1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L'Ouganda produit par l'aquaculture environ 15 000 tonnes de poisson. Ceci inclut la production des petits pisciculteurs et des pisciculteurs commerciaux émergents, ainsi que celle des retenues d'eau et des petits lacs communautaires qui sont empoissonnés. L'on estime à 20 000 le nombre d'étangs présent dans le pays, d'une superficie individuelle moyenne de 500 m². La production annuelle varie de 1 500 kg par hectare dans les petites piscicultures de subsistance à 15 000 kg par hectare dans les piscicultures commerciales émergentes. L'augmentation du prix de vente du poisson, l'action du gouvernement afin d'augmenter la production aquacole et la stagnation de la production des pêches de capture ont fait que l'aquaculture a commencé à intéresser des fermiers ayant de l'esprit d'entreprise, désireux de profiter des possibilités commerciales offertes par la forte demande de poisson. Ce développement récent de l'aquaculture a également résulté en la transformation de 20 à 30 pour cent des étangs de subsistance en petites unités profitables de production, par des changements non seulement d'échelle de production mais aussi de méthode de gestion. L'on estime qu'il existe actuellement 2 000 pisciculteurs de ce type qui possèdent près de 5 000 étangs d'une superficie individuelle moyenne de 1 500 m².

    Les nouveaux arrivés appartiennent en majorité à la classe moyenne ou à la classe ouvrière. Il y a également quelques hommes d'affaires. Ils s'intéressent à des marchés spécifiques et bien établis. Ils ont adopté des systèmes de production améliorés ainsi que des interventions d'experts pour l'amélioration de leur planification et de leur gestion. Ils gèrent au total 500 étangs dont la superficie individuelle varie de 5 000 à 50 000 m². Environ 20 à 30 pour cent de ces étangs sont productifs. Cette catégorie de pisciculteurs inclut des propriétaires d'écloserie commerciale ainsi que des producteurs de poisson de consommation qui exportent déjà vers la République démocratique du Congo, le Kenya et le Ruanda. La pisciculture industrielle et plus intensive commence seulement à se développer, principalement par le biais d'investissements étrangers directs ou de joint-ventures entre firmes locales et investisseurs étrangers. La plupart des piscicultures/compagnies de ce type n'en sont encore qu'à la mise en place de leurs infrastructures ou qu'au stade initial de production. La majorité de ces compagnies visent des marchés régionaux. Elles espèrent pénétrer les marchés internationaux en profitant de la capacité de transformation des produits halieutiques existante, qui est sous-utilisée à l'échelle nationale.
    Historique et aperçu général
    L'aquaculture a débuté en Ouganda en 1941 lorsque la carpe commune fut importée dans le pays. La pisciculture fut officiellement introduite par les autorités coloniales et la station piscicole expérimentale de Kajjansi fut établie en 1947. Mais l'introduction de la carpe donna lieu à une controverse due aux différences d'opinion des scientifiques concernant l'impact négatif que pourrait avoir la carpe commune sur l'environnement aquatique dans le cas où des individus s'échapperaient des étangs. Il fut donc décidé d'utiliser des tilapias pour les empoissonnements. Suite à un actif programme de vulgarisation, 1 500 étangs existaient déjà en 1956. Ils étaient concentrés dans la région du centre (Buganda) et dans l'extrême sud-ouest du pays (Kigezi). En 1959-1960, la FAO organisa une évaluation comparative de la carpe et du tilapia qui recommanda l'utilisation de la carpe. Ceci eut pour effet de donner une nouvelle impulsion au développement de l'aquaculture. La campagne pour le développement rural accentua encore ce phénomène. Fin 1968, le Département des pêches dénombrait quelques 11 000 étangs, la plupart d'entre eux produisant des poissons pour la subsistance. Mais cette pisciculture de subsistance était principalement basée sur l'utilisation d'alevins provenant d'autres pisciculteurs et/ou de stations gouvernementales. Cette pratique mit un frein à l'expansion du sous-secteur de l'aquaculture. Les politiques instables des gouvernements successifs résultèrent également en une assistance peu fiable et de nombreux pisciculteurs abandonnèrent leurs étangs, découragés par le manque d'alevins, l'absence de conseils techniques adéquats et l'excès de règlements émis par le gouvernement. L'étude du Plan directeur des pêches de 1999 révéla qu'il n'y avait plus alors que 4 500 étangs. Ceux d'entre eux qui étaient empoissonnés produisaient annuellement 285 tonnes de poisson.

