Accueil FAO>Pêches et aquaculture
Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
EnglishEspañolРусский
  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Espèces cultivées
    5. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    La topographie de la République orientale de l’Uruguayse caractérise par des plaines étendues, un réseau hydrographique dense et d’importants réservoirs destinés à la production électrique qui couvrent une superficie totale de 229 000 ha. Le long de la côte Atlantique, le système littoral de lagons (d’eau saumâtre et d’eau douce) couvre 149 300 ha. On compte également 50 000 étangs ou retenues de tailles différentes approvisionnés par les eaux de pluie qui sont utilisés pour l’irrigation.

    En Uruguay, les politiques relevant du secteur de la pêche sont du ressort de la Direction nationale des ressources aquatiques (DINARA) qui dépend du ministère de l’Elevage, de l’agriculture et de la pêche (MGAP).

    Depuis 1975, dans le cadre de la Loi qui a créé l’Institut national de la pêche (INAPE), aujourd’hui DINARA, des tentatives de promotion et de développement de l’aquaculture en Uruguay ont été réalisées. La première action menée dans cette direction a été l’élaboration de politiques encourageant le développement grâce à la recherche. Cela a permis la mise au point de technologies appropriées pour la culture des espèces locales comme le poisson-chat d’Amérique du sud (Rhamdia quelen) et l’athérine d’Argentine (Odontesthes bonariensis) qui ne sont plus négligées par les initiatives privées et pourraient même représenter un intérêt d’ordre national. Depuis 1995, la DINARA répond à un nombre croissant de demandes d’introduction d’espèces dans les pièces d’eau privées. Elle a donc élargi ses services aux conseils municipaux et départementaux dans le but de repeupler les cours d’eau naturels et d’augmenter ainsi les populations existantes. En ce qui concerne le secteur privé, l’Etat a d’autre part commencé à promouvoir et à soutenir le développement de l’aquaculture rurale pour l’autosuffisance et/ou la commercialisation locale à petite échelle. Dans ce cadre, les programmes de vulgarisation comprennent le transfert de technologies pour la reproduction et la culture d’espèces locales avec l’établissement d’unités de production d’alevins destinées principalement à la vente.

    Les entreprises privées de plus grande envergure se consacrent avec succès à la culture d’espèces exotiques d’une grande valeur commerciale comme l’esturgeon de Sibérie (Acipenser baerii), l’écrevisse bleue (Cherax quadricarinatus) et la grenouille-taureau américaine (Rana catesbeiana).

    Le développement encore très faible de l’aquaculture dans le pays est le résultat de politiques inconstantes en matière de recherche et de développement, de ressources humaines insuffisamment qualifiées, d’infrastructures sommaires dans le domaine public et d’un manque quasi total d’analyses coûts-avantages sur la production intensive d’espèces autochtones. L’analyse des résultats obtenus ces 20 dernières années révèle que ces derniers ont été très modestes et que les efforts entrepris n’ont pas été inscrits dans un plan national visant le développement de l’aquaculture mais ont davantage répondu à des demandes spécifiques.
    Historique et aperçu général
    Les premières expériences réalisées dans le cadre de l’aquaculture en eau douce remontent à 1914. Elles ont été menées par l’Institut de la pêche avec l’introduction d’alevins d’athérine d’Argentine (Odontesthes bonariensis) à des fins d’empoissonnement.

    En 1957, une première station piscicole a été créée dans la lagune du Sauce dans le but de produire des alevins d’athérine afin d’empoissonner les bassins des eaux continentales. Des expériences du même genre ont ensuite également été menées avec la truite arc-en-ciel (Oncorhychus myskiss) introduite d’Argentine. C’est également en 1957 que les premières tentatives de conchyliculture marine d’espèces locales ont été lancées (Mytilus edulis platensis).

    En 1975, l’Institut national de la pêche (INAPE) a été créé. Il comprenait le Département de l’aquaculture et des eaux continentales qui a poursuivi les travaux déjà entrepris sur l’athérine et a lancé les premières études menées sur le poisson-chat d’Amérique du Sud (Rhamdia quelen). Entre 1974 et 1983, l’Institut des recherches sur la pêche (IPP) de la Faculté vétérinaire a entrepris des recherches sur la crevette de Sao Paulo (Penaeus paulensis) en mettant en place des expériences sur le terrain dans la zone de la baie de l’Arroyo Valizas (département de Rocha).

