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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    En dépit de ses importantes ressources d'eaux douces et saumâtres le Sri Lanka n'a pas d'histoire aquacole, seules la crevetticulture et la pisciculture ornementale ont été développées. Le Sri Lanka compte un nombre faible de poissons indigènes d'eau douce et 18 espèces exotiques environ, parmi les espèces introduites, les trois carpes chinoises, à savoir la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus ), la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix ) et la carpe à grosse tête (Aristichthys nobilis ) et trois carpes indiennes, catla (Catla catla ), labéo roho (Labeo rohita ) et mrigal (Cirrhinus mrigala ) sont d'une importance particulière en aquaculture d'eau douce. En dépit de la disponibilité de 112 espèces comestibles d'eau saumâtre seule une crevette marine est utilisée en aquaculture côtière.

    Au cours de ces récentes années, l'exportation de la crevette cultivée a contribué à plus de 50 pour cent des recettes totales d'exportation dans le secteur de la pêche. La production de poissons ornementaux contribue de 11 pour cent. La production actuelle à partir de la culture saisonnière de réservoir de village contribue seulement par 1,2 pour cent à la production nationale de poissons d'eau douce continentale, cependant, en raison de son potentiel perçu, elle a été identifiée comme une activité qui peut contribuer à accroître la production nationale de poissons d'eau douce et améliorer le niveau de vie de la population rurale pauvre. D'autres secteurs de l'aquaculture comme l'élevage des poissons côtiers, la culture d'algues marines et la culture de chevrette peuvent aussi contribuer à cette amélioration.

    Les principaux établissements impliqués dans le développement et la réglementation de l'aquaculture sous la tutelle du Ministère des Pêches et des Ressources Aquatiques sont le Département des Ressources Aquatiques, le Centre National de Recherche et Développement des Ressources Aquatiques (NARA) et l'Autorité Nationale de Développement Aquacole (NAQDA). La NARA est la principale institution nationale de recherche chargée de mener des activités de recherche et de développement dans le domaine des ressources aquatiques tandis que NAQDA est chargée du développement et de la vulgarisation des activités aquacoles commerciales. L'Institut National des Pêches et de l'Ingénierie Nautique (NIFNE) est responsable de l'éducation et de la formation. Le Projet de développement et de l'amélioration de la qualité des ressources aquatiques, financé par la Banque Asiatique de Développement (BAD), a débuté en mi 2002. Il concerne les constituants du développement de la pêche continentale dans le Plan d'Action National de Développement de la Pêche. Pour l'exécution du projet, la meilleure méthode est d'user du grand potentiel pour le développement des ressources aquatiques continentales en vue d'assurer la sécurité alimentaire et de rehausser le statut socio-économique des populations rurales dans les zones non côtières afin d'alléger la pauvreté.
    Historique et aperçu général
    Le Sri Lanka n'a pas d'histoire en aquaculture, en dépit de ces importantes ressources d'eau douce et d'eau saumâtre disponibles. Il n'a eu pratiquement aucune activité aquacole entreprise jusqu'au début de l'année 1980, mais depuis, l'élevage des poissons en réservoirs de village, saisonniers, la crevetticulture dans les étangs côtiers en terre et les exportations de poissons ornementaux vivants ont atteint des dimensions commerciales tandis que d'autres méthodes expérimentées telles que l'élevage des poissons dans des étangs en eau saumâtre, en cage, la culture de mollusque et d'algues sont encore à développer.

    L'élevage des poissons d'eau douce dans les réservoirs saisonniers de village a été lancé en 1979 par la Division des Pêches Continentales du Ministère des Pêches avec 23 réservoirs dans la zone sèche du pays. Dé lors, la polyculture du tilapia et de la carpe a été entreprise progressivement. Au début des années 80 un certain nombre d'entrepreneurs de petite taille et quelques compagnies multinationales répondant aux incitations offertes par le gouvernement, y compris les importations des intrants hors taxe (exemptés de droit de douane), s'engagent dans la culture de la crevette géante tigrée (Penaeus monodon ) dans les étangs côtiers. Vers la fin des années 90 la culture commerciale du crabe de palétuviers (Scylla serrata ) dans les cages plastifiées de treillis métallique a commencé dans les lagunes côtières.

