Le secteur de la pêche et de l'aquaculture joue un rôle important sur les plans aussi bien socio-économique qu'alimentaire. La production de la pêche qui n'a cessé de croître pour atteindre 102 tonnes en 1988, a connu un fléchissement durant les années 90, puis elle a repris doucement pour atteindre cette production de 102 tonnes en 2004 Ce n'est que pendant ces deux dernières années que la production halieutique a atteint les 110 milles tonnes/an. La consommation par habitant et par an a suivi la même évolution (après 13,5 Kg en 1988 elle est descendue à 8,5 en 1990 puis elle est remontée ces dernières années à 9,5 Kg) et ce avec une répartition régionale très déséquilibrée puisque la consommation dans les régions intérieures ne dépassent pas 1,5 Kg/habitant/an. La pêche contribue à raison de presque 9 pour cent de la valeur de l'agriculture qui contribue elle même au PIB à hauteur de 12,5 pour cent. La contribution de la pêche au PNB est d'environ 1,4 pour cent. L'Aquaculture en Tunisie n'évolue pas avec la vitesse attendue par les autorités publiques et ce malgré l'existence d'important potentiel identifié (20milles tonnes/an). La production actuelle est d'environ 3 700 tonnes ce qui représente presque 3 pour cent de la production Halieutique totale tunisienne. La valeur des exportations du secteur aquacole est de l'ordre de 29 millions de dinars tunisien (DT) en 2005 (l'équivalent de presque 22,3 millions de dollars US$). Le secteur de l'aquaculture offre actuellement plus qu'un millier de poste d'emplois direct et permanent.
Cet essais a été suivi par des expériences scientifiques et la mise en place de deux stations expérimentales (élevage de poisson d'eau douce au sud tunisien en 1974 et reproduction de poisson marins au nord de la Tunisie en 1975) puis en 1985 la création du Centre National d'Aquaculture à Monastir au Centre Est du pays. Ce dernier a eu pour vocation la maîtrise de la reproduction et l'élevage des poissons marins (bar européen et dorade royale) et l'assistance aux promoteurs privés. Ce n'est qu'à partir du 1985 que fût le démarrage des premières opérations industrielles dans ce domaine et ce avec la création de trois fermes industrielles privées dans le sud tunisien. Depuis, l'investissement dans ce secteur n'évolue pas de la manière attendue malgré les actions entreprises par le gouvernement en faveur du développement du secteur aquacole. Actuellement, le nombre de projets aquacoles productifs est de l'ordre de 13 ajouté à l'exploitation de 23 plans d'eau continentale en pisciculture par des pêcheurs privés dans les zones intérieures du pays. La production totale de l'aquaculture a évolué de 140 tonnes en 1987 à 3 700 tonnes en 2004 représentant ainsi presque 3 pour cent de la production totale du secteur de la pêche avec une valeur variant d'un million de dinars tunisien En 1987 à 43 million de dinars (33,07 million en US$) en 2005.
Dans le Nord du pays et principalement dans le gouvernorat de Bizerte est localisé l'essentiel de la production conchylicole (moule méditerranéenne, Mytilus galloprovincialis et huître creuse, Crassostrea gigas) avec une production instable d'une année à une autre. La production moyenne durant les dix dernières années est d'environ 100 tonnes. Quant à la production d'aquaculture continentale elle est localisée essentiellement dans le gouvernorat de Béjà situé à une centaine de kilomètres à l'Ouest de Tunis et avec une moyenne de production de 500 tonnes de poisson d'eau douce par an (Mugil cephalus, Liza ramado, Cyprinus carpio, Stizostedion lucioperca )
Il faut signaler que l'essentiel de la production est réalisé par l'élevage d'espèces endémiques. Par ailleurs, certaines espèces ont été introduites en Tunisie et elle concernent surtout les espèces d'eau douce comme le Sandre (Stizostedion lucioperca), le black-bass à grande bouche (Micropterus salmoides), les carpes chinoises (carpe herbivore, Ctenopharyngodon idellus; carpe argentée, Hypophthalmichthys molitrix et carpe grosse tête, Aristichthys nobilis) et le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus). En conchyliculture, l'huître creuse (Crassostrea gigas) a été introduite en Tunisie depuis les années 70.
