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Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculturepour un monde libéré de la faim
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  1. Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    1. Résumé
    2. Historique et aperçu général
    3. Ressources humaines
    4. Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    5. Espèces cultivées
    6. Pratiques et systèmes d'élevage
  2. Performance du secteur
    1. Production
    2. Marché et commerce
    3. Contribution à l'économie
  3. Promotion et gestion du secteur
    1. Cadre institutionnel
    2. Règlements en vigueur
    3. Recherche appliquée, éducation et formation
  1. Tendances, questions et développement
    1. Références
      1. Bibliographie
      2. Liens utiles
    Caractéristiques, structure et ressources du secteur
    Résumé
    L’aquaculture constitue un important sous-secteur du secteur de la pêche ouzbek et offre les meilleures perspectives de développement de ce dernier. Elle représente déjà au moins 50 pour cent de la production piscicole du pays. L’aquaculture ouzbek est exclusivement piscicole et seule la culture en étang de cyprinidés est actuellement développée dans le pays. Chaque région compte une ou deux exploitations ayant recours à des étangs à cycle complet. A l’heure actuelle, une seule écloserie appartient à l’Etat. Elle se trouve dans la région de Tachkent. Les autres exploitations appartiennent au secteur privé.

    Les étangs piscicoles couvrent une superficie totale de 10 237 ha. Il s’agit d’étangs d’engraissement (8 619 ha) et d’étangs d’alevinage (1 618 ha). Ces derniers peuvent produire plus de 93 000 000 d’alevins par an. La production piscicole en étang peut atteindre 26 000 tonnes de poisson par an avec une productivité moyenne de 3 tonnes par hectare. La production aquacole actuelle ne s’élève cependant qu’à environ 3 500 tonnes, un chiffre à comparer aux 20 000-25 000 tonnes produites au cours des années 1980. Pendant plus de 15 ans, les étangs ont été exploités sans que soient réalisées les réparations nécessaires. En raison d’un très faible financement des processus industriels, la production actuelle est donc très largement inférieure à ce qu’elle pourrait être.
    Les pisciculteurs ont recours à une polyculture de cyprinidés développée au cours de la période soviétique. Ce type d’élevage convient au manque d’investissements dans le secteur. La carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix) est la principale espèce cultivée et représente entre 70 et 85 pour cent de la production totale alors que les autres espèces élevées sont la carpe commune (Cyprinus carpio), la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus) et la carpe à grosse tête (Hypophthalmichthys nobilis).

    Depuis août 2003, le ministère de l’Agriculture et des ressources hydriques est responsable de la gestion du secteur de la pêche. L’aquaculture est règlementée par les lois générales qui s’appliquent au secteur agricole. L’attention du gouvernement se concentre cependant surtout sur la protection de la nature et la biodiversité piscicole. Ainsi, jusqu’en 2007, le secteur de l’aquaculture n’était pas considéré comme important pour le développement économique du pays. La formation des pisciculteurs et la diffusion des connaissances présentent encore des lacunes alors qu’elles pourraient contribuer au développement du secteur de la pêche. Elles doivent donc être renforcées. Le gouvernement a commencé à considérer l’aquaculture comme un secteur pouvant générer de grands profits et contribuer à l’augmentation de la production de poisson. C’est en outre un sous-secteur qui offre des opportunités de revenus supplémentaires permettant de réduire la pauvreté dans les zones rurales.
    Historique et aperçu général
    La production de poisson dans la mer d‘Aral a commencé à décliner à partir des années 1960. En 1980, à la suite de l’épuisement des pêcheries de cette région, les spécialistes du secteur ont réalisé que la pêche de capture ne pouvait plus produire suffisamment de poisson et une plus grande attention a alors été accordée au développement de l’aquaculture. Dès le début des années 1960, le gouvernement avait lancé un programme à grande échelle de développement de la pisciculture avec la création d’environ 20 fermes piscicoles dans toutes les régions ouzbeks (avec des étangs d’une superficie d’environ 20 000 ha). Ce programme comprenait aussi le développement de technologies, la création de centres de recherche et la mise en place de formations et de cursus universitaires. La principale technologie adoptée a été la polyculture semi-intensive de cyprinidés dans des étangs traditionnels. Les espèces cultivées étaient la carpe commune (Cyprinus carpio), la carpe argentée (Hypophthalmichthys molitrix), la carpe à grosse tête (Hypophthalmichthys nobilis) et la carpe herbivore (Ctenopharyngodon idellus). La saison de fertilisation courait de fin mars/début avril à octobre/novembre et celle d’hivernage de novembre à mars. Le poisson était commercialisé au bout d’un cycle long de deux ans. Pendant la première année, les yearlings étaient cultivés dans des étangs d’alevinage (de 10 à 50 ha chacun) jusqu’à atteindre un poids de 25 g. Après l’hivernage, ils étaient cultivés dans des étangs d’engraissement (de 70 à 150 ha) jusqu’à ce qu’ils atteignent un poids compris entre 500 et 1 000 g. Au cours des années 1970 et 1980, la productivité moyenne des étangs piscicoles ouzbeks était comprise entre 3 et 3,3 tonnes/ha (entre 4 et 4,5 tonnes/ha dans la région de Tachkent).
    La pisciculture ouzbek a traditionnellement recours à l’eau douce des rivières. Lors des sécheresses, les exploitations piscicoles situées dans les plaines ont cependant recours à l’eau de drainage des marais (3-5 g/L). Au cours des années 1980, l’aquaculture produisait entre 20 000 et 25 000 tonnes de poisson par an.