    En revanche, l'industrie des poissons ornementaux au Sri Lanka a une longue histoire. Elle a commencé à échelle familiale, sur les sorties des villes. Au début des années 30, il existait plusieurs importateurs, reproducteurs et amateurs à petite échelle au Sri Lanka; un aquarium commercial a démarré en 1952 à Colombo, la capitale du Sri Lanka. Cette industrie a été commercialisée par quelques entrepreneurs il y a environ 50 ans et actuellement elle est devenue prospère offrant des bénéfices et de l'emploi pour plusieurs personnes. L'élevage des poissons ornementaux est pratiqué principalement dans des bassins en béton.
    Ressources humaines
    On estime que les employés dans l'élevage saisonnier des poissons de réservoir de village sont, environ, 6 000 dont 13 pour cent sont des femmes (Siriwardena et Jayakody, 2003). On a estimé en 1999 que l'industrie aquacole de crevettes a procuré approximativement 40 000 emplois directs et indirects, soit 11 pour cent de l'emploi total dans le secteur de la pêche (Siriwardena, 1999). Cependant, l'estimation précédente de 20 000 emplois directs résultant de l'élevage de crevettes a été actuellement réduite à 8 000 (Hettiarachchi, 2000) suite à la manifestation répétée des maladies dans l'industrie de la crevette. La participation de la main d'œuvre féminine dans l'aquaculture de crevette est d'environ 5 pour cent de la main d'oeuvre totale (Siriwardena et Jayakody, 2003).

    Deux milles cinq cents personnes, environ, sont engagées dans la production et la reproduction des poissons ornementaux (Haputanthri et al ., 2001); dont 30 pour cent, environ, sont des femmes, cependant, aucune étude complète n'a été effectuée dans ce sens (Siriwardena et Jayakody, 2003).
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Bacs saisonniers de village

    Des bacs saisonniers de village sont trouvés principalement distribués le long de la zone sèche du Sri Lanka. Actuellement, une aire de 667 ha de bacs saisonniers de village est réservée à l'élevage des poissons (Siriwardena et Jayakody, 2003), constituant seulement 10 pour cent de la zone totale potentielle. Les mesures de gestion adoptées dans l'élevage en bacs saisonniers de village consistent en grande partie en l'empoissonnement par des juvéniles et par la suite leur récolte; l'alimentation complémentaire des poissons n'est pas pratiquée. Les mises en charge varient entre 2 000 à 3 000 fingerlings produisant 750 à 1 000 kg/ha/an, la moyenne de la zone aquatique des bacs saisonniers d'élevage oscille entre 4,5 ha à 7 ha. Il a été démontré que par l'addition des intrants tels que les engrais et les aliments et des taux de mise en charge élevés, des rendements jusqu'à 2 000 kg/ha de ces corps d'eau peuvent être atteints.

    Aquaculture de crevette

    L'industrie aquacole actuelle de crevette au Sri Lanka est concentrée dans la ceinture côtière nord-ouest couvrant une zone de plus de 4 500 ha avec 70 écloseries, de la surface totale des fermes. Les étangs occupent une superficie d'environ 3 000 ha. Il y a un total de 1 344 d'exploitations aquacoles, dont 47,7 pour cent sont considérées comme des exploitations fonctionnant sans permis appropriés (Siriwardena, 2001b). Sur la Côte Est dans le District de Batticaloa, là où la crevetticulture a commencé pour la première fois vers la fin des années 70 mais a été abandonnée à cause des troubles civils, des activités ont recommencé ces dernières années. Plus de 60 petites exploitations d'une superficie moyenne de 1 à 2 ha étaient opérationnelles à la fin de l'année 2002, avec une superficie totale d'étang de 155 ha.

    L'aquaculture de crevette a été pratiquée selon un système ouvert dans les étangs en terre jusqu'à l'apparition du virus responsable de la tache blanche en 1996 et le virus de la tête jaune en 1998 qui ont causé d'énormes pertes. Le cycle de production oscille entre 140 à 160 jours avec 1,8 cycle par an. Après la manifestation de ces maladies, l'industrie a développé des systèmes de production fermés et semi fermés ainsi que des systèmes à recyclage total. Les densités de mise en charge utilisées avant la manifestation des maladies variaient entre 20 à 30 post-larves par m², mais après, l'industrie a réduit les densités de mise en charge à moins de 15 post-larves par m². Les aliments, l'intrant principal dans le secteur d'élevage de crevette, sont importés, de même que les roues à palettes, les pompes et les générateurs. Les aliments constituent 50-60 pour cent du coût total de la production des crevettes.

