La répartition des étangs piscicoles dans le pays est déterminée par plusieurs facteurs tels que la disponibilité de l'eau, de la terre adéquate pour la pisciculture, de la conscience et de la motivation de la communauté concernant le potentiel économique de la pisciculture. Bien que la crevetticulture soit très rentable à l’échelle internationale, en Tanzanie elle est toujours dans la phase expérimentale. Un certain nombre d'entreprises privées ont acquis des terrains et des permis pour entreprendre cette activité. L'élevage de crevettes est une activité rentable dans la République-Unie de Tanzanie cependant, il souffre des problèmes liés à ses impacts environnementaux et socio-économiques potentiels basés sur l'observation de l'industrie mondiale. Ces dernières années l'algoculture s'est répandue dans certaines zones côtières en tant que source de revenus. L'algue de petite taille est cultivée dans des sites bien choisis, dont certains sont gérés par des groupes de femmes et de jeunes, sont situés le long du littoral du pays, de Tanga dans le nord à Mtwara dans le sud, et dans les îles de Mafia et de Zanzibar. La culture des algues a rapidement émergé en tant que source principale de revenus directs à Tanga et à Zanzibar, suffisants pour couvrir les besoins des ménages. Les espèces cultivées sont Kappaphycus cottonii et Eucheuma spinosum. On pense que le Kappaphycus cottonii est indigène tandis que le Eucheuma spinosum et E. striatum ont été importées des Philippines. Il y a aussi d’autres opportunités pour la culture d'autres espèces d'algues telles que le Glacilaria.
Des réservoirs d'eau ont été construits pour l’usage des maisons, le bétail, l'irrigation et les usines ou pour contrôler les inondations, mais en 1950 et 1966, 50 pour cent de ces derniers ont été empoissonnés avec du tilapia par la Division des pêches. En 1967, le gouvernement a lancé une campagne nationale sur la pisciculture dont les résultats étaient dérisoires, encore une fois, à cause de la mauvaise gestion. En 1972, et pour la première fois, l'aquaculture connut de l'importance dans la politique de pêche bien qu'elle demeure un secteur considéré comme non prioritaire. Plusieurs petits projets d'aide ont été orientés vers le développement de l'aquaculture dans le pays, mais malheureusement, le succès escompté n'a pas été réalisé. L'intérêt envers la mariculture a commencé par les premières investigations dans le domaine de l'algoculture comprenant le travail fait par Mshigeni qui a introduit ce concept des Philippines. Les premières exploitations d'algues à Zanzibar ont commencé leurs activités en 1989. La République-Unie de Tanzanie est dotée d'un bon potentiel pour le développement de la mariculture. En 1996, une étude a été effectuée, le long du littoral, pour le choix d'un emplacement préliminaire pour la culture de la crevette, avec l'appui de la Commission Economique des Nations Unies pour l’Afrique (UNECA). Il ressort des résultats que le pays jouit d'un grand potentiel pour la culture de crevette qui peut être développée à partir de la région la plus reculée au nord de Tanga jusqu'à la zone la plus lointaine au sud de Mtwara. La superficie totale identifiée comme appropriée à la crevetticulture était de 3 000 ha dont la production éventuelle a été estimée à 11 350 tonnes. Cependant, l'algoculture demeure jusqu'ici la seule forme de mariculture ayant connu du succès dans la République-Unie de Tanzanie.
Un total de 14 100 étangs piscicoles sont répartis à travers tout le pays avec une différence dans le potentiel d'une zone à l'autre. La plupart des aquaculteurs possèdent des petits étangs d'une taille moyenne de 150 m2, couvrant 221,5 ha environ. Néanmoins, il y a quatre régions qui comptent plus de 1 000 étangs piscicoles chacune. Il s’agit de Ruvuma (4 942), Iringa (3 137), Mbeya (1 176) et Kilimanjaro (1 660). L'exploitation de la terre pour la pisciculture est limitée à quelques zones spécifiques où l'eau est disponible, et où son utilisation ne pose pas de problème car elle est contrôlée par les droits de l'eau stipulés dans le cadre de la politique de l'eau. Les pisciculteurs emploient du fumier animal comme source principale d'engrais pour leurs étangs piscicoles. La plupart des pisciculteurs utilisent comme aliments, les restes domestiques, le son de maïs, le son de blé, les légumes et l'herbe sauvage. La production est faible à cause de la petite taille des étangs en plus de la mauvaise gestion. Les étangs piscicoles sont le système de production le plus dominant avec une seule ferme utilisant des raceways, pour la culture de la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss).