    Entre 1995 et 2005, la production aquacole moyenne s’élevait à 4 200 tonnes pour une valeur de 4 200 000 dollars EU. Elle a atteint un pic en 1990 avec une production de 20 400 tonnes avant de baisser graduellement à 3 800 tonnes en 2006.
    Ressources humaines
    Après la chute de l’Union soviétique, le nombre de personnes impliquées dans la pisciculture en étang a considérablement baissé (d’environ 50 pour cent). Les différentes raisons qui expliquent cette baisse de l’emploi dans le secteur aquacole sont l’émigration des pisciculteurs les plus qualifiés, l’abandon du secteur par les meilleurs spécialistes locaux pour démarrer d’autres activités plus rentables, la réduction du nombre d’employés de la part des nouveaux propriétaires après la privatisation du secteur en août 2003 pour augmenter les profits et la réduction des volumes de poisson produit.
    Le niveau d’éducation des aquaculteurs est très faible en raison de l’absence de centres de formation spécialisés en pisciculture. Le secteur n’attire pas les jeunes à cause des bas salaires proposés et les nouveaux propriétaires cherchent à conserver autant que possible leur personnel hautement qualifié, notamment en garantissant de bons revenus à ce dernier.
    D’après les statistiques les plus récentes, plus de 2 000 hommes travaillent dans 21 exploitations piscicoles. On estime que 2 000 autres personnes sont impliquées dans les services qui s’y rattachent comme le transport, la vente au détail (surtout des femmes), la vente en gros et la fourniture de glace.
    Distribution et caractéristiques des systèmes d'élevage
    Les exploitations piscicoles sont réparties dans toutes les régions d’Ouzbékistan, exception faite du Karakalpakstan. On compte au total 18 fermes piscicoles. La moitié d’entre elles sont situées dans la région de Tachkent et la vallée de Ferghana. Les étangs constituent la seule infrastructure de production utilisée dans les exploitations. En 2006, ils couvraient une superficie de 10 075 ha.
    Espèces cultivées
    Les poisons phytophages (principalement la carpe argentée, la carpe herbivore et la carpe à grosse tête) dominent la culture de toutes les exploitations piscicoles et représentent plus de 95 pour cent de la production totale.

    Les espèces piscicoles les plus importantes en termes de valeur dans la production aquacole sont les suivantes (par ordre décroissant) :
    Au cours de la période 1960-1990, plusieurs espèces de poissons d’origine étrangère ont été introduites dans différentes pièces d’eau destinées à l’irrigation en Asie centrale. La carpe argentée, la carpe à grosse tête, la carpe herbivore et le poisson tête de serpent (Channa arguswarpachowskii) ont été introduits en provenance d’Extrême-Orient. Ces espèces étaient mises en charge dans des exploitations piscicoles de la région de Tachkent, puis dans des écloseries produisant du matériel d’empoissonnement régulièrement mis en charge dans les lacs et les réservoirs.