    Engraissement des crabes

    Les unités commerciales d'exploitation utilisent différentes tailles de cages en plastique couvertes de treillis métallique pour l'engraissement des crabes, mais les cages les plus utilisées pour facilité de manipulation, sont de 2 m x 2 m x 0,5-0,75 m (Jayamanne, 2003). La densité moyenne de mise en charge utilisée par les aquaculteurs est de 10-15 kg de crabes /m². Les bivalves, les têtes de chevrette, les déchets d'abats et les poissons de rebut sont les principaux aliments utilisés dans l'engraissement des crabes.

    Pisciculture ornementale

    La pisciculture ornementale est largement étendue au Sri Lanka mais les reproducteurs et les exportateurs se trouvent, principalement, dans la région de Colombo. Les unités de production sont généralement des bassins en ciment, des aquariums en verre ou des étangs en terre. Les reproducteurs appliquent des techniques simples et naturelles pour obtenir la reproduction des poissons ornementaux d'eau douce. Les aliments complémentaires les plus généralement utilisés dans le secteur sont des aliments préparés à la ferme, ou des aliments de crevette et de volaille.
    Espèces cultivées
    Le Sri Lanka compte un nombre relativement limité d'espèces de poissons d'eau douce avec 111 espèces enregistrées (Pethiyagoda, 1991). Les 80 espèces de poissons indigènes d'eau douce appartiennent à 11 familles habitant les marais riverains et manquent d'espèces véritablement lacustres (Fernando et Indrasena, 1969). Vingt sept espèces sont endémiques. Les Cyprinidaes constituent la famille la plus représentée (De Silva, 1988). Contrairement à la faune indigène pauvre, il y a 18 espèces exotiques, en plus de, la truite commune (Salmo trutta ), qui a été introduite au Sri Lanka (Chandrasoma, 1983). Une pêche continentale commerciale ne s'est développée au Sri Lanka qu'après l'introduction du tilapia (exotique) de la Mozambique (Oreochromis mossambicus ).

    Parmi les espèces introduites, les trois carpes chinoises et les trois carpes indiennes suivantes sont d'une importance particulière en aquaculture.
    1. Carpes chinoises: la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus ), la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix ) et la carpe à grosse tête (Aristichthys nobilis ).
    2. Carpes indiennes: catla (Catla catla ), labéo roho (Labeo rohita ) et mrigal (Cirrhinus mrigala ).
    Parmi les poissons indigènes d'eau douce, 54 espèces sont régulièrement exportées et forment actuellement le principal appui à l'industrie d'exportation des poissons ornementaux. Des 27 espèces endémiques d'eau douce 21 ont une valeur ornementale.

    Pillai (1965) a enregistré un total de 112 espèces comestibles des eaux saumâtres du Sri Lanka: 65 pour cent migrants de la mer, 30 pour cent strictement d'eau saumâtre et 5 pour cent d'eau douce. Des 112 espèces, seuls le chano (Chanos chanos ) et la crevette géante tigrée (Penaeus monodon ) sont utilisés dans l'aquaculture côtière.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Le développement de la culture saisonnière des réservoirs de village a la priorité dans le Plan National de Développement des Pêches en vue d'augmenter la production nationale des poissons d'eau douce. L'industrie d'élevage de crevette est une source de devise étrangère et elle doit se développer puisqu'elle est la source de la plus grande quantité de touts les produits exportés et rapporte le montant le plus élevé en devises étrangères. L'engraissement des crabes commence également à gagner de l'attention comme activité fournissant des produits destinés à l'exportation.

    L'élevage des poissons en eau saumâtre, l'élevage des poissons côtiers dans des enclos, la culture d'algues marines et la mariculture des moules n'ont pas encore atteint des dimensions commerciales. Cinquante huit fermes aquacoles se sont engagées dans l'élevage du chano en 1987 avec une surface d'eau totale de 3.70 ha et une production de 6,6 tonnes, évaluée à 92 000 SLR (Siriwardena, 1989), cependant, malgré les rendements considérables du chano de quelques enclos expérimentaux (Siriwardena, 1986); il n'a pas atteint des dimensions commerciales à cause des recettes marginales.