    Au cours des années 1980, l’Université des lettres et des sciences a créé le Département d’aquaculture. Ce dernier n’a commencé à fonctionner qu’à la fin de la décennie avec l’organisation de cours dans son domaine de compétence et le lancement de recherches sur la culture de crustacés d’eau douce (Prastacus spp.).En 1981, l’IPP a mené un travail expérimental sur l’élevage du mulet (Mugil platanus). A partir de 1984, des études ont été réalisées dans le domaine de la mariculture à La Paloma (département de Rocha) dans le cadre d’un Accord de coopération technique entre l’INAPE et le gouvernement de la République de Chine. Il s’agissait de développer une technologie destinée à la culture de crevette de Sao Paulo, de bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii)et de crabe bleu (Callinectes sapidus). Depuis 1986, l’INAPE et l’IIP travaillent ensemble sur la faisabilité technique et économique de la culture de grenouille-taureau (Rana catesbeiana).

    En 1991, le Laboratoire technologique d’Uruguay (LATU) a installé un petit laboratoire marin à La Paloma et y a lancé des expériences sur la polyculture de gracilaire commune (Gracilaria verrucosa) et d’ormeau rouge (Haliotis rufescens) avec le soutien technique de l’INAPE. Par la suite, en 1995, le secteur privé a introduit l’esturgeon de Sibérie (Acipenser baerii) dans le département de Durazno pour la production de chair et de caviar et, en 1998, l’INAPE a introduit l’écrevisse bleue (Cherax quadricarinatus) afin de déterminer la viabilité de cette culture dans le pays. Enfin, en 2002, une entreprise privée a lancé un projet dans la zone océanique de Punta del Este afin d’évaluer la faisabilité technique et économique de la culture de moule commune indigène. Jusqu’alors, cette espèce était exploitée par les pêcheurs artisanaux.

    Dans le secteur public, on trouve en général des systèmes de culture extensifs et semi-intensifs destinés à l’élevage d’athérine d’Argentine, de poisson-chat d’Amérique su Sud, de carpe commune (Cyprinus carpio) et de carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus). Dans le secteur privé, l’esturgeon et la grenouille-taureau sont cultivés suivant des systèmes intensifs alors que l’écrevisse bleue l’est dans des conditions semi-intensives.

    Le système universitaire uruguayen propose des Licences en Océanographie biologique, en Sciences biologiques et en Sciences vétérinaires. Jusqu’à maintenant, les professionnels et les techniciens du secteur n’ont cependant pas eu la possibilité d’être formés aux progrès aquacoles les plus importants au sein de cours de spécialisation au niveau national ou international.

    Les pierres angulaires du développement de l’aquaculture dans le pays sont :
    • Les techniques destinées à la reproduction contrôlée, naturelle ou induite et la culture des larves de poisson-chat d’Amérique du Sud et d’athérine d’Argentine qui ont été développées par les institutions publiques et transférées au secteur privé.
    • Les techniques d’incubation et de gestion en captivité de caïman (Caiman latirostris) qui ont été développées par les institutions publiques et transférées au secteur privé.
    • L’évaluation de la faisabilité technique et économique ainsi que la gestion du cycle complet de production de la grenouille taureau qui ont été réalisées par les institutions publiques, puis leur transfert technologique au secteur privé pour permettre d’atteindre des niveaux commerciaux destinés aux marchés domestiques et internationaux.
    • Le cycle complet de culture et la production commerciale d’esturgeon de Sibérie (chair et caviar) qui est devenu le principal produit aquacole exporté (réalisés par le secteur privé).
    • Le cycle complet de culture et la production commerciale d’écrevisse bleue (réalisés par le secteur privé).
    • Les technique développées par des entreprises privées avec le soutien des pouvoirs publics destinées à la collecte de naissain, à la culture et au grossissement de moule bleue suivant des systèmes suspendus dans des environnements naturels.
    Ressources humaines
    32  personnes travaillent à plein temps dans le secteur public aquacole (10 femmes et 22 hommes). Parmi ces derniers, 4  ont un niveau primaire, 3 un niveau secondaire et 15 un niveau universitaire. Les 10 femmes travaillant dans l’aquaculture publique ont quant à elles un niveau universitaire.

