1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    Occupant une place centrale en Méditerranée, la Tunisie est largement ouverte sur la mer notamment sur ses rives orientales et méridionales. Ses côtes dépassant les 1 300 Km de long, sa superficie est de 163 610 Km2, et le nombre d'habitant dépasse les dix millions.

    Le secteur de la pêche et de l'aquaculture joue un rôle important sur les plans aussi bien socio-économique qu'alimentaire. La production de la pêche qui n'a cessé de croître pour atteindre 102 tonnes en 1988, a connu un fléchissement durant les années 90, puis elle a repris doucement pour atteindre une production de 130 tonnes en 2014.
    La consommation par habitant et par an a suivi la même évolution (après 13,5 Kg en 1988 elle est descendue à 8,5 en 1990 puis elle est remontée ces dernières années à 11,5 Kg) et ce avec une répartition régionale très déséquilibrée puisque la consommation dans les régions intérieures ne dépassent pas 1,5 Kg/habitant/an.

    La pêche contribue à raison de presque 8 pour cent de la valeur des produits agricoles et de 13 pour cent de la valeur de ses exportations.
    L'Aquaculture en Tunisie évolue avec un taux de croissance annuel de 20 pour cent jusqu'à 2014 où elle a connu une stabilité et ce en raison de l'augmenattion des taux de change (euro/dinars). La production actuelle est d'environ 11 700 tonnes (2014)ce qui représente presque 10 pour cent de la production Halieutique totale tunisienne. La valeur des exportations du secteur aquacole est de l'ordre de 20 millions de dinars tunisien (TND) en 2014 (soit l'équivalent de presque USD 11 million). Le secteur de l'aquaculture offre actuellement plus de1 744 de postes d'emploi directs et permanents.
    Historique et aperçu général
    La Tunisie, de par sa position géographique largement ouverte sur la mer et au carrefour des contacts des civilisations et terre d’accueil de beaucoup d’entre elle, avait un attachement à la mer pour développer son économie et accroître ses échanges. Comparée à d'autres pays riverains de la Méditerrannée, les premières traces d'aménagement extensif en eau marine, sont observées depuis l'époque des Romains, il y a une vingtaine de siècles, par les vestiges d'une exploitation d’élevage du mulet dans le lac d’Enjila au centre du pays.

    Au 14ème siècle, les arabes avaient écrit qu’un élevage de poissons était réalisé dans la lagune de Radés sans toutefois donner plus de détails. Depuis le début des années 60 du siècle dernier, plusieurs tentatives de développement de l'aquaculture furent réalisées parmi lesquelles nous citons:
    • La mise en place d'un parc à Menzel Jemil en vue d'une production de moules dont les naissains étaient récoltés sur des installations fixes et des rochers du Lac de Bizerte.
    • La réalisation de la station Ain Sallem à Béja où la carpe a été introduite d'Allemagne et de France pour constituer une pépinière d'alevins dans le but de les empoissonner dans les retenues de barrages.
    • La création des stations de Kébili et Douz où des essais d'élevage de carpe et de Tilapia ont été entrepris au début des années 1970.
    • L'aménagement de quatre étangs alimentés par une source d'eau saumâtre à l'Akarit (Nord de Gabes) pour l'élevage des Mulets.
    • L'introduction de quelques espèces étrangères telles que: le gardon, le rotengle, le sandre, le black bass et le silure pour l'empoissonnement des retenues de barrages et des lacs collinaires.
    Toutes ces initiatives ont été accompagnées par des projets de recherches financés par le gouvernement et les organismes internationaux, dont le plus important est celui de l'installation d'une écloserie de production artificielle de loup, de dorades, de soles et de crevettes à Ghar El Melh qui a déclenché l'aquaculture moderne en Tunisie.

    Par la suite,en 1985, fut la création du Centre National d'Aquaculture à Monastir (CNA) qui a eu pour objectif la maîtrise de la reproduction artificielle et l'élevage des poissons marins (loup et dorade) dans le but d’assister les promoteurs privés.