    La production de la moule de roche sudaméricaine (Perna perna ), est entreprise par quelques conchyliculteurs dans les régions de l'ouest et du sud et la production de l'algue Gracilaria edulis donne également quelques résultats prometteurs.
    Performance du secteur
    Production
    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Sri Lanka (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée en Sri Lanka (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    (Source: Statistiques de pêche de la FAO, production d'aquaculture)

    Marché et commerce
    Les poissons d'eau douce élevés dans les bacs saisonniers sont simplement vendus aux foires locales connues sous le nom de 'pola' par les aquaculteurs eux-mêmes ou vendus à un intermédiaire pour être vendus sur les marchés locaux. En revanche plus de 90 pour cent des crevettes élevées sont exportées et vendues directement par le producteur au transformateur/exportateur, le reste de la production est vendu sur le marché local.

    Il y a eu une augmentation dans les exportations des poissons ornementaux suite au développement des technologies de la reproduction et de l'élevage de plus de 46 espèces des poissons ornementaux d'eau douce. L'exportation des poissons ornementaux marins, cependant, dépend totalement de la capture des stocks sauvages et actuellement plus de 200 espèces marines appartenant à 40 familles sont exportées.La pression croissante sur les stocks halieutiques de poissons ornementaux sauvages a conduit à l'épuisement de plusieurs populations de poissons sauvages. Pour améliorer la situation, le gouvernement a interdit ou limité l'exportation de certaines espèces de poissons marins et d'eau douce. Le principal marché Sri Lankais d'exportation pour les crevettes élevées est le Japon suivi des Etats-Unis et des pays de l'UE. Le marché de l'UE prend surtout des crevettes de petites tailles aussi bien dans le cas des crevettes avec tête ou avec queue seulement.
    Les Réglementations des Produits de la Pêche destinés à l'Exportation, de 1998 et les Réglementations de l'Aquaculture (Surveillance des Résidus) de 2000 exigent l'inspection et la certification de la conformité à ces règlements par le concessionnaire pour chaque expédition d'exportation. Un accent particulier a été mis sur la surveillance pour s'assurer qu'il n'y a aucun résidu des antibiotiques suivant les directives et les conditions de l'EU. L'autorité compétente qui délivre des certificats d'exemption de résidu est la Direction Générale du Département des Ressources Aquatiques.

    Le Sri Lanka exporte les poissons ornementaux vers plus de 18 destinations, les 10 principaux marchés d'exportation, en se basant sur la valeur des poissons ornementaux exportés sont: L'Allemagne, la France, le Royaume-Uni, la Belgique, les Pays Bas, l'Espagne, la Suisse, le Japon, les Etats-Unis et l'Italie. Selon les statistiques des douanes, il existe au Sri Lanka 66 exportateurs de poissons ornementaux de grande et petite taille, dont 10 ont exporté des poissons ornementaux évalués à plus de 10 millions SLR par an.

    La documentation certifiant les types et le nombre de bactéries, particulièrement dans le cas de Vibrio cholerae , est exigée par certains acheteurs avant l'exportation des poissons ornementaux, en vue d'empêcher la propagation des maladies par les mouvements transfrontaliers des animaux aquatiques vivants. Le certificat sanitaire pour l'exportation des poissons est délivré par le Département de la Production et de la Santé Animale conformément à la liste des microbes pathogènes et maladies infectieuses énumérés par le Réseau des Centres d'Aquaculture pour la région Asie-Pacifique (RCAAP) et l'Office International des Epizooties (OIE).
    Contribution à l'économie
    Les poissons d'eau douce continentale sont principalement fournis par les captures dans les réservoirs. L'élevage saisonnier dans les bacs de village et l'élevage des poissons d'eau douce en étang n'ont pas d'impact important sur le volume de production et le revenu des pêches continentales ni sur l'amélioration du niveau de vie. En raison du manque d'organisation au niveau du village permettant de gérer les réservoirs saisonniers et la participation du secteur privé/communauté dans l'approvisionnement en alevins, le développement de l'élevage en réservoirs saisonniers et l'élevage en étang d'eau douce s'est effondré surtout après le retrait de l'appui de l'état pour l'aquaculture en 1990. Cet appui a été cependant rétabli en 1994.
    La productivité actuelle de l'élevage en réservoirs saisonniers de village est de 0,46 tonnes par ha. Elle contribue par 330 tonnes à la production totale des poissons d'eau douce continentale. Ceci équivaut seulement à une contribution de 1,2 pour cent à la production nationale de poissons d'eau douce continentale. Néanmoins, en raison de son potentiel pour améliorer le niveau de vie de la population rurale pauvre, elle a été identifiée comme secteur nécessitant de l'appui.