    Trois espèces de poissons-taureaux (Ictiobus cyprinellus, I. bubalus, I. niger) et la barbue de rivière (Ictalurus punctatus) ont également été introduites dans les exploitations piscicoles sans l’être dans les rivières, exception faite de la dernière espèce citée introduite dans la Syrdarya. La truite arc-en-ciel (Oncorhynchus mykiss), la truite sevan (Salmo ischchan), le peled (Coregonus peled) et le cisco sardinelle (Coregonus sardinella) ont été relâchés dans le réservoir Charvak dans la région de Tashkent où ils sont désormais bien établis.
    Pratiques et systèmes d'élevage
    Les pisciculteurs ont recours à une polyculture de cyprinidés développée au cours de la période soviétique qui convient au manque d’investissements dans le secteur. Comme les engrais inorganiques nécessaires sont bien meilleur marché que les aliments, l’accent est mis sur le chaulage et la fertilisation des étangs de façon à stimuler le développement du phytoplancton. Au fil du temps, la carpe argentée est devenue la principale espèce piscicole cultivée. Elle représente aujourd’hui entre 70 et 85 pour cent de la production totale. Les autres espèces cultivées sont la carpe commune, la carpe herbivore et la carpe à grosse tête. Pour la carpe commune, certains pisciculteurs utilisent des aliments complémentaires (principalement du son, des enveloppes de graines de coton et du blé) mais cette pratique n’est pas commune à toutes les exploitations. La carpe herbivore est parfois nourrie avec des plantes coupées (principalement des roseaux).

    La reproduction artificielle a recours aux injections hormonales ou hypophysaires, à l’incubation des œufs et à la culture des larves et du frai jusqu’à l’obtention de carpillons âgés d’un été ou d’un hiver. Elle est un peu moins répandue que précédemment. Les plus grands étangs (de 50 ha ou plus) sont remplis chaque année au printemps avec l’eau douce des rivières. De plus grands investissements sont cependant nécessaires pour creuser des réserves d’eau et rendre cette eau fertile. Ce type d’étang ne contient que 1 500 à 2 000 semences de poisson par hectare

    A l’automne, les étangs sont vidés et tout le poisson doit être vendu en une semaine. Les étangs restent vides de l’automne au printemps. Ils sont ensuite de nouveau remplis avec de nouvelles eaux. Certaines grandes exploitations adoptent désormais une nouvelle approche : les poissons d’une taille commercialisable sont conservés dans des étangs d’hivernage plus profonds et sont vendus progressivement.

    Certaines exploitations piscicoles parmi les plus grandes ont recours à des densités plus élevées (entre 3 000 et 4 000 poissons/ha). Comme les poissons élevés dans ces conditions sont plus petits à l’automne, l’élevage dure trois ans et les poissons produits atteignent un poids de 1,5 à 3 kg. Le prix de ce type de carpe argentée est plus élevé. Cette méthode est adoptée parce qu’il n’y a pas de compétition réelle entre les exploitations et parce que les taxes sur les terres et les eaux sont peu élevées.

    Au cours de la période 1996-2001, on ne relève pas de tentative de développement de nouveaux systèmes d’aquaculture, ni d’élevages de nouvelles espèces ou de passage de la culture semi-intensive des carpes à une culture intensive de ces espèces.
    Performance du secteur
    Production
    Avant et immédiatement après l’indépendance qui date de 1991, la production piscicole était assez bonne. Les volumes de production ont par la suite baissé. Ils sont passés de 20 000-25 000 tonnes au cours de la période 1980-1991 à une moyenne annuelle de 4 200 tonnes entre 1995 et 2006. En 2006, la production du secteur était d’environ 3 800 tonnes ce qui représente une baisse d’environ 20 pour cent par rapport à 1991. La consommation de poisson a par conséquent baissé elle aussi pour atteindre moins de 500 g par personne, un chiffre à comparer aux 5-6 kg de la période 1980-1990. La contribution du secteur de l’aquaculture au PIB est inférieure à 1 pour cent et, depuis la privatisation totale du secteur en 2003, on ne dispose pas d’informations quant aux espèces cultivées dans les exploitations en étang.