    Dans le secteur privé, on compte 19 propriétaires d’exploitations (15 hommes et 4 femmes) et 100 personnes travaillent au total dans les différentes activités aquacoles (67 hommes et 33 femmes). Parmi les hommes, 10 ont un niveau primaire, 41 un niveau secondaire et 16 un niveau universitaire. Parmi les femmes, 17 ont un niveau secondaire et 16 un niveau universitaire. Sur l’ensemble des employés de l’aquaculture privée, seulement 5 pour cent travaillent à temps partiel. Les emplois peuvent être divisés en trois grandes catégories : gestion, administration et production. La production comprend les différentes activités de préparation des aliments, de gestion des animaux, de transformation ainsi que de commercialisation des produits et des sous-produits pour les marchés domestiques et internationaux.

    Il est important de souligner que les chiffres précédents ne prennent pas en compte les pisciculteurs à petite échelle (aquaculture rurale et familiale) qu’il est pratiquement impossible de recenser à cause de leur taille réduite et leur éparpillement à travers tout le pays. Une étude est cependant actuellement menée afin de déterminer le nombre d’unités piscicoles en activité ainsi que la situation et les résultats de ces dernières.
    Espèces cultivées
    Sur le plan économique, la principale espèce cultivée en Uruguay est l’esturgeon de Sibérie (Acipenser baeriii). Cette espèce a été introduite dans le pays sous l’impulsion de l’INAPE au début des années 1990. Une consultation des pays de la Commission de la pêche continentale d’Amérique latine (COPESCAL) a tout d’abord été menée en mai 1993 afin de déterminer la faisabilité de son introduction. Ensuite, en 1994, la construction d’infrastructures a démarré sur des terres concédées dans ce but et situées à proximité de l’usine hydroélectrique « Rincón de Baygorría », à 307 km de l’embouchure du Rio Negro et à la frontière entre les départements de Durazno et Río Negro. En 1995, la construction de l’écloserie a été achevée et 100 000 œufs œillés ont été importés de Russie. L’usine agroalimentaire située à Durazno est quant à elle entrée en activité en 1996. D’une surface de 700 m², elle produit 5 tonnes/heure de rations alimentaires en granulés et extrudées. Le grossissement des poissons dans des cages flottantes a démarré en 1997 avec la réalisation de 8 pontons comptant 8 cages de 6x6x3 m. Enfin, l’usine de production de chair et de caviar a été inaugurée en 2001. Elle respecte les normes de qualité les plus strictes exigées au niveau international. La première reproduction assistée a été obtenue avec succès en 2003, ce qui a permis d’obtenir 25 000 alevins cette année-là et 24 000 en 2004. Les importations d’œufs œillés se sont cependant poursuivies jusqu’en 2005 dans le but de maintenir une grande diversité génétique. L’industrie disposait alors de bonnes conditions et d’infrastructures techniques appropriées pour entreprendre le cycle complet de production à une échelle intensive.

    D’autres espèces introduites comme la grenouille-taureau americaine (Rana catesbeiana), le bouquet géant (Macrobrachium rosenbergii), la carpe commune (Cyprinus carpio) et la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus) ont été testées à des fins aquacoles. La production n’a cependant pas encore atteint les niveaux attendus. Différentes raisons permettent de l’expliquer, en particulier celles d’ordre économique comme le manque d’investissements ou l’absence de soutien financier et de prêts aux aquaculteurs. On ne dispose pas non plus d’études de marché permettant de mieux connaître la demande et d’organiser la production en conséquence. Dans le cas de la grenouille-taureau americaine, il est important de mentionner le manque d’une usine de transformation qui satisfasse les normes exigées par les marchés très limités auxquels ce produit pourrait être destiné.