    Suite à l'intervention stratégique du gouvernement et à l'assistance reçue de partenaires impliqués dans le développement comme la FAO, le développement de l'aquaculture a récemment repris. En 2005, 15 000 tonnes de poisson ont été produites de 20 000 étangs de 500 m² de superficie moyenne. Cependant, la disponibilité limitée d'alevins de carpe a favorisé l'élevage du poisson-chat nord-africain et du tilapia du Nil qui ont tous deux remplacé cette espèce. Bien que la pisciculture en Ouganda ait été basée jusqu'à ce jour sur l'élevage en étang et sur un système de subsistance, l'intérêt grandissant pour la pisciculture commerciale fait que l'élevage en cages est de plus en plus envisagé.
    Ressources humaines
    Actuellement, il y a environ 12 000 pisciculteurs et 150 fournisseurs de services ou vulgarisateurs employés par les gouvernements locaux. Dans 50 des 56 districts, un fonctionnaire du gouvernement local est chargé de donner des conseils techniques et de gérer le sous-secteur de l'aquaculture. De plus, environ 100 techniciens possédant une formation de base en pêche et en aquaculture travaillent comme fournisseurs privés de services dans le cadre du système de vulgarisation et de renseignement. Ce dernier, privatisé, fonctionne à la demande et est géré par les pisciculteurs. Au quartier général du Ministère (Département des ressources des pêches), existe une Unité d'aquaculture dirigée par un Fonctionnaire principal des pêches dont dépendent cinq Fonctionnaires seniors des pêches et quatre assistants. Cette Unité d'aquaculture rend compte de ses activités à l'Assistant commissaire pour les pêches. Une centaine de managers sont prêts à diriger les entreprises piscicoles commerciales à venir, certains d'entre eux ayant reçu une formation officielle en pêche et en aquaculture. Chacun d'eux est aidé en moyenne par trois ouvriers. De plus, environ 20 000 ouvriers spécialisés, travaillant généralement à temps partiel, sont disponibles pour la construction d'étangs et de canaux, le défrichage de sites, l'empoissonnement et la pêche à la senne lors de la récolte des poissons. Il existe également des groupes spécialisés de jeunes qui entreprennent la construction d'étangs sous contrat.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Le Ministère de l'agriculture, de l'industrie animale et des pêches a identifié 31 Districts aptes au développement des pêches et de l'aquaculture sur la base des facteurs naturels et socio-économiques présents. Ces districts sont: Mayuge, Jinja, Bugiri, Busia, Mukono, Mpigi, Wakiso, Masaka, Rakai, Mbarara, Bushenyi, Ntungamo, Kasese, Hoima, Masindi, Nebbi, Gulu, Adjumani, Arua, Kamuli, Soroti, Lira, Iganga, Tororo, Pallisa, Mbale, Apac, Kabiramaido, Kabarole, Kamwenge et Kyenjojo. Ils se situent près des principaux systèmes aquatiques du pays, comme par exemple le Lac Victoria, le bassin du Lac Kyoga, le bassin du Nil, l'ensemble Edouard - George et les lacs Koki.