    Au cours de la dernière décennie les recettes des revenus étrangers résultant de l'élevage de crevettes varient entre 551,70 millions SLR en 1992 et 4 000 millions SLR en 1998. Durant les dernières années, l'exportation de la crevette élevée a contribué à plus de 50 pour cent des recettes totales de l'exportation du secteur de la pêche. En termes réels, l'industrie a régulièrement produit un gain net de plus de 2 000 millions SLR en devises étrangères depuis 1995. L'élevage de la crevette a contribué, en plus, au développement des industries d'appui telles que la production de la chaux, des tubes, la fabrication de la fibre de verre, des tubes d'alimentation, l'installation des équipements et de réparation de machines, les magasins de matériel et les laboratoires.

    Un montant important de devises étrangères est gagné par l'exportation des poissons ornementaux. En 2002, ce montant était de 680 millions SLR, ce qui représente environ 11 pour cent des recettes totales d'exportation des poissons et des produits de la pêche. La contribution des exportations des poissons ornementaux du Sri Lanka, en termes financiers, ne dépasse pas 1 pour cent de la valeur totale de ce commerce.

    Le développement de l'aquaculture au Sri Lanka a principalement visé les produits potentiels d'exportation tout en fournissant des opportunités pour la population rurale pauvre de se procurer de l'emploi, surtout comme ouvriers. En comparaison avec l'aquaculture de crevette, la reproduction et l'élevage des poissons ornementaux ont plus d'impact sur le niveau de vie des gens car ce secteur s'est développé comme industrie familiale à travers le Sri Lanka, principalement sous forme de grossissement et de reproduction à petite échelle.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le Ministère des Pêches et des Ressources Aquatiques (MFOR) a la responsabilité totale de l'activité aquacole au Sri Lanka. Au sein du Ministère il y a trois départements et agences ayant des responsabilités spécifiques relatives à l'expansion de l'aquaculture par le biais de divisions relevant de leur compétence, à savoir:
    1. Le Département des Pêches et Ressources Aquatiques (DFAR).
    2. Le centre national de recherche et de développement des ressources aquatiques (NARA).
    3. L'Autorité Nationale de Développement Aquacole (NAQDA) duquel relève la Division du Développement de l'Aquaculture Continentale (IAD) et la Division du Développement de l'Aquaculture Côtière (CAD).
    Règlements en vigueur
    L'Acte sur les Pêcheries et Ressources Aquatiques (1996) aborde la gestion, la réglementation, la conservation et le développement des pêches et des ressources aquatiques au Sri Lanka. La Partie VI de l'acte concerne l'aquaculture. La Partie X de l'acte accorde au Ministre des Pêches et des Ressources Aquatiques le pouvoir total d'établir les réglementations concernant tous les sujets indiqués dans l'acte, y compris la gestion et la réglementation de l'aquaculture. Plusieurs réglementations ont été adoptées conformément à l'acte, elles ont un impact sur l'aquaculture et les produits aquacoles.

    L' Acta de la Autoridad Nacional de Desarrollo de la Acuicultura de Sri Lanka (1998) Acte sur l'Autorité Nationale de Développement de l'Aquaculture du Sri Lanka (1998) met en place l'Autorité Nationale de Développement d'Aquaculture et fixe son fonctionnement et sa constitution. L'Autorité a la responsabilité de stratégie générale du développement du secteur aquacole au Sri Lanka.