    Depuis, la Tunisie a tenté de s'insérer dans la dynamique méditerranéenne par l'exécution des projets MEDRAP I et MEDRAP II pilotés par la FAO. Les autorités se sont engagées résolument dans un processus de développement aquacole, attesté par la création de 3 fermes industrielles réalisées par des entrepreneurs privés, dont deux d’entre elles, ont connu de graves difficultés techniques, principalement liées à des problèmes environnementaux et de qualité des sites sur lesquels elles étaient installées. Alors qu'au même moment, et sous la même impulsion, plusieurs autres pays riverains de la Méditerranée, ont connu un réel démarrage de l’aquaculture non pas grâce à des avancées technologiques ou une meilleure productivité, mais plutôt à travers des subventions consistantes dont bénéficiaient les producteurs auprès de leurs gouvernements. Outre ces incitations, ces pays ont bénéficié d’avantages en termes d’organisation institutionnelle et organisationnelle ainsi que des mesures d’encadrement collectif de l’activité (assurance, filière d’exportation, marketing, formation, etc).

    Sous l'effet de la baisse des prix de vente des poissons produits et de la concurrence sévère des producteurs méditerranéens, l'aquaculture en Tunisie est passée par une période de stagnation totale jusqu'au moment de la mise en place de fermes d'engraissement du thon rouge en mer ouverte. L'évolution de cette technique, qui consiste à élever les poissons dans des cages flottantes dans des zones off shore, a ouvert de nouvelles perspectives inconnues voilà encore quelques années.
    Ressources humaines
    Le secteur de l'aquaculture offre aux alentours 1 744 de postes d'emploi directs et permanents (2014).
    ActivitéNiveau d'éducationNombre
    Pisciculture marineCadre supérieur95
    Techniciens26
    Administrateurs17
    Plongeurs93
    Patrons19
    Mécaniciens4
    Ouvriersspécialisés641
    Ouvriers641
    ConchylicultureTechniciens9
    Ouvriers125
    Pisciculture continentaleCadre supérieur4
    Techniciens2
    Ouvriers4
    Aquaculteurs/Pêcheurs 515
    Engraissement du thonCadres supérieurs8
    Patrons et ouvriers spécialisés et ouvriers92
    Administration central et recherche  30
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    La production aquacole intéresse aussi bien les espèces marines que continentales. La principale zone de production aquacole marine est située dans les gouvernorats de Sousse, Monastir et Nabeul (zone Est du pays et Cap bon avec une production d'environ 9 719 tonnes de dorade royale et de loup en 2014). Une zone secondaire de production aquacole marine se trouve dans le Sud du pays (gouvernorat de Médenine) avec une production moyenne de 275tonnes de bar européen et de dorade royale.

    Dans le Nord du pays, et principalement dans le gouvernorat de Bizerte, est localisé l'essentiel de la production conchylicole (moule méditerranéenne, Mytilus galloprovincialis et huître creuse du Pacifique, Crassostrea gigas) avec une production instable d'une année à une autre. La production moyenne durant les dix dernières années est d’environ 162 tonnes (2014). Quant à la production d'aquaculture continentale, cette dernière est localisée essentiellement dans le gouvernorat de Béjà situé à une centaine de kilomètres à l'Ouest de Tunis et avec une moyenne de production de 722 tonnes de poisson d'eau douce par an (mulet à grosse tête Mugil cephalus, mulet porc Liza ramada, carpe commune Cyprinus carpio, sandre Sander lucioperca)
    Espèces cultivées
    Les espèces les plus importantes du point de vue valeur en élevage sont essentiellement le bar européen (Dicentrarchus labrax) et la dorade royale (Sparus aurata) et ceci à côté du thon rouge de l'Atlantique (Thunnus thynnus) qui est produit à travers des actions d'engraissement de poissons prélevés du milieu naturel.

    Il faut signaler que l'essentiel de la production est réalisé par l'élevage d'espèces endémiques.

    Par ailleurs, certaines espèces ont été introduites en Tunisie et elle concernent surtout les espèces d'eau douce comme le sandre (Sander lucioperca), le achigan à grande bouche (Micropterus salmoides), les carpes chinoises (carpe herbivore, Ctenopharyngodon idellus; carpe argentée, Hypophthalmichthys molitrix et carpe à grosse tête, Hypophthalmichthys nobilis) et le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus).