La pisciculture marine est pratiquée par les techniques intensives; l'essentiel de la production est réalisé par l'élevage en raceway en béton avec une densité de 60 kg/m3 avec utilisation de l'oxygène pure. Par ailleurs de faibles productions sont enregistrées par la pratique d'autres techniques d'élevage en cages circulaires installées dans des zones abritées en mer. L'élevage Extensif La pisciculture continentale en Tunisie consiste en l'exploitation et la valorisation des eaux des barrages à travers leur empoissonnement en alevins de Mulet (Mugil spp. Liza sp.) et le transfert de certaines espèces comme le sandre et les carpes lesquelles seront pêchées par la suite par l'octroi d'autorisation aux pêcheurs habitants aux alentours de ces barrages. La Conchyliculture Consiste en l'élevage des moules (Mitilus galloprovincialis) et des huîtres (Crassostrea gigas) suspendus sur des tables d'élevage ou encore sur filières flottantes. Ces deux techniques d'élevage sont pratiquées dans la lagune de Bizerte au Nord du pays. Cette lagune est ouverte sur la mer et son eau est marine.
Selon les statistiques de la FAO la production aquacole en Tunisie en termes de volume était comme suit:
Les poissons marins, bar européen et dorade royale d'élevage ont été précédemment destinés en totalité à l'exportation sur le marché européen. Cependant durant les dernières années on a assisté à une concurrence cruciale des autres produits d'élevage sur ce marché. Ce qui a amené les producteurs aquacoles à chercher d'autres marchés potentiels à savoir les marchés américains. Parallèlement à ce marché européen, les produits aquacoles tunisiens sont vendus aux hôtels et grands restaurants touristiques en tunisie. Le reste estimé presque à la moitié du produit est vendu sur le marché de gros à Tunis, à Sousse et à Sfax. Le produit sera ensuite acheminé vers les marchés du détail dans les villes et villages dans des conditions sanitaires réglementaires. Il est à signaler que les prix de vente de ces produits est plus avantageuse pour les producteurs au marché tunisien qu'au marché européen. Une moyenne de prix de vente du bar européen et de la dorade royale d'environ 9 dinars tunisiens, alors que le prix de vente du même produit sur le marché européen est d'environ l'équivalent de 6 dinars tunisiens (4,6 US$ en 2004). Les produits émanant de l'engraissement du thon rouge sont destinés en totalité à l'exportation directement sur le marché japonais et pour de faibles quantités sur le marché européen. Les coquillages (moule et huître) sont vendus en totalité sur le marché local avec étiquette blanche après épuration dans les centres de purification agrées selon la réglementation en vigueur et conformément aux directives européennes. Le prix de vente des moules départ ferme est de 2,5 DT alors qu'il atteint les 3,5 DT au marché de gros. Les poissons d'eau douce sont vendus actuellement et en totalité sur le marché local. Ils sont vendus essentiellement sur les marchés de gros des grandes villes comme Tunis, Sousse, Sfax ou encore dans les marchés des petites villes ou villages voisinant les lacs de barrages. Il n'y a pas de demande spéciale pour ce type de produit, sauf en période creuse pour les poissons marins, on assiste à une demande pour le mulet ou encore le sandre qui est aussi apprécié. Les prix de vente des poissons d'eau douce relativement faible par rapport au prix de vente du poisson marin. En effet les prix varient de 1 DT/Kg pour la carpe commune soit 0,770 US$ à 2,5 DT/Kg pour le sandre soit 1,9 US$ et 3,5 DT/Kg pour le mulet soit 2,7 US$.