    Pour de plus amples informations sur la législation de l'aquaculture au Sri Lanka prière de cliquer sur le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture - Sri-Lanka (en englais)
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Le Centre National de Recherche et de Développement des Ressources Aquatiques (NARA) est l'institution nationale principale désignée pour mener des activités de recherche et de développement dans le domaine des ressources aquatiques tandis que l'Autorité Nationale de Développement Aquacole (NAQDA) est chargée des activités ayant trait au développement et vulgarisation de l'aquaculture commerciale. Les activités prioritaires de recherche sont principalement décidées selon les besoins nationaux. La recherche est orientée pour atteindre les objectifs fixés dans le Plan National de Développement des Pêches, qui décide de la stratégie du secteur de la pêche. Les problèmes industriels, les associations institut/industrie et les tendances régionales sont également prises en considération lors des décisions relatives à la recherche. Récemment, le développement de l'aquaculture rurale a reçu la priorité comme l'une des mesures capable d'améliorer le niveau de vie et d'alléger la pauvreté dans les populations rurales pauvres. Les problèmes matériels de la recherche sont résolus par des consultations avec les fermiers/communauté et par les bénéfices tirés des activités de vulgarisation et de la mise en valeur du secteur à travers les forums scientifiques. En plus de NARA et NAQDA plusieurs universités s'engagent dans la recherche en matière aquacole, bien qu'elles soient principalement académiques.

    Actuellement, il existe plusieurs associations actives dans le secteur aquacole:
    1. Association des Aquaculteurs et des Exportateurs de crevettes (Prawn Farmers and Exporters Association).
    2. Association des Reproducteurs de Crevette (Shrimp Breeders Association).
    3. Associations des Aquaculteurs de crevette locaux à petite échelle (Local small-scale shrimp farmers associations).
    4. Association des Reproducteurs et des Exportateurs des Poissons ornementaux (Ornamental Fish Breeders and Exporters Association).
    En ce qui concerne la recherche en matière aquacole il y a peu de coopération entre les institutions et l'industrie, en dépit de la recherche mise à la disposition des institutions de la part du secteur aquacole. NARA a accordé en premier lieu la priorité à la recherche participative des fermiers / communauté plus qu'à la recherche institutionnalisée. Actuellement NARA veille sur la recherche participative à la ferme dans le domaine aquacole intégré dans des zones rurales, l'élevage et la reproduction des chevrettes, le diagnostic des maladies, le contrôle et la prévention dans l'aquaculture des poissons ornementaux et crevettes, la gestion de la pisciculture dans les réservoirs saisonniers de village, la fabrication d'aliments aquacoles par les fermiers, la participation de la communauté dans l'élevage à partir du stade d'alevin jusqu'au fingerling dans les réservoirs, la technologie de reproduction de poissons et le développement des bonnes pratiques de gestion.
    Tendances, questions et développement
    Une décision stratégique a été prise en juillet 1990 pour retirer le soutien de l'état à la pêche et à l'aquaculture continentale. Les propositions contenues dans le Plan National de Développement des Pêches pour ce sous-secteur ont été, donc, abandonnées, excepté celles concernant l'élevage de crevette et la reproduction et l'élevage des poissons ornementaux dont les activités étaient entièrement entre les mains du secteur privé. Cependant, une étude entreprise par la Banque Mondiale a estimé qu'en 1990 la pêche continentale et le secteur aquacole contribuaient de 24 millions dollar EU par an à l'économie rurale du Sri Lanka. La période juste après le retirement de l'appui c-à-d. entre 1990-1994 montre une forte baisse dans la pêche continentale et la production aquacole à 12 000 tonnes en 1994. L'arrêt de l'approvisionnement en alevins, ainsi que celui de l'appui technique fourni par le gouvernement étaient les causes principales de cette baisse.

    En 1994, le gouvernement a annoncé un rétablissement de la stratégie pour le développement de la pêche continentale et de l'aquaculture s'étalant sur une période de 10 ans de 2002-2012. Un élément important dans le Plan d'Action du Ministère des Pêches et des Ressources Aquatiques pour 2002-2010 concerne le Plan de Développement de l'Aquaculture et des Pêcheries Continentales.

    Le Projet de Développement et d'Amélioration de la Qualité des Ressources Halieutiques, supporté par la Banque Asiatique de Développement, débuté en mi 2002 traite le point relatif à l'aquaculture et au développement de la pêche continentale. Il est judicieux pour l'exécution du projet d'user du grand potentiel du pays pour le développement des ressources aquatiques continentales afin d'assurer la sécurité alimentaire et de rehausser le statut socio-économique des populations rurales des régions non côtières en vue d'alléger la pauvreté.