    En conchyliculture, l'huître creuse du Pacifique (Crassostrea gigas) a été introduite en Tunisie depuis les années 70.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Les techniques d'élevage actuellement pratiquées en Tunisie pour la production des poissons marins (Loup et Dorade) sont les suivantes:

    Production d'alevins

    En Tunisie, il existe trois écloseries pour la production artificielle d'alevins de poissons marins dont les principes techniques se ressemblent.

    Ces écloseries sont:
    • L'écloserie de recherche appartenant à l'INSTM (Centre National d'Aquaculture de Monastir) d'une capacité de production 500 000 alevins/an.
    • L'écloserie de la société d'Aquaculture Tunisienne à Hergla d'une capacité de production annuelle d'environ 20 millions d'alevins de loup et de dorade.
    • L'écloserie de la société Sud Aquaculture Tunisienne à Boughrara (Médenine) d'une capacité de production de 3 million d'alevins de loup.
    Le grossissement en bassins en mode intensif

    Cette technique est utilisée par les entreprises: Aquaculture Tunisienne de Hergla, Sud Aquaculture tunisienne de Médenine et la Skala à Monastir.

    Elle est pratiquée dans des bassins en béton de forme rectangulaire ou circulaire alimentés par une station de pompage d’un débit très important. Le grossissement vise la production de poisson du loup et de la daurade de 300 à 350 g. Le cheptel est nourri avec un aliment importé d’usines implantées en Europe.

    Le grossissement en cages

    La Tunisie, et en raison de sa situation géographique ouverte sur la Méditerranée et l’étendue de ses côtes, procure un atout pour le développement de cette activité aquacole récente en mer ouverte. Depuis 2007 l’élevage en cage off-shore a connu une croissance importante avec 25 sociétés actives en 2015

    Le grossissement semi-intensif

    Cette technique est utilisée par la ferme de la société TUNISPECHE, localisée à Ajim (Jerba). Cette ferme dispose de bassins en terre de 2,5 ha à 9 ha, conçus exclusivement pour l’élevage de la dorade. L'alevinage est effectué avec des alevins pré-grossis en bassins béton. Les poissons sont nourris avec un aliment semi-humide fabriqué sur place à la ferme, avec du hachis de poisson frais, de la farine de poisson et du tourteau de soja.

    La pisciculture continentale

    La pisciculture continentale est pratiquée enextensif dans les barrages et en intensif dans les bassins alimentés par les eaux géothermales du sud du pays.

    Exploitation des retenues de barrage

    Trente et un barrages sont en exploitation en 2014 dans le Nord et le Centre du pays, ces étendues sont destinées à la production d'électricité, à la fourniture d'eau potable ou d'irrigation, à la régularisation des crues, à la recharge des nappes phréatiques. L'exercice de pisciculture intensive est soumis à certaines restrictions dans les retenues destinées à l'approvisionnement en eau potable.

    Les plans d'eau de ces retenues contiennent des espèces de poissons qui présentent une valeur commerciale directe (consommation par l'homme) ou indirecte (poisson fourrage pour des espèces carnivores) parmi lesquelles nous pouvons citer:
    • Des espèces endémiques: barbeau, anguille (espèce captive appelée à disparaître faute de pouvoir se reproduire).
    • Des espèces introduites dans quelques barrages: carpe commune, sandre, silure, black bass, gardon, rotengle.
    Pisciculture en eaux géothermales

    En Tunisie l’exploitation des ressources en eaux géothermales a permis une révolution agricole dans le Sud tunisien, par contre l’aquaculture en eau géothermale reste limitée par de nombreuse contrainte dont le refroidissement de l’eau et sa disponibilité. Actuellement seul 2 projets sont actifs avec la production de tilapia du Nil O. niloticus.
    Performance du secteur
    Production
    année bar européen
    dorade royale
    Moule/Huître Engraissement thon rouge Poissons d'eau douce TOTAL
      tonnes Valeur
    TND (*1 000)
    tonnes Valeur
    TND (*1 000)
    tonnes Valeur
    TND (*1 000)
    tonnes Valeur
    TND (*1 000)
    tonnes
    2006 1 143 17 145 179    511   1 061 2 080 2 894
    2007 1 583 20 579 199    519   1 086 2 155 3 387
    2008 1 848 24 024 121    600   1 110 2 172 3 679
    2009 2 806 33 672 158   380   1 210 2 150 4 554
    2010 3 761 41 371 167   373   1 144 2 625 5 445
    2011 5 841 58 410 169   350   878   7 238
    2012 7 272 72 720 115 393 841   970 2 357 9 198
    2013 10 490 104 900 113 357 380   997 2 859 11 980
    2014 9 994 99 940 162   480   1 034   11 670


