valencia »).

    Secteur de l’aquaculture continentale
    La structure organisationnelle des producteurs de l’aquaculture continentale est actuellement formée de deux organisations de producteurs qui réunissent la plupart des entreprises du secteur selon leur activité et leur territoire (l’« Organización de Productores Piscicultores (OPP-22) » et l’« Organización de Productores de Acuicultura Continental » (OPAC)). Certaines entreprises n’appartiennent cependant ni à l’une ni à l’autre.

    Structure organisationnelle du secteur de l’aquaculture marine
    La structure organisationnelle des producteurs de l’aquaculture marine est actuellement constituée d’une seule association nationale, « Asociación Empresarial de Productores de Cultivos Marinos (APROMAR) », et de plusieurs associations autonomes. APROMAR intègre aussi des entrepreneurs individuels et des associations comme l’ASEMA, l’ACEAC, et l’AROGA. Certaines entreprises ne sont associées à aucune organisation et opèrent de façon indépendante.

    Secteur ostréicole
    La structure organisationnelle des ostréiculteurs est actuellement formée de deux associations nationales de producteurs: l’« Organización de Productores Ostrícolas de Galicia » (OPOGA), qui représente 80 pour cent des producteurs d’huîtres, et « Organización Nacional de Productores de Ostra y Almeja » (ONPROA).
    Règlements en vigueur
    La mariculture est règlementée à la fois au niveau national et au niveau des Communautés autonomes. Au niveau national, les normes pertinentes sont la Loi sur l’aquaculture marine (Loi 23/84, du 25 juin) et la Loi sur le littoral (Loi 22/88, du 28 juin).

    Au niveau des Communautés autonomes, deux situations existent:
    • La Communauté autonome dispose de sa propre législation et applique celle-ci dans tous les cas de figure.
    • La Communauté autonome ne dispose pas de sa propre législation et applique alors la législation nationale.

    L’aquaculture continentale est régie au niveau national par la Loi sur les pêches dans les cours d’eau et la Loi sur les eaux. Au niveau des Communautés autonomes, on retrouve la même situation que pour la mariculture.

    Pour obtenir davantage d’informations sur la législation en vigueur dans le secteur de l’aquaculture en Espagne, veuillez cliquer sur le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture - Espagne (en espagnol).
    Recherche appliquée, éducation et formation
    En Espagne, des organismes de l’Etat, des Communautés autonomes et du secteur entrepreneurials sont responsables du financement des activités de recherche et de développement liées à l’aquaculture. Ces différentes entités financières sont:
    • La Commission interministérielle des sciences et des technologies (CICYT).
    • Le Centre de développement technologique industriel (CDTI).
    • Le Conseil des Communautés indépendantes.
    • Le Secrétariat général de la Pêche marine (SGPM).

    Le SGPM et le Comité consultatif national de l’aquaculture marine (JACUMAR) sont chargés du financement des projets de recherche que les Communautés autonomes proposent de mener dans les centres de recherche ou les universités de leur juridiction dans le cadre du Plan d’aquaculture marine. Le financement des projets approuvés provient du Fonds SGPM. Il est ensuite transféré aux Communautés autonomes.

    Les Centres publics de recherche (CPI) développent totalement ou partiellement leurs activités dans le domaine de l’aquaculture marine. Ils sont répartis le long du littoral espagnol.

    L’Institut national de la recherche et des technologies agricoles et alimentaires (INIA) dépend du ministère de l’Agriculture, des pêches et de l’alimentation (MAPA). Créé en 2002, il se trouve à Madrid, C’est un organisme de recherche sur des sujets liés à l’aquaculture, principalement sur les pathologies dans le Centre de recherche sur la santé animale (CISA). L’Observatoire espagnol de l’aquaculture (OESA) a également été créé en 2002 avec pour objectif général de constituer une plate-forme commune pour l’analyse permanente et le suivi du développement de l’aquaculture en Espagne. Il s’occupe des activités de recherche scientifique, de développement et d’innovation technologique menées par les différentes administrations publiques et les entreprises privées. Il entend promouvoir une recherche scientifique d’excellence et un développement technologique visant la progression générale de la compétitivité industrielle au niveau national et international. La mission de l’OESA est de faciliter les relations entre les différents domaines d’activité dans le secteur de l’aquaculture et de permettre un échange dynamique d’informations entre les chercheurs, les administrations centrales et autonomes, les organismes publics et privés, et les entreprises. Un site Internet a été créé pour diffuser et intégrer l’information. Il peut être consulté à l’adresse suivante: http://www.observatorio-acuicultura.org.