    En ce qui concerne les espèce endémiques, et plus particulièrement celles pour lesquelles des études ont été menées (poisson-chat d’Amérique du Sud et athérine d’Argentine), le coût des aliments équilibrés devient un obstacle majeur pour passer à une production à plus grande échelle de type commercial. Ces espèces sont importantes au niveau rural et sont rentables du point de vue social quand elles sont cultivées dans certaines conditions. Leur élevage crée en effet des emplois, fournit des protéines animales et permet une utilisation complémentaire ou alternative des infrastructures d’irrigation.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Aquaculture rurale de subsistance ou à petite échelle. Il s’agit d’un système de culture mené dans des étangs traditionnels, dans des « tajamares » (réservoirs d’eau), dans des tanks australiens et dans des carrières de sable abandonnées. L’importance de cette pratique de culture réside dans l’obtention de protéines, la connaissance et la capacité à adopter une technique de production, l’utilisation de pièces d’eau sous-exploitées sans cela et une production alternative bon marché.

    Aquaculture industrielle/commerciale. Cette catégorie a recours à des systèmes de culture semi-intensifs et intensifs. Elle est pratiquée dans des cages flottantes, dans des réservoirs et dans des raceways. On y produit dans ces conditions des espèces ayant une grande valeur sur le marché, ce qui crée de l’emploi et permet d’utiliser les usines de transformation sinon sous-exploitées. L’obtention de sous-produits permet en outre d’accéder à d’autres marchés.
    Performance du secteur
    Production
    On peut constater qu’en Uruguay le développement du secteur aquacole est très limité quant aux volumes de production. Cette situation reflète la participation modeste de cette activité à la lutte contre la pauvreté et en termes d’impact environnemental.

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Uruguay (d'après les statistiques de la FAO):
    Chart  

    Production de l'aquaculture reportée au Uruguay (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Esturgeon. En ce qui concerne l’exportation de chair d’esturgeon, celle-ci est vendue éviscérée ou sous forme de filets (frais ou congelés). Fraîche, elle est vendue immédiatement ; congelée, elle est conservée à –18°C pendant une durée qui peut aller jusqu’à 18 mois. Son prix est de 8 dollars EU/kg (poisson éviscéré) ou de 25 dollars EU/kg (filets). La production est exportée à 85 pour cent alors que les 15 pour cent restant sont commercialisés sur le marché domestique. Le caviar obtenu est de type « oscetra ». Il est exporté frais ou pasteurisé. Le caviar frais est conservé à des températures comprises entre –3°C et +3°C pendant 6 mois au maximum.
    Le caviar pasteurisé est conservé aux mêmes températures pendant un an. Les exportations représentent 97 pour cent de la production et seuls 3 pour cent sont commercialisés localement. Le prix du caviar dépend des acheteurs (vente à des intermédiaires ou directement au consommateur). Il est alors compris entre 500 et 750 dollars EU/kg. Sur le marché domestique, il est ensuite revendu entre 950 et 1 200 dollars EU/kg dans les restaurants et les hôtels de luxe (5 étoiles).
    En termes de valeur, le caviar représente 91 pour cent de la production totale et la chair d’esturgeon 9 pour cent.

    La transformation du caviar et de la chair d’esturgeon respecte les normes de l’analyse des risques et maîtrise des points critiques (ARMPC). L’usine de transformation des produits est certifiée par le Service fédéral du contrôle des produits pharmaceutiques et alimentaires des Etats-Unis d’Amérique. Elle dispose également d’un certificat pour l’exportation délivrée par l’Union européenne.

    La chair et le caviar d’esturgeon sont exportés vers les Etats-Unis d’Amérique. L’Union européenne n’importe quant à elle que du caviar, avec la Belgique comme centre de distribution. Les prix peuvent être multipliés par deux pour la chair d’esturgeon et par trois pour le caviar.

    Grenouille-taureau americaine. La grenouille-taureau americaine est principalement commercialisée sur le marché domestique. A l’heure actuelle, les restaurants de Montevideo et de Punta del Este (Maldonado) sont les principaux lieux de commercialisation de ce produit. Un nouveau marché se dessine cependant sur le littoral des départements de Colonia et de Salto. Les cuisses de grenouille sont vendues 15 dollars EU/kg (auxquels s’ajoutent 23 pour cent de taxes). En 2004, 400 kg de ce produit ont été vendus congelés sur le marché domestique. La peau des grenouilles est également utilisée comme sous-produit et transformée pour la fabrication de chaussures et de bottes. Elle est alors vendue à un prix compris entre 54 et 125 dollars EU/kg

    Les niveaux actuels de production sont si faibles qu’ils ne permettent pas de pénétrer sur les marchés internationaux de ces produits.