    Selon les statistiques de la FAO la production aquacole en Tunisie en termes de volume était comme suit:

    :
    :
    Marché et commerce
    Les produits aquacoles tunisiens sont vendus aussi bien sur le marché local que sur le marché international.

    Les poissons marins, bar européen et dorade royale d'élevage, ont été précédemment destinés en totalité à l'exportation sur le marché européen. Cependant, durant les dernières années nous avons assisté à une concurrence cruciale des autres produits d'élevage sur ce marché, ce qui a amené les producteurs aquacoles à chercher d'autres marchés potentiels à savoir les marchés américains.Parallèlement à ce marché européen, les produits aquacoles tunisiens sont vendus aux hôtels et grands restaurants touristiques en tunisiens. Le reste estimé presque à la moitié du produit est vendu sur le marché de gros à Tunis, Sousse et Sfax pour être ensuite acheminé vers les marchés du détail dans les villes et villages dans des conditions sanitaires réglementaires. Il est à signaler que les prix de vente de ces produits sont plus avantageux pour les producteurs au marché tunisien qu'au marché européen. Une moyenne de prix de vente du bar européen et de la dorade royale sur le marché tunisien est d'environ 9 TND/Kg (4,5 USD/Kg).

    Les produits émanant de l'engraissement du thon rouge sont destinés en totalité à l'exportation. En effet, la majeure partie de la production est exportée vers le marché japonais tandis que le reste est destiné au marché européen.

    Les coquillages (moules et huîtres) sont vendus en totalité sur le marché local avec étiquette blanche après épuration dans les centres de purification agréés selon la réglementation en vigueur et conformément aux directives européennes. Le prix de vente des moules au départ des ferme est de 2,5 TND (1,25 USD) alors qu'il atteint les 3,5 TND (1,75 USD) au marché de gros.

    Les poissons d'eau douce sont vendus actuellement et en totalité sur le marché local. Ils sont vendus essentiellement sur les marchés de gros des grandes villes comme Tunis, Sousse, Sfax ou encore dans les marchés des petites villes ou villages voisinant les lacs de barrages. Il n'y a pas de demande spéciale pour ce type de produit, sauf en période creuse pour les poissons marins, on assiste à une demande pour le mulet ou encore le sandre qui est aussi apprécié. Les prix de vente des poissons d'eau douce sont relativement faibles par rapport au prix de vente des poissons marins. En effet, les prix varient de 2 TND/Kg pour la carpe commune soit 1 USD à 4 TND/Kg pour le sandre soit 2 USD et 3,6 TND/Kg pour le mulet soit 1,8 USD.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    En ce qui concerne les institutions, le Ministère de l'Agriculture, est compétent en matière d’aquaculture. Il a pour mission d'exécuter, en coordination avec les ministères intéressés, la politique de l'Etat dans le domaine agricole et de la pêche, de veiller à la promotion de ce secteur et de favoriser la création d'un climat favorable pour son développement.
    En outre, en application du Décret nº 2001-420 du 13 février 2001 fixant l'organisation du Ministère de l'Agriculture, le Ministère se divise en services techniques dont la Direction Générale de la Pêche et de l’Aquaculture et la Direction Générale des Services Vétérinaires. La Direction Générale de la Pêche et de l’Aquaculture (DGPA) est chargée de:
    • Élaborer les stratégies et les plans de développement de la pêche et de l'aquaculture et les programmes spécifiques tendant à la protection et à la reconstitution des ressources halieutiques et de veiller à leur mise en œuvre et à leur évaluation.
    • Évaluer les opportunités d'investissement dans le secteur et notamment dans les moyens de production et les services.
    • Concevoir les mesures d'encouragement et d'appui technique au secteur et veiller à leur mise en œuvre en collaboration avec les organismes concernés.
    • Participer à l'élaboration des programmes de recherche, de formation et de vulgarisation en matière de pêche et d'aquaculture et contribuer à la valorisation des résultats de ces programmes.
    • Veiller à l'exploitation rationnelle des ressources halieutiques vivantes et mettre en œuvre toute mesure tendant à préserver et à assurer la pérennité de ces ressources.
    • Promouvoir et mettre en œuvre les projets de coopération internationale intéressant le secteur de la pêche et de l'aquaculture en collaboration avec les services concernés.
    La DGPA se subdivise à son tour en trois directions: la direction de la conservation des ressources halieutiques, la direction de l'exploitation et la direction de la promotion de la pêche.