    En tous ces sites, les systèmes de production les plus communs sont des systèmes aquacoles basés sur l'élevage extensif ou semi - intensif en étangs.
    Espèces cultivées
    Apprécié dans tout le pays pour ses bonnes caractéristiques de croissance, la facilité avec laquelle il produit des alevins et son bon goût, le tilapia du Nil (Oreochromis niloticus ) a été l´espèce aquacole préférée jusque tout récemment. Il a été transplanté du Lac Albert pour rempoissonner le Lac Victoria et le Lac Kyoga ainsi que plusieurs des lacs et rivières situés à proximité. Des programmes de rempoissonnement et d´aquaculture l´ont introduit dans pratiquement tous les plans d´eau de l´Ouganda, y compris des plans d´eau partagés/transfrontaliers. Son seul désavantage est sa reproduction prolifique et la croissance limitée qui en résulte. Le poisson-chat nord-africain (Clarias gariepinus ) est récemment devenu l´espèce aquacole la plus populaire en Ouganda, déclassant ainsi le tilapia du Nil en seconde place. Les pisciculteurs ruraux l´ont apprécié et le marché régional pour cette espèce s´est développé. Ses principales caractéristiques sont une croissance rapide et la facilité avec laquelle il peut être alimenté de toute matière organique disponible dans un ménage. Cette espèce est présente partout en Ouganda, principalement dans les plans d´eau communiquant avec des marécages. Traditionnellement, elle a été une cible importante pour une bonne partie de la communauté de la pêche. Actuellement, le poisson-chat nord-africain contribue pour environ 60 pour cent à la production aquacole ougandaise. La principale difficulté pour le développement de son élevage réside dans la disponibilité d´alevins de bonne qualité et en quantité suffisante, au moment où les pisciculteurs en ont besoin. Ce problème a été largement résolu avec l´aide de la FAO. Les quantités d´alevins de poisson-chat nord-africain requises par les pisciculteurs peuvent maintenant être facilement produites.

    La troisième espèce aquacole la plus utilisée est la carpe commune qui fut introduite d´Israël en 1941 dans le but d´empoissonner avec des alevins les eaux relativement plus froides du Lac Bunyonyi dans le sud-ouest de l´Ouganda. Cependant, la propagation de cette espèce n´a réussi qu´à la fin des années 40. Les premiers essais d´élevage chez des pisciculteurs n´eurent lieu qu´au début des années 50, d´abord dans la région de Buganda (centre du pays) et ensuite à Kigezi (sud-ouest du pays). La carpe commune (Cyprinus carpio ) donna de bien meilleurs résultats que le tilapia et fut plus appréciée par les pisciculteurs. Mais la difficulté de produire des alevins en quantité suffisante, couplée à une vulgarisation inadéquate et à un changement d´intérêt des gouvernements après l´indépendance, n´ont pas favorisé le développement de l´aquaculture de la carpe en Ouganda. Actuellement, elle est abondante dans certaines parties du pays, mais seulement comme composante mineure.

    Tilapia zillii et Oreochromis leucostictus ont été transplantés du Lac Albert avec le tilapia du Nil et la perche du Nil depuis les années 40 dans le but d´améliorer les pêcheries des Lacs Kyoga et Victoria. Bien que ces deux espèces aient été propagées et distribuées avec succès, elles n´ont jamais été aussi bien appréciées que le tilapia du Nil, ni dans les eaux naturelles, ni dans les étangs. Les autre espèces utilisées en aquaculture mais introduites d´autres pays sont le Tilapia rendalli , le black-bass et la truite. Initialement, elles ont été toutes trois bien représentées, mais seul Tilapia rendalli est encore présent dans les eaux naturelles car il se reproduit facilement à l´état sauvage contrairement au black-bass et à la truite qui nécessitent la propagation artificielle afin d´y maintenir une population.

