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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’histoire de l’aquaculture en Turquie est relativement courte. Elle a commencé au cours de la fin des années 60 avec l’élevage de la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) et de la carpe commune (Cyprinus carpio). Au milieu des années 80, elle s’est poursuivie avec l’élevage de la dorade royale (Sparus aurata) et du bar européen (Dicentrarchus labrax). La production des trois principales espèces, à savoir la truite arc-en-ciel, le bar et la dorade, a rapidement augmenté au cours des années 90. En 2003, la production totale de 1 659 fermes a atteint les 80 000 tonnes/an de truite, bar, dorade, moule et carpe commune.

    Actuellement, la contribution de l’aquaculture à la production totale des pêches est d’environ 10–14 pour cent en volume et environ 25 pour cent en valeur. La majorité de la production (environ 98 pour cent) provient de systèmes d’élevage intensifs; la truite est principalement consommée localement tandis qu’environ 75 pour cent des bars et des dorades sont exportés vers des pays de l’Union européenne. Pratiquement tous les produits aquacoles sont vendus comme poisson entier frais.

    Le cadre institutionnel pour le développement de l’aquaculture est bien établi sous l’autorité du Ministère de l’Agriculture et des Affaires Rurales (MARA). Le secteur est réglementé par des règlements de licences, de santé et d’environnement. La loi principale réglementant l’aquaculture est "Fisheries Law Act No. 1380" de 1971 et "Aquaculture Regulation No. 25507" du 24 juin 2004.

    Récemment, l’Association des Producteurs en Aquaculture a été fondée et a commencé à apporter une assistance valable au développement de l’aquaculture. Le pays a acquis actuellement une connaissance et une capacité de recherche importantes, bien qu’une amélioration de la coordination générale de ces activités soit encore nécessaire. Le Gouvernement de Turquie a récemment issu un décret exigeant l’emploi obligatoire de techniciens aquacoles dans toute entreprise dépassant une certaine taille spécifique. L’on pense que le taux actuel de développement du secteur aquacole turque devrait se poursuivre; les principaux atouts du secteur sont support publique, demande de poisson et main d’œuvre relativement bon marché. Les principaux facteurs limitants sont: la faible diversité d’espèces et de produits; les conflits pour l’utilisation des ressources; la disponibilité en eau et questions environnementales et les de bien-être animal croissantes.
    Historique et aperçu général
    L’aquaculture en Méditerranée est une activité qui existe depuis plusieurs siècles sous la forme d’une aquaculture extensive connue localement sous le nom de «pêcheries dalyannes» (dalyan fisheries) pratiquées dans les lagunes méditerranéennes de Turquie. L’aquaculture moderne a débuté à la fin des années 60; la première espèce à être cultivée a été la truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), au départ d’œufs oeillés importés d’Italie. L’élevage de la carpe commune (Cyprinus carpio) a commencé au cours des années 70; peu de progrès ont été réalisés jusqu’en 1985 lorsque a débuté l’élevage de la dorade royale (Sparus aurata) et du bar européen (Dicentrarchus labrax). Les principaux développements ont été des essais de mariculture commerciale de truite arc-en-ciel et de saumon de l’Atlantique (Salmo salar) en Mer Noire au début des années 90, de crevettes kuruma (Penaeus japonicus) sur la côte méditerranéenne et de moules dans le nord de la Mer Egée et de la Mer de Marmara au cours des années 90. La tentative d’élevage de saumon de l’Atlantique en Mer Noire a été un échec, mais la mariculture de la truite est encore pratiquée de nos jours.

    La production des trois espèces principales, à savoir la truite arc-en-ciel, le bar et la dorade, a rapidement augmenté au cours des années 90. L’on s’est également efforcé de développer l’élevage de nouvelles espèces telles que le turbot de la Mer Noire (Scophthalmus maeoticus) et quelques espèces méditerranéennes telles que le sar à museau pointu (Diplodus puntazzo), le pagre rouge (Pagrus pagrus), le dentex commun (Dentex dentex) et les mérous (Epinephelus spp). L’engraissement du thon rouge (Thunnus thynnus) qui se fait depuis le début de ce millénaire a été le dernier développement en terme de diversité d’espèces.
    Ressources humaines
    Actuellement, la Turquie possède à un niveau élevé de connaissances sous la forme d’une main d’oeuvre qualifiée et relativement bon marché. Il existe 14 facultés des pêches et cinq départements de facultés d’agriculture qui fournissent l’éducation en pêches (y compris aquaculture) et en sciences aquatiques aux niveaux sous gradué et gradué. Plus de 300 étudiants graduent annuellement de ces institutions, mais l’emploi dans ce secteur est encore insuffisant; c’est principalement dans le secteur de l’aquaculture marine qu’il y a de l’emploi.