    Quant à la Direction Générale des Services Vétérinaires (DGSV), elle a pour responsabilité de:
    • Délimiter, concevoir et définir les stratégies, les programmes et les orientations relatifs au contrôle des maladies animales, à la protection sanitaire, à l’hygiène, la qualité des produits animaux, suivre leur exécution et les évaluer.
    • Délivrer des certificats officiels de qualité des animaux et des produits animaux.
    • Contrôler la qualité des aliments composés, participer à l'agrément des médicaments et des produits biologiques vétérinaires et des produits de nettoyage, suivre et contrôler leur qualité au niveau de la production, de la distribution et de l'utilisation.
    • Renforcer et développer les relations de coopération sanitaire avec les pays et les organisations spécialisées à caractère régional et international.
    • Superviser et contrôler l'exercice de la médecine vétérinaire par les médecins vétérinaires de libre pratique.
    • Assurer le contrôle sanitaire et la qualité des animaux et des produits d'origine animale à l'importation et à l'exportation.
    La DGSV se subdivise à son tour en trois directions: la direction de la santé animale, la direction du contrôle des produits animaux et de la qualité et la direction de la normalisation et du contrôle sanitaire aux frontières.

    Par ailleurs, le Ministère de l'Environnement est également compétent en aquaculture, principalement au travers de l’Agence Nationale de Protection de l’Environnement (ANPE) et de l’Agence nationale de protection et d’aménagement du littoral placée sous la tutelle du Ministère (APAL). L’ANPE joue un rôle primordial en ce qui concerne l’étude d’impact sur l’environnement (EIE) puisque l’EIE est présentée à l’ANPE pour avis avant l’obtention de toutes autorisations administratives exigées pour la réalisation du projet aquacole. Un centre technique d’aquaculture a été mis en place par l’arrêté du Ministre de l’agriculture et des ressources hydrauliques du 18 juillet 2007, portant approbation des statuts-types du centre technique d’aquaculture. Ce centre est constitué entre les personnes physiques et morales ayant la qualité de producteur ou transformateur ou conditionneur ou exportateur ainsi que les groupements interprofessionnels dans le secteur de la pêche et de l’aquaculture, les établissements et les entreprises publics exerçant dans le domaine de développement, de la recherche et de la vulgarisation agricole. Le centre a pour mission, entre autres, d’étudier et d’élaborer des projets d’aquaculture et de fixer la carte des zones habilitées à cette activité; suivre les innovations techniques au niveau des activités de l’aquaculture et généraliser leur utilisation; mettre au point des filières techniques appropriées économiquement aux projets d’aquaculture au profit des créateurs et des exploitants; réaliser des expériences pilotes d’aquaculture dans les eaux marines et douces; étudier l’opportunité de mettre en œuvre de nouveaux modes d’élevage.
    Règlements en vigueur
    La Loi Cadre de la pêche et de l’aquaculture

    Le texte principal régissant le secteur de la pêche et de l’aquaculture en Tunisie est la loi 94- 13 du 31 janvier 1994 relative à l’exercice de la pêche. Elle a pour objet « d'organiser l'effort de pêche dans les différentes zones de pêche, de rationaliser l'exploitation des espèces aquatiques, de les protéger et de préserver leur milieu de vie ». L'exercice de la pêche dans les eaux tunisiennes est subordonné à l'obtention d'une autorisation dont les conditions d'octroi et les redevances qui y afférent sont fixées par voie réglementaire. Après avoir établi les dispositions générales (titre I) et les dispositions relatives à l'exercice de la pêche dans les eaux tunisiennes (titre II), la loi traite successivement des dispositions relatives à l'organisation des opérations de pêche (titre III) et de la constatation et de la poursuite des infractions de pêche (titre IV). Dans son titre III, la loi se réfère à l’aquaculture sous le terme de « pêcheries fixes » qui englobent « les plans d’eau relevant du domaine public sur lesquels sont établis des installations, engins et équipements pouvant être exploités aux fins de la pêche ».