    D’après le Décret 213/997, la Direction nationale des ressources aquatiques est l’autorité responsable du contrôle de l’hygiène et des questions sanitaires dans le domaine de la pêche suivant les lois et les règlementations en vigueur.
    Contribution à l'économie
    Entre 2000 et 2003, la Direction nationale des ressources aquatiques (DINARA) a reçu plus de 300 demandes piscicoles provenant des 19 départements uruguayens. Il s’agissait principalement de projets visant la pisciculture de poisson-chat d’Amérique du Sud, de carpe commune et de carpe herbivore. En général, les alevins étaient mis en charge dans de petits bassins mais l’utilisation des barrages d’irrigation était aussi envisagée. Les objectifs d’empoissonnement sont multiples : autosuffisance dans les unités rurales, pêche sportive, amélioration de la qualité des eaux et diversification des espèces. Comme cela a déjà été souligné, l’impact économique et social de ces activités n’a pas encore été totalement évalué. On constate cependant une augmentation des demandes de formation en matière de gestion de la production et de compétences techniques de la part des petites communautés rurales et suburbaines qui entendent s’impliquer dans ce secteur.

    L’aquaculture commerciale s’est développée quasi exclusivement à partir de l’élevage d’espèces exotiques et reste limitée aux entreprises précédemment citées. Elle bénéficie cependant d’un bon potentiel de croissance à court et à moyen terme et les projets privés présentés à la DINARA pour approbation reflètent une tendance au renforcement des volumes de production et des exportations.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    En 1975, un Plan national de développement de la pêche a été élaboré. Ce plan est devenu le cadre de référence de l’aquaculture en fournissant des directives pour la construction et la modernisation des infrastructures aquacoles. Ces dernières ont permis la mise en œuvre d’activités préliminaires en matière de recherche et de développement du secteur. L’absence d’une politique scientifique et de développement à long terme a empêché l’Uruguay d’obtenir les résultats que l’on peut observer dans d’autres pays à travers le monde.

    Le Décret-loi 14 416 du 28 août 1975 a créé l’Institut national de la pêche (INAPE), aujourd’hui Direction nationale des ressources aquatique (DINARA), en tant qu’Unité exécutive du ministère de l’Elevage, de l’agriculture et de la pêche (MGAP). En décembre de la même année, les compétences de l’INAPE ont été définies dans la Loi 14 484, notamment en matière d’orientation, de soutien, de promotion, de développement et de règlementation de toutes les activités et industries liées à la pêche dans le secteur public et dans le secteur privé. L’INAPE était aussi responsable de la recherche et du développement de l’aquaculture sous toutes ses formes. Avec l’accord du pouvoir exécutif, il est enfin responsable de la création et de la gestion des écloseries, des stations aquacoles (culture et repeuplement) et des centres de recherche.

    L’Article premier du Décret 259/996 du 26 juin 1996 déclare « d’intérêt national les activités aquacoles sous toutes leurs formes, dans toutes leurs phases et quelque soit l’espèce cultivée ». L’Article 4 établit que toutes les entreprises intéressées par la mise en œuvre d’activités aquacoles doivent présenter le projet d’investissement correspondant.

    L’Article 3 du Décret 149/997 établit que les entrepreneurs qui entendent mener des activités commerciales dans le secteur de l’aquaculture doivent soumettre à la DINARA une description complète de leur projet comprenant toutes les explications techniques requises.

    Le Décret 213/997 du 18 juin 1997 met à jour et modifie le Décret 663/987 du 4 novembre 1987 (Réglementation relative à l’inspection des produits de la pêche) en définissant les compétences de l’INAPE quant au contrôle et aux normes en matière d’hygiène et de santé des produits de la pêche.