    Malgré la modernisation des systèmes d’élevage, les besoins en main d’œuvre sont encore élevés, à cause du coût réduit de cette main d’œuvre. Cependant, vu qu’un système complet de collection des données n’a pas encore été établi, le nombre exact d’emplois dans le secteur turque de l’aquaculture n’est pas encore connu. L’on estime que plus de 5 000 personnes travaillent dans le secteur et les activités connexes (Okumus, 2003); les services de support secondaires, à savoir aliments, équipements et consultation, se développent aussi rapidement et offrent des possibilités d’emploi.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    L’aquaculture turque est dominée par la production de poisson; la moule, avec une production annuelle de moins de 1 000 tonnes, est la seule espèce de mollusque cultivée. La contribution des poissons d’eau douce et des poissons marins à la production aquacole totale a atteint les niveaux similaires de 40 217 tonnes pour la production en eau douce et 39 726 tonnes pour la production en mer. Pendant de nombreuses années, ce secteur avait été dominé par la truiticulture en eau douce.

    Les élevages de truite sont disséminés à travers tout le pays, tandis que les élevages de dorade et de bar sont concentrés le long du sud de la côte égéenne qui possède beaucoup de sites protégés convenant pour l’amarrage de cages flottantes conventionnelles. Environ 95 pour cent de la production totale de dorade et de bar proviennent de cette région égéenne, soit 45 pour cent de la production aquacole totale du pays. La province de Mugla de cette région fournit 36 pourcent de la production totale; elle est très connue non seulement pour ses dorades et bars, mais également pour ses truites arc-en-ciel (Yιldιrιm et Okumus, 2004). Cette province ne possède que 16 pour cent du nombre total de fermes piscicoles. Certaines régions le long de la côte égéenne sont envahies de fermes et des conflits y existent avec le secteur du tourisme et d’autres utilisateurs des ressources.

    La région de la Mer Noire contribue également beaucoup à la production aquacole (environ 25 pour cent de la production totale), suivie par les régions de la Mer de Marmara, de la Méditerranée et d’Anatolie Centrale. La truite arc-en-ciel est l’espèce d’élevage principale de la région d’Anatolie Centrale; elle y est produite aussi bien à terre en raceways, qu’en mer, en cages. Un peu moins importants sont le bar et la carpe commune.

    La majorité des services aquacoles de support (fabriques d’aliments, fournisseurs/distributeurs d’équipements et consultants) sont basés dans la partie occidentale du pays, i.e. le long de la côte égéenne et aux environs d’Istanbul. Il y a 15 fabricants d’aliments piscicoles produisant annuellement plus de 40 000 tonnes; un tiers de ces usines ne produisent que des aliments piscicoles; de plus, quelques uns des gros producteurs européens d’aliments piscicoles ont des agences de distribution dans le pays.

    En ce jour, le secteur aquacole turque peut être caractérisé par une faible diversité d’espèces, de systèmes et de produits ainsi que par de petites fermes familiales et une approche orientée vers la production.
    Espèces cultivées
    Truite arc-en-ciel, dorade et bar produisent 98 pour cent de la production aquacole. La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss) a été cultivée depuis le début des années 70 et la Turquie est devenue l’un des principaux producteurs européens, avec une production annuelle de 40 000 tonnes, soit 51 pour cent de la production aquacole totale du pays. A ce jour, il y a 1 215 élevages en eau douce et 11 élevages marins qui sont situés dans la Mer Noire (Table 1). Environ la moitié des élevages ont une capacité annuelle de moins de 10 tonnes, les autres produisant généralement moins de 50 tonnes/an. La grande majorité des élevages (env. 80 pour cent) sont de type familial. Près des deux tiers de la production proviennent des régions de la Mer Noire, égéenne et de Marmara; un tiers des truiticultures se trouve dans la région d’Anatolie Centrale.