    Les procédures relatives à l’exploitation aquacole

    En vertue de la loi No. 94-13 du 31 janvier 1994 relative à l’exercice de la pêche, une autorisation préalable du Ministre chargé de la Pêche est nécessaire pour réaliser un projet d’aquaculture.

    Il est précisé que l’autorisation ne peut être accordée que:
    • aux personnes physiques de nationalité tunisienne.
    • aux établissements publics et sociétés nationales.
    • aux personnes morales dont le capital est détenu en totalité par des personnes physiques de nationalité tunisienne.
    • par les personnes morales qui:
      • Sont constituées conformément aux lois en vigueur et qui ont leur siège social en Tunisie. Ont leur capital représenté à concurrence de 34 pour cent au moins par des titres nominatifs détenus par des personnes physiques ou morales tunisiennes.
      • Ont leur conseil d’administration, de gérance ou de surveillance, constitué en majorité par des personnes physiques de nationalité tunisienne.
      • ont leur présidence, leur direction générale ou leur gérance assurée par des personnes physiques de nationalité tunisienne.
    o Le demandeur doit fournir au Ministère de l'Agriculture, un extrait de la carte de la Tunisie à l’échelle 1/50 000 précisant la situation de la pêcherie fixe « Exploitation Aquacole »; un état exposant les méthodes d’exploitation envisagées; une note précisant la dimension du projet pour avoir l’accord de principe attribué par la commission interdépartementale des pêcheries fixes. L’autorisation finale est octroyée après présentation d’une étude technico-économique, de l’avis de l’ANPE sur l’EIE et l’accord du service des phares et balises de la marine nationale sur le balisage du site. Le dossier doit être déposé à la DGPA. Le bénéficiaire de l’autorisation dispose d’une année au maximum à partir de la date d’octroi de l’autorisation pour établir les installations, les engins et les équipements autorisés sous peine de retrait de l’autorisation.

    Concernant l’EIE le décret nº 2005-1991 du 11 juillet 2005 y relatif fixe des catégories d'unités soumises à l'étude d'impact sur l'environnement et des catégories d'unités soumises aux cahiers de charges définit « l’unité » comme « tout équipement ou tout projet industriel, agricole ou commercial dont l’activité est génératrice de pollution ou de dégradation de l’environnement ». L’ « étude d’impact sur l’environnement » est « l’étude qui permet d’apprécier, d’évaluer et de mesurer les effets directs et indirects, à court, moyen et long termes de la réalisation de l’unité sur l’environnement et qui doit être présentée à l’agence nationale de protection de l’environnement pour avis avant l’obtention de toutes autorisations administratives relatives à la réalisation de l’unité ». C’est l’ANPE qui est l’autorité compétente chargée d’évaluer l’EIE.

    Règles Sanitaires Relatives à la Production et Mise sur le Marché:
    • La loi n° 92-117 du 7 Décembre 1992 relative à la protection du consommateur et concerne la sécurité du produit, loyauté de transaction économique et protection du consommateur.
    • La loi 94-13 de 1994 relative à l'exercice de la pêche et essentiellement l'article 12, l'alinéa 2 concerne la nécessité de conformité des activités aquacoles aux règles sanitaires.
    Pour obtenir davantage d’informations sur la législation en vigueur dans le secteur de l’aquaculture en Tunisie, veuillez cliquer sur le lien suivant:
    Vue générale de la législation nationale sur l'aquaculture - Tunisie.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    La recherche expérimentale en aquaculture est assurée par plusieurs institutions (Institut National des Sciences et Technologie de la Mer avec ses annexes et les institutions d'enseignement supérieur et de recherches).