    Dans le secteur de l’aquaculture, le ministère de l’Elevage, de l’agriculture et de la pêche est à l’heure actuelle chargé des actions suivantes réalisées par la DINARA :
    • Établir la politique nationale ainsi que les politiques de recherche en matière de pêche.
    • Déterminer les quotas annuels de capture par navire, par espèce, par zone de pêche et par type de flottille.
    • Approuver les permis de commercialisation et d’expérimentation.
    • Règlementer l’exercice de la pêche artisanale.
    • Définir et mettre en place la politique nationale relative à la pêche en règlementant l’exploitation, le contrôle et la recherche de celle-ci.
    • Définir les objectifs et les besoins concernant la recherche scientifique et technique en matière de ressources halieutiques et aquacoles.
    • Contrôler les captures maximales autorisées par espèce.
    • Estimer les ressources disponibles et établir des limitations quant aux zones et aux saisons de pêche.
    • Définir les méthodes et les techniques de pêche interdites ainsi que les équipements et les engins de pêche prohibés.
    • Créer et développer des systèmes statistiques pour enregistrer l’évolution de l’activité.
    • Établir et mettre en place les systèmes de contrôle nécessaires afin d’enregistrer efficacement les captures.
    • Promouvoir le développement de l’aquaculture.
    • Mettre en place des contrôles sanitaires et des processus de certification des produits de la pêche.

    Un Groupe technique pour le développement aquacole a été créé en 2000. Il dépend directement de la Direction technique de la DINARA.
    Règlements en vigueur
    Aquaculture commerciale
    Les personnes ou les entreprises qui veulent développer une activité aquacole doivent présenter un projet accompagné de la signature d’un professionnel. Une fois le projet approuvé et mis en œuvre, l’activité sera inscrite au Registre de l’aquaculture à la suite d’une inspection de la DINARA. Ce registre contient toutes les données légales et les caractéristiques de l’entreprise (statut, infrastructures, administration, espèces cultivées, etc.). Dans le cas de l’introduction d’espèces exotiques, une autorisation permettant l’entrée de ces dernières dans le pays est nécessaire. Elle est délivrée par le pouvoir exécutif. Il faut aussi présenter des certificats sanitaires d’origine, notamment des documents garantissant que les organismes ne sont pas porteurs du choléra. Dans le cas des mollusques bivalves, un certificat de non présence de plancton toxique (« mer rouge ») est également exigé. Dans tous les cas, la DINARA supervise l’entrée de toutes les espèces puis contrôle et suit le processus de culture. Les entrepreneurs doivent toujours présenter les autorisations officielles fournies par l’administration publique compétente (Direction nationale de l’environnement, ministère des Transports et des travaux publics, Direction nationale de l’hydrographie, Autorité maritime nationale, etc.).

    Aquaculture rurale
    Dans le cas de l’aquaculture rurale, aucune présentation de projet n’est nécessaire. En général, les autorités départementales regroupent dans un premier temps les petits fermiers qui souhaitent diversifier leurs sources de revenu ou améliorer leur régime alimentaire. Des techniciens de la DINARA visitent alors chaque exploitation, fournissent un cours introductif au sujet de la pisciculture et conseillent les paysans quant à l’utilisation appropriée des pièces d’eau et au traitement des espèces destinées à être cultivées. La DINARA fournit des alevins à moitié prix et, sur demande, suit leur développement.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    L’absence d’une politique appropriée pour le développement de l’aquaculture a eu pour conséquence la mise en place d’activités qui ne répondent qu’à court terme aux besoins des entrepreneurs privés ou des entités publiques en matière de pisciculture. La recherche ne représente pas une priorité. On peut ainsi remarquer que les recherches menées au cours de la dernière décennie n’ont pas donné de résultats probants et n’ont pas permis à l’aquaculture de se développer comme cela a été le cas en 1985 quand cette activité a démarré.

    Un des problèmes reconnus est l’insuffisante formation des ressources humaines impliquées dans la recherche sur les sujets aquacoles (le cours spécialisé en aquaculture proposé par la faculté des Sciences a disparu en 1985-1986). Même si l’Uruguay dispose d’un certain nombre de techniciens et de chercheurs spécialisés qui travaillent activement au sein de la DINARA et de l’Université de la République (faculté des Sciences et faculté Vétérinaire) sur différents sujets aquacoles, leur nombre risque de devenir insuffisant en cas de passage à un niveau supérieur de l’activité.