    Sauf pour les élevages marins et quelques élevages d’eau douce en cage, la vaste majorité des truiticultures utilisent de petits raceways en béton alimentés par l’eau d’une petite rivière. Plus de 50 pour cent des élevages ont leur propre écloserie où les œufs sont produits pendant la saison naturelle de reproduction, i.e. de décembre à février. La croissance en raceway dure de 12 à 24 mois. La majorité des poissons sont commercialisés localement sous la forme de truite portion blanche. Par contre, dans la Mer Noire, les truites sont élevées en cage jusqu’au poids de 0,5 à 1,5 kg et commercialisées sous le nom de «saumon».

    Comme dans d’autres pays méditerranéens, l’élevage de la dorade royale (Sparus aurata) et du bar européen (Dicentrarchus labrax) a été un grand succès et la production a augmenté pour atteindre 37 717 tonnes en 2003, de 345 fermes (Table 1). En fin 2003, il y avait 17 écloseries produisant un total d’environ 150 millions/an d’alevins. Cependant, la moitié de ces écloseries peuvent ne pas être en activité chaque année. Les alevins sont mis en élevage à la fin du printemps. La période de croissance dure environ 16–18 mois en Mer Egée et un été de plus en Mer Noire. Les poissons sont récoltés en été et en automne. Ils sont commercialisés en frais, sous la forme de poissons entiers.

    La carpe commune (Cyprinus carpio) est cultivée dans 86 fermes. Cependant, la production n’a que peu dépassé les 1 000 tonnes au cours de ces récentes années. A présent la moule méditerranéenne (Mytilus galloprovincialis) est le seul mollusque élevé dans la Mer Egée et les Dardanelles. De quatre à six fermes produisent environ 1 000 à 3 000 tonnes de thon rouge (Thunnus thynnus thynnus) mais ceci n’est pas inclu dans les statistiques de production aquacoles. De même, des salmonidés tels que le saumon de fontaine (Salvelinus fontinalis) et la truite de mer (Salmo trutta) sont produits dans quelques truiticultures. Le turbot de la Mer Noire (Scophthalmus maeoticus) a été élevé avec succès, au niveau expérimental, en Mer Noire. L’élevage d’autres espèces a également été expérimenté au cours de ces récentes années en vue de diversifier la production aquacole: Puntazzo puntazzo, Pagrus pagrus, Dentex dentex et Epinephelus spp.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    L’aquaculture turque est principalement basée sur la pisciculture intensive; les systèmes extensis et semi-intensifs se limitent à la production de moules et de carpes communes, qui totalisent moins de 1 500 tonnes par an. En pisciculture intensive, différents systèmes d’élevage sont utilisés; le plus répandu est celui pour la production de truites en eau douce dans des raceways de béton, bien que certaines plus grandes fermes préfèrent de modernes bassins circulaires en béton; des étangs de terre sont également utilisés pour l’élevage intensif de truites. En réservoirs, les cages utilisées pour la production de truites consistent généralement en de simples structures de bois, construites localement. Pour la carpe, l’utilisation d’étangs en terre en semi intensif est la pratique la plus commune.

    Le système intensif le plus utilisé pour la dorade et le bar est la cage flottante. Celle-ci peut être de forme soit cubique, mesurant 5x5x5 m, soit circulaire, hexagonale ou octogonale d’un diamètre pouvant atteindre plus de 12 à 50 m. Plus récemment, les fermes marines se sont déplacées vers des zones plus exposées ou des baies secondaires et les types et grandeurs des cages utilisées sont en voie de changer. Il y a également des élevages de dorade et de bar qui utilisent des étangs de terre, ainsi qu’une ferme à haute technologie (recirculation) basée à terre; l’élevage semi intensif a également été pratiqué dans quelques lagunes en utilisant de grands étangs de terre. Des cages d’un diamètre de 50 à 75 m sont utilisées pour l’engraissement de thons.
    Performance du secteur
    Production
    La production aquacole des espèces principales de poisson a rapidement augmenté au cours des années 90. Elle a cependant diminué à nouveau en 2001 et 2002, avant de se reprendre en 2003 et atteindre 79 943 tonnes produites par 1 659 fermes (Tables 1 et 2). Environ 51 pour cent de la production aquacole provient de la truite, environ 26 pour cent du bar et 21 pour cent de la dorade, le reste étant composé de moules et de carpes communes. La production de thons engraissés (environ 1 000 à 3 000 tonnes) n’est pas inclue dans les données de production.