    D´autres espèces introduites et cultivées en Ouganda ont été le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii ) et l´écrevisse rouge de marais (Procambarus clarkii ). La première espèce n´est maintenue dans le pays que par l´importation régulière de larves pour l´élevage, tandis que des populations de la seconde se sont établies dans le Lac Bunyonyi et au Centre de recherche et de développement de Kajjansi. Cependant, à Kajjansi, l´écrevisse rouge de marais est devenue une menace car elle creuse des trous dans les digues de terre des étangs causant ainsi des fuites d´eau et de poissons, en particulier d´un étang à l´autre.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Le système d´élevage le plus commun est l´élevage en étang. D´autres systèmes tels que l´élevage en cage n´en sont qu´au stade de discussions, principalement chez des pisciculteurs commerciaux émergents. Auparavant, les pisciculteurs, dont 99 pour cent étaient des pisciculteurs de subsistance, possédaient des étangs dont la superficie variait de 50 à 200 m². Une majorité d´entre eux (environ 60 pour cent) sont restés à ce niveau de subsistance, avec peu ou pas d´apports techniques ou de gestion. La tendance à commercialiser l´aquaculture a encouragé à augmenter la superficie individuelle des étangs qui actuellement atteint en moyenne 500 m². Dans ce cas, les pisciculteurs utilisent des intrants tels que des alevins et des aliments de bonne qualité. Cependant, les aliments sont encore généralement fabriqués à la ferme, d´après des formules développées au Centre de recherche et de développement de Kajjansi.
    Performance du secteur
    Production
    Selon le Département des pêches, deux espèces sont principalement élevées en Ouganda, contribuant pour plus de 90 pour cent à la production aquacole du pays. Le poisson-chat nord-africain est devenu plus populaire que le tilapia du Nil. Actuellement, c´est l´espèce aquacole la plus répandue dans le pays, dont la production a atteint 3 859,2 tonnes en 2004. Cependant, dans quelques années, le tilapia du Nil (production actuelle de 1 632,5 tonnes) devrait à nouveau devenir l´espèce principale vu sa position sur le marché international. En effet, le gouvernement prépare les conditions favorisant l´exportation vers des marchés à hauts rendements et les investisseurs s´intéressent tout particulièrement à ces marchés.

    Pour 2005, les prévisions de production aquacole sont basées sur la capacité de production d´alevins, les empoissonnements réalisés, la superficie des plans d´eau empoissonnés ainsi que le nombre et la grandeur des étangs. Le Département des ressources des pêches prévoit ainsi une production annuelle de 15 000 tonnes. Ceci inclut les productions suivantes: 9 500 tonnes pour les retenues communautaires empoissonnées; 2 500 tonnes pour les 17 000 étangs de 11 000 pisciculteurs de subsistance; et 3 000 tonnes pour environ 200 pisciculteurs commerciaux émergents dont la production vise des marchés régionaux. La superficie totale des étangs est estimée à environ 6,5 k m² (650 hectares). La production du poisson-chat nord-africain contribue pour plus de 80 pour cent à la production aquacole totale.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l´aquaculture en Ouganda (d´après les statistiques de la FAO):

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    Marché et commerce
    Lorsqu´ils se décident à vendre leur poisson, la plupart des pisciculteurs ruraux le font au bord de l´étang. Quelques-uns ont installé des échoppes le long de la route ou dans le centre commercial le plus proche, où ils vendent régulièrement du poisson récolté de leur étang. Dans certains districts, les pisciculteurs ont formé des associations qui leur permettent de synchroniser les récoltes et d´organiser une commercialisation collective. Dans certains cas, le poisson est traité par séchage au soleil, salage ou fumage. Il est alors transporté en masse vers des marchés plus intéressants, tels que des centres urbains ou des lieux frontaliers de commerce régional. Au niveau régional et par ordre d´importance décroissante, les pays importateurs principaux sont la République démocratique du Congo, le Kenya et le Ruanda.

    Le poisson est aussi traité pour être transporté vers des lieux frontaliers de commercialisation par des paysans et des commerçants qui ne sont pas directement impliqués dans la production de poisson. Les deux espèces principales qui sont commercialisées sont le poisson-chat nord-africain (environ 70 pour cent de prévu pour le marché régional) et le tilapia du Nil (en majorité vendu localement mais aussi traité pour l´exportation). Le seul poisson d´élevage connu pour être internationalement exporté d´Afrique est du poisson-chat fumé à froid, dont 1,5 tonnes par semaine sont produites et commercialisées par une entreprise d´Entebbe.