    Les seules données économiques disponibles pour mener une analyse sur les principales espèces produites proviennent de la ferme piscicole JSC « Balykchi » qui dispose de 1 557 ha d’étangs. En 2006, la production de poisson de cette exploitation s’élevait à 1 558 tonnes. Sa productivité était de 1 001 kg/ha. La répartition des espèces était la suivante : 1 375 tonnes de carpe argentée (88,3 pour cent de la production totale), 86 tonnes de carpe commune (5,5 pour cent), 49 tonnes de carpe herbivore (3,1 pour cent), 41 tonnes de carpe « crucian » (2,6 pour cent) et 7 tonnes de carpe à grosse tête (0,4 pour cent). Les recettes des ventes s’élevaient à environ 1 221 570 millions de sum (1 US$ = 1 200 sum). Le prix moyen de production d’un kg de poisson était de 784 sum et les coûts totaux de production atteignaient 473 547 millions de sum. Les dépenses s’élevaient à 410 773 millions de sum (environ 33 pour cent des recettes) et le profit net atteignait 354 680 millions de sum (environ 28 pour cent des recettes).

    Le graphique ci-dessous indique la production totale de l'aquaculture au Ouzbékistan (d'après les statistiques de la FAO):
      

    Production de l'aquaculture reportée au Ouzbékistan (depuis 1950)
    (FAO Fishery Statistic)

    Marché et commerce
    Les exploitations piscicoles en étang se trouvent à une distance comprise entre 5 et 70 km des villes. Elles vendent leur production à l’automne. De petites quantités sont vendues à des négociants (jusqu’à 200 kg) suivant des contrats préétablis. Une partie du poisson est également vendue par les exploitations directement sur les marchés et aux magasins. Le pays dispose de très peu d’infrastructures de transformation et de stockage. Cela est notamment dû au fait que les poissons sont principalement vendus frais ou vivants. Le poisson est surtout vendu sur les marchés (60 pour cent). Pour le reste, 15 pour cent de la production est commercialisé par l’intermédiaire des magasins et des supermarchés et environ 25 pour cent directement des entrepôts à des consommateurs particuliers et à des acheteurs en gros sous forme congelée ou transformée.

    Le poisson frais est principalement exporté vers l’Afghanistan. D’après les données du Comité d’Etat des statistiques, l’Ouzbékistan a en outre exporté en 2006 :
    • 744,2 tonnes de poisson congelé (éviscéré, étêté et équeuté) d’une valeur de 712 100 dollars EU (65 pour cent vers la Russie et 35 pour cent vers la Turquie).
    • 30 tonnes de poisson réfrigéré d’une valeur de 21 400 dollars EU (100 pour cent à destination de l’Afghanistan).
    • 9,6 tonnes de poisson fumé d’une valeur de 7 800 dollars EU (100 pour cent à destination de la Russie).
    • 34,4 tonnes de poisson en filets d’une valeur de 55 500 dollars EU (100 pour cent à destination de la Russie).