    La valeur totale de la production aquacole a été d’environ 300 millions de dollar des EU en 2003. De ce total, la contribution de l’aquaculture d’eau douce a été de 35 pour cent, celle du bar de 36 pour cent et celle de la dorade de 27 pour cent.

    Table 1. Nombre de fermes aquacoles, capacité et production en 2003.
    Espèce N fermes Capacité des fermes (t/an) Production
    (t/an)
    Truite (eau douce) 1 215 29 998 39 674
    Truite (eau marine) 11 1 139 1 194
    Bar et dorade 345 51 211 37 717
    Carpe 86 2 613 543
    Moule 2 320 815
    Total 1 659 85 281 79 943
    Source: Ministère de l’Agriculture et des Affaires Rurales (Gozgozoglu, 2004).

    Table 2. Production aquacole annuelle en Turquie par espèce et année (tonnes).
    Espèce 1986 1990 1992 1994 1996 1998 2000 2002 2003
    Truite 990 3 512 6 393 6 977 17 510 34 630 44 533 34 553 40 868
    Dorade 34 1 031 937 6 070 6 320 10 150 15 460 11 681 16 735
    Bar -- 102 808 2 229 5 210 8 660 17 877 14 339 20 982
    Moule -- -- -- -- 1 918 2 000 321 2 815
    Carpe 2 050 1 136 284 288 780 950 813 590 543
    Crevette -- -- -- -- 270 270 27 -- --
    Saumon -- -- 680 434 193 40 -- -- --
    Total 3 075 5 781 9 102 15 998 32 201 56 700 79 031 61 165 9 943
    Source: Institut des Statistiques de l’Etat.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Turquie (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Turquie (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    La consommation per capita de produits de la pêche en Turquie est d’environ 7 kg/an mais elle diminue de façon régulière (State Statistics Institute, 2004). Les produits de l’élevage aquacole ne participent que pour environ 10 pour cent à cette consommation de poisson domestique totale, ce qui est très bas comparé aux données moyennes globales et européennes et vu l’importance des ressources aquatiques disponibles en Turquie. Le Gouvernement turque a donc clairement montré son intention d’augmenter cette consommation de poisson par l’augmentation de la production. Le secteur de l’aquaculture semble présenter la seule option disponible pour arriver à ce résultat; peu d’options existent pour augmenter la production des pêches de capture.

    L’image et l’acceptation des espèces piscicoles cultivées s’améliorent suite aux efforts des organisations gouvernementales; cependant, il y a un besoin urgent d’améliorer l’infrastructure de distribution le long de toute la chaîne de production; de plus la consommation de moules et de poissons cyprinides est faible pour des raisons de préférences culturelles ainsi que la perception de basse qualité qui affecte leur image parmi les consommateurs.

    La truite arc-en-ciel est pratiquement commercialisée entièrement sur le marché intérieur, tandis que les espèces méditerranéennes marines sont exportées dans les pays de l’Europe méridionale. Les poissons sont principalement commercialisés entiers, en frais. Seulement des quantités négligeables de produits de poissons d’élevage sont importés en Turquie. En général, les prix du marché, et donc les marges de profit, sont en diminution pour toutes les espèces, en particulier au niveau de la vente en gros.