    Tout poisson vendu au bord de l´étang est frais, tandis que celui vendu sur des marchés plus éloignés est traité comme décrit ci-dessus. Des limites de taille ont été établies pour les produits aquacoles. Afin de permettre de distinguer entre poisson d´élevage et poisson de capture, un permis est nécessaire pour leur transport indiquant l´origine et la destination du poisson. L´autorité responsable pour la délivrance d´un tel permis de transport est le Département des ressources des pêches ou des fonctionnaires désignés dans les gouvernements locaux. Un autre produit aquacole est maintenant commercialisé régionalement. Ce sont des alevins de poisson-chat nord-africain et de tilapia du Nil qui sont transportés à l´état vivant vers le Ruanda, la Tanzanie et la République démocratique du Congo pour y être engraissés, ainsi que vers le Kenya et la Tanzanie pour y être utilisés comme appâts pour la pêche de la perche du Nil au Lac Victoria.
    Contribution à l'économie
    Il y a trois types d´aquaculture en Ouganda. Ils diffèrent selon le marché qu´ils visent, le type de pisciculteur et leur contribution à l´ensemble de la production piscicole. La première catégorie est celle de l´aquaculture rurale qui est pratiquée principalement pour la subsistance. Il s´agit d´un système à peu ou pas d´intrant, fortement dépendant du secteur publique et d´amis pisciculteurs pour l´obtention d´alevins et de conseils. C´est de ce système qu´a émergé l´aquaculture à petite échelle. Celle-ci est pratiquée par ce que le Département appelle les petits pisciculteurs progressifs. Leur objectif est de produire du poisson en vue de générer un revenu, tout en produisant de quoi répondre aux besoins en protéines animales de leur ménage. La troisième catégorie est celle des «pisciculteurs commerciaux émergents». Bien que n´étant pas totalement organisés comme des entreprises commerciales modernes, ceux-ci espèrent pouvoir transformer leurs fermes en des entreprises commerciales par la production et la commercialisation de poisson d´élevage. Leur objectif est uniquement le profit par la commercialisation de produits aquacoles dans des marchés à hauts rendements. Le Département, avec l´assistance de DFID (Département pour le développement international, GB), a défini l´aquaculture rurale comme étant essentielle à l´approvisionnement des communautés rurales en protéines animales, bien que ses contributions à la production totale de poisson et à l´économie nationale soient restreintes. Par contre, les petits pisciculteurs progressifs de la seconde catégorie, recherchant revenus et profit, ont plus d´impact sur la production piscicole et contribuent directement à l´économie rurale par la commercialisation de poisson d´élevage. Quant au poisson d´élevage de la troisième catégorie formée par les pisciculteurs commerciaux émergents, il contribue d´une façon très significative et visible à la production de poisson et à l´économie nationale.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Le Ministre d´Etat pour les pêches est directement responsable du sous-secteur de l´aquaculture au Ministère de l´agriculture, de l´industrie animale et des pêches. Au niveau suivant, c´est le Secrétaire permanent de ce ministère qui supervise l´administration et la comptabilité du Département des ressources des pêches, ainsi que des autres départements du ministère. Le niveau suivant est formé des Directeurs des ressources des récoltes agricoles et des ressources animales, le contrôle administratif étant de fait attribué par la loi au Commissaire pour les pêches. Celui-ci est légalement connu comme le Fonctionnaire principal des pêches, qui dirige le Département des ressources des pêches sous le contrôle direct du Directeur des ressources animales. De plus, une Unité des achats indépendante est responsable de toutes les acquisitions et des biens publiques disponibles dans le ministère.
    Règlements en vigueur
    Le Fish Act (1964), qui est actuellement en révision, est la loi principale dont les règlements concernant l´aquaculture ont été développés. Cette réglementation inclut actuellement les Fish (Aquaculture) Rules 2003, qui réglementent les pratiques aquacoles principalement au niveau commercial. Le National Agriculture Research System Act (2005) réglemente la recherche pour les pêches de capture et pour l´aquaculture, parmi d´autres domaines de recherche en agriculture. Cette loi brise le monopole qu´avait les institutions d´Etat pour la recherche agricole publique et en permet l´accès à d´autres agences et individus compétents par des bourses de recherche. En fait, dans le cas de l´aquaculture, elle permet à d´autres acteurs principaux des institutions académiques, à des chercheurs ou agences de recherche privés et à d´autres agences publiques non formellement mandatées, de conduire des recherches aquacoles en utilisant des fonds publiques.