    En dépit du potentiel des réservoirs saisonniers de village pour augmenter la production nationale en poissons d'eau douce continentale, le développement s'est fait progressivement à un taux lent principalement en raison du manque en juvéniles pour l'empoissonnement des réservoirs saisonniers. Il faut renforcer l'implication de la communauté aux opérations d'élevage à partir du stade d'alevin jusqu'au fingerling en vue de satisfaire cette demande en juvéniles, à cet égard, il est recommandé de créer des groupes de gestion des réservoirs saisonniers se composant des fermiers aquacoles, des opérateurs de mini écloseries, des producteurs de poissons juvéniles et d'une unité de support technique pour gérer les réservoirs saisonniers.

    Dans le secteur de la crevetticulture côtière, le contrôle des maladies est devenu le principal problème. L'expansion non contrôlée excédant la capacité de charge ainsi que la détérioration de la qualité de l'eau ont été les principales causes qui ont conduit à l'apparition des maladies causant une perte évaluée à un milliard de SLR dans le revenu étranger (Siriwardena, 2001a).

    L'expansion rapide de l'industrie d'élevage de crevette durant la dernière décennie a contribué à l'apparition des problèmes écologiques ainsi que des conflits entre les intervenants du secteur en plus des apparitions récentes de maladies. On pense que les ressources suivantes ont été affectées par les activités d'élevage de crevettes (Siriwardena, 2001b: les milieux (habitats) écologiquement sensibles, la faune et la flore sauvage, les terrains agricoles, les populations de poissons sauvages et les eaux souterraines. Selon des évaluations effectuées par le Ministère des Pêches de la Province du Nord-ouest, plus de 1 200 ha de mangroves ont été totalement détruits à cause de l'activité d'élevage de crevettes. En dépit des recommandations formulées afin de déclarer la partie nord de la Lagune de Mundal ainsi que ses slikkes du sud comme sanctuaires (De Silva et Jacobson, 1995), une partie importante de ces régions a été aménagée pour l'élevage de crevette.

    Les principales terres agricoles qui ont été affectées dans la ceinture côtière nord-ouest à cause de l'élevage de crevette sont les paddys de riz et les terrains de production de noix de coco. Les bénéfices attrayants de la crevetticulture ne justifient pas la conversion de ces terres agricoles en étangs de crevette.

    Selon le Ministère des Pêches, dans la Province du Nord-ouest la superficie des unités aquacoles utilisant les eaux souterraines pour l'aquaculture de crevettes est de 720 ha. En se basant sur la surface actuelle de l'eau réservée à l'élevage avec un renouvellement de 25 pour cent d'eau douce pour la dilution, on estime que la demande en eaux souterraines est autour de 1,0 million de m³/dilution (Siriwardena, 2001b). En conséquence, faute d'alimentation adéquate dans cette région en eau douce potable ou pour d'autres usages, l'aquaculture de crevette a crée un conflit entre les différents utilisateurs d'eau. La cause probable des mortalités des poissons déclarées dans le Canal Dutsh (Hollandais), qui est la source principale de l'eau pour l'industrie, étaient les niveaux élevés enregistrés des sulfures, d'ammoniaque non ionisée et du nitrite (Corea, et al ., 1995).

    Les questions suivantes ont été soulevées par les communautés du village vivant dans les régions d'élevage de crevettes (Siriwardena, 1999).
    1. La communauté a de plus amples droits sur les terres de l'Etat que les fermiers non-résidents 's'immisçant' dans l'élevage de crevettes.
    2. L'intrusion de l'eau salée dans les puits et les terrains agricoles.
    3. L'éradication des mangroves affecte la communauté locale qui utilise cette ressource de manière durable.
    4. La perte de pâturage affecte l'élevage de bétail.
    5. Aucune disposition prévue pour la création d'emploi pour la communauté locale.
    6. Obstruction des itinéraires d'accès traditionnels aux zones (surfaces fonds) de pêche.
    7. La perte d'eaux souterraines à cause de son extraction massive.
    Références
    Bibliographie
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