Il y a d'autres espèces potentielles pour l’aquaculture incluant poissons, mollusques et crustacés des eaux saumâtres et marines, telles que le chano (Chanos chanos) et le mulet à grosse tête (Mugil cephalus). Dans les zones d'eau douce il y a le poisson-chat nord-africain (Clarias gariepinus). Les mollusques et les crustacés cultivables incluent les crevettes de la famille des Penaeidae, des mollusques, des crabes, des huîtres et des moules. Des essais ont été récemment entrepris pour l'élevage d’une souche de chano (Kuyui à Swahili) dans les eaux marines. Les espèces d‘algues cultivées dans le pays sont le Eucheuma spinosum, Kappaphycus cottonni et E. striatum. Elles ont été introduites de Zanzibar et sont originaires des Philippines.
Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au République-Unie de Tanzanie (d'après les statistiques de la FAO):
La nouvelle Loi N° 22 sur la pêche de 2003 aborde les mesures d'étiquetage et de certification des produits aquacoles.
Actuellement, l'aquaculture est en grande partie une activité de subsistance pratiquée par les ménages pauvres dans les zones côtières et intérieures, néanmoins les avantages qu'elle offre sont divers: elle contribue aux besoins des personnes en protéine animale, en particulier dans les zones rurales où il n'y a pas de pêche, elle procure de l'emploi et représente une source de revenus.
L'appui présenté aux associations du secteur privé inclue la sensibilisation sur l'utilisation rationnelle des ressources par l'organisation des séminaires, des ateliers et des réunions sectorielles et de la formation informelle du secteur privé concernant les questions clés telles que l'utilisation des ressources de la pêche.
Plusieurs mesures ont été adoptées pour atteindre les objectifs relatifs à la meilleure gestion. Celles-ci incluent la sensibilisation de la communauté en ce qui concerne l'aquaculture durable par le biais de conférences, de réunions et d’ateliers et par l'octroi de prêts à faibles taux d'intérêt et une période exempte d'impôt de trois ans pour les investisseurs en aquaculture commerciale par le Centre National d'Investissement (NIC). D'autres initiatives incluent l'amendement de la Loi de pêche N°6 de 1970 pour inclure l'aquaculture, le développement des directives sur la mariculture, la production d'un livret de pisciculture et la formation du personnel de l'aquaculture aux différents niveaux. La Division des pêches est responsable de l'élaboration des politiques et des législations. De même, elle s’est assignée la tâche d'aider à la mise en œuvre et à l'application des politiques et des législations ayant trait à la pêche. Ces missions sont accomplies en collaboration avec des entités telles que le gouvernement local, les établissements de recherche, les organismes non-gouvernementaux et la communauté de pêcheurs.
Le gouvernement, par le biais des établissements de recherche, fixe les priorités en matière de recherche. Les décisions sont basées sur des critères à long terme, pour le développement prévu, et des besoins à court terme, tels que les problèmes qui nécessitent un traitement immédiat. Les établissements non-gouvernementaux sont impliqués dans l'élaboration des priorités en matière de recherche, le financement de la recherche et la diffusion des résultats de recherche ainsi que la formation des chercheurs. Les établissements non-gouvernementaux financent, également, la recherche et collaborent avec les aquaculteurs pour le développement et la mise en oeuvre des projets de recherche et des systèmes de diffusion de l'information. La recherche participative à la ferme en matière d'aquaculture n'est pas encore pratiquée vu que l'industrie est toujours à un niveau de subsistance minimum.
La Division des pêches a développé un plan stratégique qui englobe un plan d'action qui est passé en revue chaque année. Des études et des essais ont été entrepris pour évaluer la viabilité du développement de l'aquaculture, la diversification des espèces, ainsi que le développement du marché de l'exportation. Le seul produit aquacole exporté sont les algues, qui ont montré une tendance à la hausse. Cependant, le grand potentiel de la mariculture reste jusqu'ici, en grande partie, inexploité. Aucune démarche n'est encore faite pour intégrer l'aquaculture à d'autres secteurs tels que l'environnement vu que l'industrie est toujours à son niveau de subsistance minimum. Néanmoins, dans le cadre de l'anticipation du développement planifié de l'aquaculture commerciale et des possibilités de son impact négatif sur l'environnement, plusieurs mesures de gestion ont été proposées et sont déjà mises en place.
FAO
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