    Le Land Act (1995) définit le système de tenure pour la propriété foncière et les droits concernant ce qui peut être fait dans et sur les terres de quelqu´un. Cette loi définit aussi la propriété des terres humides, des marécages et d´autres plans d´eau peu profonds existant sur les terres de quelqu´un.

    Le National Environment Management Authority Statute concerne la protection de l´environnement. Il réglemente toutes les activités qui peuvent affecter la qualité de l´environnement.

    La Water Law concerne l´utilisation des ressources en eau, l´accès, la responsabilité de l´usager, la résolution des conflits d´utilisation, ainsi que l´accès à l´eau pour tous les usagers y compris les pisciculteurs.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Les priorités de recherche sont développées et agréées par tous les intéressés tout les trois ans, dans le cadre d´un programme à moyen terme. L´identification et la définition de l´agenda de recherche est participatif et requiert l´accord de tous les principaux intéressés à travers un processus organisé par le Secrétariat de l´Organisation nationale pour la recherche agricole. Jusque récemment, la recherche contrôlée par l´Etat était de la compétence de l´Institut de recherche pour les ressources de la pêche, au Centre de recherche et de développement aquacole de Kajjansi. Ainsi que mentionné dans la section précédente, le National Agriculture Research System Act a permis à la recherche aquacole d´être ouverte à d´autres individus et institutions, publiques ou privées, telles que universités, consultants et institutions de formation ayant la capacité de réaliser la recherche requise. Cependant, le Centre de recherche et de développement aquacole de Kajjansi continue à être l´institut responsable de recherche stratégique dans le pays. Des essais «à la ferme» et la recherche en participation avec des pisciculteurs ont été régulièrement organisés. La recherche aquacole a été financée par d´autres organisations et individus, y compris des agences non gouvernementales, des universités et étudiants, des pisciculteurs intéressés à comprendre et solutionner des questions concernant l´aquaculture commerciale, des agences de donateurs et des gouvernements locaux.

    L´institution de recherche la plus importante dans le pays est le Centre de recherche et de développement aquacole de Kajjansi situé près d´Entebbe. Recherche et travail d´études supérieures ainsi qu´éducation en vue de l´obtention d´un degré universitaire, d´un diplôme ou d´un certificat sont offerts à l´Université Makerere de Kampala par le Département de zoologie de la Faculté des sciences et par le Département de la faune sauvage de la Faculté vétérinaire. L´Institut de formation en pêche d´Entebbe offre également des possibilités de recherche et de formation en vue de l´obtention d´un diplôme ou d´un certificat.
    Tendances, questions et développement
    Jusque récemment, la plupart des pisciculteurs ougandais étaient de pauvres villageois qui pratiquaient l´aquaculture pour leur subsistance dans des étangs construits en famille et généralement de moins de 500 m² de superficie. Il s´agit de systèmes de production ne demandant que peu ou pas d´intrant et de gestion routinière. Les pisciculteurs ayant reçu une formation en gestion d´étangs fertilisent le plus souvent ceux-ci avec soit des fientes de poule ou de la bouse de vache, ou avec tout autre déchet organique ménager. La production annuelle varie généralement entre 5 et 10 kg/100 m² (i.e. 500 et 1 000 kg/ha). L´on estime qu´il existe 11 000 à 15 000 étangs de ce type dont 80 pour cent sont actuellement exploités. Ces étangs ont une superficie moyenne de 200 m² et sont la propriété d´environ 8 000 pisciculteurs.