    La truite dépend complètement du marché intérieur, et en particulier des marchés locaux. Les poissons produits par des fermes d’eau douce sont commercialisés comme poissons portion, tandis que ceux produits en cages marines sont vendus comme «saumons» vu leur taille plus grande. Aucune pigmentation n’a été utilisée dans les élevages turques de truites. Toutes les truites sont vendues avec une chair blanche; de même, il est rare de trouver des produits à valeur ajoutée tels que des filets de truite, de la truite fumée ou congelée. Les poissons produits dans les élevages d’eau douce se vendent en été, tandis que ceux élevés en cage marine soit se vendent juste avant l’été, soit sont transférés vers des fermes d’eau douce. Des poissons sont récoltés chaque jour et commercialisés en frais, généralement directement par les fermiers aux restaurants, hôtels et services de restauration. Beaucoup de fermes ont leurs propres restaurants, à la ferme ou dans les environs. Les truites sont aussi commercialisées à travers des marchés de gros principaux à Istanbul, Ankara et Izmir. Les prix de détail à la ferme dans la région de la Mer Noire varient de 2,50 à 3,00 euros/kg, tandis que le prix moyen de gros varie aux environs de 2,00 à 2,20 euros/kg.

    La plus grande partie (env. 80 pour cent) de la production de bar et de dorade est exportée vers des pays européens, c'est-à-dire l’Italie, la France, l’Espagne et l’Allemagne. Malgré des interdictions temporaires d’exportation appliquées par l’Union européenne à la fin des années 90, actuellement la Turquie n’a plus de problème suite aux accords spéciaux et à son alignement sur les standards de qualité de l’Union européenne. Les prix en Turquie ont récemment souffert suite à la crise économique et à la saturation des marchés; le prix moyen à la ferme en 2004/2005 a varié de 3,50 à 4,00 euros/kg.
    Contribution à l'économie
    Les pêches représentent environ 0,3 pour cent du Produit Intérieur Brut (PIB) de la Turquie et 2,7 pour cent de la production agricole totale du pays. L’aquaculture représente en volume 13,5 pour cent de la production totale du secteur des pêches et environ 25 pour cent en valeur. La contribution à l’économie nationale du secteur des pêches, et particulièrement de l’aquaculture, n’est pas considérée comme significative en termes financiers. Le poisson n’est pas un aliment de tous les jours, mais il signifie beaucoup pour les régions côtières et les restaurants qui servent des plats locaux et du poisson.

    L’aquaculture a beaucoup contribué au développement rural et continuera à le faire dans le futur. La mariculture est pratiquement dans les mains de grandes entreprises privées, sans la participation des communautés locales; par contre, la truiticulture est dispersée à travers le pays où elle constitue un outil valable pour la promotion du développement économique rural. Bien que les poissons d’élevage ne soit pas une source bon marché de nourriture, l’aquaculture peut procurer des poissons frais dans des zones où normalement aucun autre produit de la pêche n’est disponible. Même dans les régions côtières et les grandes villes, le poisson d’élevage est le seul fruit de mer qui peut être trouvé sur les marchés à la fin du printemps et au cours des mois d’été.

    L’on s’est peu préoccupé jusqu’à présent de la dimension sociale du développement de l’aquaculture. L’intérêt pour la contribution de l’aquaculture à la sécurité alimentaire et à l’alléviation de la pauvreté a aussi été assez limité. L’aquaculture est plutôt centrée principalement sur la production d’aliments de luxe et la génération de revenus.

    Jusqu’à ce jour, des activités récréationelles de pêche ou des opérations de rempoissonnement/pacage n’ont pas encore touché l’aquaculture; cependant, l’on pense que, dans un futur proche, ces activités pourraient devenir d’importantes questions de développement. L’aquaculture et les services connexes sont d’importantes sources d’emplois, aussi bien pour les jeunes que pour les diplômés.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le Ministère de l’Agriculture et des Affaires rurales (MARA) est la principale organisation étatique responsable de l’administration des pêches et de l’aquaculture, la réglementation; la protection, la promotion et l’assistance technique à travers quatre directeurs généraux: le Directeur Général de la Production et du Développement Agricoles (GDAPD), le Directeur Général de la Recherche Agricole (GDAR), le Directeur Général de la Protection et du Contrôle (GDPC) et le Directeur Général de l’Organisation et du Support (GDOS).