    Evaluation des équipes de recherche

    Selon les données recueillies par l’OESA dans la base de données arrêtée au 1er mai 2003, le nombre de scientifiques et d’ingénieurs travaillant dans l’aquaculture s’élevait à 499 personnes. Parmi elles, 30 pour cent étaient des femmes (150) et 70 pour cent des hommes (349). La composition de ce secteur est donc caractérisée par une majorité d’hommes, surtout au niveau entrepreneurial (79 pour cent d’hommes) et dans les centres universitaires (71 pour cent d’hommes) alors que l’on observe une réduction significative de la part masculine dans les centres de recherche et développement (62 pour cent).

    42 pour cent des scientifiques et ingénieurs recensés travaillent dans les départements des universités, 33 pour cent dans les centres de recherche et développement et 25 pour cent dans le secteur des entreprises.

    La dorade et le bar sont les espèces prioritaires pour les scientifiques et les ingénieurs travaillant dans les universités, les centres de recherche et les entreprises. Le turbot, la truite, la sole et l’anguille viennent ensuite.

    Si l’on prend en compte les universités et les centres de recherche publics, le principal domaine de recherche concerne les différentes phases de la culture des organismes. Au total, 65 chercheurs sur 374 y travaillent (17 pour cent). Un nombre à peine inférieur de scientifiques et d’ingénieurs travaillent sur les technologies de culture (13 pour cent), la reproduction (12 pour cent), la nutrition (12 pour cent) et les pathologies (11 pour cent). Deux autres groupes importants sont constitués par les physiologistes et les biochimistes (9 pour cent chacun). Il existe encore des domaines qui ne comptent pas un nombre significatif de scientifiques. Les universités concentrent leurs recherches sur la nutrition, les technologies de culture et les pathologies alors que les centres de recherche se consacrent davantage sur les différentes phases de la culture des différents organismes, la reproduction et les technologies de culture.

    Après l’approbation du Plan national pour la recherche scientifique, le développement et l’innovation technologique 2000-2003 lors du Conseil des ministres du 12 novembre 1999, des changements ont émergé et ont concerné l’aquaculture. Ces changements envisageaient une action stratégique dans le domaine du secteur alimentaire national appelée « Nouvelles espèces et technologie en aquaculture ».
    Tendances, questions et développement
    Comme cela a déjà été souligné précédemment, l’Espagne a, en raison de sa tradition halieutique, des niveaux très élevés de consommation de poisson. Selon des estimations récentes, celle-ci s’élevait à 38 kg par habitant et par an. Ce chiffre est trois fois supérieur à la consommation européenne moyenne. En outre, grâce aux différentes espaces maritimes qui entourent le pays, le marché espagnol apprécie une grande variété d’espèces vendues à des prix très élevés.

    Il est intéressant de décrire rapidement l’histoire de l’apparition des produits d’élevage sur le marché espagnol, même si l’on risque de simplifier un peu la situation. La moule est le produit cultivé qui a la plus longue histoire. Sa production actuelle s’élève à près de 250 000 tonnes/an. Un tel résultat s’explique par le formidable développement du secteur de la conservation de cette espèce en mesure de transformer et de commercialiser les produits.

    Dans le cas de la truite, espèce très appréciée qui rivalise avec le merlu en termes de qualité, les installations aquacoles étaient dans un premier temps dispersées à travers tout le pays et son entrée sur le marché s’en est trouvée ralentie. Le prix de la truite n’a donc pas beaucoup varié jusqu’à ce que la production atteigne 4 000 tonnes/an. Il faut également prendre en compte le fait qu’au début de la truiticulture, les aliments utilisés n’étaient pas très développés, ce qui a eu des conséquences sur la qualité final du produit. Désormais, ces problèmes ont été définitivement surmontés et un excellent produit, d’une qualité constante, est commercialisé. Malgré tout, la mauvaise réputation qui remonte au début de cette culture affecte encore certains producteurs. A l’heure actuelle, l’industrie a développé de nouvelles présentations commerciales (filets, brochettes, etc.) et commercialise avec succès de la truite congelée en Europe.

    Le turbot, surnommé également le « faisan des mers », n’a pas été introduit dans de bonnes conditions sur le marché. Mis à part au tout début, quand ses producteurs étaient encore unis, d’importantes erreurs de commercialisation qu’il faut prendre en compte pour le futur ont été faites. Une production limitée a en effet eu des conséquences négatives sur les prix dans un premier temps et a pratiquement ruiné le secteur alors que celui-ci démarrait à peine. Il ne s’agissait pas d’une espèce traditionnellement consommée et les efforts de promotion et de pénétration sur le marché réalisés par les producteurs du secteur ont été mis à profit pas les exportateurs néerlandais et danois de turbot de capture. Aujourd’hui, la situation a évolué et il s’agit d’une espèce connue dans toute l’Europe où les pêcheries sont pratiquement épuisées. L’existence de ce vaste marché européen constitue donc une véritable opportunité pour la production galicienne qui dispose de conditions océanographiques uniques pour sa culture.