    Cependant, l´augmentation du prix de vente du poisson, l´intervention du gouvernement, la recherche de profitabilité et l´offre stagnante de poisson de capture encouragent les pisciculteurs à construire non seulement plus d´étangs mais aussi des étangs plus grands, de 1 000 m² ou plus de superficie, et à utiliser des densités d´empoissonnement plus élevées en particulier pour le poisson-chat nord-africain. Ces développements sont caractéristiques de pisciculteurs commercialement intéressés, ayant accès à des terres et ayant soit une famille relativement nombreuse apte à fournir du travail, ou la possibilité d´engager de la main d´œuvre. La tendance est de plus en plus grande de planifier la production en faisant appel à l´assistance technique de fournisseurs de services privés. Cette nouvelle catégorie de pisciculteurs est aussi prête à payer pour des alevins de bonne qualité, produits commercialement en écloseries spécialisées privées.

    L´on estime qu´actuellement 20 à 30 pour cent des étangs de subsistance de petits producteurs ont été transformés en unités de production à petite échelle qui sont économiquement profitables. La commercialisation du poisson d´élevage est aussi mieux organisée à ce niveau. Le poisson est soit vendu en frais loin des étangs, soit traité (salé et séché au soleil) pour être commercialisé dans des marchés plus intéressants. Des fonctionnaires et des commerçants possédant des terres bien alimentées en eau se sont engagés dans la pisciculture dans un but de profit, ajoutant cette activité de production sur leur ferme. L´on estime que près de 3 000 à 5 000 étangs appartenant à environ 2 000 fermiers sont exploités à ce niveau.

    Quelques-uns de ces pisciculteurs ont amélioré leurs unités aquacoles et leur gestion jusqu´à pratiquer ce que le Département considère comme de l´aquaculture «commerciale émergente». Ces pisciculteurs ne recherchent que le profit et basent leur prospérité croissante sur des infrastructures associées, par exemple pour la production planifiée d´alevins de qualité, en quantité et au moment requis. A ce niveau, les pisciculteurs ont adopté l´utilisation d´aliments formulés et l´on peut considérer qu´ils gèrent des systèmes de production semi intensifs. L´on dénombre dans le pays environ 200 pisciculteurs de ce type qui gèrent près de 20 à 30 pour cent de la surface des étangs en exploitation. Cette catégorie de pisciculteurs n´est apparue qu´au cours de ces deux à trois dernières années, assistés par des interventions stratégiques du gouvernement en vue de promouvoir les exportations de poisson. De fait, plusieurs d´entre eux ont déjà commencé à exporter leur poisson, aussi bien comme alevin de qualité que comme poisson de consommation, vers des marchés régionaux comme ceux de la République démocratique du Congo, du Kenya et du Ruanda.

    L´établissement d´une pisciculture industrielle et/ou plus intensive ne fait que débuter en Ouganda. La plupart des fermes et des compagnies de ce niveau n´en sont soit qu´au stade de la mise en place de l´infrastructure, soit qu´au début du processus de production. Ce type de pisciculture requiert beaucoup de capital ainsi que l´expertise technique d´un personnel ayant beaucoup d´expérience, y compris des experts étrangers. La production d´aliments aquacoles au niveau commercial est à l´étude et des essais de production et de commercialisation sont en cours par au moins deux compagnies. Afin d´encourager le développement de ce type d´élevage, l´on étudie actuellement la possibilité de fournir à de petites piscicultures commerciales les intrants essentiels comme alevins et aliments en échange de l´achat, à des prix convenus, de poissons produits.
    Références
    Bibliographie
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    Liens utiles
     
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