    L'identification des programmes prioritaires de recherche est le résultat de discussions et de réflexions en collaboration entre le Ministère de l'agriculture des ressources hydrauliques et de la pêche et les institutions sous tutelles qui s'occupent de la recherche

    InstitutionGrade universitaireMinistère de Tutelle
    Inst. Nl. Des Sciences et Technologie de la Mer Directeur de recherche, maître de recherche, chargé de rechercheMinistère de la Recherche Scientifique et de Technologie
    Inst. Nl. Agronomique de TunisProfesseur, maître de conférence, maître assistant, assistantMinist. de l'Agriculture et des Ressources Hydraulique
    Inst. Sup. de la Pêche et de l'Aquaculture - -
    Fac. Des Sciences de Tunis -Ministère de l'Enseignement Supérieur
    Centre technique d’aquaculture Avis techniques, liaison entre la recherche et la profession Minist. de l'Agriculture et des Ressources Hydraulique et de la Pêche
    Fac. Des Sciences de Sfax - -

    La formation aquacole est conçue dans le cadre de l'enseignement des pêches qui est organisé à partir d'un schéma traditionnel et se dispense à trois niveaux:
    • Formation professionnelle (1 degré).
    • Formation secondaire (2 degré).
    • Formation supérieure (3 degré).
    La formation aquacole est effectuée dans sept centres de formations professionnelles et trois écoles secondaires de pêche et dans trois instituts d'enseignement supérieur.

    InstitutsGrade
    Institut National Agronomique de Tunis (INAT)Ingénieur national
    Inst. Supérieur de Pêche et d'Aquaculture (ISPA)Technicien supérieur
    Inst. Supérieur de Biotechnologie Marine (ISB)Maîtrise et techniciens Supérieur
    Ecoles et centres de formation professionnelleFormation à la demande de la profession (ouvriers spécialisés)
    Tendances, questions et développement
    Fort des données collectées au cours des dernières années et face aux bouleversements de la situation aquacole avec l’émergence de nouveaux pôles et devant l’obligation de modeler une stratégie actuelle qui tapisse le contexte national et international, le gouvernement tunisien a autorisé, au cours du conseil ministériel restreint du 6 mai 2002, l’élaboration « d’une stratégie nationale pour le développement de l’aquaculture ». Un comité national a été créé pour contribuer à tracer les orientations stratégiques décanale 2007-2016.

    Cette « stratégie nationale du développement de l’aquaculture » comporte une analyse de la situation actuelle aquacole en Tunisie avec les atouts et les contraintes au développement ainsi queles objectifs productifs pour l’aquaculture marine et dulçaquicole, les recommandations et les moyens à mettre en œuvre pour mobiliser et attirer l’investissement privé. Les retombées économiques de la contribution de l’état ont également été calculées et classées par action. Les répercussions de ces recommandations sur le coût de production et la compétitivité ont aussi été mises en relief.

    Les recommandations de cettestratégieétaient les suivantes:
    • La création d’un centre technique de l’aquaculture pour le transfert des technologies aquacoles ainsi que l’encadrement des privés.
    • une exonération des taxes douanières et de la TVA pour l’importation des équipements et des intrants aquacoles (alevins, aliments etc.).
    • une prime d’étude qui couvre jusqu’à 40 pour cent des frais d’études des projets et ceci avec un plafond de 40 milles dinars.
    • L’augmentation de la prime d’investissement de 7 à 12 pour cent pour les projets aquacoles de catégorie C.
    Ces Mesures devraient permettre de créer à l’horizon de 2016 un nombre additionnel de 27 projets avec une production supplémentaire de 7,5 milles tonnes pour un investissement supérieur à US$ 50 million. Les exportations pourraient, ainsi, atteindre les US$ 25 million, mis à part les exportations du thon Rouge. Les emplois créés seraient de l’ordre de 500 nouveaux postes. La stratégie nationale pour le développement de l’aquaculture a été actualisée depuis 2006, pour s’étaler sur 10 ans de 2006 à 2016, elle intègre, ainsi, les objectifs du XIe plan de développement.