    Une loi nationale établit les normes de commercialisation de nombreux produits et notamment celles relatives au poisson et aux produits piscicoles. Elle s’occupe en particulier du contenu des produits, ainsi que des principales caractéristiques et du nom des denrées alimentaires. L’étiquetage, le conditionnement et la promotion des produits doivent également respecter cette législation.
    Contribution à l'économie
    Jusqu’en 2007, le développement de l’aquaculture ne constituait pas une priorité pour l’Ouzbékistan, ce qui limitait aussi bien le recours aux technologies d’élevage que la gestion du secteur, les programmes de vulgarisation et l’accès au crédit. A l’heure actuelle, le gouvernement commence à accorder davantage d’attention à l’aquaculture qui est désormais considérée comme un secteur générant d’importants profits. L’aquaculture offre en effet des opportunités de revenus supplémentaires pouvant contribuer à réduire la pauvreté dans les zones rurales. Ses bénéficiaires seraient les pisciculteurs et les agriculteurs voulant diversifier leurs activités, les pêcheurs, les négociants de poisson, les fournisseurs d’intrants et les femmes ainsi que les fonctionnaires du ministère de l’Agriculture au niveau national, régional et local. Si la production de poisson était considérée comme une priorité, la sécurité alimentaire augmenterait grâce à l’approvisionnement de la population en protéines de poisson de grande qualité.
    Alors que les pêcheurs et la population des zones rurales ne sont impliqués que dans une pêche de capture à petite échelle, encore informelle et artisanale, qui n’est ni viable économiquement ni durable écologiquement, le pays dispose de conditions naturelles et socioéconomiques qui conviennent très bien au développement de l’aquaculture.
    La République d’Ouzbékistan compte 26,5 millions d’habitants. D’après le Document stratégique d’amélioration des conditions de vie de la République d’Ouzbékistan (mars 2005), environ 70 pour cent de la population vit dans des zones rurales. Dans le pays, 26,2 pour cent de la population vit en dessous du seuil de pauvreté, un taux qui atteint 28,7 pour cent dans les zones rurales contre 22 pour cent dans les zones urbaines. Le développement de l’aquaculture est susceptible d’augmenter les sources de revenu et d’améliorer la sécurité alimentaire des foyers ruraux pauvres grâce à l’augmentation de la consommation de poisson et à une meilleure nutrition des familles en général.
    Promotion et gestion du secteur
    Cadre institutionnel
    Depuis août 2003, le ministère de l’Agriculture et des ressources hydriques est responsable de la gestion du secteur de la pêche. Une administration spécifique a été créée pour le développement de l’élevage bovin, avicole et piscicole. Elle compte douze fonctionnaires. Parmi ces derniers, cinq travaillent au sein du Département de développement de l’élevage avicole et piscicole qui est divisé en deux secteurs séparés. Deux fonctionnaires formés en aquaculture travaillent dans le département qui se consacre au développement de la pêche.

    Des départements de développement de l’élevage bovin, avicole et piscicole ont été créés dans les départements régionaux de l’agriculture et des eaux (un titulaire) qui se sont vus confier la promotion du développement des pêches.

    Des commissions compétitives au sein du Conseil des ministres du Karakalpakstan et des hokimiyats régionaux ont été créées pour le développement des unités hydriques.

    Il n’existe pas de coopératives ou d’associations piscicoles au niveau national. Des associations non gouvernementales de pêcheurs et de pisciculteurs ont été créées dans les provinces du Karakalpakstan (unités comprenant plus de 50 exploitations piscicoles), de Boukhara (17 exploitations piscicoles) et de Samarcande. La principale tâche de ces associations est de protéger les intérêts des exploitations piscicoles.
    Règlements en vigueur
    Une seule taxe foncière est appliquée quant à la propriété, à l’utilisation ou à la location des terres. L’Ouzbékistan n’a pas de législation spécifique en matière de pêche. L’aquaculture est règlementée par les lois générales sur l’agriculture. Le gouvernement accorde principalement son attention à la protection et à la biodiversité des poissons.

    Les lois « Sur les associations en commandite par action et la protection des droits des détenteurs d’actions », « Sur les associations à responsabilité limitée », « Sur l’élevage », etc. s’appliquent à la propriété des entreprises 