    L’absence d’un Plan national comprenant des directives et des stratégies pour le développement de l’aquaculture a rendu impossible la réalisation d’objectifs clairs en matière de recherche et a limité la portée des résultats scientifiques. Depuis sa création, l’INAPE a orienté ses politiques de recherche et de développement sur les espèces locales et plus particulièrement sur le poisson-chat d’Amérique du Sud. Cette espèce présente en effet de nombreux avantages : grande adaptation et résistance aux conditions de captivité, manutention facile, qualité de la chair. A l’heure actuelle, la DINARA soutient les recherches sur les espèces migratrices dans le but d’atténuer les effets négatifs de la construction de barrages hydroélectriques le long des principaux cours d’eau du pays.

    Sur le plan académique, l’Uruguay ne dispose pas de formations universitaires ou techniques spécifiques dans le domaine aquacole. Les institutions publiques chargées de la recherche dans ce secteur sont la DINARA et la faculté Vétérinaire. Cette dernière propose le seul cours sur l’aquaculture. Celui-ci est destiné à des étudiants inscrits en médecine vétérinaire. Il s’agit d’un cours obligatoire et semestriel auquel s’ajoutent deux autres cours optionnels sur l’aquaculture et les pathologies des organismes aquatiques.
    Tendances, questions et développement
    Le potentiel de développement de l’aquaculture reste assez similaire aujourd’hui à celui décrit par le Plan national de la pêche en 1975. On note cependant quelques améliorations fondamentales comme l’augmentation de la surface des eaux continentales de barrage et plusieurs progrès d’ordre technologique. L’aquaculture est encore dans une phase de décollage malgré les efforts entrepris (certains avec succès) dans tout le pays pour développer ce secteur. On remarque tout de même un réel intérêt des autorités nationales pour promouvoir et développer l’aquaculture, notamment en mettant l’accent sur l’évaluation de différents écosystèmes non utilisés qui pourraient l’être pour cultiver différentes espèces locales ou introduites (réservoirs, lacs, rivières, plages, berges et littoraux). Les autres questions sur lesquelles se concentrent les autorités sont les infrastructures et les équipements (laboratoires, autoroutes et réseaux de communication, matières premières pour l’élaboration d’aliments pour poisson) ainsi que la capacité des usines de transformation pour le moment sous-exploitée.

    Parmi les différentes espèces cultivées en Uruguay, celle qui donne les résultats les plus remarquables est l’esturgeon. La viabilité commerciale de ce dernier a en effet a été démontrée. Depuis 2001, la chair et le caviar d’esturgeon sont produits pour l’exportation. L’usine où sont transformés ces produits est certifiée par le Service fédéral du contrôle des produits pharmaceutiques et alimentaires des Etats-Unis d’Amérique (FDA). La production de chair et de caviar d’esturgeon satisfait les normes de l’analyse des risques et maîtrise des points critiques (HACCP). Le caviar est également certifié par l’Union européenne. Avec le succès de la reproduction induite, le cycle biologique de l’esturgeon en captivité a été complètement réalisé en 2002. Depuis, la fourniture de semence est garantie, ce qui permet à l’entreprise d’augmenter ses capacités de production.

    L’élevage de grenouille-taureau americaine est réalisé par le secteur privé à une échelle inférieure par rapport à celui d’esturgeon. La prolifération de certaines pathologies révèle qu’un soutien technologique est nécessaire pour l’élevage de cette espèce en Uruguay afin de ne pas freiner son développement. Il est cependant important de souligner que la grenouille-taureau americaine est devenu un produit disponible sur le marché domestique dans les supermarchés et les restaurants et a suscité l’intérêt d’acheteurs potentiels au niveau régional. Il faut encore ajouter que la vente de peau tannée de grenouille est devenue importante. Ce sous-produit répond à une grande demande régionale et internationale et complète la production et la commercialisation de cuisse de grenouille.