    Au début de la culture de la dorade et du bar, pratiquement toute la production espagnole était exportée vers l’Italie où les petites tailles étaient appréciées et où le marché était très important pour ces espèces. En Espagne, on ne consommait traditionnellement la dorade que dans le sud et le long des côtes méditerranéennes. Ainsi, les individus pêchés en Galice étaient tous exportés vers l’Italie. Les grands spécimens de bar étaient quant à eux appréciés alors que les prix italiens étaient sensiblement plus élevés pour les petits. Les entreprises espagnoles commencèrent alors à introduire ces deux espèces en Espagne où le marché national a réagi de façon positive pour devenir un marché important.

    Malgré des habitudes de consommation qui peuvent évoluer substantiellement au fil des ans (le saumon, les filets de morue fraîche, le merlu chilien constituent quelques exemples), il faut être conscient que le lancement de nouvelles présentations ou l’introduction de nouvelles espèces et de nouveaux produits entraînent des coûts très importants et ne sont pas faciles à mener. Ce fut par exemple le cas des filets de truite et, aujourd’hui, c’est le cas des nouvelles présentations en matière de conditionnement des moules.

    Améliorations de la qualité des produits

    En général, les entreprises aquacoles conçoivent le processus de mise en œuvre de systèmes d’aménagement certifiés comme un moyen pour garantir leur position sur le marché.

    L’entreprise AENOR a établi en mars 2003 les « 173 processus et produits AEN/CTN de l’aquaculture » pour mettre en place une normalisation des activités du secteur aquacole. La création d’un Comité technique de normalisation (CTN) de l’aquaculture contribue sans conteste à la consolidation du secteur en Espagne. Son objectif final est de réaliser la normalisation de la production de toutes les espèces de l’aquaculture espagnole.

    Le Secrétariat général de la Pêche marine a développé au cours de l’année 2001 des modules de formation sur des systèmes de gestion environnementale pour les dirigeants et les techniciens impliqués dans les entreprises aquacoles.

    Pendant la réunion organisée par le Comité consultatif national de l’aquaculture marine (JACUMAR) le 2 décembre 2002, il a été proposé de remplacer l’une des deux subventions annuelles attribuées à la recherche depuis 1999 par un Prix pour la mise en œuvre de systèmes de gestion environnementale. Ce prix vise à financer les entreprises aquacoles situées sur le territoire espagnol afin de promouvoir la mise en place de systèmes d’aménagement. A l’heure actuelle, plusieurs initiatives visant à encourager des systèmes de normalisation de la qualité dans le secteur aquacole sont en train d’être développées. Il en va de même avec l’étiquetage, les certifications environnementales, les appellations d’origine contrôlée, les indications d’origines géographiques protégées et les marques.

    Certaines Communautés autonomes travaillent aussi sur ces questions comme l’Andalousie qui prépare des règlementations pour réguler les conditions permettant d’obtenir le label « Dorade d’élevage du sud ». L’espèce est alors cultivée de façon extensive dans des conditions respectueuses de l’environnement, ce qui permet au produit d’être reconnu comme écologique. Ces règlementations environnementales sont reconnues au niveau international. Au cours de l’année 2003, le quatrième Prix de la recherche en aquaculture et le premier Prix des systèmes de gestion environnementale ont été accordés. La compagnie Tinamenor, S.A. a été la première à bénéficier du premier Prix JACUMAR des systèmes de gestion environnementale. Ces règlementations permettent aux entreprises d’obtenir les distinctions suivantes:
    • « Parc naturel »: marque déposée pour les produits et les services de ces zones protégées (Département de l’environnement).
    • « Qualité certifiée »: marque déposée pour les produits de qualité dans la Communauté autonome d’Andalousie (Conseil de l’agriculture et de la pêche).
    Références
    Bibliographie
    Beaz Paleo, J.D. 2007. Ingeniería de la Acuicultura Marina Observatorio espagñol de acuicultuta - Consejo Superior de Investigacoines Científicas - Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación.
    Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación. 1999. Evaluación de las actividades de investigación y desarrollo tecnológico en acuicultura en el período 1982/1997. ISBN 84-491-431-9
    Ministerio de Agricultura, Pesca y Alimentación. 2001. Libro Blanco de la Acuicultura en España. Tomos I y II. ISBN 84-491-0487-4 y ISBN 84-491-0488-2
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