Les Fonctions de la Direction Générale de la Pêche et de l'Aquaculture: La (DG/Pêche) est responsable du développement de l'aquaculture. Le suivi et le contrôle sanitaire est du ressort de la Direction Générale des services vétérinaires sous la tutelle du Ministère de l'Agriculture et des ressources hydrauliques, le suivi de l'impact environnemental des projets aquacoles et la protection de l'environnement est du ressort de l'Agence Nationale de Protection de l'Environnement (ANPE). Certaines de ces fonctions sont cependant exercées en concertation avec des directions du Ministère de l'Agriculture et des ressources hydrauliques qui sont:
Après l'accord de cette commission, le dossier sera transmis par la DG/Pêche au Ministère du Domaine Public et des Affaires Foncières auquel il appartient à d'octroyer la concession. Organisation de la DG/Pêche pour l'Administration et le développement de l'Aquaculture: L'administration de l'aquaculture au sein de la DG/Pêche est exercée par la Sous Direction de l'Aquaculture. Mais d'autres unités de la DG/Pêche s'occupent également des questions liées à l'administration de l'aquaculture, il s'agit de:
L'organisation du GIPP: Groupement Interprofessionnel des Produits de la Pêche. Celui-ci sous la tutelle du Ministère de l'Agriculture et des Ressources Hydrauliques possède une autonomie financière et participe au développement de l'aquaculture à travers des projets de développement de l'aquaculture, la promotion de l'export, etc. L'Administration Régionale: Au niveau régional, le Ministère de l'Agriculture et des Ressources hydrauliques est représenté dans toutes prérogatives par des Commissariats Régionaux au Développement Agricole qui ont le rang d'une Direction Générale.
Le champ d'application de cette loi est très large puisqu'il englobe toute activité qui vise non seulement la capture mais également la collecte, l'extraction ou l'élevage d'organismes dont l'eau constitue le milieu de vie permanent du prédominant. Dans ce contexte, les installation aquacoles sont regroupées sous le terme «Pêcheries fixes» que le législateur a déterminé comme était les plans d'eau du domaine public sur lequel sont établies des installations, des engins et tout autres équipements susceptibles d'être exploités par une activité de pêche et d'aquaculture. Réglementation sur les Concessions: La loi 1994 exige dans son article 23 une autorisation préalable pour l'établissement de «Pêches fixes» ou établissement aquacole. Par ailleurs, des arrêtés conjoints entre le Ministère du Domaine de l'Etat, du Ministères des Finances, du Ministère de l'Equipement et de l'Habitat et du ministère de l'Agriculture et des ressources hydrauliques qui fixent les redevances relatives à l'exploitation du domaine public. Réglementation Concernant l'Impact sur L'Environnement: Plusieurs textes législatifs et réglementaires régissent indirectement les régions de l'aquaculture en mer:
Règles Sanitaires Relatives à la Production et Mise sur le Marché:
L'identification des programmes prioritaires de recherche est le résultat de discussions et de réflexions en collaboration entre le Ministère de la Recherche et des technologies, la profession et l'administration.
La formation aquacole est conçue dans le cadre de l'enseignement des pêches qui est organisé à partir d'un schéma traditionnel et se dispense à trois niveaux:
Et c'est dans ce cadre que quatre projets d'élevage de coquillages ont été crées dans la lagune de Bizerte au Nord du pats et aussi quatre projets d'engraissement de thon rouge ont été crée sur la côte Est du pays : deux d'entre eux dans le Gouvernorat de Sousse et deux autres dans le Gouvernorat de Mahdia. Par ailleurs, une autre ferme aquacole vient de voir le jour et elle concerne l'élevage du tilapia du Nil dans le Sud tunisien. La production aquacole qui avant ne comprenait que les espèces bar européen et dorade royale, comprend durant cette dernière décennie les espèces d'eau douce (42 pour cent), les coquillages (5 pour cent), le thon rouge (16 pour cent) et les poissons marins (37 pour cent). Cette décennie a été caractérisée aussi par la réalisation par le Gouvernement de certaines actions d'appui au développement, on en site les principales:
Annuaires statistiques de la Direction Générale de la pêche et de l'aquaculture. Rapport internes de la Direction générales relatifs au Développement de l'aquaculture en Tunisie (années 2003, 2004 et 2005). Organisation du ministère de l'Agriculture (décret n°2001-421 du 13 Février 2001).
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