    La culture d’écrevisse bleue a commencé à petite échelle afin d’étudier sa viabilité économique et technologique dans un premier temps. Cette activité s’est rapidement affermie sur le plan technique et il est désormais possible de planifier son expansion à partir de l’identification des marchés domestiques et internationaux, aussi bien comme produit vivant que transformé.

    Dans les zones rurales, un nombre croissant de fermiers a commencé à s’intéresser à l’aquaculture en tant que ressource alternative de revenus. Pour répondre à cette attente de la part des paysans et des pêcheurs artisanaux, la DINARA a mis en place en 1995 un programme de culture de larves et d’alevins (principalement de poisson-chat d’Amérique du Sud). A l’heure actuelle, la DINARA identifie les départements qui affrontent les plus grandes difficultés d’ordre socioéconomique de façon à élaborer des stratégies de production appropriées (définition des espèces, systèmes de culture, nutrition et marché). Elle répond à la demande en fournissant un suivi et un contrôle technique qui contribuent à la réalisation des objectifs pour le développement local.

    Pour le moment, l’Uruguay ne dispose pas d’une interaction fluide et coordonnée entre ses différentes institutions gouvernementales, ni de mécanismes efficaces de coordination entre toutes les parties prenantes responsables de la recherche et du développement. La communication entre les institutions, et en particulier avec la Direction nationale de l’environnement (DINAMA), a cependant commencé dans le but d’établir un cadre opérationnel de consultation technique avant l’approbation des projets aquacoles déposés par les producteurs et les investisseurs potentiels.
    Références
    Bibliographie
    Agüero, M. y D. Coddington. 2004 . Informe Misión Técnica FAO. Uruguay. Informe elevado al MGAP y DINARA (no publicado).
    FAO. 2003 . Formulación del Plan Nacional para el Desarrollo de la Acuicultura en el Uruguay. Programa de Cooperación Técnica. TCP/URU/2904.
    FAO. 2004 . Estadísticas de Pesca. Producción de Acuicultura. Vol. 94/2. Roma, FAO 2004. 193 pp.
    INFOPESCA. 2001 . Estudio de gestión marítima componente pesquero. Informe de avance, Diagnóstico del Sector Pesquero Uruguayo. 31 de Octubre de 2001. Montevideo, Uruguay.
    Mazzoni, R. y D. Carnevia. 1992 . Ranicultura: aspectos técnicos y económicos de interés para su implantación. Instituto Nacional de Pesca, Informe Téc. N° 40, 38 pp.
    Nión, H. 1987 . Acuicultura en Uruguay, situación y perspectivas. 4° Congreso Nacional de Veterinaria. Montevideo - Uruguay.
    Pereira, F. y J. Juste. 2003 . Aspectos Técnico-Institucionales del Sector Pesquero Uruguayo. Programa de Cooperación Técnica FAO, Roma. TCP/URU/2802. Abril 2003.
    SOYP.1977 . La acuicultura en la República Oriental del Uruguay. Actas del Simposio sobre Acuicultura en América Latina. Volumen 3. Informes Nacionales. Montevideo-Uruguay, 26 de noviembre al 2 de diciembre de 1974. FAO, Inf. Pesca, (159). Vol. 3: 86-93.
    Varela, Z. 1982 . Ovulación inducida e inseminación artificial del bagre negro (Rhamdia sapo). Informe Téc. N° 29. Instituto Nacional de Pesca. Montevideo, 25 pp.
    Varela, Z. 1982 . Métodos de cultivo del bagre negro (Rhamdia sapo). Informe Téc. N° 32. Instituto Nacional de Pesca. Montevideo, 31 pp.
    Varela, Z., K. Fisher y G. Fabiano. 1982 . Reproducción artificial del bagre negro (Rhamdia sapo). Informe Téc. N°32. Instituto Nacional de Pesca. Montevideo, 31 pp.
    Villegas, F. 1977 . Informe preliminar sobre las posibilidades de cultivo de langostino Penaeus paulensis en lagunas salobres del Uruguay. Actas del Simposio sobre Acuicultura en América Latina. Vol.1. Documentos de Investigación. Montevideo-Uruguay, 26 de noviembre al 2 de diciembre de 1974. FAO, Inf. Pesca, (159). Vol.1: 124-127.
    Liens utiles
     
    Powered by FIGIS