    Production, développement et gestion des activités de l’aquaculture et des pêches continentales sont les responsabilités de GDAPD, tandis que GDAR est responsable de la recherche et GDPC des transferts de poissons vivants, des maladies et des poissons en tant qu’aliment. MARA a des directeurs provinciaux dans 81 provinces; ils sont responsables de l’application des politiques décidées par le bureau central d’Ankara. La plupart des délivrances de licences et de monitoring/contrôle sont faites par ces directeurs provinciaux.

    Le Conseil de la Recherche Scientifique et Technique de Turquie (Scientific and Technical Research Council of Turkey - TUBITAK) joue un rôle important de par son support à des projets de recherche hautement prioritaires. L’Organisation de Planification de l’Etat (State Planning Organization) est responsable de la préparation des plans de développement à long terme (5 ans) du Gouvernement, des programmes annuels et de la coordination des activités des divers ministères et institutions publiques. Les données des productions des pêches sont rassemblées et évaluées par l’Institut des Statistiques d’Etat (State Statistics Institute) en collaboration avec le Ministère de l’Agriculture et des Affaires Rurales. Nombre d’institutions publiques sont également concernées par la délivrance de licences comme par exemple le Ministère de l’Environnement et des Forêts, le Ministère de la Culture et du Tourisme, le Département de la Navigation et de l’Océanographie, le Sous Secrétariat des Questions Marines et le Directeur Général des Travaux Hydrauliques de l’Etat (DSI).

    Il existe plus de 400 coopératives des pêches en Turquie, intéressées par le secteur de l’aquaculture et, à un moindre degré, par le secteur des pêches de capture. L’Association Turque d’Aquaculture (Turkish Aquaculture Association), l’Association d’Aquaculture de Mugla et l’Association de l’Engraissement du Thon et des Exportateurs (Tuna Fattening and Exporter's Association) ont été fondées au cours des dernières années. Ce sont principalement les mariculteurs qui sont concernés. L’Association Turque d’Aquaculture est aussi menbre de la Fédération des Producteurs Européens de Poisson (FEAP). De plus, en réponse à une législation émise par le Gouvernement et concernant l’établissement d’organisations de producteurs agricoles, beaucoup de producteurs aquacoles ont commencé à fonder leurs propres organisations de producteurs (PO) au niveau du district et/ou de la province. Ces organisations formeront éventuellement la Fédération des Producteurs Turques en Aquaculture (Federation of Turkish Aquaculture Producers).
    Règlements en vigueur
    Toutes les activités de pêche et d’aquaculture sont réglementées par la Fisheries Law No. 1380 de 1971, amendée par la Fisheries Law No. 3288 de 1986. L’aquaculture est réglementée par l’octroi de licences ainsi que par des règlements sanitaires et environnementaux. Plus récemment, Aquaculture Regulation No. 25507 du 24 Juin 2004 a été émise afin de réglementer les principales questions actuelles du secteur. Des questions spécifiques sont réglementées par décret ministériel.

    Les lois et règlements qui ont aussi un impact sur les activités aquacoles sont ceux s’adressant aux eaux continentales, aux coopératives et organisations de producteurs, à la production, consommation et inspection des aliments, à la santé et hygiène des animaux et à l’environnement.

    Pour obtenir une licence - permis requis avant de pouvoir exercer des activités aquacoles - il faut y être autorisé par la Fisheries Law; son Article 13, premier paragraphe, dit que: "Ceux qui désirent installer/avoir des infrastructures de production aquacole doivent en obtenir la permission du Ministère de l’Agriculture et des Affaires Rurales (MARA)".

    Avant que des licences ne soient accordées, tout projet est évalué en tenant compte des plans de développement économique, des questions sanitaires générales, de la logistique de transport et de plusieurs facteurs techniques et scientifiques. Malgré des révisions récentes en vue de simplifier la procédure, celle-ci est encore longue et assez complexe. Actuellement, la plupart des licences pour l’aquaculture sont délivrées par les autorités provinciales de MARA. Selon la Réglementation sur l’Evaluation de l’Impact Environnemental (Environmental Impact Assessment Regulation EIA) No. 25318 du 16 Décembre 2003, les projets d’aquaculture ayant une capacité annuelle de production de plus de 1 000 tonnes doivent préparer un rapport EIA, tandis que les exploitations d’une capacité de 30 à 1 000 tonnes/an ne doivent soumettre qu’un rapport EIA préliminaire.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Actuellement, la Turquie possède un know-how et une capacité de recherche importants, même s’ils ne sont pas particulièrement bien organisés. Les activités de recherche et développement (R&D) sont principalement faites dans les facultés et départements des universités et instituts de recherche, ainsi que par le Centre de Production et de Développement de MARA.