    Analyse critique des orientations stratégiques réalisées dans le secteur aquacole

    Au cours des deux dernières décennies et depuis la mise en place du premier plan de développement du secteur aquacole, nous nous permettons de présenter une analyse critique sur les contraintes qui ont limité le développement de cette activité. En effet, le retard dont témoigne à chaque fois la réalisation des objectifs retenus dans les plans de développement et les stratégies sectorielles, est un indicateur réaliste de l'existence de nombreuses incertitudes et risques qui constituent des obstacles freinant ainsi l'initiative privée malgré les potentialités réelles du pays. Parmi ces contraintes nous pouvons citer:
    • Pour la pisciculture marine:
      • La rareté des sites en mer abrités contre les intempéries pour accueillir des fermes d'élevage en cages flottantes traditionnelles.
      • Le marché européen du loup et de la dorade qui se caractérise par une abondance de l'offre due à la progression très rapide de la production aquacole: en 1989 elle était de 4 000 tonnes pour dépasser le seuil de 200 000 tonnes en 2010. La croissance de l'offre a provoqué une baisse considérable des prix: de l'équivalent de EUR 11 en 1989 à EUR 4,5 en 2010.
      • La concurrence rude avec des pays méditerranéens, dont certains ont cumulé des avantages naturels importants et des conditions économiques exceptionnelles de lancement de leur activité et il est difficile dans le contexte du marché actuel de prendre une position viable par la production du Loup et de la Dorade.
      • Le coût comparativement élevé de certains intrants par rapport aux concurrents.
      • Le coût élevé du transport aérien est aussi un facteur affectant la compétitivité des produits tunisiens.
      • L'indisponibilité de l'aliment vivant (artémia) et inerte (granulé), qui restent des produits importés, a limité la production d'alevins dans les écloseries.
      • Sur le plan administratif, le faible rang qu'occupe la Sous Direction chargée du développement de l'aquaculture dans la hiérarchie administrative.
      • Sur le plan juridique, la loi N°13 de l'année 1994 relative à l'exercice de la pêche ne constitue pas un instrument juridique de base approprié pour le développement de l'activité aquacole.
    • Pour la pisciculture continentale:
      • Les retenues de barrage qui constituent le potentiel de la pisciculture continentale, reçoivent les eaux des bassins versants entraînant des apports importants de sédiments et de polluants exogènes conduisant une eutrophisation affectant les peuplements piscicoles.
      • Le repeuplement des plans d'eau par les espèces qui ne se reproduisent qu'en mer (Mulet), nécessite un alevinage périodique pour compenser les captures. Cette opération qui se fait par des organismes étatiques n'assure pas la pérennité du développement de cette activité.
      • Le contrôle de la pêche est difficile, ce qui encourage plusieurs intrus à faire une pression sur le stock de poisson au détriment des pêcheurs autorisés qui pratiquent légalement et qui peuvent être associés à un processus d'amélioration de ces exploitations.
      • Le manque de moyens de conservation des produits pêchés qui laisse le pêcheur en position de faiblesse vis-à-vis des multiples commerçants intermédiaires.
      • L’absence d'infrastructures dans les grands barrages, pour l'accostage des bateaux et le débarquement des produits capturés.
      • Les poissons d'eau douce capturés dans les barrages ne bénéficient pas d'une habitude de consommation sauf chez les populations riveraines des retenues.
      • Le faible développement de l'élevage intensif et semi intensif de certaines espèces de poissons de bonne valeur commerciale telle que le Tilapia, surtout dans les régions du sud du pays qui disposent de sources géothermales.
    • Pour la conchyliculture:
      • Les problèmes sanitaires et environnementaux qui apparaissent au niveau du lac de Bizerte présentent un danger vis-à-vis du développement de l’activité conchylicole en Tunisie.
      • L’ostréiculture est tributaire d’une importation annuelle de naissains qui risquent d’amener les maladies et les parasites et atteignent les peuplements présents dans toute la lagune de Bizerte.
      • Plusieurs tentatives d’installation de conchyliculteurs privés se sont soldées par des échecs pour des raisons en relation avec l’environnement d’une part et de la commercialisation des produits d’autre part.
      • L’exploitation des moules de la nature représente une concurrence potentielle à l’activité mytilicole.
    Références
    Bibliographie
    Annuaires statistiques de la Direction Générale de la pêche et de l'aquaculture.
    Rapport internes de la Direction générales relatifs au Développement de l'aquaculture en Tunisie (années 2003, 2004 et 2005).
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