    La gestion des exploitations est règlementée par plusieurs codes, lois et décrets présidentiels ainsi que par des dispositions législatives du Cabinet des ministres. Il s’agit des textes suivants :Code des impôts, Code foncier, Loi sur la protection de la nature, Loi sur l’eau, Décret présidentiel n° VII-2086 du 10 octobre 1998 « sur l’introduction d’une taxe foncière unique pour les producteurs agricoles », Réglementation du Cabinet des ministres n° 21-f du 21 janvier 1997, Dispositions législative du Cabinet des ministres n° 289 « sur l’amélioration du système de gestion du secteur de la pêche » du 6 juillet 2001, Dispositions législatives du Cabinet des ministres n° 258 du 28 juin 2003 « sur l’amélioration de l’organisation de l’activité du ministère de l’Agriculture et de l’aménagement des eaux » et n°350 du 13 août 2003 « sur les mesures pour supprimer les monopoles et privatiser le secteur de la pêche », Disposition législative du ministère de la Justice n° 1292 du 20 décembre 2003 « sur l’approbation de la réglementation relative au calcul et à la perception du paiement des loyers pour l’utilisation des pièces d’eau naturelles par les exploitations piscicoles ».

    Réglementation sur la chasse et la pêche sur le territoire de la République d’Ouzbékistan.
    Comme le secteur agricole occupe une place importante dans l’économie ouzbek, des avantages significatifs ont été accordés aux organisations agricoles et notamment aux entreprises aquacoles. Selon la disposition législative n°21-f, les exploitations piscicoles impliquées dans l’élevage de poisson en étang sont traitées comme des entreprises agricoles en termes de crédit, d’achat de combustible et de lubrifiant, d’aliments mélangés, d’équipements agricoles, de pièces de rechange, etc.

    La disposition législative n° 289 du 6 juillet 2001 « sur l’amélioration de l’aménagement du secteur de la pêche » établit que les exploitations piscicoles ont les mêmes droits que les exploitations agricoles en termes d’impôt. Elles règlent ainsi une taxe foncière unique, et non toutes les taxes nationales et locales (à l’exception de la taxe sur l’accise), ainsi que les différentes taxes appliqués aux producteurs agricoles : impôt sur le revenu (profit), taxe sur la valeur ajoutée (excepté pour l’importation de biens et de services), taxe sur l’utilisation des eaux, taxe sur l’utilisation des surfaces, taxe sur la propriété, taxe pour l’amélioration du territoire et le développement des infrastructures sociales, autres taxes et frais.
    Recherche appliquée, éducation et formation
    Par le passé, les meilleurs spécialistes aquacoles et piscicoles étudiaient au sein du Département d’hydrobiologie et ichtyologie de la faculté de biologie de l’université d’Etat de Tachkent (désormais Université nationale d’Ouzbékistan). Entre huit et vingt étudiants obtenaient leur diplôme chaque année. En 2003, ce département a été transformé en Département de l’écologie et il n’y a plus aujourd’hui de centre de haut niveau destiné à la formation dans le secteur de la pêche.

    La principale recherche sur le développement de l’élevage piscicole est réalisée par le Comité de coordination sur le développement des sciences et technologies du Cabinet des ministres de la République d’Ouzbékistan. On compte un institut de recherche dans le domaine de la pêche et de l’aquaculture. Il s’agit du Centre de recherche ouzbek sur le développement de la pêche au sein du Centre de production scientifique ouzbek pour l’agriculture du ministère de l’Agriculture et des ressources hydriques. Quatre autres institutions comptent des départements qui mènent des recherches dans le domaine de l’ichtyologie, de l’hydrobiologie, de la pêche et de l’aquaculture. Il s’agit du Laboratoire d’hydroécologie de l’Institut des Questions relatives à l’eau de l’Académie uzbek des Sciences, du Laboratoire d’ichtyologie et d’hydrobiologie de l’Institut de zoologie de l’Académie uzbek des Sciences, de l’Institut de Bioécologie de la branche Karakalpak de l’Académie uzbek des Sciences et du Département de l’écologie de l’université nationale.

    La recherche participative dans les exploitations piscicoles n’est pas pratiquée en Ouzbékistan et on ne compte pas d’écoles techniques proposant des formations en aquaculture dans le pays.
    Aucune institution éducative ne forme de spécialistes dans le secteur de la pêche et, il n’y a pas de chercheurs, d’enseignants du supérieur ou d’ingénieurs spécialisés dans ce domaine. Ce sont les biologistes formés à l’université d’Etat, les agronomes issus de l’université agraire ainsi que les ingénieurs spécialistes de l’agroalimentaire diplômés de l’université technique qui peuvent devenir spécialistes dans le secteur de la pêche.