    Il y a quatre instituts de recherche associés au Ministère, responsables de la recherche et du contrôle des pêches, de l’aquaculture et des autres questions aquatiques. L’Institut Central des Pêches (Central Fisheries Institute) est basé à Trabzon sur la côte nord est de la Mer Noire. Il est responsable non seulement des pêches maritimes mais aussi de l’aquaculture et d’autres activités de recherche en milieux aquatiques, depuis Istanbul jusqu’à la frontière de la Géorgie, y compris la Mer de Marmara et les eaux intérieures. Cet institut possède des écloseries et facilités d’élevage pour la truite et le turbot; cette écloserie marine a été construite avec la coopération de l’assistance technique japonaise en vue de développer la production de larves de turbot. L’institut projette également de développer l’élevage et le pacage de la truite de mer et de l’esturgeon.

    Un second institut a été fondé en 2004 sur la côte méditerranéenne, là où se trouvait anciennement le centre de production et développement aquacole marin créé en 1980 dans le cadre d’un projet FAO. Les deux autres instituts se concentrent principalement sur les pêches continentales avec une faible quantité de recherche aquacole; l’un est basé à Egirdir-Isparta dans la région des lacs du sud ouest de la Turquie; l’autre se situe à Elazig dans la partie sud est du pays où se trouvent la plupart des barrages hydroélectriques. De plus, un Centre pour la Production et le Développement des Pêches est basé à Antalya; il s’intéresse principalement à la production de carpes communes juvéniles et aux activités de rempoissonnement. Il produit également des œufs et alevins de truite ainsi que des poissons ornementaux.

    Les universités et en particulier les facultés et départements des pêches font de la recherche qui fait partie de leurs programmes M.Sc. et Ph.D. Il y a 13 facultés et cinq départements des pêches dans les facultés d’agriculture qui offrent une éducation aux niveaux sous gradué et gradué en pêche (y compris aquaculture) et en sciences aquatiques. De plus, plusieurs programmes de pêche existent dans les écoles secondaires techniques. Ces facultés des pêches sont principalement basées en zones côtières tandis que les départements d’agriculture et les écoles secondaires techniques ont tendance à se situer à l’intérieur des terres. Dans les facultés, l’on étudie intensément tous les sujets liés à la pêche et à l’aquaculture; 30 à 40 étudiants se graduent chaque année de chacune de ces facultés. Le Gouvernement vient d’émettre un décret rendant obligatoire l’emploi de techniciens qualifiés dans les entreprises aquacoles à partir d’une certaine capacité de production.

    Dans MARA, les activités de formation et de vulgarisation sont la responsabilité du Directeur Général de la Production et du Développement Agricoles (GDAPD); des programmes occasionnels de formation sur des sujets liés à l’aquaculture sont aussi organisés en coopération avec d’autres universités ou instituts de recherche. Il existe aussi de la formation et de la vulgarisation dans les directions provinciales de MARA; ce sont les services de vulgarisation qui semblent être le point le plus faible des services de support du développement de l’aquaculture; ils sont en général distribués par des visites à la ferme ainsi que par des programmes locaux/nationaux de radio et de télévision.

    La Turquie participe au Sixième Programme cadre de l’UE (EU Sixth Framework Program - FP6). Elle participe également à d’autres programmes internationaux tels que Socrates/Erasmus, Leonardo da Vinci et les Marie Curie Actions.
    Tendances, questions et développement
    La production de l’aquaculture est en augmentation constante, excepté au cours de périodes de récession économique et/ou de crise. Cette tendance actuelle de développement semble devoir se poursuivre au cours de la prochaine décade. L’on s’attend à ce que la production des trois espèces principales (truite arc-en-ciel, dorade royale et bar européen) augmente rapidement au cours des cinq prochaines années, suite au payement direct d’une prime au cours des prochaines six années, entre 2005 et 2010. De plus, le secteur de l’aquaculture présente plusieurs points forts: actuelle faible consommation de poisson per capita, demande croissante de poisson, disponibilité saisonnière et régionale du poisson de capture, know how existant, support publique et main d’œuvre relativement bon marché.

    Par contre, les principales contraintes au développement d’un secteur aquacole en équilibre avec son environnement et économiquement viable semblent être les suivantes: nombre limité des espèces d’élevage, diversité réduite des produits, conflits pour les ressources, augmentation des questions environnementales et de bien-être animal, utilisation de la main d’œuvre, organisation des activités de développement et de recherche, dissémination des résultats de la recherche et absence d’associations de producteurs et d’institutions publiques fonctionnelles. Il sera nécessaire de centrer les efforts non seulement sur la production, mais aussi sur les ressources environnementale renouvelables, la sécurité des aliments et la compétition industrielle.

    Les tendances du développement ont été, et continueront à être, affectées par le développement général du pays; le meilleur exemple en est la crise économique générale que le pays a connue en 2001. Avant cette crise, la production aquacole était de 80 000 tonnes (2000), mais en 2002 elle chuta à environ 60 000 tonnes (Table 2).

    La tendance a été d’augmenter la capacité de production et d’agrandir les fermes existantes (en particulier les truiticultures). MARA a encourager l’installation de plus grands élevages en cage, en mer (≥250 tonnes/an) et en eau douce (≥25 tonnes/an). L’on espère que cela permettra de maximaliser les bénéfices économiques des entreprises individuelles tout en réduisant les risques de conflit d’intérêt avec les autres usagers de la zone côtière.

    Afin d’encourager le développement du secteur, un "payement de prime" est actuellement disponible en fonction du nombre de juvéniles produits et des poissons commercialisés; ce subside sera disponible jusqu’au moins 2010. Cette politique a commencé à porter ses fruits par l’augmentation des capacités de production et les demandes pour de nouvelles licences, tout en aidant à la collection de données valables de production. Pour aider les secteurs de la pêche et de l’aquaculture, des crédits financiers à bas taux d’intérêt sont disponibles à la Agricultural Bank. Le Sous Secrétariat du Trésor propose aussi des incitations additionnelles et quelques subsides régionaux.

    L’absence de plans de gestion des zones côtières favorisant l’allocation de sites devenant sources de conflits d’intérêt et de compétition entre tourisme et aquaculture est l’une des principales contraintes du développement de l’aquaculture marine. De grands efforts ont été consentis par le Gouvernement de Turquie depuis 2000 pour résoudre ces conflits; des plans d’allocation de sites et de zones ont été préparés le long des côtes méditerranéennes et égéennes avec différents responsables; des zones ont été identifiées comme immédiatement ou potentiellement disponibles pour du développement aquacole. La plupart des fermes marines ont déjà quitté les eaux peu profondes, bien protégées et proches de la côte pour s’installer au large dans des zones relativement exposées. De plus, beaucoup de fermes utilisent maintenant de plus grandes cages circulaires modernes en polyéthylène de haute densité et de 10 à 24 m de diamètre plutôt que les plus petites cages en bois fabriquées localement.

    Les attentes du consommateur quant à la qualité du poisson, aux questions environnementales et de bien-être animal, et quant à la disponibilité de poisson toute l’année sont en augmentation. D’autre part, une intensification croissante cause de nombreux cas de maladies et de parasitisme ce qui requiert l’utilisation d’antibiotiques et autres produits chimiques. MARA tente de contrôler effectivement toutes les fermes aquacoles pour les maladies et de tester les poissons de taille commerciale pour les résidus d’antibiotiques/produits chimiques. Un contrôle plus strict de l’environnement sera prochainement mis en place.

    De grands efforts ont également été faits pour augmenter le nombre d’espèces et la diversité des produits; il n’y a cependant pas eu de progrès en ces matières, du moins à l’échelle commerciale. A moins que les problèmes mentionnés ci-dessus ne soient résolus du moins en partie, il est peu probable qu’il y ait de grands changements dans la composition des espèces et dans les tendances de production.
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