    Le soutien à la formation des pisciculteurs manque encore dans le pays. Le Centre pour le développement de la pêche a cependant pris l’initiative de construire un centre de formation à la ferme piscicole Yangiyul. Ce dernier est actif depuis 2008. On ne relève aucun programme d’aide à la diffusion des connaissances mais un soutien à la vulgarisation devrait être mis en place de façon à réformer le développement des pêches.
    Tendances, questions et développement
    Le secteur de l’aquaculture n’est pas considéré comme un secteur prioritaire pour le développement du pays. L’aide internationale manque, tout comme le transfert des technologies d’élevage semi-intensives et intensives modernes.
    Aucune politique ou stratégie de développement des pêches n’est mise en œuvre en Ouzbékistan. La privatisation complète du secteur en 2003 l’explique en partie. Le secteur aquacole privé n’a pas encore mis en place une structure commerciale avec des perspectives d’avenir. Le développement du secteur n’est pas clair. Alors que le principal objectif était de revenir au niveau des infrastructures datant d’avant 1994 (quand le processus de privatisation a été amorcé), ce programme n’a été décidé que par très peu d’acteurs du secteur (principalement au sein du ministère de l’Agriculture et des ressources hydriques) et n’a pas été transmis aux autorités et aux parties prenantes locales. Le programme n’avait pas pour base une économie de marché moderne et son texte n’est même pas disponible.

    Le gouvernement a fait de la privatisation, de l’économie de marché et de la protection sociale (lutte contre la pauvreté) les trois pierres angulaires de sa politique économique et sociale. En accord avec ces directives nationales, le ministère de l’Agriculture et des ressources hydriques et la FAO ont formulé en juillet 2007 un Projet de coopération technique relative au « Développement d’un partenariat stratégique pour soutenir un développement de la pêche et de l’agriculture responsable en Ouzbékistan ». Sa mise en œuvre a démarré en août 2007. Un Plan politique et stratégique national pour la période 2008-2016 a été préparé suivant un processus participatif qui a impliqué toutes les parties prenantes grâce à des consultations et a organisé deux ateliers nationaux ainsi que deux programmes de formation. Cette politique a également mis l’accent sur le besoin de renforcer la branche consacrée à la pêche au sein du ministère en mettant en place un département de la pêche qui fonctionne de façon efficace. L’approbation du Plan politique et stratégique est en cours au ministère de l’Agriculture et des ressources hydriques. Ce programme est le résultat des consultations menées par le Projet de coopération technique.

    Le développement de l’aquaculture est considéré en Ouzbékistan comme une voie qui ne nuit pas à l’environnement parce que ce secteur utilise l’eau sans la consommer. L’utilisation de produits d’autres secteurs (céréales, élevage de bovins ou de volailles, etc.) est en outre considéré comme positif.
    Références
    Bibliographie

    Kamilov, B. 2003. The use of irrigation systems for sustainable fish production in Uzbekistan. In: Fisheries in irrigation systems of arid Asia. FAO Fisheries technical paper. No.430. Rome, FAO, pp.115-124.

    Kamilov Bakhtiyar, Karimov Bakhtiyor and Dietmar Keyser. 2004. The modern state of fisheries in the Republic of Uzbekistan and its perspectives. – World Aquaculture Magazine, Vol.35, No 1, pp. 8-14.

    Karimov. B., H. Lieth and B. Kamilov. 2006. The state of fishery and aquaculture and hydroecological-economical conditions for their development in the Republic of Uzbekistan, Central Asia. In Abstract Volume: World Water Week in Stockholm, August 20-26, pp. 173-174.

    Karimov, B., H. Lieth, M. Kurambaeva and I. Matsapaeva. 2005. The Problems of Fishermen in the Southern Aral Sea Region. - Mitigation and Adaptation Strategies for Global Change. No.10, pp. 87-103.

    Shokhimardonov D. 2007. Review of the current status of inland fisheries and aquaculture in Uzbekistan. Legal basis and management of fisheries in Uzbekistan. Tashkent.
    Liens utiles
     
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